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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 30 mars 2026 23 min

Violences dans le périscolaire parisien, vente du Parc des Princes... Le "8h30 franceinfo" d'Emmanuel Grégoire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Bonjour Emmanuel Grégoire.

0:05
Emmanuel Grégoire

Bonjour.

0:05
Présentateur

Bonjour Paul.

0:06
Emmanuel Grégoire

Bonjour à tous.

0:07
Présentateur

Merci d'être avec nous Emmanuel Grégoire sur France Info pour votre première interview en tant que maire de Paris officiellement élu. On entend les applaudissements du nouveau conseil de Paris qui vous ont désigné hier avec 103 voix sur 163 votants. Mais vous êtes attendu au tournant et vous le savez sur le sujet du périscolaire, les violences dans le périscolaire. France Info révèle ce matin que des centaines de parents d'élèves vous ont adressé un courrier ce week-end. On écoute Barca Zerouali, cofondatrice du collectif MeToo Ecole.

0:37
Invité

Nous serons là pour vérifier point par point que les actes ont suivi les paroles. Vous saurez confrontés à vos obligations. Nous voulons une refonte réelle du cadre de la protection du périscolaire. Nous voulons que les responsabilités soient nommées, assumées, sanctionnées. Nous ne serons pas leurs cautions, nous serons leurs obligations.

0:54
Présentateur

On l'a entendu, c'est l'une des demandes des parents. Êtes-vous prêts à sanctionner les responsables, Emmanuel Grégoire ?

1:00
Invité

D'abord, il y a des sanctions, il y a des procédures disciplinaires en fonction des cas. Il y en a déjà ? Oui, il y en a déjà qui ont été prises ces derniers mois. Et puis, il faut distinguer ce qui relève de la sanction disciplinaire d'un côté et des procédures judiciaires de l'autre. C'est difficile. L'un des sujets, d'ailleurs, est la longueur des procédures judiciaires, mais on va y revenir. D'abord, dire que c'est la priorité absolue de ce début de mandat. J'y consacrerai une part importante de ma journée aujourd'hui, notamment pour rencontrer le collectif MeToo École, mais aussi d'autres collectifs. Dire ma disponibilité pour rencontrer les parents.

J'ai reçu effectivement hier soir un courrier principalement de parents d'élèves du 7e et du 15e arrondissement. Il y a d'autres arrondissements qui sont évidemment concernés. Je prendrai le temps nécessaire pour, évidemment, écouter toutes les doléances, les observations, notamment parce que ces collectifs ont beaucoup de propositions à faire. Et je les sais, pour les avoir déjà rencontrés, très experts de ces sujets. Nous allons tout remettre à plat. La table, je l'ai dit, va être renversée et nous allons tout reprendre du début.

2:02
Emmanuel Grégoire

On va prendre le temps de développer ce dossier si important, mais avant d'aller sur les propositions, quelles seront les sanctions qui sont les responsables ? Vous avez parlé de sanctions en cours, d'examen, mais est-ce que vous voulez aller plus loin ? On peut lire ce matin dans Politico qu'il va y avoir des bougées dans votre administration. De quoi on parle ?

2:17
Invité

Oui, il y aura des bougées. C'est normal, d'ailleurs, parce que je considère que dans l'exercice de remettre tout à plat, il faut remettre des capacités managériales qui soient, entre guillemets, à l'abri de l'histoire qui a permis à ces situations de se développer. Ça veut dire quoi ? Et donc, il y aura des décisions de changement managérial, etc. à tous les niveaux, mais il faut le faire avec, entre guillemets, méthode, respect et méthode. Et donc, je lancerai ça au fur et à mesure des décisions lorsqu'elles seront prises.

2:47
Présentateur

C'est-à-dire qu'il y a des personnes qui étaient en charge du périscolaire dans l'administration qui vont être déplacées, qui vont changer de position ?

