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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 7 décembre 2020 41 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalImmigration & asileNumérique

Déclaration conjointe avec Abdel Fattah Al-Sissi, Président de la République arabe d'Egypte.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 25 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 11:01RelanceRéponse directe

    Qu'est-ce qui a changé sur les droits de l'homme depuis 2019 ? Allez-vous conditionner les ventes d'armes à des garanties ?

  • 14:01OuverteRéponse directe

    Qu'allez-vous entreprendre pour apaiser les tensions en Méditerranée et préserver la souveraineté ?

  • 17:01RelanceRéponse directe

    La France a-t-elle présenté des excuses pour les caricatures du prophète ?

  • 20:01OuverteRéponse directe

    Comment la France regarde les actions de la Turquie en Méditerranée ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:01Emmanuel MacronFait
    « Les mercenaires et les forces étrangères turques et russes sont toujours présents sur le terrain. »
  • 6:01Emmanuel MacronFait
    « Nous refusons de transiger avec la sécurité et la souveraineté des Etats riverains. »
  • 8:01Emmanuel MacronPromesse
    « Je reste l'avocat constant d'une ouverture démocratique, sociale, et de la reconnaissance d'une société civile dynamique et active. »
  • 11:01Emmanuel MacronFait
    « Je ne conditionnerai pas notre coopération en matière de défense comme en matière économique à ces désaccords. »
  • 20:01Emmanuel MacronFait
    « En France, un journaliste, un dessinateur de presse, écrit et dessine librement. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-M. le président, mesdames, messieurs les ministres, mesdames, messieurs les ambassadeurs, mesdames, messieurs, cher président Sissi, j'ai le plaisir de vous accueillir aujourd'hui à Paris à nouveau avec beaucoup de plaisir dans un contexte sanitaire et son lot de contraintes que nous connaissons. Cette visite témoigne d'abord de la relation exceptionnelle et amicale qui prévaut entre nos 2 pays.

Le président Sissi m'avait reçu au Caire, en janvier 2019. Nous étions convenus de nous revoir à Paris, nous nous sommes parlé, depuis, à de nombreuses reprises, au-delà des réunions internationales que nous avons partagées, en particulier celle qui s'était tenue il y a plusieurs mois, maintenant, sur la question libyenne à Berlin. Nos échanges réguliers illustrent la qualité du partenariat stratégique qui lie nos 2 pays, et la longue séquence de travail que nous avons eue ce matin a permis aussi de l'approfondir.

Nous poursuivrons tout à l'heure ces échanges. Et alors qu'une crise sanitaire, économique et sociale sans précédent s'est abattue sur le monde, que certaines puissances tentent de déstabiliser les équilibres régionaux, je crois pouvoir dire que notre partenariat stratégique avec nos amis égyptiens est aujourd'hui plus que jamais essentiel. Essentiel à nos 2 pays, essentiel à la stabilité du Moyen-Orient et de la Méditerranée.

Je veux ici, donc, redire ma détermination, et je sais que le président Sissi la partage, de renforcer ce partenariat pour résoudre les crises et contrecarrer ceux qui les alimentent ou qui cherchent à allumer de nouveaux foyers. D'abord, et nous en avons longuement parlé, en Libye, pour promouvoir une solution politique durable. C'est l'objectif que nous poursuivons depuis plusieurs années.

Nous constatons des évolutions qui vont dans le bon sens, et je veux saluer l'engagement des Nations Unies et le processus de dialogue politique, qui a connu des progrès importants durant les mois précédents. Celui-ci est menacé, une fois encore, par des puissances régionales qui ont décidé de faire de la Libye le théâtre de leur influence plutôt que le lieu, là aussi, de la stabilité du peuple libyen. Nous tenons, quant à nous, au respect du cessez-le-feu, au lancement d'un forum de dialogue politique, et à la reprise pleine et entière de la production pétrolière.

Ces sujets ont avancé, ils sont encore fragiles, largement menacés. Les mercenaires et les forces étrangères turques et russes sont toujours présents sur le terrain, et il nous faut clairement trouver une solution politique pour consolider les acquis et éviter le chaos ou la partition du pays. A ce titre, le rôle de l'Egypte est fondamental.

Nous en avons parlé longuement, notre souhait est véritablement d'avancer de manière coordonnée avec l'ensemble des partenaires européens et de tous nos alliés dans la région en lien direct, et en nous inscrivant dans le processus onusien pour parachever le dialogue politique, et permettre justement de nouveaux équilibres, et l'émergence, d'une, justement... d'une stabilité politique, et de résultats concrets du forum de dialogue, et d'autre part, de parachever le travail, là aussi, de stabilisation économique par la reprise de la production pétrolière durable.

