Benalla en Procès : ce journaliste vous raconte tout !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
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- 1:09OuverteRéponse directe
Bonsoir Michel Deléant, vous m'entendez ?
- 1:25OuverteRéponse directe
Comment résumez-vous les choses et en quoi forment-elles un scandale d'État ?
- 2:36OuverteRéponse directe
Comment un homme quasi sorti de nulle part a-t-il pu être propulsé à une fonction aussi importante ?
- 2:54OuverteRéponse partielle
Qu'en est-il du coffre fort ? Avons-nous avancé ces derniers jours ?
- 4:20OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut dire qu'Emmanuel Macron était naïf ?
- 5:23OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'on doit comprendre de la tentative de perquisition de Mediapart ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:37PrésentateurChiffre
« Fin 2021, après un procès bien plus électrique à ce moment-là, il avait été condamné à trois ans de prison ferme, enfin trois ans de prison pardon, dont un ferme. »
Temps de parole
- Invité63 %
- Présentateur37 %
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Alexandre Benalla, c'est le nom de l'ex-homme de confiance dit monsieur sécurité du chef de l'État Emmanuel Macron. Mais pour ce dernier, le nom de Benalla résonne comme l'impact d'une bombe qui continue d'émettre le bruit d'une onde de choc politique cinq ans après les faits. Monsieur Benalla, qui jouissait alors du titre d'adjoint au chef de cabinet du président de la République, est poursuivi pour douze infractions. En vrac, violences volontaires en réunion, port d'armes de catégorie B ou encore faux et usage de faux. Alexandre Benalla a cru bien faire, assure aujourd'hui son avocate.
Fin 2021, après un procès bien plus électrique à ce moment-là, il avait été condamné à trois ans de prison ferme, enfin trois ans de prison pardon, dont un ferme. A l'époque, le tribunal ayant été au-delà des réquisitions du 9 au 15 juin dernier, c'est-à-dire ce jeudi, monsieur Benalla et son ami le gendarme réserviste Vincent Crase sont donc repassés devant la justice, cette fois-ci devant la cour d'appel de Paris. Et pour faire le point sur ce second procès, nous invitons le journaliste enquêteur Michel Deléant qui, pour Mediapart, a suivi de très près ce qui reste le premier coup de tonnerre de l'ère macroniste. Michel Deléant est avec nous via la visio.
Bonsoir Michel Deléant, vous m'entendez ? Bonsoir, je vous entends très bien. Comment allez-vous ? Excellentement, et vous ? Parfait, très bien, je vous entends très bien, donc on peut commencer. Alors je viens de très rapidement recontextualiser, vous l'avez entendu, les choses, mais l'affaire, je pourrais même dire les affaires Benalla finalement, sont une succession de scandales que l'on qualifie de scandales d'État, qui méritent, je le pense et vous aussi, que l'on s'y attarde quelques instants supplémentaires. Alors vous, comment résumez-vous les choses et en quoi, rapidement, dites-moi, ces choses forment-elles un scandale, une affaire dite d'État ?
Si on se remet un petit peu dans le contexte, la commission d'enquête sénatoriale l'a très bien montré. Les affaires Benalla qui ont été rassemblées pour plusieurs d'entre elles dans un seul procès montrent une chose, c'est qu'Emmanuel Macron est assez léger pour ce qui concerne les questions de sécurité, qui se reposent sur des gens de confiance, qui ont noué des liens personnels avec lui, mais qui peuvent aussi être un peu atypiques et qui peuvent parfois mettre sa sécurité en danger. Ça, ce n'est pas moi qui le dis, c'est la commission d'enquête sénatoriale. Et ça montre aussi également un rapport à la règle publique qui est aussi assez fluctuant.
Alors, cinq ans après les faits, des mystères restent entiers. Notamment deux, comment la question qu'on se pose, comment un homme quasi sorti de nulle part, et presque sans expérience, à peine deux OPS notamment, a-t-il pu être propulsé à une fonction que vous décrivez, la très proche du pouvoir aussi importante auprès du chef de l'État ? Et second mystère, qu'est-il advenu du fameux coffre fort sur ces deux questions ? Avons-nous avancé ces derniers jours ?
Alors, le coffre, personnellement, je ne peux pas vous dire où il se trouve. Il y a encore une enquête judiciaire qui est censée faire la lumière. Donc, les différents protagonistes de ce dossier, vous l'imaginez, ne sont pas très bavards, puisque c'est des gens qui sont dans les milieux de la sécurité, du renseignement, qui étaient des proches de l'Élysée. Il n'est pas sûr qu'on sache un jour ce qu'est devenu ce coffre. En revanche, sur le parcours de Benalla, ce qui est intéressant, c'est que c'est quelqu'un qui a un certain charisme, qui est très intelligent, et qui a toujours su obtenir la confiance de ceux avec qui il a travaillé.
