Louis Aliot : "On n'a pas une situation comme celle de Toulouse ou de Nice, mais il faut s'en prémunir"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:10OuverteRéponse partielle
Y a-t-il un besoin à Perpignan de durcir les conditions de vie nocturnes pour lutter contre le coronavirus ?
- 0:46OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir fait fermer la nuit les épiceries et lieux de vente à emporter ?
- 1:51OuverteRéponse directe
Trafic de cigarettes et de drogue : y a-t-il une véritable mafia à Perpignan ?
- 3:03RelanceRéponse directe
Vous avez parlé de 20 ans de laxisme de vos prédécesseurs. Pourquoi ?
- 3:55OuverteRéponse directe
À Perpignan, comment la sécurité va-t-elle se traduire concrètement ?
- 5:35OuverteRéponse directe
La police municipale doit-elle être armée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueFait
« aujourd'hui on n'a pas une situation qui ressemble à celle de Toulouse et d'autres villes ou de Nice, mais il faut s'en prémunir. »
- 1:00Invité politiqueFait
« De plus en plus, dans les épiceries, aux abords des épiceries, des attroupements, des tapages nocturnes, de livresses sur la voie publique et du trafic, notamment de cigarettes »
- 2:04Invité politiqueFait
« Il y a une tentative d'installation de réseaux qui ne sont pas de Perpignan, qui sont des réseaux, on va dire, internationaux, mais de petits caïds de Marseille ou de l'autre côté de la frontière. »
- 2:33Invité politiqueFait
« Il y a eu des morts et ça a tiré au fusil d'assaut dans certains quartiers et il faut rester vigilant. »
- 3:07Invité politiqueFait
« ils ont fait une très belle police municipale, bien équipée, en nom et en matériel, mais qui n'avait pas une stratégie très claire pour aller dénicher le petit caïd »
- 3:26Invité politiqueFait
« C'est eux qui régissent l'entrée et la venue d'un certain nombre de nos concitoyens dans un certain nombre d'immeubles ou de rues. C'est délirant. Et rien n'a été fait. »
- 4:06Invité politiqueFait
« ça se traduit par un repositionnement de la police municipale dans les quartiers. Parce qu'il n'y avait plus de postes de police. »
- 5:44Invité politiqueFait
« Elle est armée. Elle est même lourdement armée. »
- 6:13Invité politiqueFait
« Il va y avoir la mise en place de la police de nuit parce qu'elle s'arrêtait à 2h du matin. Maintenant, ce sera couvert de 2h à 8h du matin. »
- 7:29Invité politiqueChiffre
« À Perpignan, toutes les nuits, vous n'avez que un, quelquefois deux équipages de la police nationale qui circulent. C'est une ville de 120 000 habitants. »
- 8:37Invité politiqueChiffre
« le maire précédent avait une indemnité très très basse, parce qu'il cumulait la mairie de Perpignan avec la présidence de l'agglomération. C'est-à-dire qu'il était à 8 et 9 000 euros par mois. »
- 9:03Invité politiqueChiffre
« Je gagne largement moins que mon prédécesseur et très honnêtement, je gagne même moins que ce que je gagnais quand j'étais député. »
- 10:34Invité politiqueFait
« sur la liste, il y avait des gens qui n'étaient pas du tout du Rassemblement National, et qui venaient, on va dire, de tout le spectre de la droite et même du Parti Socialiste. »
- 16:56Invité politiqueFait
« L'union des droites n'est pas possible avec les états-majors. Il faut en sortir. »
Temps de parole
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- Locuteur non identifié22 %
- Présentateur4 %
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Bonjour Louis Alliot, maire de Perpignan, vice-président de Perpignan Méditerranée Métropole, vous faites partie des cadres du Rassemblement National. Une première question sanitaire, y a-t-il un besoin à Perpignan, comme c'est le cas depuis hier à Nice ou à Toulouse, de durcir les conditions de vie nocturnes, notamment dans les bars et les restaurants, pour mieux lutter contre le coronavirus en ce moment ?
Écoutez, aujourd'hui on n'a pas une situation qui ressemble à celle de Toulouse et d'autres villes ou de Nice, mais il faut s'en prémunir. Et donc la préfecture étudie toutes les mesures qui visent effectivement à restreindre la vie nocturne, même si ce n'est pas aujourd'hui l'urgence absolue.
