Marine Le Pen s’est-elle fragilisée ? avec Emmanuel Rivière - C à Vous - 17/01/2022
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:29OuverteRéponse directe
Est-ce que l'image de Marine Le Pen s'est adoucie parce qu'elle a arrondi les angles ou est-ce qu'elle s'est adoucie avec l'arrivée d'Éric Zemmour ?
- 4:10OuverteRéponse directe
Vous pensez que c'est ce genre de propos qui fait que 64% de la population française rejette sa candidature ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:27PrésentateurChiffre
« On est à 29% exactement, c'était 36% en 2017. »
- 2:07PrésentateurChiffre
« Il y en a la moitié, très exactement. »
- 2:46PrésentateurChiffre
« Éric Zemmour, pour les deux tiers ou presque des personnes interrogées, est le représentant d'une extrême droite xénophobe et nationaliste. »
- 3:39PrésentateurChiffre
« Mais ça avait chuté à 30%. »
- 4:06InvitéChiffre
« Pour ses propos, il a été condamné aujourd'hui à 10 000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris. »
- 4:16InvitéChiffre
« 64% de la population française rejette sa candidature et ne veut pas le voir arriver au pouvoir. »
Temps de parole
- Présentateur82 %
- Marine Le Pen10 %
- Invité7 %
≈ 1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Ce clic de campagne, on y voit Marine Le Pen, souriante, admirant, extatique, le Louvre, son esplanade, c'est très cohérent finalement avec les enseignements de votre étude. L'image de Marine Le Pen s'est adoucie, elle fait tout pour.
Sur ces dimensions-là, effectivement, l'image de Marine Le Pen s'est adoucie par rapport à sa défaite de 2017 et même par rapport à l'an dernier. C'est-à-dire qu'on la trouve un petit peu plus sympathique et chaleureuse, honnête, ses qualificatifs qui concernent... Elle inspire confiance. Ou inspire en confiance, c'est très personnel, c'est sûr ça, ce qu'elle est, ce qu'elle inspire. Ce qui ne veut pas pour autant dire qu'elle apparaît beaucoup plus crédible, c'est un des autres enseignements de notre sondage, en tant que présidente. Là, de ce point de vue-là, les choses n'ont pas du tout évolué par rapport à 2017.
Elle n'en tire pas profit, c'est-à-dire que sa capacité à gouverner ne s'est pas améliorée pour autant. Elle est donc en moins bonne position dans cette campagne qu'en 2017 ?
Elle n'apparaît pas en tout cas plus proche du pouvoir. D'ailleurs, je pense que parce qu'elle n'apparaît pas plus proche du pouvoir, elle a ce problème de crédibilité qui finalement n'a fait que se cumuler. En 2017, il y a encore cet élan de la percée du Rassemblement national au municipal de 2014, des bons scores au départemental et puis au régional. Mais pas de département et pas de région. Bon, 5 ans plus tard, toujours pas de département, toujours pas de région et un pronostic qui lui est pas beaucoup plus favorable. C'est-à-dire qu'il y a moins de monde aujourd'hui qui pense qu'elle peut l'emporter. On est à 29% exactement, c'était 36% en 2017.
Et y compris chez ses électeurs, ça baisse un petit peu. Donc la question de l'acceptabilité du personnage qu'elle représente, de la sympathie qu'elle peut inspirer, fait un peu bouger les lignes. C'est sûr, on la considère moins comme la représentante d'une extrême droite xénophobe qu'il y a 5 ans. Mais pas beaucoup plus comme une possible présidente de la République.
Elle fait moins peur mais elle fait moins envie, pour résumer les...
Oui, alors c'est pas sans conséquence, parce qu'il y a parmi les évolutions qu'on voit dans l'enquête, on voit qu'il y a aussi un nombre significativement plus élevé de sympathisants, les Républicains, qui se disent « Pourquoi ne pas s'allier avec le Rassemblement national ? » Il y en a la moitié, très exactement. Mais pour autant, on n'a pas fait sauter toutes les digues, parce qu'il y a aussi une autre moitié des sympathisants et les Républicains. C'est d'ailleurs sans doute une difficulté pour le parti dont Valérie Pécresse est aujourd'hui la candidate, que d'avoir à composer avec le fait que pour certains, l'alliance avec le Rassemblement national serait peut-être la solution.
