Sébastien Chenu : "En démocratie, on débat, on ne frappe pas !" (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:32RelanceRéponse partielle
Est-ce que Jordan Bardella a parlé trop vite quand il a nommé l'extrême gauche ?
- 1:54OuverteRéponse directe
Est-ce que vous demandez un renforcement de la sécurité autour de Marine Le Pen, Jordan Bardella ou vous ?
- 3:11OuverteRéponse directe
Comment est-ce qu'on protège une personnalité politique comme Jordan Bardella ?
- 4:51OuverteRéponse directe
Pascal Vito-Panelli, comment est-ce qu'on protège une personnalité politique comme Jordan Bardella ?
- 8:25OuverteRéponse directe
Guillaume Tabard, y a-t-il une radicalisation aujourd'hui du pays qui pourrait se retourner sur les femmes et les hommes politiques ?
- 13:20OuverteRéponse directe
Pascal Bito-Panelli, est-ce que votre métier serait plus dur à faire aujourd'hui qu'il y a quelques années ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Invité politiqueFait
« mais aussi d'une violence dans le monde politique qui monte petit à petit des marches, qui passe des étapes et qui pèse sur la démocratie, la démocratie, la confrontation des idées. »
- 2:08InvitéFait
« est-ce que Jordan Bardella a parlé trop vite quand il a nommé l'extrême gauche, ou est-ce que vous avez des informations que nous n'avons pas forcément ? »
- 2:11Invité politiqueFait
« il a agressé Éric Zemmour, il avait dégradé aussi les bus de Marine Le Pen pendant sa campagne présidentielle »
- 4:04Invité politiqueChiffre
« Vous savez qu'il y a entre, je crois, 30 à 40 agressions d'élus par semaine, c'était les chiffres 2024. »
- 4:35Invité politiqueFait
« Moi, j'avais eu des menaces de mort sur ma venue dans le Lot-et-Garonne, dans l'épartement de la députée Hélène Laporte. Eh bien, l'individu qui, sur Facebook, avait demandé qu'on me tire une balle, il est passé en comparution d'immédiat. »
- 4:42Invité politiqueFait
« C'est un militant socialiste, vous voyez ? C'est un militant de place publique, pour être plus précis. »
- 9:43InvitéFait
« trois jours avant, Lionel Jospin est aspergé de ketchup par deux jeunes lors d'un meeting à Rennes. »
- 9:54InvitéFait
« c'est de la farine qui est projetée sur François Hollande. On est le 1er janvier 2012, on est toujours en pleine campagne présidentielle. »
- 10:00InvitéFait
« politiques dont Marine Le Pen d'ailleurs en 2017, mais dont aussi Emmanuel Macron, également en 2017. C'était au Salon international de l'agriculture. »
- 10:18InvitéFait
« Nicolas Sarkozy qui avait été agrippé par la veste le 30 juin 2011. C'était lors d'une visite dans le Lot-et-Garonne. »
- 10:33InvitéChiffre
« la gifle qui avait touché Emmanuel Macron. Cette fois, c'était le 8 juin 2021. Dans la Drôme, l'auteur Damien Tarel, qui s'était présenté par la suite comme défenseur de Gilets jaunes, il avait été condamné à 18 mois de prison, dont 4 mois fermes. »
- 15:58InvitéChiffre
« c'est 2500 atteintes aux élus qui ont été remontées au ministère de l'Intérieur, et vous parliez d'un chiffre 30 à 40, c'est même sur ces derniers chiffres, 50 par semaine »
- 16:22InvitéChiffre
« 80% des victimes sont des maires ou des conseillers municipaux »
Temps de parole
- Sébastien Chenu37 %
- Invité15 %
- Invité 215 %
- Invité 315 %
- Invité 412 %
- Présentateur7 %
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Ce que nous demandons contre cet agresseur, c'est ce que nous demanderions d'ailleurs contre l'agresseur de n'importe quelle figure politique, c'est une sanction qui soit très ferme, très importante, parce que c'est très grave ce qu'a fait ce monsieur. Il l'a fait sur Jordan Bardella, d'abord s'il avait eu un couteau à la place d'un oeuf, je pense qu'on serait tous là à se dire que notre société aurait basculé dans quelque chose d'invraisemblable, mais ça dit d'abord quelque chose de la violence de notre société, mais aussi d'une violence dans le monde politique qui monte petit à petit des marches, qui passe des étapes et qui pèse sur la démocratie, la démocratie, la confrontation des idées.