Vous avez fait fermer la nuit les épiceries et autres lieux de vente à emporter de Perpignan, fermeture entre 22h et 6h du matin pour des raisons sécuritaires. Quel était le problème précisément dans ces épiceries ?
De plus en plus, dans les épiceries, aux abords des épiceries, des attroupements, des tapages nocturnes, de livresses sur la voie publique et du trafic, notamment de cigarettes, vous savez qu'on est une région frontalière et le trafic est massif, beaucoup d'argent sale et une multiplication assez incompréhensible d'épiceries, en tout cas de commerce, on va dire, de nuit dans tous les quartiers et beaucoup de retours de nos concitoyens qui tout simplement n'en peuvent plus, ne peuvent plus dormir, ont du mal à gérer un certain nombre d'individus dans la rue. Donc voilà, j'ai pris cette mesure et depuis trois jours maintenant, le calme est semble-t-il revenu.
Maintenant, une phase de dialogue va s'amorcer avec ces commerçants-là pour leur montrer qu'on ne peut pas faire n'importe quoi dans un commerce et qu'on doit respecter aussi la tranquillité publique et le sommeil de tout le monde. Question de Patricia Martin.
Trafic de cigarettes, disiez-vous l'Ouaglio, trafic de drogue également, la situation est plus grave que vous ne le pensiez avant de devenir maire de la ville. Y a-t-il une véritable mafia à Perpignan ?
Il y a une tentative d'installation de réseaux qui ne sont pas de Perpignan, qui sont des réseaux, on va dire, internationaux, mais de petits caïds de Marseille ou de l'autre côté de la frontière. Et effectivement, les services de police et même de renseignement maintenant sont mobilisés. Parce que je ne voudrais pas et personne ne voudrait que Perpignan devienne un grand centre de trafic et de mafia tel qu'on peut la connaître dans d'autres villes. Il y a eu des morts et ça a tiré au fusil d'assaut dans certains quartiers et il faut rester vigilant.
Et la meilleure manière de rester vigilant, c'est de mobiliser, un, les forces de police, deux, que les juges appliquent d'une manière énergique les peines lorsqu'ils ont des individus qui sont pris sur le fait accompli. Et puis aussi une vigilance de tous les citoyens qui ont un devoir, j'allais dire, de surveillance et d'alerte. C'est ce qui se passe à Perpignan. On est en train de développer tout un réseau d'alerte.
Vous avez parlé de 20 ans de laxisme à propos de ceux qui vous ont précédés.
Oui, parce qu'ils ont fait une très belle police municipale, bien équipée, en nom et en matériel, mais qui n'avait pas une stratégie très claire pour aller dénicher le petit caïd, pour en fait insécuriser les dealers. Parce que le problème, il est que ces gens-là sont installés dans une rue et considèrent que la rue leur appartient. Alors vous les avez assis sur des chaises, des canapés. C'est eux qui régissent l'entrée et la venue d'un certain nombre de nos concitoyens dans un certain nombre d'immeubles ou de rues. C'est délirant. Et rien n'a été fait. Ils se sont installés. Ils se croient chez eux. Or la rue, elle n'est pas à eux.
La rue, c'est le territoire de la ville et de la République. Et c'est aux forces de sécurité, que ce soit la préfecture ou le maire de Perpignan, de rétablir l'ordre afin que les citoyens honnêtes puissent y circuler librement.
Louis Allieu, vous avez un point commun avec le gouvernement Macron. C'est de vouloir faire de la sécurité un thème majeur de votre mandat. À Perpignan, ça va se traduire comment ?
Écoutez, ça se traduit par un repositionnement de la police municipale dans les quartiers. Parce qu'il n'y avait plus de postes de police. La nationale a enlevé des postes de police dans les quartiers.
Il y en a de nouveaux depuis début septembre.
Non, c'est celui que je vais inaugurer.
Il y a des personnels de police nationale qui sont arrivés.
Oui, il y a 28 et on verra où ils les mettent, si c'est pour les mettre dans les bureaux.
Le préfet de région, vous avez déjà répondu. Je crois que les 28 renforts qui vont arriver ce mois-ci à la Sûreté départementale, ils vont être principalement affectés sur le terrain, à la BAC, à la brigade anticriminalité. Donc, ce ne sont pas des fonctions administratives.
