Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 15 novembre 2021 25 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiEnvironnement & énergieLogementÉconomie & entreprises

Comment Macron veut trafiquer son bilan

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:27OuverteRéponse directe

    D'où vient cette idée de renforcer le contrôle des chômeurs ?

  • 3:38OuverteRéponse directe

    Comment se passe ce contrôle des chômeurs dans d'autres pays ?

  • 6:03RelanceRéponse directe

    Le but réel de cette mesure est-il vraiment d'inciter les chômeurs à trouver un emploi ?

  • 9:30OuverteRéponse directe

    Que penser de l'annonce de relance du nucléaire ?

  • 12:47OuverteRéponse directe

    Quels sont les avantages et inconvénients de l'énergie nucléaire ?

  • 16:03OuverteRéponse directe

    Qui financerait la construction de ces nouveaux réacteurs ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:31InvitéChiffre
    « il y aura 25% de contrôles supplémentaires, soit 250 000 contrôles dans les 6 prochains mois. »
  • 1:52InvitéFait
    « si on refuse un job, on n'a plus du tout droit aux aides et aux allocations ? »
  • 1:58InvitéFait
    « C'est une réponse graduée, si je peux dire, c'est-à-dire que la première fois, on va vous supprimer temporairement votre allocation, par exemple pendant un mois, puis si effectivement ça recommence, ça peut être deux mois et ça peut aller jusqu'à la radiation. »
  • 2:21PrésentateurFait
    « les demandeurs d'emploi verront leurs allocations chômage suspendues, et cela peut aller jusqu'à la radiation s'ils ne prouvent pas être en recherche active d'un emploi. »
  • 2:21PrésentateurFait
    « Il faudra également travailler six mois au lieu de quatre pour pouvoir bénéficier d'une indemnisation. »
  • 3:48InvitéChiffre
    « Quand on regarde les études qui ont été faites par Pôle emploi en 2018, 88% des chômeurs recherchent activement un emploi, 90% de ceux qui touchent une indemnité. »
  • 3:56InvitéChiffre
    « Parce qu'il faut quand même le rappeler, sur les 6 millions de chômeurs que vous avez dit, 60% ne touchent pas d'indemnité. »
  • 4:01InvitéChiffre
    « Et sur le reste, les 40%, l'indemnité moyenne, elle est un peu plus de 900 euros par mois. »
  • 8:31InvitéFait
    « Nous allons, pour la première fois depuis des décennies, relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays et continuer de développer les énergies renouvelables. »
  • 16:09InvitéChiffre
    « Il nous dit qu'on va rajouter 4 EPR. Je crois que c'est 46 milliards. »
  • 16:12InvitéChiffre
    « L'allongement de la durée de vie de nos réacteurs déjà qui a été validé par l'Autorité de Sûreté Nucléaire, ça va coûter 50 milliards payés par EDF. »
  • 17:05PrésentateurChiffre
    « Il y a 3,1 millions de logements vacants en France. »
  • 17:27PrésentateurChiffre
    « 4,1 millions de personnes souffrent de mal logement en France. »
  • 17:30PrésentateurChiffre
    « Plus d'un million sont privés de logements personnels. »

Temps de parole

  • Invité78 %
  • Présentateur16 %
  • Invité 23 %
  • Invité 32 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous et merci de nous retrouver dans ce nouveau numéro de l'Instant Porcher. Au programme aujourd'hui, l'intensification du contrôle des chômeurs annoncé par Emmanuel Macron, la construction de nouveaux réacteurs nucléaires en France et la question de la crise du logement qui traverse le pays. Il n'y aurait finalement pas de travail de l'autre côté de la rue. Malgré les conseils du président de la République, 6 millions de personnes sont au chômage en France. Ainsi, Emmanuel Macron l'a annoncé, Pôle emploi va intensifier le contrôle des chômeurs. Cette mesure permettra-t-elle vraiment de lutter contre le chômage ? Thomas Porcher nous livrera son analyse.

Alors que la COP26 a pris fin il y a quelques jours, que les rapports du GIEC sont alarmants sur la question du réchauffement climatique, le nucléaire est vanté par certains comme une solution pour le climat. C'est notamment le cas du président de la République, puisqu'il a pris un tournant en faveur du nucléaire en annonçant vouloir relancer la construction de réacteurs. Alors n'est-ce pas finalement un retour en arrière ? C'est ce qu'on va voir dans ce numéro. Il y a plus de 3 millions de logements vacants en France. C'est en tout cas le résultat d'une étude de l'INSEE. Comment expliquer ces chiffres alarmants alors que le mal logement fait rage en France ?