2:51
Invité

Oui, évidemment. D'abord, il y a déjà eu des déplacements, des changements, des suspensions, etc. Le panel à disposition est large. Je ne crois pas que ce soit le plus important, au sens où les parents attendent des garanties de protection des enfants quand ils mettent leurs enfants à l'école, que ce soit dans le cadre de l'éducation nationale ou dans le cadre du périscolaire. Et donc, c'est ces garanties-là que je veux apporter.

Il y aura des décisions qui seront prises dès les toutes premières heures de cette journée, d'autres qui seront prises dans les jours à venir et d'autres un peu plus sur le temps long, à l'évidence, notamment le lancement de la Convention citoyenne qui permettra à tous les acteurs, directeurs d'établissement, enseignants, parents d'élèves, associations, de se prononcer, de dire leur avis un peu, notamment sur l'organisation de la semaine.

3:34
Emmanuel Grégoire

Qui décide aujourd'hui concrètement dans la chaîne hiérarchique de maintenir ou d'écarter un animateur signalé ? Est-ce que cette chaîne a failli ?

3:42
Invité

Dans des cas, oui. Et après, ça dépend des niveaux de responsabilité, de ce que je sais, puisque je n'étais plus en responsabilité, mais je me suis quand même informé sur un certain nombre de situations. Il y a différents cas. Ça peut être parfois un manque de discernement du directeur d'établissement et ou du directeur du périscolaire. C'est parfois l'échelon hiérarchique au-dessus qui a pu commettre des erreurs d'appréciation. Parfois, on découvre à postériori des faits. Et donc, au moment où une décision est prise, elle n'est pas éclairée avec la gravité des faits qu'on connaît après, par définition. Donc, c'est tout cela qu'on va remettre à plat.

Mais l'immense majorité des décisions, ce ne sont jamais les politiques qui prennent ces décisions. Justement, c'est la question. Ce sont des décisions administratives.

4:24
Présentateur

Donc, il n'y a pas d'élus ou d'anciens élus qui sont concernés par les défaillances ?

4:27
Invité

Non. Au niveau des élus... On ne va pas refaire le débat. J'ai dit que ma responsabilité, quand on est maire, on est responsable de tout. Et donc, la responsabilité, la mienne en tout cas, désormais, elle est totale. Et donc, je veux dire que je ressens une obligation de résultat en la matière. Mais pour ce qui concerne les RH des collectivités territoriales, mais comme de l'État, ce ne sont pas les élus qui s'occupent de cela. Et heureusement, d'ailleurs, il y a un principe de neutralité de la fonction publique pour les agents publics qui fait qu'on est dans une gestion administrative.

Mais ça ne nous exonère pas de nos responsabilités et en la matière de garantir la protection en toutes circonstances des enfants.

5:05
Présentateur

Et pour y voir plus clair, parce que c'est un dossier assez tentaculaire où on n'a pas encore tous les ressorts, les parents demandent également un audit par un cabinet indépendant, justement pour comprendre bien ces dysfonctionnements.

5:17
Invité

Y êtes-vous prêt ? Oui, j'y suis favorable. Je l'ai déjà dit dans la campagne que je souhaitais être accompagné par un conseil extérieur qui, non seulement, aura la vocation à nous aider à stabiliser et à faire l'évaluation de ce qui a dysfonctionné, mais également de suivre dans la durée la bonne application des procédures. J'ai déjà pris l'engagement de le faire parce que quand on identifie des défaillances internes, c'est bien de se faire aider de l'extérieur pour nous aider à être meilleurs.

5:42
Emmanuel Grégoire

Et donc vous y étiez engagé notamment sur France Info en tant que candidat, maintenant en tant que nouveau maire de Paris. Est-ce que ce matin sur France Info, vous assurez que cet audit sera public intégralement sans filtre, même s'il vous est défavorable ?

