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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 3 janvier 2023 27 minComplaisantActualité / polémiqueRetraitesÉconomie & entreprisesSantéTravail & emploi

Réforme des retraites, assurance-chômage, crise énergétique... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Elisabeth Borne sur franceinfo

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 5 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:32OuverteRéponse directe

    Cette réforme des retraites n'est pas encore entièrement bouclée, ça peut encore bouger ?

  • 1:17OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous dites qu'il y a encore des détails qui peuvent changer ou même des choses importantes ?

  • 2:04OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'il reste à négocier avec les partenaires sociaux sur le report de l'âge légal ?

  • 2:15FerméeRéponse directe

    65 ans, c'est tranché ou pas encore ?

  • 3:02FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous pourriez aller au-delà de 43 ans de cotisation pour une retraite à taux plein ?

  • 3:41FerméeRéponse directe

    Ce seuil de 67 ans pour une retraite complète sans décote, vous allez y toucher ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:27Elisabeth BorneFait
    « 65 ans, c'est pas un totem. »
  • 3:28Elisabeth BorneFait
    « Personne ne devra travailler 47 ou 48 ans. »
  • 6:16Elisabeth BornePromesse
    « On souhaite une entrée en vigueur de la réforme à la fin de cet été. »
  • 8:11Elisabeth BorneFait
    « Il y a clairement une ligne rouge pour nous, c'est de ne pas augmenter le coût du travail. »
  • 9:16Elisabeth BorneFait
    « Le décret n'est pas une surprise. Ça fait des mois que le ministre du Travail a des concertations. »
  • 10:30Elisabeth BorneFait
    « Si le chômage est à moins de 6%, alors on pense que c'est la bonne règle d'indemnisation. »
  • 17:54Elisabeth BorneFait
    « Peu d'entreprises se sont déjà saisies des aides qui existent. »
  • 19:12Elisabeth BorneChiffre
    « On prend en charge, avec ces différentes aides, de l'ordre de 40% de la hausse de la facture d'électricité. »
  • 21:04Elisabeth BorneChiffre
    « On a baissé de près de 10% notre consommation d'électricité. »
  • 24:31Elisabeth BorneChiffre
    « C'est 300 euros par mois de plus pour une infirmière débutante. »
  • 25:02Elisabeth BorneFait
    « Sur l'argent, on est au bout, il n'y aura pas de Ségur 2. »

Temps de parole

  • Présentateur64 %
  • Présentateur 221 %
  • Présentateur 311 %
  • Présentateur 44 %

3,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Elisabeth Borne, vous faites votre entrée ce matin sur France Info, les sujets ne manquent pas, la réforme des retraites qui inquiète les français, le pouvoir d'achat, la situation à l'hôpital également, nous avons une heure pour aborder avec vous ces sujets et bien d'autres. Jusqu'à 9h nous allons donc vous interroger avec Marc et ensuite ce sont les auditeurs et les téléspectateurs de France Info qui prendront la parole 0809 40 41 42, c'est le numéro du standard au prix d'un appel local. Vous pouvez appeler dès maintenant pour poser vos questions à la première ministre à partir de 9h.

Elisabeth Borne, on est à une semaine exactement de la présentation de la réforme des retraites, vous recevez aujourd'hui et demain les partenaires sociaux à Matignon dans le cadre des consultations, ça veut dire que cette réforme n'est pas encore entièrement bouclée, que ça peut encore bouger ? Bonjour, re-bonjour, je voudrais peut-être tout d'abord passer un message de meilleur vœu à tous vos auditeurs pour cette nouvelle année. Dire aussi que je suis bien consciente qu'avec toutes les crises que notre pays traverse, il y a beaucoup d'inquiétudes, mais je voudrais passer aussi un message de confiance.

Notre économie résiste, on continue à créer des emplois, des entreprises et par ailleurs, moi je veux aussi dire que mon gouvernement est pleinement mobilisé pour répondre, pour protéger les Français, pour protéger leur pouvoir d'achat. On va en parler dans quelques instants du pouvoir d'achat. Sur la réforme des retraites, est-ce que vous dites, il y a encore des détails qui peuvent changer ou même des choses importantes ou est-ce qu'elle est déjà prête quelque part dans l'un de vos tiroirs ? Bien sûr, ces concertations, elles sont utiles. Il y a eu des nombreuses concertations menées par le ministre du Travail.