Nous avons évoqué la situation en Méditerranée orientale, également. L'un comme l'autre, nous refusons de transiger avec la sécurité et la souveraineté des Etats riverains. Et nous sommes dans une logique de coopération avec l'ensemble des Etats de Méditerranée orientale pour préserver la souveraineté territoriale, les intérêts économiques territoriaux et la bonne coopération sur le plan géopolitique comme énergétique.

Nous avons pu évoquer, évidemment, beaucoup d'autres sujets comme l'Iran, le Sahel et également le Liban, dont je voudrais dire un mot. Dans le droit fil de la conférence internationale de soutien à la population libanaise à laquelle vous étiez présent, M. le président, et alors que ce pays ami continue de souffrir de la non-conclusion d'un processus politique pourtant tant attendu.

Sur ce sujet, nous avons marqué notre volonté d'avoir un Liban plus fort, et un Etat libanais plus fort, au soutien de la population libanaise, et non pas otage, ni des intérêts d'une politique de terreur, quelle qu'elle soit. Nous continuerons ces échanges en particulier, tout à l'heure, en revenant sur le processus de paix au Proche-Orient et les sujets de coopération qui sont les nôtres. Sur l'ensemble de ces sujets cruciaux, nous avons des approches et des vues convergentes, mais aussi des préoccupations communes.

Le combat commun contre le terrorisme qui nous a sévèrement frappés, ces dernières années, est au coeur de cette relation bilatérale, et il nous faut agir pour renforcer notre coopération contre ce fléau qui ne connaît pas de frontières. A ce titre, notre coopération technique militaire est exemplaire, et nous continuons de l'approfondir. Nous avons aussi évoqué, évidemment, notre partenariat dans le domaine de la défense, et nous sommes, là aussi, très attachés à son approfondissement et y veillons ensemble.

Puis cette visite d'Etat sera marquée par nos questions de coopération économique. Les entreprises françaises sont très présentes en Egypte. Elles contribuent au développement des infrastructures et des services de ce pays qu'elles connaissent bien, et dans ce domaine aussi, notre rôle, au président Sissi et à moi-même, est de veiller au renforcement et à la qualité de cette relation au bénéfice de nos 2 pays, et plusieurs accords seront signés dans ce contexte, aujourd'hui comme demain.

Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, notre entretien a aussi porté, évidemment, sur les moyens de renforcer l'appui de la France à l'Egypte dans les domaines de protection sociale, de santé, notamment grâce au travail de l'Agence française de développement, mais également la manière de renforcer notre coopération déjà dense en matière d'éducation et de culture. J'ai eu aussi l'occasion d'évoquer, comme on le fait entre amis, en confiance et toute franchise, la question des droits de l'homme. Je l'ai dit, je l'ai déjà dit publiquement, également, lors de notre échange devant les journalistes, en janvier 2019, au Caire.

Je sais combien l'Egypte est confrontée à la menace terroriste, comme nous le sommes. Je sais aussi combien elle est confrontée aux difficultés économiques et sociales, d'une pression démographique très forte. Une société civile dynamique, active, inclusive reste pourtant le meilleur rempart contre l'extrémisme.

Et donc conscients de tous les enjeux, aujourd'hui, de l'Egypte, du rôle important que joue le président pour sa stabilité et de son ambition en matière économique et sociale, je reste l'avocat constant d'une ouverture démocratique, sociale, et de la reconnaissance d'une société civile dynamique et active, car je crois que c'est un formidable rempart contre toutes les formes d'activisme. A cet égard, je salue la libération annoncée jeudi de 3 membres d'ONG, et nous avons pu évoquer plusieurs autres cas individuels. Avant de laisser la parole à mon ami le président Sissi, je souhaiterais conclure mon propos par un remerciement.

Alors que la France vient d'être victime d'une campagne de haine et de boycott alimentée par l'ignorance et l'extrémisme, je souhaite remercier le président d'un très grand pays arabe et musulman, l'Egypte, de nous faire aujourd'hui l'honneur de sa visite. Notre partenariat contribue à la stabilité au Moyen-Orient et en Méditerranée. Il nous permet aussi d'agir ensemble pour faire face, unis, aux défis économiques, sociaux, sociétaux, environnementaux, et construire une Méditerranée qui soit précisément cet espace d'échange, de dialogue, de culture, et de coopération.

Et dans cet espace de civilisation qui est le nôtre, il n'y a pas la place pour les condamnations à mort et les discours de haine quand s'expriment simplement les libertés. M. le président, cher ami, cher président Sissi. -Une traductrice : Merci, M. le président.

