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interviewBLAST· 8 avril 2025 31 min

IMMIGRATION : L'HYPOCRISIE SANS LIMITE DES PARTIS D'EXTRÊME DROITE - AVEC @Heu7reka & @StupidEco

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Euh moi je pense que notre pays vit depuis la fin des années 90 et le début des des années 2000 une vague migratoire sans précédent. Ouais, admettons. Mais ça serait quoi le problème ?

Dès l'instant que vous avez le sentiment d'une submersion, de ne plus reconnaître votre pays, de ne plus reconnaître les modes de vie ou la culture, dès cet instant-là, vous avez rejet. Voilà, les immigrés, c'est le rejet. Ce discours se répand dans plein de partis politiques comme s'il y avait une compétition nationale de l'antiigration.

Et toutes les raisons sont bonnes hein, quitte à les exagérer. Le CPI qui est rattaché à Matignon nous dit quoi ? Nous dit que l'immigration nous coûte 40 milliards d'euros aux finances publiques.

Donc il y a de l'argent à aller chercher. Évidemment s'il parle migration, il parle argent. Bon, vous nous connaissez nous derrière nos tables Excel se cachent en réalité des cœurs et on sait bien que la question de la migration c'est pas que des gains et des coûts.

Mais bon pour la droite et l'extrême droite c'est pas si évident. Donc on va déjà expliquer pourquoi leurs chiffres sont tout pétés mais pas que. Participe à la création permant à nos entreprises.

Ah bon ? Eh bah oui hein ce Ah bon ? Il est important cette petite remarque narquoise là.

Elle en dit long. Elle révèle les mensonges des parties les plus anti-immigration. Est-ce qu'ils ont vraiment oublié que les immigrés travaillent et que pour la plupart ils viennent dans ce but ?

Et du coup, le RN, est-ce qu'il cherche réellement à stopper l'immigration ou est-ce qu'il ne s'agirait pas plutôt d'une manœuvre politique encore plus cynique ? Une manœuvre pour exploiter les travailleurs et surtout ceux qui sont nés ailleurs et ce serait pas la première fois qu'on voit ça. Notre pays aime la finance magique.

La finance magique, on peut toujours la déclarer. Il n'y a pas d'argent magique. Le gouvernement s'est auto conongratulé à 100 milliards d'euros.

J'ai sauvé l'économie française. Il y a pas d'argent magique. Bon, d'abord, il faut poser des bases.

Quels sont les chiffres ? D'après l'INC, il y a 7,3 millions d'immigrés en France et 5,6 millions d'étrangers. Tous les étrangers ne sont pas immigrés et tous les immigrés ne sont pas étrangers non plus.

Oui, parce que la définition d'un immigré en version simplifiée, c'est quelqu'un qui réside en France mais qui n'y est pas né. Alors qu'un étranger, c'est quelqu'un qui réside en France mais qui n'a pas la nationalité française. Donc autant un étranger peut devenir français s'il obtient la nationalité, autant un immigré ne pourra jamais être un natif, hein.

Il pourra jamais changer son pays de naissance. À ces 7,3 millions, il faut aussi rajouter 3 à 400000 immigrés présents illégalement sur le territoire de façon irrégulière donc ce qu'on appelle les sans papiers. Et voilà le travail.

Sur 67 millions de personnes vivants en France, 7,7 millions sont des immigrés, 11 % de la population et 95 % sont là légalement. Ils ont des papiers. OK.

Maintenant, combien il nous coûtent ces immigrés ? Alors, il y a plein de S tank à la noix qui font des pseudos études genre l'Institut montaigne ou encore l'observatoire de l'immigration. D'ailleurs, en fait, c'est cet observatoire làin, la source de Bardella, le coût des 40 milliards.

Le mec qui fait l'étude, alors c'est Pierre Danon, c'est un entrepreneur/ash patron qui a fait partie de la campagne de Fillon en 2016. C'est clairement un mec de droite, mais surtout bah c'est pas un chercheur. Son étude, elle est pas relue par les pères.

Et l'observatoire de l'immigration et ben c'est un sing tank d'extrême droite qui a le soutien du milliardaire Pierre-Edouard Sterrain, c'est-à-dire, je cite l'OPS, le saint patron des Réac. Oui, vous savez Sérin, c'est le mec qui a mis sur pied le projet Péiclessè dont l'objectif est de faire gagner l'extrême droite en France. Autant vous dire qu'à l'observatoire de l'immigration, la recherche scientifique, c'est pas l'idée.

Voilà, donc nous, on préfère des papiers académiques publiés dans des revues scientifiques. Donc on est allé voir deux études, celle du CPI que mentionne Bardella et celle de l'OCDE que Bardella ne mentionne pas mais qui après réinterprétation malpropre et faisandé là de son observatoire de l'immigration est aussi une des sources de son chiffre de 40 milliards. Bon, on va surtout s'attarder sur l'étude du CPI parce que c'est elle qui va dans le détail de la situation française.