Moi, j'ai aussi rencontré à plusieurs reprises les organisations patronales et syndicales. J'ai rencontré aussi les différents présidents de groupes politiques de l'Assemblée et du Sénat. Et à chaque fois, on écoute les questions, les observations, les remarques. Vous savez, une réforme des retraites, c'est beaucoup de sujets. C'est évidemment l'âge de départ à la retraite. C'est aussi, on y reviendra certainement, la situation de ceux qui ont commencé à travailler tôt, ceux qui sont dans des métiers difficiles. C'est tous ces sujets qu'on aborde. On est à une semaine de la présentation de cette réforme. Qu'est-ce qu'il reste à négocier, à discuter avec les partenaires sociaux ?

Par exemple, vous parliez à l'instant du report de l'âge légal. 65 ans, c'est tranché ou c'est pas encore tranché à une semaine de la présentation ? Les discussions se continuent. Elles vont se continuer aujourd'hui même. On a eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises. Le président de la République l'a dit. Dans la campagne présidentielle, dans la campagne des législatives, on a porté une réforme qui décale l'âge de départ à la retraite à 65 ans. Mais c'est pas un totem. Il y avait un doute pendant la campagne. 65 ans, c'est pas un totem. Ça n'est pas un totem, je le redis.

Il y a d'autres solutions qui peuvent permettre aussi d'atteindre ce qui est notre objectif, l'équilibre de notre système de retraite à l'horizon 2030. Donc sur tous ces sujets, on continue à discuter avec les organisations patronales et syndicales et avec les différentes formations politiques qui sont représentées au Sénat et à l'Assemblée nationale. Sur la durée de cotisation, Elisabeth Borne, la réforme touraine qui s'applique depuis des années prévoit de la faire passer progressivement à 43 ans. 43 années de cotisation pour avoir une retraite complète. Est-ce que vous pourriez aller au-delà de 43 ans ? Non, je le dis très clairement. Ça n'ira pas au-delà. Je le dis très clairement.

Nous n'irons pas au-delà des 43 années de cotisation qui sont prévues dans la réforme touraine pour avoir une retraite à taux plein. Ça veut dire que quand j'entends des gens qui vous disent on devra travailler ou vous devrez travailler 47-48 ans, c'est faux. Personne ne devra travailler 47 ou 48 ans. Nous n'irons pas au-delà des 43 ans prévus dans la réforme touraine. Un autre point qui inquiète aujourd'hui, on peut toucher une retraite complète sans décote et sans avoir tous ces trimestres à condition d'atteindre les 67 ans. Est-ce que ce seuil-là, vous allez y toucher ? Ce seuil-là, nous n'y touchons pas. Aujourd'hui, il est 5 ans après l'âge légal de départ à la retraite.

Cet âge, il va bouger. Mais par contre, l'âge d'annulation de la décote, l'âge qui permet à quelqu'un qui n'a pas une carrière complète de partir néanmoins sans décote, ne bougera pas. Il restera à 67 ans. C'est important parce qu'il y a notamment beaucoup de femmes qui n'ont pas pu avoir tout leur trimestre et qui, en travaillant jusqu'à 67 ans aujourd'hui, n'ont pas de décote sur leur retraite. Et cet âge restera le même 67 ans demain. Il y a également une autre question qui est une nouveauté d'ailleurs de cette réforme. C'est la retraite minimum pour tous ceux qui ont une carrière complète, c'est-à-dire 43 années de cotisation, puisque vous nous dites ce matin que vous ne toucherez pas...

Progressivement. La retraite minimum à 1 200 euros, est-ce qu'elle concernera uniquement les futurs retraités ou aussi les actuels ? Alors, ma priorité, c'est qu'effectivement, quand on va travailler plus longtemps, tout le monde aura une meilleure retraite. Mais on est particulièrement attentif à ce minimum de pensions qui concerne ceux qui ont fait une carrière complète au SMIC. Et donc, il sera effectivement de 85% du SMIC. Ma priorité, c'est que ce sont les actifs qui vont devoir travailler un peu plus longtemps, qui bénéficient de cette revalorisation. Emmanuel Macron, candidat, s'était engagé. Est-ce que ça concerne également le stock, j'allais dire ?

