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Autrefranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 12 août 2026 23 minMixte

Éclipse solaire, dérèglement climatique, pompiers... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Didier Berger.

Audio original de l'émission.

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0:00
Présentateur

Bonjour Jean-Didier Berger. Bonjour à tous. Vous êtes ancien député Les Républicains, pour ceux qui ne vous connaissent pas. Vous êtes ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur. Donc vous travaillez avec Laurent Nouniez notamment sur les questions de sécurité. Alors l'événement du jour, c'est l'éclipse solaire. Regardez absolument, on l'a dit beaucoup sur France Info, avec des lunettes spéciales. Mais à ce propos, la chef des écologistes et candidate à l'élection présidentielle, Marine Tondelier, elle parle d'un fiasco de santé publique parce qu'elle dénonce l'absence d'une large distribution de ses lunettes.

Effectivement, comment vous expliquez que depuis plusieurs jours en France, les pharmacies, les supermarchés soient régulièrement en rupture de stock, qu'on ait tant de mal à trouver ses lunettes ?

0:39
Jean-Didier Berger

Écoutez, je pense que les Françaises et les Français qui veulent regarder l'éclipse pourront le faire. J'ai vu hier plusieurs reportages de vos confrères qui montrent que finalement, on peut relativement facilement trouver des lunettes. C'est ce que je vais faire moi-même aujourd'hui pour regarder l'éclipse.

0:52
Présentateur

Relativement facilement, il y a eu souvent des ruptures de stock dans les pharmacies.

0:55
Jean-Didier Berger

Oui, bien sûr, mais bon, je pense qu'on est sur un événement exceptionnel. Les Françaises et les Français qui veulent regarder l'éclipse pourront le faire. Ils vont trouver leurs lunettes aujourd'hui, je n'en ai aucun doute. Je pense que les écologistes cherchent surtout à mettre fin à leur propre éclipse de cet été en inventant des polémiques parce qu'ils ne sont pas du tout dans le radar. Ils ont complètement raté leurs séquences alors que les sujets climatiques sont pour cent sur le devant.

1:23
Locuteur 3

Et donc, 30 millions de lunettes avaient été distribuées en 1999 lors de la dernière éclipse. Vous avez tout simplement oublié cette année l'éclipse solaire ? Non, je pense que tout le monde va pouvoir regarder cette éclipse tranquillement. Et pourquoi vous n'avez pas distribué cette année des lunettes comme il y a ?

1:37
Jean-Didier Berger

Vous savez, je pense que c'est un mal très français. Il ne faut pas toujours tout attendre de la chose publique. Il y a des initiatives privées qui existent dans notre pays. Et l'ancien député de droite que je suis veut aussi que toute la France puisse s'en souvenir. Attendre toujours tout de la puissance publique, c'est s'exposer. Il n'y avait pas le budget cette année ? Non, mais ce n'est pas seulement une question de budget. Il n'y a même pas eu de spot, par exemple, de santé publique France ? C'est une question de l'initiative publique. Ce n'est pas la première fois qu'on a une éclipse. Vous l'avez dit, en 1999, c'était déjà le cas. Mais vous aviez distribué des lunettes à l'époque.

2:07
Présentateur

Il y avait des spots.

2:08
Jean-Didier Berger

Mais je pense qu'il n'y a pas de polémique à chercher sur ce sujet. Je vois qu'autour de moi, c'est pareil pour tout le monde. Il y a ceux qui s'en sont occupés et qui les ont trouvés. Et ceux qui ne l'ont pas encore fait. Et vont pouvoir les trouver aujourd'hui sans grande difficulté, à mon sens.

2:27
Locuteur 3

Mais il n'y a pas un risque, tout de même, que vous vous retrouviez avec un afflux de personnes qui s'abîment les yeux aux urgences ?

2:32
Jean-Didier Berger

Non, j'espère bien. Je pense que les médias ont largement fait leur travail. Et vous le faites encore ce matin. Tout le monde a bien conscience qu'il ne faut pas regarder cet éclipse sans être équipé. Et donc, tous ceux qui veulent la regarder pourront le faire en s'équipant, j'en suis sûr, dans les meilleures conditions.

