POURQUOI MACRON NE VEUT PAS EN FINIR AVEC LE CHÔMAGE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15inconnuPromesse
« On aura le plein emploi, je m’y engage. »
- 0:25inconnuFait
« La baisse du chômage était aussi une des grandes promesses de campagne d’Emmanuel Macron. »
- 0:45inconnuChiffre
« On vient tout juste de passer la barre des 10 millions de français vivant sous le seuil de la pauvreté. »
- 2:05inconnuChiffre
« Le chômage coûte 100 milliard d’euros par an selon les estimations au début du quinquennat d’Emmanuel Macron. »
- 2:25inconnuFait
« Le chômage est la première cause de divorce. »
- 2:45inconnuChiffre
« Le nombre de décès liés au chômage s’élevait déjà entre 10 000 et 14 000 morts par an en France. »
- 5:45inconnuFait
« Les prêts garantis par l’État devront être remboursés. »
- 6:25inconnuChiffre
« Les économistes qui défendent cette mesure politique la chiffrent à 18 000 euros par an et par chômeur. »
- 7:05inconnuFait
« Cette mesure consistait à baisser les cotisations sociales des entreprises sans aucune contrepartie. »
- 7:25inconnuChiffre
« Seules un quart des entreprises utilisent les baisses de cotisations pour créer ou maintenir de l’emploi. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Notre bataille principale a un nom : la lutte contre le chômage. On aura le plein emploi, je m’y engage. Moi je me suis fixé comme objectif, comme obligation : la baisse du chômage.
Donc c'est mon obsession. La baisse du chômage était aussi une des grandes promesses de campagne d’Emmanuel Macron. Si j’échoue à apporter une réponse et un début de réponse palpable dans 5 ans ce sera encore pire.
Ce dont se nourrit le Front National sera encore plus vivace. A l’époque il passait sur tous les plateaux pour expliquer qu’il allait réformer le système, faire passer la barre du chômage sous les 7%, créer des emplois de qualité sans jamais détruire les droits sociaux… Mais entre temps il s’est attaqué au code du travail par ordonnance et a mis en place une une réforme qui précarise les demandeurs d’emploi, puis a appliqué une politique ultra libérale à laquelle vient s’ajouter une pandémie. L’objectif baisse du chômage, c’est terminé.
Nous allons avoir une augmentation du chômage massive. Résultat, la pauvreté explose, on vient tout juste de passer la barre des 10 millions de français vivant sous le seuil de la pauvreté, l’emploi est plus précaire et fragile. Les politiques de confinement pour faire face à la crise sanitaire n’ont rien arrangé : des entreprises sont immobilisées, elles licencient, certaines font faillite et les chômeurs sont plus nombreux que jamais.
Dans cet épisode de l’instant éco, nous allons voir quelle est l’approche du gouvernement pour faire face au chômage, et notamment revenir sur la réforme de l’assurance chômage. Nous allons également expliquer pourquoi elle est vivement critiquée par une partie des économistes, et pourquoi elle a été censurée par le Conseil d'État, il y a quelques jours. Surtout, nous allons donner la parole à un économiste qui propose une solution pour mettre fin au chômage dès maintenant.
Ils sont presque 4 millions de catégorie A en France, c’est à dire sans emploi du tout, et 8 millions en catégories B et C, c’est à dire avec quelques heures par semaine mais toujours à la recherche d’un emploi à temps plein. Par rapport à l’année dernière, c’est une véritable explosion du chômage en France. Selon le dernier rapport de l’INSEE, le volume de demandeurs d’emploi est supérieur de 8,8 % au niveau relevé il y a an.
Pour en parler, j’ai interrogé Dany Lang, économiste, enseignant-chercheur à l’Université Sorbonne Paris Nord. Si le chômage coûte 100 milliard d’euros par an selon les estimations au début du quinquennat d’Emmanuel Macron Dany Lang rappelle que les conséquences du chômage vont bien au-delà du simple coût des allocations-chômage. Il ne faut pas oublier qu’avec le chômage viennent d’autres problèmes sociaux qui coûtent aussi très cher, le chômage est la première cause de divorce c’est triste et puis le divorce ça coûte cher… Les avocats, la procédure, on risque d’avoir un engorgement des tribunaux, on va avoir les divorces et avec le chômage viennent le crime, la maladie, la dépression, c’est une situation qu’il va falloir prendre très au sérieux.
Si le confinement a permis de sauver des vies, le chômage supplémentaire qu’il engendre sera aussi une cause non-négligeable de décès. Avant cette année, le nombre de décès liés au chômage s’élevait déjà entre 10 000 et 14 000 morts par an en France, soit trois à quatre fois le nombre de victimes d’accidents de la route. Alors comment limiter la catastrophe économique et sociale ?