On voit ça tout de suite dans l'Instant Porcher. Alors que près de 6 millions de personnes sont au chômage en France, toutes catégories confondues, le gouvernement d'Emmanuel Macron monte au créneau et poursuit sa surveillance des demandeurs d'emploi. Lors d'une allocution, Emmanuel Macron l'a annoncé, Pôle emploi va intensifier le contrôle des chômeurs. Elisabeth Borne, la ministre du Travail, l'a également précisé sur le plateau de RTL, il y aura 25% de contrôles supplémentaires, soit 250 000 contrôles dans les 6 prochains mois.

1:36
Invité

On va intensifier les contrôles et c'est bien normal, alors qu'on accompagne, comme on ne l'a jamais fait les demandeurs d'emploi, qu'on a proposé des formations là aussi, comme on ne l'a jamais fait, qu'on s'assure que les demandeurs d'emploi cherchent effectivement du travail. Je vais au bout de la logique, si on refuse un job, on n'a plus du tout droit aux aides et aux allocations ? C'est une réponse graduée, si je peux dire, c'est-à-dire que la première fois, on va vous supprimer temporairement votre allocation, par exemple pendant un mois, puis si effectivement ça recommence, ça peut être deux mois et ça peut aller jusqu'à la radiation.

2:12
Présentateur

Ainsi, les demandeurs d'emploi verront leurs allocations chômage suspendues, et cela peut aller jusqu'à la radiation s'ils ne prouvent pas être en recherche active d'un emploi. Il faudra également travailler six mois au lieu de quatre pour pouvoir bénéficier d'une indemnisation. Bonjour Thomas.

2:27
Invité

Bonjour Tania.

2:27
Présentateur

Alors d'où vient cette idée justement qu'il faut absolument renforcer le contrôle des chômeurs pour lutter contre le chômage de messe ?

2:33
Invité

En fait, ça revient d'une représentation économique plutôt libérale du chômeur, même de l'individu de manière générale. En économie libérale, l'individu c'est un homo economicus qui fait des arbitrages en fonction de sa situation. Et là, on nous fait croire qu'un chômeur va arbitrer constamment entre ce qu'il peut gagner en travaillant et ce qu'il va tousser comme prestation chômage. Et donc, quand on part de cette idée, qu'est-ce qu'il faut ? Il faut accroître la pression sur le chômeur pour qu'il accepte des offres d'emploi plus facilement. Donc, c'est des politiques actives qui reposent uniquement sur le chômeur.

Mais les faits montrent qu'il y a une grosse part du chômage qui est conjoncturelle. Par exemple, là, vous avez vu les reprises de l'activité, le chômage baisse. Reprise de l'activité, tirée par les plans de relance, le chômage baisse. Donc là, on va nous dire, finalement, il y a moins de feignants. Et puis, après la crise de 2008, entre 2008 et 2017, vous avez eu 1,5 million de chômeurs en plus. Là, on va nous dire, les Français sont touchés par une crise de paresse. Ils préfèrent toucher des prestations chômage que de travailler. Donc, le chômage, en fait, a une grosse partie conjoncturelle qui dépend de l'activité.

Et on ne peut pas concentrer tout sur le chômeur, comme le préconise la politique libérale.

3:38
Présentateur

Et finalement, comment se passe justement ce contrôle, en quelque sorte, des chômeurs dans d'autres pays ?

3:42
Invité

Alors déjà, il faut arrêter ce mythe du chômeur qui ne rechercherait pas activement un emploi. Quand on regarde les études qui ont été faites par Pôle emploi en 2018, 88% des chômeurs recherchent activement un emploi, 90% de ceux qui touchent une indemnité. Parce qu'il faut quand même le rappeler, sur les 6 millions de chômeurs que vous avez dit, 60% ne touchent pas d'indemnité. Et sur le reste, les 40%, l'indemnité moyenne, elle est un peu plus de 900 euros par mois. Donc vous voyez, quand on fait des arbitrages, soit ça veut dire que les salaires ne payent pas suffisamment, parce que préférer toucher 900 euros que d'aller travailler, c'est un problème.

Et puis après, on ne prend pas en compte tous les aspects négatifs du chômage, sur l'estime de soi, etc. Et toutes les études montrent que les gens au chômage font plus de dépression, il y a plus de divorce chez les gens qui sont au chômage, et ainsi de suite. Mais malgré tout, les études montrent que les gens déjà cherchent activement un emploi, et pourtant, on veut accroître la pression sur eux. Maintenant, dans les autres pays, il y a des choses qui ont été faites. Par exemple, en Allemagne, un chômeur doit pouvoir être joignable tout le temps. Il doit être joignable tout le temps. S'il n'est pas joignable, on peut arrêter ses prestations chômage.