Permettez-moi, au début, de vous adresser, et au peuple français, d'exprimer toute mon appréciation et joyeux Noël, espérant bien que cette année sera une bonne année pour nous tous. Au nom du Dieu clément et miséricordieux, M. le président et cher ami Emmanuel Macron, le président de la République française, je vous adresse les remerciements pour votre invitation auguste, pour cette visite d'Etat à votre pays ami.

Aussi j'exprime mon appréciation pour l'accueil chaleureux qui nous a été réservé, de même que l'hospitalité, dès que nous sommes arrivés à Paris, et c'est ce qui met l'accent sur les liens stratégiques et l'amitié entre nos 2 pays, et surtout les relayer. Aussi, la présence d'une forte volonté politique pour promouvoir vers des horizons plus vastes. Les aspects de coopération bilatérale, au cours des dernières années, ont témoigné des pas en avant dans tous les domaines, politique, militaire, économique et culturel.

Aussi, des consultations et des coordinations entre nous sont, d'une manière régulière, vis-à-vis des différentes causes, objets d'intérêt commun, régionalement et internationalement. Les entretiens d'aujourd'hui avec mon ami le président Macron ont été teintés de franchise et de transparence, et ont reflété le rapprochement, en ce qui concerne les points de vue, sur beaucoup de dossiers et causes régionales et bilatérales. Nous avons passé en revue les différentes facilités de coopération, notamment, en détail, notamment, économique, commerciale et d'investissement, et aussi le niveau de lien politique entre nos 2 pays, qui ont témoigné d'une force motrice au cours des dernières années dans ce cadre.

Nous nous sommes mis d'accord sur le fait d'accorder beaucoup plus d'importance sur le travail commun concernant l'augmentation de la valeur des investissements français en Egypte, et tirer profit des grandes opportunités fournies par les projets nationaux en Egypte, et augmenter l'échange commercial, et frayer la voie aux exportations égyptiennes au marché français, outre le renforcement de la coopération dans les secteurs économiques de priorité, notamment l'enseignement pré-universitaire, l'enseignement supérieur, communication, applications d'intelligence artificielle, cybersécurité, numérisation et transports, santé, et infrastructures. Aussi, nous avons passé en revue les aspects de coopération militaire et les liens culturels et scientifiques, ce qui reflète le grand patrimoine culturel et civilisationnel de nos pays. Aussi, nous avons, M. le président, discuté l'importance des flux des touristes français vers Charm el-Cheikh, Louxor et Assouan à la lumière des précautions intensives appliquées par l'Egypte dans ces destinations, et qui ont fait que les taux d'atteinte au coronavirus risquent d'être nuls, et permettez-moi, M. le président, de sortir du contexte.

En Egypte, nous traitons de ce sujet, et les taux, à la 1re ou 2e vague, ce sont des taux raisonnables au regard de l'état de tout le monde, et je voudrais rassurer les touristes français, et en ce qui concerne toutes les destinations comme Charm el-Cheikh et Hurghada, les cas sont quasiment nuls, et nous n'avons pas de problèmes, à présent. Aussi, j'ai passé en revue, avec M. le président, j'ai fait l'éloge de la décision de la poursuite des vols entre les 2 pays dès le 4 octobre dernier, et dans ce contexte, nous avons échangé nos visions sur les séquelles de santé et socio-économiques de la pandémie de la Covid-19.

Et j'ai passé en revue les efforts achevés pour traiter avec cette crise, où l'Egypte a réalisé le succès en réalisant un équilibre entre le fait d'appliquer les précautions, d'une part, et la continuité de l'activité économique et actualiser l'assurance sociale pour traiter les séquelles de cette pandémie d'autre part. Ce qui fait que l'Egypte a pu réaliser des taux de croissance économique positifs dans le monde aussi. Les entretiens ont constitué une opportunité importante pour mettre un accent sur la nécessité du travail qu'on a, et encourager la conciliation et l'existence entre les religions et peuples, et aussi lutter contre l'extrémisme et le terrorisme.

Aussi, j'ai mis l'accent sur le fait de ne pas dresser un lien entre n'importe quelle religion, et ne pas porter atteinte ou offense aux croyances, ni aux symboles sacrés, et aussi, j'ai mis l'accent sur le fait de l'importance de distinguer l'islam des pratiques de quelques éléments extrémistes. Et M. le président, je dis que le nombre des musulmans dépasse le milliard dans le monde.

Si 1 parmi 100, ou 1 parmi 1 000 est extrémiste, nous allons donc faire face à des dizaines de milliers d'extrémistes, et cela n'existe pas. Et il est très important, donc, de traiter dans le calme, dans la tranquillité et dans l'équilibre avec un problème tel que le problème du terrorisme malgré le fait que nous ayons été les plus touchés. L'Egypte a payé lourd à cause des pratiques de l'extrémisme et du terrorisme, et parmi les Egyptiens, il y avait des martyrs, non seulement parmi les forces de sécurité, mais parmi les tranches du peuple même.

