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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 6 mars 2024 22 minActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalNumérique

Conférence de presse du Président Emmanuel Macron et du Président de Tchéquie, Petr Pavel.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 8:01RelanceRéponse directe

    Monsieur le Président Macron, vous avez assumé une ambiguïté stratégique. Est-ce un message de division des Européens ?

  • 10:01OuverteRéponse partielle

    Pour l'envoi de soldats en Ukraine, faut-il franchir d'autres étapes impensables ?

  • 11:00OuverteRéponse partielle

    Quel est le bilan du projet tchèque de munitions ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:01Petr PavelFait
    « Nous sommes d'accord sur le fait que la seule façon est de continuer à soutenir l'Ukraine, parce que c'est quelque chose qui est correct, en principe. »
  • 4:01Emmanuel MacronFait
    « La Russie ne peut ni ne doit gagner cette guerre. »
  • 6:01Emmanuel MacronFait
    « Nous avons décidé de faire davantage. C'est lundi dernier à Paris qu'a été décidé à la fois de soutenir l'initiative tchèque en matière de munitions. »
  • 10:01Emmanuel MacronFait
    « Nous ne voulons pas d'escalade. Nous n'avons jamais été dans la cobelligérance. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour, Mesdames et Messieurs, soyez les bienvenus. [INAUDIBLE] à l'occasion de la visite de monsieur le Président Emmanuel Macron, et je donne la parole au président de la République tchèque. Bonjour, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs.

Tout d'abord, je m'excuse de ce retard qui prouve que les sujets que nous avons évoqués sont importants, et nous avons pu les approfondir. J'apprécie énormément que monsieur le Président Macron soit venu en République tchèque peu après ma visite en France. Notre débat a été très ouvert, et je m'en réjouis.

En effet, les relations entre nos deux pays sont historiquement très étroites, et nous retrouvons cette même époque. En effet, nos positions en ce qui concerne la situation internationale complexe se rapprochent énormément. Nous avons les mêmes points de vue en ce qui concerne l'évolution de la situation en Ukraine et sur les solutions qui devraient être proposées, quel horizon et par quel moyen.

Nous sommes d'accord sur le fait que la seule façon est de continuer à soutenir l'Ukraine, parce que c'est quelque chose qui est correct, en principe. Mais nous ne voulons également pas que la Russie gagne avec sa vision du monde. Nous voulons vivre dans un monde où les règles sont respectées par les petits et les grands pays, et nous voulons bâtir sur ces règles.

Si la Russie gagnait en Ukraine, nous serions ainsi vaincus, et ce n'est pas le monde que nous voulons. C'est pourquoi il faut continuer à soutenir l'Ukraine, et également pour elle-même, avec bien évidemment cette solidarité vis-à-vis d'elle. Nous avons également évoqué les sujets bilatéraux de notre coopération en matière de défense et du secteur de l'énergie, mais cela fera notamment l'objet de réunions avec le Premier ministre tchèque.

J'apprécie que le débat ait été ouvert et amical, et j'espère que nous allons pouvoir poursuivre dans la même ambiance. Aujourd'hui, à l'Office du gouvernement de la République tchèque, on va signer un plan stratégique de coopération entre nos deux pays afin de fixer un cadre pour une coopération renforcée encore plus élargie. Je voudrais remercier monsieur le Président de cette visite courte mais très importante, et j'ai hâte de nous retrouver de nouveau.

Je pense que, pour la première fois, ce sera au mois de juin de cette année où nous allons fêter ensemble le débarquement en Normandie. Merci, Monsieur le Président. Maintenant, monsieur le Président Macron.

Merci beaucoup, Monsieur le Président, cher Petr, pour ces mots et l'accueil aujourd'hui. La discussion que nous avons eue ensemble montre en effet la convergence de vues sur beaucoup de sujets essentiels. Vous étiez venu le 20 décembre dernier à Paris.

Nous avions eu l'occasion d'échanger longuement sur la relation bilatérale et la situation internationale. Je me souviens, chacun se souvient ici, du jour d'après, si je puis dire, et je veux ici vous redire les condoléances et le soutien de la France après la fusillade à l'Université Charles. Nous aurons l'occasion, tout à l'heure, de rendre hommage aux victimes de cette tragédie lors d'un moment de recueillement.

