Les coulisses du dîner de Versailles
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
a permis de marquer des points. Moins sur l'Iran peut-être que sur l'Ukraine. Le fait que D.Trump appose sa signature à la déclaration, ça vaut ce que ça vaut quand on le connaît, mais c'est un sacré virage de la part des Etats-Unis. - M.Bouhafsi: Vous revenez sur le suivi du président américain à Evian et sur la signature de cet accord de paix.
Est-ce que c'était vraiment une surprise? Vous avez parlé de l'imprimante de M.Rubio.
Personnellement, je ne me balade pas avec une imprimante dans la rue! Est-ce que c'était soigneusement préparé ou c'était une surprise? - L.Hausalter: Ce que disent les diplomates côté français...
L'accord devait être signé aujourd'hui en Suisse. Il y avait une scénographie prévue. Ca devait être avec J.D.Vance.
L'accord était prêt au moment du dîner de Versailles. Il a donc été imprimé avec la fameuse imprimante. D.Trump voulait le signer.
Sans doute que la galerie basse du château de Versailles, ça a dû l'inspirer. Il a dû se dire que ça serait encore plus historique. Tout cela relève de la concordance des temps et de coïncidence heureuse, en tout cas, pour la France.
E.Macron en retire une certaine fierté. Quand vous parlez aux diplomates français, ils retiennent ce qui s'est passé sur l'Ukraine plus que ce qui s'est passé sur l'Iran.
Le grand public, que retient-il de tout ça? Je ne suis pas sûr que les images marquent vraiment. Le vrai juge de paix, ça va être le prix des carburants, uniquement. - M.Bouhafsi: On reviendra là-dessus.
On sait qu'en France, dans quelques mois, E.Macron va quitter l'Elysée. Ces mots du Premier ministre canadien et ceux de F.Merz...
Ils ont salué le leadership d'E.Macron. Ca vous inspire quoi? - N.Beytout: D'abord, c'est le plus ancien. - M.Bouhafsi: C'est du respect? - N.Beytout: C'est le plus ancien, donc il a un leadership de l'ancien par rapport à tous ces Premiers ministres ou chefs d'Etat qui sont relativement récents. - Y.Goosz: Et en difficulté eux-mêmes. - N.Beytout: Pour la plupart, oui.
Au Canada, c'est moins évident. G.Meloni et F.Merz sont en difficulté.
Il y a un autre phénomène qui joue. C'est son dernier G7. Il a entamé...
On est dans la dernière année calendaire de sa présidence. Tous ces grands moments sont les derniers. A chaque fois, parce qu'il a quand même fait le boulot dans la plupart des cas, il est salué comme ayant eu un leadership.
C'est une forme de début de bilan et d'héritage. - M.Bouhafsi: Mais on sent une petite musique qui arrive dans la presse quotidienne.
Ca pourrait sauver son 2d mandat, à l'international. Est-ce que c'est vraiment le cas? - N.Beytout: On ne sait pas si ça va imprimer sur la longueur.
Je constate qu'hier, en répondant à C.Roux, toute la première séquence sur l'international était vraiment facile. Il déroulait.
Il connaît son sujet par coeur. Il y a travaillé des nuits entières pendant des jours. C'est maîtrisé.
Pour le reste, je ne dis pas que ce n'était pas fluide...
On a parlé de la France et des réformes, qui sont le quotidien des Français. Il y était plus accroché et il avait beaucoup plus de mal à défendre son bilan. A chaque fois qu'il disait les retraites... "Que ne l'avez-vous fait?" Ce sera plus difficile pour lui. - M.Bouhafsi: Ca va marquer les Français, ce bilan international? - N.Beytout: Oui, parce que la France garde un rôle important.
Non, parce qu'elle s'est aussi déclassée. Hier, il y a quelque chose qui m'a frappé. Chaque fois qu'il voulait défendre la capacité de la France à investir dans l'IA, à être sur les principaux dossiers, il se comparait aux autres Européens.
Ca n'est plus le sujet. L'Europe a décroché. La vraie comparaison, celle qui doit animer les débats avant l'élection présidentielle, c'est la comparaison avec les Etats-Unis et avec la Chine, pour la dangerosité du pays chinois.
Le pouvoir d'achat individuel aux Etats-Unis a beaucoup plus progressé que celui des Français. On est peut-être meilleurs que les Allemands sur l'IA, meilleurs que les Hollandais sur je-ne-sais-quoi...
D'ailleurs, ça se discute. Sur l'agroalimentaire, on a décroché par rapport à eux. Sur tous ces sujets, la meilleure comparaison, c'est avec les Etats-Unis. - M.Bouhafsi: On a appris que S.Lecornu annonçait une heure d'enseignement obligatoire en classe de seconde à propos de l'IA.