5:54
Invité

D'abord, il n'y a pas de défavorable. Non, ça peut être comme ça que ça fonctionne. Je suis un nouveau maire dans une organisation. D'abord, je le redis, il y a la loi. Et on doit respecter la loi en toutes circonstances. Et notamment quand il s'agit de suspicions, de violences, quel que soit leur niveau et leur degré, il y a des droits qui sont attachés à la présomption d'innocence et aux procédures judiciaires. Je ne suis pas procureur de la République, je ne suis pas juge, je ne le serai jamais. C'est le travail. L'audit n'a pas pour charge d'évaluer des défaillances individuelles.

Je le rendrai de façon transparente, notamment à ceux qui participeront au travail dans la Convention citoyenne. Mais par exemple, il n'a pas vocation à faire fuiter des informations de justice ou des suspicions qui mettraient en danger le respect des procédures judiciaires. C'est la seule réserve que j'aimais. Mais sinon, évidemment, tout sera public.

6:42
Présentateur

Emmanuel Grégoire s'était il y a dix jours dans une maternelle du 11e arrondissement à Paris. Un enfant de trois ans aurait été victime d'un viol commis par un animateur dans les toilettes de l'école. Donc, vous dites que vous allez renverser la table. Qu'est-ce que vous faites pour les animateurs qui sont déjà en poste ?

7:00
Invité

D'abord, tous les animateurs qui sont suspectés, je dis bien suspectés, puisque c'est la justice qui fait le travail derrière, sont immédiatement suspendus. Immédiatement. Et il y a beaucoup de suspensions qui sont liées à la libération de la parole des enfants et au fait qu'a priori, on accorde crédit à la parole de l'enfant et les conséquences sur l'adjoint.

7:20
Présentateur

Suspendu et pas muté, pas déplacé dans une autre école.

7:23
Invité

Jamais, jamais. Mais d'ailleurs, ça n'est jamais le cas. Non, non, ce n'est pas arrivé. En décembre. J'insiste. Non, ce n'est pas arrivé. Il n'a jamais été déplacé après une suspicion de violence sexuelle. Et il avait crié contre des enfants. Oui, mais crier sur un enfant, pardon. Crier sur un enfant, ça dépend de la certaine chose. Je ne sais pas si vous êtes parent, mais ça nous arrive tous. Les adultes qui, dans l'encadrement des enfants, font exercice d'une forme d'autorité, heureusement que ça existe dans le pays. Et donc, je ne sais pas sur le cas d'espèce si c'était proportionné ou disproportionné, mais je veux rassurer les parents.

À aucun moment, un animateur qui serait suspecté de violence sexuelle ne fait pas l'objet d'une suspension immédiate.

8:00
Présentateur

Mais pour ceux qui ne sont pas suspectés, qui sont en poste, qui vont au travail tous les matins, et qui sont peut-être des pédophiles, pardon, des agresseurs en puissance, qu'est-ce que vous faites ? Est-ce que vous allez contrôler tous les animateurs aujourd'hui qui sont en contact avec des enfants ?

8:12
Invité

Ils le sont tous, et on va s'en assurer s'il y avait eu des manquements, mais ils le sont tous. Ce sont des procédures qui existent depuis longtemps. Mais le principe d'un pédocriminel... Ils sont tous, c'est-à-dire ils ont tous été passés au crible ? Oui, ils ont tous été passés au crible, tous, tous.

8:24
Présentateur

Mais pourtant, on a vu qu'il y avait des dérits.

8:25
Invité

Mais parce qu'un pédocriminel, Madame Lambret, un pédocriminel ne le met pas sur son CV, d'accord ? Et un pédocriminel, avant de passer à l'acte, il ne l'est pas. C'est une difficulté dans laquelle se trouvent toutes les organisations qui accueillent les enfants. Et donc la question, c'est comment on met en place des procédures qui garantissent la protection des enfants, quand bien même quelqu'un essaierait de s'infiltrer. Et je veux que nous puissions distinguer, d'ailleurs, c'est la question de l'encadrement des enfants, la question du fait de ne pas les laisser seuls, ou en tout cas dans des conditions exceptionnelles. C'est plein de procédures qu'on va devoir vérifier et compléter.