Et donc, qu'est-ce que ça dit sur le coût de l'immigration en France ? Alors, je suis désolé mais en fait, il faut commencer par dire deux mots sur la méthodo. Parce que combien nous coûtent les immigrés ?

Et ben, c'est pas une question évidente. Évidemment, pour ceux qui ont des papiers, ils ont le droit aux aides sociales et vont bénéficier des services publics. Mais est-ce qu'on a une approche individuelle ? gens on regarde ce que les personnes immigrées coûtent sur l'ensemble du temps qui passe en France ou est-ce qu'on a une approche populationnelle ?

On regarde ce que coûte la population d'immigrer d'une année sur l'autre. On peut expliquer les deux approches comme ça. Vous cherchez à savoir combien d'enfants vous pouvez vous permettre d'avoir financièrement.

Une première approche, ce serait de se demander combien ça va vous coûter l'année prochaine. Genre un bébé ça coûte x € la première année. Ça, c'est l'approche populationnelle.

Mais une deuxième approche, ce serait de voir un enfant comme un projet de long terme. Son coût change d'année en année en fonction de son âge. Donc, on pourrait faire la somme des coûts totu gamin sur les années où il est dépendant de vous et faire une moyenne annuelle.

Et ça, c'est l'approche individuelle. H, j'adore quand on réduit tout comme ça, un coût financier, ça fait vachement scientifique. Bref, donc avec une approche individuelle, on tombe sur un résultat assez évident.

Les immigrés coûtent moins cher que les natifs parce que comme ils arrivent adultes en France et ben ils coûtent zéro en éducation. Mais c'est pas l'approche du CPI. Eux ils ont choisi de regarder les coûts de la population d'immigrés d'une année sur l'autre.

Leur étude, elle date de 2018 et ça couvre une période très longue de 1979 à 2011. Bon et alors maintenant le chiffre que vous attendez, combien coûtent les immigrés par rapport à ce qu'il rapportent ? Ouais mais non, désolé parce que en fait il y a encore un autre point méthodo hyper important parce que ce que coûtent les immigrés, bon ça c'est OK, il coûte des aides sociales et des services publics.

Mais ce qui rapporte bah il y a au moins deux mesures qu'on peut regarder. Il rapporte des impôts, taxes et cotisations pour le budget des administrations publiques, mais il rapporte aussi du PIB, c'est-à-dire des richesses pour l'ensemble de la population. Et c'est là qu'on retrouve le petit ah bon de Bardella parce qu'il le sait bien lui que le Dolivu qui livre les McDo, bah c'est souvent un immigré.

Pareil pour celles qui fait le ménage du bureau à la défense, qui soignent des gens dans l'hôpital public ou qui récoltent des fraises qui sont vraiment trop bonnes cette année. Le CPI a choisi de s'intéresser uniquement à la contribution des immigrés au budget de l'État. Mais quand on regarde ce qu'il contribuent au PIB, bah c'est toujours plus important que ce qu'il coûte essentiellement parce qu'ils sont statistiquement plus en âge actif.

Alors que le français moyen, bah il est un peu à l'école donc il coûte de l'éducation mais ne rapporte rien et beaucoup à la retraite aussi. Là aussi niveau PIB, ben ça rapporte rien. Allez, un dernier mot sur les 40 milliards de Bardella.

Là, d'où il tire ce chiffre ? En fait, dans les études du CPI et de l'OCDE, ils font un calcul où ils intègrent au coût des immigrés le coût de leurs enfants nés en France. Leurs enfants qui ne sont pas immigrés puisqu'ils sont nés en France.

Rappelez-vous, c'est la définition d'un immigré, ne pas être né en France. Forcément, comme les enfants ne paient aucun impôt mais consomment des services publics d'éducation et de soins, bon bah ça alourdit la facture. On passe d'une population d'immigrés qui coûtait 0,5 % du PIB à une population qui en coûte désormais 1,5 %.

Mais vous savez combien elle coûte la population native en pourcentage du PIB ? Les Français là, bah le reste du déficit public. Donc n'importe quoi entre 1,5 et 2,5 %.

Finalement, si on voulait vraiment économiser des sous, faudrait peut-être plutôt virer les Français. En fait, mieux. Faudrait virer les boulets de la société, que sont les enfants et les retraités.

Vous comprenez bien que ça n'a pas de sens. Une population quelle qu'elle soit ne peut pas simplement être résumée à un coût dont on pourrait se passer. Expulser 8 millions d'émigrés qui travaillent et qui vivent en France et expulser aussi leurs enfants.