Enfin, le mot n'est pas très joli, mais les retraités actuelles, ça ferait 6 millions de personnes. Moi, je vous dis, la priorité, c'est qu'en travaillant progressivement, plus longtemps, on est une meilleure retraite. Après, il y aura un débat sur ce... Je rappelle qu'il y aura un débat sur le projet de loi. Et on verra, je n'ai pas de doute, qu'il y aura des propositions dans ce sens. Pour être tout à fait clair, Elisabeth Borne, pour ceux qui nous écoutent, ceux qui sont actuellement à la retraite et qui touchent une retraite de moins de 1 200 euros, quand la réforme va passer, ils ne toucheront pas 1 200 euros minimum. On aura ce débat à l'Assemblée et au Sénat.

Moi, je vous dis que la priorité, c'est pour ceux qui vont travailler davantage, d'abord les nouveaux arrivants, qui puissent effectivement bénéficier de cette retraite représentant 85% du SMIC. À partir de quand, Elisabeth Borne, cette retraite va-t-elle entrer en vigueur ? Cette réforme ? La retraite, c'est plus tard. La réforme, pardon. Donc, le Président de la République l'a redit à l'occasion de ses voeux. On souhaite une entrée en vigueur de la réforme à la fin de cet été. Vous le souhaitez ou ça peut encore bouger ? Non, non, c'est... Ça fait partie des choses qui se discutent ? Non, je crois que ça, ça a été dit à de nombreuses reprises.

Notre objectif, c'est une présentation de la réforme que je ferai avec mon gouvernement, avec le ministre du Travail, Olivier Dussopt, avec le ministre de la Fonction publique, le ministre des Comptes publics, le 10 janvier, donc la semaine prochaine. Présentation au Conseil des ministres le 23 janvier. Ensuite, il y aura un débat à l'Assemblée nationale à partir de début février. On souhaite que ce texte soit voté avant la fin du premier trimestre, pour une entrée en vigueur à la fin de l'été. La réforme, elle doit s'appliquer progressivement à partir des Français nés à partir du second semestre 1961. Pardon de donner votre âge, madame la première ministre, vous êtes née le 18 avril 1961.

Ça veut dire qu'à deux mois près, vous allez y échapper ? Oui, enfin, je n'ai pas le projet de partir immédiatement à la retraite. Vous ne pensez pas que vous devriez donner l'exemple dans cette réforme et dire, elle s'applique aussi à moi puisque je vais changer la vie de millions de personnes ? Alors, si ça ne concernait que moi, pourquoi pas ? Mais vous voyez, ça serait une grande innovation et je ne suis pas sûr qu'elle serait très bien perçue de faire ça rétroactivement. Le texte, il sera voté à la fin du premier trimestre. On ne va pas changer des règles, on laisse quelques mois pour l'application de la réforme.

Non, mais on vous pose la question parce que les oppositions disent que vous avez fait exprès et qu'en fait, vous vous êtes épargné avec cette réforme des retraites. Oui, enfin, c'est un peu ridicule. Je pense que je porte une réforme des retraites. Je n'ai pas décidé mon année de naissance en fonction de la réforme des retraites, ni le calendrier de la réforme. Est-ce que vous envisagez dans cette réforme de toucher aussi au montant des cotisations retraites ? Plusieurs économistes disent, pour quelques euros de plus cotisés ou quelques dizaines d'euros de plus cotisés, on pourrait assurer la pérennité du système et c'est un tabou.

Vous avez dit tout à l'heure, je n'ai pas de totem sur les 65 ans. Est-ce que vous en avez un sur le montant des cotisations patronales ou salariales ? Alors, il y a clairement une ligne rouge pour nous, c'est de ne pas augmenter le coût du travail, de baisser les impôts pour les ménages et pour les entreprises, de ne pas alourdir le coût du travail, voire de réduire le coût du travail et donc de ne pas alourdir les cotisations sociales. C'est ce qui nous a permis de créer plus d'un million d'emplois dans le précédent quinquennat, de continuer à créer des emplois.

