Sébastien Chenu : "Marine Le Pen ne commente pas l'action d'Emmanuel Macron, elle propose des solutions"
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- 0:26OuverteRéponse partielle
La discrétion, c'est un peu le nouveau crédo de la présidente du RN ?
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Elle l'a quand même fait dans le passé.
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Marine Le Pen n'a pas pris la parole pour commenter l'actualité depuis le 17 juillet.
- 1:27OuverteRéponse directe
C'est un nouveau, une nouvelle forme d'apparaître ?
- 1:52OuverteRéponse directe
Elle prend de la hauteur, elle se présidentialise dès maintenant.
- 2:20OuverteRéponse directe
Vous trouvez qu'Emmanuel Macron parle trop ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Il n'est pas question de discrétion. Marine Le Pen fera un discours politique la semaine suivante à Fréjus. »
- 0:46Invité politiqueFait
« Marine Le Pen ne commente pas l'action d'Emmanuel Macron. »
- 1:34Invité politiqueFait
« Marine Le Pen est la seule qui aujourd'hui a pu disputer, et pourrait disputer demain un second tour d'ailleurs, à Emmanuel Macron. »
- 2:22Invité politiqueFait
« On a un président de la République bavard. »
- 3:07Invité politiqueFait
« Ce gouvernement, il est effectivement un peu à l'arrêt. »
- 3:21Invité politiqueFait
« Bon, visiblement, rien n'est fait. »
- 3:36Invité politiqueFait
« Je pense beaucoup de Français avec moi, qu'il n'a pas apporté les réponses aux attentes des Gilets jaunes en matière de démocratie, d'aménagement du territoire. »
- 4:44Invité politiqueFait
« Oui, il a vu que d'une façon directe ça ne marchait pas. »
- 4:49Invité politiqueFait
« Oui, personne n'est dupe. Ce sera ou travailler plus longtemps, ou partir en retraite plus tard. »
- 5:39Invité politiqueFait
« Moi je pense que les professions évoluent, les systèmes de retraite doivent pouvoir évoluer. »
- 6:15Invité politiqueFait
« Oui, mais pas en bonne santé. »
- 6:21Invité politiqueFait
« Vous avez remarqué que c'est à partir de 64 ans que l'état de santé commence à se détériorer. »
- 7:18Invité politiqueChiffre
« Si on augmente les salaires d'un pour cent, eh bien, on ramène 2,5 milliards de cotisations supplémentaires dans les caisses de l'État. »
- 8:53Invité politiqueFait
« Le fondement, c'est qu'on supprime, dans cet article, dans ce texte sur la PMA, l'idée que remédier à l'infertilité d'un couple passe par une technique médicale. »
- 9:29Invité politiqueFait
« Cette gémélité du droit, cette technique qui pourrait leur permettre d'avoir des enfants, ça s'appelle la GPA. »
- 10:45Invité politiqueFait
« Bon, évidemment, entendre ce genre de choses sur un terrain ou ailleurs dans la société est condamnable. »
- 12:49Invité politiqueFait
« On a l'habitude de dire au Rassemblement National, les sujets de société doivent être traités par la société. »
- 13:29Invité politiqueFait
« Un certain nombre de responsables de notre famille politique, je pense à Jordan Bardella, David Racheline, Julien Audoul, ont exprimé leur souhait de ne pas revenir sur le mariage. »
- 14:35Invité politiqueFait
« Je pense qu'ils sont tous attachés à une chose, c'est effectivement la non-marchandisation du corps, et qu'on n'aille pas vers la GPA. »
- 21:19Invité politiqueFait
« M. Bolsonaro applique un programme ultralibéral qui laisse effectivement faire un certain nombre d'actes anti-environnementaux comme ceux que vous venez de citer. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu76 %
- Locuteur non identifié22 %
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France Inter. Le 6-9 du week-end, Éric Delvaux.
Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour. Et merci de venir ce matin à France Inter.
Merci de me recevoir.
