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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 5 décembre 2024 8 minContradictoireActualité / polémiqueBudget & impôts

Censure du gouvernement : "On demande à toute la classe politique, elle aussi, de se mettre au travail", lance Michel Picon, président de l'U2P

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 70 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25Invité politiqueFait
    « On ne fait pas tomber un gouvernement lorsqu'on n'a pas de solution alternative. »
  • 7:37Invité politiqueFait
    « On coule sous les charges administratives. »

Temps de parole

  • Invité politique74 %
  • Présentateur26 %

2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

France Info Bonsoir à toutes et à tous et bonsoir à vous Michel Picon. Bonsoir. Vous êtes le président de l'UDEP, Union des entreprises de proximité. En début de semaine l'UDEP publiait un communiqué appelant les députés à prendre leur responsabilité. Ils n'ont pas été responsables selon vous en votant la censure et en faisant tomber le gouvernement Barnier ? Non, ils n'ont pas

0:23
Invité politique

été responsables parce qu'on ne fait pas tomber un gouvernement lorsqu'on n'a pas de solution alternative. et je vois aujourd'hui que malheureusement il n'y a pas de solution alternative et que les premiers échanges et les premiers débats qu'il y a me font craindre de revivre un film un peu cauchemardesque que nous avons vécu au mois d'août et de septembre.

0:49
Présentateur

C'est-à-dire la dissolution, c'est une période où on ne voulait pas revivre.

0:53
Invité politique

Et l'incapacité de trouver un premier ministre qui convienne à tout le monde. Les entreprises n'ont pas besoin de cette attente. Nous, on veut un premier ministre le plus rapidement possible avant la fin de la semaine si c'est possible et un gouvernement formé. On a des tas de dossiers qui sont sur la table.

1:10
Présentateur

Oui, mais sauf que Michel Picon, ce projet de texte budgétaire, il contenait des efforts budgétaires considérables de l'ordre de 60 milliards d'euros, des économies demandées aux collectivités locales. Vous faisiez partie de ceux qui dénonçaient certaines mesures en particulier.

1:25
Invité politique

Oui, mais nous avons travaillé avec le gouvernement pour essayer d'améliorer ce texte, notamment sur les AG, les allégements de charges sur lesquels on a été entendus, sur les bas salaires, pour ne pas mettre en difficulté des petites entreprises. Ce budget n'était pas parfait, il avait plein de défauts. Mais entre un budget qui a des défauts que l'on peut encore peut-être améliorer et pas de budget du tout, ça bloque tout.

1:49
Présentateur

Ça bloque tout. C'est-à-dire, expliquez-nous, vous, ce sont l'UDP, c'est plutôt essentiellement des artisans, des commerçants concrètement. De quoi ont-ils peur aujourd'hui ? Je crois que vous avez parlé avec un certain nombre d'entre eux toute la journée.

2:01
Invité politique

Oui, toute la journée, on a eu nos équipes, elles ont peur d'avoir un carnet de commandes qui se vide. Aujourd'hui, ils ne sont pas vides. Aujourd'hui, quelqu'un qui souhaitait changer sa chaudière était dans l'attente de la prolongation de la prime rénov'. Ça fait partie du budget du projet de loi de finances du PLF. Bon, il n'y a plus de budget. Qu'adait-il des aides aux Français ? Quelles vont être les conséquences de cette instabilité politique face au marché ? Alors, pour l'instant, on n'a pas trop de sous-bresseaux, mais il ne faut pas retarder. Non, vous avez remarqué que la Bourse de Paris

2:32
Présentateur

n'a pas réagi.

2:33
Invité politique

Oui, oui, oui, elle n'a pas réagi parce que nos institutions sont solides, même si beaucoup voudraient les atteindre et que les marchés se disent bon, un gouvernement va être nommé. Il ne faut pas qu'il soit renversé une deuxième fois parce que là, je pense qu'il peut y avoir des sanctions et des sanctions, se traduirent par des augmentations de taux d'intérêt de crédit. Le prêt à taux zéro qui était élargi, qui allait permettre à des jeunes couples, le PTZ, il faisait partie du projet de loi de finances.

Eh bien, il y a des tas d'entreprises qui attendaient ça pour pouvoir relancer la construction de bâtiments, permettre à des jeunes couples de trouver un logement, enfin, du moins, avoir un dossier de crédit qui passe parce que le prêt à taux zéro permet de se lancer dans un achat.

3:15
Présentateur

Vous avez peur que l'argent coûte plus cher pour l'État français, quand il va sur les marchés, quand il va emprunter sur les marchés et donc, vous avez peur que par répercussion, les taux d'intérêt augmentent pour les Français, pour vous, pour moi, quand on veut faire un achat immobilier.

3:29
Invité politique

Oui, bien sûr, parce que la situation de notre pays, l'endettement de notre pays, d'ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué, il y a un mois et demi, on parlait de 3200 milliards de dettes, depuis hier, on parle de 3300 milliards de dettes. Oui, mais à échéance, pas tout de suite, pas tout de suite. Oui, mais c'est des dettes qu'il faut rembourser. Et ensuite, après, c'est la perception qu'a le prêteur qu'ont les prêteurs sur notre capacité de remboursement.

