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Discours / meetingGroupe RN - Assemblée· 27 mai 2025AutoproduitFond programmatiqueSanté

Discours de Théo Bernhardt (27/05/2025)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 10 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Théo BernhardtFait
    « Nous avons fait du suicide assisté à la règle pour que l'euthanasie reste l'exception. »
  • 4:30Théo BernhardtFait
    « Nous avons supprimé la reconnaissance comme mort naturelle d'une personne ayant recours à l'aide à mourir. »
  • 6:30Théo BernhardtFait
    « Les soins palliatifs doivent demeurer la réponse prioritaire face à la souffrance en fin de vie. »
  • 7:30Théo BernhardtFait
    « Nous ne transigerons jamais avec la protection des personnes en situation de handicap, des mineurs, des personnes sous emprise ou souffrant de détresse psychologique. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Madame la Présidente, Madame la Ministre, Monsieur le Ministre, chers collègues, il y a des textes qui transcendent les clivages, des textes qui font des bains au sein d'un même groupe politique, mais il arrive que des textes résonnent si profondément dans la société qu'il devient essentiel de laisser à chacun sa liberté de se positionner selon sa conscience et son expérience personnelle. Je veux ainsi exprimer ma grande fierté de siéger au Rassemblement National qui, sur un sujet aussi intime, a choisi de laisser à chacun la plus entière liberté de conscience et de vote. Et j'en remercie tout particulièrement notre Présidente Marine Le Pen.

Je mesure pleinement les réserves, parfois profondes, que nourrissent plusieurs de mes collègues. Je les respecte et comprends la gravité de leurs interrogations. Ce choix aurait d'ailleurs dû être laissé à chaque Français via la voie référendaire.

Le Rassemblement National défend l'idée que le choix de société, parce qu'ils engagent profondément les valeurs, les repères et parfois même les fondements culturels de notre civilisation, ne doivent pas être laissés à l'appréciation de quelques représentants, aussi légitimes soient-ils, mais soumis directement au peuple par le référendum. Ce n'est toutefois pas la voie qui a été choisie. Et nous voici aujourd'hui amenés à nous prononcer sur la création d'un droit à l'aide à mourir, c'est-à-dire au suicide assisté ou à l'euthanasie, source d'attente pour beaucoup, mais également de crainte pour d'autres.

A ces derniers, je répondrai ceci. Consentir à ce qu'une personne, arrivée au terme d'une maladie incurable, au-delà de toute possibilité de soulagement acceptable, puisse choisir d'abréger ses souffrances, c'est reconnaître la part de souveraineté qui nous appartient encore lorsque tout le reste nous a été confisqué par la maladie. Nous entendons celles et ceux qui craignent derrière cette liberté l'avènement d'une société où la vie deviendrait un paramètre comptable, où l'on pousserait subtilement les plus vulnérables vers la sortie.

Nous leur répondons que le texte qui nous est soumis ne fait pas l'apologie de la mort. Il consigne un droit ultime, encadré, balisé, entouré de garanties. Refuser d'ouvrir cette porte au prétexte qu'elle pourrait demain être forcée, c'est condamner aujourd'hui des femmes et des hommes à une souffrance insupportable pour une crainte incertaine.

Nous sommes donc satisfaits des amendements adoptés en séance qui viennent encadrer ce droit. D'abord, nous avons fait du suicide assisté à la règle pour que l'euthanasie reste l'exception. Ensuite, nous avons précisé que les personnes éligibles à l'aide à mourir devaient être entrées dans un processus irréversible de l'aggravation de leur état de santé.

Enfin, nous avons supprimé la reconnaissance comme mort naturelle d'une personne ayant recours à l'aide à mourir. Ces précisions ne sont pas accessoires. Elles sont essentielles pour prévenir tout abus ou toute dérive.

Les garde-fous sont indispensables pour protéger les plus vulnérables et pour garantir que cette aide à mourir reste une exception rigoureusement encadrée, fondée sur le caractère libre, éclairé et surtout réitéré de la personne concernée. Je me dois cependant de vous faire part de l'inquiétude qui est la nôtre sur l'introduction d'un délit d'entrave à l'aide à mourir dont la formulation actuelle soulève de sérieuses interrogations et auxquelles le Rassemblement national s'est unanimement opposé lors des débats. Nous craignons que cette disposition ne vienne limiter la liberté d'expression et c'est pourquoi nous espérons sincèrement que ce délit sera supprimé par le Sénat.

Dans le même temps, nous regrettons que le délit d'incitation ait été rejeté alors qu'il aurait pu rassurer et garantir un équilibre à ce texte. Nous tenons également à rappeler que les soins palliatifs doivent demeurer la réponse prioritaire face à la souffrance en fin de vie. Il est impératif que leur accès soit garanti partout sur le territoire et surtout de manière équitable afin que nul ne se voit contraint de choisir l'aide à mourir faute de soins appropriés.

Voter ce texte pour certains d'entre nous n'est pas tourné le dos à la valeur de la vie. C'est honorer la parole de ceux qui, dans le silence des chambres d'hôpital, demandent qu'on respecte leur ultime liberté. Et je le dis à nos compatriotes qui s'inquiètent, nous ne transigerons jamais avec la protection des personnes en situation de handicap, des mineurs, des personnes sous emprise ou souffrant de détresse psychologique.

Les lectures successives devant le Parlement permettront de s'assurer que les textes finales le garantissent. En votant pour cette proposition de loi, je considère que, plutôt que de tournir une page de civilisation, nous écrivons une page de compassion. Nous disons à ceux qui souffrent, la nation vous voit, elle vous entend, elle ne vous laissera pas seuls.

Nous disons aux soignants, vous ne serez pas abandonnés, la loi sera votre bouclier. Et nous nous disons à nous-mêmes, nous avons eu le courage de regarder en face la souffrance extrême et de lui opposer la liberté suprême. En définitive, cette proposition de loi vise à offrir, dans des situations exceptionnelles, une réponse exceptionnelle.

Elle ne fait pas l'éloge de la mort, mais répond à la souffrance incurable. Elle n'affaiblit pas les valeurs de la vie. Elle reconnaît la liberté de chacun face à l'extrême douleur.

Et parce qu'elle conjugue liberté et dignité, plusieurs députés du groupe Rassemblement National, dont je fais partie, voteront pour ce texte. Nous le ferons sans triomphalisme, dans l'humilité de l'incertitude, dans le respect de ceux qui pensent autrement, dans la conscience aiguë de la gravité du sujet, et avec l'espoir que par-delà nos divergences, la société française sera trouvée dans ce débat un surcroît d'humanité. Je vous remercie.

Merci beaucoup, monsieur le député.