Les vacances d'un chômeur sont décidées avec un représentant des job centers. Ils font ça en étant accompagnés. Au Royaume-Uni, vous devez tous les 15 jours prouver que vous avez répondu à des offres d'emploi. En Allemagne, vous devez rendre un rapport d'activité sur ce que vous avez fait quand vous êtes chômeur tous les deux mois. Donc il y a eu des contrôles comme ça, et certaines études ont été faites dans certains pays, montrant en fait que les gens se pliaient à ce type de contrôle, mais que l'efficacité n'était plutôt pas énorme en réalité. Parce que beaucoup d'emplois, y compris en France, ne sont pas trouvés via Pôle emploi.

Et là, c'est un vrai problème aussi qu'il faudrait mettre sur la table. Ils sont trouvés par des réseaux, les petits emplois. Les petits emplois, pareil, sont trouvés par réseau. On a besoin de toi, deux, trois jours. Voilà, c'est un collègue avec qui tu as travaillé. Donc ce n'est pas trouvé dans les sphères de Pôle emploi. Donc obliger les gens à faire des recherches et à prouver qu'ils font des recherches, alors que ce n'est pas efficace, pour moi, c'est ajouter de l'humiliation à de l'humiliation.

Donc les gens se plient, ils font comme s'ils faisaient des recherches, alors qu'ils savent que ce n'est pas efficace, et continuent de réseauter à côté pour trouver un emploi comme ils le font habituellement. Donc le vrai problème, c'est que Pôle emploi aujourd'hui n'est pas un pôle qui trouve des emplois. Il ne faudrait pas que Pôle emploi devienne un pôle qui contrôle uniquement et qui punit les chômeurs comme le veut finalement Emmanuel Macron en augmentant la pression et les contrôles sur les chômeurs.

6:03
Présentateur

Et finalement, est-ce que le but réel de cette mesure est vraiment d'inciter les chômeurs à trouver un emploi ?

6:09
Invité

Non, le but, ce n'est pas ça. Et c'est ça qu'il faut dire. Le but, en fait, c'est très simple. Macron, il nous avait promis à l'époque, et c'était le volet sécurité de sa flexi-sécurité. Parce que vous vous souvenez, Macron nous le présentait comme le président, la flexi-sécurité. La flexibilité, c'est la loi travail, c'est la baisse d'impôts sur la flat tax, la baisse d'impôts sur les revenus financiers, c'est la baisse d'impôts sur les gens les plus riches et les plus mobiles qui vont investir avec l'ISF. Et puis il y avait la sécurité. Et la sécurité, c'était donner des droits, des prestations aux démissionnaires.

Tu peux démissionner tous les 5 ans, tu auras une prestation chômage, si tu veux changer de vie. Et aux auto-entrepreneurs, l'ubérisation de l'économie. Sauf qu'ils donnaient plus de prestations en prévoyant une économie de 10 milliards sur l'assurance chômage. Ce qui veut dire que tu donnes plus avec moins. Et si tu donnes plus avec moins, qu'est-ce que tu fais ? Tu dois donner moins de prestations, des montants plus faibles, c'est ce qu'ils vont faire, baisser les montants sur pratiquement un million de prestataires, de chômeurs, et sur des durées plus courtes. Ou tu dois aussi radier. Radier et radier, et pour radier les gens, tu dois les contrôler.

Si tu contrôles plus de gens, en fait, tu radies les gens, dès qu'ils font la moindre erreur, et donc tu les sors de la statistique du chômage. Tu ne changes rien à leur vie. Ils ne vont pas avoir d'emploi. Sauf qu'ils ne rentrent plus dans la statistique du chômage. Et donc tu te retrouves comme aux Etats-Unis, avec une super belle statistique du chômage, 4% de chômage. Tout le monde dit, mais c'est génial, l'économie va bien, et Trump passe au pouvoir à l'époque avec 4% de chômage. Et les gens se disent, mais c'est quand même bizarre, avec une activité aussi bonne que les extrêmes passent au pouvoir.

Sauf que quand on regardait de plus près ce chiffre-là, vous aviez une grosse partie de gens qui étaient inactifs. Complètement inactifs, sortis des statistiques. Et il y avait une décorrélation parfaite, ce qui n'avait pas lieu dans les années 80, 90 et même début 2000, une décorrélation parfaite entre l'aide alimentaire et le chômage. Ce qui veut dire qu'il y avait des gens qui touchaient l'aide alimentaire massivement, et il y avait un chiffre du chômage très faible. Vous savez, entre les deux, vous avez la part d'inactifs, la part de gens qui vont bosser une demi-heure, une heure par-ci, par-là, le halo du chômage, etc. Et donc il faut faire très attention.