Ce n'est pas essayer de faire taire l'autre, ce n'est pas essayer de tuer l'autre même au sens symbolique, c'est confronter, parler, débattre, c'est la grande tradition démocratique française, ce n'est pas agresser les élus et ce n'est pas évidemment agresser le président du premier parti politique de France, qu'est le Rassemblement National. – Évidemment que la condamnation de la violence vaut absolument pour tout le monde. – Oui, mais vous dites ça M. Fouel, mais moi je n'ai rien vu de M. Attal, je n'ai rien vu de M. Retailleau, je n'ai rien vu de M.
Philippe, c'est-à-dire que nous au Rassemblement National, et Mme Thévenot qui était sur votre plateau il y a quelques minutes, lorsqu'elle s'est fait méchamment secouer sur un marché, nous avons condamné cette agression, parce qu'une élue, une candidate n'a pas à se faire agresser sur un marché dans le cadre de sa campagne électorale. Jordan Bardella, lorsqu'il se fait agresser comme il l'a été, silence radio d'une immense majorité d'hommes et de femmes politiques…
– Je suis témoin simplement de ce que je vois sur ce plateau, toutes les personnalités politiques qui sont passées sur ce plateau depuis l'action de Jordan Bardella, ont été systématiquement interrogés. – Ce n'est pas très spontané, il faut qu'ils viennent ici pour que vous les cuisiniez. – Non, non, on n'a pas eu besoin de les cuisiner.
– M. Attal, M. Retailleau, je vous redonne leur nom, Attal, Retailleau, Edouard Philippe et d'autres, on attend toujours leur réaction officielle, à force, ils vont finir par se sentir peut-être obligés de le faire.
– L'avocate de cet homme de 74 ans qui a cassé cet œuf, dit qu'il n'est pas encarté, qu'il ne l'a jamais été, qu'il n'est pas d'extrême gauche, est-ce que Jordan Bardella a parlé trop vite quand il a nommé l'extrême gauche, ou est-ce que vous avez des informations que nous n'avons pas forcément ?
– Disons que c'est un récidiviste, il a agressé Éric Zemmour, il avait dégradé aussi les bus de Marine Le Pen pendant sa campagne présidentielle, on sent que ce monsieur a une hostilité, en tous les cas manifeste, envers les patriotes. Donc s'il n'est pas d'extrême gauche, il n'en est pas très loin, ou en tous les cas il a une hostilité manifeste, c'est donc un opposant politique. – Mais vous n'avez pas d'informations là-dessus ?
– Non mais je vous donne des faits, il a agressé des hommes politiques qui se situent dans la sphère patriote, il a dégradé le bus de Marine Le Pen, donc c'est quelqu'un qui en veut aux gens qui défendent la patrie, la nation, et visiblement il entend très bien, il reçoit 5 sur 5 les messages de l'extrême gauche, parce que derrière ça, moi je le dis, il y a une classe politique, il y a des hommes et des femmes politiques qui ont dans leur rang d'ailleurs des gens qui ont été condamnés pour ce type de faits. M.
Thomas Porte de Seine-Saint-Denis, il a été condamné, Raphaël Arnaud, député LFI, il est fichesse, et qui diffuse, ce n'est pas les seuls, qui diffuse un discours qui est entendu par certaines personnes. Ce monsieur, il entend la violence symbolique, et de la violence symbolique à la violence physique, il y a des gens qui effectivement franchissent le pas.
Est-ce que vous demandez un renforcement de la sécurité autour de Marine Le Pen,
autour de Jordan Bardella, autour de vous peut-être ? Mais nous, on veut, on a toujours essayé de le faire ainsi, on veut garder le contact avec les Français, d'abord dans nos vies, on a des vies, je crois, qui nous permettent de rencontrer les Français facilement. Jordan est le président du premier parti politique de France, il est évidemment sous la menace, comme Marine Le Pen l'est.
– Il a un dispositif de sécurité aujourd'hui.