3:51
Présentateur

Donc, la question, c'est comment vont réagir les investisseurs, comment vont réagir les ménages également, les commerçants. Les commerçants que vous représentez, c'est quand même une période extrêmement faste pour eux aujourd'hui. ce sont les achats de Noël. C'est une période où les Français vont dans les magasins et vont acheter pour se faire plaisir. Ils vont continuer à le faire.

4:09
Invité politique

Oui, j'espère. C'est l'appel que je lance. Je dis dans ce climat anxiogène, je le comprends, parce qu'il y a des plans sociaux, il y a 1500 licenciements dans les petites entreprises de moins de 11 salariés, je voudrais dire aux Français, même si la période est anxiogène, faites les fêtes, ne différez pas vos projets, allez dans les commerces de proximité, allez au restaurant, ne bloquez pas tout parce que sinon on va rajouter de la crise à la crise. Il faut que...

Mais je suis confiant parce que je sais que l'ensemble des Français et l'ensemble des entreprises sont beaucoup plus responsables que notre classe politique aujourd'hui qui n'est que dans des boussoles d'échéance électorale les uns et les autres.

4:52
Présentateur

Donc, ce que je comprends, c'est que vous appelez les Français à consommer, à se faire plaisir en cette fin d'année pour les périodes de fin d'année et qu'est-ce que vous dites aux artisans, aux petits chefs d'entreprise ce que vous représentez ? Vous leur dites n'arrêtez pas tout, n'arrêtez pas d'embaucher, n'arrêtez pas d'investir. Qu'est-ce que vous leur dites ?

5:08
Invité politique

C'est ce que je leur ai dit après-midi à tous les représentants qui étaient présents. On se relève les manches et nous sommes résilients. On est combatifs et toutes les boîtes, ce matin, tous les artisans, tous les commerçants, tout le monde était au travail et il faut qu'on aille au-delà. Ne bloquons pas, n'annulons pas des commandes, avançons. Et je suis très confiant sur leur capacité, sur leur résilience et à ne pas se laisser abattre. On va sortir de cette situation, je l'espère, mais je pense qu'on a des tas de moyens pour le faire. Oui, on parle aujourd'hui du départ du président de la République.

5:46
Présentateur

Alors justement, le président de la République, Emmanuel Macron, va s'adresser aux Français à 20h. Qu'est-ce que vous attendez de lui en termes de messages ?

5:55
Invité politique

Moi, qu'il nomme un Premier ministre le plus rapidement possible et si la classe politique est incapable de se supporter, de vivre ensemble, il faut qu'on aille chercher quelqu'un dans la société civile, un grand patron, quelqu'un qui a la capacité d'apaiser le pays, de le gérer et puis quand la classe politique aura décidé de pouvoir travailler ensemble, et puis il y a une solution qui est avancée après-midi. Enfin, moi, je la regarde qui est celle où les 577 députés constatant leur désaccord et leur incapacité à trouver des voies de passage et d'accord, il faut qu'ils démissionnent tous.

6:28
Présentateur

C'est ça, c'est ça que vous préconisez ce soir.

6:31
Invité politique

Mais oui, j'entends tous les jours des gens qui disent il faut s'en remettre au peuple. Aujourd'hui, le sujet, il est à l'Assemblée nationale. Eh bien, remettons-nous-en au peuple en prononçant. Chaque député démissionne. 577 députés qui démissionnent, c'est 577 élections partielles. Et on va voir quelle majorité, si les Français envoient le même message de trois tiers, eh bien, il faudra que chacun prenne conscience que les Français leur disent travailler ensemble. Travailler à l'intérêt du pays.

7:01
Présentateur

On a l'impression que vous en avez ras-le-bol de cette crise politique permanente. Si vous saviez, madame,

7:05
Invité politique

ce que j'ai entendu toute l'après-midi de la part de tous les représentants des entreprises de tous les territoires français, oui, ils en ont ras-le-bol. Vraiment.

7:13
Présentateur

De la classe politique.

7:14
Invité politique

Et pas de bosser. Parce qu'on est heureux, nous, quand on travaille. On veut créer du développement, on veut créer de l'emploi, on veut créer de la richesse. On a envie de ça. On aime nos métiers. Vous savez, dans l'artisanat, dans le commerce, dans les professions libérales, les gens ont la passion de leur métier vissé au corps. Mais on avait des sujets importants. La simplification. On coule sous les charges administratives. C'est un projet de loi qui était sur le point d'aboutir, qui sortait du Sénat. Tout ça part en perte et profit. On a des sujets de coût du travail. Le travail coûte trop cher.

La différence entre le net et le brut du bulletin de salaire est un problème pour toutes les entreprises. On travaillait là-dessus. Tout ça part en perte et profit. Et quand j'entends le nouveau Front populaire qui dit on va faire une grande conférence des salaires, mais c'est quoi ? C'est pour demander aux entreprises de payer ce qu'elles n'ont pas ? Il faut arrêter. Il faut vraiment arrêter ce cirque. Et puis que tout le monde se mette au travail. Nous, nous y sommes. Nous y sommes prêts. Nos collaborateurs, nos salariés aussi. On demande à toute la classe politique elle aussi de se mettre au travail.

8:18
Présentateur

Merci. Message passé ce soir sur France Info. Michel Picon, président de l'UDP, Union des entreprises de proximité. Invité éco de France Info ce soir. Sous-titrage Société Radio-Canada

Censure du gouvernement : "On demande à toute la classe politique, elle aussi, de se mettre au travail", lance Michel Picon, président de l'U2P · Pourquijevote