En pleine pandémie, le gouvernement a mis en place le chômage partiel, et de nombreuses mesures de soutien aux entreprises. L’ensemble du plan de relance de 100 milliards d’euros présenté en septembre est justement censé éviter cette dégringolade et limiter l’explosion du taux de chômage. Premièrement nous sommes très loin de 100 milliards d’euros investis directement dans l’économie.
Les dépenses effectives pourraient s’avérer bien moins élevées. Deuxièmement, 38% du plan, justement censé lutter contre le chômage, va à une baisse des impôts de production pour les entreprises plutôt qu’à un réel soutien à l’activité. Ces aides sont données sans aucune contrepartie, dans un contexte de forte incertitude, et ne garantissent donc pas une augmentation de l’investissement ou le maintien de l’emploi.
Troisièmement, pour Dany Lang, cette politique ne peut pas fonctionner sans une relance de la demande. La précarisation des plus modestes conduira à une baisse de la consommation, et donc du chiffre d'affaires des entreprises, et donc à une augmentation des licenciements, et par conséquent du chômage. Il y a une chose que je redoute beaucoup dans les 100 milliards c’est qu’il y a beaucoup de prêts garantis.
Les prêts garantis par l’État devront être remboursés, or les entreprises ayant des problèmes de trésorerie beaucoup ayant des problèmes de trésorerie je ne vois pas très bien comment elles vont rembourser ça. On va avoir le problème qui se posait déjà avant cette crise, le problème de la dette privée qui est trop élevée et on risque d’assister à des faillites en cascade. Si demain comme le gouvernement s’y prépare parce qu’il a déjà nommé une commission on refait de l’austérité, ça ne fera qu’aggraver la situation.
Et cette austérité, il y a une autre façon d’en prévoir l’arrivée. Début novembre, le gouvernement remettait sur la table sa réforme de l’assurance chômage, qui n’est pas censée précariser mais pérenniser l’emploi. A l’époque, la ministre du travail elle même envisageait ses effets dévastateurs sur les plus modestes, dans un lapsus très révélateur.
C’est une réforme résolument tournée vers le travail, vers l’emploi, contre le chômage et pour la précarité… Et contre la précarité pardon Aujourd’hui, si elle était passée en l’état, elle aurait fait baisser les revenus de 40% de 400 000 demandeurs d’emploi et de 25% de 800 000 d’entre eux. Dans ce contexte, comment relancer la demande, puisque la réforme aurait plongé près d’un million de français dans la précarité ? Les plus fragiles vont rencontrer encore plus de difficultés pour payer leurs loyers, leurs factures d’électricité, leur chauffage et donc encore moins acheter, et cette baisse de la consommation pourrait être fatale aux commerces les plus fragiles, c’est à dire essentiellement les petits commerçants.
Deux des principales mesures viennent d’ailleurs d’être censurées par le Conseil d'État cette semaine. Il estime que les nouvelles modalités de calcul de l’allocation porteraient atteinte au principe d’égalité entre allocataires. Suite à cette censure, le gouvernement va devoir revoir cette loi et trouver un nouveau moyen de faire ces économies, mais le fait qu’il conserve cette réforme envers et contre tout au lieu d’y renoncer tout simplement montre que l’heure n’est pas au changement de doctrine économique.
Un changement de paradigme économique, c’est pourtant ce que prônent un certain nombre d’économistes, comme Dany Lang. Pour lutter contre le chômage tout en préparant la transition écologique, il propose d’instaurer une “garantie à l’emploi”. C’est à dire d’employer tous les chômeurs qui le souhaitent dans des projets définis localement.
C’est un paradoxe dont on parle assez peu, mais dans le capitalisme on a toujours d’un côté des besoins qui ne sont pas couverts ni dans le marché ni par l’état d’un côté. Par le marché car ce n’est pas solvable et par l’état car il essaie de faire des économies sur les deniers publics, et de l’autre côté on a des millions de gens au chômage. La garantie d’emploi c’est une politique qui propose à tous les chômeurs un emploi dans leurs compétences.
Ces mesures ont déjà été testées dans plusieurs pays, durant des crises économiques dévastatrices, comme aux États-Unis dans les années 1930 ou en Argentine dans les années 2000. Elles sont en vigueur en Inde, en Afrique du Sud. Et d’autres pays comme l’Autriche les expérimentent localement.
Leur recette contre le chômage ? Respecter enfin le “droit au travail”, inscrit dans la Constitution, qui garantit à chacun le droit d’avoir un emploi. Aux Etats-Unis, cette mesure est au cœur du débat politique.
Elle est portée par une partie des démocrates comme Bernie Sanders ou Alexandria Ocasio-Cortez. En France on en parle très peu mais cette approche est testée depuis 2016, dans le cadre de l'expérimentation “Territoires zéro chômeurs de longue durée”. Il y a dix territoires aujourd’hui depuis 2016 qui sont ce qu’on appelle des territoires zéro chômeurs de longue durée, dans ces dix territoires les chômeurs de longue durée de plus d’un an rentrent dans des dispositifs de cette sorte.
