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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 19 novembre 2021 31 minAutoproduitFond programmatiqueÉconomie & entreprisesÉducation & rechercheSantéTravail & emploi

Rencontre avec les élus et acteurs mobilisés pour faire réussir le Pacte SAT.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 10:00Locuteur 1Chiffre
    « On a baissé de deux points le taux des décrocheurs. »
  • 12:00Locuteur 1Chiffre
    « On a touché près des trois-quarts des PME avec ces programmes. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Je suis très heureux d'être parmi vous parmi vous ce soir. Merci, Monsieur le Maire, de nous accueillir dans ce lieu qui, je l'ai compris, n'est pas simplement cher à votre ville, mais aussi à votre cœur, et qui signifie beaucoup pour vous. Je dois dire que, élu depuis quelques semaines, j'avais reçu un formidable panier de votre président de la FECAUTO, qui m'avait envoyé en même temps l'album du Familistère.

Je nourrissais donc depuis l'espoir de venir parmi vous. En tout cas, je suis heureux d'être là. Je salue nos parlementaires des deux départements concernés, ici présents.

Je salue l'ensemble des maires des départements concernés, je sais aussi qu'on a des maires des Ardennes qui sont là, qui m'ont interpellé l'autre jour pour dire : on déborde aussi au-delà si on est à proprement parler, donc je suis heureux que vous puissiez être là. Je salue les Présidents des Conseils départementaux, le Président du Conseil régional, le Président d'agglomération, Messieurs les Préfets, le CGDRS, Madame la Rectrice, Monsieur le DG de l'ANCT, Madame la Directrice des Voies navigables de France SNCF et l'ensemble des services de l'État, comme vous l'avez d'ailleurs très justement rappelé, cher Benjamin. Je suis parmi vous ce soir d'abord pour tenir un engagement, puisque quand on a signé ensemble il y a maintenant presque trois ans jour pour jour, on avait pris l'engagement de lancer des choses qui paraissaient impossibles, et on s'était dit : on se donne trois ans.

Nous y sommes, et je pense que c'était une bonne chose de pouvoir passer les événements en revue. Je voulais vraiment rendre hommage à tous les élus que vous êtes, qui avez participé à ce travail ; plus que ça, qui avez porté les projets. Les deux présidents de Conseils départementaux se sont exprimés, le président du Conseil régional aussi.

Je veux vous remercier, parce que ce sont des projets que vous poussiez et que vous aviez en main. Je veux aussi saluer vos prédécesseurs. Jean-René et Jean-Pierre, merci d'être là tous les deux.

Vous vous êtes battus aussi depuis des années pour pousser beaucoup de ces projets. La députée Cattelot, le président Sainteville, et le maire Bernard Baudoux ont été cités aussi, qui ont été des contributeurs et des déclencheurs de ce pacte. Merci pour cela.

Ce pacte est venu à un moment où on a aussi lancé la Stratégie pauvreté. Je n'oublie pas que vos départements ont été des préfigurateurs, et que vous avez dès le début pris le risque de faire les choses. Et on y a découvert énormément de synergies, que vous avez très bien rappelées dans vos interventions.

Ces trois années sont d'abord la consécration d'une méthode. C'est la méthode qui est née du terrain, de notre expérience collective, de vos propositions et de l'énergie qu'il y avait, qui est pour moi le fruit de deux choses. D'abord, le sentiment d'avoir été abandonnés pendant des décennies.

Beaucoup me l'ont dit. Certains me l'ont rappelé ce matin encore à Aulnoye-Aymeries quand on était là, on l'avait entendu à Avesnes sur Helpe ou à Maubeuge, beaucoup de gens disaient : au fond, on est au milieu de nulle part, on n'était pas dans les priorités des politiques publiques. On est une part du territoire qui a toujours été lâchée, dont les projets sont toujours repoussés de proche en proche.

La deuxième chose, c'est que les projets ne sont pas venus d'en haut. Parfois, vous les portiez depuis des décennies et ne trouviez pas leur financement. C'étaient des Arlésiennes !

Et c'étaient des nécessités pour cette bataille pour la lutte contre la pauvreté, et, oserais-je dire, pour la dignité. Parce que c'est ça, le combat qu'on mène. Cette méthode-là, c'est celle que j'ai présentée hier au congrès de l'Association des Maires de France.