2:47
Présentateur

Jean-Didier Berger, neuf organisations syndicales de pompiers appellent à la grève demain pour réclamer plus de moyens, plus de ressources pour assurer leur mission. Alors que l'été n'est pas terminé et qu'on a déjà connu des incendies majeurs. Elles sont reçues aussi demain après-midi chez vous au ministère de l'Intérieur. Est-ce que vous allez leur annoncer plus de moyens pour lutter contre les feux ?

3:08
Jean-Didier Berger

Vous savez, d'abord, plus de moyens pour lutter contre les feux. C'est exactement ce que le gouvernement a fait depuis 3-4 ans déjà en anticipant ces événements exceptionnels que nous connaissons cette année. Et fort heureusement qu'il y a eu cette anticipation. Nous avons doublé le nombre d'engins aériens à disposition des pompiers. Nous avons mis plusieurs centaines d'engins supplémentaires, plus de 500 engins supplémentaires au sol parce que c'est d'abord au sol que s'éteignent les incendies. Mais tout n'est pas une question seulement de moyens. Il y a aussi une question d'organisation. Il y a une question aussi de soutien de nos forces de secours qui font un travail exceptionnel.

Et ce n'est pas seulement demain que Laurent Nunez recevra les organisations syndicales. C'est un travail permanent avec les pompiers et avec leurs représentants pour faire en sorte d'améliorer encore les choses.

3:55
Locuteur 3

Mais il y a un contexte pour Didier Berger. Ça veut dire qu'ils vont arriver à Beauvau demain au ministère de l'Intérieur et vous n'avez rien à leur annoncer ?

4:01
Jean-Didier Berger

Vous savez, ça ne date pas d'hier que cette réflexion sur le Beauvau de la sécurité civile est lancée. Nous avons identifié avec les pompiers tout ce qui permettrait encore d'améliorer l'organisation. D'abord le soutien aux collectivités parce que ce sont les collectivités, notamment les départements, qui donnent des moyens aux pompiers. Mais également tous les sujets d'organisation. Les pompiers aujourd'hui sont appelés à accomplir des missions qui dépassent de très très loin le cadre de la lutte contre les incendies.

4:36
Présentateur

Donc il faut recruter davantage de pompiers professionnels ?

4:39
Jean-Didier Berger

Encore une fois, ce n'est pas qu'une question de moyens. Ça fait partie quand même du problème. Par exemple, la question de la gestion des appels. Comment est-ce qu'on fait pour que cette gestion des appels n'amène pas à faire travailler les pompiers sur tout un tas de sujets qui ensuite épuisent leurs ressources, les ressources humaines et les autres ressources ? La gestion des appels quand on appelle le 18, c'est ça ? Bien sûr, la gestion des appels de secours.

Pour faire en sorte, vous savez, je suis allé il y a quelques mois dans un département où la gestion des appels était unifiée pour permettre un tri beaucoup plus rapide entre ce qui relève des pompiers et ce qui ne relève pas des pompiers. Il y a des sujets de ce type qui méritent d'être abordés. Donc c'est un dialogue, pas simplement demain, mais un dialogue continu qui va se poursuivre avec les pompiers et avec leurs représentants.

5:25
Locuteur 3

Ça veut dire que malgré la polémique sur les Canadair, malgré la polémique sur le manque de moyens, vous assumez aujourd'hui de dire que les secours, les pompiers, la sécurité civile aujourd'hui a assez de moyens en France pour lutter contre les incendies ?

5:37
Jean-Didier Berger

J'assume de dire qu'on peut toujours rajouter des moyens et personne n'en dit ce qu'on vient, mais j'ajoute que nous assumons aussi le fait d'avoir doublé le nombre de moyens aériens, d'avoir mis plusieurs centaines de camions supplémentaires sur le terrain et nous assumons d'avoir mis en œuvre ces moyens dans une forme de bonne gestion. Vous savez, sur le nombre de Canadair, pour reprendre cet exemple, nous avons 12 Canadair de cette génération. De cette génération, il y en a 90 seulement dans le monde entier.