Et pour d'autres, c'est hors de question.
Est-ce que l'image de Marine Le Pen s'est adoucie parce qu'elle a arrondi les angles ou est-ce qu'elle s'est adoucie avec l'arrivée d'Éric Zemmour ?
C'est une hypothèse forte qu'on peut faire, parce que pour le coup, notre sondage propose un comparatif qui est assez net. Éric Zemmour, pour les deux tiers ou presque des personnes interrogées, est le représentant d'une extrême droite xénophobe et nationaliste. Et l'envie de le voir président, lui, est trois fois moindre que pour Marine Le Pen. Donc les gens ne le mettent pas au même niveau. D'ailleurs, la majorité des sympathisants de Marine Le Pen pense qu'Éric Zemmour est le représentant d'une extrême droite. Donc dans cette comparaison-là, il est possible qu'elle se soit adoucie.
Mais il est possible aussi qu'elle se soit affaiblie parce qu'un des traits d'image qui a le plus évolué, qui à mon avis est le plus significatif, c'est la capacité à rassembler au-delà de son camp. Quand Marine Le Pen a fait irruption, quand elle a pris la présidence du Rassemblement national, on avait près de 60% des gens qui disaient qu'elle peut rassembler au-delà de son camp. Et c'était justement ce scénario d'une Marine Le Pen conquérante qui allait faire bouger les lignes. C'était déjà un peu entamé en 2017, mais ça avait chuté à 30%. Puis ça remontait peu à peu d'année en année. Et là, ça retombe.
Et sans doute parce que c'est difficile de penser que quelqu'un qui se fait chahuter dans son propre camp est aujourd'hui en situation d'aller chercher au-delà alors qu'elle a une concurrence sur ses propres plates-bandes.
– Voleur, assassin et violeur, c'est ainsi qu'Éric Zemmour qualifiait sur CNews les migrants mineurs isolés. Pour ses propos, il a été condamné aujourd'hui à 10 000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris. Vous pensez que c'est ce genre de propos qui fait que, dans votre enquête, 64% de la population française rejette sa candidature et ne veut pas le voir arriver au pouvoir ?
– Oui, je pense que ça fait partie des sujets. Mais le sujet que vous avez évoqué tout à l'heure sur la question du handicap est aussi un sujet. C'est-à-dire qu'on peut imaginer que dans un paysage un peu tendu, avoir des saillances que beaucoup qualifient d'outrances, ça peut être payant pour être visible. Enfin, on ne peut pas multiplier les outrances sur tous les sujets. À un moment, on ne fait que réduire à très peu de choses les gens qui ont comme dénominateur commun de penser que les minéraux isolés sont ce qu'il a décrit, que penser qu'il faut sortir les élèves en situation de handicap des classes. Et là, on a peut-être eu un petit effet d'optique, en fait.
C'est qu'à un moment, on avait des sondages très favorables à Éric Zemmour qui avait dit ça déjà, qui avait publié un livre où il disait que pendant l'occupation, le maréchal Pétain avait sauvé. Mais ce n'est pas parce qu'il avait dit que c'était déjà dans les têtes des Français. Il y a un moment, quand on s'intéresse à un personnage, nous, évidemment, on sait ce qu'il a dit. Mais les Français ne savent pas forcément. Ils le découvrent peu à peu.
Et moi, je ne trouve pas ça très étonnant de voir son étiage diminuer, diminuer, au fur et à mesure que la réalité d'un personnage qui est assez en décalage avec ce que pensent la majorité des Français, quoi qu'ils prétendent, finissent par se réduire.
Il a qualifié la décision de justice de stupide. Ça n'arrange pas forcément les bidons, comme on dit.
Non. Après, je pense que, voilà, idéologiser la justice fait partie, pour le coup, c'est un réflexe assez courant en politique d'aller trouver des raisons au juge autres que des raisons de droit. Mais dans son cas, il s'est fait un orgueil d'avoir été déjà condamné, puisque ce n'est pas sa première condamnation, il y a même des condamnations définitives, au motif que ça signalerait son franc-parler, sa capacité à dire des choses que les autres ne s'autorisent pas. Encore, je ne suis pas si sûr que ça laisse complètement indemne d'avoir des condamnations, y compris sur des délits d'opinion.
Marine Le Pen