Elle est pour moi un peu le fruit de ce pacte Sambre-Avesnois-Thiérache : différenciation, contractualisation, pluriannualité. La différenciation, c'est de se dire : il y a des politiques publiques, on est un pays qui aime l'égalité, ça fait partie de nos valeurs, de notre devise, mais on a besoin de s'adapter aux réalités du terrain de façon différente. Et ce que vous vivez, les taux de pauvreté, les taux d'illettrisme, vous l'avez rappelé à juste titre, Monsieur le Maire, les taux de mortalité, ne sont pas les mêmes ici que même à Lille ou à Amiens, on le sait.

Donc il faut accepter d'avoir des politiques différenciées et de mettre le paquet dans des territoires qui ont vécu des blessures de l'histoire, qui ont concentré des difficultés économiques et sociales ou qui ont des difficultés d'accès qui font que la réalité n'est pas la même. La contractualisation, c'est de se dire : au fond, il faut que, pour les élus qui portent des projets, avant tout on simplifie les choses. Arrêtons de gérer en silos, simplifions pour dire : on met tout dans un contrat qui donne une visibilité aux élus, au territoire, à la population, et qui permet de passer un véritable pacte.

Ce qu'on a fait. C'est-à-dire : on met des moyens, mais on attend des résultats. Et puis pluriannualité, j'y crois de plus en plus.

C'est ce qu'on a multiplié. Pour avoir de la visibilité, il est impossible d'avoir des crédits année après année, parce qu'on ne sait pas évaluer au bout d'un an ce qui a marché et ce qui n'a pas marché. Il faut parfois deux ou trois ans de recul, parce que si, au bout d'un an, on décide de revenir en arrière et d'arrêter les choses, ça ne marche pas.

Et c'est cette visibilité et cette pluriannualité dont on s'est dotés dans ce pacte. Les résultats sont là et, en quelque sorte, on a fait mentir la fatalité. Vous l'avez rappelé, et je ne vais pas ici faire la litanie de ce que vous avez très bien décrit.

Le canal de la Sambre, qui depuis quinze ans était fermé, a été réouvert. La fameuse RN2 et la 2x2 voies, ces travaux qui étaient nécessaires, maintenant, les études sont menées, tout ce qu'on avait prévu est là. Et nous allons, dans le pacte, vous l'avez signé, donc c'est fait, rendre cela irréversible en mettant dans le dur les montants, les travaux et les avancées, et donc en rendant irréversible ce qu'on pensait impossible il y a trois ans.

Et puis sur les sujets de réindustrialisation, de santé et d'éducation, on a là aussi les premiers résultats. J'en veux pour preuve Maubeuge où on a baissé, depuis le début du pacte jusqu'à aujourd'hui, le taux de chômage de 2,6 points. C'est deux fois plus que la moyenne régionale, et plus de trois fois plus que la moyenne nationale dans un territoire.

Et c'est le fruit de cette Stratégie pauvreté, et du pacte. Mais en mettant le paquet, on y arrive. Sur les résultats scolaires là aussi, partout où on a mis le paquet, puisqu'on a été beaucoup plus vite et plus fort dans les établissements sur le dédoublement, et vous avez eu raison de rappeler l'illettrisme, je sais, chers Présidents, combien vous êtes l'un et l'autre engagés sur ce sujet, on a baissé de deux points le taux des décrocheurs.

Et on sait tout le travail qu'il reste encore à faire. Donc on a les premiers résultats qui sont là, qui montrent que, sur les infrastructures, on a avancé, et sur l'éducation et la santé, on a réussi à avoir les premières concrétisations de cette politique. Maintenant, il nous faut aller plus loin.

D'abord, merci du volontarisme que vous avez exprimé. Je sais, cher Président, que vous avez ici signé votre stratégie pauvreté dans ce lieu éminemment symbolique. Je vous ai entendu, Président, sur votre mobilisation dans la lutte active contre la pauvreté, qui est totalement ce qu'on porte, qui va avec ce Contrat d'Engagement Jeune et la généralisation des garanties, qui est au fond de retrouver l'emploi, la dignité, et en effet de réussir sans attendre.