Ne croyez pas que je critique ça. Moi, je m'en félicite. Mais je vais remettre de la police de proximité. La municipale, ce n'est pas la nationale. On est armé, mais on n'a pas les mêmes prérogatives. On n'a pas les mêmes droits. Nous, on a un devoir, j'allais dire, de secours, d'information, de pédagogie et de dissuasion. C'est ce que nous allons remettre dans les rues, dans les quartiers de Perpignan, avec des postes de police locaux qui permettront de faire cette proximité qu'il n'y avait plus.
Et je pense qu'en remettant un peu de lien et de liant, on va dire, au sein des quartiers, dans toute la ville, avec les forces de police municipale, avec le renfort, évidemment, de la police nationale et de la stratégie qui est mise en place par le préfet, je pense que nous allons y arriver. Je ne suis pas pessimiste, mais je pense que c'est un problème de stratégie. Il n'y avait pas la bonne stratégie. On est en train de remettre les choses à leur place.
En étendant, par exemple, aussi les plages horaires de la police municipale, cette police municipale, vous aimeriez qu'elle soit armée ?
Elle est armée. Elle est même lourdement armée. Ça, ça avait été le choix des précédentes municipalités. Voilà, c'est de la dissuasion. C'est quelque chose qui est important au moment où vous avez des gens qui, en face, ont des fusils d'assaut. Ça, c'est vrai. Mais ce n'est pas là le problème. Le problème, c'est sa présence sur l'ensemble du territoire d'une ville qui est étendue et, encore une fois, son efficacité en matière de soutien dans un certain nombre de situations. Mais c'est vrai que maintenant, il va y avoir la mise en place de la police de nuit parce qu'elle s'arrêtait à 2h du matin. Maintenant, ce sera couvert de 2h à 8h du matin.
Il va y avoir des systèmes, notamment pour les commerçants, pour alerter en cas de violence faite, etc. Voilà, on maille. C'est quelque chose qui n'est pas, j'allais dire, aussi cher et aussi médiatique que ce que fait M. Estrosi à Nice. Mais je pense que c'est important pour tout le monde qu'il y ait un minimum de retour de tranquillité dans nos rues.
En France, en ce moment, les syndicats de police s'inquiètent d'une nouvelle politique du chiffre qui serait en train de se mettre en place à l'initiative du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Est-ce que vous êtes favorable, vous, à cette politique ? Les syndicats disent politique du zèle, on va dire politique du chiffre, en tout cas.
Non, je pense qu'il y a des effets d'annonce. Je pense que quelquefois, il y a de bonnes choses, en tout cas sur le diagnostic. Mais honnêtement, je ne vois toujours pas ce que M. Darmanin apporte dans le domaine de la sécurité aux villes qui ont des difficultés avec un certain nombre de réseaux qui pullulent. Mais ils vous apportent notamment des effectifs. Oui, mais au point où nous en sommes, avec les difficultés, par exemple, des effectifs déjà sur Perpignan au commissariat, ce n'est pas assez. Voilà. Il faut un arsenal. Il faut aussi un arsenal juridique. Il faut un soutien de la hiérarchie sur le terrain.
À Perpignan, toutes les nuits, vous n'avez que un, quelquefois deux équipages de la police nationale qui circulent. C'est une ville de 120 000 habitants. C'est une ville qui a des problèmes d'extrême pauvreté, qu'il faut traiter par ailleurs, évidemment. Mais voilà, nous en sommes là. Donc, moi, je dis à M. Darmanin, c'est bien joli d'aller partout faire des annonces, et notamment à Nice, c'est-à-dire dans des villes qui sont quand même richement dotées, mais qu'ils viennent un peu dans des villes difficiles, pauvres, parce que nous avons besoin de l'État. Moi, je ne compte pas remplacer l'État, parce que je pense que ce serait une dérive de notre modèle républicain.
Sur les reproches que vous faites aux décisions juridiques, vous conviendrez que ce n'est pas du ressort du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Autre question qui a fait polémique, c'est l'une de vos premières décisions municipales qui a fait polémique, notamment au sein de votre opposition, quand vous vous êtes octroyé une augmentation de votre propre indemnité de maire, plus 17%, je crois. Qu'est-ce qui justifiait cette augmentation de votre indemnité ?
