Le pari risqué de François Bayrou - reportage #Cdanslair 26.08.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
qu'ils ne voteraient pas la confiance le 8 septembre prochain. Son sort semble scellé à tel point que dès ce matin, les hypothèses d'une dissolution revenaient clairement dans le débat. - F.Bayrou, à quitte ou double...
Le vote de confiance annoncé hier, un pari à haut risque, à la une de tous les journaux ce matin. Pour certains, le Premier ministre s'autodissout en remettant son avenir entre les mains du Parlement, tant ses chances semblent minces. Alors, pour éviter la chute, cet après-midi, il tente d'apaiser les oppositions en promettant de taxer davantage les plus riches. - F.Bayrou: Lorsque vos moyens sont plus importants, votre contribution au redressement des finances publiques doit l'être aussi.
C'est pourquoi un effort spécifique sera demandé aux plus hauts revenus, à ceux qui optimisent leur fiscalité en particulier. Les niches fiscales qui profitent d'abord aux ménages aisés et aux grandes entreprises seront supprimées chaque fois qu'elles seront constatées comme injustes et inutiles. - F.Bayrou vit-il ses derniers jours à Matignon?
Hier, dès la fin de son discours, la gauche et l'extrême droite le font savoir: leurs députés ne voteront pas la confiance. A deux semaines du scrutin, le sort du Premier ministre semble donc déjà scellé. Impensable, pour les socialistes, d'approuver son action. - O.Faure: Personne ne conteste le fait que ce gouvernement soit à l'origine de 1000 milliards de dette supplémentaires.
Ce bilan catastrophique est le leur. Nous avons maintenant à redresser le pays et nous présenterons des solutions qui sont des solutions chiffrées. - Ce matin, les ministres refusent de se voir condamner. - Avez-vous commencé à faire vos cartons? - J.-N.Barrot: Non, je veux saluer cet acte de lucidité. - E.Lombard: Le Premier ministre a voulu clarifier les choses. - Dans le bloc central, plus que jamais en quête de soutien, on reste intransigeant sur le montant de 44 milliards d'euros à économiser l'an prochain.
Quant à savoir où les trouver, le Premier ministre serait prêt à négocier. - Y.Braun-Pivet: Tout se discutera.
Il doit être prêt dans l'enveloppe fixée à faire des concessions. - G.Darmanin: Il faut trouver des compromis à l'Assemblée nationale. - Une dissolution, c'est le scénario rêvé pour M.Le Pen, convaincue que de nouvelles législatives lui feront gagner des sièges à l'Assemblée.
Dès hier soir, elle appelait E.Macron à y recourir. ... - S.Chenu: S'il ne rompt pas avec la logique politique qui est la sienne, il s'exposera à avoir une censure et une crise.
Ce sont eux qui entretiennent, provoquent la crise politique. - De nouvelles élections législatives et, pourquoi pas, présidentielles. Pour J.-L.Mélenchon, si F.Bayrou est désavoué, c'est aussi E.Macron qui doit partir.
Les insoumis vont même déposer une motion de destitution. - J.-L.Mélenchon: Il faut empêcher monsieur Macron de nommer pour la 3e fois un Premier ministre qui ferait la même politique.
C'est pourquoi il faut le destituer. - F.Bayrou a promis de se battre jusqu'au vote, qui aura lieu dans 13 jours. - C.Roux: F.Bayrou qui se montre cet après-midi combatif.
Il explique qu'il va batailler jusqu'au 8 pour tenter d'arracher un vote de confiance. Question. Ils se sont vus à Brégançon? - N.Schuck: Déjà, le président de la République n'aime pas avoir les mains liées.
Quand il avait fait sa dissolution, il avait expliqué que c'était parce qu'il savait que la droite allait déposer une motion de censure. Il avait devancé l'appel. Là, on peut imaginer qu'il sait que Bayrou sera censuré et qu'il veut reprendre la main.
Autre explication: il en veut à ce Premier ministre qui s'est un peu... - D.Seux: Il y a une autre hypothèse, qui n'est pas incompatible.
