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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 10 avril 2025 25 min

Yaël Braun-Pivet : "Ça suffit le sexisme en politique et dans notre vie au quotidien"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin la présidente de l'Assemblée nationale. Elle publie « À ma place » aux éditions Bûcher-Chastel, où elle raconte le parcours de sa vie, vos questions au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. Yael Broun-Pivet, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter, c'est un livre très personnel, sans filtre, qui raconte l'émergence d'une femme puissante dans la sphère politique. Première femme à occuper le perchoir à l'Assemblée nationale au terme d'un parcours qui n'a franchement pas été facile.

Souvent, Yael Broun-Pivet, les politiques attendent d'avoir quitté leur fonction pour écrire leur mémoire. Ce fut le cas d'Elisabeth Borne ou de Jean-Michel Blanquer. Pourquoi le quatrième personnage de l'État que vous êtes a éprouvé la nécessité d'écrire et de se livrer ? Vous nous faites une Bruno Le Maire, entre guillemets, c'est-à-dire le seul qui fait exception à cette règle et qui écrivait tout en exerçant le pouvoir.

1:12
Yaël Braun-Pivet

Alors, il y a effectivement des petits bouts que j'avais écrits juste après avoir vécu des événements intenses et je ne voulais pas qu'ils s'échappent de ma mémoire. Et donc, j'avais écrit beaucoup de choses au fil de l'eau et puis j'ai éprouvé le besoin de tout réunir et de donner de la cohérence à ce récit. Mais aussi parce que les Français commencent à me connaître en tant que présidente de l'Assemblée Nationale. Mais comme je ne suis pas en politique depuis longtemps, ils ne me connaissent pas, ils ne savent pas qui je suis, quel est mon parcours, etc.

Et j'ai voulu donc fendre un peu l'armure, les faire entrer dans les coulisses, alors les coulisses de ma vie, les coulisses de l'Assemblée Nationale, qu'ils puissent savoir qui j'étais et ce qui m'avait construit et ce qui m'animait.

1:52
Présentateur

Les coulisses aussi des coups bas en politique, ce qui marque dans votre livre à la lecture, c'est qu'on a l'impression que les coups les plus durs viennent de votre camp, on va y venir. Mais ce livre s'ouvre par une figure, celle de votre grand-père, Calman Brown, tailleur juif polonais réfugié en France à Nancy, où il rencontre en 1933 Rose, qui va devenir votre grand-mère, juive allemande réfugiée. Pourquoi avoir eu besoin d'évoquer la figure de votre grand-père ? En quoi est-il marquant pour vous dans votre parcours ? Et que dit-il ce parcours de votre grand-père de la République française ?

2:23
Yaël Braun-Pivet

Alors, j'étais extrêmement attachée à mon grand-père et son parcours montre qu'un destin, ça se construit, qu'on ne doit pas nécessairement subir le poids des événements, le poids de l'histoire, le poids de cette fatalité, là où vous naissez. Lui, il était né en Pologne avant la Première Guerre mondiale et il a construit sa vie à force de travail, d'acharnement, de grandes décisions aussi, la décision de quitter la Pologne, puis de venir en France, de s'engager pour l'armée française, ce pays qui était en train de l'adopter, mais dont il n'avait pas la nationalité, puis dans la résistance. Bref, un parcours valeureux, droit, mais aussi simple, sans prétention.

Quand il est décédé, j'avais 18 ans, il n'avait rien, il n'avait pas fait fortune, c'était juste un petit artisan, mais qui avait construit son destin. Et ça a toujours été très inspirant pour moi, parce que, et c'est aussi le cas de ma mère, c'est le message aussi que je veux porter dans ce livre, c'est qu'il faut prendre sa vie en main, il faut être capable, ce n'est pas facile, mais il y a des moments où il faut arrêter de subir et se dire qu'on peut avoir une influence sur le cours de sa vie. Alors, vous l'avez eu en 2017.