6:06
Locuteur 3

Emmanuel Macron promettait de les renouveler entièrement en 2022. Finalement, il n'y en a eu que 4 de commandés.

6:11
Jean-Didier Berger

Mais vous voyez que 12 sur 90 dans le monde, ça veut dire que la France est en pointe. Et si vous regardez bien les chiffres dans tous les pays, y compris les pays européens, qui sont vraiment à la pointe du combat contre le feu, je pense en particulier à l'Espagne ou ce type de pays, vous verrez que la France arrive à éteindre beaucoup plus vite les incendies et qu'il y a beaucoup moins d'hectares brûlés par incendie en France que dans d'autres pays. Pourquoi ? Parce que nous avons beaucoup de moyens et aussi parce que nos pompiers ont une technicité, ont une expérience, ont une capacité à se projeter pour intervenir rapidement et avec efficacité.

Et c'est tout ce savoir-faire qui est à mettre à l'actif de notre pays.

6:51
Locuteur 3

On a quand même eu besoin de l'aide de nos voisins européens pour venir à bout de la solidarité européenne.

6:54
Jean-Didier Berger

Bien sûr, mais la solidarité européenne, souvent, c'est nous qui... y contribuons. Il est tout à fait logique et normal que lorsque nous sommes en difficulté face à des événements climatiques exceptionnels, ce que je rappelle qu'il faisait en France beaucoup plus chaud que parfois dans d'autres pays européens où la température est souvent plus élevée, eh bien il est normal que ces mécanismes de solidarité européenne puissent jouer aussi en notre faveur.

7:17
Présentateur

Le Premier ministre Sébastien Lecornu sera justement en Gironde lundi prochain accompagné de Laurent Mouniez, le ministre de l'Intérieur. Il doit lancer une mission de pilotage pour la reconstruction des zones sinistrées. Il a proposé aussi une nouvelle mission parlementaire à sept parlementaires pour faire des propositions d'ici au 21 septembre. Donc là, il sera aussi question de moyens. Est-ce qu'il faut plus de moyens ? Est-ce qu'il faut des nouveaux canadaires ? Moi, j'ai une question à vous poser aussi. Qui va payer le coût de ces graves incendies de l'été ? Est-ce que ça sera inscrit dans le budget 2027 qui va être débattu à partir de l'automne ?

7:49
Jean-Didier Berger

Bon, d'abord, la mission lancée par Sébastien Lecornu, le Premier ministre, à la fois reconstruction et adaptation des territoires. Parce qu'il ne s'agit pas simplement de reconstruire comme avant, comme si rien ne s'était passé. Et donc, c'est aussi cette mission d'adaptation des territoires qui est lancée par le Premier ministre pour faire en sorte que tout le monde réfléchisse avant de reconstruire. Deuxièmement, sur les coûts. Les coûts, il y a des mécanismes assurantiels qui, évidemment, rentrent en œuvre. Mais c'est vrai que le gouvernement a mis et met et mettra des moyens pour accompagner cette reconstruction, pour faire en sorte que les territoires...

Mais les assurances ne veulent plus payer, Jean-Didier Berger. Les assurances sont là pour payer ce qui est couvert par leurs responsabilités.

8:37
Locuteur 3

Là encore, c'est à moyen constant, ce que vous annoncez ce matin,

8:40
Jean-Didier Berger

la gestion de l'adaptation du territoire ? Il ne faut pas tout confondre. Il y a le système assurantiel qui est là pour couvrir. Et je rappelle qu'il y a des cotisations d'assurance qui sont payées par les Françaises et par les Français, par les entreprises, par les collectivités, pour faire face à un certain nombre de risques. Lorsque ces risques sont couverts par les assurances, les assurances payent. Au-delà, il y a les questions de reconstruction et d'adaptation des territoires. Et là aussi, la France met des moyens pour accompagner les territoires qui en ont besoin dans cette mutation.

9:11
Présentateur

Mais là, est-ce qu'il va falloir une ligne dans le budget et dans tous les budgets à venir ? Puisque des incendies, on va certainement en revivre l'été prochain. Des inondations, on va peut-être en vivre l'hiver prochain. Est-ce qu'il va falloir dédier une ligne spécifique au budget ?