Et ma priorité, vous savez, c'est le plein emploi, c'est que notre pays continue à avoir une économie forte qui permet de créer des emplois, qui permet d'aller vers le plein emploi. Donc nous, nous ne voulons pas alourdir les cotisations, nous ne voulons pas augmenter le coût du travail. Elisabeth Borny, il y a une autre réforme qui fait grincer des dents. À la surprise générale, un projet de décret du gouvernement a été dévoilé il y a quelques jours et il prévoit un nouveau durcissement de la réforme de l'assurance chômage. Je m'explique, si le taux de chômage passe sous la barre des 6%, les chômeurs verront leur durée d'indemnisation raccourcie de 40%.

Clairement, les syndicats disent que ce n'était pas dans les négociations et que vous les avez pris en traître parce qu'en plus, le projet de décret a été dévoilé juste avant Noël. Qu'est-ce que vous leur dites ? Alors, le décret n'est pas une surprise. Ça fait des mois que le ministre du Travail a des concertations avec les organisations patronales et syndicales sur un principe qu'on veut introduire pour l'assurance chômage qui est de dire que les règles évoluent selon la situation du marché du travail. Mais pas les 40%.

Et par exemple, dans la situation actuelle, on prévoit, puisqu'il y a beaucoup de tensions de recrutement, je pense que toutes les entreprises vous disent qu'elles ont des difficultés à recruter, donc on prévoit de passer d'une indemnisation de 24 mois à 18 mois. En effet, l'hypothèse, on a voulu être transparent en affichant toutes les situations et les règles qui s'appliqueraient, y compris si le taux de chômage, ce qu'on souhaite, évidemment, passe en dessous de 6%.

Moi, j'entends que ce point n'a peut-être pas suffisamment fait l'objet de discussions, donc nous allons le retirer à ce troisième niveau du décret qui entrera en vigueur au 1er février, et nous remettrons ce sujet dans la concertation sur les futures règles de l'assurance chômage. C'est un retrait définitif. Il n'y a pas de loup pour les syndicats qui nous écoutent ce matin. Il n'est plus question de réduire de 40%. Notre intention, elle est transparente. Si le chômage est à moins de 6%, alors on pense que c'est la bonne règle d'indemnisation. Mais dans le décret qui rentrera en vigueur le 1er février, comme on n'est pas un taux de chômage de 6%, nous retirons cette règle.

Nous la remettrons dans la concertation pour les futures règles de l'assurance chômage. Elisabeth Borne, les vacances de fin d'année ont été marquées par des grèves à la SNCF, dans les transports. Emmanuel Macron vous a demandé de travailler à un plan pour assurer la continuité des services publics en cas de conflit social. Allez-vous mettre en place un service minimum à la SNCF ? Ce que le président de la République a demandé, c'est que l'exercice du droit de grève par quelques-uns ne pénalise pas des millions de Français. Donc la réflexion et les échanges, ils démarrent. Ils vont démarrer évidemment avec les directions de ces entreprises.

Moi, ce que j'attends aussi des directions de ces entreprises, c'est qu'elles s'organisent pour assurer une meilleure continuité du service public. Ça veut dire quoi ? Ça peut être, par exemple, vous savez, moi j'ai été PDG de la RATP, quand on a des conducteurs grévistes sur une ligne de métro, il peut y avoir d'autres conducteurs qui prennent le relais. Il peut y avoir des cadres. Des réquisitions ? Non, non, des conducteurs qui prennent des remplacements, des cadres aussi, qui savent conduire des RER et des métros à la RATP, qui assurent une continuité du service public pour tous les Français.

Donc vous demandez à Jean-Pierre Farandou, le patron de la SNCF, de faire appel aux cadres pour conduire des trains ? Moi, je vous dis, les discussions, les réflexions, elles démarrent, mais par exemple, c'est une bonne façon, effectivement, d'assurer un service minimum, d'assurer une continuité de service et d'éviter qu'on ait des millions de Français bloqués, comme ça a été le cas au moment de Noël. Là, vous prenez vos précautions pour la réforme des retraites, c'est ça ? Au cas où il y a un blocage du pays ? Honnêtement, comme vous avez pu le voir, il n'y avait pas de réforme des retraites au mois de décembre.