Et je voudrais dire quelque chose, parce que votre phrase, elle a un sens vis-à-vis du collectif professionnel. L'immense majorité d'entre eux sont de grands professionnels. Et qu'ils soient a priori suspectés d'être des pédocriminels, ce qui est le cas, je le rappelle, de tout adulte potentiellement, est évidemment extrêmement pesant sur eux.

9:20
Présentateur

Bien sûr, mais ce sont les parents qui s'inquiètent, Emmanuel Grégoire. Quand il y a autant de cas dans le périscolaire parisien,

9:25
Invité

bien sûr que c'est légitime de s'inquiéter. Tout le monde s'en inquiète. Mais on ne peut pas partir du principe que tout adulte qui travaille auprès des enfants est un pédocriminel. On doit juste prévoir les procédures pour faire en sorte de démasquer, de condamner et de suivre dans la durée ceux qui peuvent être suspectés de l'être, d'ailleurs, et a fortiori lorsqu'ils sont passés à l'acte.

9:45
Emmanuel Grégoire

Et on ne fait aucun amalgame sur ces enseignants. Ils ne sont évidemment pas tous pédophiles. On n'a jamais dit ça. Néanmoins, il y en a au moins 52 à en croire les chiffres. Vous allez nous le préciser.

9:55
Invité

Précisez-nous, combien sont-ils ? J'ai besoin de prendre le temps et je ferai ça de façon transparente. On a dit, j'ai pris l'engagement de présenter de façon transparente. Mais il faut distinguer, d'abord, entre le nombre de plaintes et le nombre d'adultes concernés, entre les motifs de suspension. Certains sont suspendus parce qu'ils crient un peu fort. D'autres sont suspendus sur des suspicions d'attouchement sexuel. Donc, je présenterai de façon totalement transparente les statistiques précises en fonction des cas. Et je le rappelle, moi, je vais attendre d'avoir les chiffres globaux pour les communiquer, évidemment, de façon détaillée. Et je n'attendrai pas.

Trois semaines, je le ferai le plus vite possible. Et deuxième chose, il faut quand même distinguer les suspicions et des condamnations judiciaires. Et je le redis, je souhaite avoir un échange avec la procureure de la République et la brigade des mineurs, qui dépendent de l'autorité du préfet de police, pour assurer un meilleur suivi.

10:50
Présentateur

Parce qu'aujourd'hui, ça prend trop de temps, c'est ça ? Les parents se plaignent du fait que ça n'a aucune conséquence.

10:54
Invité

Il y a une école d'une affaire de 2019 dont l'instruction n'est toujours pas clos. Et donc, l'agent est suspendu depuis 2019. Les parents sont dans une insoutenable attente et je ne peux que comprendre leur colère et leur impatience. Et donc, ça fait partie des choses que nous devrons remettre sur la table de façon à améliorer la communication et le suivi des instructions des autorités judiciaires.

11:15
Emmanuel Grégoire

Et en écoutant le choix de France Info ce matin, on entend aussi à quel point il est délicat de recueillir la parole d'enfants qui ont 3, 4, 5 ans. Il n'y a pas d'autres témoins, c'est très dur. Mais est-ce que ce matin, il y a des parents qui, comme vous l'avez dit, trouvent que la justice ne va pas assez vite, mais que vous, maintenant vous êtes maire de Paris, ne les accompagnez pas assez ? Est-ce que vous prenez l'engagement de les accompagner plus ?