Je pense que c'est ce qu'on doit continuer de viser, car nous devons aller vers une société du plein emploi. C'est pourquoi nous allons bâtir ce deuxième pacte autour d'abord de la consolidation des acquis, sur les infrastructures : sur le canal, sur le pacte avec la SNCF, avec un gros investissement sur les travaux du quotidien pour fiabiliser. Et ça, c'est vraiment le travail entre SNCF Réseau et la Région, et merci de cet engagement, je sais combien vous y êtes les uns et les autres impliqués, pour fiabiliser les trajets du quotidien, ce qui permet à la fois de vivre, d'irriguer certains territoires, et aussi d'avoir de la réindustrialisation partout où on veut la faire.

Ces infrastructures, ce sont celles qui permettront de consolider les grands aménagements qui ont été évoqués par les uns et les autres, même si j'ai compris que le ministre de l'Intérieur se demandait maintenant comment négocier les mêmes financements que le maire de Maubeuge et le président de l'Agglo. Donc vous allez avoir des sujets régionaux à gérer, mais c'est une émulation par le haut, et c'est une très bonne chose. Plus sérieusement, sur les infrastructures, nous allons donc consolider, et on le met dans le dur.

La deuxième chose, c'est d'aller plus vite et plus fort sur la revitalisation économique, vous l'avez très bien dit. Là-dessus, il y a le fonds de 30 millions qui va permettre de porter beaucoup de projets, qui est vraiment de 10 millions par an sur ce deuxième pacte, ce qui va nous permettre d'aller beaucoup plus vite et plus fort, et en plus duquel nous allons mobiliser en effet sur les friches, puisque, dans beaucoup de villes, il y a des friches industrielles. Vous avez eu raison de rappeler qu'il y a aussi des friches qui ne sont pas industrielles, mais qui peuvent être liées à des emprises historiques, de services publics ou d'infrastructures.

Donc il y a au moins 5 millions qui seront mobilisés en plus sur les friches, et qui vont nous permettre de développer des projets. Mais ce fonds va nous permettre, sur l'activité économique et la relance des grands projets sur les trois ans qui viennent, d'aller encore plus vite et plus fort et de consolider tout ce qui a pu être fait. L'objectif doit être évidemment de consolider nos performances industrielles et la réindustrialisation du pays.

Tout ça vient en plus de ce qui a été fait par France Relance et de ce qui sera fait par France 2030. Je rappelle qu'on a touché près des trois-quarts des PME avec ces programmes, ce qui est inédit dans notre pays. On a irrigué là aussi au plus près du terrain.

Tout cela ne se fera qu'en consolidant les efforts qu'on a faits tous ensemble ces dernières années, sur l'industrie automobile avec Renault, et, comme on en parlait en arrivant, aussi sur la sidérurgie et tous les métiers qui, au-delà de la Sambre-Avesnois-Thiérache, sont vitaux pour la Région. Et je suis comme vous engagé, qu'il s'agisse d'Escobar ou de Vallourec, pour qu'on consolide véritablement tout ce qu'on a fait ensemble pour maintenir l'activité, développer la réindustrialisation et nous permettre de monter en gamme. Tout cela doit nous conduire à rattraper le retard qu'on a sur le territoire, et à bénéficier à plein de l'effort collectif qu'on est en train de faire pour réindustrialiser notre pays.

Je le dis ici avec beaucoup de force, parce que nous avons les forces vives, la culture et l'âme pour le faire. Nous sommes dans des territoires qui aiment le travail, l'industrie et les métiers dont je parle. C'est pour ça qu'à mes yeux, ce que nous mettons dans ce pacte avec aussi l'internat et le CFA, vous l'avez rappelé, Monsieur le Maire, ce sont des avancées très importantes pour permettre de consolider la possibilité pour nos jeunes d'accéder à ces métiers et d'être parties prenantes, si je puis dire, de ces réussites du territoire.

Ensuite, ce qu'on va, sur ce deuxième pacte, accélérer très fortement, ce sont les deux pivots qui en quelque sorte irriguent ce lieu-même où nous sommes et l'esprit des lieux : l'investissement dans l'humain. Je vais vous dire, tout ce qu'il fallait pour relancer à la fois l'économie et les infrastructures. Et c'est ce que nous faisons dans le pays tout entier.