Écoutez, le maire précédent avait une indemnité très très basse, parce qu'il cumulait la mairie de Perpignan avec la présidence de l'agglomération. C'est-à-dire qu'il était à 8 et 9 000 euros par mois. Bon, voilà. Donc, c'est juste la justification de cela. Moi, je ne suis pas maire de l'agglo et je ne cumule pas ces deux exécutifs.
Vous êtes vice-président de la communauté Perpignan Militarale ?
Oui, mais entre président et vice-président, il y a quand même...
Au final, vous gagnez plus ou moins que votre prédécesseur, alors ?
Je gagne largement moins que mon prédécesseur et très honnêtement, je gagne même moins que ce que je gagnais quand j'étais député.
Louis Alliot, on vous a parfois reproché d'avoir d'abord un programme sécuritaire à Perpignan au détriment d'une politique culturelle ambitieuse pour la ville. Est-ce que vous admettez cette ligne politique ou ligne éditoriale, comme vous voulez ?
Non, parce que j'ai comme adjoint à la culture M. André Bonnet, qui était quelqu'un de très connu localement dans le domaine de la culture, précisément, et que nous faisons beaucoup, surtout aujourd'hui, avec les difficultés que nous avons dans la fréquentation et dans la tenue d'un certain nombre de festivals.
Visa pour l'image, par exemple ?
Alors, Visa pour l'image a été un cru qui a été mis en place par l'équipe avec difficulté, mais elle l'a fait, et ça a été finalement une belle édition, dans des conditions pas faciles. Moi, j'ai toujours dit que Visa pour l'image, la mairie ne se désengagerait jamais, c'est ce que nous faisons. Elle a sa ligne, Visa a sa ligne, j'allais dire, politique, éditoriale, en quelque sorte, et moi, je n'ai pas m'immiscer dans ces choses-là, ça relève de son directeur, et je trouve ça parfaitement normal.
D'ailleurs, le fait de ne pas fermer ce festival Visa pour l'image, dont vous confirmez que ce n'est pas votre ligne politique, a priori, en tout cas à Perpignan...
Il faut rappeler que c'est un festival international de photojournalisme.
Et qui donne de la réputation à la ville de Perpignan. Juste pour terminer ma question, le fait de ne pas fermer ce festival, ça participe aussi de votre stratégie, peut-être, de dédiabolisation ? Où en sont d'ailleurs vos promesses d'ouverture politique dans la ville ?
Ce n'est pas ça, le directeur du festival avait dit que si un jour j'arrivais maire, il avait dit ça il y a 6 ans, il quitterait la ville, etc. Ça n'a pas été fait, heureusement d'ailleurs, parce que c'est un professionnel, il connaît parfaitement la gestion de ce festival, et moi, je n'ai pas, encore une fois, c'est ma philosophie à m'immiscer dans la ligne qui est choisie de ce festival-là. Donc moi, je n'ai pas de soucis avec la culture. J'ai encore inauguré hier le festival de disques et de la bande dessinée.
Voilà, il y a des choses qu'on ne partage pas, mais enfin, c'est Perpignan, il y a le monde culturel est riche à Perpignan, et la mairie soutiendra ce monde culturel à Perpignan sans aucun état d'âme. Pour l'ouverture, écoutez, sur la liste, il y avait des gens qui n'étaient pas du tout du Rassemblement National, et qui venaient, on va dire, de tout le spectre de la droite et même du Parti Socialiste. Je pense à notre ami Jacques Palassin, qui est aujourd'hui adjoint à proximité.
Et nous préparons activement les élections départementales dans cet esprit d'ouverture, parce qu'avec la déconfiture des partis de droite LR et de gauche PS, eh bien, il y a, j'allais dire, quelque chose à faire avec des candidats d'ouverture, avec des personnalités locales pour gérer le département.
Donc, l'ouverture à Perpignan, et cela dit, au sein du Rassemblement National, ce sont d'autres pratiques, visiblement, puisque Marion Maréchal, elle reproche à Marine Le Pen d'avoir fait une sorte de purge cet été, des placardisations des partisans de Marion Maréchal, ce qui prive votre mouvement, dit-elle d'ailleurs, de toute diversité. Il y aurait donc deux poids, deux mesures, Perpignan et le Rassemblement National ?