Porte-parole du Rassemblement National, députée du Nord. Marine Le Pen fera sa pré-rentrée demain, dimanche, à Hénin-Beaumont. Juste une apparition, quelques mots, dit-on, après une longue trêve estivale. La discrétion, c'est un peu le nouveau crédo de la présidente du RN ?
Il n'est pas question de discrétion. Marine Le Pen fera un discours politique la semaine suivante à Fréjus. Il est simplement question, dans ce brouhaha médiatique de l'été, de ne pas être en situation d'être une commentatrice. Marine Le Pen ne commente pas l'action d'Emmanuel Macron.
Elle l'a quand même fait dans le passé.
En tout cas, pas seulement. Elle vient proposer des solutions. Et donc, par conséquent, je crois qu'elle a pris justement le temps et la hauteur de vue nécessaires pour venir proposer des solutions aux Français. Ce qu'elle fera à la rentrée de Fréjus en particulier. Elle commence par Hénin-Beaumont auprès de ses électeurs. Elle fait toujours ainsi. Je crois que c'est de bonne politique.
Mais j'ai regardé un petit peu. Marine Le Pen n'a pas pris la parole pour commenter l'actualité. Depuis le 17 juillet, la rentrée politique, c'était il y a trois semaines avec Emmanuel Macron. Entre temps, elle a eu largement le temps de commenter l'actualité. Je reviens sur cette discrétion. C'est un nouveau, une nouvelle forme d'apparaître ?
Non, mais je crois qu'il est bon lorsqu'on prétend gouverner le pays. Marine Le Pen est la seule qui aujourd'hui a pu disputer, et pourrait disputer demain un second tour d'ailleurs, à Emmanuel Macron. Il est important, je crois, de ne pas se situer dans cette posture simplement du commentateur et d'être dans le bruit de fond permanent.
C'est nouveau, c'est tout de même nouveau ça chez Marine Le Pen. Elle prend de la hauteur, elle se présidentialise dès maintenant.
Parce qu'elle a une stature présidentielle et que par conséquent, je crois qu'elle a un certain nombre de personnes autour d'elle, votre serviteur ce matin, qui sont là pour peut-être eux-mêmes commenter l'actualité, eux-mêmes peut-être faire avancer un certain nombre de positions au jour le jour. Marine Le Pen, elle tracera des grandes perspectives pour la France et pour les Français. Et je pense que la raréfaction d'une parole politique, c'est mieux que simplement vouloir, comme certains, l'ouvrir à tout bout de champ pour dire n'importe quoi.
Vous trouvez qu'Emmanuel Macron parle trop ?
On a un président de la République bavard. Le problème, c'est qu'on a un président de la République bavard pour nous dire qu'il arrête tout. Le gouvernement est à l'arrêt finalement. Fini le temps des grandes réformes, fini le temps... Maintenant, on fait des débats surtout de façon à enterrer les sujets ou à les faire digérer par les Français.
L'inaction est devenue le moteur d'Emmanuel Macron, avez-vous dit.
Oui, c'est ça, parce qu'en fait, je vois bien la construction qui est en train de se faire. D'abord, c'est la fin du Nouveau Monde. Je pense que tout le monde l'a compris. Toutes les mauvaises pratiques, qu'elles soient celles des partis politiques comme La République en marche, les guerres de chefs, les guerres de clans, etc., apparaissent au grand jour. Ils ne sont pas mieux que les autres. Ce sont des hommes, et à ce titre, ils ressemblent à tous ceux qu'ils ont dénoncés. Mais surtout, ce gouvernement, il est effectivement un peu à l'arrêt. Il ouvre des débats, surtout pour ne pas traiter les sujets de fond. Je le vois sur l'immigration. Il y avait eu la loi Asile.
Gérard Collomb doit se retourner dans sa mairie de Lyon quand il voit ça. Ça devait être la loi Asile, la grande loi pour gérer les flux migratoires dans notre pays. Bon, visiblement, rien n'est fait. On repart dans une déclaration. Non, non, non, ce n'est pas vrai. Il y aura un grand débat parlementaire sur l'immigration à la fin du mois. On va de grand débat en grand débat. Le problème, c'est que le dernier grand débat qu'on a connu, c'était celui des Gilets jaunes. Et j'ai le sentiment, et je pense beaucoup de Français avec moi, qu'il n'a pas apporté les réponses aux attentes des Gilets jaunes en matière de démocratie, d'aménagement du territoire.
