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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 11 février 2021 8 minAutoproduitActualité / polémiqueSantéJustice

Caroline Janvier : "Le cannabis bien-être ne contient que du CBD qui est un relaxant"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 25 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34Invité politiqueFait
    « Le cannabis bien-être, c'est du cannabis qui contient uniquement, ou alors avec vraiment juste des traces de THC, uniquement du CBD qui est en fait un relaxant musculaire ou un neuro-relaxant. »
  • 0:49Invité politiquePromesse
    « Ça va changer parce que la Cour de justice Union européenne a condamné la France à ce sujet. »
  • 2:53Invité politiqueFait
    « Il y a beaucoup d'utilisations, notamment industrielles, dans les bâtiments, dans les voitures aussi. Vous pouvez fabriquer du plastique à partir de chanvre. »
  • 4:05PrésentateurFait
    « Pourquoi en est-on là ? C'est parce que c'est une vieille réglementation qu'on n'a pas mise à jour, ou c'est parce qu'il y a une vraie opposition politique? »
  • 4:13Invité politiqueFait
    « Il y a le contexte historique de la loi de décembre 1970, qui interdit aujourd'hui à la fois la production, la distribution, la consommation de cannabis. »
  • 4:20Invité politiqueFait
    « Il faut rappeler que cette loi a été prise dans un contexte assez particulier, suite au décès d'une adolescente qui avait consommé du cannabis, et donc qui avait beaucoup ému l'opinion publique. »
  • 5:25Invité politiquePromesse
    « Notre politique publique depuis 50 ans, depuis cette loi de 70, est inefficace. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce qu'elle a les résultats inverses de se rechercher. »
  • 5:28Invité politiqueChiffre
    « La consommation de cannabis augmente en France chaque année, et elle est parmi les plus importantes en Europe, alors qu'on a le cadre le plus prohibitif. »
  • 6:34Invité politiquePromesse
    « Il y a un gros marché potentiel. Évidemment. Alors, la question économique, elle est importante. »

Temps de parole

  • Caroline Janvier75 %
  • Présentateur25 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 6h20, mettre fin à une situation ubuesque, c'est ce que réclament des députés de la mission d'information parlementaire sur la réglementation du cannabis. Bonjour Caroline Janvier. Bonjour. Vous êtes députée La République en marche du Loiret, rapporteur thématique de cette mission. Là où vous dites que c'est ubuesque, c'est sur l'utilisation du cannabis dit bien-être. Alors juste pour que tout le monde comprenne bien, c'est pas le cannabis thérapeutique et c'est pas non plus le cannabis récréatif, celui qui contient des stupéfiants, on est bien d'accord.

0:27
Caroline Janvier

Tout à fait. Le cannabis bien-être, c'est du cannabis qui contient uniquement, ou alors avec vraiment juste des traces de THC, uniquement du CBD qui est en fait un relaxant musculaire ou un neuro-relaxant. Et ça, c'est autorisé en France ? Alors non, parce que la difficulté que l'on a aujourd'hui, c'est qu'on a une réglementation très floue sur le sujet. Ça va changer parce que la Cour de justice Union européenne a condamné la France à ce sujet. Mais aujourd'hui, on est un peu dans une zone grise sur le cannabis bien-être.

0:57
Présentateur

Et quand je disais que c'était autorisé, c'est parce qu'il y a des boutiques, en revanche, qui existent en France et qui vendent déjà ce qu'on appelle des produits issus de ce cannabis bien-être. Ça peut être quoi ? C'est quoi ? Des infusions, des choses comme ça ?

1:08
Caroline Janvier

Ça peut être de l'huile, tout à fait. Ça peut être de l'huile aussi qu'on vaporise. Ça peut être... Des cosmétiques ? Tout à fait. Dans les cosmétiques aussi, des compléments alimentaires. Il y a beaucoup d'utilisation à cette molécule issue du chambre.