Et c'est aussi un sujet, parce qu'on s'est retrouvé dans une situation paradoxale où les organisations syndicales nous disaient, nous, on n'appelle pas à la grève, et néanmoins, on avait des grèves. Et vous voulez aussi interdire des jours de grève, comme le fait l'Italie ? Il y a un droit constitutionnel qui protège le droit de grève. Je dis simplement que dans les modalités d'exercice de ce droit de grève, les modalités d'exercice de ce droit de grève, et ça concerne aussi les directions de ces entreprises, elles doivent s'organiser pour assurer la continuité du service public.

On va parler dans un instant, Elisabeth Borne, d'un sujet qui concerne tous les Français, c'est l'inflation, les différentes aides du gouvernement, les factures de gaz et d'électricité, les entreprises qui s'inquiètent aussi. Et puis je rappelle que dans un quart d'heure, ce sont les auditeurs et les téléspectateurs qui pourront vous interroger en appelant dès maintenant le standard 0809 40 41 42, ou alors par l'appli France Info, ou alors par le site franceinfo.fr. Un petit passage par le fil info, tout d'abord à 8h46 avec Maureen Suenard, et on poursuit dans un instant avec vous, Elisabeth Borne. 65 ans, ce n'est pas un totem, dit Elisabeth Borne sur France Info.

La première ministre finalise la réforme des retraites qui sera présentée dans une semaine. Elle reçoit les partenaires sociaux cet après-midi. Elisabeth Borne affirme également sur notre antenne ce matin que le gouvernement n'ira pas au-delà des 43 ans de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein. Ils sont devenus le symbole de ces petites entreprises qui font face à la crise énergétique. Et ils demandent une aide plus importante de la part du gouvernement. Les représentants des boulangers rencontrent ce matin le ministre de l'économie. Le Hamas palestinien avait prévenu que cette visite pouvait entraîner un regain de tension dans la région.

Le nouveau ministre israélien de la sécurité nationale, une figure de l'extrême droite, s'est rendu tôt ce matin sur l'esplanade des mosquées à Jérusalem-Est, troisième lieu saint de l'islam et le site le plus sacré du judaïsme. Il avait 67 ans, Fred White est mort, le batteur de Earth, Wind & Fire. Immense succès pour ce groupe dans les années 70. Le groupe qui a connu un regain de notoriété après l'élection de Barack Obama quand le président l'avait invité à se produire à la Maison-Blanche aux Etats-Unis. Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel. Le mot inflation fait partie désormais de notre quotidien, de notre vocabulaire.

Est-ce que vous pouvez dire aux Français quand ça va se calmer ? Est-ce que vous le savez, vous ? Alors, vous savez, moi je ne vais pas m'engager, je n'ai pas forcément une boule de cristal pour prévoir ce qui va se passer dans les prochaines années. Ce qu'on pense, c'est qu'on va avoir un pic au début de l'année et que ça devrait baisser. Donc c'est sur cette base-là que sont faites nos hypothèses d'inflation, notamment qui sont dans le budget. Donc les prix vont continuer d'augmenter ? Enfin, comme vous le savez, on a mis en place des aides très tôt pour protéger les Français face à la flambée des prix de l'énergie, l'électricité et le gaz.

C'était les boucliers tarifaires, les remises sur les carburants. Ça fait que le niveau d'inflation en France, je mesure à quel point il peut être difficile à vivre pour beaucoup de Français, mais il est à 6,2%, très en dessous de la moyenne des pays européens. Et ces aides, elles vont évoluer, notamment on va maintenir un bouclier tarifaire sur le gaz et l'électricité pour les ménages, pour la plupart des très petites entreprises et pour les plus petites communes, avec une hausse limitée à 15% pour le gaz et l'électricité. Donc ces 15%, sans les aides de l'État, ça aurait été un doublement des factures. Ça, ce sont les hausses de ce début d'année. 15% pour le gaz, c'est depuis avant-hier.