C'est tout de même surprenant ce que vous dites, Sébastien. Chez nous, on évoquait à l'instant le changement de paradigme, un peu de positionnement de Marine Le Pen qui se présidentialise. Et là, on évoque un Emmanuel Macron à qui on a reproché d'être trop vertical, trop jupitérien. Voilà maintenant qu'il cherche de l'horizontalité à travers les concertations et autres consultations. Vous lui reprochez désormais d'être un peu trop attentif et un peu plus humble ?
Non mais j'y crois pas. Si vous voulez, on a compris que c'était une nouvelle forme de communication pour le Président de la République, de communication. Sur le reste, il ne renonce à rien et on pourrait en parler notamment sur la réforme des retraites. Vous savez, les concertations, elles existent partout dans le pays sur tous ces sujets-là. Emmanuel Macron n'invente rien. Les réunions de quartier existaient avant le grand débat ou les grands débats concernant les gilets jaunes. Mais il les applique à lui-même désormais ? Non mais le Président de la République a une feuille de route qu'il essaye de faire passer au forceps aux Français. Au forceps ?
Mais il multiplie les concertations, les consultations. Oui, il a vu que d'une façon directe ça ne marchait pas. Alors il essaye autrement. Mais vous savez par exemple sur la réforme des retraites, la logique, tous les Français l'ont compris. Oui, personne n'est dupe. Ce sera ou travailler plus longtemps, ou partir en retraite plus tard. Enfin de toute façon, c'est la logique dans laquelle se place le Président de la République. Soit. Mais comme il a compris que les Français n'en voulaient pas, qu'il n'y ait pas d'assentiment populaire à cette réforme, alors il monte un artifice qui est un débat d'un an, un an et demi, alors que tout a déjà été dit.
D'ailleurs les leaders syndicaux, à part la CFDT qui est le partenaire avec lequel il a installé un tête-à-tête, tous les leaders syndicaux l'ont dénoncé. On sait très bien quelles sont les finalités d'Emmanuel Macron. Il a trouvé un autre biais pour essayer de faire passer les positions les plus difficiles aux Français.
Ça veut dire qu'au Rassemblement National, vous contestez cette fusion des 42 régimes. Il faut les préserver ces 42 régimes ?
Ah ben il y a des régimes sur lesquels il est nécessaire de se pencher. Je pense qu'il y a notamment des agents de la fonction publique, je pense. Les cheminots ? Non, par exemple à la police, sur les cheminots, on peut regarder les choses. Moi je pense que les professions évoluent, les systèmes de retraite doivent pouvoir évoluer. Mais la simplification, qui est un peu l'idée qu'on essaye de nous vendre, en réalité, c'est la transformation de notre système de retraite. Qu'est-ce qui est en train de se passer ?
En fait, et c'est le grand débat qui sert de manœuvre, on nous dit, l'État bienveillant nous explique qu'en fait il va réaliser des objectifs formidables, qui est effectivement la fusion des régimes, etc. Derrière cette logique-là, on va constater qu'il va falloir travailler plus longtemps. Les Français l'ont bien compris, ils ont, je crois, bien entendu le message.
Oui, mais on vit aussi beaucoup plus longtemps.
Oui, mais pas en bonne santé. Vous avez remarqué que c'est à partir de 64 ans que l'état de santé commence à se détériorer. Or, c'est l'âge, l'invention de l'âge pivot, il est à 64 ans.
Que souhaite M. Delevoye ? Pour l'instant, ce n'est pas encore dans les tuyaux. Parce que d'ailleurs, Emmanuel Macron, il écarte l'âge pivot au profit d'une durée de cotisation.
