Polémique autour de la présence de jeunes filles voilées à l'Assemblée nationale
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à vous et merci d'être avec nous, deux députés qu'on a donc vécu de l'intérieur. Je ne sais pas si vous étiez dans l'hémicycle hier à ce moment-là, vous allez nous le dire, au moment des questions au gouvernement, il y a des jeunes filles voilées qui viennent assister au débat comme ça se fait beaucoup. Alors c'est derrière vous, on imagine qu'elles ne sont pas dans votre axe de vue mais cette scène qui a été saisie et qui a été diffusée ensuite sur les réseaux sociaux, on voit ici ces images, elles déchaînent les passions depuis hier comme à chaque fois que ce sujet vient sur la table.
Edgar Becket est à l'Assemblée nationale ce matin, est-ce qu'il est encore très commenté ce sujet là ce matin Edgar ah oui je viens un sujet est très commenté sujet inflammable côté rn on parle d'une provocation et du côté de la france insoumise on dénonce une Une stigmatisation et on parle d'islamophobie. Confirmation ce matin de la part de l'entourage de Yaël Braun-Pivet. Il s'agit bien d'une sortie scolaire d'une école.
Alors que dit le règlement de l'Assemblée nationale ? Eh bien le règlement de l'Assemblée nationale indique que le public doit porter une tenue correcte, se tenir assis, découvert et en silence. Mais une source interne à l'Assemblée nationale avec qui j'ai discuté ce matin me dit que cet article date de l'époque où les hommes et les femmes qui venaient assister à une séance dans l'hémicycle ne devaient pas porter de chapeau pour ne pas gêner les personnes derrière eux et cette source interne à l'assemblée nationale m'avoue que cet article est un petit peu révolu hier soir quand la polémique a commencé à s'enflammer a commencé à s'emballer et que la La photo a été relayée sur les réseaux sociaux.
La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivé, a réagi et a déploré cette présence. Elle dit, je cite au cœur même de l'hémicycle de l'Assemblée, « Il me paraît inacceptable que de jeunes enfants puissent porter des signes religieux ostensibles dans les tribunes. C'est une question de cohérence républicaine. » « Beaucoup, Edgar.
Est-ce que l'une et l'autre ? Vous avez vu cette scène ou pas, Violette Spilbouet ? Moi, je n'ai pas vu la scène.
J'ai découvert la polémique comme vous sur les réseaux sociaux hier, après la déclaration de la présidente de l'Assemblée nationale. Et vous l'avez dit, ça attise les passions. Je dirais même que ça attise les haines.
En fait, c'est une polémique qui pose une question sur ce qui n'est jamais arrivé à l'Assemblée nationale lors d'une sortie scolaire des jeunes enfants, si c'est bien le cas, qui seraient voilés. Et donc ça pose une question qui ne s'est jamais présenté. Et donc, on a une présidente de l'Assemblée nationale qui, se basant sur le règlement intérieur, rappelle que on doit avoir le visage découvert, on doit être découvert, ce qui est finalement un ancien usage.
Il y avait quand même des tolérances, il faut le rappeler, parce que depuis des années, quand il y a une délégation étrangère et que des femmes notamment avaient un voile, il n'y avait pas de souci dans l'hémicycle. Aujourd'hui, je crois qu'il ne faut pas s'engouffrer dans la polémique. Il y a des règles en France.
À l'école, il y a la laïcité qui s'applique et il n'y a pas de signes religieux. En sortie scolaire, c'est autorisé. Et dans l'hémicycle, aujourd'hui, il y a une tolérance.
S'il faut corriger les choses, c c'est au règlement intérieur de l'Asie – Et il faut le faire, de votre point de vue ou pas ? – Et au bureau. – Il faut le faire, il faut corriger ça ? – Moi je pense que ça pose question sur l'égalité homme-femme des enfants et c'est une question d'ailleurs de société bien plus large que l'hémicycle.
L'hémicycle c'est le lieu de la République. Et donc, c'est une question qui doit être traitée au bureau de l'Assemblée des Nations. Alma Dufour.
Moi, honnêtement, j'ai honte de cette polémique. J'ai honte de cette polémique parce que j'ai organisé plusieurs visites citoyennes ou aussi des sorties scolaires ou aussi des visites d'associations de solidarité où il y avait de nombreuses jeunes femmes qui portent le voile, qui sont mes amis, qui sont des jeunes femmes musulmanes, qui l'assument et qui le vivent très bien mais qui au au contraire, ont envie de s'impliquer dans la vie de la République, ont envie de travailler dans l'associative, dans la politique et qui avaient même peur. Elles ne savaient même pas qu'elles avaient le droit de visiter l'Assemblée avec leur voile.
Or, c'est vraiment comme ça qu'on applique le règlement, puisque par exemple on a eu aussi des écoles privées de confession juive, par exemple, où on avait des élèves qui portaient la kippa et il me semble pas qu'il y ait eu un tollé à ce point-là alors que c'était aussi des jeunes enfants. Et c'est une vraie question. Moi, je trouve qu'à chaque fois, quand il s'agit d'islam, quand il s'agit de voile, on a des réactions extrêmement brutales.