– Il a un dispositif, tous les présidents de partis politiques, – Un double dispositif, celui accordé par l'État. – Je crois que tous les présidents de partis politiques ont un dispositif de sécurité. C'est normal et c'est très bien parce qu'ils vivent sous la menace. – Plus le dispositif du Rassemblement national, il a les deux, c'est ça ? – Absolument, absolument, il est complété par un dispositif propre. – Mais, entendez bien, la démocratie, c'est pas avoir des élus qui vivent entourés de gardes du corps, parce que ça veut dire qu'on n'est plus réellement dans la démocratie, dans ces cas-là.
Vous savez qu'il y a entre, je crois, 30 à 40 agressions d'élus par semaine, c'était les chiffres 2024. Je pense au maire… – On va en parler dans quelques instants. – Je pense à Philippe Baudrin, le maire de Main, dans ma circonscription, qui a été agressé aussi. Mais je pense que la sanction, à partir du moment où on touche physiquement à quelqu'un, pas uniquement aux élus d'ailleurs, à l'intégrité physique, le fait de toucher à l'intégrité physique de quelqu'un devrait, dans notre pays, être sanctionné de façon très forte, très exemplaire. Je pense que ça enverra des messages.
Moi, j'avais eu des menaces de mort sur ma venue dans le Lot-et-Garonne, dans l'épartement de la députée Hélène Laporte. Eh bien, l'individu qui, sur Facebook, avait demandé qu'on me tire une balle, il est passé en comparution d'immédiat. C'est un militant socialiste, vous voyez ? C'est un militant de place publique, pour être plus précis. Et il a été condamné à des choses très légères, mais surtout à ne pas pouvoir approcher ce soir-là.
Pascal Vito-Panelli, comment est-ce qu'on protège une personnalité politique, comme Jordan Bardella, par exemple ? Alors, on la protège à travers une transversalité opérationnelle entre les membres d'un service d'élite d'État étatique. Vous l'avez cité, le service de la protection. Je crois que M. Bardella, sur la dernière configuration, en avait deux. Il a été partagé avec des agents spécialisés du Rassemblement national, qui sont très compétents, et on travaille ensemble, notamment sur toutes les sorties où on a beaucoup de monde, où on a de la densité.
Dans le genre d'événement qui était celui du week-end, c'est-à-dire une séance de dédicaces, sans doute beaucoup de monde, une manifestation qui avait eu lieu à l'extérieur, je précise qu'on ne sait pas si le retraité avait participé à cette manifestation, à l'heure où l'on se parle. Comment est-ce qu'on sécurise une salle comme celle-ci, par exemple ? Alors, on la sécurise sur plusieurs cercles, si j'ose dire.
Le premier, c'est un cercle préparatoire, où des précurseurs vont aller voir les organisateurs, et faire en sorte qu'on organise, on mette en place des protocoles de sécurité, comme un contrôle d'accès, comme le fait pour une dédicace, enfin, moi, c'est ce que je conseille toujours, un accès frontal, one by one, comme disent les Américains, c'est-à-dire une file indienne, pas un amoncellement compact devant la personnalité, des agents de sécurité qui font, je dirais, un contrôle dans la salle, et un service de protection rapprochée, qui va assurer à travers une bulle, logiquement, la sécurité rapprochée de la personne. Mais une bulle, ça n'existe pas.
Alors, pour être technique et répondre précisément à votre question, en protection rapprochée, il y a cinq cercles. Il y a un cercle de protection très rapproché, qui est littéralement au contact, comme je le serais, du côté de monsieur. Guillaume Tabard, vous êtes bien protégé. Voilà. Un cercle de protection rapprochée, de protection éloignée, de protection longue distance. Dans ce type de meeting, on est entre la protection rapprochée et très rapprochée. Mais comme l'a dit monsieur Chenu, et c'est important de le dire, il faut trouver l'équilibre entre ne pas casser la relation avec le public pour ses élus, et assurer une protection 360 degrés efficace. C'est la complicité de cet exercice.
Vous ne m'avez pas tout à fait répondu. Vous demandez un degré de protection supplémentaire. Je crois qu'il y a quatre échelons dans la protection des personnalités. Je ne sais pas où est Jordan Bardella, entre 1 et 4. Je ne sais pas si vous le savez vous-même.
