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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 30 janvier 2025 21 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeTravail & emploiNumérique

Face à Face : Hubert Bonneau - 30/01

Au micro : Apolline de MalherbeSource d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:40OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous voulez dire ?

  • 1:53OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça veut dire un conflit armé ?

  • 1:56OuverteRéponse directe

    Et qu'est-ce que ça veut dire agression du sanctuaire national ?

  • 2:26OuverteRéponse directe

    Ça fait combien de temps que vous vous dites ça ?

  • 2:37RelanceRéponse directe

    Est-ce que les choses ont évolué ?

  • 3:03OuverteRéponse directe

    Ennemis internes ou ennemis externes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29InvitéFait
    « La possibilité d'un conflit armé et une agression du sanctuaire national doit être sérieusement envisagée »
  • 1:59InvitéFait
    « Une éventualité d'une agression armée sur le territoire national n'est pas à exclure »
  • 2:16InvitéFait
    « Ce sont les évaluations, les analyses des armées, de la défense, de nos autorités »
  • 6:40InvitéChiffre
    « Le tiers de toutes les gardes à vue prises par les gendarmes aujourd'hui concernent les violences intrafamiliales »
  • 10:52InvitéPromesse
    « La création d'une unité de polyjudiciaire nationale »
  • 11:02InvitéChiffre
    « Deux tonnes de cocaïne sur le Havre avec la section de recherche de Rouen »
  • 16:32PrésentateurChiffre
    « Il y a 135 gendarmes en tout »
  • 16:39PrésentateurChiffre
    « Vous devez renouveler 15% de vos effectifs chaque année »
  • 18:25InvitéChiffre
    « Cette année nous avons recruté plus de 12 000 hommes et femmes »
  • 18:57InvitéChiffre
    « J'ai 35 000 réservistes dans la gendarmerie »
  • 20:20InvitéFait
    « Le sanctuaire national c'est le territoire métropolitain aux Outre-mer »

Temps de parole

  • Invité70 %
  • Présentateur28 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC Face à Face Apolline de Malherbe Bonjour Général, Général Hubert Bonneau Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions sur RMC et BFM TV Vous êtes le directeur général de la Gendarmerie Nationale Et dans une note interne, vous avez adressé à tous vos services le message suivant Je cite La possibilité d'un conflit armé et une agression du sanctuaire national doit être sérieusement envisagée Je voudrais qu'on prenne le temps ce matin avec vous Général de comprendre Qu'est-ce que vous voulez dire ?

0:43
Invité

Bonjour Madame, merci de me recevoir Alors je voudrais d'abord remettre cette phrase dans un contexte Il s'agit d'une lettre interne effectivement adressée au grand commandeur de la gendarmerie Moi je suis un chef militaire et il me paraît important de pouvoir expliquer De donner des lignes, ce qu'on appelle des lignes d'opération A mes grands subordonnés pour être prêt face aux diverses éventualités Alors ce que j'ai voulu dans cette lettre c'est d'abord poser aussi un cadre Le contexte dans lequel nous sommes aujourd'hui Cette phrase n'est finalement qu'une toute petite partie du contexte dans lequel nous sommes Nous sommes dans une société violente, j'y reviendrai Mais nous sommes aussi dans un contexte international troublé Nous avons depuis trois ans une guerre aux portes de l'Europe, en Ukraine Qui produit d'ailleurs déjà des effets sur le territoire national J'y reviendrai si vous le souhaitez Mais le contexte international est important dans le cadre d'une préparation d'une force armée comme la gendarmerie Car dans nos missions, nous avons des missions de police au quotidien Police de la sécurité du quotidien Mais la gendarmerie en tant que force armée doit pouvoir se préparer à toutes les éventualités Y compris d'agressions sur le territoire national

1:53
Présentateur

Qu'est-ce que ça veut dire un conflit armé ? Et qu'est-ce que ça veut dire agression du sanctuaire national ?

1:59
Invité

Alors un conflit armé c'est la possibilité pour nos armées d'être engagées dans le cadre d'une guerre Soit à l'extérieur, dans le cadre d'une coalition Mais une éventualité d'une agression armée sur le territoire national n'est pas à exclure D'ailleurs ce n'est pas moi qui le dit Ce sont les évaluations, les analyses des armées, de la défense, de nos autorités Je crois que cette éventualité ne peut pas totalement être exclue

2:26
Présentateur

Et ça fait combien de temps que vous vous dites ça ? C'est-à-dire est-ce que les choses ont évolué ? Est-ce que vous vous dites que cette menace est plus grande aujourd'hui ? Que vous ne l'auriez dit il y a 6 mois, il y a 1 an, il y a 10 ans ?

