Macron dénonce le "bordel" autour des médecins étrangers : "C'est malsain !"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Le grand matin Sud Radio 7h10h, Patrick Roger. Il est 7h1 minute, c'est à la une. Emmanuel Macron qui est ce matin en endor était hier en Ariège notamment bah du côté d'un d'un hôpital. il est allé euh visiter un hôpital à Lavlané en Ariège et il s'est étonné entre guillemets, qu'il y ait toujours des médecins étrangers non européens qui ne soient pas intégrés.
Ce sont les fameux pas du, c'est-à-dire c'est l'acronyme administratif qui désigne les praticiens diplômés en dehors de l'Union européenne. Et il a dit ouais que évidemment il faut passer un concours pour emmerder le monde et cetera. Les mecs disent on repart tout de zéro.
Il s'est agacé Emmanuel Macron. Alors est-ce qu'il a eu raison de s'agacer ? Il est quand même président de la République, il faut le dire au passage.
Nous sommes avec le docteur Abdeladim Ben Saidi qui est diabétologue à l'hôpital de Nanter depuis 7 ans qui exerce avec un diplôme de médecin obtenu en Algérie. Bonjour docteur. Bonjour.
Bon, vous avez entendu Emmanuel Macron. Qu'est-ce que vous avez compris ? Et qu'est-ce que suscite cette qu'est-ce que suscite comme réaction chez vous sa déclaration ?
La première réaction, moi quand je vois ça, je j'en rigole. C'est sarcastique mais c'est la réalité parce que le président de la République, il l'avait évoqué il y a de ou 3 ans. Moi, je l'invite juste à revoir sa conférence de presse qu'il avait fait en janvier 2023, il me semble ou 2024 quand il avait évoqué le même sujet. 3 ans après, on est encore là.
Ouais. Donc euh qu'il soit étonné, je pense que c'est un peu malsin parce que voilà, à chaque fois je sor, ils nous ressortent ce dossier quand c'est quand il brigue un mandat. À chaque échéance électorale, on ressort ce dossier et ce dossier n'est pas politique.
Au contraire, il s'agit de la santé de nos concitoyens. Il faut le prendre en considération et au sérieux. Ouais.
Donc Gabriel Atal l'avait évoqué aussi. Moi sur ce plateau, il y a un an, j'avais interpellé avec Jean-Jacques Bourdin Sophie Prima quand elle était porte-parole du gouvernement et elle avait promis de de revoir parce que elle était pas au courant. Donc à chaque fois quand on les interpelle, ils ont l'impression qu'ils sont ils font semblant qu'ils sont pas au courant.
Et c'est exactement la réaction du président de la République hier. Il est bien au courant au contraire parce qu'il en a parlé il y a 3 ans. Ouais.
Ouais. Bah oui euh bien sûr quoi. Donc il peut dire c'est un truc qui me rend dingue, c'est vraiment la folie du système français.
Bon mais il était au courant et ce que vous dites hein c'est qu'il n'a pas fait accélérer en fait les choses. Est-ce que vous n pouvez nous rappeler docteur Ben Saidi, quelle est la situation donc pour des gens qui ont obtenu leur diplôme hors de l'Union européenne des médecins et qui exercent aujourd'hui dans les hôpitaux français. C'est-à-dire que vous n'êtes pas intégré, hein.
C'est c'est ça en quelque sorte. Expliquez-nous en quelques mots. Alors, en fait, il leur demande de passer un concours.
Bon, moi, ce concours, je l'ai eu l'année dernière, mais les autres, on leur demande de passer un concours d'équivalence. À chaque fois qu'il passe ce concours d'équivalence, il y a plus de la moitié qui qui sont exclus parce que les juris suppriment des postes. Par exemple, on prend un exemple simple pour que vos auditeurs arrivent à comprendre.
Si on fait passer le concours à 1000 personnes en leur disant qu'il y a 100 places, au final, ils prennent que 50, même si les gens ils ont 17 de moyenne. Ah oui, d'accord. Donc il y a il y a une volonté aussi politique derrière de les exclure parce que on demande à des gens de passer le concours, ils ont des notes satisfaisantes.
Il y a des gens cette année avec 11, 12, 13, 14, 15 de moyenne dans certaines spécialités, ils sont exclus alors qu'il reste des postes ouverts par décret ministériel. Hm. Et c'est [raclement de gorge] là l'incohérence du système.
