RETRAITES : LA DROITE EN RÊVAIT, MACRON L'A FAIT
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Nous proposons que celles et ceux qui le peuvent travaillent progressivement plus longtemps pour atteindre 64 ans en 2030. La Première ministre ne nous a pas servi une allocution mais une véritable déclaration de guerre sociale. On est satisfait d’avoir été entendu.
Les Républicains font l’erreur de leur vie, ils vont se suicider avec Macron. Dans une réforme des retraites, il ne s’agit pas de jouer les ravis de la crèche dès qu’une annonce est faite par la Première ministre, il s’agit pour nous d'être exigeants. La baston qui démarre c’est d’abord de décortiquer l’enfumage et le matraquage d’informations fausses qui a commencé dans le Powerpoint qui nous a été présenté tout à l’heure.
Seul le nombre peut permettre de faire reculer ce gouvernement. Bonjour à tous, ce qu’il faut retenir des annonces d’Elisabeth Borne, les concessions faites à LR et la gauche qui se met en ordre de bataille, je vous en parle tout de suite dans cette chronique de Blast. C’est la mère de toutes les réformes pour Emmanuel Macron.
Hier la Première ministre est venue en détailler les principales mesures : Nous proposons que celles et ceux qui le peuvent travaillent progressivement plus longtemps. Aussi, à compter du 1er septembre, l’âge légal de départ à la retraite sera relevé progressivement de trois mois par an pour atteindre 64 ans en 2030. La première d’entre elles est le report de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans d’ici 2030.
Aujourd’hui c’est 62. L’âge légal sera progressivement relevé au rythme de trois mois par an à partir du 1er septembre. À la fin du quinquennat il sera donc fixé à 63 ans et 3 mois, puis atteindra 64 ans en 2030.
Cette mesure sera couplée à une accélération de l’allongement de la durée de cotisation, qui interviendra plus rapidement que prévu par la loi Touraine de 2014. Il faudra avoir cotisé quarante-trois ans dès 2027 au lieu de 2035 pour obtenir une pension de retraite à taux plein. Petit point pour bien comprendre de quoi nous parlons.
L'exécutif souhaite redresser un régime en déficit, selon lui. Il doit donc faire des économies, en faisant en sorte que les gens partent en retraite plus tard. Pour cela, il dispose de deux outils : soit il augmente le nombre d'annuités qui détermine le taux plein avec lequel on peut partir.
Plus on commence tard et plus il faudra travailler longtemps. C’est pour cela que dans les faits en moyenne les Français partaient à 62,9 ans jusqu’à présent. L’autre option c’est repousser l'âge légal qui est contraignant pour tout le monde quelque soit le temps qu’on a cotisé.
Le nouveau dispositif est censé permettre aux caisses de retraites d’économiser 17,7 milliards en 2030. Le gouvernement explique que sans cette mesure d’âge, il lui faudra diminuer les pensions des retraités. Mais entre l’allongement de la durée du travail et la diminution des pensions, il existe une troisième voie : un financement via une hausse des prélèvements obligatoires.
Des entreprises qui réalisent des profits records par exemple. Le choix que nous faisons, c’est de ne pas augmenter les impôts ni des Français ni des entreprises mais de continuer à les baisser, ce que nous faisons parce que c’est important pour le pouvoir d’achat des Français et c’est parce que c’est important pour la logique du plein-emploi et que nous avons fait le choix de demander de consacrer les efforts sur le fait de travailler un peu plus longtemps que sur le matraquage fiscal des uns et des autres ou sur les baisses de pension des retraités. Le gouvernement peut politiquement refuser cette option, mais on ne peut pas nier son existence.
Dernier rappel enfin : c’est François Mitterrand, qui en 1982, avait fait passer la retraite de 65 à 60 ans. Cela fait bien 15 ans que la gauche et donc les socialistes proposent l’abaissement de la retraite à l’âge de 60 ans. Le report de 60 à 62 ans de l’âge légal, on le doit à la droite de Nicolas Sarkozy.
