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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 8 mai 2019 11 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesSanté

Réunion publique à Rocquigny (08) : discours de France Jamet

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 75 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:56Invité politiqueChiffre
    « aujourd'hui, 116 accords ont déjà été négociés, sont en cours de négociation ou vont être négociés pour 28 pays »
  • 4:29Invité politiqueChiffre
    « sur la plus de 50 000 cargos containers, un seul cargo container consomme autant que le parc automobile diesel français »
  • 7:37Invité politiqueChiffre
    « le Chili utilise 500 fois plus d'antibiotiques qu'en Norvège »
  • 9:02Invité politiqueFait
    « si, aujourd'hui, l'agriculture est la variable d'ajustement et que nous sommes les premières victimes, c'est évidemment au nom et pour le compte de l'industrie automobile et de l'agrobusiness allemand »
  • 8:30Invité politiquePromesse
    « le protectionnisme intelligent »

Temps de parole

  • France Jamet100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:11
France Jamet

Chers amis, bonjour. Ce qui, notre quotidien, et qui ne va pas dans le bon sens aujourd'hui, a été décidé par l'Union européenne hier. Ce qui va pourrir notre avenir et qui n'ira pas dans le bon sens sera décidé par l'Europe demain. Et je tenais à vous dire cela, non pas à vous qui êtes présents, évidemment, mais parce que je voudrais, par votre intermédiaire, que vous puissiez faire passer ce message à ceux qui, bien qu'ils sachent que l'institution ne fonctionne pas bien, l'Union européenne ne correspond pas à leurs besoins et que ça doit changer et qu'ils ont la possibilité, le devoir, la responsabilité de changer les choses.

J'en veux pour preuve l'expérience que j'ai vécue pendant un peu moins de deux ans, puisque j'ai participé à la commission INTA, à la suite et dans le sillage de Marine, c'est dire la responsabilité et l'honneur qui m'incombaient. Dans le cadre de cette commission internationale, nous avons à connaître les accords de libre-échange et traités commerciaux qui sont décidés exclusivement, négociés exclusivement, par M. Juncker, c'est-à-dire la commission européenne. C'est un système totalement antidémocratique qui met les députés, finalement, devant un fait accompli. Il nous faut absolument changer ce fonctionnement.

C'est un fonctionnement qui fait que les multinationales passent avant les citoyens. Tenez-vous bien, aujourd'hui, 116 accords ont déjà été négociés, sont en cours de négociation ou vont être négociés pour 28 pays qui, forcément, n'ont pas les mêmes intérêts. Alors, qu'est-ce que c'est qu'un accord de libre-échange ? J'ai une recette très simple. Vous prenez l'Union européenne. C'est un grand marché dans lequel vous déversez des produits à bas coût qui impactent et qui tuent les débouchés de nos agriculteurs, de nos éleveurs et de nos industriels.

Ensuite, pour ne parler que de l'agriculture, parce qu'il s'agit quand même de souveraineté alimentaire, vous faites miroiter à ces agriculteurs, au bord de la ruine, de mirobolantes parts de marché, avec le Japon, avec la Chine, avec tous les pays du monde. Vous oubliez de leur dire au passage que ces parts de marché seront attribuées essentiellement aux gros et encore à la marge. Vous ajoutez quatre bonnes louchées de technocratie, vous mélangez ça avec des députés LR, En Marche, PS, etc., et vous obtenez une bonne sauce, un bon gâteau, sur lequel vous assaisonnez bien, avec des dizaines de milliers de lobbyistes, et vous avez le gros gâteau que se partagent les multinationales.

C'est-à-dire l'impact économique sur nos filières agricoles, nos éleveurs et nos industriels. Il y a aussi un impact antisocial. Je tiens quand même à vous rappeler que nous avons négocié des accords, enfin, M. Juncker, avec le Pérou, qui fait travailler des enfants de six ans, avec la Colombie, qui est un des pays les plus inégalitaires au monde, où on assassine les représentants syndicaux, avec le Brésil, qui a régulièrement été touché par des scandales sanitaires, Singapour, plaque tournante du commerce, porte ouverte sur la Chine, et qui est, vous en conviendrez, un des pays, il n'est plutôt pas qu'en matière de fiscalité.

Enfin, nous avons aussi des accords de libre-échange en cours avec l'Amérique centrale, qui est une succursale de Monsanto. Le commerce n'a pas d'ennemis. Nous avons aussi un impact, je dirais, environnemental, parce que tous ces produits qui viennent du monde entier sont acheminés par des cargos containers, que ce soit par l'air ou par la mer. Sachez que sur la plus de 50 000 cargos containers, un seul cargo container consomme autant que le parc automobile diesel français. Le commerce n'a pas de limite. Enfin, nous avons un impact, et c'est là-dessus quand même que je souhaiterais qu'on insistait, sur la santé.

