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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 22 novembre 2021 8 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéTravail & emploiSantéÉconomie & entreprises

Violences en Guadeloupe : "Comment négocier avec des gens qui n'ont aucune revendication ?"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Est-ce que pour l'instant c'est calme à votre connaissance ?

  • 0:59OuverteRéponse partielle

    Et là cette nuit ça se passe comment ?

  • 1:22OuverteRéponse directe

    Ça veut dire que la situation est à ce point dangereuse, qu'il faille de telles unités d'élite ?

  • 1:55OuverteRéponse directe

    Ce n'est pas un mouvement social et de grève ?

  • 2:16RelanceRéponse directe

    Il ne l'a pas dit comme ça ?

  • 3:16OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous comprenez cette colère ou pas du tout ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:41InvitéFait
    « Oui vous avez raison de le souligner, c'est durant la nuit que nous avons des jeunes casseurs, une vraie guérilla qui pille les entreprises »
  • 1:33InvitéFait
    « Je vous signale que ces unités d'élite sont déjà en Guadeloupe, ce ne sont que des renforts. »
  • 1:55InvitéFait
    « Ce n'est pas un mouvement social et de grève. Il n'y a quasiment aucun gréviste. »
  • 2:05InvitéFait
    « Et le syndicat UGTG a demandé aux jeunes, en lançant un appel aux jeunes des quartiers, comme il y en a partout, de piller les entreprises. »
  • 2:38InvitéFait
    « Je vous confirme que l'UGTG, à travers les réseaux sociaux, applaudisse les jeunes, a appelé au pillage, se satisfait de ces pillages. »
  • 2:48InvitéFait
    « Et même plus, pour tous ceux qui sont en comparution immédiate ou qui sont en garde à vue, ils ont annoncé publiquement qu'ils allaient prendre en compte les frais d'avocat pour pouvoir défendre ces jeunes. »
  • 4:57InvitéChiffre
    « C'est plus de quatre-vingts commerces qui ont été, je dis bien, pillés. »
  • 5:03InvitéFait
    « La première nuit a été extrêmement difficile puisqu'il y avait des incendies très graves. »
  • 5:12InvitéFait
    « Il y a même eu des personnes qui auraient pu mourir dans ces incendies. Il y a une personne âgée qui a eu une balle dans sa joue, sur sa terrasse. »
  • 7:17InvitéFait
    « qui n'ont en réalité aucune revendication. »

Temps de parole

  • Invité73 %
  • Présentateur27 %

4,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Il est 6h20, une grève générale touche la Guadeloupe depuis une semaine avec tout un tas de violences qui ont conduit les autorités à décréter un couvre-feu. Des policiers et des gendarmes ont été envoyés de métropole en renfort et une réunion est prévue ce soir entre le Premier ministre et des élus locaux. Bonjour Patrick Vial-Collet.

0:26
Invité

Bonjour Mathilde.

0:27
Présentateur

Vous êtes le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Guadeloupe. C'est le milieu de la nuit pour vous, on est dimanche soir en Guadeloupe. Est-ce que pour l'instant c'est calme à votre connaissance parce que ces derniers jours c'est plutôt le soir que ça a dégénéré ?

0:41
Invité

Oui vous avez raison de le souligner, c'est durant la nuit que nous avons des jeunes casseurs, une vraie guérilla qui pille les entreprises et qui profite de la nuit pour s'attaquer aux biens matériels des entrepreneurs, ce que bien sûr nous déplorons.

0:59
Présentateur

Et là cette nuit ça se passe comment ?

1:02
Invité

Alors je n'ai pas, vous venez de me réveiller Mathilde, je n'ai pas vraiment pour l'instant et à cet instant la situation. Je sais qu'en début de soirée il y avait quand même un certain nombre de troubles, mais vous dire exactement la situation au moment où je vous parle, je ne sais pas, on s'attend quand même à une nuit agitée.

1:22
Présentateur

Vous savez que des renforts évidemment de policiers et de gendarmes ont été envoyés, notamment à des membres du RAID et du GIGN. Ça veut dire que la situation est à ce point dangereuse, qu'il faille de telles unités d'élite ?

1:33
Invité

Je vous signale que ces unités d'élite sont déjà en Guadeloupe, ce ne sont que des renforts. Et donc bien sûr vous avez vu vous-même quelques images, on a une situation qui est quand même assez insurrectionnelle au moment où je vous parle. Mais j'ai entendu que vous avez eu les illusions à un mouvement social, un mouvement de grève. Ce n'est pas un mouvement social et de grève. Il n'y a quasiment aucun gréviste. Au départ il y avait un mouvement qui s'est affaibli. Nous n'avons pas de gréviste dans les entreprises privées. Et le syndicat UGTG a demandé aux jeunes, en lançant un appel aux jeunes des quartiers, comme il y en a partout, de piller les entreprises.

2:16
Présentateur

Il ne l'a pas dit comme ça ?

2:19
Invité

Si, si, bien sûr que oui. Vous n'avez qu'à aller, mais je ne mâche pas mes mots. Vous allez sur les réseaux sociaux.

2:27
Présentateur

Si, je précise, c'est l'Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe, qui est le principal syndicat impliqué dans ce mouvement de contestation. Donc, a appelé très clairement au pillage.

2:38
Invité

Je vous confirme que l'UGTG, à travers les réseaux sociaux, applaudisse les jeunes, a appelé au pillage, se satisfait de ces pillages. Et même plus, pour tous ceux qui sont en comparution immédiate ou qui sont en garde à vue, ils ont annoncé publiquement qu'ils allaient prendre en compte les frais d'avocat pour pouvoir défendre ces jeunes. C'est très clair, il n'y a aucune contestation sur ces faits. L'UGTG assume.