Qui est au pouvoir depuis 8 ans? C'est E.Macron.
Qui a décidé de la politique des finances? C'est E.Macron.
La conférence de presse du 15 juillet a été précédée d'une conférence en avril, qui était sur le même constat, sur le même thème, que c'est la catastrophe, que tout va aller de pire en pire. Peut-être que les oreilles d'E.Macron ont résonné un peu difficilement. - C.Roux: Il y a 2 mots qu'on retrouve dans l'actualité: esprit de responsabilité et clarification.
Ca ne rappelle pas des bons souvenirs. - A.-C.Bezzina: La clarification, c'est le discours du soir même de la dissolution du président de la République.
On sait que la clarification politique n'a pas eu lieu suite aux élections législatives anticipées. Et "responsabilité", c'est le dernier mot donné par M.Barnier quand il engage le 49-3 sur la Sécurité sociale.
La question des responsabilités est centrale. On peut imaginer que F.Bayrou soit au fait de ça.
C'est peut-être une manière pour lui de dire: "J'ai raconté mon histoire, je me suis un peu autonommé, je choisis aussi ma sortie et au moins, j'aurai quelque chose de cohérent sous la dent." L'engagement de politique générale, c'est symbolique. Demander la confiance, c'est une manière de faire comprendre au socle commun qu'il a fait semblant d'être un socle commun pendant quelque temps et qu'ils ont intérêt à se compter s'ils veulent encore avoir une chance.
Si le président de la République choisit un nouveau Premier ministre, avec ce nouvel étiage de centre élargi, il faut que ce centre élargi vote de manière groupée lors du 8 septembre, sinon ça n'aura plus aucun intérêt. - C.Roux: C'est la question que j'avais envie de vous poser: que peut-il se passer?
On est de retour dans une sorte de saut dans l'inconnu, avec un mandat où il y a déjà eu 3 Premiers ministres: G.Attal, M.Barnier et désormais F.Bayrou.
Ils ont buté notamment sur la question budgétaire. On a M.Le Pen qui dit: "Dissolution." Est-ce que c'est elle qui fixe le scénario de l'après? - P.Perrineau: On ne parle pas assez du RN.
Si le RN n'était pas embarqué avec la gauche, nous ne dirions pas les choses que nous sommes en train de dire. C'est le scénario qui avait déjà eu lieu en décembre dernier, lors de la chute de M.Barnier.
C'est le RN qui a le groupe d'opposition le plus important. C'est lui qui donne le la. Comme cette alliance négative fait une majorité pour renverser le gouvernement, elle va rejouer certainement dans quelques jours.
Il y aura la même difficulté à trouver une issue. - C.Roux: Quand elle dit "dissolution", elle envoie un message à l'Elysée en disant que ça ne sert à rien de mettre G.Darmanin ou S.Lecornu.
C'est ça? - P.Perrineau: Le RN demande la dissolution parce qu'ils se disent que le rapport de force est le bon, que les sondages montrent qu'ils sont toujours le premier parti français.
Il y a toujours des urgences, notamment voter une loi concernant la condamnation de M.Le Pen...
Elle veut faire le ménage avant la présidentielle prochaine. Du côté de la gauche, peut-être pas de toute la gauche, mais on verra, c'est une stratégie au contraire qui est celle de s'attaquer à la présidence de la République en disant que l'heure est venue de démissionner. "Si vous ne voulez pas, on va faire une motion pour appeler à la démission, à la destitution du président de la République." Il ne faut pas rêver, ça ne débouchera pas.
Une partie de la gauche avait déjà dit à l'époque que ce n'était pas sérieux. On peut en vouloir beaucoup à E.Macron, mais là, on s'attaque à l'institution du président de la République.
Dominique parlait tout à l'heure de la joie que J.-L.Mélenchon n'arrivait pas à cacher ce matin chez vos confrères...
On le comprend. Il est dans sa stratégie d'un mouvement social,
François Bayrou