2:37
Invité

En fait il y a un facteur si vous voulez, il y a un facteur de conjonction Regardez ce qui s'est passé pendant les Jeux Olympiques Même dans la préparation des Jeux Olympiques Vous avez sur le territoire national et dans nos Outre-mer, territoire métropolitain des Outre-mer Des actions de déstabilisation régulière Rappelez-vous les cercueils qui ont été mis sous la tour Eiffel par exemple Les agressions sur les lignes TGV Derrière il y a des gens qui manifestement veulent déstabiliser

3:03
Présentateur

Ennemis internes ou ennemis externes ?

3:06
Invité

C'est ce qu'on appelle des proxys Vous regardez qui est à l'origine de ces affaires Et vous voyez que ce sont des personnels étrangers en liaison avec des puissances étrangères Ça peut arriver Et d'ailleurs, permettez-moi de le rajouter Ce qui existe dans le domaine physique existe aussi dans le domaine immatériel C'est-à-dire dans le numérique Les actions contre la France, nos entreprises, nos ministères Elles sont tout à fait régulières et fréquentes Nos hôpitaux Nos hôpitaux, par exemple, sur des cyberattaques Je veux dire, c'est un contexte de déstabilisation dans lequel nous pouvons être

3:40
Présentateur

Vous avez parlé de deux choses, Général Hubert Bonneau Vous avez parlé effectivement du contexte international troublé Je reprends vos mots Mais vous avez parlé aussi d'une société de plus en plus violente Là, pour le coup, vous parlez d'une menace endogène C'est-à-dire d'une menace qui viendrait du territoire français menée par des Français

3:57
Invité

Oui, permettez-moi juste de rappeler une chose qui me paraît importante C'est-à-dire que ce qui se passe en dehors du territoire national Y compris la guerre en Ukraine produit déjà des effets sur le territoire national L'Ukraine, c'est d'abord une augmentation du coût de la vie Augmentation du prix du carburant Donc immédiatement, nous avons vu sur le territoire national Une multiplication des vols de carburant

4:22
Présentateur

On sait que beaucoup de camions, par exemple, se font siphonner Leurs litres et leurs dizaines de litres de carburant

4:28
Invité

Des entreprises de transport, des entreprises agricoles Où venaient voler les carburants dans les cuves C'est aussi, par exemple, une dérégulation sur les composantes électroniques Donc vous avez des structures organisées Souvent qui viennent de pays de l'Est Et qui pratiquent des rasiats par des vols sériels Sur le matériel des GPS agricoles Sur des téléphones, sur les matériaux, les cuivres, etc Ça a déjà des impacts importants dans le cadre du quotidien Alors on ne le relie pas forcément à l'Ukraine Mais c'est une réalité Chaque crise produit des effets Encore un autre exemple Vous voyez la crise du Covid Qui est une crise sanitaire On pourrait se dire, il n'y a pas d'effet sécuritaire Eh bien si C'est-à-dire que les gens restent chez eux Donc le vecteur d'attaque, c'est le domicile des gens Vous avez une multiplication des attaques cyber Pendant la crise Covid Où finalement, on vient, entre guillemets, voler les gens chez eux Et quand je dis qu'on a des violences qui s'exercent Pendant cette crise Covid, une fois de plus sanitaire Vous avez une explosion des violences Dans le cadre intrafamilial Donc vous voyez, les crises sont liées entre elles Et il faut faire la corrélation entre une crise et ses effets

5:38
Présentateur

Et on l'entend bien, Général Hubert Bonneau Et c'est pourquoi je vous remercie une fois de plus D'avoir accepté de répondre à mes questions Votre parole est extrêmement rare Vous êtes aux avant-postes de toutes ces violences Les violences du quotidien, la question du maintien de l'ordre Mais aussi la question du terrorisme et aujourd'hui du trafic de drogue Quand vous dites, encore une fois, une société de plus en plus violente A quoi faites-vous référence en particulier ?