Alors, pour prendre ça avec un petit peu d'humour, pour que vous passiez bien le message à ceux qui ne sont pas encore là, et qui doivent être convaincus qu'il faut se mobiliser le 26 mai, je vous propose, au restaurant Jean-Claude Juncker de Bruxelles, par le chef Emmanuel Macron, son seconde cuisine Nathalie Loiseau, accompagné du commis François-Xavier Bellamy, une formule canadienne. Alors, votre saumon a fait 6 000 kilomètres pour arriver dans votre assiette. Ce saumon, ou Frankenfish, est aux antibiotiques, aux hormones de croissance, agrémentés de gènes de protéines d'antigèles d'origine transgénique. Avec un petit miel d'acacia au néonicotinoïde, ça passe très bien.

Vous avez aussi le repas indien. Alors là, le steak fait 7 000 kilomètres. Vous avez du bœuf à l'hépatite, à la typhoïde, ou à l'hépatite F, puisqu'évidemment, ce pays est bien connu pour ses problèmes d'hygiène et de santé. Vous avez la formule australienne, ou néo-zélandaise. Alors là, 18 600 kilomètres, 16 900 kilomètres, votre repas vient de loin. Mais c'est bon, vous avez du bœuf mouton aux hormones, aux antibiotiques, et autres vaccins, préalablement transportés par camions, remorques géants, où les animaux sont transportés dans des conditions déplorables. Vous pouvez accompagner ça d'une petite fricassée de légumes aux OGM, saupoudrée de pesticides interdits en Europe.

Vous pouvez aussi agrémenter ça avec un petit peu de poulet, lavé dans le chlore, ou alors, pour les nourrissons, du lait en poudre Fonterra, sixième groupe laitier mondial quand même, qui a déjà été mis en cause en Chine dans des scandales sanitaires. Formule mexicaine, votre repas fait 9 200 kilomètres, steak de bœuf avec option grippe aviaire, porc, le tout aux hormones, certifié Sucarne, sans la moindre traçabilité, engraissé aux farines animales, interdite en Europe depuis 2001, et aux activateurs de croissance et antibiotiques, interdit en Europe depuis 2006.

Voilà enfin, pour terminer, le repas sud-américain, bœuf aux hormones, farine animale, agrémenté d'OGM, porc à la ractopamine, c'est de la testostérone, ça peut évidemment éventuellement faire du bien, poulet à la brésilienne à la salmonelle, saupoudré d'acide sorbique pour masquer la viande avariée, et la galinacée garantie par le ministère brésilien, qui, entre guillemets, vous a fait que les types de salmonelle identifiés ne sont pas nocifs dès lors que la viande est bouillie ou cuite. saumonce toujours, frankenfisch, aux antibiotiques, hormones, antigels, etc. Et il faut savoir que le Chili utilise 500 fois plus d'antibiotiques qu'en Norvège.

Voilà, mes amis, le commerce n'a pas de scrupules, en tout cas pour l'Union européenne. Et c'est ce message que je voudrais laisser passer par votre intermédiaire à tous ceux qui pensent que l'Europe est bien loin d'eux, bien loin de leurs préoccupations. Il faut leur dire, dès aujourd'hui, l'Europe n'est pas loin de leurs préoccupations, elle n'est pas loin d'eux, elle est dans leur assiette. C'est pour ça que, si je devais faire deux messages, un, il est de notre responsabilité, effectivement, de défendre notre agriculture, nos éleveurs, nos industries.

Et ça, ça passe, effectivement, par un programme que nous avons abouti, que nous sommes les seuls à défendre, qui commence déjà par un mot qu'on a du mal à prononcer, que ce soit en commission ou au Parlement, le protectionnisme intelligent. Ça commence aussi par le... renégocier les traités. Ça commence aussi parce que nous ne sommes pas refermés sur nous-mêmes par la mise en place de traités bilatéraux, mais d'État à État, et non pas par la commission, qui n'a pas été touchée par l'onction démocratique et qui négocie pour tous les... comment dire... les pays en même temps.

Sachez que, si, aujourd'hui, l'agriculture est la variable d'ajustement et que nous sommes les premières victimes, c'est évidemment au nom et pour le compte de l'industrie automobile et de l'agrobusiness allemand. Parce que rien ne résite à la même sphère de Mme Merkel et surtout pas à la complicité de M. Macron. Voilà les quelques éléments que je voulais brièvement vous rappeler. Mes chers amis, avec nos partenaires européens et toutes ces voix qui se lèvent en Europe, nous avons véritablement, aujourd'hui, la possibilité de faire changer les choses, d'inverser le rapport de force.

Face au traité d'accord de libre-échange que ce sera pour l'industrie, pour l'agriculture, pour nos éleveurs, une autre Europe est possible. Avec Jordan, la liste du Rassemblement national, nous pouvons véritablement porter un nombre impressionnant de députés qui vont faire bouger les choses. Cette liste, elle est portée par Marine. Nous avons toutes les chances de succès et nous devons gagner. Mes chers amis, rappelez-vous bien, c'est un scrutin à la proportionnelle. Chaque voix qui sera dans l'urne compte. Chaque voix apporte un député. Il n'y a pas de trucage. Il faut voter. On vote en un seul tour, faites-le bien savoir, le 26 mai.

Un seul tour, une voix, des députés, pour que tout ce qui nous pourrit la vie, aujourd'hui, puisse enfin changer demain. Merci.

10:29
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.