Nos frères chrétiens ont payé aussi pour faire face à cet extrémisme dont nous souffrons, et l'Egypte en a souffert plus que n'importe quel autre pays, dans la région. Et entre les pratiques, donc, de quelques éléments extrémistes qui sont affiliés, forme seulement et pas fond, à l'islam, et qui l'exploitent pour justifier leurs crimes terroristes. Aussi, nous avons abordé nos efforts pour avoir accès à un mécanisme international politique pour contrecarrer le discours de haine et d'extrémisme avec la participation des institutions religieuses de toutes les parties pour faire répandre les valeurs de la paix humaine, et renforcer les fondements de la conciliation et la connaissance, et nos entretiens ont abordé les sujets des droits de l'homme, et aussi à la lumière de ce que l'Europe et le Moyen-Orient font face à des défis.

Et justement, on doit dresser un lien entre l'équilibre et maintenir la paix et la stabilité, et aussi sauvegarder les valeurs des droits de l'homme. D'autre part, aussi, nous avons passé en revue les efforts égyptiens visant à renforcer les droits de l'homme pour tous les citoyens, sans discrimination, sans distinction entre la citoyenneté et aussi le renouvellement du discours religieux et l'application de la loi sur tout le monde, sans exception. Et aussi moderniser l'infrastructure législative concernant le règlement exécutif de la loi de la pratique du travail national, et aussi lancer la 1re stratégie des droits de l'homme, qui est en cours d'élaboration, avec la participation des tranches de la société civile, d'autre part, la situation régionale, à l'est de la Méditerranée et au Moyen-Orient, et la région du Sahel, a été, en priorité, au cours de nos discussions longues, à la lumière de ce que ces défis représentent...

De ce que cela représente de défis et risques accrus sur nos sécurités nationales et les intérêts de nos pays. Et nous nous sommes mis d'accord sur le fait qu'il est très important que la communauté internationale ait accès pour contrecarrer les politiques d'agression et provocantes de la part de forces régionales qui les adoptent et qui ne respectent pas les principes de la loi, et qui oeuvrent à exacerber les conflits dans la région. Dans un même contexte, nous avons mis l'accent sur le fait de régler les conflits régionaux d'une manière pacifique, se basant sur les résultats de légitimité internationale, et nous nous sommes mis d'accord sur l'importance de frayer la voie à un climat favorable à la poursuite du processus de paix entre les 2 parties, palestinienne et israélienne, avec le principe de la solution des 2 Etats, et un Etat palestinien ayant les frontières du 4 juin 1967, et ayant Jérusalem-Est en tant que capitale.

Aussi, la solution politique globale en Libye, c'est la seule voie pour réaliser la stabilité dans ce pays frère et son intégrité territoriale. Et nous avons mis l'accent sur le fait de la nécessité du morcellement de la milice armée, et l'évacuation de toutes les forces étrangères de la Libye, et exécutant ce qui a été convenu lors des réunions du comité...

Aussi, nous avons passé en revue les évolutions des négociations du barrage de la Renaissance et les démarches égyptiennes visant à parvenir à un accord légal concernant l'Europe, et le fonctionnement, qui prennent en considération les intérêts de l'Egypte, du Soudan et de l'Ethiopie. M. le président, en fin de compte, et une autre fois, j'exprime ma gratitude pour votre invitation auguste, et aussi nos discussions afin de réaliser et nos intérêts, et j'aspire, M. le président, à vous accueillir au Caire, en Egypte, l'année prochaine, en tant que cher hôte pour l'Egypte, et afin d'essayer de faire quelque chose et de répondre à ce genre d'accueil chaleureux et hospitalier qui nous a été réservé.

Merci, M. le président. -Intervenante : Une question de Bertrand Gallicher, Radio France. -B.

Gallicher : Bonjour. M. le président Macron, en janvier 2019, au Caire, vous le rappeliez d'ailleurs à l'instant, vous aviez constaté un désaccord sur la question des droits de l'homme, alors qu'est-ce qui a changé, fondamentalement, depuis ?

Les organisations non gouvernementales demandent des mesures fortes, allez-vous, par exemple, conditionner les ventes d'armes françaises, plus généralement de matériel français, à des garanties sur les droits de l'homme, comme l'a fait la future administration Biden, comme l'a annoncé la future administration Biden, pour le soutien financier à l'Egypte ? Et puis j'ai une question, également, pour le président al-Sissi. Vous dites qu'il n'y a pas de prisonniers politiques en Egypte, comment expliquez-vous que toutes les organisations de droits de l'homme documentent et dénoncent une répression persistante ?