Ils obtiennent un CDI par exemple ? C’est forcément un CDI. Ce n’est pas un CDI avec des droits restreints comme on a sur les emplois jeunes.
Un vrai CDI avec toutes les cotisations sociales, on crée des entreprises spécialement dédiées qui s’appellent des entreprises à but d’emploi, l’état donne l’argent et localement ils décident quel type d’emploi manquent. Par exemple à Lille ils avaient créé un garage à tarif social. Qui ne concurrencaient pas les autres garages ?
Non car c’était dans une zone où il n’y avait pas de garages. Bûcheron, épicier, maraîcher, renfort administratif, fabricant de matelas, ou bibliothécaire, sur le site de ces territoires, les métiers proposés sont divers et variés. Les premiers gagnants sont ceux qui tentent de s’intégrer sur le marché de l’emploi mais n’y parviennent pas : seniors, chômeurs de longue durée aux qualifications dépréciées, femmes subissant des temps partiels contraints ou encore personnes handicapées.
Avec un revenu, des savoir-faire et de l’intégration sociale, beaucoup retrouvent confiance en eux. Ils échappent enfin au déclassement économique, social et sanitaire lié au chômage. Ce qui ressort de ces expériences souvent quand on parle aux chômeurs qui sont dans ces dispositifs, ils vous disent “voilà je peux de nouveau me regarder dans la glace, je peux à nouveau parler à ma fille, je me sens utile socialement”.
A ces avantages, s'ajoute celui de la démocratie. Les besoins sont décidés démocratiquement. L’ensemble des acteurs locaux se réunissent pour en parler : élus, habitants, syndicats, et y compris les acteurs privés, pour éviter la concurrence.
Ca devient un problème de démocratie locale, c’est l’Etat qui met l’argent sur la table mais ensuite localement on décide quel type d’emplois vont être créés et évidemment au vu du contexte il paraîtrait sage que ce soit des emplois en lien avec la transition écologique. La grande question reste bien sûr celle du coût. Combien coûteraient de telles mesures si elles pouvaient s’appliquer à l’ensemble des chômeurs ?
Pour cela, un petit calcul. Les économistes qui défendent cette mesure politique la chiffrent à 18 000 euros par an et par chômeur, aux frais de l’Etat. Auxquels il faut ajouter les "coût d’environnement” : locaux, paiement des comptables, etc.
En parallèle, le CICE, le crédit d'impôt pour la compétitivité et l’emploi, mesure phare du quinquennat de François Hollande, a elle coûté 280 000 euros par emploi créé. Comment est-ce possible ? Car cette mesure consistait à baisser les cotisations sociales des entreprises sans aucune contrepartie.
Cela devait créer 1 million d’emplois selon le MEDEF, et ça en a en réalité créé… 100 000 emplois. Si l’on rapporte cela à l’argent que ça a coûté, on arrive au chiffre de 280 000 euros par emploi créé. Pour Dany Lang, c’est la preuve qu’il faut changer radicalement de politique et rompre avec cette logique, qui est aussi celle d’Emmanuel Macron.
C’est une solution qui fonctionne et qui est beaucoup moins chère que toutes les politiques qui ont été mises en œuvre ces 30 ou 40 dernières années de lutte contre le chômage. Les résultats sont concluants, mais, malgré les engagements du Président de la République, le gouvernement n’a pas étendu ces territoires zéro chômeurs depuis leur création. De telles mesures rompraient radicalement avec la doctrine économique qui a été appliquée ces quatre dernières décennies, mais les expérimentations faites aux Etats-Unis, en Argentine, en Afrique du Sud ou encore sur le territoire français laissent penser qu’il faudrait sérieusement envisager la garantie à l’emploi.
Donc étendre le territoire zéro chômeurs à tout le territoire et l’ouvrir à tous les demandeurs d’emploi. Pour l’instant, les mesures annoncées par le gouvernement vont à contre-courant de cette approche, notamment en baissant considérablement les cotisations des entreprises quelque soit leur taille, sans aucune contrepartie, alors que l’efficacité d’une telle politique n’a jamais été démontrée par le passé. L’expérience CICE a montré que seules un quart des entreprises utilisent les baisses de cotisations pour créer ou maintenir de l’emploi, les autres utilisant cette manne pour faire autre chose.
Le secteur bancaire a même utilisé cet argent pour s’informatiser et détruire des postes au guichet. Les politiques menées, comme la réforme en cours de l’assurance chômage, montrent que le gouvernement continue de penser que les chômeurs et l'indemnisation chômage sont responsables du chômage de masse Tout miser sur l’offre sans relancer la demande, tout en espérant que la main invisible du marché fasse reculer le chômage semble être un luxe qu’on ne peut pas vraiment se permettre lors d’une crise sanitaire et économique historique. Si vous avez apprécié cette vidéo, n’hésitez pas à la partager, à vous abonner à la chaîne Youtube, à notre page Facebook, et moi je vous dis à bientôt.
Emmanuel Macron