3:42
Présentateur

Oui, vous faites partie des macronistes de la première heure, élus en 2017 dans les Yvelines, sur la promesse de faire de la politique autrement. Vous avez abandonné à ce moment-là votre carrière d'avocate pour entrer en politique, comme beaucoup de ceux qui ont été élus à cette date, à la suite d'Emmanuel Macron. À l'époque, vous l'écrivez, je suis enthousiaste, mais je n'y connais rien. Je ne sais pas comment faire. Et ce fut le cas d'ailleurs de beaucoup de ceux qui entrèrent en politique à ce moment-là. Ça vous vaudra d'être taxé d'amateur ?

4:13
Yaël Braun-Pivet

Complètement. C'était très bizarre parce qu'en fait, les Français avaient souhaité un profond renouvellement de la classe politique. Ils voulaient justement que la société civile rentre en politique. Ils voulaient se débarrasser des politiques de carrière. Et en même temps, dès que nous sommes arrivés aux responsabilités, on a effectivement été taxé d'amateur, de godillot, etc. comme s'il avait fallu qu'en une journée, on se transforme nous-mêmes en professionnels de la politique, ce que l'on n'était pas. Donc c'est vrai qu'au début, ça a été difficile. Et puis, c'est un monde qui est particulier, qui est compliqué. Il faut en apprendre les codes.

Je crois que je les ai appris au fur et à mesure, en travaillant, en regardant, en écoutant. Et il faut avoir beaucoup d'humilité aussi quand on débarque comme ça dans un milieu que l'on ne connaît pas. Mais en même temps, je crois profondément, et c'est aussi ce que j'essaye de dire dans mon livre, à ce que la société civile s'engage en politique. Moi, je ne veux pas qu'on revienne en arrière et qu'on revienne avec des professionnels de la politique.

5:11
Présentateur

On a besoin de l'engagement de tous. Même si vous écrivez qu'au-delà de l'idéalisme, certains diraient de la naïveté, ce qui nous animait au départ, nous ne sommes pas parvenus à la tenir. C'est la promesse de faire de la politique différemment. Et vous racontez sans phare les difficultés que rencontrent les députés macronistes dès 2017. Le manque de formation, surtout la pratique du pouvoir au sein du parti, de votre parti, La République En Marche à l'époque, qui s'est révélée très verticale.

En fait, vous dites clairement très vite, c'est la douche froide puisque vous êtes nouveau, vous êtes amateur, entre guillemets, vous arrivez, vous ne connaissez pas la politique, sauf qu'à la tête du parti, ça fonctionne à l'ancienne. C'est très vertical et on décide des choses. Et vous donnez des exemples. C'est ça. Mais parce que je pense

5:51
Yaël Braun-Pivet

qu'au départ, avec une majorité absolue, il faut dérouler, il faut passer les réformes qui ont été promises et on ne s'embarrasse pas effectivement d'avoir de la participation, que ce soit de la participation citoyenne, la participation des corps intermédiaires ou la participation des parlementaires. Tout le monde l'a dit, je ne suis pas la première à le dire, un exercice du pouvoir très vertical, alors que la promesse En Marche, effectivement, ça n'était pas ça. Ça n'était pas ça, c'était quelque chose de beaucoup plus participatif. Et vous donnez des exemples.

6:23
Présentateur

Oui, il y a les coups bas dont parlait Léa, les rapports de force sont les pages les plus édifiantes. Vous racontez les conditions de votre élection au perchoir. Emmanuel Macron et ses proches ne voulaient pas de vous pour succéder à Richard Ferrand. Ils préféraient Roland Lescure. Vous racontez comment Alexis colère le bras droit d'Emmanuel Macron à l'Élysée. Puis Elisabeth Borne vous ont sommé de renoncer à votre candidature.

si tu te présentes si tu présentes ta candidature tu perdras ton poste de ministre vous dit Alexis colère après vous avoir expliqué qu'Aurore Berger étant déjà présidente du, ça vous fait rire du groupe macroniste il fallait un homme au perchoir pour des raisons de parité. Elisabeth Borne à l'époque première ministre vous accuse de jouer contre eux elle finit par exiger votre démission immédiate ambiance. Ambiance. Qu'est-ce que ça révèle je dirais de la substance même de la Macronie tout ça ?