5:59
Invité

Moi je suis frappé Je suis frappé depuis quelques années déjà Par la montée des radicalités De tous bords Et je suis frappé aussi par la montée des violences entre les personnes Alors c'est le quotidien Moi je rends hommage aux gendarmes Aux femmes et aux hommes qui servent en gendarmerie Aussi aux policiers qui sont au quotidien confrontés à ces problèmes Aujourd'hui, quand vous avez une problématique entre personnes Le premier réflexe, c'est pas de traiter ça entre soi C'est d'appeler les gendarmes ou les policiers Systématiquement, partout Et quand je dis que la société est de plus en plus violente Je vais vous donner un chiffre Alors c'est pas de la criminalité organisée C'est ce qui se passe au quotidien Le tiers de toutes les gardes à vue Prises par les gendarmes aujourd'hui Concernent les violences intrafamiliales C'est la réalité Vous voyez que la bande passante des gendarmes Notamment sur le judiciaire Est déjà prise par un tiers Sur les violences intrafamiliales Qu'il faut traiter, c'est un impératif

6:57
Présentateur

Qu'est-ce qui vous reste ensuite ? Quand vous dites montée des violences Et montée des radicalités Je voudrais qu'on prenne un instant Pour comprendre ce qu'il y a derrière ce mot Quand vous dites radicalité C'est le fait que chacun devient plus radical Dans son expression de la violence On pense notamment à la violence des mineurs Dont régulièrement vous, force de l'ordre Mais aussi les chiffres judiciaires le démontrent Est-ce que vous pensez à une radicalité terroriste ? Voir à une radicalité religieuse ?

7:24
Invité

A quoi pensez-vous ? Mais c'est tout ce que vous venez de dire Les radicalités Vous voyez par exemple les oppositions Je vais faire référence à ce que j'ai connu Il y a quelques temps Quand je commandais la zone Grand Ouest Vous avez des décisions qui sont prises A un niveau local Par exemple de la création d'un centre d'accueil Pour des demandeurs d'asile Vous avez derrière Quand je parle de montée des radicalités Des oppositions fortes Entre de l'ultra droite et de l'ultra gauche

7:53
Présentateur

Donc il y a aussi une violence politique

7:56
Invité

C'est assez inédit Mais on la retrouve déclinée à tous les niveaux Regardez ce qui vient de se passer tout à fait récemment Où un enfant perd la vie

8:07
Présentateur

Elias Pour un téléphone 14 ans Les agresseurs avaient 16 et 17 ans

8:13
Invité

C'est ça que je veux dire aujourd'hui C'est que Il y a une espèce de Libération de la violence en quelque sorte Auquel nous nous sommes confrontés Parce que ça impacte aussi les gendarmes dans leur quotidien Il faut bien mesurer ça Peut-être qu'on parlera tout à l'heure

8:27
Présentateur

Avez-vous les moyens de lutter ? On va y revenir avec la question des moyens de la gendarmerie Mais quand on fait ce constat des différents scénarios Des différentes menaces Je voudrais préciser pour ceux qui nous écoutent Général Hubert Bonneau Vous avez également été à la tête du GIGN Au moment des attentats de 2015 Que c'est sous votre commandement Qu'ont été traqués puis abattus les frères Kouachi Adam Martin en Joël Est-ce que Général, sur le front du terrorisme Vous estimez que la menace aujourd'hui est Comme l'a dit le ministre de l'Intérieur A son plus haut niveau ?

8:57
Invité

Écoutez, il y a des services spécialisés Évidemment, la DGSI Notamment, dont c'est le combat du quotidien Et nous, sur les territoires Évidemment, on participe à cette détection Je crois effectivement que La menace est là aussi tout à fait réelle Il faut se référer là aussi au contexte international Ce qui se passe aujourd'hui en Afghanistan Ce qui se passe en Syrie Peut être effectivement Générateur d'un retour Du terrorisme sur le territoire national Avec des effets locaux Enfin, au Moyen-Orient Déportés chez nous Ça, c'est une réalité Je pense qu'il faut en permanence Avoir une posture de vigilance renforcée

9:37
Présentateur

Une posture de vigilance renforcée La question aussi D'une éventuelle radicalisation interne De jeunes On pense à ce qui s'est passé Avec Dominique Bernard On pense à ce qui s'est passé Avec Samuel Paty, évidemment Est-ce que cette menace-là Vous l'observez ? Est-ce qu'elle est sous vos radars Ou est-ce qu'elle est dans vos radars ?

9:55
Invité

Non, elle est dans les radars De toutes les autorités Sous la direction des préfets Vous avez des groupes d'évaluation De la radicalité Qui sont mises en place Dans tous les départements Auxquels participent tous les services Et c'est quelque chose Qui est suivi, croyez-moi Au quotidien

10:11
Présentateur

On va parler de la drogue Dans un instant Comment vous, aujourd'hui Vous estimez protéger les Français ? Est-ce que vous pouvez dire A ceux qui nous écoutent, général Qu'ils sont bien protégés ?