15% pour l'électricité, ce sera en février. Est-ce qu'il y aura d'autres hausses sur la facture de gaz ou d'électricité des Français cette année ? Les hausses qui sont prévues aujourd'hui, c'est cette hausse de 15% qu'on accompagne, et je tiens à le dire parce qu'on me dit, vous savez, 15% de hausse d'une facture d'électricité pour un ménage qui se chauffe à l'électricité, c'est 20 euros de plus par mois. Ce n'est pas 175 euros comme ça l'aurait été sans bouclier tarifaire, mais c'est tout de même 20 euros. Donc il y a aussi, pour les ménages les plus modestes, un chèque énergie exceptionnel de 200 ou 200 euros selon les revenus et qui permet vraiment de protéger les Français.

Mais est-ce qu'il y aura d'autres hausses du gaz et de l'électricité cette année pour les particuliers ? Moi, je ne sais pas ce que seront l'évolution... Le bouclier tarifaire est prévu, cette hausse-là jusqu'à fin juin. Ensuite, il se passe quoi ? On ne le sait pas. Je vais vous dire très clairement, on continuera à protéger les ménages, en particulier les ménages les plus modestes, et on maintiendra le principe d'un bouclier tarifaire jusqu'à la fin de l'année. Vous rappelez l'importance du bouclier tarifaire ? Seulement, de nombreuses entreprises disent qu'elles ne s'en sortent pas malgré les aides du gouvernement. C'est le cas notamment des boulangers.

Un exemple, dans le Nord, à Bourguel, la boulangerie a décidé de fermer en semaine, de licencier son vendeur, de se séparer de son apprenti parce que sa facture d'électricité a tout simplement bondi. Elle était de 1900 euros en janvier l'année dernière. Elle est de 6700 euros, elle va être de 6700 euros cette année au mois de janvier. Des exemples comme celui-là, Madame la Première Ministre, il y en a des dizaines. Qu'est-ce que vous dites à ces gérants de boulangerie ? Moi, j'entends l'inquiétude des boulangers, des entreprises qui peuvent recevoir leurs tarifs pour l'année qui vient et qui voient des prix qui augmentent beaucoup.

C'est bien pour ça qu'on a mis en place des aides pour les entreprises. Ce que je note, c'est qu'aujourd'hui, peu d'entreprises se sont déjà saisies des aides qui existent. Donc c'est très important. Pourquoi ? Parce qu'elles sont méconnues ? Alors je pense qu'elles ne sont pas suffisamment connues. On a notre part de responsabilité. Bruno Le Maire reçoit tout à l'heure aussi les chambres de commerce et d'industrie, les chambres des métiers. Il faut que tous ensemble, on fasse connaître ces aides et que les entreprises se saisissent de ces aides. Les boulangers, par exemple, disent que 80% de la profession n'est pas concernée aujourd'hui par le bouclier tarifaire.

Oui, mais du coup, il y a d'autres aides qui sont prévues. Donc il y a ce qu'on a appelé l'amortisseur électricité. Donc là, pour en bénéficier, il faut signaler à votre fournisseur d'électricité que vous êtes une TPE qui n'a pas le bouclier tarifaire, vous êtes une PME. Dans ce cas-là, vous allez bénéficier automatiquement sur votre facture d'une baisse de votre facture, donc d'une baisse par rapport au prix que votre fournisseur d'électricité vous a annoncé et qui inquiète beaucoup, notamment les boulangers. Vous aurez une facture qui baissera, la différence étant prise en charge par l'État. Donc il y a ce premier niveau d'aide.

Et pour ceux pour lesquels la facture reste trop élevée, il y a un deuxième niveau d'aide qu'on peut obtenir auprès des services des impôts. Au global, on prend en charge, avec ces différentes aides, de l'ordre de 40% de la hausse de la facture d'électricité. Pourquoi, eux, ils disent qu'on ne s'en sort pas malgré tout ? Alors, je pense qu'il y a un autre point. Il y a un autre point, c'est que certaines entreprises ont, comme beaucoup de ménages, une facture lissée sur l'année. Par contre, un certain nombre, et sans doute la majorité, payent leurs tarifs au mois le mois. Et les tarifs sur les premiers mois de l'année, les tarifs dits hiver, sont beaucoup plus élevés.