Je ne crois pas, puisqu'au RN, regardez aux élections européennes, qui sont les dernières grandes élections du parti, Mariani, Garot, Cotarac, etc. Tout le monde a été... Il y a eu une large ouverture, et il y en aura encore dans les candidatures à venir. Ce sont des problèmes internes, qui, très honnêtement, font partie de la vie des partis. Vous savez, moi aussi, j'ai subi des choses dans un certain nombre de situations, et même, disons-le, dans la région PACA, au dernier régional, beaucoup de mes amis ont été aussi écartés des élections régionales. Louis Alliot, vous... Je n'ai pas braillé et je n'ai rien dit, et pourtant c'était le cas.
Les membres de votre équipe municipale ne vont pas participer aux prochaines élections départementales ?
Alors, attendez, ça, ce sont les adjoints. J'ai dit que les adjoints étaient mobilisés tout entier à la gestion de la ville de Perpignan, parce que nos électeurs ne comprendraient pas que l'on puisse se disperser à la fois sur la ville et prétendre à un autre mandat. Donc c'est en cours, on en discute, parce que Perpignan, c'est aussi six cantons, c'est ce qui est... Et donc six binômes sur Perpignan, et donc, en tout cas, c'est la règle. Peut-être y aura-t-il des exceptions, mais moi, je ne souhaite pas qu'il s'écumule de mandats.
Pour rester sur le thème de l'ouverture, le RN ne pourra pas gagner seul, objectif la présidentielle, disait Marion Maréchal. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
Écoutez, il n'a jamais prétendu gagner seul. Moi, c'est ça que je ne comprends pas. Il a toujours tendu la main. La preuve, je l'ai fait à Perpignan. D'autres l'ont fait dans d'autres villes. Et ce qu'il faut mettre en place, c'est un large rassemblement, et ne pas se corneriser, notamment dans le domaine, j'allais dire, des idées. Il y a des choses qu'on peut partager avec un certain nombre de personnes, d'autres pas. Moi, je reproche un certain nombre de personnalités, je reproche un certain nombre de personnalités, notamment de droite, de se corneriser. On ne doit pas s'empêcher de parler à tout le monde.
Or, je remarque que dans les critiques qui sont faites à l'égard de Marine et du RN, par exemple par un Robert Ménard, etc., que je connais bien, qui est un ami, je trouve que c'est excessif. On va dire ce qu'a dit Robert Ménard. Les cornerisés, ce sont eux, ils sont dans une espèce de tube dont ils n'arrivent pas à sortir, et ils se trompent. Rien ne se fera sans le RN. Rien ne se fera contre le RN.
Si Marine Le Pen se présentait aux élections de 2022, ce que Robert Ménard a dit, c'est qu'à ce moment-là, c'était l'assurance pour Emmanuel Macron d'être réélu.
Oui. Au-delà que ce soit assez inamical, au-delà que ce soit assez inamical de sa part, mais ça, c'est son caractère, il est un peu sanguin quelquefois, je pense qu'il se trompe. Voilà. On a le droit de se tromper. Il s'est déjà trompé d'ailleurs, mais ça n'empêchera pas que Robert Ménard, il faut discuter avec lui, et j'entretiens, moi, de bonnes relations avec Robert Ménard. On ne passe pas à la même chose.
Il a eu des propos peu amènes, même pire que ça, à l'égard de Marine Le Pen. Il lui fait maintenant un procès en incompétence qui a été révélé aux yeux des Français lors du débat du second tour face à Emmanuel Macron. Oui, mais ça, c'est trop facile.
Oui, mais ça, c'est trop facile de dire ça. Surtout quand on est, voilà, on est maire de Béziers et on n'a pas d'expérience nationale et même internationale. Donc Robert, il gère bien Béziers. La preuve, il a été réélu au premier tour à 68%. Et moi, il est venu me soutenir dans ma campagne et je la remercie encore. Mais au-delà de ça, certaines fois, il a des propos qui ne cadrent pas du tout avec ce que veulent nos concitoyens dans beaucoup de domaines. Et je le dis, on n'a pas les mêmes idées sur un certain nombre de domaines, mais on se retrouve sur l'essentiel. Et l'essentiel, c'est la défense des intérêts de la France et des Français.