Notre échange, le Président l'a dit, a été très riche. Nous avons évidemment parlé avant tout de la situation en Ukraine pour réaffirmer les objectifs qui sont les nôtres. La Russie ne peut ni ne doit gagner cette guerre.

Nous soutiendrons aussi longtemps que nécessaire le peuple ukrainien et son armée. Pour ce faire, nous avons plusieurs actions communes, au-delà de ce qui a été structuré ces derniers mois et des différentes coalitions capacitaires, et en particulier la coalition artillerie que la France et les États-Unis coprésident. L'initiative prise par la République tchèque en matière de munitions est un complément important auquel nous adhérons et donc nous allons travailler ensemble.

Nos ministres vont poursuivre ces travaux cet après-midi. C'est l'illustration d'un volontarisme et d'un pragmatisme. Nous avons accéléré et augmenté nos productions en Européens.

Nous avons livré les stocks qui étaient disponibles. Les besoins de l'Ukraine sont d'un tel niveau qu'il faut aller chercher maintenant au-delà de ce que nous pouvons produire et de ce que nous avons en stock, c'est le sens de cette initiative, et aller chercher vers des pays tiers et non européens des capacités restantes pour faire face aux besoins de court terme en termes de munitions à l'Ukraine. À côté de cela, nous allons aussi compléter ce travail par des échanges ministériels qui se tiendront cette semaine, qui seront coordonnés par le ministre de la Défense et des Affaires étrangères et qui permettront d'avancer, suite aux discussions que nous avons eues à Paris lundi dernier, afin de consolider une coalition capacitaire en matière de tirs de longue et moyenne portée d'une part et, d'autre part, de pouvoir avancer sur les coopérations auxquelles nous sommes prêts à l'égard des Ukrainiens pour faire différemment, comme nous l'avons dit, avec les cinq leviers d'action qui ont fait l'objet d'un consensus dans les discussions de lundi dernier à Paris sur le déminage, la présence civile à la frontière biélorusse, la question de la Moldavie et de sa protection et la question de la coproduction industrielle sur le sol ukrainien et d'un soutien cyber.

Sur ces actions-là, d'ailleurs, plusieurs coopérations existent déjà. La relation avec la République tchèque est très forte et je vous remercie de la qualité de ce travail commun. Au fond, ce que nous partageons, c'est la certitude que nous sommes touchés par cette guerre qui est sur le sol européen, que s'y joue une partie de notre avenir et que s'y joue aussi notre capacité à nous défendre de manière autonome dans les cadres que nous connaissons qui sont ceux de notre histoire, l'OTAN et l'Union européenne, mais aussi en sachant définir les voies et moyens nouveaux de produire et d'agir ensemble en Européens.

Au-delà de cela, nous avons pu évoquer en effet le partenariat stratégique que nous allons signer avec le Premier ministre, la question du nucléaire civil et des différentes coopérations qui structurent la relation bilatérale. Mais je veux ici dire combien, sur la question du nucléaire civil, le partenariat qui est le nôtre est à mes yeux très fort. Il est aujourd'hui de nature politique.

Nous allons signer un accord industriel sur l'uranium tout à l'heure. Nous souhaitons aller encore plus loin et la France, vous le savez, est candidate aux grands prospects que la République tchèque aura à décider. Mais c'est notre conviction que se joue aussi une partie de cette souveraineté européenne qu'on évoquait là.

Nous devons apporter une solution au défi climatique et émettre moins de CO2. Nous devons être plus souverains en matière d'énergie, et donc la produire sur notre sol plutôt que dépendre de ce qu'on importe, et nous devons produire une énergie compétitive et pilotable pour continuer à créer des emplois. Le nucléaire répond à cette stratégie, et c'est pourquoi nous continuerons aussi d'avancer sur ce point.

Voilà les quelques mots que je voulais avoir, en complément de ce qu'a dit monsieur le Président à l'instant. Nous avons évidemment également évoqué la situation au Moyen-Orient, avec une communauté de vues très forte pour appeler à un cessez-le-feu en ce qui concerne la France, et vraiment la préoccupation la plus vive sur la situation humanitaire, et la nécessité de poursuivre sur la discussion politique et la solution à deux États. Nous avons pu ensuite revenir sur plusieurs autres sujets internationaux avec la même communauté de vues.