7:21
Yaël Braun-Pivet

Alors je ne sais pas si c'est propre à la Macronie soyons honnêtes ce matin ensemble il y a toujours eu dans tous les partis politiques pour des fonctions telles que le perchoir ou la présidence du Sénat des candidats qui étaient fléchés et stampillés par l'Élysée et on voit bien qu'il y a deux sortes de présidents ceux qui avaient les faveurs de l'Élysée et les autres et j'apprenais encore récemment que certains de mes prédécesseurs type Jean-Louis Debré n'avaient pas les faveurs de l'Élysée au moment où il s'était présenté donc en fait c'est assez classique finalement et moi je fais partie de ceux qui effectivement n'avaient pas les faveurs de l'Élysée mais après il faut se battre ce que je trouve très intéressant c'est la question de la parité quand c'est deux hommes il n'y a pas de sujet de parité pour les hommes mais quand il y a une femme ça suffit donc c'est 50%

8:11
Présentateur

pas plus assez classique mais tout de même il y a une spécificité vous êtes nombreuses à La République En Marche enfin dans la majorité depuis 8 ans à dire en off que c'est un boys club que ça a toujours été un boys club que tous les conseillers du président des premiers ministres mis à part Elisabeth Borne mais ça n'a pas duré longtemps sont entourés d'hommes c'est les hommes qui décident c'est comme ça bien sûr les hommes du président les hommes du président vous le reconnaissez non mais évidemment ça a été ça pendant 8 ans

8:40
Yaël Braun-Pivet

vous êtes une exception ça saute aux yeux ça saute aux yeux on le voit mais à nouveau le monde politique reste un monde très masculin c'est pour ça que moi je me suis battue cette semaine lundi dernier pour que l'on puisse voter à l'Assemblée Nationale une loi qui fait la parité à toutes les élections locales parce qu'aujourd'hui nous n'avons encore que 20% de femmes maires 16% de femmes présidentes de conseils d'agglomération ça n'est plus possible vous racontez aussi c'est très puissant Macroni vous avez raison de le rappeler mais ça n'est pas non plus là

9:08
Présentateur

une exception vous racontez le braune-pivet avant la bagarre pour le perchoir il y a eu la bagarre pour la commission des lois de l'Assemblée Nationale ça c'est en 2017 vous arrivez vous briguez la présidence de la commission des lois vous l'obtenez et là le patron du parti le conseiller du président Stéphane Séjourné qui est aujourd'hui à la commission européenne vous appelle pour vous demander de démissionner de ce poste vous le citez il vous explique que la commission des lois est très stratégique que c'est une fonction très importante que vous n'avez pas l'expérience requise pour l'exercer en tant que novice et que d'ailleurs vous n'arriverez pas à vous occuper de vos 5 enfants avec cette fonction qui va occuper tout votre temps j'ai pas de question

9:43
Yaël Braun-Pivet

non mais moi j'ai pas de réponse ça dit tout et je ne le commande pas dans mon livre parce que tout est dit entre la démarche et les motivations mais c'est sur ça et c'est ça qu'il faut que l'on combatte aujourd'hui ardemment c'est ce que j'ai combattu pendant 8 ans il faut continuer à le faire ça suffit le sexisme en politique ça suffit le sexisme dans notre vie au quotidien nous devons en tant que femmes nous représentons 50% de la population nous devons simplement avoir notre juste place et donc nous pouvons mener des carrières professionnelles avoir des familles et la société doit pouvoir permettre cela