He je vous rappelle que niveau démographie, on n'est pas au top hein, mais bon, non seulement ça coûterait un pognon de dingue parce que il est où le chiffrage d'une politique pareille ? He c'est une sacrée logistique de virer des gens. Mais en plus ça créerait un véritable vide dont la résultante serait inévitablement une crise économique majeure.

On aurait tout simplement plus assez de bras. Et le manque de bras, c'est déjà une question d'actualité hein parce que ces derniers mois, même ces dernières années en France, on a beaucoup parlé des métiers en tension, des boulots pour lesquels on ne trouve pas assez de main d'œuvre. Alors pour moi, il y a deux types de métiers en tension.

Il y a des métiers qui sont en tension où il y a des problèmes de recrutement et il y a des problèmes de rétention de la main d'œuvre. C'est-à-dire que même quand les gens sont embauchés, il y a un fort turnover, les gens partent, quittent. Ça c'est très c'est un signe que ces métiers ont des problèmes d'attractivité.

Je pense par exemple à l'hôtellerie restauration euh ou à à d'autres métiers. On peut penser au secteur du soin et cetera. Il y a des secteurs où il y a un problème de d'embauche, de recrutement, mais il y a pas forcément de difficultés de rétention.

Par exemple, dans l'industrie, vous pouvez avoir des métiers où c'est difficile de recruter, mais une fois que les gens sont recrutés, ils restent. Ça signifie que c'est c'est essentiellement un problème pour trouver les compétences requises. Ces difficultés de recrutement, si rien n'est fait, bah ça risque de créer des déséquilibre assez important.

Le travail de France stratégie permet d'avoir déjà une première estimation. D'ici 2030, selon leur projection, on risque d'avoir un déficit de 300000 agents d'entretien, 200000 aides à domicile, 200000 conducteurs de véhicules et de près de 100000 aides soignants. Donc un déséquilibre qui tourne autour du million avec un grand M.

Ouais. Mais alors là, vous dites sûrement que c'est pas comme si tout le monde avait un boul en France, hein. On est près de 2 millions de personnes au chômage en 2024.

Donc bon, en terme mathématiques, ça paraît pas du tout être un souci. Il suffit de faire bosser les chômeurs dans ces métiers en tension là. Bah en fait, il y a quand même un souci he déjà parce que comme l'a dit l'économiste Alexandra Roulet juste avant, certains des métiers en tension le sont parce qu'on manque de personnes qualifiées pour les faire et on peut pas former instantanément les chômeurs pour occuper des postes.

Ça prend du temps la formation. Donc ça ça concerne les métiers comme médecin ou ouvrier qualifiés par exemple. Mais en plus de ça, quand on regarde notre graphe là, on voit que le plus gros du manque en fait, c'est l'autre type de métier en tension, ceux qui ont un problème de rétention de la main d'œuvre.

Ça, c'est la manière académique de dire que ce sont des boulots pourris. Donc les gens font ça et dès qu'ils trouvent autre chose ou qu'ils en peuvent plus et ben ils arrêtent. Et il faut prendre un moment pour comprendre pourquoi.

Parce que trop souvent les métiers de technicien de surface, d'aide à domicile ou d'aide soignante sont vu comme des métiers non qualifiés qu'on peut commencer du jour au lendemain sans trop de difficultés. Mais dans les faits, ça fonctionne pas comme ça. Les personnes au chômage, c'est surtout des moins de 24 ans et des plus de 50 ans.

Et ça, c'est une information importante parce qu'une personne au chômage qui a plus de 50 ans, elle peut être en relativement bonne santé. Mais si elle a les genoux fragiles ou qu'elle n'a aucune préparation physique, bah elle tiendra pas 2 semaines dans un boulot d'aide à domicile. C'est le type de boulot où vous êtes lâché pour faire des gestes qui demandent de la technique, de la force et qui peut vous amener très vite en arrêt maladie.

Alors, on pourrait se dire que les jeunes eux peuvent plus facilement s'y mettre. Niveau physique, ça devrait pas être trop un problème. Mais en fait là aussi, il y a des vrais freins.

D'abord parce que un, les jeunes qui commencent ont besoin d'être accompagnés sur le terrain et formés pour développer les bons gestes qui éviteront qu'il se blessent. Or, le rythme est freiné et le manque de moyens dans le secteur empêche de bien mettre en place cet accompagnement. Deux, ce sont des boulots qui sans en avoir l'air ont des préconditions très fortes.

Faut avoir le permis. une voiture fiable vive proche de là où il y a une demande d'aide à domicile. C'est pas forcément là où vivent les jeunes de base.

Et puis trois pour les personnes qui ont tout ça, et bien il faut savoir que c'est des horaires atypiques avec des amplitudes énormes. Genre faut commencer à 9h, finir à 21h. Tout ça pour le SMIC à temps partiel.