Mais on doit produire davantage, on doit reproduire partout, on doit recréer des emplois industriels. Et on doit le faire pour pouvoir justement avoir des modèles de solidarité distribués pour investir dans l'humain. Non pas distribuer pour réparer, comme on l'a fait trop longtemps, non pas mettre en concurrence la réparation face à la production, parce qu'on ne peut pas réparer longtemps si on ne produit plus.

Non ! Réussir à produire de la richesse pour pouvoir la réinvestir dans les femmes et les hommes et dans nos territoires, et donc les deux investissements jumeaux qui vont structurer, vous le verrez, les décennies à venir dans notre pays : l'éducation et la santé. On a fait beaucoup ces dernières années.

La crise nous a encore conduits à faire davantage. Mais cette deuxième génération du pacte, c'est celle qui va nous conduire à encore démultiplier les efforts sur ces deux politiques. Alors, en effet, on va accélérer encore évidemment les taux d'encadrement, ce qui est une bataille clé, vous l'avez parfaitement rappelé.

Parce que quand on est dans des territoires qui ont plus de difficultés familiales, je me souviens très bien de notre échange en effet ensemble à la cantine du collège, quand les difficultés se concentrent, on doit être très rigoureux sur l'extra-familial. C'est d'ailleurs pour cela qu'on a pris des lois extrêmement rigoureuses pour lutter contre les séparatismes, et je dois dire qu'elles ont été largement inspirées de nos échanges à l'époque. Mais on doit aussi réinvestir dans une continuité.

Et ce qu'on va, avec cette deuxième génération du pacte, faire sur l'éducatif, c'est aller plus loin sur les dédoublements et le taux d'encadrement, développer les cités éducatives et les internats, qui sont clés là aussi pour la justice sociale, développer les initiatives pour l'apprentissage des savoirs fondamentaux, mais continuer aussi sur le territoire. Et c'est un appel collectif à la bonne volonté et aux expérimentations, que les lois que Madame la ministre a passées nous permettent de faire, c'est-à-dire faire encore travailler davantage l'Éducation nationale, les élus et les associations. Car quand il y a de la pauvreté et de la difficulté familiale, vous savez comme moi que le temps de l'enfance ne commence pas et ne s'arrête pas aux portes de l'école.

Donc on a besoin de construire des solutions éducatives qui sont cousues main, couturées tout le temps de la vie de l'enfant. Il faut se donner beaucoup plus de moyens, beaucoup plus d'accompagnement, et il faut réussir à couturer tout cela. Et je veux qu'avec cette deuxième génération de pacte, on puisse véritablement là aussi un peu casser les codes et décloisonner les choses, la loi, maintenant, nous permet de le faire parce qu'on l'a passée, pour construire des solutions éducatives qui correspondent aux besoins du terrain et de nos enfants.

C'est absolument indispensable. Á cet égard, plusieurs de vos communes, Messieurs les Maires, ont déjà pris des initiatives qu'on va relayer et que ce pacte permettra d'accélérer. Deuxième grand investissement, c'est l'investissement en termes de santé.

On était ce matin à la Maison de santé à Aulnoye-Aymeries. On voit les chiffres : beaucoup de choses ont été faites grâce à votre mobilisation et à vos batailles sur le terrain. On a mis des moyens, on a créé plusieurs maisons de santé avec le pacte première génération.

On va aller beaucoup plus vite et beaucoup plus fort. Au-delà des 100 millions de ce pacte deuxième génération, il y a les 1,4 milliard du Ségur sur la région, ce qui correspond à quelque chose comme 70 à 100 millions pour la Sambre-Avesnois-Thiérache, puisqu'on a plusieurs centres hospitaliers qui feront l'objet d'un investissement inédit : Château-Thierry, je me souviens encore de ma visite, et on en savait les besoins. Enfin, on va pouvoir investir : à Fourmies, à plusieurs autres endroits aussi du territoire, dans des maisons de santé pluridisciplinaires, et avec là aussi le même esprit, qui est le décloisonnement.