10:22
Présentateur

partout en politique au plus haut niveau après on peut avoir une lecture qui n'est pas sexiste Sébastien Chenu qui est le vice-président de l'Assemblée nationale qui vient du Rassemblement national dit dans le monde que c'est juste que vous ne vous entendez pas avec Emmanuel Macron il dit elle est vue comme une chieuse dans un monde où il était plus facile de s'arranger sur un coin de table avec Richard Ferrand a-t-il raison ? Sébastien Chenu

10:41
Yaël Braun-Pivet

Est-ce un compliment ? En tout cas j'ai de l'autonomie j'ai une liberté de penser parce que j'ai beaucoup de convictions j'essaye d'être très cohérente entre ce que je suis et ce que je porte et c'est ce que j'essaye de développer dans le livre et je crois qu'aujourd'hui si j'ai été réélu présidente de l'Assemblée nationale en 2024 c'est justement parce que j'ai aussi cette autonomie après mes relations avec le président de la République et je vous l'assure sont aujourd'hui excellentes parce qu'on a appris à se connaître on ne se connaissait pas jusqu'en 2022

11:14
Présentateur

et on s'est apprivoisé pardon vous écrivez il y a quelque chose d'insaisissable qui me déroute toujours chez Emmanuel Macron

11:21
Yaël Braun-Pivet

oui mais ça ne nuit pas la qualité de notre relation qui est très franche et très sincère on continue à se voir en tête à tête on se dit les choses et c'est important parce que aux fonctions qui sont les nôtres aujourd'hui dans les temps qui sont les nôtres compliqués nous avons besoin d'avoir une relation de confiance et cette relation s'est créée ça se construit la confiance c'est normal ça ne se décrète pas

11:42
Présentateur

vous racontez Yael Brown-Pivet aussi le cancer du sein que vous avez dû combattre un cancer qui vous a été diagnostiqué il y a 3 ans en 2022 lors d'une mammographie c'est important pour vous comme femme politique femme publique de dire les choses de montrer qu'on peut se battre contre un cancer et présider l'Assemblée Nationale

12:03
Yaël Braun-Pivet

oui c'était important d'appeler à la prévention aussi et avant tout de dire aux femmes allez-y aujourd'hui on n'a que 50% des femmes qui bénéficient du dépistage national organisé qui est gratuit il faut que ça soit davantage parce que ça peut leur sauver la vie et puis des témoignages qui m'ont été apportés m'ont montré que j'avais eu raison aussi de le dire parce que effectivement on a besoin aujourd'hui de lever le tabou de la maladie et vous l'avez fait on a besoin de montrer qu'on peut travailler en ayant été atteint d'une maladie qu'on n'est pas devenu des incapables qu'on n'est pas des parias et il faut montrer qu'en fait on est capable de livrer des grands combats que tout ne s'arrête pas et qu'on ne se résume pas à une maladie et c'est ce que j'ai voulu dire aujourd'hui moi je vais bien j'ai cette chance-là d'avoir été guérie et on doit créer une société beaucoup plus inclusive beaucoup plus tolérante vis-à-vis de chacun quels que soient les parcours qui sont les nôtres et montrer aussi qu'on est comme tout le monde en fait parfois on a une image de politique qui serait des surhommes complètement désincarnés on n'est pas désincarnés on a nos forces on a nos faiblesses on a nos souffrances etc on est des hommes