Vous y êtes plutôt favorable ? Non, parce que je ne suis pas favorable à cette logique. La logique d'Emmanuel Macron, c'est la retraite à point. Or, ça pose beaucoup de questions. Tout dépend de la valeur du point. La valeur du point, comment il évolue. On parlait d'espérance de vie, tout le monde n'a pas la même espérance de vie. Donc, on voit bien que c'est très difficile d'imaginer, de se projeter, de pouvoir prévoir sa retraite. Mais il y a d'autres logiques dans ce pays qui pourraient effectivement prendre part au débat et qui pourraient nous amener à considérer que partir en retraite plus tôt, dès qu'on a 40 années de cotisation.
Dès qu'on a les 40, qu'on puisse partir parce que, justement, la vie se prolonge. On peut partir peut-être plus tôt en bonne santé. Ça, c'est une autre logique. Mais pour cela, il faut actionner d'autres leviers. Effectivement, la hausse des salaires, je regardais un petit peu. Si on augmente les salaires d'un pour cent, eh bien, on ramène 2,5 milliards de cotisations supplémentaires dans les caisses de l'État. Donc, on voit... Alors, c'est une autre logique.
Mais il faut les dépenser, ces 1 pour cent, tout le monde.
Non, mais c'est celle que nous défendons. Si on élargit l'assiette de cotisation, avec tous les débats qu'on peut avoir sur l'élargissement de l'assiette de cotisation, alors, on peut peut-être gagner quelques années pour que les Français puissent profiter davantage d'une retraite en bonne santé. C'est une autre logique. Le gouvernement, il a une logique qui est celle de la libéralisation de notre système de retraite à travers cette retraite à point. Il a compris que les Français n'en voulaient pas. Il monte un artifice qui est un...
Enfin, ce sera toujours une retraite par répartition. C'est-à-dire que les actifs vont payer pour les retraités.
Vous savez, on nous dit ça aujourd'hui. Et puis, dans 10, 15 ans, on remettra en cause ce schéma. C'est la première porte qui s'ouvre pour la remise en cause de la retraite par répartition.
Toujours au chapitre des réformes, la PMA pour toutes qui entrera lundi en commission au Parlement. Marie Le Pen y est opposée, tout comme vous. Pour quel motif ?
Vous savez, moi, j'aurais eu plus de facilité, probablement, à être dans le rôle de celui qui défend la PMA. Vous faites référence à votre ancienne fonction de fondateur de Guéliebe. J'ai défendu l'ouverture du mariage et je crois que c'était une bonne chose de mon point de vue. Je ne remets pas en cause, et nous ne remettons pas en cause, Marine Le Pen avec, la parentalité. C'est-à-dire la capacité, quel que soit son schéma de vie, quelle que soit son organisation de vie, à élever des enfants. Ce n'est pas ça, le fondement. Le fondement, c'est qu'on supprime, dans cet article, dans ce texte sur la PMA, l'idée que remédier à l'infertilité d'un couple passe par une technique médicale.
Et en fait, ce n'est pas pour remédier à l'infertilité d'un couple, aujourd'hui, qu'on utilise cette technique médicale. C'est pour répondre à un désir. Donc, c'est l'adaptation de la loi à un désir. Le désir, je peux l'entendre, mais je considère... Enfin, le désir, il existe aussi dans les couples hétérosexuels. Mais c'est pour ça que je vous dis, ce n'est pas une problématique liée au couple homosexuel uniquement. Mais le problème de tout ça, c'est qu'une fois que vous avez répondu à ce désir pour les couples de femmes, évidemment, les couples d'hommes vont demander une gémélité du droit.
Cette gémélité du droit, cette technique qui pourrait leur permettre d'avoir des enfants, ça s'appelle la GPA. Mais Macron est opposé, il l'agit, ils le redisent au gouvernement, ils y sont opposés. Il faut être, d'ailleurs, entre nous, sincèrement, la PMA, la GPA, elles existent déjà en France. C'est faire semblant de se cacher derrière son petit doigt. Il y a des gens, y compris qui ont un espace médiatique important pour pouvoir en parler, qui pratiquent tout cela, ne sont pas poursuivis devant les tribunaux. Donc, on voit bien que ça existe. Donc, on est en train de nous raconter qu'il n'y aura jamais de GPA. Ça existe déjà.
