"Rachida Dati est devenue la candidate de l'extrême droite" : Emmanuel Grégoire dénonce sur RTL une "capitulation morale" aux municipales à Paris
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:17OuverteRéponse directe
Pourquoi faudrait-il choisir un bulletin Grégoire dans l'isoloir dimanche dans la capitale ?
- 1:41OuverteRéponse partielle
Pourquoi Rachida Dati a-t-elle reçu le soutien de la liste Horizon d'Édouard Philippe ?
- 1:57RelanceÉludée
Emmanuel Macron est-il intervenu pour faire en sorte que Sarah Knafo se retire au profit de Rachida Dati ?
- 3:07RelanceÉludée
Quels sont les faits concernant l'intervention de Macron pour faire décrocher Sarah Knafo ?
- 4:00RelanceRéponse partielle
Avez-vous des preuves ou est-ce une accusation sans fondement ?
- 5:46OuverteRéponse directe
Marine Le Pen vous accuse d'avoir une responsabilité dans les scandales de violence dans le périscolaire. Est-ce que vous vous sentez une responsabilité dans ces drames ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:47Invité politiqueFait
« Rachida Dati est devenue la candidate de l'extrême droite. »
- 4:33Invité politiqueChiffre
« Pour la première fois de l'histoire, l'extrême droite a dépassé 10% sur le scrutin central de Paris. »
- 8:20PrésentateurChiffre
« Rachida Dati vous accuse d'avoir racketté les Parisiens à hauteur de 600 millions d'euros. »
Temps de parole
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Thomas Soto, RTL Matin. Il a viré en tête au soir du premier tour des municipales à Paris dimanche dernier, Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche hors LFI et l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Emmanuel Grégoire. Bonjour. Ma première question est la même que celle que j'ai posée à Rachida Dati, qui était assis face à ce même micro hier matin. Pourquoi faudrait-il choisir un bulletin Grégoire dans l'isoloir dimanche dans la capitale ?
Parce que dimanche se joue un enjeu qui dépasse simplement cette élection. Paris, c'est une ville qui a une histoire, qui a un socle de valeurs. C'est la conquête de la liberté, c'est l'avant-garde, c'est l'émancipation, c'est la protection. Et c'est une fidélité aussi à tout un référentiel qui a une résonance dans notre République. Et en face dimanche, il n'y a pas seulement Madame Dati. Il n'y a pas seulement la droite, il y a en réalité l'extrême droite. Avec le retrait de Madame Knafo, avec le soutien de Bardella, avec le soutien de Marine Le Pen, on a une configuration dans laquelle la droite ne peut pas gagner sans le soutien. C'est la candidate de l'extrême droite pour vous ?
Rachida Dati est devenue la candidate de l'extrême droite. L'extrême droite a trouvé sa candidate à Paris. Et je veux le dire avec un peu de gravité à tous les électeurs, y compris qui n'ont pas voté pour moi, pour lequel j'ai du respect, c'est que l'alternance soutenue par le RN, ce n'est pas l'alternance, c'est une capitulation. C'est une capitulation morale. Et donc, va se jouer un enjeu démocratique absolument majeur. Il faut répondre à une question simple. Est-ce que vous souhaitez que ce soit Rachida Dati soutenu par l'extrême droite qui soit élu maire, ou est-ce que ce soit Emmanuel Grégoire avec l'Union de la Gauche et les écologistes ?
Actuellement, Rachida Dati a reçu le soutien de la liste Horizon d'Edouard Philippe et de Pierre-Yves Bournazel. Sarah Knafo... Non, pas de Pierre-Yves Bournazel. C'est-à-dire la liste de Pierre-Yves Bournazel sans Pierre-Yves Bournazel. Oui, ça fait beaucoup quand même. Et Sarah Knafo, elle, qui avait fait un peu plus de 10%, s'est retirée, mais il n'y a pas de fusion de liste. Et vous avez lâché une petite bombe hier, en affirmant qu'Emmanuel Macron, qui soutient donc Rachida Dati, était personnellement intervenu à différents niveaux pour faire en sorte que Sarah Knafo se retire au profit de Rachida Dati. Ça veut dire quoi ? Qu'est-ce qu'il a fait Emmanuel Macron ?