10:22
Invité

Je voudrais vous dire Que c'est justement Le fond de ce courrier Moi, ce qui m'importe C'est de fixer J'y reviens Un cadre Pour dire à mes gendarmes Comment il faut se préparer Qu'est-ce qu'il faut qu'on fasse ?

Alors, je crois d'abord Je crois d'abord Que tout n'est pas question De moyens Il faut effectivement Des moyens Mais ce qui est important Pour nous C'est de trouver aussi Les modalités D'exécution des missions Pour qu'on soit Le plus efficace possible Dans cette lettre J'ai parlé par exemple De la création D'une unité De polyjudiciaire nationale Nous avons aujourd'hui Des unités très performantes On l'a vu Il y a 15 jours Où nous avons fait Deux tonnes de cocaïne Sur le Havre Avec la section de recherche De Rouen L'affaire M. Balland L'enlèvement L'enlèvement

11:08
Présentateur

Du spécialiste Des crypto-monnaies On y reviendra Vous avez réussi A mettre fin A cet enlèvement A le libérer

11:14
Invité

Nous avons des unités Qui sont spécialisées Mais je pense Qu'on peut être encore Plus efficace Par un regroupement De ces unités Au sein D'une grande structure nationale Avec la police Avec la police En liaison avec la police Police gendarmerie Tout ça Ça fait partie De l'organisation Des forces de l'ordre Face à la criminalité organisée M. le ministre A voulu D'ailleurs en la matière Restructurer Une partie Des unités De police judiciaire Du ministère Sous l'égide D'un état-major De criminalité organisée Qui est commun A la police nationale A la gendarmerie nationale

11:46
Présentateur

Et vous saluez Cette décision

11:47
Invité

Bien sûr On va dans le sens De l'efficacité Donc ça C'est très important Au quotidien

11:51
Présentateur

La question de l'efficacité Général Hubert Bonneau Désormais Le narcotrafic Comme on dit Est considéré Comme partout Le trafic de drogue Petite ville Village Grande ville Ça n'est plus du tout L'apanage d'une ville Comme Marseille Dont on parlait Pendant longtemps Le ministre de l'Intérieur A parlé d'un risque De mexicanisation Est-ce que vous le constatez ?

12:13
Invité

Alors moi Ce que je voudrais vous dire Ce que nous constatons Nous déjà Sur le terrain Tout part du terrain Aujourd'hui Vous voyez Les zones De trafic De stupéfiants Vous avez Une totale porosité Entre la zone De police nationale Et la zone Gendarmerie nationale En gros Entre les grandes villes Les zones périurbaines Et les zones rurales Il y a une totale porosité Et donc Ce qu'on constate aussi C'est une explosion Des trafics

12:38
Présentateur

Explosion des violences Explosion des trafics Le constat est assez pessimiste Tout de même

12:43
Invité

Vous avez parlé

12:45
Présentateur

D'une libération Des violences Et là vous parlez D'une explosion Des trafics

12:47
Invité

Je suis désolé De ce constat Mais j'essaye d'être lucide Par rapport à ce qui se passe Donc on doit s'organiser Par rapport à ça On doit vraiment s'organiser C'est-à-dire que Traiter Les points de deal C'est une nécessité Traiter les trafics Ubersheet C'est une nécessité Mais je crois Qu'aujourd'hui L'élan qui est donné C'est un élan Pour casser Les organisations Et notamment Sur le blanchiment Les petits ruisseaux Font les grandes rivières Les petits trafics Alimentent la criminalité organisée

13:15
Présentateur

Mais est-ce que vraiment Vous avez les moyens De vous pencher Sur chaque petit trafic Je voudrais vous emmener A Gange Général Gange c'est une petite commune De l'Hérault De moins de 4000 habitants Notre reporter Pour RMC Anna Jojard A été y passer 48 heures Et en quelques heures seulement Elle a rencontré Des dealers Parce qu'ils sont là Quasiment à ciel ouvert Librement exposés Comme lui a dit Une des habitantes Aux heures de pointe Entre Carrefour et Auchan Elle a notamment rencontré Un jeune homme Il a 25 ans Et il deal de cannabis Depuis 5 ans