11:31
Invité

D'abord, de les accompagner. Ils ont peur aussi, c'est très important, ils le disent. Ils ont peur de les accompagner plus, évidemment, de me rendre disponible pour les rencontrer, de les écouter à la fois sur les situations individuelles qui peuvent les mettre, évidemment, dans une immense inquiétude et également, écouter leurs conseils, leurs observations pour nourrir les réformes que nous mettrons en place. Les réformes, j'ai dit, il y en a de deux types, des décisions immédiates qui interviendront dans les tout prochains jours et des mesures un peu plus longues parce que qui dépendent beaucoup de l'organisation générale, notamment de la semaine scolaire.

C'est valable à Paris, mais c'est valable, je le redis, dans toutes les communes de France.

12:05
Présentateur

Ils ont une demande, justement, les parents sur l'organisation du périscolaire, c'est-à-dire qu'il y ait un seul temps dédié au périscolaire dans la semaine et pas des petits moments comme ça dispachés pour pouvoir aussi peut-être mieux contrôler ces temps. Est-ce que vous y êtes favorable, par exemple, semaine de quatre jours avec un mercredi dédié au périscolaire ?

12:22
Invité

Alors, non, parce que ça, c'est la semaine de quatre jours, mais aujourd'hui, à Paris, nous avons maintenu le rythme scolaire à quatre jours et demi. Et j'ai bien conscience que nous sommes de plus en plus rares à avoir ces quatre jours et demi, même si ça reste le cas dans plusieurs grandes villes de France. Je veux dire, le mercredi matin travaille. C'est sur temps scolaire. Trois heures d'école le mercredi matin qui n'existent pas ailleurs. Je redis mon inconfort à avoir un rythme scolaire qui n'est plus homogène sur le plan national.

C'est la première fois de l'histoire qu'il y a un système un peu à la carte et que le ministère de l'éducation nationale ne tranche pas et laisse, entre guillemets, les options sur la table. J'ai dit que la convention citoyenne se saisirait de ce sujet-là parce qu'elle est fondamentale sur la question de l'organisation et de la prévention des risques. Plus c'est simple, mieux on arrive à organiser les choses, à fidéliser les agents, à les former, à leur donner des temps de travail plus long. Et pourquoi vous avez

13:09
Emmanuel Grégoire

une convention citoyenne ? Pourquoi vous ne vous tranchez pas vous-même ?

13:11
Invité

Maintenant, vous êtes maire de Paris. Parce que les avis sont très divergents. Parce que la convention nationale sur les temps de l'enfant, dont personne n'a parlé, a dit partout qu'il fallait mettre 4,5 jours par semaine. C'est-à-dire qu'elle dit ce qu'on nous demande à Paris de défaire. Deuxième chose, les enseignants sont pour certains plutôt pour la semaine de 4 jours. Il y a des parents qui sont pour le maintien de la semaine des 4 jours et demi. Bref, personne n'est totalement d'accord. Et dans la semaine des 4 jours et demi, il y a différents moyens d'organiser cela. À Paris, historiquement, il y avait ce temps fragmenté de 2 fois 1h30 le mardi et le vendredi.

L'une des questions, c'est si on garde les 4 jours et demi, il y a peut-être moyen de réorganiser différemment ces temps d'activité périscolaire, comme on les appelle, de façon à rendre les choses plus sécurisantes. Je l'ai dit, je peux avoir un avis personnel sur la question, mais moi, je ne suis pas pédagogue, je ne suis pas enseignant, je ne suis pas pédiatre, et donc je veux que les spécialistes donnent des conseils et qu'il y ait des recommandations.

Et ce que je souhaite, c'est qu'il y ait un espace d'expression pour chacun, pour les directeurs d'école, pour les enseignants, pour les parents d'élèves, pour les acteurs du périscolaire, pour toutes les associations et experts qui ont choisi de nous accompagner. Ça nous permettra, je le crois, de stabiliser une organisation de l'école qui soit pensée dans l'intérêt de l'enfant et avec des conditions d'accueil qui garantissent la sécurité.