Et vous avez parlé, tout à l'heure, d'une stratégie pour les droits de l'homme, est-ce que vous pouvez nous en dire un petit peu plus ? Et comment cela va-t-il se concrétiser ? Merci. -J'ai répondu à la 1re partie de votre question de manière très directe.

Nous avons, sur ce sujet, des désaccords, et on en parle de manière extrêmement franche, avec le président Sissi, comme on en avait parlé, en effet, en janvier 2019. Je cherche toujours, d'abord sur les principes, à convaincre qu'une société civile, je le disais, dynamique, inclusive, où chacun est représenté, dans les désaccords qui peuvent exister, plus protectrice de tout risque de terrorisme, même si nous avons, l'un et l'autre, nos pays, devrais-je dire, à vivre avec cela, et plus protectrice que la répression politique. Dans ce contexte-là, nous avons échangé sur des listes de noms, et nous continuons de pousser, ce qui, je crois, est la manière la plus efficace, à des libérations et à suivre avec bienveillance certains cas.

J'ai évoqué celui de Rami Shaath, qui est un cas que nous suivons aussi de manière très vigilante, avec plusieurs autres. Je salue à cet égard, comme j'ai l'occasion de le faire, la libération des 3 membres d'ONG avant cette visite, qui est un signe d'ouverture, et je veux voir ce travail continuer à porter ses fruits. Je ne conditionnerai pas notre coopération en matière de défense comme en matière économique à ces désaccords, d'abord parce que je crois à la souveraineté des peuples et au respect de nos intérêts légitimes et réciproques.

Ensuite, parce que je pense qu'il est plus efficace d'avoir une politique de dialogue exigent qu'une politique de boycott qui viendrait réduire l'efficacité d'un de nos partenaires dans la lutte contre le terrorisme et pour la stabilité régionale. Donc je vous réponds très franchement, je pense que faire un tel conditionnement ne ferait pas avancer une seule seconde les sujets que nous portons parce qu'ils rompraient la discussion sur ces derniers, et conditionnerait plutôt à fragiliser un de nos partenaires dans la lutte contre le terrorisme et pour la stabilité dans la région. Donc ce serait inefficace sur le sujet des droits de l'homme et contre-productif dans la lutte contre le terrorisme, c'est pour ça que je ne le ferai pas. -Traductrice : Merci, M. le président, et permettez-moi d'aborder ce thème une autre fois.

J'avais parlé en janvier, lors de notre rencontre, et j'ai parlé de l'approche de l'Egypte à cet égard, et je ne vais pas répéter ce que j'avais déjà dit. Justement, je veux dire, est-ce que vous savez que nous avons plus de 55 000 organisations de société civile qui oeuvrent en Egypte, et c'est une partie importante du travail national, vraiment, que nous aspirons à ce que ce soit un partenaire avec le gouvernement, avec la société civile. 55 associations qui sont autorisées à travailler en Egypte, et ensuite, nous parlons du fait que combien, parmi elles, se sont plaintes qu'elles n'ont pas l'occasion de travailler facilement, d'une façon complète vis-à-vis de la société ?

Nous sommes un pays où il y a 100 millions de population et qui augmente de 2,5 millions de personnes par an, Et je voudrais mentionner que le fait que vous accordiez de l'intérêt à cet égard, c'est comme si nous étions présentés comme si nous ne respections pas les gens ou n'apprécions pas notre société, ou bien, c'est comme si nous étions des leaders violents, féroces, despotes, et en réalité, cela...

Ce n'est pas le fait de ne pas parler de la sorte, mais justement, on ne doit pas présenter l'Etat égyptien, avec tout ce qu'il fait pour son peuple et la stabilité de la région en tant qu'un régime despote. Cela a disparu depuis de longues années, et l'Etat égyptien, où il y a 65 millions de jeunes, quiconque ne peut pas lui imposer un régime qu'il n'accepte pas. Je ne veux pas dire des propos...

C'est comme des propos d'enthousiasme, justement. Je suis responsable de protéger l'Etat contre un régime extrémiste qui date en Egypte depuis 90 années, et il a pu, pas seulement en Egypte, créer des bases, mais, justement, partout dans le monde, et si vous parlez du fait que vous, en France, ici, vous souffrez de l'extrémisme, parfois, ici, ce n'est qu'une partie des idées qui ont été transférées à quelques-uns de leurs disciples, ici, en France, ou peut-être en Europe. Moi, je suis responsable de protéger les 100 millions contre ce destin.