Non, je ne sais pas, mais il est probablement très haut parce que très exposé. Ce sont des analyses fines qui sont menées par les services du ministère de l'Intérieur qu'on salue et qu'on remercie. Jordan sera d'ailleurs samedi prochain, voyez-vous. Il va continuer cette édicace dans mon département du Nord, samedi après-midi. Et on aura un dispositif qui sera adapté, le plus adapté possible. Il y a une fouille à l'entrée. Mais c'est vrai que lorsqu'on fouille 500 personnes, 1000 personnes, au bout d'un moment, la sensibilité est probablement moindre. Et passer avec un œuf, passer avec un couteau, passer avec un stylo, on peut crever un œil avec un stylo. C'est complexe, évidemment.
Donc il y a évidemment tous ces professionnels qui savent très bien faire les choses, que nous saluons. Mais en démocratie, je le répète, c'est le rôle des hommes politiques de véhiculer un message qui soit celui d'un apaisement, de moments de confrontation, qui soit uniquement de la confrontation politique et pas de la confrontation physique. Moi, je regrette qu'il y ait des hommes et des femmes politiques qui jettent de l'huile sur le feu parce qu'il y a toujours des gens qui entendent ça comme une autorisation. Si vous voulez, quand une journaliste compare Jordan Bardella à Adolf Hitler, Adolf Hitler, on a envie de lui faire du mal, visiblement.
Mais il y a des gens qui entendent ça et qui ont envie de faire du mal à Jordan Bardella lorsqu'ils entendent des comparaisons de ce genre.
Je vais vous donner la parole dans un instant. Guillaume Tabard, vous nous direz si pour vous, il y a une radicalisation aujourd'hui du pays qui pourrait se retourner encore plus régulièrement sur les femmes et les hommes politiques. Je voudrais d'abord qu'on accueille Raphaël Grabli pour tenter de prendre un petit peu de recul, Sébastien Chenu, parce que Jordan Bardella est le dernier élu agressé d'une très longue série si on montre des années ou même des décennies en arrière. Bonsoir. Oui, bonsoir. Des violences qui ont même parfois cherché à tuer, et notamment l'attentat du petit Clamart en 1962 qui visait le général de Gaulle. On le voit à l'écran.
La déesse, alors c'était par des partisans de l'Algérie française, 14 balles qui ont été tirées sur la déesse présidentielle. En 1976, une bombe qui souffle l'immeuble de Jean-Marie Le Pen, justement un immeuble où dormaient ses enfants, dont d'ailleurs Marine Le Pen. L'attentat avait fait si blesser les auteurs, n'ont jamais été retrouvés. Plus proche de nous, plus récemment, on peut citer Bertrand Delanoï, qui avait été poignardé en 2002 par un déséquilibré. Et puis évidemment, la tentative d'assassinat de Jacques Chirac le 14 juillet 2002 par Maxime Bruneric, qu'on voit arrêtée à l'écran à leurs militants d'extrême droite.
Plus récemment, on a des violences qui sont moins graves, heureusement, mais peut-être plus répétées. Exactement. Toujours en 2002, juste avant le premier tour de la présidentielle, trois jours avant, Lionel Jospin est aspergé de ketchup par deux jeunes lors d'un meeting à Rennes. Dix ans plus tard, c'est de la farine qui est projetée sur François Hollande. On est le 1er janvier 2012, on est toujours en pleine campagne présidentielle. Et puis évidemment, vous parliez des œufs qui ciblent parfois les politiques, politiques dont Marine Le Pen d'ailleurs en 2017, mais dont aussi Emmanuel Macron, également en 2017. C'était au Salon international de l'agriculture.
Le futur président qui avait dit que ça fait partie du folklore. Il y a eu aussi des initiatives plus inquiétantes. Nicolas Sarkozy qui avait été agrippé par la veste le 30 juin 2011. C'était lors d'une visite dans le Lot-et-Garonne. L'agresseur qui avait été immédiatement d'ailleurs interpellé, qui avait été condamné à six mois de prison avec sursis. Et puis évidemment, la gifle qui avait touché Emmanuel Macron. Cette fois, c'était le 8 juin 2021. Dans la Drôme, l'auteur Damien Tarel, qui s'était présenté par la suite comme défenseur de Gilets jaunes, il avait été condamné à 18 mois de prison, dont 4 mois fermes. Et puis Sébastien Chenoux, vous parliez de violences symboliques.