Il y a des gens qui sont déjà en train de le faire dans notre pays. Mais moi, je crois que ça ouvre d'autres fronts. Après, c'est à partir du moment où la loi répond au désir. On peut trouver une technique qui permette de désirer plutôt un garçon qu'une fille. On arrive sur la marchandisation des corps. Tout ça, c'est quand même des problématiques, absolument, mais des problématiques très importantes, très lourdes, très structurantes. Il faut que ce soit encadré. Ce sera très difficile d'être encadré. En tous les cas, les exemples qu'on a autour de nous à l'international nous montrent que c'est très compliqué.
L'homophobie dans le monde du football. Le président de la Fédération française, Noël Legrette, estime qu'on arrête trop souvent les matchs lors d'injures homophobes en provenance des tribunes. D'ailleurs, il trouve que les ministres en font trop sur le sujet. Comment entendez-vous les propos du président de la 3F ?
Bon, évidemment, entendre ce genre de choses sur un terrain ou ailleurs dans la société est condamnable. Je ne suis pas sûr que ce soit la solution d'arrêter les matchs systématiquement, parce qu'après les insultes homophobes, on trouvera des insultes qui toucheront un autre groupe de la population, et on ne va pas complètement en sortir. Et puis derrière ça, j'arrive à comprendre, il y a aussi une espèce d'aseptisation permanente de la société, qui fait qu'on verrouille de tous les côtés la capacité qu'ont les gens à s'exprimer, parfois formale. Et la loi est là pour border ça. La loi est là pour border les gens qui la dépassent et qui insultent les autres. La loi, elle existe.
Et quand la loi insulte les homosexuels, et ce n'est pas de la discrimination répréhensible par la loi ?
J'ai toujours souhaité que la loi protège les plus faibles. C'est une évidence. Mais là, on parle de quelque chose de très précis, qui est d'arrêter des matchs à partir du moment où il y a des cris homophobes. Alors, qu'est-ce qu'il faut faire ? Moi, je vous le signe. Qu'est-ce qu'il faut faire quand il y a des cris homophobes dans un stade ? Je pense qu'il faut responsabiliser les clubs, plutôt. Je pense que c'est à travers une relation avec les clubs, les clubs de supporters, etc., qu'on peut essayer de faire reculer les choses.
Je crois qu'on ne pourra pas le faire autrement, parce qu'après, je vous dis, les insultes homophobes, les insultes racistes, les insultes contre les femmes, il y aura toujours quelqu'un qui aura une idée absolument abominable. Et on va arrêter tous les matchs. Donc, je ne suis pas sûr. Je pense qu'il y a un travail long à faire avec les clubs, à faire dans le monde du sport, d'ailleurs, à faire avec des acteurs culturels dans les associations sportives, qui, parfois, ont une vision de la femme ou une vision des homosexuels qui est pour le moins dévalorisante. Eh bien, je pense que là, il y a un travail énorme à faire.
Comment est expliqué la relative prudence de Marine Le Pen sur ces sujets de société ? Par exemple, elle avait promis d'abolir le mariage homosexuel si elle parvenait au pouvoir, et puis, parallèlement, elle n'a pas souhaité participer aux manifestations contre la loi Taubira. Qu'est-ce qu'il faut comprendre à cette stratégie de Marine Le Pen ? Prudence d'un côté et puis affirmation de l'autre très vindicative.
D'abord, c'est, je pense, intellectuellement, un vrai respect en ce qui la concerne des libertés de pensée, des libertés des uns et des autres sur ces sujets de société. Vous savez, nous, on a l'habitude de dire...
Enfin, elle voulait quand même abolir le mariage homosexuel.