L’augmentation de 40 à 43 annuités, c'est la gauche de François Hollande. Aujourd’hui on a le package complet avec les deux mesures en simultané. C’est sans doute ça aussi le en même temps.
Mais alors pourquoi 64 ans et pas 65 comme annoncé dans le projet présidentiel d’Emmanuel Macron ? Tout simplement parce que sans majorité absolue, il fallait composer avec les Républicains. Eric Ciotti, le tout nouveau président de LR avait posé ses conditions pour un éventuel soutien de son parti à la réforme. 65 c’était trop brutal, 64 c’est un chiffre pair, c’est mieux.
Et puis le rythme était bien trop rapide, il fallait que l’augmentation soit plus progressive. Et surtout il réclamait une revalorisation des petites pensions à 1 200 euros net, soit 85 % du Smic, non seulement pour les nouveaux retraités, mais aussi pour les actuels. Et bien tout cela figure dans les annonces d’hier.
Olivier Marleix ne cachait pas sa satisfaction. Nous prenons acte que la Première ministre a entendu un certain nombre de nos demandes. La première, la plus importante, c’est que le rythme de la réforme des retraites ne soit pas un rythme brutal.
On est satisfait d’avoir été entendu. Les Républicains imposent donc leurs conditions à l'exécutif. Cette réforme, ils la réclament depuis longtemps.
Dans les programmes présidentiels de François Fillon et Valérie Pécresse, c’était même 65 ans qui était prévu. C’est une réforme de droite. Mais il y a un revers à la médaille, c’est leur projet mais c’est la majorité qui le réalise et qui pourra en revendiquer la paternité.
Et une nouvelle fois, les LR apparaissent comme les supplétifs du gouvernement. Ce qui pousse certains à jouer la fermeté : Je pense que ligne rouge veut dire ce que ça veut dire. J’ai été clair depuis le départ, j’ai dit que si les différents points, les carrières des femmes, et ça semble aujourd’hui avancer dans le bon sens, est une bonne nouvelle, si les pensions de retraite pour celles et ceux qui sont déjà en retraite à 85% et si pour ceux qui ont commencé à travailler tôt on avait une pénalité, ce qui se profile dans les annonces de la Première ministre, je ne voterai pas ce texte.
La Première ministre a aussi annoncé qu’il y avait une marge de discussion jusqu’au débat parlementaire, et dans le cadre du débat parlementaire. Deux situations qui doivent être précisées rapidement. Une partie du groupe LR pourrait-elle aller jusqu’à refuser de voter le texte du gouvernement ?
C’est peu probable tant cette réforme est consubstantielle à leur ADN. Cependant, ils peuvent continuer à faire un peu monter les enchères. Le reste de la droite et de l'extrême droite est contre.
L’exécutif a donc besoin d’eux pour éviter d’avoir encore recours à un 49.3. C’est un projet monstrueux sur le plan social, et c’est un projet uniquement tactique de la part du gouvernement pour absorber LR qui va disparaître.
Les Républicains font l’erreur de leur vie, ils vont se suicider avec Macron. Bon courage. En tout cas moi je lutterai de toutes mes forces contre ce projet.
Toute cette réforme ne vise qu’à faire plaisir d’une part à Bruxelles et à mettre de l’argent dans les comptes, pour peu que ça marche, pour financer d’autres mesures qui n’ont rien à voir, une fois de plus, avec le sauvetage du système des retraites par répartition. A gauche, sans surprise, on dénonce sur le fond une réforme injuste, brutale et inutile : La Première ministre ne nous a pas servi une allocution mais une véritable déclaration de guerre sociale aux Français et aux Françaises, qui je le rappelle, selon le dernier sondage qui est paru, sont à 80 % opposés à cette réforme des retraites, ce qui pose quand même un véritable problème démocratique. Les Français, unis, n’en veulent pas.
Les organisations syndicales, unies, n’en veulent pas. La gauche, unie, n’en veut pas. C’est la réforme d’Emmanuel Macron.