3:07
Présentateur

Depuis quelques jours, on entend tout de même certains élus dire qu'ils ne cautionnent pas, évidemment, cette violence, mais qu'ils comprennent la colère qui existe en Guadeloupe. Est-ce que c'est votre cas aussi ? Est-ce que vous comprenez cette colère ou pas du tout ?

3:21
Invité

Alors, vous savez, c'est une colère, ça veut dire que ce que vous êtes en train de dire, que les jeunes qui sont aujourd'hui dans la rue et qui s'en prennent au bien matériel, ça serait une colère qui est suite à finalement un problème vaccinal, puisque c'est comme ça que c'est parti.

3:38
Présentateur

C'était le point de départ, en effet.

3:39
Invité

Non, c'était le point de départ. Je pense que c'est inexact. Tout simplement, quand vous allumez une mèche, vous avez dit aux jeunes d'aller piller, il faut un retour à l'ordre. Je ne vois pas une colère qui s'est exprimée à cet instant.

3:56
Présentateur

Il n'y a pas une colère contre des inégalités sociales, contre un problème de cherté de la vie ? Ce n'est pas ce qu'on entend sur les barrages en Guadeloupe aujourd'hui. Puisque vous êtes sur place, c'est à vous de nous le dire, vous êtes le mieux informé.

4:09
Invité

Bien sûr que je suis bien informé, mais je n'entends pas une colère sur les barrages qui sont de cette sorte. J'entends des jeunes qui ne sont pas obligés de se faire vacciner, qui nous disent « nous sommes contre le vaccin ». On voit bien que tout ça est complètement instrumentalisé. Bien sûr, si vous me dites « est-ce qu'il y a un problème de vie chère », il y en a partout. Si vous voulez faire l'allusion par rapport à ce qui s'est passé en 2009, de dire que c'est une prolongation du mouvement de 2009, je rappelle quand même que ça fait plus de dix ans, donc je ne crois pas à cette corrélation.

4:43
Présentateur

Est-ce qu'il y a beaucoup de commerces qui ont été pris pour cible ? On a vu certaines images, mais est-ce que vous avez réussi à avoir un décompte des violences précisément qui ont ciblé les commerces et les industries que vous représentez ?

4:55
Invité

Tout à fait, on a fait un détail. C'est plus de quatre-vingts commerces qui ont été, je dis bien, pillés. La première nuit a été extrêmement difficile puisqu'il y avait des incendies très graves. Il y a même eu des personnes qui auraient pu mourir dans ces incendies. Il y a une personne âgée qui a eu une balle dans sa joue, sur sa terrasse. Donc vous voyez bien, on est dans un problème qui est de revenir à l'ordre public. C'est du maintien de l'ordre.

5:27
Présentateur

Et les commerces qui ont été pillés, c'est parce qu'ils se trouvent sur le chemin des émeutiers ou parce qu'ils sont véritablement ciblés, parce qu'ils représentent quelque chose de particulier ?

5:36
Invité

Alors pas du tout. Ce qui est souvent, c'est les commerces qui sont pris. Ce sont souvent, les premiers, c'est les bijouteries. Vous avez compris pourquoi. Bien sûr. Après, tout ce qui est téléphonie, magasins de sport, le bricolage. Donc tout ce qui représente une valeur marchande qui permet aux émeutiers, tout simplement, de pouvoir prendre du matériel et d'avoir à le revendre. Le plus souvent, ils essayent d'avoir des bijoux. C'est la première chose qui est prise en compte. C'est les armuries.

6:10
Présentateur

Et est-ce que les magasins vont ouvrir aujourd'hui, lundi ? Est-ce qu'il y a des commerçants qui vous ont dit qu'ils avaient peur d'aller travailler ?

6:19
Invité

Aucun. Tous les magasins seront ouverts aujourd'hui. Aucun commerçant n'a peur d'aller travailler. Le problème qui va se poser demain pour l'ensemble des commerces de Guadeloupe, c'est est-ce que les clients pourront venir dans les magasins ? C'est-à-dire est-ce que la journée en activité sera normale ? On sait bien que non. On est conscient qu'il y aura des barrages encore demain. Et donc, clairement, les commerçants vont ouvrir. Mais ils savent que malheureusement, il n'y aura pas suffisamment de clients pour assurer une journée normale.

6:51
Présentateur

Et dernière question. Qu'est-ce que vous attendez de la réunion entre le Premier ministre et les élus locaux de Guadeloupe ?

6:55
Invité

Alors, il faut de l'apaisement. Il faut trouver des solutions. Le problème qu'il y aura dans cette réunion, c'est comment négocier avec des personnes qui ont pris d'assaut les rues, qui bloquent l'économie, qui bloquent la circulation, qui n'ont en réalité aucune revendication. Négocier avec la rue, c'est quelque chose qui me paraît quasiment impossible. En revanche, je pense qu'il y a des négociations possibles avec le personnel soignant, avec les pompiers, puisqu'il y a une partie des pompiers qui ne veulent pas se faire vacciner et qui, eux, par contre, ont des revendications. Je parle là de ceux qui sont... Mais ce ne sont pas ceux qui, aujourd'hui, pillent les entreprises.

Donc, on attend du gouvernement, un, la fermeté pour pouvoir avoir un retour à l'ordre public, et deux, de trouver des négociations, un espace de négociation avec ceux qui sont partis dans ce mouvement. Et au départ, c'est vrai, vous avez raison de le souvenir, le problème, c'était le pass vaccinal et l'obligation vaccinale pour certains.

8:04
Présentateur

Merci, Patrick Vialcolet, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Guadeloupe. Vous étiez en direct avec nous sur France Inter.