Il y a aussi cette nouvelle violence sur les réseaux sociaux, avec une polémique autour de Papacito. C'était en 2021, un influenceur d'extrême droite qui s'était filmé en train de poignarder sur un mannequin qui était censé représenter un militant LFI. Jean-Luc Mélenchon avait par la suite déposé plainte. Guillaume Tabard, brutalisation de la vie politique ? Oui, alors, tous ces exemples montrent que, malheureusement, la violence dont sont victimes les hommes politiques n'est pas nouvelle. Certains sont graves. On a vu, il y a carrément des tentatives d'assassinats. D'autres, quand c'est un oeuf ou de la farine, c'est choquant, c'est désagréable. Bon, ça n'est heureusement pas dramatique.
Ça ne veut pas dire qu'il faut le banaliser. Mais moi, ce qui me frappe quand même, c'est que dans les vagues politiques, d'abord, il y a une radicalisation globale. C'est-à-dire qu'on a le sentiment que le nombre d'agressions ou d'intimidations à l'égard des politiques augmente. On l'a vu lors de différents débats parlementaires ou en raison de votes qui ne convenaient pas à un certain nombre de citoyens. Il y a eu, non seulement des permanences attaquées, mais même des domiciles d'élus comptés. En tout cas, on peut citer ce qui est arrivé à l'épouse de Vincent Jean-Brun lors des émeutes urbaines.
Donc, il y a vraiment une radicalisation qui est forte et qui n'est une bonne nouvelle, bien sûr, pour personne. Après, c'est vrai, je partage un peu l'avis de Sébastien Chenu sur un peu le deux poids, deux mesures qui persiste. C'est-à-dire ? C'est-à-dire que là, on a un président de parti, et en l'occurrence du Premier Parti de France, potentiel candidat à la présidentielle. On aurait pu s'attendre à une indignation plus forte de l'ensemble de la classe politique. Vous l'avez raison de le rappeler. Tous ceux qui sont exprimés l'ont condamné. A commencer par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, qui dès hier a dit que c'était chez vous, d'ailleurs, l'a condamné fortement.
Mais on peut se demander si ça avait été le président d'un autre parti, est-ce qu'on n'aurait pas eu une indignation plus globale, plus nationale ? Et ensuite, il y a la question aussi du lien entre la responsabilité du discours politique. C'est vrai que lorsque les violences ont pu cibler des élus de gauche ou des minorités, etc., on a souvent entendu dire, vous voyez, c'est en raison d'un discours de la radicalité de la droite, du discours de l'extrême droite, qui est responsable de tout ça. Là, je sens beaucoup plus de prudence à faire le lien entre un acte qui est commis et un discours politique ambiant qui peut cibler les élus, en l'occurrence, les élus du Rassemblement national.
Pascal Bito-Panil, est-ce que votre métier serait plus dur à faire aujourd'hui qu'il y a quelques années ? Est plus dur à faire aujourd'hui qu'il y a quelques années ? Parce que la menace est plus importante. Vous savez, je pense que les hommes et les femmes politiques ont toujours été ciblés dans une situation de danger. Je pense qu'aujourd'hui, ça a monté d'un cran dans la radicalité. La violence sociale implique la violence politique et il y a moins de limites dans les actes. On est sur des gens qui sont prêts à tout, on désacralise tous les fondamentaux, on va au contact sans réfléchir et peut-être sans doute aujourd'hui avec un gros sentiment d'impunité. Sébastien Chonuc.
C'est intéressant ce que dit monsieur parce que l'histoire d'une société sans limites, c'est un enjeu auquel les politiques sont confrontées aujourd'hui. C'est aux politiques, à travers la loi, lorsqu'on est législateur, de construire les limites dans une société. Moi, je suis pour la liberté d'expression la plus lointaine possible, la plus large possible. Elle doit être bornée, cependant, et elle l'est, par la loi sur la liberté de la presse. C'est-à-dire qu'on ne peut pas tout dire, dire des horreurs, mettre des gens dans des situations inacceptables. Donc ça, c'est le rôle du politique.