Il ne faut pas rater ce train? - N.Beytout: Ca sert à rien.
Une heure par semaine? - Y.Goosz: C'est pas assez ou c'est inutile? - N.Beytout: C'est inutile, au sens où tous ceux qui vont être dans la classe auront déjà, d'une manière ou d'une autre, croisé et utilisé l'IA. - Y.Goosz: En primaire, alors? - N.Beytout: Ce qui est sûr, c'est que ce qu'il faut faire très vite...
C'est compliqué. Il y a des années, peut-être 10 ans, l'Education nationale s'est beaucoup gargarisée de donner des tablettes à beaucoup d'élèves. Des départements entiers ont financé des classes entières en acquisition de tablettes.
C'était un piège. Beaucoup les retirent aujourd'hui. Faire de l'apprentissage de l'IA à des gens qui utiliseront déjà l'IA une heure par semaine, ça ne sert à rien. - Y.Goosz: L.Hausalter, vous avez évoqué le prix des carburants comme étant le marqueur pour les Français de cette fin de mandat.
C'est surtout ça que les Français vont regarder, plus que les guerres et le rôle de Macron? - L.Hausalter: Oui.
Tous les sondeurs vous diront que les questions internationales passent souvent au second plan. C'est sans doute en train de changer. La campagne de 2027 sera plus marquée par l'international que les campagnes précédentes.
Malgré tout, l'opinion publique voit tout ce décorum, ce faste, ces rencontres...
Elle peut être sensible aux communications de l'Elysée sur les réseaux sociaux. Je ne sais pas quelle est l'audience réelle. Le vrai juge de paix, ce sera la vie quotidienne.
On voit l'activisme de Macron. Ils lui font crédit d'essayer de se démener sur la scène internationale. Si ça se fait sans résultat, ça ne serait pas mis à son actif.
N.Sarkozy, son bilan international, c'est d'avoir limité les dégâts de la grande crise financière de 2008. Il lui a été fait crédit de s'être démené.
Il avait su le mettre en scène à coup de création du G20 et tout ce qu'on a vu à l'époque. Ca n'était pas l'effondrement complet. L'impression rétinienne longtemps après d'une politique étrangère, ça peut être purement déclaratoire.
Le bilan de J.Chirac, c'est le "non" pour la guerre en Irak en 2003. Les Français en ont tiré une certaine fierté.
Les Américains ont bien vu que c'était leurs alliés qui ont eu raison a posteriori. Une simple déclaration peut aussi tenir lieu de bilan international d'un président de la République. - N.Beytout: Sur le court terme, on voit bien qu'il y a un effet dans les sondages.
On publie tous les mois un baromètre Ifop de la popularité. Le dernier montrait clairement un net rebond d'E.Macron.
Il avait repris 3 points, de mémoire. Ca fait un décalage très important. Ca ne donne pas la réponse sur le moyen et le long terme. - A.Bégot: Un autre débat a été lancé cette semaine par le nouveau maire de Saint-Denis, B.Bagayoko.
Il défendait le droit de siffler "La Marseillaise". Il est revenu sur ses propos. Il n'incite pas à la siffler, mais il incite à analyser ceux qui le font.
C'est la première erreur du nouveau chouchou de LFI? - N.Beytout: C'est un élément de sa stratégie très construite. - M.Bouhafsi: Pourquoi il rétropédale? - N.Beytout: Parce qu'il n'avait pas anticipé de telles réactions.
Ca fait partie de la stratégie très construite de l'entourage de J.-L.Mélenchon.
R.Hassan, B.Bagayoko...
Ils sont là pour déconstruire systématiquement les piliers qui forment ce qu'on pourrait appeler l'arc républicain ou la construction de la République. - Y.Goosz: J.-L.Mélenchon met "La Marseillaise" pendant tous ses meetings à la fin. - N.Beytout: Ca n'est pas le même contexte.
J.Chirac avait très mal réagi lors d'un match France-Algérie quand "La Marseillaise" avait été sifflée. C'était un fait politique et même international.
Il y avait une résonance internationale très puissante. On a la liberté de siffler "La Marseillaise" car on est dans un pays de liberté. Vous pouvez la siffler sans que ce soit un délit.
Encore que, il y a une loi qui est aux frontières de tout ça. Mais inciter à, c'est un acte politique dans une démarche qui est: "je retire le portrait du président, je ne veux pas afficher tel ou tel drapeau..." - M.Bouhafsi: Merci, N.Beytout et L.Hausalter.
Emmanuel Macron