14:28
Présentateur

Avec Emmanuel Grégoire, maire socialiste de Paris, les Parisiens touchés aussi par la hausse des prix du carburant.

14:34
Emmanuel Grégoire

Oui, avec des transporteurs routiers en colère qui veulent bloquer Paris qui se déploie actuellement sur le périphérique pour une opération escargot en direction de la préfecture de région. Ils estiment que les annonces du gouvernement vendredi soir sont insuffisantes contre la hausse des prix du carburant. Est-ce que vous demandez, M. le maire de Paris, au gouvernement d'aller plus loin ?

14:52
Invité

D'abord, je ne connais pas exactement l'économie du secteur de transport. On sait que l'augmentation du carburant crée une tension sur les niveaux de marge, évidemment. On voit bien qu'il n'y a pas de détente sur le prix du baril et donc on peut craindre que la répercussion sur les prix à la pompe soit durable encore dans les semaines au moins qui viennent. Ce qui est certain, c'est que on a d'abord, je le rappelle, un besoin de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles le plus possible. J'ai bien conscience que ce n'est pas encore possible surtout, mais ça démontre l'impasse stratégique de cette dépendance aux énergies fossiles dont il faut pouvoir s'extraire.

Mais est-ce que vous demandez

15:29
Présentateur

un geste du gouvernement ?

15:30
Invité

J'ai demandé un geste, moi, plutôt pour les particuliers. Ce n'est pas à moi, ce n'est pas à la compétence d'un maire de s'occuper du secteur économique et je ne suis pas assez spécialiste pour donner un avis pertinent. En revanche, ce que je sais, c'est que la perspective d'augmentation des factures d'énergie, notamment du gaz sur les particuliers, est un sujet qui nous préoccupe globalement et sur lesquels, je pense que oui, il serait souhaitable qu'il y ait des discussions, elles ont été engagées, je le sais, mais qui soient un peu plus abouties pour limiter l'inflation et stabiliser dans la durée les prix des énergies. Et pour répondre à cette préoccupation, même si ce n'est pas

16:01
Emmanuel Grégoire

directement votre compétence, c'est ce que vous dites à Valérie Pécresse, à la région et à la RATP, il faut réfléchir si la guerre se poursuit à un transport gratuit à Paris.

16:09
Invité

Écoutez, non, ce ne serait pas très honnête de ma part, évidemment, qu'on peut tout faire gratuit, mais enfin, ça aurait des impacts budgétaires et il n'y a rien de gratuit. Quand c'est gratuit, il faut que quelqu'un paye. Donc, je le redis, à Paris, on a la chance et dans le Grand Paris, on a la chance d'avoir un réseau de transports performants. Je préfère qu'on augmente la fréquence des transports pour en améliorer la qualité de dessert de façon à offrir une alternative, on va dire. Mais c'est aussi montrer l'importance des grands investissements dans les transports publics.

Nous livrerons dans les mois prochains le Grand Paris Express et j'espère que, concrètement, ça changera la vie des Grands Parisiennes, des Grands Parisiens qui pourront se déplacer beaucoup plus facilement et avoir une vraie alternative à la voiture. J'ai bien conscience que quand on sort du cœur de la métropole, c'est difficile de se déplacer en transport. Mais d'où l'importance d'avoir des collectivités qui développent des alternatives, transport en commun, évidemment vélo et faciliter les transitions.

17:03
Présentateur

Justement, on va reparler du vélo dans un instant, mais d'abord, juste un mot sur la sécurité. Un attentat à l'engin explosif a été déjoué dans la nuit de vendredi à samedi à Paris devant le siège de la Bank of America. Le ministre de l'Intérieur fait le lien avec la guerre au Moyen-Orient. Laurent Nunez qui juge la menace élevée et diffuse. Qu'est-ce que vous pouvez dire ce matin pour rassurer des Parisiens qui nous écoutent ?