Et on a des politiques qui font l'inverse, qui au lieu de faire baisser les tensions, de faire respecter un cadre, de mettre des limites et de les faire vivre, eh bien, bouscule tout ça, détériore ce cadre dans lequel on doit tous mener campagne, confronter nos arguments. Et c'est vrai que lorsque j'entends monsieur Mélenchon, qui lui-même a été condamné pour rébellion, dire « la République, c'est moi », on a envie de lui dire « on aimerait bien que vous soyez exemplaires dans ce cas-là, que vous n'utilisiez pas de la force et de la violence pour affirmer cela, parce que vous faites exactement l'inverse.
» Donc, moi, je crois qu'il y a des politiques, c'est toujours les mêmes, d'ailleurs, c'est toujours à l'extrême-gauche que ça se passe, soyons francs, il suffit d'ouvrir les yeux, c'est toujours la France insoumise, qui comporte dans ses rangs des élus condamnés pour violence, et qui encourage par des propos une certaine forme de violence. – Et eux pourraient dire que ce sont vos propos qui... – Oui, mais la réalité, je m'oblige à vous dire, que ce sont leurs députés qui sont condamnés pour violence, M. Porte, M. Arnaud, président Mélenchon pour rébellion, ils ne sont pas condamnés pour autre chose, ils sont condamnés pour des violences, M.
Quatenas pour violence sur son épouse, l'extrême-gauche porte en elle quand même quelque chose de violent, et je pense que lorsque c'est entendu par des gens qui reçoivent ce message 5 sur 5, eh bien ça pousse certains à passer à l'acte.
– Alors, il y a les personnalités politiques de premier plan, et puis il y a les élus de terrain, les conseillers municipaux, les maires notamment, Raphaël Grabli, on connaît le nombre d'élus, victimes d'incivilité ou d'agression chaque année ?
– Oui, totalement, on a les chiffres pour 2024, c'est 2500 atteintes aux élus qui ont été remontées au ministère de l'Intérieur, et vous parliez d'un chiffre 30 à 40, c'est même sur ces derniers chiffres, 50 par semaine, la majorité c'est des menaces, des insultes, les menaces en partie d'ailleurs sur les réseaux sociaux, mais dans 10% des cas, tu fais 250, atteintes physiques, donc vraiment parfois des coups portés, les principales victimes, et de très très loin, ce sont les maires et les élus. – On dit souvent qu'ils sont à portée de baffes, c'est pas toujours une image.
– Ils sont littéralement à portée d'insultes, de menaces ou de baffes, 80% des victimes sont des maires ou des conseillers municipaux, on a aussi un portrait robot, des agresseurs, notamment en zone de gendarmerie, des hommes, essentiellement 85%, quasiment toujours français, et avec un âge moyen de 48 ans. – Comment sont-ils protégés ? Il y a eu une loi récemment pour assurer la protection des élus locaux ? – Il y a des mesures qui ont été mises en place, essentiellement un accès prioritaire à la police, notamment pour les 925 parlementaires, députés, sénateurs, et puis pour les élus locaux, c'est davantage… – Vous avez un numéro toujours sur vous ? – Enfin, je ne l'ai pas…
– C'est pas arrivé jusqu'à vous alors ?
– Un numéro spécifique qui permet d'avoir un accès prioritaire. – Il est quelque part, mais je ne l'ai pas, ça m'arriverait, je n'ai pas de numéro.
– Mais pour les élus locaux, il y en a 2000 qui ont leur adresse préenregistrée au 17 pour que les autorités puissent intervenir plus rapidement. Et puis, il y a une expérimentation dont on a parfois parlé, ce bouton d'alerte urgence qui alerte parfois un proche en cas de problème ou les autorités directement, comme d'ailleurs pour les femmes victimes de violences. Et ça, c'est distribué par l'État en cas de danger avéré, donc vraiment, encore une fois, aucun… – Pascal Bito-Panelli, vous voulez dire un mot sur le bouton d'urgence ? – Oui, absolument, et ça demande d'ailleurs cette pathologie de la société. On est obligé, vous vous rendez compte, les élus sont l'éponge de toutes les colères.
