Duralex : la fin d'un mythe français ?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
6h57 sur France Culture, et voici l'humeur, votre humeur de ce matin, voici, pardon, une mauvaise nouvelle. Oui, une mauvaise nouvelle qui a la transparence d'un verre et qui est pourtant opaque comme une défaite française du Ralex. Du Ralex est de nouveau en redressement judiciaire pour la troisième fois en six ans. Du Ralex, si vous voulez, ce n'est pas seulement une entreprise, c'est un souvenir commun. Elle met tout le monde d'accord dans la presse de Mediapart à l'opinion. On a tous bu, vous savez, dans les verres de cantine, vous allez chercher votre âge, vous aussi.
Alexandra, en retournant le verre, c'est donc quelque chose qui nous renvoie à nos années scolaires, mais que l'on trouve aussi, et j'en ai vu chez Merci, vous savez, la boutique branchée Merci vendait du Ralex. Bref, une entreprise qui est vraiment consensuelle. Et ce qui est triste dans cette affaire, c'est que cette entreprise a plusieurs fois failli. Puis, elle a été reprise sous forme de scope, donc par ses salariés. En 2024, le tribunal de commerce avait validé un projet soutenu par les élus locaux, les banques, l'État, une majorité des salariés. Les 228 emplois étaient sauvés.
Sauvés du Ralex avait une image extraordinaire, certes, mais des fours vieillissants, des besoins d'investissement massifs et une trésorerie fragile. Et dès le départ, on s'est rendu compte que l'entreprise était sous-capitalisée. Et voilà, l'entreprise à nouveau trébuche. C'est peut-être cela, au fond, la leçon mélancolique de cette histoire. Une partie de la France continue de croire qu'il existe une exception économique chez nous, comme si nous étions les astérix de l'économie mondiale. Mais là, ça ne fonctionne pas comme ça. Et à la fin, en économie, ce sont les Romains qui gagnent.
Alors oui, il faut que la France demeure française dans ses goûts, dans ses paysages, dans ses objets, dans cette manière qu'elle a de transformer un simple verre de cantine en morceau de mémoire nationale. Mais peut-être doit-elle cesser de croire qu'elle peut rester française dans sa façon de penser l'économie. Parce qu'au fond, ce qui casse aujourd'hui, ce n'est pas seulement un verre du ralex, c'est aussi une certaine idée française du salut économique. Les Matins de France Culture