Et le but de Macron, c'est d'afficher une belle statistique pour dire, regardez, j'ai un bon bilan économique, mais le sort des chômeurs ne l'intéresse plus. Donc pour ça, on contrôle, et quand on contrôle, on radie plus. Et donc voilà, on fait des économies, on a une belle statistique.

8:13
Présentateur

Le gouvernement avait annoncé la fermeture de 14 réacteurs nucléaires d'ici 2035, sur les 56 que compte le pays. Pourtant, si l'on en croit le président de la République, le nucléaire, cette énergie dite décarbonée, serait le seul moyen de garantir l'indépendance énergétique de la France. Ainsi, ce dernier a annoncé la construction de nouveaux réacteurs dans le pays.

8:31
Invité

C'est pourquoi, pour garantir l'indépendance énergétique de la France, pour garantir l'approvisionnement électrique de notre pays et atteindre nos objectifs, en particulier la neutralité carbone en 2050. Nous allons, pour la première fois depuis des décennies, relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays et continuer de développer les énergies renouvelables. Ces investissements nous permettront d'être à la hauteur de nos engagements. Au moment où nous allons clôturer la COP26 à Glasgow, c'est un message fort de la France.

9:09
Présentateur

Du côté de l'opposition, c'est en effet un message très fort de la France. Elle évoque notamment l'échec de l'EPR de Flamanville, qui n'est toujours pas achevé depuis 2007. Annoncer une relance du nucléaire et la construction de nouveaux réacteurs, alors que l'industrie nucléaire enchaîne les fiascos, est totalement déconnectée de la réalité, a notamment réagi sur Twitter. Nicolas Nass, chargé de campagne Transition énergétique à Greenpeace. Alors Thomas, Emmanuel Macron a annoncé vouloir reconstruire des réacteurs nucléaires. Que penser finalement de cette annonce d'un point de vue énergétique et politique ?

9:39
Invité

Alors d'un point de vue politique, on va commencer par ça. D'un point de vue politique, là, Macron, il a toujours été quand même pro-nucléaire. Enfin, même si à l'époque, il y a des écolos qui l'avaient rejoint, comme Mathieu Orphelin, Daniel Cohn-Bendit, Pompili et d'autres, qui nous avaient expliqué dans des tribunes qu'il n'était pas du tout, que c'était un président écolo et tout. Alors qu'à la base, il a toujours été pro-nucléaire et même il a été pro-énergie fossile, parce que c'est quand même lui qui avait fait la promotion des gaz de couche, qui sont des gaz de charbon, notamment en Lorraine, qui est un gaz non conventionnel plutôt polluant. Donc il revient à ce qu'il était.

Même s'il a mis une éolienne dans son clip de campagne de 2017, il revient à ce qu'il est. Et puis surtout politiquement, on voit bien que là, les pro-nucléaire sont à droite, très à droite dans le débat. Et donc voilà, il faut aujourd'hui rassembler le plus. La politique se fait à droite. Il faut que les électeurs de droite n'aillent pas trop chez Bertrand ou d'autres, ou celui qui gagnera la primaire. Donc il faut les rassurer sur un certain nombre de points. Et donc là, le nucléaire, ça les rassure. Et puis après, il y a quand même une fronde de certaines régions rurales où on a vu des dizaines et des dizaines d'éoliennes s'implanter.

Et on doit en implanter plus pour tourner les objectifs de 2030. C'est ce que défend aussi sa ministre de la transition écologique, enfin de l'écologie, Barbara Pompili. Et lui, il sent aussi cette fronde. Il la voit arriver. Donc politiquement, il se dit, voilà, il faut mettre un petit peu... Il faut rassurer les gens en disant qu'on va faire du nucléaire. Nucléaire et renouvelable, ce qui est plutôt faux. On va en discuter après. Nucléaire et renouvelable pour un petit peu montrer aussi qu'il y a un aspect moderne et climat, etc. Et en même temps, on rassure les maires ruraux et les habitants des territoires sur le fait qu'on ne va pas implanter des éoliennes partout.