J'aurais dû espérer que la personne qui a posé la question...

Dites-moi, quel est le cas, en Libye, en Syrie, au Yémen, au Liban, en Irak, en Afghanistan ? Quel est le cas, là-bas ? Aussi au Pakistan.

Nous n'avons pas quelque chose à craindre, ou quelque chose qui peut nous mettre dans l'embarras. Nous sommes une nation qui s'efforce de créer un bon avenir pour son peuple dans une conjoncture difficile et une région très perturbée. -Intervenante : Une question de Mona, MTV. -Mona : Bonjour.

M. le président, vous avez abordé les questions en Méditerranée, ainsi que le Liban. Qu'allez-vous entreprendre comme démarches pour apaiser les tensions et pour préserver la souveraineté dans la région ?

Et si vous le permettez, une question au président Sissi en arabe. -Traductrice : M. le président, le sujet du Liban figurait parmi les priorités de l'Egypte, et vous avez participé à la conférence de l'appui du peuple libanais il y a 2 jours.

Face à la conjoncture actuelle et à l'effondrement qui existe, qu'est-ce que vous pouvez faire, notamment, que le peuple libanais sente, aujourd'hui, que le monde arabe l'a laissé de côté ? Est-ce qu'il y a un pas, par l'Egypte, pour rapprocher les points de vue ou parvenir à... -Sur votre 1re question, on va continuer, d'abord, les initiatives bilatérales.

Je l'ai dit, la stabilité en Méditerranée, passe par notre capacité à résoudre, sur le plan politique, la situation libyenne, et elle nous pousse, dans un 2e temps, à créer un cadre pacifié de coopération en Méditerranée orientale, c'est ce pour quoi, d'ailleurs, la France est intervenue l'été dernier, pour éviter tout hégémonisme dans cette zone, et je me félicite que nous ayons ensuite pu avoir une mobilisation européenne traduite dans les conclusions d'octobre dernier, permettant de mettre une pression conjointe sur les actions unilatérales que nous avions pu constater, en particulier de la part de la Turquie, et enfin, nous allons structurer cette action par la poursuite de notre initiative libanaise, à la fois sur le plan de l'aide et du soutien humanitaire onusien, comme nous l'avons fait la semaine dernière, et d'une pression politique amie. Tout ça passe par la capacité collective à réarticuler une politique méditerranéenne qui soit une politique de coopération, coopération en matière énergétique, en matière de circulation, refus de toute forme d'hégémonie et stabilité politique. Et c'est la seule stratégie qui nous permettra d'aider au développement économique harmonieux de la région et de résoudre le problème migratoire et les tensions qui l'accompagnent. -Traductrice : Je vais commencer par la 2e partie de la question, et c'est une partie très importante.

Nous ne pouvons jamais renoncer à nos frères au Liban, ou dans n'importe quel pays arabe. C'est une politique stable pour l'Egypte. Nous sommes toujours en communication avec tous nos frères, dans les pays arabes, notamment le Liban, et nous encourageons pour constituer un gouvernement le plus tôt possible pour gérer le Liban, et faire sortir le Liban hors de cette crise dont elle souffre depuis longtemps.

Cela a été l'objet de discussions longues, avec le président Macron, le Liban, notamment, et nous nous sommes mis d'accord pour intensifier nos efforts, nos amis et nous, nos amis en France, avec son poids, dans le monde et dans la région, afin de parvenir à des solutions pour la crise au Liban. Je souffre vraiment lorsque vous dites que nous, en tant qu'Arabes, nous avons mis le Liban de côté. Non, pas du tout, justement, nous, en tant qu'Arabes, peut-être qu'il y a un trouble dans notre région.

Je veux pas que chaque sujet soit hors contexte, mais non, le Liban, et chaque pays arabe, la Libye, la Syrie, l'Irak, le Yémen, le Sahel...

C'est avoir accès, une autre fois, à la stabilité, c'est une stratégie égyptienne invariable, ce sont les principes de l'Etat égyptien, et nous n'avons pas laissé de côté, et nous avons discuté, avec M. le président sur plusieurs efforts, et permettez, M. le président, qu'à partir de là, de la France, de Paris, je fasse l'appel, à mon nom et en celui du président Macron, à toutes les forces politiques au Liban, et à tous les Libanais qui accordent de l'intérêt au Liban, s'il vous plaît, prière de donner l'occasion à un gouvernement de venir afin de résoudre de quoi le Liban souffre, et nous sommes côte-à-côte avec vous pour la stabilité, la paix et la réussite au Liban.

Merci. -E. Macron : Merci beaucoup. -Intervenante : On vous remercie.

La conférence est finie. Merci. -Je suis désolé, on me dit qu'il n'y a pas de questions.