17:24
Invité

D'abord, qu'il faut faire confiance au ministre de l'Intérieur et au service de renseignement et de police sur la prévention du risque d'attentat. Malheureusement, dans notre ville, nous avons douloureusement appris à vivre avec ce risque depuis longtemps et parfois la possibilité qu'il advienne. Je veux relayer les appels à vigilance que le ministre de l'Intérieur a énoncés. Je vais lui demander un rendez-vous rapide pour avoir un échange sur le niveau de menace et lui dire tout simplement que la ville de Paris sera en appui des forces de police pour essayer de protéger. C'est d'abord une attention collective évidemment dans les transports en commun.

Je pense qu'on a des services de renseignement qui sont adaptés notamment à la détection via les communications numériques au risque. Mais je fais toute confiance à la police et je veux lui dire que nous serons à ses côtés pour assurer la protection des Parisiennes et des Parisiens. Ce matin, vous n'avez pas d'autres alertes spécifiques encore ? Je ne vous en ferai pas état.

18:19
Présentateur

Olivier Grégoire, vous voulez créer 60 000 nouveaux logements publics, 30 000 sociaux, 30 000 abordables. Est-ce que vous voulez une ville ghetto ? C'est ce que vous reprochez Rachida Detti.

18:33
Invité

Le logement social, ce n'est pas ghetto. Je n'aime pas ce mot. D'abord parce qu'on a une politique de développement du logement qui est dans le diffus un peu partout et essayant de retrouver des équilibres. On a toujours dit qu'on voulait garantir les grands équilibres. Vous savez, à Paris, il y a 80 % des salariés qui sont de fait quasiment exclus aujourd'hui du marché locatif. Donc si défendre 80 % des salariés, c'est soi-disant faire une politique de ghetto, je laisse ces mots casserole à la droite. La réalité, c'est qu'aujourd'hui...

19:04
Emmanuel Grégoire

Vous visez combien ? 40 % ? 60 % ?

19:07
Invité

Non, on a dit très précisément, on vise 30 % de logements sociaux à l'horizon 2035 et 40 % de logements publics. Pourquoi ? Parce qu'en plus des logements sociaux, parce qu'on a bien conscience que ce n'est pas une réponse suffisante, on veut développer aussi du logement locatif pour les classes moyennes. C'est ce qu'on appelle des logements abordables.

19:25
Présentateur

Il y a une semaine, Olivier Grégoire, vous avez choisi pour fêter votre...

19:27
Invité

Je m'appelle encore

19:28
Présentateur

Emmanuel. Emmanuel Grégoire.

19:30
Invité

C'est lundi matin. Lundi matin, c'est dur. C'est dur pour tout le monde. Je suis irrécupérable. Il y a une semaine,

19:35
Présentateur

vous avez choisi pour fêter votre victoire de rejoindre l'hôtel de ville sur un Vélib électrique. Hidalgo, se balader dans Paris, c'est parfois l'enfer. Dangereux pour les automobilistes, pour les cyclistes et pour les piétons. On écoute ce Parisien au micro de Sandrine et toi-Rendegg.

19:54
Locuteur non identifié

Le contresens à vélo. Quand on est en voiture, quand on est à scooter, on se retrouve néanier avec des vélos. Il n'y a que les socialistes qui peuvent avoir des idées pareilles. Est-ce que vous reconnaissez

20:01
Présentateur

que les choses ont parfois

20:02
Locuteur non identifié

été faites en dépit

20:04
Présentateur

du bon sens ? Est-ce que vous allez poursuivre cette politique ?