Donc il faut pas avoir d'autres responsabilités. Bah tiens Gill, toi qui est jeune parent, ça te dirait un boulot payé au SMIC avec des horaires décalés ? Bah écoute, la crèche c'est 10h par jour max.

J'ai 30 minutes de trajet à chaque fois. Ça coûte une blinde donc je vais prendre le temps de réfléchir. Oui.

Bon voilà, ces métiens en tension, on peut pas juste prendre n'importe quel chômeur et le mettre à bosser dedans comme c'était les Sims. E je suis pas chômeur. Non mais youtubeur c'est pareil.

Bref, dans la vraie vie, celles et ceux qui vont prendre ces jobs difficiles, ce sont les personnes qui n'ont absolument pas le choix, qui n'ont pas de mécanisme de support local et qui ont du mal à faire respecter leurs droits pour améliorer leurs conditions de travail. Donc les personnes immigrées et encore plus celles qui ne sont pas issues de l'Union européenne. C'est pour ça qu'on les retrouve dans les emplois que ce graphe indique comme essentiel.

Autour de 15 % du personnel soignant, des conducteurs d'engin, des éboueurs et près d'un quart pour les employés de ménage sont des travailleurs d'origine étrangère. Qu'est-ce qui explique que ces secteurs en particulier emploi autant d'étrangers hors Union européenne ? Ces métiers-là dont on parle sont souvent des métiers euh contraignants avec un travail répétitif, un travail difficile, des heures fractionnées, morcelées, haché et donc euh et des salaires bas.

Exactement. Et les immigrés à qualification égale ont davantage tendance justement à accepter des conditions d'emploi difficiles, des conditions de travail éprouvantes. Et donc non, les immigrés ne veulent pas le travail des Français parce que les Français ne veulent pas à juste titre hein, c'est pas une critique, faire les boulots que les immigrés font.

Mais la concurrence ne s'exerce pas nécessairement entre les immigrés et les Français nés en France. La concurrence exerc surtout au sein de la population étrangère, au sein de la population immigrée, de telle sorte que par exemple une augmentation du nombre d'étrangers dans certains métiers du BTP va surtout réduire les opportunités économiques des travailleurs justement immigrés, issus des vagues précédentes d'immigration. Donc pour récapituler, dans nos discours politiques, l'immigration est désignée comme le problème numéro 1, responsable de tous les mots de notre société, que ce soit par le vol des aides sociales ou par le vol du travail.

De l'autre côté, la réalité c'est plutôt que les immigrés, même s'ils sont plus touchés par le chômage que les natifs, apportent plus d'activités économiques, plus de PIB qu'ils ne consomment en service public puisqu'ils arrivent en France déjà prêts à travailler. En plus de ça, ils sont surreprésentés dans les métiers difficiles qui peinent à recruter mais qui sont pourtant pour la plupart essentiel. Et malgré tout, ces métiers continuent d'être en tension au point d'avoir un manque d'un demi million de travailleurs en France dans les 5 ans à venir.

Et c'est là qu'on arrive sur la réponse politique à tout ça. Vous vous souvenez de la loi immigration de Darmanin en 2024 ? Bon clairement c'était une loi qui avait pour but d'être plus sévère avec les étrangers et qui a profité de l'actualité pour toujours plus créer des amalgames entre personnes migrantes et délinquence.

Concrètement, cette loi a fait en sorte deux. Alors, faciliter davantage l'expulsion des étrangers en situation irrégulière, rendre plus difficile le renouvellement des titres de séjour ou faciliter leur retrait avec des nouveaux critères à respecter, permettre une systématisation des obligations de quitter le territoire français là, les fameux OQTF pour les étrangers à qui on a refusé l'asile. D'ailleurs, sur les OQTF, Mathieu Burgalassi a fait un article à ce sujet sur Stup Média pour expliquer leur instrumentalisation politique et autoritaire.

On vous met le lien en description. Bon, vous avez compris hein, une loi bien sévère hein, bien appréciée de la droite et de l'extrême droite et à laquelle beaucoup d'associations et d'organisations continuent de s'opposer au vu des conséquences sociales qui se font déjà sentir. Mais ce qui est relativement nouveau dans cette loi, c'est la mention des métiers en tension.

Le but, c'est de faciliter l'obtention d'un titre de séjour pour les travailleurs et travailleuses en situation irrégulières qui travaillent dans ces métiers en tension. Ah oui, le mythe du sans papier qui profite des aides hein. C'est 100 % une légende ça.

Essayez donc de choper des aides sociales en France sans aucun papier ni justificatif de rien du tout. Et ben, bon courage. Les sans papiers bossent de ouf.