9:24
Jean-Didier Berger

Mais vous savez, c'est déjà le cas. Quand vous regardez l'évolution des budgets pour la transition écologique dans notre pays, ces moyens ont été considérablement accrus ces dernières années. C'est des budgets qui sont parmi ceux qui ont le plus progressé. Mais vous le savez aussi, nous sommes dans un cadre budgétaire qui est un cadre budgétaire contraint. Et nous verrons à l'automne comment les différentes formations politiques représentées au Parlement entendent accompagner le gouvernement pour la maîtrise de ces enjeux budgétaires.

9:52
Locuteur 3

Lady Berger, je rappelle que vous êtes ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur. Je vous propose d'écouter Alma Dufour, la députée insoumise. Elle avait une proposition hier, elle était à votre place dans le 830 de France Info.

10:01
Locuteur 1

La simple redistribution, taxation des plus riches et redistribution ne suffira pas à mettre les 60 milliards supplémentaires. Si on est élu, on va être obligé de négocier à Bruxelles et avec l'Allemagne pour desserrer cet étau et ce carcan des 3% de déficit et de l'endettement parce qu'il n'y a aucune manière de financer l'adaptation au changement climatique si on ne change pas de règles financières.

10:22
Locuteur 3

Elle veut mettre 60 milliards d'euros supplémentaires pour lutter contre les incendies, pour lutter contre le réchauffement climatique également. Est-ce qu'il faut desserrer les taux que Bruxelles nous impose pour réduire le déficit ?

10:32
Jean-Didier Berger

En tout cas, je crois que la démagogie financière fait partie des armes de la France insoumise et je pense qu'il faut que les Françaises et les Français ouvrent grand les yeux et les oreilles sur ce qu'il aurait proposé par Jean-Luc Mélenchon et par ses amis. J'ai entendu Jean-Luc Mélenchon expliquer un grand renfort de moulinets de bras qu'il n'y avait pas besoin de rembourser la dette et qu'il fallait aller dans les banques centrales pour brûler purement et simplement les titres.

Si c'est avec ce type de solution magique que la France insoumise entend gouverner la France, je pense que c'est un danger qui est un danger particulièrement grave et je pense que les Françaises et les Français sont armés, heureusement, pour ne pas céder à ce type de démagogie. Le 830 France Info, Pierrick Bonneau, Solène Cressan.

11:23
Locuteur 3

Et Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur, notre invité jusqu'à 9h. Monsieur Berger, 78 départements, vigilance orange, canicule aujourd'hui, 80 demain, c'est le cinquième épisode de canicule de cet été. Que dites-vous ce matin à tous les Français qui vivent dans des passoires thermiques ? Que le gouvernement a un peu tardé mais qu'il va s'y mettre ?

11:43
Jean-Didier Berger

Non, je pense que le gouvernement a fait en sorte, et les gouvernements précédents, d'adapter plus d'un million de logements du point de vue thermique et qu'il faut aller évidemment bien au-delà et continuer à accélérer. C'est ce que Vincent Jambrun et toute l'équipe gouvernementale de Sébastien Lecornu s'emploient activement à faire. Mais c'est vrai que nous avons plusieurs dizaines d'années à rattraper en matière de rénovation des logements. Les actes d'adaptation des logements, l'acte de démolir aussi les logements qui doivent l'être, tout ça évidemment est toujours sur la table.

Mais toutes les politiques en rue, toutes les politiques de rénovation des logements et de rénovation thermique, elles sont à l'ordre.

12:25
Locuteur 3

Le dispositif MaPrimeRénov', par exemple, qui était plus ou moins menacé, va être maintenu ?

12:30
Jean-Didier Berger

Vous savez, il n'y a pas qu'un seul dispositif, il n'y a pas que MaPrimeRénov', et vous avez raison de le souligner, MaPrimeRénov' a particulièrement contribué aussi à la rénovation des logements. Mais il y a encore une fois tous les autres dispositifs, les dispositifs de démolition-reconstruction, les dispositifs d'adaptation climatique, les dispositifs de rénovation au-delà de MaPrimeRénov'. Le fond vert dont le budget a été divisé par trois entre 2024 et 2026.