13:42
Locuteur non identifié

Ça m'est tombé dessus C'est un collègue Qui m'a proposé De base 10 grammes 20 grammes Et ça a commencé comme ça Je me vois pas arrêter Je me dis même Si je travaille Je ferai ça Je suis pas très inquiet Normalement Ils te contrôlent pas Genre même Ils passent en voiture Jamais ils te contrôleront

14:00
Présentateur

On te contrôle pas Ils passent en voiture Mais jamais ils te contrôleront Ils touchent jusqu'à 500 euros Par mois grâce à la drogue

14:05
Invité

Un sentiment d'impunité

14:08
Présentateur

Tout de même

14:09
Invité

Il peut y avoir un sentiment d'impunité Une fois de plus Ces trafics sont connus Vous avez sur des points de deal Vous avez des guetteurs Vous avez des vendeurs Parfois Ils ne connaissent même pas Leurs commanditaires Enfin leur fournit De la drogue Ils doivent rendre des comptes Sur ce qu'ils ont vendu Bon Il faut s'attaquer à ces personnes Bien évidemment Il faut les interpeller Je pense que là-dessus Le plus important C'est d'essayer de remonter Les filières Sur les N plus 1 Les N plus 2 Ceux qui organisent Les trafics Il faut essayer De faire le maximum Pour les prendre Sur les structures Sur le blanchiment Des produits De la vente De produits stupéfiants C'est un effort constant Sur lequel nous devons aller

14:53
Présentateur

Général Quand Bruno Retailleau Parle d'un risque De mexicanisation Est-ce qu'on n'entend pas aussi La question du risque De corruption Corruption à bas bruit Est-ce que vous êtes confronté A cette question-là ?

15:03
Invité

Bien sûr Tout le monde est confronté A cette question Vous voyez Si vous prenez des exemples Au niveau européen La Belgique Vous prenez Les Pays-Bas Ils sont confrontés A ces problématiques Sur des grands ports Rotterdam Anvers Etc Nous avons les mêmes problèmes C'est-à-dire qu'aujourd'hui La demande est telle Qu'il y a en permanence Des apports En grand nombre

15:26
Présentateur

Mais est-ce que ça veut dire aussi Que vos hommes Général Sont confrontés A une forme d'intimidation De violence

15:32
Invité

Voire de corruption Permettez-moi juste De revenir là-dessus Parce que c'est important Vous avez des zones Sur lesquelles On va Par facilité Parce que Quand vous avez Des milliers de containers C'est assez facile De dissimuler Dans ces containers Des produits stupéfiants Ce qui est intéressant De noter C'est la diversification Des modes opérations Aujourd'hui Vous avez de l'arrivée De produits stupéfiants Par des bateaux De moindre tonnage Dans des ports secondaires Vous avez de l'arrivée De produits stupéfiants Par des voiliers Donc d'abord Nous ce qu'on doit faire C'est augmenter le contrôle Et la surveillance Du trait de côte Ça c'est un premier point Deuxièmement On doit lutter Contre les phénomènes De corruption Parce que pour sortir De la drogue D'un port Ça se fait pas comme ça Donc il y a tout

16:14
Présentateur

Donc il y a forcément Une complicité Sans dire corruption

16:16
Invité

Il peut y avoir Une complicité Et il y a souvent De la corruption Il peut y en avoir C'est quelque chose Qu'on regarde de très près Parce que la puissance De l'argent en face Est considérable

16:26
Présentateur

Considérable Général avez-vous Les moyens De lutter aujourd'hui Est-ce que vous estimez Vous avez dit Tout n'est pas une question De moyens Mais tout de même Il y a 135 gendarmes En tout On sait que vous avez Du mal Y compris à recruter Vous devez renouveler 15% de vos effectifs Chaque année Vous faites face A des difficultés Parfois de fidélisation J'imagine après le constat Que vous venez faire Qu'en effet Il faut être quand même Motivé et extrêmement Courageux pour faire ce métier Il y a la question Quand même Du revenu Il y a la question Aussi du logement Les brigades Dorment dans des logements Qui sont parfois Vétustes Avez-vous les moyens Face à cette menace Que vous venez de nous décrire ?