Les patrons les adorent he d'ailleurs parce qu'ils sont corvéables à merci et qu' peuvent pas se plaindre. Voilà. Et Darmanin aussi, il aime bien les gentils migrants qui se plaignent pas.

D'ailleurs, regardez comment il décrit lui-même sa politique migratoire. Il faut être méchant avec les méchants et gentil avec les gentils. Ah bah voilà, ça c'est une politique migratoire qu'on peut comprendre.

La question reste de savoir qui sont les gentils et qui sont les méchants en fait. Et il semblerait que ce soit pas toujours clair même pour eux. Fin janvier, Rota ministre de l'intérieur a publier une nouvelle circulaire.

En gros, c'est un document adressé au préfet qui précise un peu la loi immigration et qui donne des indications sur les critères à appliquer pour régulariser des étrangers en situation irrégulière. Cette nouvelle circulaire, elle confirme ouvertement la volonté d'être plus sévère avec les 100 papiers. Et moi ce que je ne veux pas, c'est que euh obtenir des papiers en fraudant la loi française, en passant illégalement nos frontières soit plus simple et plus rapide que obtenir des papiers légalement pour des étrangers qui vont s'inscrire dans un parcours pour obtenir un titre de séjour travail légalement.

On peut pas désavantager les seconds qui acceptent nos règles au mépris des premiers qui les violent. Et donc lui aussi, sans employer directement les termes de gentil et méchants, il fait une distinction entre les bons et les mauvais étrangers dans cette circulaire. Donc pour les personnes en situation irrégulière qui ne travaillent pas dans des métiers en tension, donc les les méchants illégaux, et bien ça dit les étrangers sans papier doivent désormais être présents sur le territoire depuis au moins 7 ans contre 5 ans auparavant pour obtenir une autorisation de séjour.

C'est long 7 ans. C'est le temps entre l'entrée au collège et le passage du bac. une éternité, hein.

Mais bon, au moins ceux qui travaillent dans les métiens en tension, eux, ils vont peut-être avoir la vie un peu plus facile. Et ben non hein, pour le coup, la circulaire reprend les critères de la loi d'Armanin de 2024 dont on parlait tout à l'heure. Alors, vous me direz au moins il les durcit pas davantage, mais c'était déjà assez costaud.

La régulation des travailleurs exige 3 ans de présence en France et 12 mois d'ancienneté dans l'exercice d'un métier fixé par décret. Attends, mais c'est pas censé être gentil avec les travailleurs ? S'il faut qu'ils soient là depuis 3 ans en ayant travaillé 1 an pour se régulariser, bah c'est bien qu'ils auront été là de manière illégale à un moment donné.

Vous imaginez bosser dans les métiers les plus difficiles dont les Français ne veulent pas ? Certainement de manière illégale, donc sans protection sociale, peut-être même pas payé au SMIC. Tout ça avec la peur aux ventes de se faire virer, ben j'ai comme l'impression qu'on n'est pas si gentil avec les gentils là.

Et oui, d'où certaines critiques. On a par exemple la Commission nationale consultative des droits de l'homme qui déplore l'incohérence de l'exigence de preuve de 12 mois de travail pour des personnes à priori non autorisées à travailler légalement. Il critique aussi l'amplification d'un paradoxe qui complique la régularisation des travailleurs.

Ainsi, le texte prévoit d'un côté des nouvelles mesures contre les employeurs faisant appel à des travailleurs en situation irrégulière et d'un autre côté rend ces mêmes travailleurs dépendants de leur employeur pour apporter les preuves de leur travail. Et là, rappelons-nous que l'on parle des travailleurs dans les métiers en tension. Si vous travaillez dans un secteur qui ne nous intéresse pas, et ben vous restez dans la version pour méchants, hein.

Faut être là depuis 7 ans. Et puis aussi, si la liste des métiers en tension est révisée, comme elle va l'être a priori tous les ans et que votre métier disparaît de la liste, et ben votre visa risque de disparaître aussi. Donc, on crée clairement une hiérarchie entre les immigrés selon leur utilité à notre économie.

Et c'est pas la première fois qu'on fait ça parce qu'on a tendance à vouloir l'oublier. Mais la France c'est aussi un ancien empire colonial qui a hiérarchisé économiquement des peuples entiers pendant des centaines d'années. Donc on a gardé de vieux réflexes.

Marseille la Joliette l'avenir. Commentant les accords monsieur Massne directeur de la population et de l'immigration déclaré le 31 décembre les autorités françaises vont pouvoir adapter l'immigration aux besoins objectifs de l'économie. On connaît ces images dans les travaux publics, la sidérurgie, la métallurgie, le bâtiment, le visage du travailleur algérien est familier.