20:06
Invité

Oui, et puis la phrase qu'on vient d'entendre est d'une démagogie crasse. Le contresens vélo est une loi nationale votée sous la présidence de Nicolas Sarkozy obligeant à avoir un contresens vélo pour toutes les rues à 30 km heure. C'est une loi votée par la droite qui n'a rien à voir avec les socialistes. Mais ce qui montre un peu la démagogie du débat. Et deuxième chose, même si je reconnais l'inconfort, il m'arrive de prendre souvent des vélos des voies à contresens. L'accidentologie est extrêmement faible. C'est un truc qui provoque très peu d'accidents. Pourquoi ? Parce que la voiture voit le vélo arriver et donc je veux dire, il faut se reporter à la science.

Le contresens vélo est une très belle chose qui marche très très bien. Mais il n'y a pas que le contresens.

20:44
Présentateur

Boulevard Saint-Michel, boulevard Magenta, il y a des endroits dans Paris où c'est un peu dangereux la cohabitation.

20:49
Invité

C'est un autre sujet que le contresens vélo. Les pétillages sont trop étroites. Le contresens vélo n'est pas. C'est qu'elles sont trop étroites. Non mais pour être très clair, d'abord, ce n'est pas dangereux pour les voitures. Il n'y a pas une voiture qui a été tuée par un vélo. Ça n'existe pas ça. Aujourd'hui, Deuxième chose, oui, il y a des incivilités des cyclistes. Et donc ça, je le dis avec beaucoup de fermeté, nous allons réguler ça parce que quand il y avait six vélos qui faisaient n'importe quoi, ce n'était pas grave. Mais maintenant, vu le développement, les cyclistes qui font n'importe quoi créent un danger.

D'abord pour eux-mêmes, je le rappelle, c'est eux qui risquent de mourir si ça ne se passe pas bien et créent un inconfort assez désagréable pour les piétons qui se sentent obligés. Et ensuite, il y a des aménagements qui sont très anciens que nous allons revoir. La piste Magenta qui est une piste qui a été aménagée historiquement sur le trottoir redescendra sur la chaussée. Mais la révolution vélo est une révolution qui est triplement intéressante pour l'environnement, pour la santé, pour le pouvoir d'achat. Et honnêtement, nous y gagnons en qualité de vie et en qualité de ville.

21:51
Emmanuel Grégoire

Emmanuel Grégoire, un mot avant la question qui ? Vous avez échangé dès lundi avec le président du PSG Nasser El Khalifi qui était en désaccord avec Anne Hidalgo sur la vente du Parc des Princes sur ce dossier. Est-ce que vous avez un calendrier, une annonce précise à nous faire ce matin ?

22:03
Invité

Oui, je veux d'abord très vite réengager les discussions et j'en saisirai le Conseil de Paris lors du Conseil de Paris exceptionnel que je convoquerai pour mi-avril. Je veux un mandat parce que ce n'est pas le maire qui décide, c'est in fine le Conseil de Paris qui décide de cela. Deuxième chose, dire que nous avons un attachement affectif à notre club qui est immense et que nous souhaitons qu'il reste à Paris et donc nous souhaitons réunir les conditions pour qu'il le reste. C'est pourquoi à titre personnel, j'ai dit que j'étais favorable à la vente. Et puis aussi parce que je considère que ce n'est pas à l'argent public de payer une enceinte de foot professionnelle.

Je considère qu'on peut mettre l'argent à bien d'autres endroits plus utiles et j'ai dit que l'intégralité de la vente du PSG serait affectée à la création de nouveaux équipements sportifs et à l'entretien des équipements sportifs et la création d'espaces verts. Et donc j'ai dit aussi que je souhaitais remettre une décoration à l'équipe pour sa victoire en Ligue des Champions. Et enfin, sur le calendrier, nous avons convenu avec l'actionnaire du PSG que nous souhaitions clôturer les discussions au plus tard à la fin de l'été parce qu'il faut savoir se fixer des calendriers ambitieux. Et donc voilà, j'espère pouvoir toper avec eux comme on dit d'ici l'été.

23:09
Présentateur

Merci beaucoup Emmanuel Grégoire d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci Paul.

23:12
Invité

Merci beaucoup, à demain.