17:03
Invité

Ce que vous venez de dire C'est beaucoup de choses Moi je vais vous dire Mon ressenti Et qui est un ressenti D'hommes de terrain D'opérationnels Je reviens à cette lettre Moi dans cette lettre Je demande aux gendarmes De travailler leur rusticité D'être robustes Parce que j'ai besoin D'hommes et de femmes Sur le terrain

17:21
Présentateur

Mais ça se travaille comment La rusticité La robustesse

17:22
Invité

Au quotidien Nos gendarmes Comme nos policiers d'ailleurs Sont confrontés A toute la misère de la société Il faut imaginer ça C'est-à-dire qu'un gendarme Au quotidien Sur un accident de la route Il voit des morts Il arrive dans des fermes Où il y a des gens Qui se sont pendus Il arrive sur des homicides Il est confronté En permanence Violence intrafamiliale Violence sur les mineurs On a besoin D'hommes et de femmes Résilients Fort Moi j'ai besoin D'avoir des gendarmes Qui représentent un pilier Pour la société C'est impératif Donc dans la formation Des gendarmes aujourd'hui Nous mettons Beaucoup Beaucoup Beaucoup De rusticité Pour durcir

17:57
Présentateur

Sont pour accompagner

17:58
Invité

Bien sûr Bien sûr On fait un gros effort aussi Sur l'accompagnement Des gendarmes Mais ça c'est essentiel Moi je commande une armée Je veux des gens Qui soient capables De faire face En permanence Et de ce point de vue là Madame Nous sommes prêts Moi je n'ai aucun problème Contrairement à ce qui a pu être dit De recrutement Dans la gendarmerie C'est faux Je suis une grande Je représente une grande institution Qui réalise son schéma d'emploi Regardez ailleurs Moi je n'ai aucun problème Cette année Nous avons recruté Plus de 12 000 hommes et femmes Sans aucune difficulté Nous avons Des ETP supplémentaires Dans le cadre de la Lopni Des effectifs temps plein Pardon Merci Qui ont été accordés Donc nos écoles Tournent à plein régime Moi je vois des jeunes Aujourd'hui Et ça c'est très rassurant J'ai peut-être un discours Un peu pessimiste Mais donnons une note d'espoir J'ai beaucoup Beaucoup Beaucoup de jeunes Qui veulent rentrer Dans la gendarmerie Je n'ai aucune difficulté De recrutement Et je rajouterai C'est la même chose Pour les réservistes Aujourd'hui J'ai 35 000 réservistes Dans la gendarmerie Je compte monter A 50 000 La majorité d'entre eux Ce sont des jeunes Qui font des préparations Militaires gendarmerie Qui aujourd'hui Sont pleines Donc ça veut dire quoi ?

Ça veut dire qu'on a aussi Des concitoyens Qui veulent servir Mais véritablement Qui veulent être utiles A notre société L'avantage pour eux Quand ils rentrent Dans la réserve gendarmerie C'est qu'ils sont employés Là où ils habitent Comme les gendarmes Et ils intègrent une unité Et de ce point de vue là Je le répète Je n'ai aucune difficulté

19:28
Présentateur

Vous parlez des jeunes Une dernière question Il y a eu ces émeutes En juillet 2023 Après la mort de Naël Qui pour la première fois Ont eu lieu sur tout le territoire Et sur des villes De toute taille Est-ce que vous vous dites Aujourd'hui Que ces émeutes Pourraient encore être possibles ?

19:41
Invité

Tout est possible Je crois qu'en permanence Si vous voulez Nous on est Celui qui commande La gendarmerie d'abord C'est l'événement Nous on doit faire face Aux événements On doit être prêt En permanence A y faire face C'est ça la condition De notre engagement Ce qui s'est passé En 2023 Pourrait se reproduire Moi ce que je demande Aux hommes et aux femmes Qui servent en gendarmerie A mes militaires C'est d'être capable Immédiatement De monter en puissance De réagir C'est ce que nous avons fait A l'époque

20:10
Présentateur

Quand vous dites Sanctuaire nationale Juste une dernière question Parce que vous n'avez pas Expliqué ce mot Sanctuaire nationale Est-ce qu'on doit entendre Éventuellement des lieux De pouvoir L'Elysée L'Assemblée

20:19
Invité

Non Moi ce que j'appelle Le sanctuaire national C'est le territoire métropolitain Aux Outre-mer C'est vraiment ça C'est-à-dire Ce serait gravissime Qu'on ait une attaque Organisée Sur le territoire national C'est ça que je veux dire Mais nous avons J'insiste Des zones de fragilité Notamment les Outre-mer Les Outre-mer Parce que Ce qui se passe Dans nos Outre-mer Avec une montée Très importante De la population Des frontières Parfois un peu poreuses Par exemple Ce qui se passe en Guyane Ce sont des sujets De préoccupation quotidienne