Qu'est-ce qu'on doit faire ? Réussir à accompagner les initiatives que vous avez prises parfois depuis plusieurs années, et que vous aviez prises historiquement un peu seuls. Mais le défi, on le connaît tous, c'est que vous avez une population qui vieillit, qui a besoin de plus de soins, et de plus de soins chroniques.

Et ça, c'est le fruit de décennies et de décennies de choix : on a réduit le nombre de médecins. Du coup, il en manque. Á partir de 2018, on a rouvert, mais on va mettre dix ans à former les nouvelles générations.

Et vous avez une population de médecins qui elle aussi a vieilli et qui commence à partir à la retraite. Là, on a quelques années qui vont être très difficiles. Il faut donc redoubler d'efforts.

Qu'est-ce qu'on fait ? On investit dans les maisons de santé et dans les centres hospitaliers. On investit aussi dans les personnes, c'est-à-dire, pour mieux accompagner et inciter les médecins à venir s'installer, en faisant des choses très concrètes, qui sont le fruit de vos expériences, mais qu'on va généraliser sur tout le territoire, donc en permettant d'avoir le maximum de médecins qui vont encadrer et être maîtres de stage pour nos externes et nos internes.

Parce qu'à chaque fois qu'un externe ou un interne vient dans une de vos communes auprès d'un médecin généraliste, dans une maison de santé ou dans le centre hospitalier périphérique, il découvre ce qu'est l'expérience de la vie dans votre territoire. Et une fois sur je ne sais combien, on multiplie nos chances de le garder, ou de la garder, et qu'il ou elle s'installe. Ensuite, mettre plus de moyens pour proposer des postes, pour salarier celles et ceux qui le veulent.

C'est le choix de certains. Il faut pouvoir offrir ce choix pour permettre aussi de faire de la recherche universitaire dans les maisons de santé sur le territoire, et dans les centres hospitaliers qui sont parfois loin des métropoles. Là-dessus, il y a une mobilisation, on était avec les doyens de Lille et d'Amiens ce matin, qui va nous permettre de complètement réinventer les choses.

Là aussi, il faut casser les barrières. Donc cet investissement va être massif, on y met les moyens. Mais on va innover dans les pratiques et continuer, comme on l'a fait ensemble ces trois dernières années, d'inventer des solutions à façon qui correspondent aux besoins du territoire, pour se battre contre ce qui est un sentiment de fatalité, et parfois une réalité sur certains territoires, qui est qu'on n'a plus de rendez-vous de médecins et qu'il faut parfois faire plus de 100 à 150 kilomètres pour trouver un spécialiste, ou attendre des mois pour avoir un rendez-vous.

C'est malheureusement ça, la réalité de trop de nos compatriotes sur ce territoire et sur plusieurs autres. Sur ce pilier Santé, on va vraiment investir massivement dans les femmes et les hommes, dans les formations, dans le changement des habitudes et dans les infrastructures, et de manière inédite. Enfin, vous m'avez aussi sollicité sur la culture, et vous avez raison, parce que quand on parle de l'investissement dans l'humain, ce dont on a besoin, c'est du sens.

Donc nous allons continuer. Ici même, au Familistère, vous avez gagné un appel à projet qui va nous permettre de continuer à avancer. Et je peux vous rassurer, Monsieur le Maire, nous serons au rendez-vous des projets à venir à vos côtés et aux côtés du Familistère pour la suite.

Nous avons commencé les Micro-Folies, qui se sont déployées sur le territoire à vos côtés. Ce sont ces Micro-Folies qu'on va généraliser. On a de magnifiques projets sur le territoire, et je sais combien les préfets et le DRAC sont eux aussi ici attentifs.

Là aussi, il y aura une accélération sur les sujets culturels : accès à la culture, résidences d'artistes, offres culturelles, parce que nos concitoyens y ont droit, parce que c'est une manière aussi de bâtir la vie belle et heureuse dans ces territoires. Vous le savez mieux que moi, tout cela est un tout. On peut réattirer des médecins si on offre à leur conjoint ou leur conjointe un emploi et qu'on battit l'attractivité économique, s'il y a des bonnes écoles pour leurs enfants et une formation de meilleure qualité que dans certaines métropoles, et s'il y a une offre culturelle qui permet de vivre heureux pour des gens qui sont médecins, cadres, etc.