12:55
Locuteur 3

Est-ce qu'on n'a pas pris du retard ?

12:57
Jean-Didier Berger

Je pense qu'il faut bien remettre les choses en perspective. Jamais autant de choses n'ont été faites dans notre pays que depuis ces dix dernières années en matière de transition écologique.

13:04
Présentateur

Vous disiez que ça faisait dix ans, qu'on n'avait pas fait assez, qu'on avait dix ans de retard. Vous venez de le dire.

13:08
Jean-Didier Berger

Non, je pense qu'il y a des décennies de retard à rattraper, que ce n'est pas en dix ans qu'on rattrape plusieurs décennies de retard. À l'échelle des enjeux de l'urbanisme, vous savez, moi j'ai été maire pendant dix ans, j'ai vu à quel point c'était difficile déjà de transformer une ville, une ville que j'ai faite beaucoup bouger, mais qui mérite encore de...

13:28
Présentateur

Vous étiez maire de Clamart dans les Hauts-de-Seine.

13:30
Jean-Didier Berger

Maire de Clamart dans les Hauts-de-Seine. Et donc, malgré toute l'énergie qu'on peut déployer entre le gouvernement et les maires, des erreurs d'urbanisme pendant 50 ou 60 ans, elles ne se rattrapent pas en une année ou en dix ans. Donc c'est la faute aux gouvernements qui ont précédé. Je crois que les Français se fichent pas mal de savoir les responsabilités qui sont celles de ceux qui nous ont précédés. Ce qu'ils attendent de nous, c'est qu'on soit en action pour régler les problèmes. Et c'est exactement ce que nous faisons.

13:59
Présentateur

On a quand même eu l'impression, pardonnez-moi, de précipitation début juillet, quand le gouvernement a annoncé en toute vitesse qu'il allait distribuer des climatiseurs pour les hôpitaux ou pour les EHPAD.

14:10
Jean-Didier Berger

Vous savez, là encore une fois, je l'ai vu aussi en tant que maire, ces sujets de climatisation sont des sujets qui sont quand même relativement nouveaux. Vous savez, quand on va dans les conseils d'école, quand on va dans les conseils d'administration des entreprises, quand on va dans toutes les organisations de France, il y a des sujets qui sont mis à l'ordre du jour, il y a des sujets qui sont mis sur la table. J'observe que celui-ci est un sujet relativement nouveau. Mais le gouvernement pourrait l'impulser.

14:35
Locuteur 3

Et ça fait 30 ans que les climatisation disent

14:37
Jean-Didier Berger

qu'on va avoir besoin de climatisation à un moment donné. Dans la ville dont je m'occupe, dont je m'occupais, on a mis en place 100% de filtres UV dans les écoles. On est en train de terminer les dernières écoles. Mais ça fait plusieurs années déjà qu'on avait anticipé. Ensuite, les collectivités, elles sont comme le pays, elles sont soumises à des tensions extrêmement fortes d'un point de vue budgétaire. Et donc, chacun est amené à faire des choix comme les Français sont amenés à en faire. Parce que j'observe que le niveau d'équipement des Françaises et des Français, il n'est pas très élevé non plus.

Donc, j'imagine que tous ceux qui ont entendu les climatologues dans le pays ont aussi été amenés à faire des choix. Et chacun aujourd'hui s'équipe, que ce soit les particuliers, l'État, les collectivités, les autres organisations et les entreprises. Et donc, c'est des enjeux qui se développent. Et puis, on va voir le niveau d'équipement

15:32
Locuteur 3

monter au fur et à mesure. Jean-Diglès Berger, la France est également touchée par un épisode de sécheresse historique. Près de 70% du territoire désormais soumis à des restrictions d'usage d'eau. Qu'est-ce qu'on fait pour les agriculteurs dont certains ont perdu la totalité de leur récolte, je pense notamment aux producteurs d'artichauts ?