Ça veut dire, moi, je ne fais pas de complotisme. Moi, j'analyse les faits, je fais de la politique. Il faut analyser la séquence pour en comprendre la gravité. C'est d'abord un rapprochement entre Rachida Dati et la liste de Pierre-Yves Bournazel qui se passe dans des constitutions très hasardeuses, puisque dans l'instant même, Pierre-Yves Bournazel, tellement il en est un peu fier et il y a été contraint, décide de s'en retirer. Et je tiens à saluer la dignité et la grandeur de sa décision. Vous a dit qu'il allait voter pour vous, Pierre-Yves Bournazel ? Il ne me dit rien et s'il l'avait fait, je ne le dirai pas à la radio. Mais qu'a fait Emmanuel Macron pour faire décrocher Sarah Knafo ?
Deuxième chose, retrait de Sarah Knafo. Troisième, appel à voter pour Dati de Bardella. Et hier, appel de Marine Le Pen à faire barrage à la liste que je conduis. Parce qu'elle vous accuse, et on va y revenir, Marine Le Pen,
d'avoir une responsabilité dans les scandales de violence dans le périscolaire. Ça, on va y revenir. Mais je voudrais vraiment qu'on clarifie sur vos accusations contre Emmanuel Macron. Est-ce que vous avez des preuves, ou est-ce que c'est une petite boule puante de fin de campagne que vous balancez ?
Alors, je ne balance jamais de boule puante. Moi, comme je le dis, je fais de la politique. Et j'ai observé tout au long de cette campagne la responsabilité du Président de la République dans son soutien constant à une ministre, d'abord en la nommant, en la maintenant à ses fonctions en dépit de sa mise en examen, en la maintenant encore en fonction en dépit de son renvoi en correctionnel. Bien sûr que c'est le même sujet. C'est celui du soutien à tout prix. A tout prix.
Mais là, vous dites, ce n'est pas la même chose. Vous dites, le chef de l'État, le Président de la République, Emmanuel Macron, est intervenu pour dire à Sarah Knafo, il faut que vous enleviez votre liste pour favoriser Rachida Dati. Qui a appelé qui, quand, comment ? Quels sont les faits ? Parce qu'on ne peut pas se baser sur on m'a dit que. Quels sont les faits ? C'est des confrères à vous.
Et l'Élysée dément. J'imagine bien. Je n'attendais pas un communiqué de presse de confirmation. Des confrères à vous. Regarde cela de près. Et je laisse faire son travail. Et ça dépassera l'enjeu de l'Élysée. Mais ils en ont dit un peu plus que ça, j'imagine. Oui, mais comme quand vous travaillez et que vous nous dites des choses, les journalistes, on ne leur répète pas. On vous laisse faire votre travail. Mais je veux insister sur la gravité, au moins sur l'analyse politique que vous pouvez partager. Pour la première fois de l'histoire, l'extrême droite a dépassé 10% sur le scrutin central de Paris. D'accord ? Pour la première fois.
Donc pour la première fois, elle était en situation de se maintenir dans la collectivité la plus grande de France, la plus importante.
Et elle a dit, je ne reste pas parce que je veux chasser la gauche de la mairie de Paris.
Et c'est dans cette circonstance-là qu'elle refuse d'entrer au Conseil de Paris, qu'elle est l'une des plus belles missions qui soit donnée à un élu, a fortiori quand on a été candidat et qu'on y a prétendu. Et donc, je le dis avec un peu de gravité, tout ce qui a été fait pour dégager la route de Mme Dati est grave. Et je le redis, une alternance soutenue. Vous maintenez vos propos. Je maintiens mes propos. Et je le dis, une alternance soutenue par l'extrême droite, c'est une capitulation.
Ces propos ne sont pas sérieux. Ils déshonorent un peu la personne qui les dit, comme ça, à l'emporte-pièce. Ça, c'est les réactions, les mots qui sont sortis de la bouche d'Emmanuel Macron. Il y a quelqu'un qui ment. C'est vous ou c'est le président de la République ?