1:21
Présentateur

Qui, justement, achète ce genre de produit ? C'est des gens qui souffrent, je ne sais pas, des personnes âgées, des gens qui...

1:26
Caroline Janvier

Ce sont des personnes qui ont besoin d'un relaxant, par exemple, qui souffrent d'insomnie et qui ont essayé d'autres substances et qui, finalement, ont été soulagées avec du CBD. Donc, ça n'est pas un produit thérapeutique. Ce n'est pas un produit qui soigne, mais c'est un produit qui soulage et qui permet de se détendre.

1:47
Présentateur

Donc, ce n'est ni un médicament, ni un stupéfiant. Et ce cannabis, ce CBD, ce cannabidiol issu du cannabis, on le produit en France ou pas encore ?

1:58
Caroline Janvier

Alors, on n'a aujourd'hui pas la possibilité de le produire. Il y a deux façons de le faire. Soit de façon naturelle, donc issue de la fleur du chanvre, soit de façon synthétique. Mais aujourd'hui... Dans un labo ? Voilà, tout à fait. Mais aujourd'hui, le cadre qui, comme je vous le disais, est assez flou, mais on a un texte qui date de 1990 qui l'interdit, notamment en raison du fait qu'on puisse trouver des traces de THC, donc qui est la molécule psychotrope du chanvre, dans ce cannabis. En fait, c'est assez compliqué, si vous voulez, d'avoir un dosage suffisamment précis, une production qui permette de s'assurer qu'on n'ait aucune trace de THC.

Et comme en France, la réglementation sur le THC est très sévère, eh bien cela interdit finalement la production de chanvre dit bien-être.

2:47
Présentateur

Mais ce qui est étrange, c'est que la France est quand même le premier producteur de chanvre en Europe. Donc on en fait quoi de ce chanvre ?

2:53
Caroline Janvier

Eh bien, il y a beaucoup d'utilisations, notamment industrielles, dans les bâtiments, dans les voitures aussi. Vous pouvez fabriquer du plastique à partir de chanvre. Donc effectivement, on l'utilise aujourd'hui pour des applications dans le secteur des bâtiments, dans le secteur de l'automobile. Mais il y a beaucoup d'autres possibilités, que ce soit le chanvre bien-être dont on vient de parler, aussi le chanvre thérapeutique, et évidemment le chanvre, le cannabis à usage récréatif, qui est beaucoup plus connu.

3:24
Présentateur

Et c'est en cela que c'est tubuesque, parce qu'on produit du chanvre, mais on a le droit d'exploiter que la fibre et la graine. Et donc, par exemple, pour tous les produits qu'on a cités tout à l'heure dans les boutiques bien-être, on est obligé soit de l'importer, soit de le fabriquer en laboratoire, c'est ça ?

3:36
Caroline Janvier

Tout à fait. Et même, vous savez qu'on avance en ce moment sur la question du cannabis thérapeutique. On a ouvert une expérimentation qui va durer deux ans, et on se retrouve dans la situation où on doit importer du chanvre thérapeutique, cette fois, parce que cette réglementation très sévère, notamment sur la quantité de THC, mais de façon plus générale sur l'exploitation du chanvre, eh bien interdit même d'avancer sur des expérimentations.

4:00
Présentateur

Alors pourquoi en est-on là ? C'est parce que c'est une vieille réglementation qu'on n'a pas mise à jour, ou c'est parce qu'il y a une vraie opposition politique ?

4:07
Caroline Janvier

Il y a deux choses à mon avis. Il y a le contexte historique de la loi de décembre 1970, qui interdit aujourd'hui à la fois la production, la distribution, la consommation de cannabis. Il faut rappeler que cette loi a été prise dans un contexte assez particulier, suite au décès d'une adolescente qui avait consommé du cannabis, et donc qui avait beaucoup ému l'opinion publique. Et on sait que souvent les mauvaises lois sont justement prises dans un contexte d'émotion très forte. Et la deuxième chose, c'est qu'effectivement, culturellement, le cannabis en France est vu comme une drogue dure, quasiment. Beaucoup de gens ne font pas forcément la différence.