13:14
Présentateur

et des femmes tout simplement et puis il y a des considérations et des réflexions plus politiques dans le livre on a commencé par l'intime la défense du 49-3 vous le défendez vous estimez que c'est un outil qui n'est pas un passage en force que c'est un outil et vous défendez qu'Elisabeth Borne ait passé la réforme des retraites par le 49-3 ça vous l'écrivez très clairement aucun regret et puis vous parlez de la marche contre l'antisémitisme organisée le 12 novembre 2023 avec Gérard Larcher vous dites c'est mon plus beau souvenir politique vous revenez sur la montée de l'antisémitisme dans le sillage du 7 octobre le fameux tweet de Jean-Luc Mélenchon qui vous a accusé de camper à Tel Aviv pour encourager le massacre parce que vous êtes allé très vite après le 7 octobre sur place en Israël vous dites d'ailleurs avoir appelé Robert Badinter qui vous a conseillé à ce moment-là de ne pas bouger mais au-delà du tweet controversé de Jean-Luc Mélenchon vos positions sur la question du Proche-Orient ont interrogé jusque dans votre camp Elisabeth Borne alors première ministre raconte dans son livre à elle on l'avait reçu et à elle Broun-Pivet s'est rendue en Israël et a réaffirmé un soutien inconditionnel à Israël le président Emmanuel Macron et moi-même n'avons pas été prévenus à la dernière minute seulement de ce voyage mais à la fois le choix du moment comme le message ce soutien inconditionnel interpelle c'est Elisabeth Borne qui dit ça un an et demi après vous le redites vous parlez du soutien inconditionnel de la France à Israël

14:34
Yaël Braun-Pivet

alors le mot a été effectivement mal choisi parce que de toute évidence il a été mal compris donc forcément mal choisi et c'est de ma responsabilité puisque mon expression n'a pas été comprise j'ai été comme tous les français choquée par ce qui s'est passé lors des attentats du 7 octobre et j'ai réaffirmé à l'Assemblée nationale le soutien qui était celui de la France à un pays meurtri par le terrorisme et ce soutien qui n'avait pas de condition c'est pas on ne soutient on devait soutenir Israël sans dire oui mais ils sont ils sont en fait responsables de leur propre malheur et c'est ce qu'on entendait chez certains hommes et femmes politiques aujourd'hui un an et demi après je n'aurais pas choisi ce mot un an et demi après je vois bien que j'ai eu tort de choisir ce mot parce qu'il ne reflétait pas ma pensée et il a été compris de telle sorte que ça ne correspond pas à ce que je voulais dire donc voilà il faut le reconnaître et aujourd'hui le soutien de la France mais je ne regrette absolument pas d'avoir été en Israël parce qu'il faut se tenir aux côtés des nations amies qui subissent quelque chose d'effroyable et donc ce déplacement je ne le regrette pas

15:45
Présentateur

mais aujourd'hui un an et demi après alors que les bombes tombent toujours sur Gaza est-ce que le soutien de la France doit être toujours aussi fort ?

15:54
Yaël Braun-Pivet

Mais on doit et c'est l'action du président de la République on doit absolument permettre à ce que la paix puisse s'installer dans la région à ce que les populations civiles puissent être complètement secourues et qu'elles puissent vivre revivre et c'est l'action diplomatique que mène aujourd'hui le président de la République une reconnaissance de deux états l'état d'Israël et l'état de Palestine avec des garanties de sécurité apportées aux deux états

16:22
Présentateur

La France pourrait reconnaître l'état palestinien en juin c'est ce qu'a déclaré hier Emmanuel Macron en annonçant une conférence internationale présidée par la France et l'Arabie saoudite et voilà l'état palestinien maintenant vous êtes pour une reconnaissance ?

16:40
Yaël Braun-Pivet

je suis pour dans la mesure où nous arrivons à avancer sur cette solution à deux états c'est un état palestinien et un état israélien avec des garanties de sécurité pour les deux états et c'est cette voie que le président de la République porte je voudrais juste apporter une toute petite précision évidemment que l'Elysée était au courant de mon déplacement en Israël je ne fais aucune action diplomatique sans mettre l'Elysée et le Quai d'Orsay dans la boucle je ne leur demande pas l'autorisation puisque je suis en vertu de la séparation des pouvoirs complètement autonomes mais il n'y a aucune action diplomatique qui est menée dans le dos de l'Elysée c'est la moindre des responsabilités qui est la mienne de faire attention à cela