On est obligé de leur donner un référent gendarmerie, d'assurer parfois avec des services de police une formation à la sécurité sur une certaine analyse comportementale. Et on les a équipés d'une sécurité connectée qui s'appelle l'application Mon Chérif, qu'on a dans le temps… – Mon Chérif, c'est ça ? – Mon Chérif, et qui permet d'envoyer des mails, d'alerter, de localiser et de faire même un enregistrement sonore. On en est là. – On est justement en ligne avec le maire d'une petite commune du Doubs, 2000 habitants. Cette commune, c'est Roche-les-Beauprés, ce maire, c'est Jacques Régard.
Bonsoir, monsieur le maire, vous avez été vous-même victime à deux reprises ces dernières années, en 2019 et 2021, d'agressions, alors que vous interveniez en tant que maire sur la voie publique. En quelques mots, est-ce que vous pouvez nous dire ce qui s'est passé ?
– Oui, bonsoir à vous, bonsoir aux auditeurs. Effectivement, j'ai été agressé une première fois sur ma commune, Roche-les-Beauprés. Nous avions fabriqué des panneaux historiques qui relataient les différents sites de la commune de Roche-les-Beauprés. Et à plusieurs reprises, un de ces panneaux a été démonté, a été enlevé parce que ça ne plaisait pas certainement à des personnes proches de ce panneau. Donc un jour, un vendredi, je suis passé en voiture et j'ai vu justement une personne qui est en train, avec un marteau pneumatique, en train d'essayer de déceler ce panneau. Donc je me suis arrêté vers lui pour… J'ai simplement pris mon téléphone pour le prendre en photo.
Et là, tout de suite, il m'a agressé, il m'a sauté, il m'a serré le cou. J'ai eu le bon réflexe parce que vous savez, ce qui est extrêmement délicat, c'est de ne pas répondre, de ne pas se défendre. Je n'ai pas d'un objet, je ne me suis pas défendu, j'ai laissé faire, j'ai tout simplement dans la foulée, téléphoné au gendarme et puis fait faire un constat médical puisque j'avais été serré assez fortement au cou.
Est-ce que vous avez le sentiment, monsieur le maire, aujourd'hui d'être suffisamment protégé, notamment, on rappelait ce qui a été adopté récemment au Parlement, suffisamment protégé, suffisamment accompagné ou de faire peut-être, je crois que vous êtes maire depuis une grosse dizaine d'années, un métier un petit peu plus dangereux qu'avant ?
Il est évident que la situation est de plus en plus difficile maintenant. Nous avons une fonction, nous devons assurer des tâches, nous ne pouvons pas satisfaire l'ensemble de notre population, nous faisons en sorte de satisfaire un maximum de gens. Mais effectivement, la situation devient de plus en plus difficile parce qu'on a l'impression que nos administrés sont de moins en moins tolérants. Et parallèlement à ça, quand j'ai été agressé la première fois, même les deux fois, j'ai eu l'impression d'être un petit peu abandonné face à cette situation. Et on se pose la question, on se demande, est-ce que c'est nous les victimes ou si au contraire c'est nous les coupables ?
On a cette sensation d'impunité qui est difficilement acceptable.
Merci beaucoup Jacques Réguer, maire sans étiquette de cette commune du Doubs. Comment est-ce qu'on les protège ? Ces maires pour lesquels on va voter dans 100 jours, Guillaume Tabard ? Je pense qu'en tout cas d'un point de vue politique et du point de vue des citoyens, il y a, j'allais dire, à redorer un peu l'image des politiques, et plutôt avoir conscience que chaque élu, qui est une personnalité avec son tempérament, ses options, etc., mais est détenteur de la légitimité républicaine. On s'est gossé de la fameuse phrase de Jean-Luc Mélenchon sur « La République, c'est moi », mais chaque élu, chaque député, il est détenteur de cette légitimité-là, et elle se doit d'être respectée.