Bon là, c'est un contexte particulier. On est en 1968. L'Algérie n'est plus une colonie française depuis 1962 et on vient de signer l'accord franco-algérien.

Mais bon, dans l'idée, même si c'est pas les mêmes procédés administratifs, c'est le même principe qu'aujourd'hui. À l'époque, la France était en pleine période de croissance et avait besoin de mains pour faire tourner son économie. Aujourd'hui, on est en pénurie de bras pour occuper certains boulots essentiels qui sont en tension.

Et c'est marrant quand même hein, c'est toujours ceux qui veulent réduire le droit des immigrés qui semblent être les plus nostalgiques du temps béni des colonies. Parce que la colonisation, c'est bien entendu des heures qui ont été noires, mais c'est aussi des heures qui ont été belles euh avec des mains tendues. En tout cas, vous comprenez bien que cette loi immigration qui prétend apporter une solution à notre problème de métier en tension en nous faisant croire qu'une bonne immigration doit servir d'ajustement économique, en réalité c'est du vent.

Et toute façon, la loi immigration de Darmanin, son but premier c'était pas de trouver une solution à ce problème, c'était bel et bien de durcir les règles pour tous les immigrés hors Union européenne. Si vraiment il voulait trouver une solution au métier en intention, il pourrait, je sais pas moi, améliorer la rémunération et les conditions de travail. Ah bah, tu crois pas si bien dire là-dessus ?

Lorsque il y a eu ce débat sur la loi immigration, je me souviens d'un communiqué commun du MEDDEV, de la CPME et de l'UDP qui disait "avant le recours à l'immigration, il faut tout faire en France pour pousser euh les les les conditions en France euh de l'emploi sur le territoire national avec de la main d'œuvre nationale." Donc il y a un sujet de rémunération, il y a un sujet de formation. Euh, attends, on est sur le point d'être d'accord avec Bardella.

Non, t'inquiète. En fait, lui il dit ça pour justifier sa politique raciste qui désignerait les immigrés comme le coupable de tous nos mots. Dans sa logique, on améliore les conditions de travail dans les métiers en tension.

Comme ça et ben on peut fermer les frontières et renvoyer les travailleurs étrangers chez eux. Mais même ça c'est un mensonge en fait parce que jamais le RN n'a eu pour but de défendre les travailleurs qui soient français ou d'ailleurs. C'est un parti fondamentalement antisyndicaliste et dont les seules mesures supposément en faveur des petits salaires, c'est de réduire les cotisations, donc de réduire la possibilité de redistribution qui bénéficie surtout aux travailleurs les plus modestes.

Quand il parle d'augmentation des salaires, c'est toujours au détriment des cotisations patronales. Et c'est la raison pour laquelle on veut permettre euh aux chefs d'entreprise qui en ont la possibilité d'augmenter de 10 % sans cotisation patronale euh les sala dans leur entreprise jusqu'à trois fois le SMIC. Puis il suffit de regarder aux États-Unis ou au Royaume-Uni.

Il y a beaucoup moins de cotisation sur les salaires. Ça empêche pas le phénomène des travailleurs pauvres hein. Au contraire.

Et d'ailleurs, quand il s'agit de trouver de la main d'œuvre à exploiter, on peut être sûr que le RN n'est pas loin, que ce soit à l'Assemblée où un député RN a déposé un amendement qui voulait affaiblir un peu les contrôles du travail dissimulé dans les vignes ou quand, comme de par hasard, des travailleurs illégaux sont découverts avec leur tente sur la propriété viticole d'un autre député RN. Bien sûr, dans les deux cas, pas d'expulsion du parti, hein. Bah non, parce que c'est pas tant un parti antimmigrant qu'un parti proexploitation.

Et oui, c'est pas le premier rodéo des partis qui se disent antimigrants, hein. L'Italie, le Royaume-Uni, les États-Unis sont autant de pays qui ont par des décisions politiques fait chuter le nombre de nouveaux immigrés sur leur territoire. Tous ont connu des problèmes de recrutement dans les secteurs clés de leur économie et ont rapidement dû créer de nouvelles filières de migration pour y remédier.

C'est comme si les économies occidentales dépendaient d'une main d'œuvre immigrée, comme si on avait besoin d'eux pour travailler dans les boulots qui sont rendus difficiles par des conditions de travail dégradé. Mais si les discours antimmigrants dominent autant, c'est bien que ça profite à certains. Donc à qui au juste ?

D'abord clairement ça profite aux partis politiques qui font des migrants leur bou émissaire. Ça vous le savez, ça fait vendre le racisme et le nationalisme. Mais ça doit bien profiter au patrons aussi parce que bon Boris Johnson, Georgia Meloni ou Donald Trump là, ce sont pas des gens qui sont arrivés au pouvoir sans avoir un soutien assez large du monde économique.