Donc c'est ça l'aspect politique. Voilà, c'est de se centrer. Et l'aspect énergétique, quand il dit, nous allons développer nucléaire et renouvelable, c'est plutôt très difficile. En réalité, vous savez, l'énergie nucléaire, c'est une centrale nucléaire, c'est un paquebot. C'est-à-dire, quand vous l'avez, vous l'avez installée, c'est un coût très élevé, un coût fixe très élevé. Mais après, une fois qu'elle est installée, vous devez produire de l'énergie quasi en continu. C'est-à-dire que vous produisez au moins pendant 5000 heures. 75% du temps d'une année, la centrale est allumée, elle produit de l'énergie.

Alors, ce qui a des avantages, parce que voilà, on a de l'énergie à foison, mais on ne peut pas dire qu'on va développer à côté de ça des énergies renouvelables. À partir du moment où on développe du nucléaire, on ne peut développer que de manière très faible les renouvelables. Parce que le nucléaire est un gros paquebot qui va produire la majorité de l'énergie, et donc on ne développera que de manière marginale les renouvelables. C'est ce qui se passe en France, où les renouvelables sont très faiblement développés par rapport à d'autres pays.

Donc quand on dit qu'on va faire les deux, ou quand vous avez des libéraux qui disent « Mais non, il ne faut pas les opposer, c'est les deux en même temps. » C'est des bêtises. Après, il y a du nucléaire, il y a très peu d'autres énergies pour produire de l'électricité. Et déjà, en France, rappelons-le, 75% de notre électricité, c'est du nucléaire. Donc si on rajoute encore des EPR, ce qui est inédit dans le monde par ailleurs, si on rajoute encore des EPR, etc., on sera à 75% voire plus qui sera du nucléaire. Donc on ne développera pas les renouvelables à côté. Donc il ne faut pas dire « Je développerai nucléaire et renouvelable comme il est dit d'un point de vue énergique », c'est faux.

On va choisir le nucléaire, et ça va se faire dépendre du renouvelable.

12:46
Présentateur

Et finalement, quels sont les avantages, mais aussi les inconvénients de l'énergie nucléaire ?

12:50
Invité

Alors les avantages, c'est clairement ce que j'ai dit, c'est qu'une fois que vous avez une centrale, pendant 40 ans, vous avez de l'énergie qui est produite à foison, 75% du temps. Et ça, c'est une bonne chose. Quand on a des pics, quand il fait très froid, vous savez, en fait, l'électricité ne se stocke pas. Donc quand on allume tous la lumière le matin à 8h en se levant, ou à 19h quand on fait à manger et sa machine à laver et qu'on rentre du travail, il faut qu'il y ait tout de suite de l'électricité qui arrive, parce qu'elle ne se stocke pas. Du pétrole, on peut le stocker dans des barils. L'électricité, on ne peut pas la stocker. C'est le problème, d'ailleurs, des renouvelables.

Les renouvelables, quand elles tournent, c'est bien, mais quand elles ne tournent pas, il n'y a pas d'électricité. Donc le nucléaire produit de manière abondante de l'électricité, et ça, c'est une bonne nouvelle. La deuxième chose, c'est la part du combustible. En fait, quand vous produisez de l'électricité avec des centrales à gaz ou à charbon, la part des combustibles, quand le prix du gaz augmente, le prix de l'électricité augmente.

La part du combustible est très faible dans le coût de fonctionnement d'une centrale, et donc, en réalité, avec l'énergie nucléaire, on met à l'abri des variations et des fluctuations des marchés extérieurs, comme on le voit en ce moment, sur les prix de l'électricité. Donc ça, c'est deux avantages. Après, le gros inconvénient, il faut le rappeler, il ne faut pas le mettre sous le tapis, c'est l'accident nucléaire. C'est l'accident nucléaire. Et je veux dire, aujourd'hui, il faut vraiment avoir en tête que la France, c'est un petit pays. C'est un petit pays, on est 70 millions d'habitants, on doit être 1% de la population mondiale. Nous avons 17% des réacteurs au niveau mondial.

Nous sommes le pays au monde qui avons le plus de réacteurs par habitant. Nous avons deux fois plus de réacteurs que le Royaume-Uni. L'Italie n'a aucun réacteur parce qu'ils ont peur. Ils ont choisi, vous voyez. Donc, on n'est pas à l'abri d'avoir un accident. Et si on augmente le nombre de réacteurs comme ils veulent faire en rajoutant des EPR, etc., c'est quelque chose quand même d'assez inédit. Vous voyez, notre situation est inédite. Le nucléaire, c'est 10% de l'énergie totale au niveau mondial. Nous, c'est 45% de notre bilan énergétique, 75% de notre électricité, on n'a jamais vu ça. C'est une spécificité. Donc, ça...

