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Discours / meetingGroupe RN - Assemblée· 27 mai 2025 5 minAutoproduitFond programmatiqueSanté

Discours de Théo Bernhardt (27/05/2025)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 10 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Théo BernhardtFait
    « Nous avons fait du suicide assisté à la règle pour que l'euthanasie reste l'exception. »
  • 4:30Théo BernhardtFait
    « Nous avons supprimé la reconnaissance comme mort naturelle d'une personne ayant recours à l'aide à mourir. »
  • 6:30Théo BernhardtFait
    « Les soins palliatifs doivent demeurer la réponse prioritaire face à la souffrance en fin de vie. »
  • 7:30Théo BernhardtFait
    « Nous ne transigerons jamais avec la protection des personnes en situation de handicap, des mineurs, des personnes sous emprise ou souffrant de détresse psychologique. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Théo Bernhardt

Madame la présidente, madame la ministre, monsieur le ministre, chers collègues, il y a des textes qui transcendent l'éclivage, des textes qui font des bains au sein d'un même groupe politique, mais il arrive que des textes raisonnent si profondément dans la société qu'il devient essentiel de laisser à chacun sa liberté de se positionner selon sa conscience et son expérience personnelle. Je veux ainsi exprimer ma grande fierté de siéger au Rassemblement national qui sur un sujet aussi intime a choisi de laisser à chacun la plus entière liberté de conscience et de vote et j'en remercie tout particulièrement notre présidente Marine Le Pen.

Je mesure pleinement les réserves parfois profondes que nourrissent plusieurs de mes collègues. Je les respecte et comprends la gravité de leurs interrogations. Ce choix aurait d'ailleurs dû être laissé à chaque français via l'AVI référendaire. Le Rassemblement national défend l'idée que le choix de société, parce qu'ils engagent profondément les valeurs, les repères et parfois même les fondements culturels de notre civilisation ne doivent pas être laissés à l'appréciation de quelques représentants aussi légitimes soit-il, mais soumis directement au peuple par le référendum.

Ce n'est toutefois pas la voix qui a été choisie et nous voici aujourd'hui amenés à nous prononcer sur la création d'un droit à l'aide à mourir, c'est-à-dire au suicide assisté ou à l'euthanasie. Source d'attente pour beaucoup mais également de craintte pour d'autres. À ces derniers, je répondrai ceci : consentir à ce qu'une personne, arrivée au terme d'une maladie incurable, au-delà de toute possibilité de soulagement acceptable, puisse choisir d'abréger ses souffrances, c'est reconnaître la part de souveraineté qui nous appartient encore lorsque tout le reste nous a été confisqué par la maladie.

Nous entendons celles et ceux qui craignent derrière cette liberté, l'avènement d'une société où la vie deviendrait un paramètre comptable, où l'on pousserait subtilement les plus vulnérables vers la ressortie. Nous leur répondons que le texte qui nous est soumis ne fait pas l'apologie de la mort. Il consaint un droit ultime, encadré, balisé, entouré de garantie. Refuser d'ouvrir cette porte au prétexte qu'elle pourrait demain être forcée, c'est condamner aujourd'hui des femmes et des hommes à une souffrance insupportable pour une crainte incertaine. Nous sommes donc satisfaits des amendements adoptés en séance qui viennent encadrer ce droit.

D'abord, nous avons fait du suicide assister la règle pour que l'euthanasie reste l'exception. Ensuite, nous avons précisé que les personnes éligibles à l'aide à mourir devaient être entrées dans un processus irréversible de l'aggravation dans leur état de santé. Enfin, nous avons supprimé la reconnaissance comme mort naturelle d'une personne ayant recours à l'aide à mourir. Ces précisions ne sont pas accessoires, elles sont essentielles pour prévenir tout abus ou toute dérive.

Les gardes de fous sont indispensables pour protéger les plus vulnérables et pour garantir que cette aide à mourir reste une exception rigoureusement encadrée, fondé sur le caractère libre, éclairé et surtout réitéré de la personne concernée. Je me dois cependant de vous faire part de l'inquiétude qui est la nôtre sur l'introduction d'un délit d'entrave à l'aide à mourir dont la formulation actuelle soulève de sérieuses interrogations et auxquelles le Rassemblement national s'est unanimement opposé lors des débats. Nous craignions que cette disposition ne vienne limiter la liberté d'expression et c'est pourquoi nous espérons sincèrement que ce délit sera supprimé par le Sénat.

Dans le même temps, nous regrettons que le délit d'incitation a été rejeté alors qu'il aurait pu rassurer et garantir un équilibre à ce texte. Nous tenons également à rappeler que les soins palliatifs doivent demeurer la réponse prioritaire face à la souffrance en fin de vie. Il est impératif que leur accès soit garanti partout sur le territoire et surtout de manière équitable afin que nul ne se voit contraint de choisir l'aide à mourir faute de son approprié. Voter ce texte pour certains d'entre nous n'est pas tourner le dos à la valeur de la vie. C'est honorer la parole de ceux qui dans le silence des chambres d'hôpital demandent qu'on respecte leur ultime liberté.

Et je le dis à nos compatriotes qui s'inquiètent. Nous ne transigerons jamais avec la protection des personnes en situation de handicap, des mineurs, des personnes sous-emprises ou souffrant de détresse psychologique. Les lectures successives devant le parlement permettront de s'assurer que les textes finals le garantissent. En votant pour cette proposition de loi, je considère que plutôt que de tournir une page de civilisation, nous écrivons une page de compassion. Nous disons à ceux qui souffrent : "La nation vous voit, elle vous entend, elle ne vous laissera pas seule." Nous disons aux soignants vous ne serez pas abandonné, la loi sera votre bouclier.

Et nous nous disons à nous-même, nous avons eu le courage de regarder en face la souffrance extrême et de lui opposer la liberté suprême. En définitive, cette proposition de loi vise à offrir dans des situations exceptionnelles une réponse exceptionnelle. Elle ne fait pas l'éloge de la mort mais répond la souffrance incurable. Elle n'affaiblit pas les valeurs de la vie. Elle reconnaît la liberté de chacun face à l'extrême douleur et parce qu'elle conjugue liberté et dignité, plusieurs députés du groupe Rassemblement national dont je fais partie voteront pour ce texte.

Nous le ferons sans triomphalisme, dans l'humilité de l'incertitude, dans le respect de ceux qui pensent autrement, dans la conscience aigue de la gravité du sujet et avec l'espoir que par-delà nos divergences, la société française sera trouvé dans ce débat un surcroix d'humanité. Je vous remercie. Merci beaucoup monsieur le député.

5:19
Non speech

[Applaudissements]