Ils ne sont pas représentatifs de ce que l'entreprise aura à payer sur l'année. Mais il y a clairement un problème de trésorerie. Alors, on fait quoi ? Bruno Le Maire voit tout à l'heure les énergéticiens. Moi, je leur demande clairement de permettre aux entreprises qui sont en difficulté d'étaler le paiement des factures sur les premiers mois de l'année. Et par ailleurs, de notre côté, j'annonce à ces entreprises qu'elles pourront demander un report du paiement de leurs impôts et de leurs cotisations sociales. On pourra faire ce report pour passer ce moment difficile en termes de trésorerie.

Et puis, on met en place également un point d'accueil dans chaque préfecture où les entreprises, notamment les boulangers qui sont en difficulté, auxquels ils peuvent s'adresser. Et on pourra, au cas par cas, regarder comment on peut aider davantage les entreprises qui seront en difficulté. Notre objectif, il est très clair. Il est d'accompagner chacun, chaque artisan, chaque boulanger, en fonction de sa situation. Et les situations, elles sont très différentes. Donc, il faut qu'on ait ces réponses adaptées au plus près de la situation des entreprises. Un mot de la situation du réseau électrique, Elisabeth Borne.

Il y a un mois, le gouvernement a expliqué qu'il était possible, si on ne faisait pas assez d'efforts, qu'il y ait des coupures cet hiver. Depuis, les Français, les industriels, tous les secteurs ont réduit leur consommation. Est-ce que vous êtes plus optimiste aujourd'hui qu'il y a un mois ? Est-ce qu'on va y échapper ? Alors, je pense qu'effectivement, on a baissé de près de 10% notre consommation d'électricité. Je pense que c'est important parce que ça montre que quand on se mobilise tous ensemble, l'État, les collectivités, les entreprises, les citoyens, on arrive à faire baisser notre consommation d'électricité.

Et en effet, moi, je suis beaucoup plus confiante sur les semaines qui viennent. On a à la fois remis en service, et j'en parlais encore hier avec le PDG d'EDF, des réacteurs nucléaires qui étaient à l'arrêt pour maintenance. Et en même temps, on a baissé notre consommation. Donc, je pense qu'on peut être confiant pour les prochaines semaines. Elisabeth Borne, le nombre de cas de Covid explose ces dernières semaines en Chine, depuis la fin des restrictions sanitaires. La France fait partie des pays qui a mis en place des tests pour les voyageurs en provenance de Chine. À l'instant, Pékin vient de réagir pour la première fois à ces tests anti-Covid sur les voyageurs chinois.

Inacceptable, dit le régime chinois, qui évoque même de possibles contre-mesures si les pays européens continuent. Est-ce que vous allez maintenir ces tests à nos frontières ou pas ? Écoutez, je pense qu'on est dans notre rôle, que mon gouvernement est dans son rôle, en protégeant les Français. Et en demandant des tests, effectivement, les passagers qui embarquent aujourd'hui dans un vol en provenance de Chine à destination de la France s'engagent à accepter un test à l'arrivée. Un test qui fait l'objet aussi, quand il est positif, d'un séquençage. Ça nous permet d'avoir nos données sur l'évolution du virus. On veut évidemment s'assurer qu'il n'y a pas de nouveaux variants.

Et on fait ça dans le respect des règles de l'Organisation mondiale de la santé. Et on continuera à le faire. Donc vous assumez la demande de tests pour les voyageurs chinois. C'est le cas aussi... Pour les voyageurs en provenance de Chine. En provenance de Chine. C'est le cas aussi de l'Italie. C'est le cas de l'Espagne. Ce n'est pas le cas de tous les pays européens. En fait, c'est quoi ? C'est le retour du chacun pour soi ? Non, non, absolument pas. Toutes ces décisions, on les a prises après une première réunion entre tous les directeurs généraux de la santé des pays européens. On aura des réunions de concertation.

