La France : "L'Allemagne en mieux !" #Cdanslair 16.09.23
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
L'Allemagne est-elle redevenue l'homme malade de l'Europe ? Titresie économiste. L'économie allemande traîne la patte quand celle de la France trottine. Et l'hebdomadaire allemand Der Spiegel remarque la différence. La France, l'Allemagne en mieux. En visite à Berlin, Bruno Le Maire s'en amuse en allemand.
Je n'aurais jamais pensé qu'un jour, dans le même mot, je pourrais lire les deux mots, « Wirtschaft, Wunder » et, à l'autre, « Franckreich ». Mais c'est le cas. C'est plutôt une bonne nouvelle et on ne va pas bouder son plaisir.
Légère fanfaronnade du ministre français. Mais on ne veut pas non plus se réjouir des mauvais résultats allemands. Sur les réseaux sociaux, le mot de la journée, c'est amitié.
Il est absolument évident que notre succès dépend du succès de l'Allemagne et que l'intérêt français est que l'Allemagne ait la croissance la plus vigoureuse possible.
Comme une réponse à la petite phrase du ministre allemand une semaine plus tôt. La France et l'Allemagne entre coopération et compétition.
Ce n'est pas une promenade de santé. En réalité, l'amitié franco-allemande est une polarité qu'il faut interpréter de telle manière que nous ne sommes en fait d'accord sur rien.
En matière économique, les prévisions sont en faveur de la France. La Commission européenne prévoit une récession de 0,4% outre-Rhin. Le PIB de la zone euro va croître de 0,8% en moyenne et la France devrait atteindre 1% de croissance cette année. L'économie allemande est notamment victime de sa dépendance à la Chine en termes d'exportation. Pékin a moins de besoins, alors Berlin souffre et veut changer de stratégie.
De nombreuses entreprises continueront à investir massivement en Chine et à exporter vers la Chine. Mais elles doivent exploiter également toutes les opportunités dont elles disposent pour investir, pour développer des chaînes d'approvisionnement et pour exporter ailleurs, dans d'autres pays d'Asie par exemple.
S'ajoutent à ces difficultés des lenteurs bureaucratiques, un manque de main-d'oeuvre qualifiée, mais aussi et surtout la crise de l'énergie. Les industries allemandes payent trois fois plus cher l'électricité que les industries françaises. Résultat, la production industrielle baisse de près de 2%.
Avec ces coûts de l'énergie, c'est très très difficile, notamment pour ces productions énergivores. Donc maintenant, des entreprises travaillent en temps partiel et certaines ont même dû complètement arrêter leur activité.
Un autre secteur est lui aussi touché de plein fouet. Le bâtiment. Ces chantiers allemands sont à l'arrêt. La faute à la hausse des taux d'emprunt et à l'inflation des prix des matières premières. Les constructions ont chuté de moitié en un an.
Il manque 700 000 appartements sur le marché allemand et on va voir une explosion des conséquences au niveau social. Cela ne fait aucun doute.
Malgré ces difficultés, l'Allemagne reste la première puissance économique européenne. Avec 2,9% de chômage, Berlin fait sur ce point mieux que la France. Et c'est 7%. Merci.
Bruno Le Maire