En France aussi hein, notre extrême droite, elle a le soutien de grands patrons comme Boloré ou Stérin. On a déjà mentionné à propos des chiffres bidonnés de Bardella là. Mais Boloré, c'est notamment du transport et du vin.

Estérin, c'est la restauration et le tourisme. C'est des secteurs qui peuvent employer beaucoup d'immigrés, ça non ? La restauration, ça fait quand même partie de la liste des secteurs en tension qui a été transmise par le gouvernement.

Donc, ils sont bêtes de soutenir des partis qui veulent limiter l'entrée de main d'œuvre. Mais en vrai, ils savent ce qu'ils font. Ils savent que c'est pas dans leur intérêt de ne plus avoir d'immigrés en France pour occuper leurs emplois sous-payés et contraignants.

Et ils savent que si par malheur une des politiques promises par l'extrême droite provoque effectivement une baisse sensible de l'immigration, et ben ils pourront demander un retour en arrière. Ils pourront compter sur le oin oin des petits patrons quand on votait pour le RN en pensant que ça allait virer les méchants immigrés et qui vont découvrir que bah en fait leurs employés ah bah ils étaient aussi immigrés dis donc. Mais comment ?

Personne n'est disponible pour ramasser mes fraises, faire la plonge dans mon restaurant sans clim traverser l'Europe en camion sans voir sa famille pendant 3 semaines ? Nettoyer la gare à 5h du matin ? Venir s'occuper de ma mère matin et soir ?

Tout ça avec un contrat à temps partiel de 1 mois, un management brutal et un planning qui change aléatoirement. Quentange à la boulette en fait en soutenant des politiques racistes qui jouent sur la peur qui sont soi-disant antimigrants mais qui à tout moment peuvent rouvrir les vannes pour laisser passer quelques travailleurs utiles, il s'assure d'avoir une main d'œuvre précaire qui a moins de protection juridique, prête à être employée à bas salaire et qui n'aura pas d'autre choix que d'accepter des conditions de travail impossibles. En Italie, au Royaume-Uni ou en France, au vu de notre système économique, l'immigration n'est pas une chance, c'est une évidence.

Dans nos économies vieillissantes, nous avons besoin de bras pour s'occuper de nos aînés. Et si on veut une adaptation au changement climatique, ça passera notamment par des aménagements qui nécessiteront des travailleurs de dizaines de secteurs qui sont déjà en tension aujourd'hui comme le BTP ou l'agriculture. Et pour tout ça, nous aurons besoin de travailleurs français ou immigrés.

Et ça, nos politiques en ont bien conscience. La réelle question que posent nos politiques, c'est pas vraiment de se passer d'immigration ou pas, c'est comment continuer à les exploiter. Finalement, ce qu'on voit, c'est bien une délocalisation sur place comme en parle le sociologue Daniel Verron dans son livre.

Les secteurs du bâtiment et des travaux publics, du nettoyage, de la restauration ou encore des services à la personne sont par définition ceux dans lesquels la production ne peut pas être déplacée. Le travail doit nécessairement se faire sur place. Dès lors, une stratégie centrale visant à intensifier l'accumulation du capital repose sur un abaissement du prix du travail par le recours à une force de travail importé, c'est-à-dire à du travail migrant.

Permettre l'exploitation des travailleurs immigrés en réduisant leurs droits, c'est créer une main d'œuvre moins chè et puis progressivement ces pratiques se développe parce que ne pensez pas que ça va s'arrêter au métier précaire, hein. S'il y a de quoi exploiter, ça va exploiter. Regardez aux États-Unis, malgré une campagne America First, Trump et Musk se sont dit favorables à généraliser l'usage du visa H1B qui permet de recruter du personnel étranger qualifié.

La crainte et c'est déjà arrivé par le passé dans certaines boîtes américaines, c'est que les travailleurs qualifiés américains soient remplacés par des travailleurs qualifiés immigrés qui se retrouvent dans une situation forcément précaire puisque leur visa HB est dans les mains de leur employeur. Donc être viré, c'est aussi être menacé d'expulsion. Et c'est pas pour rien que c'est d'abord Musk et son ami Ramasoami, tous deux businessmans qui ont lancé l'idée d'étendre ce visa.

C'est la même tendance en Italie. Même si les discours antimigrants de Georgia Méloni restent d'actualité, elle a en même temps fait drastiquement augmenter les migrations de travail pour ajouter un demiillion de migrants à la main d'œuvre italienne. Tout ça sans mettre de mesures fortes en place pour protéger ces travailleurs qui sont régulièrement la proie de système d'exploitation particulièrement développé dans l'industrie agricole italienne.