C'est ce à quoi vous aspirez, et qui nous permet à tous d'aller vers le haut. C'est exactement cette solution complète qu'on est en train de bâtir, mais qui croit dans les femmes et les hommes. Sur les sujets, Président, cher Benjamin, sur lesquels vous m'avez sollicité, sur les zones franches, j'en partage la dynamique.

Et comme vous l'avez expliqué, nous l'avons fait sur plusieurs zones qui, historiquement, avaient été instruites. Sur ce sujet, nous sommes un peu, on le sait, cadenassés par les débats européens. On est en train de le rouvrir.

C'est un des sujets, j'aurai l'occasion de le dire dans quelques semaines, que nous allons, nous, mettre au cœur de notre présidence, et, qu'au nom de la France, je porterai. Ça concerne le territoire pour ce sujet, et ça en concerne d'autres d'ailleurs dans la région. On en parlait ensemble il y a quelques semaines avec plusieurs d'entre vous, Christian était là, Xavier aussi, quand on était sur les batteries, parce qu'on a besoin aussi de zones franches industrielles pour développer nos batteries.

Tout cela, ce sont des sujets dont on a besoin à l'Europe, et sur lesquels on est en train de rebattre les cartes. Pourquoi ? Parce qu'il y a beaucoup d'injustices.

Certains territoires qui ne sont pas toujours les plus sympathiques avec l'idée européenne, beaucoup plus loin que nous vers l'Est, et qui ont historiquement eu beaucoup de zones franches, nous reprennent de l'industrie en utilisant ces zones franches et ne respectent plus tout à fait les règles européennes. Et nous, on nous explique qu'il faudrait faire comme avant ! Donc là, on mène un combat à quelques uns pour les rouvrir.

Il y a aussi les zones franches qu'on veut pouvoir obtenir justement pour faire face à la concurrence déloyale dont on a peur côté britannique, dans le Calaisis. Et ça, ce sont des combats où on a besoin, on les demande à l'Europe, d'une autorisation européenne, parce qu'on ne peut pas les mener simplement au niveau national. Mais on va les mener, vous avez mon engagement, et on va y mettre un coup d'accélérateur sous présidence française.

Sur votre deuxième demande, on va faire mieux qu'un coup de téléphone, puisque c'est le hasard du calendrier, votre vision est parfaitement partagée sur le caractère transfrontalier et les axes évoqués. Vous aurez des ambassadeurs de luxe dès lundi, puisque le Premier ministre se rend en Belgique et que votre ministre de l'Intérieur local de l'étape sera à ses côtés. Ils porteront ce message et cette volonté de coopération sur ce sujet, comme d'ailleurs sur d'autres, puisqu'on veut aussi renforcer les coopérations, et je sais combien c'est important pour le département et la région, sur des sujets de sécurité et de contrôle des flux de coopération judiciaire.

Sur tout cela, on va aussi chercher à renforcer le transfrontalier. C'est pour cela que je souhaitais que le Premier ministre puisse aller avec plusieurs membres du gouvernement en Belgique. Sur le dernier point que vous avez évoqué, on va évidemment le regarder, et je suis, comme vous le savez, engagé sur tout cela.

Président, sur le sujet de la pêche, je vous ai parfaitement entendu, et vous savez comme nous sommes là aussi mobilisés. Je veux être ici à l'égard de nos pêcheurs à la fois solennel et volontariste. Vous savez, il y a un an, à peu près tous mes collègues européens, et parfois d'ailleurs celles et ceux qui négocient en notre nom l'ont oublié, disaient : " Il ne reste plus que ça !

Vous allez conclure, vous n'allez pas bloquer tout le Brexit avec la pêche ! Moi, j'ai passé, j'étais à l'époque malade, c'était un peu plus tard dans l'année, des jours et des nuits à passer des coups de fil et à bloquer la négociation, parce que je leur ai dit : c'est simple, du jour au lendemain, le visage du Brexit, ce sera nos pêcheurs. Et nos pêcheurs, parce que ce sont des femmes et des hommes qui se battent à la fois pour eux-mêmes, pour leur travail et pour leur dignité, nous ne les lâcherons pas.

Nous avons négocié un bon accord. Et nous ne l'avons fait que parce que la France s'est battue jusqu'au dernier quart d'heure. Jusqu'au dernier quart d'heure !