Je vais vous répondre sur ça. On a l'habitude de dire au Rassemblement National, les sujets de société doivent être traités par la société. C'est-à-dire que le référendum nous semble être une voie intéressante, justement pour trancher des sujets qui ne font pas consensus. Parce que ces sujets de société, vous les prenez dans tous les partis politiques, ils ne font pas consensus. La PMA ne fait pas consensus chez les Républicains, la PMA ne fait pas consensus même aux groupes socialistes. Il y a des députés socialistes qui sont réservés. Sur le mariage, Marine Le Pen l'avait expliqué.
Elle préférait un pacte s'améliorer qui donne les mêmes droits sans s'appeler mariage et qui ne permettent pas, évidemment, d'arriver vers ces thématiques de filiation dont on a parlé, c'est-à-dire ouverture de la PMA. Un certain nombre de responsables de notre famille politique, je pense à Jordan Bardella, David Racheline, Julien Audoul, ont exprimé leur souhait de ne pas revenir sur le mariage. Moi, titre personnel, ça me va bien. Mais je pense que ce ne sont pas des décisions qui se prennent à la légère. Donc, par conséquent, le temps de la réflexion, il est long sur les sujets de société. Marine Le Pen est très respectueuse des grands équilibres de notre société, mais aussi de chacun.
Mais elle est très attachée aussi à un certain nombre de valeurs solides. Ces valeurs, c'est effectivement, aujourd'hui, l'amène à se positionner, par exemple, contre la PMA, le débat sur le mariage. Si un jour, il se réouvre, qu'il soit tranché par les Français par référendum. Si un jour, il se réouvre, s'il y a une majorité de Français qui veulent en reparler et un référendum, eh bien nous, nous irons vers le référendum si les gens veulent en reparler. Ce sera tranché. Ce n'est pas trop d'illusions sur le résultat.
Sur la PMA, vous dites que vous voterez contre, mais tout le monde n'est pas forcément d'accord au sein du groupe RN. Je pense à... Pour voter contre, je pense à Bruno Bild et Ludovic Pajot, ils seraient plutôt proches d'une abstention. C'est décidé, vous voterez contre, ou vous allez encore en débat ?
Nous allons en parler cette semaine. Vous avez des informations que je n'ai pas. Je parlais tout à l'heure des sujets de société qui peuvent faire débat selon ce que les uns et les autres sont, selon ce que les uns et les autres véhiculent. En revanche, je pense qu'ils sont tous attachés à une chose, c'est effectivement la non-marchandisation du corps, et qu'on n'aille pas vers la GPA. Je pense qu'on partage tous cette conception. Donc on va voir le texte, on en parle cette semaine, on prendra une position cette semaine, mais je pense que sur les fondamentaux de notre société, on se rejoint très bien.
Quand je mettais en évidence l'abstention, c'est peut-être pour ne pas effrayer votre électorat conservateur dans la perspective des municipales ou la perspective de 2022. Ça peut jouer aussi plutôt entre l'abstention ou voter contre. C'est une affirmation aussi d'un choix de société.
Non, mais vous savez, vous avez rappelé les prises de position qui avaient été les miennes. Le moins qu'on puisse dire, c'est que le RN n'est pas un mouvement conservateur. Il est présidé par une femme. Il a en son sein un certain nombre de représentants qui ont eu des positions plutôt avancées sur les questions de société, je crois en être. Donc nous ne sommes pas des conservateurs, mais nous sommes attachés à un certain nombre de valeurs et aux grands équilibres de notre société.
Les municipales, 22 mars et avant le 15 mars pour le premier tour, avec quel parti concurrent pourriez-vous vous entendre afin de conquérir quelques villes en mars prochain ?
Vous savez, les municipales, ce n'est pas toujours une histoire de parti politique, c'est une histoire de personnalité. Tous les maires, en réalité, cherchent à ouvrir leur liste. Il n'y a aucune liste qui est 100% socialiste. 100% on l'a vu derrière, au dernier municipal, Mme Hidalgo, elle avait accueilli en son sein des gens qui venaient du centre droit.
La preuve pour Paris, vous avez dit à propos de Cédric Villani, que vous aviez de l'estime pour lui parce que c'était un garçon brillant.