Alors, l'accident de Tchernobyl est difficilement possible en France parce qu'on n'a pas le même matériel, etc. Enfin, c'est ce que disent en tous les cas les experts. Fukushima, à part si on a un tsunami comme ça... Bon, on ne sait jamais aujourd'hui avec les allées climatiques et donc météorologiques et de plus en plus incertains, mais il faudrait quand même, voilà, qu'il y ait un tsunami d'une puissance énorme. Maintenant, l'accident qu'il y a aux Etats-Unis, un des plus gros accidents nucléaires qui a stoppé le programme nucléaire à Tremice Island, est possible. C'est possible. Ça reste une probabilité faible. Probablement, on a une autorité de sûreté nucléaire qui est très compétente.

Mais malgré tout, ça peut arriver. Et quand ça arrive, ce n'est pas pareil qu'une éolienne qui tombe ou je ne sais quoi. Là, ça peut être dangereux. Et puis après, il y a aussi la question du traitement des déchets. Les déchets, à un moment, il faut les mettre sous terre. Une partie des déchets, même s'il y en a moins parce qu'il y a une grosse partie et il y a beaucoup de villes qui refusent de vivre sous un cimetière de déchets nucléaires. Comme bien même, on leur dit que c'est sûr et on les comprend. Alors que d'autres pays comme la Suède ou le Danemark acceptent facilement ça. Nous, on a du mal en France. Donc tout ça, il faut le prendre en compte.

Il ne faut pas dire oui, c'est une énergie à 100% propre. Oui, c'est une énergie qui n'a aucun risque. Il y a un risque. Et quand il y a un problème, ce ne sont pas des petits problèmes.

16:03
Présentateur

Et qui financerait la construction de ces nouveaux réacteurs ?

16:06
Invité

Ça, c'est aussi la question. Alors, c'est trop marrant. Il nous dit qu'on va rajouter 4 EPR. Je crois que c'est 46 milliards. 46 milliards. L'allongement de la durée de vie de nos réacteurs déjà qui a été validé par l'Autorité de Sûreté Nucléaire, ça va coûter 50 milliards payés par EDF. Donc 50 milliards, 46 milliards. Vous voyez, c'est un peu... On a un EPR qui a un surcoût, enfin, qui a 10 ans de retard. Vous savez, on veut construire 4 EPR, mais on a un EPR à Flamanville qui a 10 ans de retard, qui a un coût qui a été multiplié par 6, je crois, qui est au-delà de 15 milliards aujourd'hui. Donc, bon, à un moment, qu'est-ce qu'il va payer ? Est-ce que EDF peut payer ? EDF est très endetté.

EDF est très, très endetté. Donc si c'est EDF qui paye ou si c'est l'État qui paye, ça se retrouve où à la fin ? Sur la facture du consommateur. Donc nous expliquer que c'est une énergie qui est peu chère, ça reste à prouver. Avec tous les surcoûts qu'il y a, là, à un moment, les prix aussi de notre électricité vont augmenter parce que c'est toujours in fine le consommateur qui paye les investissements qui ont été faits.

17:03
Présentateur

Il y a 3,1 millions de logements vacants en France. C'est en tout cas le résultat d'une étude de l'INSEE. Il n'y a jamais eu autant de logements vacants en France et les chiffres sont vertigineux. Il y aurait plus de 18 000 logements vacants depuis deux ans à Lyon, selon les chiffres de médiacité. Sans compter plus de 400 000 en Ile-de-France et dans l'Oise, donc plus de 100 000 rien qu'à Paris, selon les chiffres du Parisien. Des chiffres alarmants, alors que 4,1 millions de personnes souffrent de mal logement en France, où plus d'un million sont privés de logements personnels, selon le dernier rapport sur le mal logement de la Fondation Abbé Pierre.

Alors Thomas, comment expliquer ce nombre, ces chiffres vertigineux, ce nombre de logements vacants, alors que plus de 4 millions de personnes souffrent de mal logement en France ?

17:44
Invité

Quand on met les deux chiffres comme ça, le nombre de logements vacants et le nombre de gens qui souffrent de mal logement ou qui n'ont pas de logement, tout simplement, on se dit par un coup de baguette magique qu'on pourrait finalement reloger tous ces gens qui n'ont pas de logement dans les logements vacants. Mais c'est un peu plus compliqué que ça. La première des choses, c'est qu'il faut vraiment le dire, dans tout marché, vous avez comme ça, de manière frictionnelle, des choses qui ne sont pas pourvues. Dans le chômage, vous avez des emplois non pourvus. Vous allez dire, il y a 300 000 emplois non pourvus, les Français ne veulent pas bosser. Il y a 6 millions de chômeurs.