Et il y a souvent un peu un politique bashing qui est assez fréquent, qui consiste à critiquer les élus pour toutes sortes de raisons, parfois, la critique est évidemment légitime, mais on en vient à oublier quand même, j'allais presque dire, la sacralité de ce qu'ils représentent. Et ça, c'est un point qui est peut-être à redorer. Et je pense notamment à travers les votes qu'ils expriment. Il y a quelques mois, vous vous souvenez, je ne sais plus quel était l'engrais, je ne sais pas si c'était le glyphosate.
Le plomb, c'était sur la loi du plomb.
Sur le moment de la loi du plomb, où la France avait voulu un tout petit peu revenir en arrière sur une disposition, à mesure où les autres pays européens n'avaient pas les mêmes contraintes, ils disaient, battons-nous à armes égales, donc remettons un peu de souplesse. Il y a eu une violence, une violence qui s'est exprimée contre les élus qui avaient eu le malheur de voter cette loi du plomb, qui les mettait en danger pour un vote qu'ils avaient exprimé en conscience et dont ils rendaient compte en plus. Donc je crois qu'il y a peut-être ce respect de la personne politique qu'il faut rappeler. Sébastien Chenu, deux questions d'actualité avant de vous libérer, si vous le permettez.
Le Rassemblement National a publié aujourd'hui au sujet des municipales justement une charte destinée aux candidats sans étiquette qui voudraient être soutenus par l'ERN en disant, on vous soutient, mais il faudra signer un papier pour dire que vous nous parrainez à l'élection présidentielle. C'est quoi ? C'est du troc ? C'est du chantage ?
Non, mais c'est normal. Si vous voulez le soutien du Rassemblement National, c'est-à-dire envoyer un message aux électeurs du Rassemblement National pour obtenir leur voix, il est normal qu'on demande qu'il y ait en retour une adhésion minimale à ce que nous défendons et aussi un renvoi d'ascenseur.
C'est pas un peu un détournement du système des parrainages ? Ça veut dire un tampon sur la fuite et une signature ?
Non, mais rien n'est obligatoire. Chacun fait ce qu'il veut. Un maire qui n'a pas envie, il ne le fait pas et donc il n'aura pas le soutien. Mais je veux dire, le soutien du Rassemblement National, son logo, la puissance que ça représente, etc. Ça vaut une signature. Ça vaut quelque chose, on leur demande un engagement. S'ils ne le veulent pas, quittons-nous bons amis, aucun problème.
Et puis je ne voulais pas vous laisser repartir sans vous montrer, Sébastien Chenu, je sais que vous savez de quoi je parle, une vidéo de vous parce qu'on a besoin de...
Vous la montrez en entier, vous ne l'avez pas en entier.
Ah, on en a un extrait, pardon. Vous allez me dire qu'on a tronqué, on va quand même la regarder, vous me direz si on l'a coupé trop court, cette vidéo.
Il y a du monde partout, il y a du monde dans les réunions publiques, il y a du monde dans les soirées Beaujolais, il y a du monde dans les soirées Kemsex, ça n'a rien à voir avec nos réunions militaires, il y a du monde partout.
Je précise que c'est la vidéo telle qu'elle nous a été fournie par nos amis de France 3, les soirées Kemsex, Sébastien Chenu.
C'est évidemment ce que j'appelle, ce que je l'ai déjà fait une semaine auparavant, donc c'est le faux lapsus pour pouvoir mettre un peu d'ironie. Et probablement après dans le discours, c'est ce que j'ai tout un passage sur la dénonciation de la drogue. Mais c'est mon irodite toujours un peu mordant dans cette culture que j'aime bien, cette culture Charlie, où les seules choses qui fassent vraiment rire sont les choses méchantes et de mauvais goût. C'est un lapsus. C'est un faux lapsus. C'est ce que j'appelle un faux lapsus, c'est-à-dire je fais semblant de me tromper, évidemment pour pouvoir mieux dénoncer. C'est volontaire donc.
Oui, je viens de vous dire, je l'ai déjà fait une semaine auparavant, je l'avais même écrite, parce qu'en fait je ne veux pas louper mes effets. Vous savez, quand on fait de la politique devant du public, il faut ménager quelques effets, ça en fait partie. D'ailleurs vous entendez les gens rire, et après je leur dis vraiment, on peut vous avoir à chaque fois, vous tomber dans le panneau. Merci.
Merci. Merci.
Sébastien Chenu