Mais oui, mais c'est un collègue avec qui j'entretiens des relations cordiales et d'estime, je l'espère, réciproques. Notre candidat ira le combattre. Notre candidat ira combattre Cédric Villani. Et je pense que deux projets se feront face à face. Ça ne m'empêche pas de dire que c'est un type brillant. D'ailleurs, dire l'inverse me semblerait être un peu iconoclaste. Sur les municipales, nous, on va ouvrir très largement nos listes. Il y a des listes qui vont être soutenues par le Rassemblement national, des listes qui seront Rassemblement national parce que leur tête de liste s'affichera comme telle.
Je dis soutenues par le Rassemblement national, je pense par exemple à Carpentras où c'est le général Bertrand de Lachenais qui était le numéro 2 de l'armée de terre qui aura notre soutien. Et puis des listes ouvertes sur la gauche. Moi, vous imaginez bien que dans le Nord, chez nous, ce seront plutôt des gens qui viennent de la gauche qui figureront sur nos listes.
Mais jusqu'où des alliances avec le Rassemblement national par rapport au parti de l'UMP ? Jusqu'à peut-être, pourquoi pas, la France insoumise dont Jordan Bardella disait encore récemment qu'il y a entre vous et eux quelques points de convergence sur le diagnostic ?
Oui, sur le diagnostic, il y a évidemment parfois des convergences. Lorsqu'on regarde la logique maastrichtienne, par exemple, qui sous-tend la réforme des retraites, on peut considérer qu'on a un point de convergence là-dessus. On partage la même analyse. Donc, s'ouvrir très largement, aller chercher des Français qui viennent de la gauche, aller chercher des Français qui viennent de la droite, c'est notre objectif. Je remarque que c'était également celui d'Emmanuel Macron qui était un président et de droite et de gauche. Et nous, nous ne sommes ni de droite ni de gauche.
Quelque part, nous avons tous les deux, lui, avec La République En Marche, nous, avec le Rassemblement national, dépassé et fait fondre ses vieux clivages.
Oui, sauf que chez Emmanuel Macron et son parti, c'est un fondement de ce parti, La République En Marche, que de l'ouvrir effectivement, ni de droite, et de droite, et de gauche. Le Front national, puis le Rassemblement national, avaient d'autres dogmes, d'autres marqueurs. Est-ce que vous ne craignez pas, en ouvrant ainsi vos portes pour les municipales, de devenir un peu un parti un peu fourre-tout et finalement inaudible ?
Non, d'abord, chacun effectivement a son histoire. Vous avez raison de le rappeler. Je crois que c'est notre rôle de s'ouvrir, de rassembler les Français, d'où qu'ils viennent, quels qu'ils soient, quelles que soient d'ailleurs leurs origines. À partir du moment où ils se reconnaissent dans la défense de l'intérêt national, au-delà de tout, ils sont les bienvenus. Je pense que c'est nécessaire, que c'est souhaitable. Que les vieux clivages, je vous le disais, ont disparu. Ça fait bien longtemps que les Français l'ont compris avant, les politiques eux-mêmes. Et c'est à ce prix-là qu'on deviendra, non pas un mouvement d'opposition, mais demain, un mouvement de gouvernement.
Et Marion Maréchal, c'est une alliée ou une concurrente ?
Elle fait oeuvre utile. Elle parle à un électorat, qui est celui plutôt de la droite conservatrice. Eh bien, il y a d'autres personnes, je pense à un jeune élu de la France insoumise, André Cotara, qui lui parle à un électorat qui vient de la gauche souverainiste. On a besoin de deux jambes, finalement, pour avancer. Je pense qu'on peut les trouver ainsi. Est-ce que Marion Maréchal fait de la politique, toujours ? Bien sûr. Elle nous dit que non, elle. Si, je crois qu'elle a dit hier même sur une antenne, je fais de la politique au sens noble du terme. Alors, ça ne veut pas dire que lorsqu'on se lance sur les marchés
et devant les électeurs, on en fait aussi en se lançant sur les marchés,
en se présentant aux élections de façon noble. Je ne sais pas s'il y a une stratégie de revenir dans le champ électoral, puisque c'est de cela dont vous me parlez, mais je pense qu'elle fait de la politique, qu'elle contribue au débat politique, à la réflexion politique, avec les convictions qu'il anime, plus libérales et plus conservatrices, probablement que le Rassemblement National. C'est ce qu'elle disait d'ailleurs elle-même. Elle disait qu'elle avait ces convictions-là. Moi, je ne lui en fais évidemment pas le reproche. Elle a le droit de défendre ses convictions. Nous, on va probablement un peu au-delà. On ne cherche pas à rassembler la droite, on cherche à rassembler les Français.