Moi, je crois à la parole tenue, ma présence aujourd'hui vous le montre. Je ne lâcherai jamais nos pécheurs, jamais ! Mais il y a une chose qui doit être comprise par tout le monde : ce n'est pas un sujet entre la France et le Royaume-Uni, ce n'est pas un sujet entre les Hauts de France et le Royaume-Uni, c'est un sujet européen.

Et moi, j'exige que la Commission européenne défende l'accord que les Britanniques ont signé avec nous. Parce que c'est trop facile de se défiler sur nous et de dire une fois encore : C'est seulement les Français. Ce que j'ai fait il y a quelques semaines, c'est qu'on a monté le ton, on l'a durci comme vous l'avez vu.

J'ai moi-même vu le Premier ministre Johnson pour dire : " Ce sont les semaines de la dernière chance, je n'arriverai pas à Noël dans cette situation ". On a eu une bonne partie des licences, mais pas toutes. Et pour celles qui ne nous ont pas été données, qui touchent nos pêcheurs à Boulogne, Étaples, certains en Normandie et quelques autres en Bretagne, aucune justification ne nous a été donnée, aucune, ni à Bruxelles, ni à Londres.

Donc là, nous nous battrons jusqu'au dernier quart d'heure pour avoir Bruxelles qui nous défend. J'ai reparlé ce matin à la Présidente von der Leyen, on ne lâchera rien pour protéger nos pêcheurs dans cette durée. Ce qu'a dit la Ministre hier, qu'est-ce que c'est ?

Il faut faire attention, il ne faut pas mettre de l'huile sur le feu, il faut être respectueux de nos pêcheurs. La ministre a dit : On vous accompagnera. Pourquoi ?

Parce que les Britanniques jouent avec nos nerfs et nous font attendre, ce n'est pas à vous de payer l'addition. Nous serons à vos côtés aussi longtemps qu'ils vous feront attendre. Mais nous, nous ne capitulerons jamais, ce n'est pas l'habitude de la maison.

Donc on va se battre jusqu'au bout. Je recevrai tous les pêcheurs parce que je ne veux pas laisser les Britanniques nous diviser. Ils ont joué un jeu où ils ont divisé les différentes zones de pêche, ce qui est terrible.

Donc je recevrai les pêcheurs de toutes les régions concernées une fois que j'aurai eu les retours de la Commission européenne. Et avant Noël, la France aura pris une position à leur apporter. Parce que je considère que c'est à la Commission de le faire en notre nom commun.

Et je ne veux pas en faire un sujet de la présidence française, parce que tous les autres vont nous regarder en disant : C'est vous tout seuls. Or, tous les autres sont en train de se planquer derrière nous. Parce ce que la vérité, c'est qu'il y a des pêcheurs belges, il y a des pêcheurs danois et des pêcheurs allemands.

Donc ce sujet, je vous le confirme, est pris au plus haut niveau. Je vous le confirme, il fait l'objet d'un engagement jour et nuit. Et je vous le confirme, tous les pêcheurs de toutes les régions concernées seront reçus, sans nous laisser diviser par qui que ce soit, sans nous laisser instrumentaliser par qui que ce soit.

Nous serons tous ensemble. Et je vous remercie de tout le travail qui a été fait sur ce sujet et de votre engagement, Président, comme de celui de vos collègues en Normandie et en Bretagne. J'aurai à mes côtés les trois présidents de régions.

J'aurai à mes côtés l'ensemble des comités des pêches. Et j'aurai à mes côtés l'ensemble des maires et des élus des territoires concernés. Parce qu'on ne laissera tomber personne, pas un pêcheur et pas un territoire.

C'est comme ça que j'ai toujours fait, parce que la nation doit rester unie face à celles et ceux qui jouent avec nous et qui se moquent de nos pêcheurs. Sur tous ces sujets, Mesdames et Messieurs les élus, je veux vraiment que vous soyez convaincus d'une chose : il n'y a pas de fatalité, il n'y a que de la détermination. J'avais été frappé en effet, il y a un peu plus de trois ans, par ce qu'on avait entendu, par la colère parfois, le désespoir ailleurs, mais en même temps par tous les projets que vous portiez et que vous continuez de porter aujourd'hui sur le territoire, et de ce volontarisme qui est le vôtre.