Ouais. Qu et alors quelles sont les conséquences après quand ils ne sont pas retenus, qu'ils sont exclus comme vous le dites ? C'est-à-dire que euh bah ils ne peuvent pas être intégrés, ils sont obligés de repartir ou alors ils retournent, ils vont ils restent dans un hôpital ou ils vont dans un autre sont des ils restent dans un hôpital avec des contrats précaires et des salaires.
Ouais, c'est ça. Et et qui ont des SMIC et c'est la raison pour laquelle ils sont exclus de ce concours et les postes sont supprimés, c'est pour les garder dans la précarité. Oui.
Donc pas qu'on vient nous dire aujourd'hui qu'ils sont étonnés de voir cette situation. Au contraire, ils sont derrière cette situation. Elle a été Oui. avec une conséquence très directe docteur Ben Saidi.
C'est-à-dire que bah vous gagnez grosso modo quand on quand on est dans cette situation à peu près 2000 € par mois quand des des collègues français vont gagner 5000 pour le même pour le même travail quoi. Voilà. quand ils sont dans cette situation là, il gagnent entre 1400 et 2000 €.
Hm hm. Et du coup, nous on se dit que il y a une volonté derrière de les exclure de ce concours. On leur demande de passer le concours.
On a fait en sorte de le simplifier certes, mais même cette année avec la simplification du concours, on voit qu'il y a eu 4000 postes ouverts et ils en ont pris 1800 alors que des gens ils avaient plus que la moyenne. Ouais. Donc il y a une incohérence totale.
Ouais. C'est pas qu'ils n'ont pas le niveau, hein. C'est c'est ce que vous dites puisque c'est pas qu'ils n'ont pas le niveau.
Ouais. parce que bon ça pourrait si évidemment il n'avait pas la moyenne si et cetera, on peut comprendre mais là c'est pas cela quoi en fait hein. Voilà et c'est des postes qui qui étaient ouverts initialement par des crimes donc pourquoi ne pas les pouvoirs.
Ouais et pourquoi selon vous alors justement il y a deux questions qui se posent actuellement. Moi personnellement, je pense que c'est des questions budgétaires. Oui.
Et puis euh c'est une situation à chaque fois il profite de ce dossier pour pour les les essences électorales. Oui. Ouais.
Ouai. Bon là en l'occurrence pour Emmanuel Macron, il y a pas d'échéance électorale lui puisque dans un an il ne se représente pas. Cela dit, voilà, c'est pour ça que moi j'invite le président de la République au moins à répondre un des courriers parce que je les ai interpellé à plus de 10 reprises.
On s'est pas encore vu depuis qu'il avait fait la conférence de presse, il avait parlé de ce dossier. 3 ans après, il est encore étonné. Bah entre l'annonce et l'étonnement, il 3 ans se sont écoulés.
On s'est jamais vu. On a jamais pu discuter de ce dossier avec le président de la République. Ouais.
Moi, [raclement de gorge] je l'invite honnellement à nous inviter autour de la table et discuter de ce dossier à moins d'un an de la fin de son mandat. Ben s'il veut faire quelque chose et il est étonné, ben pour qu'il soit pas étonné dans 3 ans encore, il faut qu'il en règle cette situation pour et il a encore le pouvoir de déciser parce qu'il est encore président de la République aujourd'hui. Ouais.
Ouais. Voilà. Donc vous l'invitez évidemment à vous rencontrer ou en tout cas à s'occuper sérieusement.
C'est ce que vous dites parce que c'est parce que là ça fait 3 ans évidemment et qui qui l'a déjà évoqué et rien n'a été résolu et vous me dites alors là là où ça m'étonne quand même c'est ma dernière remarque et question docteur Ben Saidi, c'est que la ministre de la santé à l'époque n'était pas au courant du dossier. C'était assez non c'était la porte-parole du gouvernement prim oui d'accord. Oui la c'était sur ce plateau qu'elle intervait dit qu'elle intertait pas effectivement en charge du ministère de la santé.
Merci docteur Ben Saidi. Bah on va relayer évidemment votre interpellation du président de la République sur les réseaux sociaux pour voir s'il peut vous répondre effectivement un jour. Merci d'avoir été avec nous ce matin en direct sur Sud Radio.
Emmanuel Macron