On verra. Vos confrères nous confirmeront ça dans les jours qui viennent ou dans les semaines qui viennent. Quelle est votre conviction ? C'est vous ou c'est le président de la République ? Moi, ma conviction, c'est qu'avoir l'extrême droite qui soutient intégralement Mme Dati ne peut pas être le fruit du hasard.
Marine Le Pen, on l'évoquait, donc appelé à faire barrage contre vous à cause de l'affaire du périscolaire, comme on dit, ces scandales de violence et d'agression sexuelle visant des enfants dans les établissements scolaires de la capitale. Vous avez été pendant des années le premier adjoint d'Anne Hidalgo. Est-ce que vous vous sentez une responsabilité dans ces drames ?
Oui, je l'ai dit déjà. Je considère qu'il y a une responsabilité collective évidente. Évidente. Ce n'était pas un sujet que je suivais personnellement. Ce n'était pas le secteur dont j'avais la charge. Ce n'était pas le secteur qui m'avait confié la charge. Au moment de la première alerte
traite par le groupe proche de Rachida Dati en 2015, en charge du recrutement ?
Non, pas du recrutement. En charge des ressources humaines, je ne recrute personne. Les élus ne recrutent pas les agents publics. Il n'y a que Mme Dati qui croit ça. Peut-être le croit-elle et le fait-elle. Mais dans la fonction publique, les élus ne recrutent pas les agents publics. C'est l'administration avec des concours extrêmement encadrés. Heureusement que les élus n'ont pas le droit de se mêler des recrutements des agents de l'administration. Donc c'est en quelque sorte un peu comme à l'époque du sang contaminé, responsable mais pas coupable ? Non, je n'utiliserai pas du tout cette expression. Pourquoi ? Parce que c'est un sujet qui me touche personnellement.
Il me renvoie à des choses que j'ai subies
et dont j'ai tué la gravité pendant longtemps. Vous en avez parlé il y a quelques semaines et c'est évidemment que vous faites partie des victimes et c'est un drame personnel que vous avez vécu et ça, personne ne le conteste. Mais ça n'exonère pas d'une éventuelle responsabilité politique. Non, ça n'exonère pas
d'une responsabilité politique. Mais il se trouve que je me suis toujours beaucoup investi sur ce sujet de la protection de l'enfance. C'est au cœur de notre projet y compris avec de belles personnalités qui vont l'apporter dans l'avenir. La responsabilité, elle est collective et c'est inacceptable ce qui s'est produit. Et je vais renverser la table. Je l'ai dit déjà maintes fois.
C'est-à-dire que collectivement personne n'a pris la mesure de ce qui se passait ?
Je pense que surtout il n'y avait pas des procédures permettant d'embrasser la complexité du sujet. Beaucoup des cas que vous évoquez qui créent évidemment cette situation de crise sont assez récents. C'est surtout sur l'année 2025. Et on peut y voir un mouvement de libération de la parole. On y a vu aussi à l'évidence des fautes en termes d'application de procédures, de bonnes applications de procédures. On va tout remettre à plat. On va renverser la table.
J'ai dit qu'on allait organiser une convention citoyenne pour permettre de bien juger de l'organisation de la semaine et de s'assurer de la complétude des procédures et de l'assurance qualité qu'on donne dans l'obligation de résultats que je m'impose en matière de protection des enfants. J'en ferai le sujet prioritaire du début du mandat et je le prendrai en main
personnellement. Deux questions avec des réponses rapides ça concerne le programme. Sur la taxe foncière, Rachida Dati vous accuse d'avoir racketté les Parisiens à hauteur de 600 millions d'euros. Elle dit qu'elle va la baisser de ceux dont vous l'avez augmenté, 62%. Vous faites quoi vous ?