Et là, c'est pareil, il y a 3 millions un peu plus de logements non pourvus. Alors ça augmente, donc c'est pour ça qu'il faut vieillir dessus. Ça augmente. Mais il y a quand même plusieurs raisons. Déjà, la première raison, c'est que vous avez parfois des gens qui vont hériter de petits logements, etc. Et le coût pour refaire ces logements coûte très cher. Et ils se disent, bon, je n'ai pas les moyens maintenant, donc ils vont les laisser vacants pendant un ou deux ans. Des biens qui vont être hérités par certaines personnes, où il y a des partages, etc. C'est un peu plus compliqué, donc ils vont rester vacants pendant un ou deux ans.

Après, vous avez des choses un peu plus scandaleuses, c'est-à-dire des gens qui vont acheter des biens, jouer sur la hausse des prix de l'immobilier, et qu'ils n'ont pas envie de les louer et puis les revendre, faire des achats spéculatifs. C'est des grandes banques, des grandes assurances, etc. Mais tout n'est pas des logements qui sont, même si ça paraît scandaleux, c'est aussi du fait que parfois, il y a une inadéquation entre l'offre et la demande. Et le vrai problème du mal-logement ne peut pas être traité que par les logements vacants.

Il doit être traité par d'autres facteurs multidimensionnels, comme le fait d'avoir un accès à l'emploi, le fait d'avoir des loyers plus modérés avec le contrôle des loyers, et puis le fait d'avoir une offre de logement supérieure à la demande pour ne pas qu'il y ait des tensions sur les prix. Donc ce n'est pas que les logements vacants. Un certain nombre de mécanismes ont été mis en place pour les logements vacants. Il y a eu la taxe. Si tu ne loues pas ton logement au bout d'un certain temps, tu payes une taxe supplémentaire. Il y a eu les subventions.

Des subventions qu'on a dit voilà, on va donner ça aux propriétaires pauvres qui ont un logement vacant pour qu'ils rénovent ce logement pour qu'il soit habitable. Parce que beaucoup de logements vacants sont des passoires énergétiques, c'est horrible parce que des gens dorment dehors. Mais en même temps, ces bureaux ne sont pas habitables. Il y a plein quand même de choses à prendre en compte. Et puis après, les logements vacants ne se situent pas tout le temps là où il y a un mal logement. Il y en a beaucoup qui sont dans des endroits où il n'y a plus beaucoup d'activités ou justement où les loyers sont très faibles.

Donc quand vous avez des loyers très faibles et que vous devez refaire, vous faites quand même un arbitrage. Donc la question des logements vacants, elle est importante. Il faut la suivre de près. Elle est, quand on compare les deux chiffres, scandaleuses. Mais elle est assez difficile finalement. On n'aura jamais zéro de logements vacants. C'est impossible. Elle est toujours compliquée parce que dans tout marché, vous avez comme ça une offre à peu près comme les offres d'emplois non pourvues, frictionnelles. Et il faut accepter que ce soit le cas.

Le vrai problème du mal logement, il se situe plutôt, moi je trouve, dans des prix très élevés dans les grandes villes, le manque de contrôle sur les loyers et le fait aussi que quelqu'un qui se loge mal et quelqu'un qui n'arrive pas à trouver un emploi, etc. Et donc on a une analyse multidimensionnelle de la pauvreté qui amène in fine au mal logement.

20:48
Présentateur

Et quelles seraient les solutions pour résoudre en quelque sorte cette crise du logement ?

20:52
Invité

Alors il y a plein de choses. Déjà, moi je pense que l'offre de logement est importante. Aujourd'hui, on a une offre de logement qui n'est pas suffisante. Pourquoi ? Alors quand on regarde chaque année, vous avez plus de 300 000 logements construits. Vous avez des gens qui arrivent avec le taux de natalité qu'on a qui arrivent sur le marché et qui veulent se loger. Des jeunes. Mais il y a eu un grand, on va dire, changement dans la cellule familiale ces 20 dernières années, notamment dans les grandes villes qui a fait exploser la demande de biens, c'est les divorces. C'est-à-dire que pendant très longtemps, une famille vivait dans un appartement.

Aujourd'hui, vous regardez dans Paris, pratiquement deux tiers des familles ou une sur deux vivent dans deux appartements parce qu'ils ont divorcé. Et à partir de ce moment-là, vous avez une demande très forte qui a augmenté. À ça, vous ajoutez le fait qu'aujourd'hui, les régions où il y a des emplois sont des régions qui attirent finalement toute la main d'œuvre pratiquement française dans certains secteurs. Vous regardez en école de commerce, 85% des diplômés d'écoles de commerce trouvent leur premier emploi en région parisienne.

