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interviewC dans l'air· 2 avril 2026 9 min

La France et la guerre

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

le Conseil de défense. Une réunion qui se déroule au PC Jupiter, un bunker à 70 m sous l'Elysée, pour suivre le déroulement de la guerre et prendre les décisions qui engagent nos armées. - Ce sont les réunions les plus secrètes du palais de l'Elysée, pourtant devenues un rendez-vous de communication contrôlée par E.Macron. - E.Macron: Merci d'être là pour ce Conseil de défense. - Guerre en Ukraine, en Iran...

Le président ouvre brièvement les portes de ces conseils de défense et de sécurité nationale à la presse. - E.Macron: Ce Conseil de défense, comme les précédents, vise à faire le point sur l'ensemble des dossiers, sur la situation au Moyen-Orient. - Le président s'entoure d'une garde rapprochée, des ministres.

Il y a le ministre des Affaires étrangères, le ministre de l'Economie, entre autres...

Des militaires et le chef d'état-major des armées, la DGSI et la DGSE. Enfin, le secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale. Les notes sont détruites, le téléphone interdit.

Rien ne doit fuiter, en théorie. En 2017, le général de Villiers s'oppose à E.Macron sur le budget des armées...

à l'Assemblée nationale ce qui s'était décidé en Conseil de défense en présence d'E.Macron, qui était au début de son 1er quinquennat, ça s'est très mal passé... - E.Macron se met en colère en public. - E.Macron: Je considère qu'il n'est pas digne d'étaler certains débats sur la place publique. - Depuis la crise sanitaire du covid et la guerre en Ukraine, E.Macron réunit son conseil au PC Jupiter.

Un bunker 70 m sous l'Elysée et ultrasecret. V.Giscard d'Estaing le dévoile à la télévision. - C'est dans ce souterrain, à l'abri des yeux et des oreilles indiscrètes, que le président possède un poste de commandement lié à tous les postes opérationnels. - Une cage de Faraday où il est impossible d'intercepter les conversations par des technologies d'espionnage. - Si nous étions davantage indiscrets, nous serions des traîtres ou des espions. - V.Giscard d'Estaing: Je vais vous demander de nous faire le point de la situation aérienne. - Gérard Longuet a été l'un des ministre de la Défense de N.Sarkozy.

Lors de ces conseils, les discussions étaient parfois animées. - Il y a une proximité très forte. Les gens se parlent directement. "Nicolas, tu penses ceci, je pense cela." Ca veut dire que tout va bien.

On se tutoie. Quand on passe à "monsieur le président, je voudrais vous faire observer que cette situation...", ça change la tonalité. - C'est au président, chef des armées, de trancher, seul. - On peut se faire influencer par les militaires.

Ils sont souvent dans le "oui, mais". "On peut faire ça, voilà le prix, le risque..." C'est au président et aux ministres, s'il connaît un peu les militaires, l'histoire, s'il a un peu de jugeote personnelle... - Le Conseil de défense se réunit au moins une fois par semaine. - C.Roux: Une fin d'interview qui fait écho à notre conversation de tout à l'heure.

Les militaires sont peut-être enclins à participer à un conflit et les politiques sont peut-être là pour leur dire non. Question. - F.Encel: Attention. "Guerre illégale", tout dépend de ce que l'on entend.

Aujourd'hui, l'attaque américano-israélienne, en droit international, est illégale. En même temps, utiliser cette formule...

La politique de l'Iran est totalement illégale aussi. De ce point de vue, vous avez une marge interprétative très importante. Est-ce que ça correspond à nos valeurs et à nos intérêts?

La question est là. - C.Roux: Un mot sur ce reportage.

Vous souriiez au moment où on voyait ces archives. On peut peut-être montrer la Situation Room de D.Trump.

Il l'a fait installer à Mar-a-Lago. - M.Bell: La Situation Room originale, sous l'aile ouest de la Maison-Blanche, a été construite dans les années 60.

Ils se sont rendu compte qu'il leur manquait des informations. La différence de Trump, c'est qu'il en a construit une chez lui, à Mar-a-Lago. C'est là où il suit la guerre actuelle. - C.Roux: Nous revenons à vos questions.

Question. - F.Encel: Non.

C'est une hypothèse très peu crédible. Un retrait sans véritable résultat pour D.Trump, ce serait sans doute très peu crédible.

Ce serait dangereux pour les Etats de la région, qui réclament qu'on aille jusqu'à un cadre. - C.Roux: La presse américaine dit que D.Trump va annoncer la fin de la guerre.

Il peut annoncer la fin de la guerre et, 2 jours après, envoyer les troupes? - F.Encel: Complètement.

Le 27 février, les délégations américaine et iranienne négociaient très officiellement à Genève. Quelques heures plus tard, les Américains frappaient l'Iran. C'est possible.

Aujourd'hui, on est dans une situation différente parce que le vin a été tiré, donc il faut le boire. D'un point de vue militaire très concret, notamment vis-à-vis des alliés dans la région, on ne peut pas faire n'importe quoi. Les Américains se retirant sans avoir rien obtenu, même pour Trump, ce serait catastrophique. - C.Roux: Ils diront qu'ils ont réduit à néant les capacités militaires et nucléaires... - Gal F.Chauvancy: Peut-être, mais peut-on le prouver?

Surtout si les missiles continuent de tomber sur les pays du Golfe ou sur Israël...

Israël est toujours en guerre et il n'y a pas de raison que l'Iran arrête de taper sur Israël. Est-ce que B.Nétanyahou peut s'en aller comme ça?

Je ne crois pas. Comment le conflit va continuer? Il parle d'une négociation demandée par le président iranien.

Peut-être qu'il peut s'abriter derrière cela...

Trump peut mentir. - L.Mandeville: Je relisais une phrase de Clausewitz... - C.Roux: C'est chic! - Gal F.Chauvancy: Un grand stratège. - L.Mandeville: Il parle de l'imprévisibilité de la guerre.

Il dit que la guerre n'a pas d'algorithme fixe. Il faut s'adapter et il faut un effet stratégique perspicace pour aller déterminer, au-delà du brouillard des déclarations des Iraniens, dans quel état ils sont vraiment. Il y a plein d'éléments qui doivent être pesés par le commandant en chef pour prendre la décision.