C’est la réforme Ciotti. On essaie de nous faire croire que ce projet est incontournable et qu’on ne pourrait pas y échapper. La réalité a été tronquée dans ce qui nous a été dit, et nous ferons la démonstration qu’on peut tout à fait faire autrement et préserver un vrai droit à la retraite dans notre pays.
Mais on dénonce aussi la forme puisque cette réforme sera intégrée au futur projet de loi de financement de la Sécurité sociale rectificative, qui sera présenté en conseil des ministres le 23 janvier. Ca veut dire que le gouvernement a fait le choix du passage en allant vite, pensant que ça va désamorcer la mobilisation sociale qui est l’appui principal dont nous avons besoin pour pouvoir faire reculer cette réforme. La baston qui démarre c’est d’abord de décortiquer l’enfumage et le matraquage d’informations fausses qui a commencé dans le Powerpoint qui nous a été présenté tout à l’heure.
Sauf à faire un peu d’obstruction parlementaire en déposant des amendements, la gauche n’a guère de moyens pour s’opposer à la réforme dans l'hémicycle. La suite sera évidemment dans la rue avec la mobilisation syndicale. Ce sont bien 17 milliards, tels que l’a dit la ministre, qui seront pris sur le corps, sur le temps, sur l’argent des plus pauvres, des plus modestes, pour payer les choix politiques du gouvernement.
Et ça c’est inacceptable. Ce qu’on espère, pour en revenir à votre question sur la mobilisation, c’est que les gens ne seront pas résignés mais seront déterminés parce que seul le nombre, seul le nombre peut permettre de faire reculer ce gouvernement, et c’est là notre détermination d’être une force qui permet d'accompagner cette résistance. 68 % des Français sont défavorables au report de l’âge légal, même à 64 ans.
Le projet fait aussi l’unanimité contre lui parmi les syndicats. Hier, les dirigeants des huit grands syndicats ont tous appelé à une grande journée de grève et de manifestation le jeudi 19 janvier. Tous ?
Oui, même la CFDT. Pour le syndicat réformiste, le report de l’âge légal a toujours été une ligne rouge, comme pour le président d’ailleurs. Tant qu’on n’a pas réglé le problème du chômage dans notre pays, franchement ce serait assez hypocrite de décaler l’âge légal.
Je veux dire, quand aujourd’hui on est peu qualifié, quand on vit dans une région qui est en difficulté industrielle, quand on est soi-même en difficulté, qu’on a une carrière fracturée, bon courage déjà pour arriver à 62 ans, c’est ça la réalité de notre pays. Alors on va dire : “Non, non. Il faut maintenant aller à 64 ans.” Vous ne savez déjà plus comment faire après 55 ans, les gens vous disent : “Les emplois ce n’est plus bon pour vous.” C’est ça la réalité, c’est le combat qu’on mène.
On doit d’abord gagner ce combat avant d’aller expliquer aux gens : “Mes bons amis travaillez plus longtemps, c’est le délai légal.” Ce serait hypocrite. Et j’invite les gens qui, de manière simpliste, quand j’entends certains qui ne l’ont pas fait quand ils étaient aux affaires, dire : “C’est ça la solution” d’abord de regarder notre société.
Hier enfin la gauche tenait son premier meeting unitaire à Paris à l'initiative de François Ruffin et Reporterre . Le premier d’une longue série. Sur ces images d’Anouk Milliot et Hamza Chennaf, la Nupes entend afficher son unité.
La gauche a déjà appelé à sa propre journée de mobilisation le 21 janvier. Dans cette rentrée qui s’annonce chaude socialement et politiquement, nous serons sur le terrain pour couvrir les différentes mobilisations. Si vous le souhaitez, vous pouvez commenter, mettre un pouce bleu et activer la cloche pour ne rien rater de nos contenus.
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Merci à tous et comme c’est la première vidéo de janvier, je vous souhaite malgré tout une bonne année.
Élisabeth Borne