Je ne crois qu'en cela. Dans ce moment où parfois, dans la vie de la nation, on essaie de nous diviser, de nous faire regarder en arrière, de nous dire qu'on serait foutus, vous, vous êtes les ambassadeurs de l'espérance, vous toutes et tous. Parce que vous, vous vous êtes engagés, parfois depuis des décennies, d'autres fois plus rapidement, dans les collectivités territoriales, au service de l'État, dans des opérateurs, dans des territoires qu'on dit difficiles.

Vous y êtes nés pour certains, vous l'avez dit avec beaucoup d'émotion. Depuis des décennies, vous y êtes engagés, alors que vous étiez qui professeurs, qui chefs d'entreprise, parce que vous les aimez, ces territoires. Vous les aimez !

Mais c'est ça, le visage qu'il faut donner de notre pays, celui de l'attachement qui ne cède devant rien, devant aucun déclinisme. Parce que nos compatriotes n'attendent que cela : l'esprit de combat, de résistance et d'espérance, ce que vous avez montré parfois depuis longtemps sur vos territoires. Mais ce que nous avons montré parce qu'on a travaillé tous ensemble, là, pendant trois ans, c'est qu'on savait faire ce qui paraissait impossible quand on y mettait les moyens, qu'on se serrait les coudes et qu'on avançait avec un objectif : le bien commun.

On redonne la dignité à chacun quand on se bat pour le bien commun. On se fiche des opinions politiques, on s'en fiche. Ce sont des divisions qui nourrissent les débats démocratiques au moment des échéances, et c'est normal, mais ça ne doit jamais atteindre à l'essentiel.

L'essentiel, c'est l'intérêt général, c'est le bien commun, c'est de relever les territoires. La bataille que nous avons à mener aujourd'hui est historique. Nos parents et grands-parents, et on le sait ici, ont connu des guerres.

On est aujourd'hui dans ce merveilleux Familistère, et je me souviens, cher Nicolas, qu'on était il y a quelques mois à Montcornet sur des terres de victoire qui portent la fierté aussi de ces territoires qui ont tout vécu. Il y a eu les guerres, il y a eu les désindustrialisations, toutes les morsures. Mais notre génération a à vivre une transition historique, le changement climatique, les grandes difficultés, la fracture technologique.

Et en même temps, tout ce qu'on a subi depuis des générations, cette pauvreté qui s'est installée et concentrée donne le sentiment que tout pourrait d'un seul coup s'affaisser. C'est nous aujourd'hui, tous ensemble, qui devons ne rien céder et croire en chacune et chacun, toujours regarder la dignité dans le visage de nos compatriotes et parler à cette part de dignité et d'espoir, ne jamais flatter la part de haine de l'autre, la part de déclinisme, mais regarder cette part-là. Cette part-là, elle parle au collectif.

Et elle veut quoi ? L'éducation pour les enfants, la vie meilleure pour eux, la dignité par le travail, le sens donné à sa vie. C'est ce qui nous a fait, c'est ce qui nous fera demain.

Le combat que vous menez au quotidien, même s'il est parfois difficile, je vous le dis, c'est celui-là. Et c'est celui-là que nous continuerons à mener pour la nation tout entière. Il habite ces lieux, on le sent, ô combien !

Il a permis à notre pacte de réussir durant ces trois années, il nous permettra de continuer. Je ne crois qu'en une chose : le long terme. Le long terme !

Quand il faut résister, quand il faut aller au bout des choses, on ne le fait pas du jour au lendemain. Ce ne sont pas des coups, ce ne sont pas des propos d'estrade. Il faut s'engager, il faut revenir, il faut travailler d'arrache-pied comme vous le faites, comme nous le faisons aujourd'hui, comme nous continuerons de le faire demain.

Parce que nous sommes des besogneux, et parce qu'il n'y a qu'avec le sens du long terme qu'on fait les grandes choses. C'est comme ça qu'ont fait ceux qui nous précédaient, et c'est comme ça qu'on fera à notre tour. Alors, merci à vous pour votre engagement de chaque jour.

Vive la République, et vive la France !