Il est quelle heure ? Parce que moi, j'ai simplement un rendez-vous avec la chancelière... -Intervenante : Ca a commencé. -Une minute, alors. -Traductrice : Mohamed al-Jeli du journal "Al-Youm Al-Sabee", "7e jour" en Egypte, M. le président, si nous parlons des droits de l'homme, je crois que les droits de l'homme aussi sont dans une suprématie concernant le sacré.

Ca, nous ne l'avons pas entendu de la France, ni sur les bons officiels ou les médias français, qu'on s'est excusé concernant ce qui s'est passé chez les milliards de musulmans, et le fait qu'on ait été blessés, concernant le fait que la France offense, à travers les caricatures du prophète et les médias français. Le sacré, cela est considéré parmi les droits de l'homme, et vraiment, le prophète Mohammed...

On n'a pas entendu que la France regrettait. Ca, c'est une question. 2e question : comment la France regarde ce qu'il se passe de la part de la Turquie dans les actions de la Turquie et les harcèlements dans la mer Méditerranée, et quelques pays dans la région ? -Alors, sur la Turquie, j'ai répondu.

Nous avons une volonté commune, d'ailleurs, d'assurer la stabilité dans la région, de ne laisser aucune action unilatérale amicale, et d'assurer véritablement la stabilité de cette région. La 2e chose, sur les droits de l'homme, j'ai répondu à votre confrère français ce que nous pouvions faire, dans cette matière, c'est-à-dire nous avons un dialogue exigeant, nous avons des désaccords, je les assume. Je sais que certains voudraient qu'on conditionne nos politiques à cela, mais je crois au dialogue franc, sur ce sujet des droits de l'homme comme sur les autres, et ce dialogue franc est permis aussi parce qu'il y a un partenariat stratégique entre la France et l'Egypte, et nous allons continuer d'avancer pour améliorer la situation, je l'espère, de plusieurs ressortissants, et engager dans des organisations non gouvernementales journalistes ou autres.

Pour la question que vous évoquez, c'est la question de la perception par une religion, ce qui n'est pas la même chose que les droits de l'homme, ce qui n'est pas la même chose que les droits de l'homme. Moi, je voudrais que vous compreniez ce qui s'est passé exactement et ce dont nous parlons. En France, il y a la liberté de la presse, c'est-à-dire qu'en France, un journaliste, un dessinateur de presse, écrit et dessine librement.

C'est pas le président de la République qui lui dit ce qu'il doit faire, ni quelque organe que ce soit. Et c'est comme ça depuis bien longtemps. Et depuis la Révolution, il y a eu des intermittences, en tout cas depuis que la République est République, et ça fait partie des droits de l'homme.

Et donc la question n'est pas de savoir si c'est un message de la France. Quand il y a une caricature, ce dont on a beaucoup parlé, ça n'est pas un message de la France à l'égard de votre religion ou du monde musulman, c'est l'expression libre de quelqu'un qui, en effet, provoque, blasphème. Il a le droit, dans mon pays, parce que ça n'est pas la loi de l'islam qui s'applique, c'est la loi d'un peuple souverain qu'il a choisi pour lui-même, et je ne vais pas la changer pour vous, c'est la loi du peuple souverain français.

Mais ce dessin, qui peut vous choquer, ou cet article, n'est pas pour autant un article qui émane des pouvoirs publics français, et donc ne le prenez pas comme une provocation du président de la République ou du peuple français. Il est l'expression libre d'un dessinateur ou d'un satiriste. Et d'autres lui répondent, en France, et les droits de l'homme, c'est ça, et c'est ce qui fait leur universalité.

C'est que l'un peut provoquer, parfois choquer, et je le regrette, mais un autre peut lui répondre parce qu'ils se respectent et parce qu'ils parlent en paix. Mais à partir du moment où on légitime la violence parce que quelque chose choque, alors on sort de l'universalisme de nos principes. A partir du moment où on dit : "Quelque chose m'a choqué "et ça justifie la violence ou le crime", alors là, nous rentrons dans l'inacceptable et dans ce qui ne nous permet plus de vivre ensemble.

C'est ça, le formidable apport des droits de l'homme à la paix universelle. Et c'est ce qui fait que je le défendrai toujours partout. Mais voilà, il faut parfois expliquer qui parle, d'où on parle, et à quoi tout cela sert.

Donc c'est assumé parce que c'est un cadre particulier. -Traductrice : Permettez-moi, M. le président, d'intervenir à cet égard en tout calme et dire : nous, en Egypte, notre situation était claire en ce qui concerne le fait d'être ferme et condamner n'importe quel attentat terroriste sur n'importe quel terrain.