Je rappelle quand même qu'on sort d'une période où notre ancien ministre de l'Intérieur criait « Abba le Voix » dans un meeting, où sa seule proposition politique pour se distinguer de ses adversaires c'était d'interdire aux jeunes femmes voilées d'aller à l'université. Je veux dire, c'est cette manière d'interpréter la laïcité toujours contre l'islam, justement auprès de femmes et de jeunes femmes qui font un pas justement vers notre société, vers les études supérieures, vers la visite de l'Assemblée nationale. Moi je vais vous dire que c'est une réalité dans ma circonscription, il y a beaucoup de jeunes femmes qui portent le Et moi, je ne vois pas en quoi les stigmatiser et leur interdire l'accès au lieu de la République, au lieu le plus sacré de la République, l'Assemblée nationale, serait une bonne idée et serait contraire à notre vision d'une société inclusive et qui respecte le J'en ai discuté avec mes collaboratrices ce matin, mes jeunes collaboratrices.
C'est un sujet délicat et on s'est rappelé, nous aussi, que lorsqu'il y a des visites à l'Assemblée nationale, j'en ai beaucoup, il y avait des accompagnatrices scolaires qui portaient le voile dans les couloirs de l'Assemblée nationale et au moment effectivement dans la visite de l'hémicycle aussi. Et donc je crois que là-dessus, en fait, il y a un usage qui ne pose problème à personne. La question aujourd'hui qui est soulevée par une polémique assez délétère, provoqué par le Rassemblement national.
Mais reprise, pardon ! C'est le sujet des enfants. Non mais enfin, reprise par la présidente de l'Assemblée nationale.
Oui, mais c'est le sujet des enfants et le sujet des petites filles voilées aujourd'hui. Je crois que vous, Madame Dufour, comme moi, on peut être dans le questionnement par rapport à l'égalité homme-femme. Et donc c'est une question qui dépasse largement le sujet de l'Assemblée nationale.
Et si c'est bien le cas, si c'est des petites filles et pas des jeunes filles, comme vous disiez, qui ont la libération de la Coteuve. Voilà. Et c'est pas ce qu'elle dit, il y a le Ronde-Pivet.
Elle dit que c'est l'hémicycle, que c'est le lieu des valeurs républicaines, de la cohérence républicaine, et donc qu'elle ne le souhaite pas. S'il y a une imprécision aujourd'hui dans le règlement intérieur, il faut le préciser. Et moi, je vais vous dire, pour finir là-dessus, je pense que notre vision de la laïcité en France est problématique.
Je pense qu'on est un des seuls pays d'Europe, enfin le seul pays d'Europe à être aussi à cheval et à créer autant de polémique sur la question du voile et honnêtement à un moment donné moi je pense même que cette législation devrait pouvoir évoluer je vais vous le dire très clairement ça ne me choquerait pas tout comme aux états-unis c'est possible tout comme en angleterre c'est possible tout comme dans d autres pays c'est possible qu'il y ait même des femmes qui portent le voile et qui puissent être députés à partir du moment où c'est un choix je veux dire laissons les tranquilles lâchons leur le voile par contre la question effectivement des fillettes et la question de l'âge du consentement c'est une vraie question qu'on peut se poser mais la question des jeunes femmes voilées pour moi le règlement tel qu'il est à l'assemblée nationale ne me convient pas je ne vois pas pourquoi une femme ne pourrait pas être une députée de la république et en même temps faire honneur à sa croyance musulmane un à un moment donné je pense qu'on a une vision stigmatisante de l'islam on connaît mal les musulmans comme je vous le disais moi ces femmes qui viennent avec moi à l'assemblée nationale il y a des tas de musulmans et de musulmanes qui font honneur pour reprendre ou des jeunes femmes majeures dont vous parlez quand vous parlez de députés et la question des petites filles voilées et donc c'est ça la vraie question aujourd'hui sur laquelle on doit se positionner et c'est pas autour d'une polémique que ça doit se faire c'est dans un débat sérieusement argumenté mais qu'on n'a jamais et vu que le débat est ouvert moi je vous le dis j'ai déjà rencontré des jeunes femmes qui dirait j'aimerais être député j'aimerais me battre pour l'intérêt général mais mon voile aujourd'hui je ne veux pas renoncer à ma façon d'être musulmane comme vous l'avez dit il y a plein de façon j'ai aussi des amis qui sont musulmans aujourd'hui la laïcité ne permet pas cela mais c'est une bonne chose pour vous parce que France Bata elle nous dit non il y a une vision je recite vos mots une vision problématique de la laïcité en France vous vous accepteriez d'avoir des collègues députés qui sont volés à vos côtés ou pas moi que ce soit dans l'affichage de fonctions officielles représentant la République je ne suis pas favorable à l'affichage de signes religieux oui mais par contre on peut avoir des premiers ministres qui tiennent des discours religieux comme c'était le cas de monsieur Bayrou enfin vous voyez ce que je veux dire il y a une question de géométrie variable qui se concentre sur un signe ostentif qui est le voile c'est vrai mais qui est toujours instrumentalisé contre les mêmes et à un moment donné moi je me sers de cette polémique pour poser la question plus large de la vie en société avec des gens qui ont des croyances musulmanes et que c'est pas à nous d'arbitrer si c'est être un bon musulman ou pas un bon musulman que de porter le voile j'ai aussi plein d'amis qui sont musulmanes et qui ne portent pas le voile et ça se passe très bien c'est même des filles d'imam des fois donc voilà comme ça c'est beaucoup plus large et divers que ce qu'on peut croire mais par contre c'est aussi à eux d'avoir ce débat et moi je pense que la france aujourd'hui est profondément intolérante à ce sujet et instrumentalise cette question souvent quand il y a des grands reculs sociaux d'un coup on a une polémique sur le voile et ça fait 15 ans que ça dure. Il n'y a pas que ce débat évidemment du côté de
Yaël Braun-Pivet