Ce qui fait qu'il y a un afflux de jeunes dans des endroits où il y a des structures familiales qui ont changé et qui fait augmenter le prix finalement des petites surfaces. Et donc, on se retrouve dans des conditions complètement folles. Vous avez un étudiant qui a fait cinq ans d'études, qui va gagner 2500 euros en premier emploi, ce qui est bien, donc qui va être dans les 20% des revenus les plus élevés sur l'échelle française et qui va vivre dans 25 mètres carrés. Vous voyez ? Et ça, c'est hallucinant parce qu'il y a une forte demande dans certains secteurs.

Donc, il y a quand même, moi, je pense qu'il faudrait revoir la politique un peu territoriale pour arrêter que ce soit des grandes villes qui capitalisent comme ça tous les emplois, etc. Et puis, après, il y a la question dans cet endroit où il y a des flux tendus qui a été mis en place notamment à l'époque par Cécile Duflo, le contrôle des loyers qui est important et l'augmentation de la construction de logements aussi qui doit être important. Donc, le mal-logement, c'est quelque chose qui ne va pas se résoudre par un coup de baguette magique. C'est une politique qui doit être menée sur le long terme et après, du côté des mal-logés, il faut regarder le cumul qu'il y a.

Souvent, c'est des gens qui ont des emplois précaires, des emplois mal payés. Et donc, là, il faut faire en sorte soit de leur offrir des logements sociaux, soit de leur offrir des aides comme c'est le cas avec les APL. Or, aujourd'hui, ce qu'a fait le gouvernement ces dernières années, c'est qu'il a baissé les APL et qu'il a fait en sorte, en baissant les APL, comme il y a une grosse partie qui sont dans les HLM, d'appauvrir le logement social. Et donc, c'est la politique inverse qu'il faut faire de ça.

Il faut plutôt renforcer le logement social et faire en sorte qu'on ne touche pas aux APL qui sont des choses qui sont directement relancées dans l'économie puisque ce n'est pas avec des APL qu'on va placer son argent en Suisse. Et puis, la dernière des choses, il y a quand même un aspect politique qui est important. Vous savez, on parle souvent des maires bâtisseurs. Il y a beaucoup de maires qui n'ont pas intérêt à bâtir quoi que ce soit. Parce que quand vous êtes élu, parfois vous êtes élu, c'est votre deuxième, troisième mandat. Voilà. Vous maîtrisez finalement votre ville, vos électeurs. Avez-vous intérêt à faire rentrer de nouveaux électeurs ?

Dans toutes les villes où il y a eu des maires bâtisseurs et des changements, on va dire, sociologiques de population, des maires ont perdu souvent leur ville. C'est pour ça que dans certaines villes, des maires ne veulent pas de logements sociaux. Ils préfèrent payer l'amende. Au moins, ils restent au pouvoir parce qu'ils ont... Voilà, dans des villes plutôt à droite, ils savent que les électeurs ne veulent pas... Donc, ils ne font pas de logements sociaux.

Et puis, dans d'autres villes, même parfois des villes très pauvres, ils disent pourquoi on bâtirait de nouveaux logements qui attirait un nouveau type sociologique de personnes qui pourraient favoriser la mixité puisque ces personnes potentiellement ne voteront pas pour moi. Je prends un risque politique. Donc, les maires bâtisseurs n'ont pas aussi intérêt à faire en sorte qu'il y ait des nouvelles constructions dans leur ville. Donc, voilà, il y a plein... Il y a des blocages politiques. Il y a des blocages parfois économiques.

Et il y a une politique qui a été menée ces dernières années qui s'est concentrée sur le fait d'appauvrir les plus pauvres et donc qui ont fait en sorte que les plus pauvres soient encore plus en difficulté face au logement qu'ils ne l'étaient auparavant.

24:40
Présentateur

L'instant porché, c'est fini pour aujourd'hui. Merci à toutes et à tous de nous avoir suivis. Et n'oubliez pas, le Média est indépendant et n'existe que grâce à vous. Alors, n'hésitez pas à faire un don à devenir sociaux. Et nous, on se dit à la semaine prochaine. Le Média devient une coopérative. Alors, pour garantir son indépendance, n'hésitez pas à devenir sociaux et à nous soutenir sur lemediatv.fr. Et pour ne rien rater de nos contenus, abonnez-vous au podcast.