En tout cas, Monsieur le Président, merci pour votre accueil aujourd'hui dans ce moment privilégié, à un moment grave pour notre continent. J'ai retrouvé de la constance et, je dirais, une vraie intimité stratégique, celle que j'avais déjà pu apprécier à Paris le 20 décembre dernier et que je retrouve à Prague aujourd'hui. - Merci beaucoup. - Merci.

Deux questions, tout d'abord, Agence France-Presse. Bonjour, Francesco Fontemaggi de l'Agence France-Presse. Monsieur le Président Macron, vous avez assumé la semaine dernière une ambiguïté stratégique.

Mais cela a aussi permis de lever toute ambiguïté sur le fait qu'autour de vous, la quasi totalité des Occidentaux n'ont, eux, pas d'intention d'envoyer des militaires en Ukraine. Est-ce que vous n'avez pas pris le risque d'envoyer un message de division des Européens et des Occidentaux plutôt que de fermeté ? Et tout à l'heure, vous avez dit qu'il ne fallait pas être lâche.

Est-ce un message, une réponse à ceux qui ont critiqué vos propos ? Et Président Pavel, est-ce que vous comprenez la position de la France sur cette question ou est-ce que vous estimez que la France est isolée sur cette position ? Merci.

Je ne reviendrai pas sur tous les commentaires qu'il y a pu avoir, ni ne commenterai moi-même mes propos. Ils étaient clairs, assumés et précis. Mais expliquer que nous n'allons pas nous mettre des contraintes à nous-mêmes, je pense, est absolument nécessaire quand on est engagé à ce point sur la situation qui est celle de l'Ukraine.

Moi, je veux simplement constater que 27 pays se sont rendus à l'invitation de la France lundi dernier et que nous avons pu en tirer des conséquences opérationnelles. Les 27 étaient d'accord pour investir davantage. C'est un message de mollesse ou de fermeté ?

De fermeté. Six avaient déjà signé leurs accords bilatéraux avec l'Ukraine, nous avons invité tous les autres à le faire. Et nous avons décidé de faire davantage.

C'est lundi dernier à Paris qu'a été décidé à la fois de soutenir l'initiative tchèque en matière de munitions, mais aussi la création d'une nouvelle coalition capacitaire pour les tirs à haute précision qui sont nécessaires sur le front ukrainien, comme vous le savez. Ensuite, nous avons bâti un consensus sur les cinq leviers d'action et de coopération avec l'Ukraine, que je viens de rappeler. Et ensuite j'ai dit quel était le cadre.

Je n'ai pas dit qu'il y avait un consensus, encore, mais je considère que c'était important de le faire parce que nous devons tous être conscients que cette guerre nous touche. Et on n'a jamais envie de voir les choses telles qu'elles sont, mais nous devons être lucides. Ça fait deux ans maintenant que nous répétons à longueur de conférence de presse : "la guerre revient sur le sol européen".

Cela fait deux ans. Nous avons révélé l'étendue des matériels déjà livrés, les montants déjà livrés. Est-ce notre guerre ou n'est-ce pas notre guerre ?

Pouvons-nous nous détourner et considérer que les choses peuvent continuer à se jouer ? Je ne crois pas. Et donc c'est un sursaut stratégique auquel j'ai appelé, et que j'assume pleinement.

Il nous faut être lucides sur la réalité de la situation qui se joue en Europe, les risques qui sont à l'œuvre et ce que nous devons assumer. Je suis convaincu que, justement, la clarté assumée de ces propos est ce dont l'Europe avait besoin. Mais allez plutôt demander au président Poutine ce qu'il est prêt à ne pas faire.

Qui a lancé la guerre en Ukraine ? Vladimir Poutine. Qui menace, quoi que nous fassions, quoi que nous disions, avec l'arme nucléaire ?

Le président Poutine. Tournez-vous tous vers lui pour savoir quelles sont ses limites stratégiques. Mais si chaque jour nous expliquons quelles sont nos limites face à quelqu'un qui n'en a aucune et a lancé cette guerre, je peux déjà vous dire que l'esprit de défaite est là, qui rôde.

Pas chez nous. La télévision tchèque ! Je vais me rallier aux côtés de Monsieur le Président.