Ca ne peut pas être le prétexte d'un attentat terroriste contre un citoyen ou contre un Etat. C'est quelque chose que nous avons condamné via le ministère des Affaires étrangères égyptien et al-Azhar, en tant qu'institution égyptienne musulmane modérée, et qui présente la religion musulmane en tant que religion de juste milieu. Ce que je veux dire à cet égard, et j'espère bien que nos amis en France, et partout dans le monde, faites attention à cet égard, et j'espère bien que...

Moi, je vais pas utiliser l'approche de notre collègue qui a posé la question en disant que c'est un des droits de l'homme. Je veux dire que l'homme a le droit d'avoir la religion qu'il veut et refuser ce qu'il veut, mais je crois que nous avons besoin de faire une méditation, et j'espère bien que ce message sera transmis à tous nos amis dans le monde, pas seulement en France et dans notre région. Il est très important, lorsque nous exprimons notre point de vue, on ne dit pas que c'est pour...

C'est-à-dire que c'est pas pour les valeurs humaines qu'on va violer les valeurs de religion. Les valeurs de religion ont la suprématie parce que les valeurs humaines, c'est nous qui les avons faites et nous pouvons les évaluer ou rationnaliser, mais quant aux valeurs religieuses, si nous reconnaissons que les religions sont célestes et de la part de Dieu, donc elles sont sacrées et ont la suprématie, et par conséquent, j'estime que...

Et rendre égales les valeurs humaines, que nous acceptons et respectons, et entre les valeurs religieuses, là, il y a quelque chose qui exige de nous un équilibre, et tout tranquillement. Lorsque vous allez exprimer votre opinion, si ça va blesser des millions, donc cela doit être révisé. Nous ne parlons pas de toutes les libertés, ni de la liberté d'expression, nous parlons justement de ce point seulement.

Vous avez le droit de refuser, mais blesser des millions de personnes, je crois qu'à travers les valeurs de poids qui se trouvent en France et dans le monde avancé, qui refuse de toucher ou porter atteinte aux droits et sentiments des autres, qu'on blesse des centaines de millions, en ce qui concerne la religion, je crois que cela exige d'être étudié et examiné lentement et le réviser. Merci. -C'est sans doute là où il y a un risque de balbutiement de notre histoire.

C'est que nous, nous considérons que la valeur de l'homme est supérieure à tout. C'est l'apport de la philosophie des Lumières, et c'est ce qui fait l'universalisme des droits de l'homme, qui fondent, d'ailleurs, la charte des Nations Unies. Et y a rien qui peut être au-dessus de l'homme et du respect de la dignité dans la personne humaine.

Et donc à cela, il y a, en effet, le respect des uns à l'égard des autres, mais dans l'ordre du politique, le religieux n'entre pas, et jamais au titre d'une religion, quelle qu'elle soit...

Parce que les mêmes qui se moquent parfois de l'islam, ce qui vous choque, se moquent de la religion catholique, se moquent du judaïsme. Les mêmes. Aucune religion, parce qu'on se moque d'elle, n'a le droit de déclarer la guerre, parce que dans cet espace où les hommes se respectent, ils ont la possibilité de débattre librement, et je ne ferai jamais une équivalence entre choquer ou respecter l'autre, et justifier des violences, parce que l'apport extraordinaire de l'esprit des Lumières, de la Révolution et de ce qui a fait l'universalisme de nos valeurs, c'est le fait qu'il n'y a rien au dessus de la personne humaine, de l'individu libre et doté de raison.

Et après, cet individu libre décide de croire ou de ne pas croire, choisit sa religion, et quand c'est dans l'ordre du religieux, il ne m'appartient pas d'en débattre, et le respecter, et en effet, il faut de l'intelligence entre les peuples pour qu'ils se respectent, mais dans nos pays, je crois que si nous considérons que le religieux supplante le politique dans l'ordre qui est le sien ou est supérieur à l'ordre des hommes, alors ce n'est plus nous qui gouvernons nos pays sur une base qui est celle d'un principe démocratique, c'est autre chose, ce sont des théocraties, ça n'est pas l'ordre que nous avons choisi. Il y en a eu, dans l'histoire. Je ne pense pas que cela amène au meilleur.

Mais c'est très important, le débat que nous avons là. C'est le débat qu'il peut y avoir sur la décence et ce qui peut choquer l'un l'autre dans le rapport entre êtres humains, et ce qui doit structurer un ordre politique, sur le plan international. Sur le plan international, l'ordre politique et l'ordre des valeurs, il n'est pas structuré par le religieux.

C'est un fait. Merci beaucoup. Merci à tous. -Traductrice : Merci beaucoup.