Et donc il y a une approche idéologique qui a longtemps nuit au débat, et qui n'a pas permis que l'on puisse parler de ce produit de façon, je dirais, objective. Parce que les données objectives montrent bien que c'est un produit qui a beaucoup d'usages, beaucoup d'utilisations différentes, et que finalement, il faut aussi regarder ce qui se passe ailleurs.

5:04
Présentateur

Au sein de la mission parlementaire, vous êtes 33 députés des élus de différents bords politiques, vous êtes tous d'accord ? Pour faire évoluer la réglementation ?

5:12
Caroline Janvier

Disons qu'il y a un vrai consensus au sein de cette mission d'information, et qui travaille depuis un an sur les usages du cannabis, sur le fait que notre politique publique depuis 50 ans, depuis cette loi de 70, est inefficace. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce qu'elle a les résultats inverses de se rechercher. La consommation de cannabis augmente en France chaque année, et elle est parmi les plus importantes en Europe, alors qu'on a le cadre le plus prohibitif.

5:38
Présentateur

Et légaliser, ne serait-ce que le cannabis bien-être, ne risque pas de banaliser le cannabis au sens large ?

5:46
Caroline Janvier

Ce qui nous semble, nous, important, et c'est bien pour ça qu'on a découpé cette mission d'information en trois volets, c'est de bien différencier les usages dans le cadre du cannabis.

5:54
Présentateur

Dont on parlait au début de cet entretien.

5:55
Caroline Janvier

Thérapeutique, bien-être et récréatif. Vous avez un protocole, vous avez un suivi par un médecin. Dans le cas du cannabis bien-être, là encore, vous n'avez pas d'effet psychotrope, puisque pas de THC. Et dans le cas du cannabis réacréatif, vous avez en effet cette molécule de THC, avec des risques de dépendance, avec tout un tas de risques associés. Donc nous, on veut bien, vraiment, on tient à distinguer les sujets. Ça permet aussi de comprendre les effets et les usages de cette plante.

Mais on veut aussi avoir une approche qui soit plus pragmatique et de dire aujourd'hui, quelle est la meilleure politique publique pour, d'une part, protéger les jeunes, d'autre part, lutter contre le trafic. Et il ne faut pas oublier les implications économiques très importantes. Il y a un gros marché potentiel. Évidemment. Alors, la question économique, elle est importante. Ça n'est pas celle qui doit nous mobiliser pour changer de politique publique. C'est vraiment la question de la santé publique et de la sécurité qui sont au cœur de nos préoccupations.

On se pose la question aujourd'hui de savoir s'il n'y a pas un autre modèle pour protéger les jeunes qui sont les plus vulnérables face au risque du cannabis. Et d'autre part, lutter contre les trafics et tous les autres réseaux qui y sont associés.

6:59
Présentateur

Et donc là, vous espérez mettre en place une proposition de loi très prochainement, faire évoluer la réglementation prochainement. Vous y croyez ?

7:06
Caroline Janvier

Alors, ce qu'on souhaite, c'est déjà remettre un rapport au printemps sur l'ensemble, sur ces trois volets et donc aussi sur ce volet récréatif. Et que ce rapport soit utilisé dans le débat public et notamment au moment des élections présidentielles de 2022 pour que chacune des familles politiques se saisissent de ce sujet. Et encore une fois, qu'on sort de cette approche idéologique qui favorise finalement les postures et qu'on ait une approche qui soit celle de l'efficacité de nos politiques publiques.

7:36
Présentateur

Merci Caroline Janvier, députée LREM et donc rapporteur thématique de cette mission d'information parlementaire sur la réglementation du cannabis. Vous est-il invité du 5-7 ?

Caroline Janvier : "Le cannabis bien-être ne contient que du CBD qui est un relaxant" — Caroline Janvier · Pourquijevote