Nous sommes tous les deux tout à fait d'accord. L'Europe doit jouer un rôle primordial, en ce qu'elle aide l'Ukraine et la menace envers la Russie pour qu'elle ne continue pas dans cette agression. Nous sommes tous d'accord.

Qui a violé le droit international ? Et si on reste dans le cadre du droit international, il ne faudrait pas qu'on se referme des possibilités de soutien apportés à l'Ukraine. Je suis d'accord, il faut rechercher de nouvelles possibilités, y compris le débat d'une éventuelle présence en Ukraine, sous différentes formes.

Il y a un grand nombre de possibilités. Le débat a été lancé. La dernière fois, c'était les ministres de la défense au sein de l'OTAN.

Il y avait également cette réunion de consultation des leaders à Paris. Et il faut poursuivre. En effet, si nous voulons que la Russie ne réussisse pas à gagner en Ukraine, on ne peut pas se contenter de ce soutien qui est fourni aujourd'hui.

Je suis tout à fait d'accord, il faut rechercher de nouvelles formes, de nouvelles solutions. Il ne faut pas se limiter là où on n'est pas obligés de se limiter. Merci la télévision tchèque.

Monsieur le Président, première question : pour l'envoi de soldats en Ukraine, faut-il franchir d'autres étapes, impensables au début de l'agression, comme l'autorisation de l'utilisation de missiles qui peuvent toucher le territoire russe en profondeur, ou parlant de la France, la livraison d'avions Mirage ? Et concernant le projet tchèque, de quelle façon la France va soutenir ? Quel est le bilan actuel ?

Et financer ce projet ou des projets similaires, est-ce que c'est envisageable, pour que ce soit financé, d'utiliser les bénéfices des avoirs russes gelés, même en partie ? Merci. Monsieur le Président, quelle est la situation actuelle en ce qui concerne ce projet, cette initiative tchèque ?

Quel est le nombre de pays qui ont déjà contribué ? Quel est le rôle que la République tchèque va entamer ? Est-ce qu'elle va coordonner également les fourniture de munitions en Ukraine ?

Et en ce qui concerne la question de l'envoi des d'armées, de soldats, plusieurs pays ont dit non. Mais peut-on éventuellement envisager d'envoyer des équipes techniques, qui vont soutenir les systèmes d'armement ou les services de renseignement, s'ils sont déjà présents sur le territoire ukrainien ? Merci.

Je vais commencer. Tout d'abord, j'ai dit qu'il ne fallait pas se limiter. Je n'ai pas parlé de format concret de présence et de soutien.

Il y a tout un nombre de possibilités et le temps est venu de les discuter. Et en effet, il y a une certaine peur d'évoquer la présence des armées combattantes en Ukraine, ce qui pourrait représenter le fil rouge, mais là, nous parlons de différentes formes d'assistance. On a évoqué par exemple la question concernant une éventuelle réaction russe, s'il était plus dangereux de former les soldats ukrainiens sur notre territoire ou sur le sol ukrainien.

Je pense que ça revient au même. C'est l'Ukraine qui est le pays menacé. Et même si on avait une mission d'exercices en Ukraine, cela ne représenterait aucunement une violation du droit international.

C'est à nous de choisir la forme de l'assistance à apporter en Ukraine, si nous restons dans cette limite de cet engagement non combattant. Et là, effectivement, je pense qu'il faut qu'on ait l'esprit ouvert et qu'on pèse toutes les possibilités qui se présentent. Et il ne faut pas renoncer, a priori.

D'abord, merci pour votre français, qui me touche beaucoup, dans un pays où le nombre d'apprenants a augmenté l'année dernière de 10 %. C'est une avancée pour la Francophonie, mais merci d'avoir fait aussi cet effort, en tant que journaliste. Je voulais vous dire combien j'y suis sensible.

Ensuite, sur votre première question, je souscris à ce qu'a dit le Président à l'instant, une fois encore. Toutes les formes de coopération qui seront utiles et demandées par les Ukrainiens et qui s'inscriront dans le cadre de ce que nous avons décidé, nous le ferons. La pratique de la France est de ne pas annoncer avant, ce qu'elle fait avec trop de détails, ce qui parfois nous a valu des critiques ou, dans certains classements très médiatisés, d'être mal compris, mais plutôt de dire exactement, en temps et en heure, aux Ukrainiens, ce que nous faisons, et de l'annoncer après, parce que c'est une guerre, en fait, et c'est une guerre en vrai, pas une guerre de communication.