Rachida Dati, son problème c'est qu'elle ne dit jamais la même chose. Elle n'avait jamais dit ça. C'est sorti au débat l'autre soir. Elle était incapable d'ailleurs de le préciser. Je comprends qu'elle y a récité et qu'elle l'a précisé hier matin devant vous. Son programme ce n'est pas changer Paris, c'est changer tout le temps. Elle change tout le temps d'avis, surtout. Mais vous, rapidement. Non, moi j'ai annoncé une stabilisation. Les Parisiens ne veulent pas qu'on baisse la taxe foncière. Je ne crois pas. Ils veulent que la ville soit plus propre, ils veulent que la ville soit plus verte, plus agréable à vivre et plus sécurisée.
Et donc, c'est complètement absurde d'articuler une proposition de baisse de la taxe foncière et les grands programmes d'ambition que nous avons collectivement pour améliorer la qualité de vie, préparer l'avenir de cette ville.
Bon, la campagne va s'achever dans quelques heures. Ce soir à minuit, c'est terminé. Vous aviez dit que vous refuseriez de vous allier avec la candidate de LFI et vous avez tenu votre parole. Vous l'aviez dit ici même, le lendemain de l'accord avec les écologistes. Mais quand même, quand vous regardez le sondage qui a été publié hier soir qui vous met à 46-44 face à Rachida Dati, deux points d'avance pour vous. Donc, on est dans la marge d'erreur. Est-ce que vous craignez pas d'avoir une sérieuse gueule de bois lundi matin ? Est-ce que vous dites pas peut-être que j'aurais dû prendre la main tendue ? Peut-être qu'il y avait un accord à trouver.
On ne peut jamais regretter d'être cohérent. Je sais que les Parisiennes et les Parisiens attendent de leur maire de la compétence, de la cohérence, de la proximité et de l'intégrité. Et moi, j'entends honorer cette promesse. Je veux être le maire dont les Parisiens sont fiers et incarner tout cela. Et la première des conditions, c'est de dire ce qu'on fait et de faire ce qu'on dit. Je suis le seul candidat à avoir respecté ma parole. Rachida Dati ne devait fusionner avec personne. Elle finit en fusion et soutenue par l'extrême droite. Et moi, j'avais dit, ici même et à bien d'autres endroits, et moi, j'ai des électeurs et je veux m'adresser à ceux qui sont indécis.
Des électeurs qui n'ont pas voté pour moi, dont j'ai besoin au deuxième tour pour gagner. Qu'ils aient voté pour Sofia Chikirou, ou Pierre-Yves Bournazel. Je veux dire les cohérences du projet que nous avons avec un grand nombre d'ambitions de gauche et je veux dire à l'électorat qui s'est porté auprès de Pierre-Yves Bournazel combien la probité est un aimant essentiel de la vie publique. Et à cet égard, je donne des garanties. Je veux être le maire de toutes les Parisiennes et de tous les Parisiens. Je respecterai mes oppositions. Je respecterai la diversité des Parisiennes et des Parisiens de l'ensemble des quartiers, de l'ensemble des arrondissements.
Et c'est une garantie que je crois que j'ai su honorer dans mes anciennes fonctions en termes de disponibilité au dialogue. Je veux être un maire
dont les Parisiens soient fiers. Est-ce que vous avez un contact puisqu'on parle des coups de fil passés ou prétendument passés par les uns ou par les autres avec Anne Hidalgo ces derniers jours ? Elle vous a appelé ?
Elle m'a envoyé un SMS. Elle vous a dit quoi ? C'est ce qu'elle m'a dit. Elle vous dit
vas-y fonce ou elle vous dit
C'était un message agréable.
Un message agréable. Donc elle vous soutient ? Oui, bien sûr. J'ai demandé tout à l'heure hier à Rachida Dati de terminer en disant un mot aimable sur vous. Elle a un peu hésité puis elle a dit bon courage. Et vous, si vous deviez dire une gentillesse à votre adversaire ?
Je lui dirais que j'ai hâte de travailler avec elle. Elle sera mère d'arrondissement et je la sais combative. Je la sais attachée à son arrondissement et j'espère retrouver avec elle des relations plus apaisées.
Merci beaucoup Emmanuel Grégoire d'être venu sur RTL ce matin.
Emmanuel Grégoire