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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 21 septembre 2023 6 minComplaisantFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesEurope & international

Transition énergétique européenne : "Le plus urgent, c’est sans doute d’arrêter de se tirer dans les pattes sur nos stratégies", selon le co-président du Conseil franco-allemand des experts économiques

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:02OuverteRéponse directe

    Quelle réponse européenne face à l'Inflation Reduction Act américain ?

  • 0:28OuverteRéponse directe

    Pourquoi l'IRA a provoqué une controverse en Europe ?

  • 1:41OuverteRéponse directe

    Quel impact macroéconomique de l'IRA pour les Européens ?

  • 2:29OuverteRéponse directe

    Quelles questions pour le secteur des voitures électriques ?

  • 3:34OuverteRéponse directe

    Peut-on s'inspirer de la politique américaine ?

  • 4:52OuverteRéponse directe

    Quelle boussole européenne pour les investissements futurs ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:38InvitéFait
    « l'Inflation Reduction Act, l'IRA, c'est avant tout la prise de conscience par les américains de la nécessité de s'atteler à la transition écologique, transition environnementale. »
  • 1:10InvitéFait
    « les américains ont mis dans l'Inflation Reduction Act un certain nombre de subventions qui ont ce qu'on appelle une clause de contenu local. »
  • 1:54InvitéChiffre
    « Ce que nous avons fait dans cette note, dans ce travail conjoint avec nos homologues allemands, c'est d'essayer de quantifier quels pourraient être les effets à long terme, plutôt à l'ordre 2030-2035, de l'ensemble de ces dispositions. »
  • 2:13InvitéChiffre
    « Mais en revanche, du point de vue de leur impact, même dans le cas où le coût total serait vraiment très très élevé, on reste dans des ordres de grandeur qui sont suffisamment petits pour que l'impact macroéconomique total, à la fois aux Etats-Unis, mais aussi sur l'Europe, soit relativement limité. »
  • 2:43InvitéFait
    « Avec cette idée qu'avec ces clauses de contenu local sur les voitures électriques produites aux Etats-Unis, on aurait, si vous voulez, un départ massif de la production des véhicules électriques vers les Etats-Unis. »
  • 3:46InvitéFait
    « Je pense que la politique européenne est beaucoup plus balancée, si vous voulez, et sans doute beaucoup plus efficace, parce qu'elle s'attelle aussi à mettre un prix sur le carbone, ce que les Américains ne veulent pas faire. »
  • 4:10InvitéFait
    « Nous, on a décidé de mettre un prix sur le carbone en plus de la politique industrielle. Ça, je pense que c'est une bonne chose. »
  • 5:18InvitéFait
    « c'est que sans doute le domaine où il y a vraiment un énorme degré d'urgence, c'est la transition énergétique. »
  • 5:27InvitéFait
    « le plus urgent, c'est sans doute d'arrêter de se tirer dans les pattes sur nos stratégies en termes de transition énergétique »

Temps de parole

  • Invité74 %
  • Présentateur26 %

4,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Info Bonsoir à toutes et à tous. Quelle réponse européenne face à l'Inflation Reduction Act, l'IRA et ce programme américain de subvention pour développer les investissements verts ? On va y répondre avec notre invité. Bonsoir Camille Landet.

0:17
Invité

Bonsoir.

0:17
Présentateur

Vous êtes président délégué du Conseil d'analyse économique. Vous avez travaillé sur cette question-là avec vos homologues allemands. Vous nous dévoilez ce soir votre analyse conjointe en exclusivité sur France Info. Qu'on rappelle le contexte d'abord. Pourquoi cet IRA qui est entré en vigueur au début de l'année aux Etats-Unis a provoqué une controverse en Europe ? Pourquoi il a pu, pourquoi il peut inquiéter ?

0:38
Invité

Alors l'Inflation Reduction Act, l'IRA, c'est avant tout la prise de conscience par les américains de la nécessité de s'atteler à la transition écologique, transition environnementale. Donc d'abord, c'est quelque chose de très bienvenu. Maintenant, ce qui a étonné, ce qui a un peu choqué, c'est que derrière cette transition écologique se cachent beaucoup de sujets de politique industrielle et de politique commerciale vis-à-vis de la Chine, mais aussi potentiellement vis-à-vis de l'Europe. Et ça, ça s'est manifesté parce que les américains ont mis dans l'Inflation Reduction Act un certain nombre de subventions qui ont ce qu'on appelle une clause de contenu local.

C'est-à-dire que ces subventions, elles ne sont données que si les produits sont produits non seulement sur le territoire américain, mais avec un certain nombre de produits intermédiaires, d'inputs, d'intrants, qui sont aussi produits sur le sol américain. Et donc ça, ça a été perçu comme une distorsion, si vous voulez, des règles commerciales, comme une volonté de tordre l'ordre mondial.

1:41
Présentateur

Et donc maintenant qu'on est fin septembre, est-ce qu'on a une idée de l'impact macroéconomique de cette politique américaine pour nous, Européens ?