Finalement, derrière ces discours antimigrants, on retrouve en fait toujours la même logique d'exploitation qui veut s'en prendre aux droits sociaux des travailleurs immigrés ou non. Rallongement de la durée du travail à coup de réforme des retraites, incitation au retour à l'emploi en durcissant les règles pour avoir son chômage, 15 heures d'activité obligatoire pour les personnes au RSA et bien sûr en parallèle aucun signe d'amélioration des conditions de travail, aucune mesure pour éviter le recours de plus en plus important au contrat précaire et pas de discussion pour pousser une augmentation des rémunérations sans renier sur les cotisations. Bref, l'intérêt du travailleur français n'est pas celui de son patron.

L'assaut idéologique contre l'immigration sert clairement les intérêts de celles et ceux qui veulent exploiter les travailleurs et travailleuses. Les politiques qui prétendent vouloir réduire toujours plus le nombre d'immigrés sont beaucoup trop loin des réalités économiques pour être crédible. Ah bon ?

Comme dirait un Bardella qui fait semblant de pas comprendre. Et c'est ça le plus snique dans tout ça, c'est que les discours anti-immigration, bah il préparent le terrain. Il cherchent à creuser un fossé toujours plus profond entre les travailleurs qui sont nés ici ou là-bas.

Et il faut pas croire que les extrêmes droites sont juste des partis anti-immigration. Les politiques italiennes ou américaines nous montrent surtout que ce sont des partis proexploitation et donc pro patron qui mettent en place des pratiques inhumaines pour les travailleurs qui la subissent et qui abîment irrémédiablement également le droit du travail. C'est pour ça que les droits des immigrés ne concernent pas que les immigrés.

Il faut s'assurer qu'il n'y ait pas de hiérarchie parmi les travailleurs, que tous et toutes aient les mêmes droits, qu'il soi immigré ou non. Bon, dans cette vidéo, on s'est principalement concentré sur les aspects économiques du sujet de l'immigration. C'est notre domaine hein, on est bien obligé de choisir un angle.

Mais évidemment que c'est pas que une question économique. C'est bien sûr aussi un sujet social et politique. Les débats sur l'immigration sont alimentés par des paniques morales.

Ce sont rarement des discours apaisés auxquels on peut répondre de manière calme et factuelle. Ce sont des débats qui se reposent sur l'émotionnel, en particulier la peur. On nous parle le portrait de l'immigré déshumanisé, pas intégré, criminel qui est dangereux parce que étranger alors que ce n'est pas la réalité.

La réalité c'est par exemple qu'un des premiers facteurs qui mène à la délinquence, c'est pas la nationalité, c'est la précarité économique. Or, les populations immigrées sont plus touchées par la précarité que les Français natifs. Cette note du CPI fait une petite synthèse sur la question.

On vous la met en description si jamais vous voulez y jeter un œil. Il mentionne également le rôle de la presse dans la surreprésentation des délits commis par les immigrés. C'est le serpent qui se mort la queue.

Les politiques nous agite l'image de cet étranger dangereux. Ils alimentent la peur des Français puis prétendent apporter des solutions en limitant les régularisations, en systématisant l'usage des OQTF, en créant parfois des conflits diplomatiques au passage. Et ça, ça fragilise toujours plus la situation des immigrés en les stigmatisant et en les précarisant.

Et tous ces discours politiques déshumanisants finissent toujours par infuser dans la société. Leurs impacts se retrouvent partout, par exemple sur la manière dont on gère nos frontières. Sur ce point, on vous conseille l'excellent sujet de Loui pour offigation qui nous raconte comment Frontex, l'agence de l'Union européenne chargée du contrôle et de la gestion des frontières de l'espace Schengen, utilise des méthodes illégales qui mettent en danger la vie des migrants pour les repousser hors de nos territoires.

Des pushbacks connus de l'agence européenne Frontex qui aurait caché une vingtaine de rejets violents et illégaux de 957 migrants. Bref, les politiques antimmigratoires, le contrôle de nos frontières, les métiers en tension dont on cherche pas vraiment à améliorer les conditions, la discrimination contre les migrants, tout ça c'est lié. Et si on laisse l'extrême droite nous laver le cerveau avec ses discours toujours plus menteurs et violents, et ben l'exploitation et la maltraitance, elle va s'intensifier et pas que pour les migrants.

C'est donc super important de pouvoir informer sur ces questions comme on a tenté de le faire aujourd'hui. Donc n'hésitez pas à soutenir des médias indépendants comme Blast et nous on se retrouve le mois prochain. Et d'ailleurs, quand il s'agit d'exploiter de la main d'œuvre à exploiter euh Oh là là !

Quand il s'agit d'exploiter de la main d'œuvre exploitatoire à exploiter de manière exploitive, un management brutal et un planning qui change aléatoirement. Quentange