15:50
Jean-Didier Berger

D'abord, je pense que les agriculteurs font un travail exceptionnel dans notre pays. Et si nous avons la chance de pouvoir bien manger, c'est à eux que nous le devons. Qu'est-ce qu'on fait pour eux ? Donc, il faut les soutenir. C'est ce que fait Annie Gennevar et c'est ce que font l'ensemble des ministres de l'Agriculture et l'ensemble des ministres de Sébastien Lecornu. Et pas simplement dans cette période de crise, mais depuis longtemps, pour affronter les différentes crises. Parce que vous parlez de cette crise de l'eau, mais il y a eu d'autres crises, notamment des crises sanitaires qui ont touché les agriculteurs. Et donc, ces crises à répétition, elles ont affaiblis les agriculteurs.

Donc, des aides, des aides qui rentrent dans le cadre des réglementations en vigueur.

16:32
Présentateur

Arnaud Rousseau, le patron de la FNSEA, le principal syndicat agricole, il parle de milliards d'euros, d'aides qui pourraient se chiffrer en milliards d'euros.

16:39
Jean-Didier Berger

Oui, bien sûr. Mais vous voyez que dans notre pays, on a abordé ensemble déjà plusieurs sujets ce matin. Et à chaque fois, cette question des milliards d'euros, des dizaines de milliards d'euros soulevés par la représentante de la France Insoumise, dans tous les sujets, on nous parle uniquement d'argent. Donc, bien sûr, l'argent, c'est important. Mais il n'y a pas que l'argent. Il y a aussi les réformes structurelles qui nous permettent de faire avancer le pays. C'est ce que s'emploie à faire ce gouvernement. Et puis, les milliards, pour avoir des milliards, il faut se dégager des marges de manœuvre. Et donc, il faut être capable de faire des réformes, de faire des économies.

Je vois que nous, nous les proposons. Et je vois que ceux qui voudraient bien être à notre place ne les proposent pas. Mais ça veut dire quoi ?

17:24
Locuteur 3

Ça veut dire que les agriculteurs, on ne leur donne pas d'aide ? Ça veut dire que les agriculteurs,

17:28
Jean-Didier Berger

nous leur donnons et nous continuerons à les aider. Mais ce ne sera pas des milliards, c'est ce que vous nous dites. Nous continuons, comme nous avons fait déjà depuis ces derniers mois, à les aider et nous continuerons à le faire. Et pour pouvoir continuer à le faire, il faut continuer à faire une bonne gestion dans tout le reste du pays pour se dégager les marges de manœuvre nécessaires. Et si les Françaises et les Français veulent qu'on puisse continuer à aider les agriculteurs, à aider ceux qui méritent de l'être, il faut aussi qu'ils soient capables d'entendre qu'on ne peut pas rester figé et que nous devons bouger pour retrouver des marges de manœuvre dans ce pays.

18:01
Présentateur

Jean-Didier Berger, je rappelle que vous êtes ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur. Et Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, a adressé à son collègue et à votre collègue, Laurent Nouniez, une lettre qui a exposé les travaux menés par les parquets après la vague d'indignation qui a suivi la mort de la petite Liana dans le Gers. C'est un document de douze pages qui établit toute une liste de défaillances dans la prise en compte des violences sexuelles faites aux enfants. C'est une lettre assez critique. Est-ce que vous reconnaissez qu'il y a un vrai problème de moyens dans les services de police, qu'il y a eu des négligences ?

18:35
Jean-Didier Berger

D'abord, je regrette que ce document provisoire ait été rendu public parce que finalement, il ne rend pas compte de la démarche qui est une démarche de moyen long terme, une démarche réitérative, une démarche contradictoire entre les services de la police et les services de la justice qui travaillent ensemble à la demande de Sébastien Lecornu et du président de la République pour établir la liste de tout ce qui mérite encore d'être amélioré. Parce que, vous parlez des moyens, le budget de la justice, il a augmenté de 50% ces dernières années. C'est considérable. On a remis 10 000 policiers et gendarmes sur le terrain.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé 700 enquêteurs supplémentaires

19:12
Locuteur 3

dans le cadre de plan d'investigation. Donc, ce n'est pas un problème de moyens ? C'est des négligences ?