1:48
Invité

Alors, il est encore trop tôt pour voir un impact, même s'il devait y en avoir un. Ce que nous avons fait dans cette note, dans ce travail conjoint avec nos homologues allemands, c'est d'essayer de quantifier quels pourraient être les effets à long terme, plutôt à l'ordre 2030-2035, de l'ensemble de ces dispositions. La première chose dont on se rend compte, c'est qu'il y a énormément d'incertitudes sur le coût total de ces mesures.

Mais en revanche, du point de vue de leur impact, même dans le cas où le coût total serait vraiment très très élevé, on reste dans des ordres de grandeur qui sont suffisamment petits pour que l'impact macroéconomique total, à la fois aux Etats-Unis, mais aussi sur l'Europe, soit relativement limité.

2:29
Présentateur

Parce qu'on s'était posé des questions, notamment pour le secteur des voitures électriques.

2:32
Invité

Alors évidemment, derrière cet impact agrégé macroéconomique limité, il pourrait se cacher des enjeux sectoriels très forts. On a parlé en particulier des enjeux sectoriels sur les voitures électriques. Avec cette idée qu'avec ces clauses de contenu local sur les voitures électriques produites aux Etats-Unis, on aurait, si vous voulez, un départ massif de la production des véhicules électriques vers les Etats-Unis. Il se trouve qu'aujourd'hui, ce qu'on a compris, c'est qu'il y a, si vous voulez, un vice dans cette clause de contenu local, c'est qu'elle ne s'applique pas aux véhicules qui sont vendus en leasing. Imaginez comme si vous louiez votre voiture plutôt que de l'acheter cash.

Dans ce cas-là, la clause de contenu local ne s'applique pas. Et ce qu'on a vu, c'est qu'en fait, tout le monde s'était immédiatement engouffré dans cette option du leasing et qu'on pense, du coup, qu'il y aura relativement peu d'effets sur le secteur automobile européen.

3:28
Présentateur

Nos politiques industrielles européennes et américaines, en vue de décarboner nos industries, sont très différentes. Est-ce qu'il y a quelque chose dont on gagnerait à s'inspirer de cette politique américaine ?

3:39
Invité

Oui, je pense que... Alors, la première chose qu'il faut dire, c'est qu'on a des politiques vraiment très différentes et il faut quand même qualifier cette différence. Je pense que la politique européenne est beaucoup plus balancée, si vous voulez, et sans doute beaucoup plus efficace, parce qu'elle s'attelle aussi à mettre un prix sur le carbone, ce que les Américains ne veulent pas faire. Eux, leur politique, c'est essentiellement une politique industrielle qui vise à subventionner l'investissement et la production dans les secteurs énergétiques et un peu dans le secteur des véhicules électriques, dans l'hydrogène, ce genre de choses.

Nous, on a décidé de mettre un prix sur le carbone en plus de la politique industrielle. Ça, je pense que c'est une bonne chose. Maintenant, la grosse différence, c'est que les Américains sont très bons, ils sont très pragmatiques. Et le fait de mettre en place ces subventions qui sont très près du marché, ça donne un côté très prévisible. Les gens savent, quand ils vont investir, qu'ils vont toucher ces subventions. Le système européen est basé sur des subventions qui sont beaucoup plus en amont, plutôt de la recherche-développement, qui parfois demandent des procédures d'application qui sont très longues, très incertaines.

Et donc, je pense qu'on a énormément à gagner de cette facilité, si vous voulez, d'accès aux subventions dans le modèle américain.

4:49
Présentateur

Il ne faut pas copier, mais tout n'est pas à jeter, en tout cas.

4:52
Invité

Exactement.

4:52
Présentateur

Qu'est-ce qui doit dicter notre politique ? Alors, qu'est-ce qui doit être la boussole européenne en matière d'investissement vers l'avenir ?

5:00
Invité

Il y a tout un tas de sujets autour de quels sont les domaines dans lesquels on doit effectivement investir pour développer des avantages comparatifs technologiques. Ce qui me semble, ce qui nous semble, ce qu'on raconte dans ce rapport, c'est que sans doute le domaine où il y a vraiment un énorme degré d'urgence, c'est la transition énergétique. On a des défis en termes énergétiques, à la fois pour les Allemands et pour les Français, qui sont colossaux.

Et nous, ce que nous disons, c'est que le plus urgent, c'est sans doute d'arrêter de se tirer dans les pattes sur nos stratégies en termes de transition énergétique, que le nucléaire français, après tout, c'est très bien, que la stratégie hydrogène allemand, on en aura sans doute besoin, et que plutôt que d'essayer de se bloquer les uns les autres, on devrait bénéficier, si vous voulez, de faire des choix différents qui nous procurent de l'assurance au niveau agrégé européen.

5:50
Présentateur

Donc, travailler main dans la main en prenant en compte les stratégies différentes, là encore une fois, entre la France et l'Allemagne. Exactement, main dans la main. Mais dans tous les cas, on ne se lance pas dans une course aux subventions. Merci beaucoup Camille Landé, vous êtes président délégué du Conseil d'analyse économique et coprésident délégué de ce Conseil franco-allemand des experts économiques dont on parlait. Vous avez travaillé ensemble pour voir quelle doit être la réponse européenne à l'Inflation Reduction Act américain. Et vous êtes ce soir l'invité éco de France Info.