En même temps, je pense que c'est important pour nos concitoyens de savoir qu'on a mis en place, quand la Chine a changé ses règles et passée du zéro Covid à une levée de tous les contrôles. Et aujourd'hui... Sauf que concrètement, un voyageur qui vient de Chine, il prend l'avion jusqu'en Allemagne, il peut prendre le train pour venir en France et il n'a pas de tests à la santé. Notre objectif, et je pense que tous les scientifiques sont d'accord sur ce point, c'est vraiment de pouvoir surveiller l'évolution de l'épidémie et y compris de pouvoir faire ces séquençages du virus quand on est testé positif pour avoir une bonne vision de l'épidémie, des éventuelles évolutions de ce virus.

C'est ça qu'on souhaite faire et on le fait depuis dimanche. Vous avez vu, Elisabeth Borne, l'attention dans les hôpitaux français de ces derniers mois, malgré les efforts faits lors du premier quinquennat d'Emmanuel Macron, malgré les augmentations de salaires décidées pour les soignants, les 12 milliards d'euros de salaires annuels qui ont été mis sur la table pour les soignants, est-ce que vous pouvez dire aujourd'hui aux soignants qu'il y aura d'autres augmentations substantielles dans les mois ou dans les années qui viennent ? Alors, d'abord, moi, je veux à nouveau rendre hommage aux soignants.

J'étais dans un hôpital à Argenteuil le 31 décembre et nos hôpitaux font face à trois épidémies simultanées, la bronchiolite, le Covid, même si ça reflue, et la grippe. Et un manque récurrent personnel. Et une fois de plus, les soignants sont très mobilisés pour faire face. Donc, moi, vraiment, je veux leur rendre hommage. Comme vous l'avez dit, on a apporté des premières réponses dans le précédent quinquennat avec des augmentations importantes. Si on donne des ordres de grandeur, c'est 300 euros par mois de plus pour une infirmière débutante. On voit qu'on n'a pas tout réglé avec ces augmentations de salaire, qu'il y a d'autres sujets à traiter.

Tous les soignants nous disent aussi que c'est territoire par territoire qu'on doit construire des réponses. Donc, c'est le sens de ce que le président de la République avait demandé dans le Conseil national de la refondation, de ce qu'a mené le ministre de la Santé. C'est plus de 200 réunions dans chaque territoire, dans les territoires. Mais sur l'argent, on est au bout, il n'y aura pas de Ségur 2. Mais je pense qu'honnêtement, ce dont nous parlent les soignants aujourd'hui, c'est des enjeux d'organisation. C'est des enjeux, c'est de libérer du temps médical.

Ce qu'on peut, par exemple, faire en réduisant les tâches administratives, c'est aussi en proposant des assistants médicaux pour la médecine de ville. C'est un travail sur l'attractivité des métiers, pour réduire la pénibilité. C'est tout ce travail. Et le président de la République aura aussi l'occasion de s'exprimer en fin de semaine dans ses voeux aux soignants. Et mon gouvernement présentera une feuille de route dans les prochaines semaines pour répondre à ses attentes, pour apporter à la fois une réponse aux soignants et aux Français qui souhaitent avoir un système de santé qui fonctionne.

Elisabeth Borde, juste sur la grève des médecins généralistes, quittant aussi la situation à l'hôpital. Les médecins généralistes ont reconduit une grève et demandent le doublement du prix de la consultation. Vous leur dites quoi ? C'est une partie des organisations qui représentent les médecins qui ont effectivement appelé à la grève. Il y a une discussion en cours entre les médecins et l'assurance maladie. Je peux entendre qu'ils peuvent rencontrer des difficultés, qu'ils peuvent souhaiter des améliorations, mais ça n'est vraiment pas responsable de faire grève, notamment dans une période de fête où ça a augmenté les tensions sur l'hôpital. Je dis très clairement, ça n'est pas responsable.

Elisabeth Borde, vous restez avec nous dans trois minutes précisément. Vous serez face aux auditeurs et aux... C'est une image, face aux auditeurs et aux téléspectateurs de France Info. Je peux vous dire qu'il y a énormément de questions sur la réforme des retraites qui visiblement inquiètent, malgré ce que vous avez précisé tout à l'heure. Alors, vous aurez la parole en nous appelant dès maintenant 0809... J'ai oublié le numéro, Salia, 0809... 0809, 40, 41... Merci à vous. Le journal dans un instant. Et Elisabeth Borne, face aux auditeurs et aux téléspectateurs de France Info.