17:25
Présentateur

vous les avez informés de ce voyage dites-vous Yael Brown-Pivet ils ne vous ont pas informés de la décision de la dissolution que vous revenez sur la dissolution dans votre texte vous racontez les coulisses de cette décision que vous jugez incompréhensible encore aujourd'hui vous racontez la scène où à 19h le 9 juin on est au soir des européennes vous êtes convoqués à l'Elysée aux côtés de Richard Ferrand Gabriel Attal Gérald Darmanin Stéphane Séjourné encore beaucoup de femmes le président vous annonce sa décision de dissoudre et ce qui est frappant à vous lire c'est que sur le moment personne ne conteste la décision du président écrivez-vous Argan qu'il s'agit de sa prérogative et qu'il est libre de l'exercer à sa guise autour de la table les mines sont déconfites mais personne n'ose dire à Emmanuel Macron qu'il commette une erreur personne n'ose parler ce que vous racontez c'est vrai en fait je pense que

18:10
Yaël Braun-Pivet

tout le monde est un peu tétanisé un peu sous le choc de cette décision et c'est vrai qu'il n'y a pas de contestation autour de la table et c'est vrai que le tour de table dure très peu de temps et finalement c'est pour ça que moi je demande cet entretien particulier avec le président de la république que j'obtiens et là pendant plus de 15 minutes j'essaye de lui expliquer pour quelle raison ça n'est pas une bonne décision et pour quelle raison on pourrait trouver un autre chemin nous sommes en désaccord lui il pense que l'Assemblée Nationale n'est pas en capacité de continuer à travailler qu'on va aller vers un blocage croissant là où moi je pense que nous sommes capables avec les républicains à l'époque de nouer une alliance et de construire une coalition qui nous permettrait d'avoir un gouvernement commun qui à l'époque aurait pu s'appuyer sur une majorité absolue à l'Assemblée Nationale puisque le socle commun et les républicains constituaient à l'époque une majorité absolue

19:08
Présentateur

Avez-vous été troublé comme François Bayrou par la condamnation de Marine Le Pen à une peine d'inéligibilité de 5 ans avec exécution immédiate qu'elle ne puisse pas se présenter à l'élection présidentielle en 2027 cette hypothèse-là est-ce un problème démocratique à vos yeux ?

19:26
Yaël Braun-Pivet

Le problème démocratique c'est qu'on est des responsables politiques qui sont condamnés pour des faits très graves les français ont besoin et je le rappelle c'était ça aussi la promesse de renouveau démocratique ils ont besoin d'avoir des responsables politiques qui soient complètement intègres qui soient irréprochables ils souhaitaient et sont très majoritaires à souhaiter qu'on ait un casier judiciaire vierge pour se présenter et donc moi ça ne me trouble absolument pas qu'un responsable politique qui subisse une condamnation pénale importante ne puisse pas se présenter à une élection quelle qu'elle soit vous savez les peines d'inéligibilité elles existent depuis que le code pénal existe donc depuis 1812

20:08
Présentateur

Puisqu'on est sur le RN le RN a annoncé hier soir qu'il refuse de reprendre les travaux à l'Assemblée nationale après votre décision d'exfiltrer de l'Assemblée le média identitaire frontière il vous accuse de museler la presse

20:20
Yaël Braun-Pivet

qu'est-ce que...

Alors je n'ai pas exfiltré un média malheureux je n'ai pas le pouvoir je ne fais pas le tri des médias qui sont accrédités à l'Assemblée nationale quand on exerce et qu'on a une carte de presse en France dans une démocratie on a le droit d'accéder au lieu de la délibération publique donc les titulaires de cartes de presse peuvent rentrer dans l'enceinte de l'Assemblée nationale mais il y a eu un incident à l'Assemblée nationale hier avec une manifestation organisée par des collaborateurs de la CGT et de la France Insoumise qui suite à l'apparution du journal Frontière justement et à un moment donné il y a eu un trouble et la sécurité des uns et des autres n'était plus assurée je suis en charge de cette sécurité je suis en charge de permettre aux journalistes de travailler dans de bonnes conditions et en même temps de permettre aux collaborateurs de manifester c'est un droit constitutionnel à moi de réussir à concilier tout cela pour que nous puissions préserver ce temple de la démocratie c'est ce que j'ai essayé de faire après que ça déborde dans l'hémicycle c'est intolérable dans l'hémicycle c'est le lieu de la délibération du débat politique et il ne faudrait pas que les uns ou aux autres se servent de ce prétexte pour entraver la délibération et pour entraver la marche normale de l'Assemblée nationale