Elle est aussi informationnelle, mais enfin, pas pour nos egos, pour l'efficacité sur le terrain. Et donc moi je ne vais pas vous dire en détail ce qu'on fera, parce que j'affaiblirais, ce faisant, l'efficacité de cette aide et le soutien aux Ukrainiens, mais nous suivrons la même logique. Et c'est un peu celle qui a pu troubler le débat médiatique de tous.

C'est que, au fond, nous avons trop tendance, par nos systèmes, à vouloir dire exactement ce que nous allons faire et dire ce que nous n'allons pas faire, face à quelqu'un qui, lui, ne dit rien, mais fait, y compris ce qu'on pensait impensable. Ce n'est pas ça, l'efficacité. Le Président l'a rappelé.

Et donc il nous faut ici savoir garder aussi les choses pour soutenir les Ukrainiens avec la plus grande efficacité. Nos principes sont simples : la Russie ne peut pas ni ne doit gagner cette guerre. Nous voulons soutenir l'Ukraine, peuple souverain, qui décide encore, jusqu'à preuve du contraire, de ce dont il a besoin et les tierces parties qu'il appelle.

Il n'y a que les Russes qui pensent que les Ukrainiens n'ont plus le droit de faire ça. Ne reprenons pas leur argumentaire. Ils sont souverains, les Ukrainiens.

La deuxième chose, c'est que nous ne voulons pas d'escalade. Nous n'avons jamais été dans la cobelligérance. Mais là aussi, gare aux messages qui rôdent, car à chaque étape, depuis deux ans, on disait : "si vous livrez des tanks, il y aura des représailles.

Si vous livrez des avions, il y aura des représailles. Si vous envoyez des obus de moyenne portée, il y aura des représailles". Nous l'avons tous fait, après avoir tous dit qu'on ne le ferait pas, je le dis avec beaucoup d'humilité, et donc le "pas d'escalade" n'est pas défini par la partie russe.

Elle est définie par un consensus de tous. Et puis la troisième chose, c'est que nous devons garder nos capacités pour nous défendre nous-mêmes. Dans ce cadre-là, nous continuerons des coopérations très concrètes avec les Ukrainiens sur nos livraisons, nos coopérations, et puis sur la possibilité de mobiliser des tierces parties.

À cet égard, l'initiative tchèque est extrêmement utile, nous la soutenons, nous y participerons. Elle consiste, comme je le disais, à aller chercher des munitions partout où elles sont disponibles, compatibles avec les équipements que nous avons livrés. Et nous avons commencé des travaux qui étaient jusqu'alors, je dirais, conduits séparément.

Et là, c'est un travail de mutualisation, de plus grande efficacité. Donc nous le soutenons et nous sommes prêts à y contribuer. Les ministres vont nous proposer les voies et moyens de le faire, et je pense que dans ce cadre, cela peut être une mobilisation bilatérale, ça peut être des coopérations avec ces tierces parties, des financements bilatéraux comme des financements européens, ceux de la Facilité européenne pour la paix, qui peuvent être mobilisés pour partie au service de cette initiative.

Sur ce qui est des avoirs russes gelés, la position de la France est simple, nous sommes tout à fait favorables à la proposition de taxer les revenus des avoirs qui sont identifiés, et dans le cadre légal, a été précisé sur Euroclear, ce qui représente 3 à 5 milliards par an. Nous ne sommes pas favorables, nous-mêmes, à procéder à des choses qui sont proscrites par le droit international, et à ouvrir un débat qui, je crois, affaiblirait l'Europe, où beaucoup de ces avoirs se trouvent, mais ouvrirait, si je puis dire, un doute. Donc je suis pour, quand on défend la règle de droit, l'appliquer jusqu'au bout.

Par contre, je suis favorable à ce qu'on finance notre effort, y compris avec des financements européens plus innovants, comme l'a proposé par exemple la Première ministre Kaja Kallas, consistant à apporter des garanties budgétaires nationales pour émettre sur le marché de la dette commune, afin de financer notre effort industriel et de guerre. Cela fait partie des options que la France soutient. La conférence de presse terminée.

Merci beaucoup. Merci encore. Merci.