19:15
Jean-Didier Berger

Non, je pense que les Françaises et les Français comprennent qu'au-delà des questions de moyens qu'on peut toujours continuer à améliorer mais qu'on a beaucoup améliorées, il y a ces questions structurelles. Et dans ces éléments, il y a les questions informatiques, il y a les questions procédurales, il y a les moyens techniques qui sont mis à la disposition des policiers et des agents du ministère de la Justice. Donc, les Français, ils ont bien compris qu'il y avait beaucoup de problèmes et des problèmes très lourds, des problèmes qu'on a commencé à régler et qu'il faut continuer à régler. Et encore une fois, ça n'est pas... Ce ne sont pas des problèmes informatiques, l'agent Didier.

Si, je pense que si vous avez lu ce rapport, comme moi je l'ai lu, il y a notamment des sujets informatiques qui sont des sujets très importants, qui ont des implications très importantes sur le concret.

20:05
Locuteur 3

C'est l'histoire de dossiers non traités, par exemple, 1200 dossiers non traités à Nîmes, 905 à Caen, des dossiers qui n'ont pas été transmis à la justice par les services de police.

20:12
Jean-Didier Berger

Donc, il y a ces sujets de transmission, il y a ces sujets informatiques, il y a ces sujets procéduraux. Le tout, c'est de comprendre comment est-ce qu'entre un dépôt de plainte et finalement la condamnation à terme d'un coupable, comment est-ce que ce processus doit se mener à bien. Et vous savez, on est dans un contexte qui est un contexte extrêmement difficile où il y a fort heureusement une libération de la parole et en même temps, une augmentation du nombre d'actes de violences sexistes et sexuelles. Et donc, c'est cette combinaison des deux éléments qui fait qu'il y a énormément d'affaires à traiter. Mais ces problèmes informatiques,

20:50
Présentateur

on a l'impression que Gérald Darmanin, il les découvre alors qu'il était au ministère de l'Intérieur pendant en fait 4 ans. Non, bien sûr que non,

20:54
Jean-Didier Berger

il ne les découvre pas. Je vais vous dire, moi-même, j'étais en tant que député rapporteur du budget de la justice et donc le garde des Sceaux et son prédécesseur savent bien qu'il y a... Donc rien n'a été fait ?

Et nous aussi, non, bien sûr que non, il y a beaucoup de choses qui ont été faites mais encore une fois, on parle de problèmes structurels qui sont des problèmes très importants et donc ce travail qui est mené entre le ministère de la justice et le ministère de l'Intérieur, il est là pour accélérer les règlements de ces sujets, pour regarder, vérifier qu'il n'y a pas d'angle mort et que tout est bien sur la table et de faire le point en toute transparence et c'est quand même assez inédit dans notre pays qu'on ait une telle revue, de détails pour regarder parquet par parquet comment est-ce que les choses fonctionnent et comment est-ce qu'on peut... En même temps, on est l'un des pays

21:44
Présentateur

avec le plus faible taux de procureurs par rapport au niveau européen.

21:48
Jean-Didier Berger

Oui, c'est pour ça que les moyens de la justice, encore une fois, ont augmenté de 50%. Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de pays en Europe qui ont fait augmenter de 50% le budget de la justice. Je pense que cette augmentation, elle est sans précédent dans notre pays et à tous ceux qui, dans nos oppositions, critiquent les moyens de la justice alors qu'ils ont eux-mêmes exercé des responsabilités... Vous pensez à qui ? Ils n'avaient pas, je pense en particulier à la gauche, lorsque j'entends les représentants de la France insoumise ou leurs alliés qui ont exercé des responsabilités, il ne faut pas l'oublier dans notre pays, nous dire que ça n'est pas assez.

Mais pourquoi ne l'ont-ils pas fait avant nous ? C'est ça aussi la question qui leur est posée.

22:29
Présentateur

Jean-Désié Berger, on n'a plus le temps pour une dernière question. Alors, il est l'heure pour moi de vous remercier d'avoir été l'invité de France Info et du 8.30 France Info ce matin. Je vous souhaite une bonne journée. Je rappelle tout de même que vous êtes ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur.