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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 21 octobre 2021 8 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprisesTravail & emploiSolidarités & famille

"La consommation est repartie très rapidement", estime Bertrand Dumazy, PDG d’Edenred qui gère les tickets restaurant

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:36OuverteRéponse directe

    Ces problèmes de pouvoir d'achat, vous les voyez dans les pratiques quotidiennes des français, mais est-ce que la consommation globalement telle que vous la voyez, est-ce que la consommation baisse Bertrand Dumasie ?

  • 1:19OuverteRéponse directe

    Et est-ce qu'elle évolue ? Est-ce qu'elle change ? Est-ce que les habitudes des consommateurs changent, comme vous les voyez, vous, Ed and Red ?

  • 2:04OuverteRéponse directe

    Et les difficultés de pouvoir d'achat, où les voyez-vous alors ?

  • 2:51OuverteRéponse directe

    Mais si on regarde les autres secteurs dans lesquels vous intervenez, si on regarde la mobilité, si on regarde les cadeaux aussi, qu'est-ce que vous voyez là ?

  • 4:10OuverteRéponse directe

    Pour soutenir le pouvoir d'achat, vous proposez à l'État, je l'ai vu, de baisser les taxes sur les titres restaurants, de baisser les taxes sur les titres cadeaux aussi.

  • 4:22RelanceÉludée

    Mais pourquoi est-ce que vous ne baissez pas plutôt, et tout simplement, les commissions que vous percevez ? Ça pourrait être un geste, ça ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45Invité politiqueFait
    « Non, la consommation augmente en tout cas dans le secteur qui nous concerne pour les tickets restaurants, c'est-à-dire la restauration. »
  • 0:52Invité politiqueChiffre
    « Si vous prenez le pic de l'argent qui n'avait pas été dépensé à juin 2020, il est à peu près d'un milliard. »
  • 0:58Invité politiqueChiffre
    « L'été 2020, on était à 300 millions d'argent qui n'était pas dépensé et qui restait dans les portefeuilles. »
  • 1:05Invité politiqueFait
    « Et je peux vous dire qu'aujourd'hui, puisqu'on observe les canaux, puisqu'on est connecté à 200 000 restaurateurs en France, ce surplus de dépenses sera totalement dépensé à la fin du mois de novembre. »
  • 1:16Invité politiqueFait
    « Donc la consommation est repartie et elle est repartie très rapidement. »
  • 1:32Invité politiqueFait
    « Mais si je me concentre sur la France, je dirais qu'en France, il y a deux tendances, plus de télétravail et plus de digital. »
  • 1:57Invité politiqueChiffre
    « Le montant des repas commandés via une plateforme digitale a été multiplié par 6 sur les 9 premiers mois de l'année. »
  • 2:13Invité politiqueFait
    « Pendant longtemps, on ne pouvait dépenser avec un ticket restaurant que 19 euros par jour. »
  • 2:20Invité politiqueFait
    « Le gouvernement a fait passer cette limite de 19 à 38 euros. »
  • 2:24Invité politiqueChiffre
    « Le panier moyen est passé immédiatement de 14 à 21 euros. »
  • 2:36Invité politiqueChiffre
    « Les Français, pendant cette crise, ont épargné à peu près 160 milliards d'euros. »
  • 3:04Invité politiqueChiffre
    « En France, nous sommes en croissance de 14%. »
  • 3:38Invité politiqueFait
    « Plus de télétravail veut dire plus de mobilité. »
  • 3:57Invité politiqueFait
    « Et là, on voit une explosion, en fait, de l'utilisation de formes alternatives de mobilité. »
  • 5:13Invité politiqueChiffre
    « Nos commissions sont des tarifs publics et donc, pour nos amis restaurateurs, la commission est d'environ 3% sur chaque transaction qui se passe chez les restaurateurs. »

Temps de parole

  • Invité politique70 %
  • Présentateur29 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonsoir à tous. Dans un peu plus de deux heures maintenant, Jean Castex donnera sa réponse à la flambée des prix du carburant. Confirmation que depuis la rentrée, la question du pouvoir d'achat est vraiment revenue en force. Bonsoir Bertrand Dumasie. Bonsoir Jean-Lémarie. PDG du groupe Eden Red. Vous gérez notamment les tickets restaurants, mais aussi d'autres solutions de paiement pour faire des cadeaux ou pour se déplacer. Vous vous présentez comme le champion mondial des solutions d'argent fléchées. C'est comme ça que vous dites, vous avez dans le monde 50 millions d'utilisateurs.

Ces problèmes de pouvoir d'achat, vous les voyez dans les pratiques quotidiennes des français, mais est-ce que la consommation globalement telle que vous la voyez, est-ce que la consommation baisse Bertrand Dumasie ?

0:45
Invité politique

Non, la consommation augmente en tout cas dans le secteur qui nous concerne pour les tickets restaurants, c'est-à-dire la restauration. Si vous prenez le pic de l'argent qui n'avait pas été dépensé à juin 2020, il est à peu près d'un milliard. L'été 2020, on était à 300 millions d'argent qui n'était pas dépensé et qui restait dans les portefeuilles. Et je peux vous dire qu'aujourd'hui, puisqu'on observe les canaux, puisqu'on est connecté à 200 000 restaurateurs en France, ce surplus de dépenses sera totalement dépensé à la fin du mois de novembre. Donc la consommation est repartie et elle est repartie très rapidement.

1:19
Présentateur

Et est-ce qu'elle évolue ? Est-ce qu'elle change ? Est-ce que les habitudes des consommateurs changent, comme vous les voyez, vous, Ed and Red ?

1:25
Invité politique

Alors oui, les habitudes changent dans le monde, puisqu'on est présent dans 46 pays, donc on a un champ d'observation qui est formidable. Mais si je me concentre sur la France, je dirais qu'en France, il y a deux tendances, plus de télétravail et plus de digital. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on continue à aller au restaurant, mais on y va de manière plus aléatoire en fonction de ces modes de télétravail. Et surtout, il y a une explosion de la livraison des repas, c'est-à-dire qu'on utilise un ticket restaurant digital pour payer un restaurateur qui va faire livrer, via une plateforme de livraison, le repas ou les repas que vous avez commandés.

Le montant des repas commandés via une plateforme digitale a été multiplié par 6 sur les 9 premiers mois de l'année. Et les difficultés de pouvoir d'achat, où les voyez-vous alors ? Alors, les difficultés de pouvoir d'achat, moi, aujourd'hui, dans la restauration, je ne les vois pas. C'est-à-dire, je vais vous donner un autre exemple, c'est que pendant longtemps, on ne pouvait dépenser avec un ticket restaurant que 19 euros par jour. Le gouvernement a fait passer cette limite de 19 à 38 euros. Et le panier moyen est passé immédiatement de 14 à 21 euros. Une autre manière de le dire, pour le secteur de la restauration, si on permet aux Français de dépenser plus, ils dépensent plus.

D'ailleurs, vous n'êtes pas sans savoir que les Français, pendant cette crise, ont épargné à peu près 160 milliards d'euros. Et ils sont prêts à dépenser ces 160 milliards d'euros, en tout cas dans un secteur qui est le secteur de la restauration.

2:48
Présentateur

Donc, on est toujours dans cet élan-là pour vous. Mais si on regarde les autres secteurs dans lesquels vous intervenez, si on regarde la mobilité, si on regarde les cadeaux aussi, qu'est-ce que vous voyez là ?

2:59
Invité politique

Alors, moi, ce que je vois, c'est d'abord un chiffre. En France, nous sommes en croissance de 14%. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les activités dont on parle sont en forte croissance. Pourquoi elles le sont ? Si on parle du cadeau, qui est aussi une autre de nos activités, on sent chez les employeurs la volonté de reconnaître le travail et le surplus de travail, et donc la volonté de créer de la loyauté. Pourquoi ? Parce que derrière ça, vous avez une guerre des talents qui est mondiale. On se dispute tous les talents et chaque employeur veut garder ses collaborateurs talentueux.

Et donc, les solutions qui permettent de motiver ou de garder ses collaborateurs, on le vend en poupe, premièrement. Deuxièmement, plus de télétravail veut dire plus de mobilité. Mais dans la mobilité, oui, il y a des consommations différentes. Chez Denred, on fait de la carte essence et les volumes ne baissent pas. Mais on fait aussi ce qu'on appelle du ticket mobilité, c'est-à-dire l'accession à d'autres formes de mobilité, comme du covoiturage ou des mobilités douces. Et là, on voit une explosion, en fait, de l'utilisation de formes alternatives de mobilité. Donc, en France, on se déplace autant qu'avant, voire plus, mais on se déplace différemment.

4:10
Présentateur

Pour soutenir le pouvoir d'achat, vous proposez à l'État, je l'ai vu, de baisser les taxes sur les titres restaurants, de baisser les taxes sur les titres cadeaux aussi. Mais pourquoi est-ce que vous ne baissez pas plutôt, et tout simplement, les commissions que vous percevez ? Ça pourrait être un geste, ça ?

4:23
Invité politique

Ça pourrait être un geste, mais ce n'est pas ce qu'on demande, nous. En fait, ce n'est pas baisser les taxes, puisque c'est des produits qui sont déjà détaxés.

4:29
Présentateur

Mais alléger ou élargir les exonérations ? Alors, ce qu'on dit, non, non, ce n'est même pas ça.

4:34
Invité politique

Ce qu'on dit, c'est aujourd'hui, le plafond du ticket restaurant est à 11 euros par jour. Et on dit que, comme tous les pays européens, faisons passer ce plafond à 15 euros. L'Autriche a multiplié son plafond par deux.

4:45
Présentateur

Élargir l'assiette de l'exonération ?

4:47
Invité politique

Élargissons l'assiette de l'exonération. C'est ça que vous demandez ? Absolument, puisque dès qu'on permet aux Français de dépenser plus dans la restauration, ils dépensent, le panier moyen augmente. Donc, c'est de l'argent bien placé, bien dépensé. C'est du pouvoir d'achat responsable qui sert l'économie locale, l'économie de nos restaurateurs. Donc, vive le ticket restaurant à 15 euros.

5:07
Présentateur

Et la commission ? C'était ma question là-dessus. Le niveau de la commission que vous percevez, c'est combien d'ailleurs ?

5:13
Invité politique

Alors, nos commissions sont des tarifs publics et donc, pour nos amis restaurateurs, la commission est d'environ 3% sur chaque transaction qui se passe chez les restaurateurs. Pourquoi est-ce qu'elles ne sont pas plus basses, ces commissions ? Eh bien, elles ne sont pas plus basses parce que nous sommes un apporteur d'affaires. C'est-à-dire que, par exemple, en France, nous employons uniquement Eden Red 1500 personnes pour mettre en place les différents systèmes et les faire fonctionner. Le taux de pénétration des tickets restaurant a fortement augmenté en France et donc, le volume apporté aux restaurateurs a fortement augmenté. En 8 ans, le volume a été multiplié par 2.

Cette multiplication par 2 ne vient pas par l'opération du Saint-Esprit. C'est Eden Red qui a beaucoup investi en mettant des commerciaux sur la route, mais aussi au téléphone et en développant nos plateformes digitales.

6:01
Présentateur

Donc, vous nous dites que cette commission est justifiée. Je vous pose la question aussi. Elle est tout à fait justifiée. Tout travail mérite salaire. Je vous pose la question aussi parce qu'elle interroge et elle agace des restaurateurs qui s'en plaignent, qui vous demandent régulièrement, mais ça, c'est aussi l'apanage d'un des leaders, de baisser cette commission. Et il s'appuie notamment sur la condamnation que vous avez eue il y a quelques mois. L'autorité de la concurrence vous a infligé une amende de 157 millions d'euros parce qu'elle vous reprochait, avec d'autres groupes qui exercent dans le même secteur, d'avoir verrouillé le marché des titres restaurants.

Et certains restaurateurs maintenant vous demandent à être indemnisés parce qu'ils estiment qu'ils ont pâti de cette situation. Est-ce que là, vous êtes prêts à faire un geste et à les indemniser ? Qu'est-ce que vous leur répondez ?

6:44
Invité politique

Alors, ce que je réponds tout simplement, c'est que d'abord, la condamnation de la DLC, contre laquelle d'ailleurs nous faisons appel, ne dit pas qu'il y a eu une entente sur les prix. C'est la première chose. Donc, nous n'avons lésé personne, c'est la première chose. La deuxième, c'est que oui, certains trouvent que les commissions sont trop élevées, comme tout, comme moi quand je vais acheter des produits, parfois je trouve ça trop élevé et je ne l'achète pas. On est libre de faire partie du réseau Eden Red ou de ne pas en faire partie. Et je vais vous livrer un chiffre. On a à peu près 200 000 restaurateurs qui apprécient le réseau Eden Red.

Depuis le début de la crise, on en a eu 10 000 de plus. Donc oui, il y a probablement des gens qui trouvent ça trop cher, mais il y a beaucoup plus de gens restaurateurs qui disent c'est un super système qui nous apporte du volume. 60% des gens qui vont déjeuner disent sans le ticket restaurant, je ne pourrai pas aller déjeuner au restaurant.

7:38
Présentateur

Bertrand Dumasie, le patron d'Eden Red, invité Éco de France Info ce soir. Merci. Merci.

7:43
Locuteur

Merci. Merci.