C'est un peu trop restrictif que de vouloir rassembler la droite.
Vous rassemblez large pour les municipales. Est-ce aussi parce que vous avez finalement un peu de mal à trouver au Rassemblement National des candidats durablement crédibles ?
Non, je crois qu'on a tiré les leçons. Vous savez, la dernière fois, on avait voulu monter des listes dans le plus de villes possible. Et beaucoup ont démissionné. C'est pas simple. Se retrouver conseil municipal d'opposition, seul contre tous, avec des... Moi, j'ai le cas dans le Nord, à Ronchin, où les élus du conseil municipal tournent systématiquement le dos à notre élue lorsqu'elle s'exprime. Vous savez, il fallait du cran pour pouvoir tenir six ans comme ça. Donc on en a tiré les leçons. C'est notre objectif de, effectivement, gagner des mairies, de voir nos maires réélus. Je pense qu'ils le seront très bien.
Mais quand on regarde ce qui se passe dans les autres parties, on voit que trouver aujourd'hui des candidats pour assumer des fonctions municipales, ce n'est simple pour personne.
Encore quelques questions sur les municipales. Et puis après, je vous soumettrai, si vous le souhaitez, aux quelques questions des auditeurs de France Inter sur l'actualité, notamment internationale. Le Rassemblement National dispose aujourd'hui, je crois, d'une dizaine d'élus à la tête des mairies. Combien en envisagez-vous au soir du 22 mars ?
Le plus possible. Il n'est pas question de donner un objectif chiffré parce qu'il ne correspondrait probablement pas aux résultats. Vous savez, il y a des mairies qu'on espère conquérir, peut-être qu'elles ne le seront pas. Et puis il y a des mairies qu'on n'imagine pas conquérir et elles tomberont peut-être parce qu'il y aura une volonté forte des électeurs. Moi, je dis aux électeurs, quand vous avez la possibilité de tout changer, de changer les choses à travers un bulletin de vote et un candidat du Rassemblement National, n'hésitez pas parce que la gestion Rassemblement National dans les villes que nous gérons, elle est fondamentalement différente et elle porte des résultats.
Une question par mail de Vincent qui vous demande que pensez-vous Sébastien Genu et ORN en général de la politique menée par Jair Bolsonaro, le président d'extrême droite du Brésil, écrit-il, et notamment sur le laisser-faire à propos de la déforestation de l'Amazonie.
Moi, j'ai eu l'occasion de dire avant et pendant l'élection de M. Bolsonaro que nous n'avions pas grand-chose de commun avec le programme ultralibéral de ce dirigeant. Je le redis avec plaisir sur votre antenne, M. Bolsonaro applique un programme ultralibéral qui laisse effectivement faire un certain nombre d'actes anti-environnementaux comme ceux que vous venez de citer et moi, je ne peux pas me reconnaître dans cela. Après, M. Bolsonaro a été élu par les Brésiliens, ils l'ont choisi pour des problématiques très précises, de sécurité en particulier. C'est le choix des Brésiliens. En cela, je le respecte.
Merci Sébastien Chenu. J'aurais aimé vous interroger aussi sur les urgences. Les urgentistes en grève depuis plusieurs mois et les prochaines annonces que devrait faire la ministre de la Santé, Buzyn, à partir de lundi. Vous en reparlerez prochainement avec nous, s'il vous plaît. Si vous revenez à France Inter, vous serez bien accueilli. Merci beaucoup Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement National et député du Nord.
Sébastien Chenu