Au-delà des propos de Robert Ménard, est-ce que cette séquence de Marine Le Pen face à Emmanuel Macron, elle a fait des dégâts durables ou pas parmi vos militants et parmi les Français lorsqu'on a senti Marine Le Pen perdre pied un peu face à Emmanuel Macron ?
Oui, mais d'accord, mais c'est encore une fois, c'est un débat, c'est humain. Heureusement, nous sommes des êtres humains.
Mais les sondages sont mauvais pour Marine Le Pen.
Non, les sondages ne sont pas mauvais pour Emmanuel Macron, les sondages. Et ce que je regarde, moi, ce n'est pas une histoire de débat, c'est une histoire de politique. Car moi, je veux bien qu'on regarde un débat. Mais moi, je regarde surtout le taux de chômage, je regarde l'insécurité, je regarde l'immigration, je regarde la situation politique et économique de notre pays qui est déplorable. Et ça, ce n'est pas Marine Le Pen, ça c'est M. Macron, ça c'est le Parti Socialiste, ça c'est les LR qui se sont succédés et qui ont mis la France dans cet état.
Et je ne vois pas moi comment demain, on pourrait refaire confiance à des gens qui ont prouvé leur incompétence dans la gestion des affaires de la France.
Encore un mot sur l'ouverture et l'union des droites dont Marion Maréchal fait la promotion. Est-ce que cette ligne, l'union des droites est compatible avec la ligne plutôt unitaire malgré tout du Rassemblement National ?
L'union des droites n'est pas possible avec les états-majors. Il faut en sortir. Moi, je ne me vois pas faire un accord avec M. Jacob ou avec je ne sais qui. La seule union qui est possible, c'est une union à la base, un des élus, des électeurs ensuite pour peut-être demain participer à une plus grande rénovation de la vie politique. Mais à l'état actuel des choses, l'union de la droite c'est se corneriser un peu plus parce que dans cette droite-là, malheureusement, il y a une droite qui est mondialiste, européiste et qui est très bien d'ailleurs avec M. Macron et qui s'apprête d'ailleurs à la soutenir. Regardez, M.
Castex, Premier ministre qui est maire dans un village à côté de chez moi, il était le représentant des Républicains, il est aujourd'hui en marche et je suis persuadé qu'en ce moment et en sous-main, il est en train de faire une alliance entre les LR et la République en marche. C'est ça la droite ? Donc non, c'est pas ça.
Donc il faut passer à autre chose. Et vous citez notamment sans le nommer M. Estrosi, à Nice qui semble effectivement se rapprocher de la politique macroniste et des alliances avec la République en marche. Est-ce que vous reconnaissez que le Rassemblement National peine à s'implanter localement avec des nouvelles têtes comme l'ont montré d'ailleurs les dernières municipales vous concernent ? Enfin, pas vous personnellement mais votre parti.
Je pense qu'au municipal on a pêché surtout par effectivement manque d'implantation. C'est-à-dire que nos cadres maintenant et ça a été mais c'est beaucoup mieux qu'avant sont incités à, voilà, tout simplement à s'implanter à durablement s'installer dans les villes et les villages pour les conquérir dans les six années qui arrivent. Voilà, nous sommes l'opposition aujourd'hui à M. Macron et pratiquement les seuls. Donc il ne faut pas hésiter à sortir, à se montrer tel que nous sommes. Voilà, nous n'avons pas de leçons à recevoir.
Les idées circulent au sein du parti librement ?
Écoutez, honnêtement, moi qui suis quand même un cadre un peu ancien maintenant, on ne m'a jamais demandé à moi de ne pas dire quelque chose ou quoi que ce soit parce que sinon je l'aurais fait savoir bruyamment. Voilà, il peut y avoir quelquefois des disputes, c'est bien normal, il peut y avoir des différences de lignes sur certains sujets mais vous avez tout un tas de sujets qui ont quand même nourri une discussion et qui sont arrivés à une évolution. C'est le cas de l'euro. Nous étions à le corner la dernière fois d'une lutte, j'allais dire, un peu rigide sur l'euro. Écoutez, nous avons évolué et nous avons réussi à convaincre et aux européennes, ça a produit ses fruits.
La réalité, c'est ça. Nous sommes aussi un lieu de débat.
Merci Louis Alliot, maire de Perpignan, la carte politique, Rassemblement National. Merci Louis Alliot et bonne journée.
Louis Aliot