21:35
Présentateur

Allez on file au standard on nous attend Julien bonjour bienvenue Bonjour

21:40
Invité

merci de prendre mon appel quand je vous écoute je me demande si ce livre critique de madame Brom-Pivet il n'est pas révélateur d'une prise de distance en vue de se positionner pour les présidentielles et je pense notamment à des choses analogues avec Edouard Philippe

21:59
Présentateur

c'est très clair d'accord merci Julien pour cette question en 2027 vous serez où Yael Brom-Pivet ?

22:08
Yaël Braun-Pivet

je n'en sais rien parce que je ne me suis jamais projetée sur des places ou sur des fonctions ce que je sais c'est que je continuerai à m'engager je continuerai à essayer autant que faire se peut à être le plus utile possible aux autres et à mes concitoyens après je n'ai pas le sentiment que ce soit une prise de distance dans le sens où ce que j'essaye de décrire c'est mon parcours et des positions qui sont constantes et donc c'est plus peut-être une révélation de ces positions et de cette personnalité qui peut vous apparaître comme étant une prise de distance mais finalement ça n'est pas nouveau et c'est simplement le prolongement de mon action et de mon parcours politique pourquoi pas vous ?

mais parce que je crois en tout cas aujourd'hui pour moi cette question ne se pose pas après parce que j'essaye et vous voyez moi ce qui m'intéresse c'est qu'à 9h l'Assemblée Nationale puisse travailler et puisse exercer ses missions et je suis 100% là-dedans je ne suis pas

23:05
Présentateur

dans 2027 vous y pensez ?

23:07
Yaël Braun-Pivet

ben non je n'y pense pas jamais ?

non parce que je ne suis pas capable de me projeter je vous dis à nouveau en termes de fonction se projeter en 2027 ça voudrait dire pour moi commencer à établir un programme vous avez lu mon livre ça n'est pas un livre programme il n'y a pas de grand projet pour la France ça n'est pas mon sujet aujourd'hui mon sujet aujourd'hui il est d'avoir un pays qui fonctionne démocratiquement je suis inquiète sur l'état de notre démocratie je suis inquiète sur l'état de droit on voit qu'il y a des attaques sur la justice notamment lorsque la décision justement à l'endroit de Marine Le Pen a été rendue et je crois qu'à la place qui est la mienne aujourd'hui de président de l'Assemblée Nationale il faut que je préserve cela l'état de droit nos institutions la vie démocratique de notre pays Edouard Philippe

23:53
Présentateur

est à vos yeux la personne qui peut incarner le centre

23:57
Yaël Braun-Pivet

j'espère qu'il y aura plein de personnes qui pourront incarner le centre et qu'on pourra former une immense équipe évidemment que dans cette équipe moi j'aurai toute ma place parce qu'on a besoin d'être nombreux pour justement oeuvrer pour notre pays et dans cette dans cette projection-là effectivement en 2025 j'occuperai la place vous voyez je n'ai incapable de me projeter vous n'y arrivez pas là

24:26
Présentateur

et pour l'instant comme dirait donc c'est à ma place on a bien compris vous êtes sur le perchoir et il nous agisse il suit bien au Palais Bourbon l'Elysée attendra merci beaucoup Yael Brown-Pivet d'avoir été au micro-dentaire ce matin merci à vous merci à vous

24:42
Locuteur

merci à vous