Tous ceux avec qui il a travaillé en font un portrait vraiment très élogieux. Il faut se rappeler qu'il a été un temps le garde du corps de Martine Aubry. Il a aussi un temps travaillé avec François Hollande. Il a travaillé pour l'EPS. Il a été gendarme réserviste. Il a travaillé pour des sociétés de sécurité. Et une fois arrivé avec ses relations dans ce milieu-là, une fois arrivé à En marche, puis dans la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron, il faut croire qu'il a fait quand même bonne impression et qu'il avait certains mérites, puisqu'il a obtenu d'être en quelque sorte l'homme de confiance d'Emmanuel Macron et de son épouse.
Ce qui le place de fait dans une situation où il sait, où il voit des choses et où il est détenteur de bribes un petit peu de secrets.
Est-ce qu'on peut dire là, du coup c'est une analyse, qu'Emmanuel Macron était naïf ?
A posteriori, c'est toujours plus facile de dire oui. Il y a un exemple. Par exemple, Alexandre Benalla n'avait pas le droit de porter une arme en dehors des locaux d'En marche. Bon, on s'est aperçu, je fais ma pub, c'est Mediapart qui l'a révélée, on s'est aperçu que pendant la campagne de 2017, en fait il avait une arme sur lui, et qu'il s'est même cru autorisé à faire un selfie dans un restaurant avec une serveuse en pointant l'arme sur sa temple. Donc, a posteriori, pour nous, oui, c'est facile aujourd'hui de dire en 2023 qu'Emmanuel Macron était naïf, mais ils étaient peut-être grisés aussi par cette campagne.
En 2017, il faut bien dire que face à Marine Le Pen, dans l'entre-deux-tours, les jeux étaient faits. Tout le monde se voyait déjà un petit peu au palais avec différents postes. Il y a un petit peu du bris, c'est une espèce d'ivresse décime, déjà, qui gagne tout ce monde-là en 2017.
Alors, je parlais de mystère entier, un troisième, un autre mystère entier. Vous parlez de Mediapart à l'instant, justement, la tentative de perquisition de la rédaction de Mediapart après des révélations, justement, qui ont mis l'Elysée dans l'embarras à ce moment-là. Mediapart rendait public fin mai de cette année le fait qu'un président de chambre du tribunal de l'Enterre a décidé de s'abstenir, je cite, en conscience, de juger le procès de Mediapart que Mediapart a intenté à l'État. Qu'est-ce qu'on doit comprendre de cette information ?
Alors, il y a plusieurs informations. Celle qui, jusque-là, n'est pas vraiment expliquée, c'est le magistrat qui se déporte. Ça peut arriver, c'est-à-dire que l'audience civile sur le champ, elle est très rapide. Et une fois qu'il prend connaissance des pièces du dossier, il peut se dire, ah, là, je connais un tel ou un tel, je risque d'être en conflit d'intérêts. Il peut se déporter, ça arrive. Bon, on n'a rien trouvé à redire là-dessus de particulier. C'était surprenant, mais on n'a pas encore l'explication. En revanche, sur la perquisition, il y a quelque chose d'absolument scandaleux.
C'est que Mediapart s'était déjà engagé à donner ses enregistrements aux juges d'instruction de l'affaire Benalla, qui sont des juges d'instruction indépendants, et qui, eux, enquêtaient sur tout ce qui était reproché à Benalla. En revanche, cette perquisition du parquet de Paris, qui était une perquisition qui ne disait pas son nom, était en violation des règles sur le secret des sources. Il était, en fait, quelque chose de délirant, qui a même provoqué la condamnation de l'État, pour vous dire à quel point le parquet de Paris, dans cette affaire, était indépendant.
Effectivement, il faudra suivre. J'imagine que les choses ne sont pas encore tout à fait révélées. Il y a beaucoup de mystères encore entourant tout cela. Mais revenons aux prévenus centrales, puisqu'ils sont deux, mais centrales, M. Benalla, ayant fait appel, on l'a compris du coup, à l'issue du premier procès, le revoici de nouveau devant la justice. Alors, dans sa défense, on peut se poser la question, on l'a suivi, évidemment, mais pouvez-vous nous expliquer s'il y a eu une évolution depuis 2021, où il était assez électrique à ce moment-là ? Est-ce que ça a évolué depuis ?
Oui, ça a largement évolué, pour une raison simple. C'est que le premier procès rassemblait plusieurs enquêtes sur les passeports diplomatiques, l'arme à feu, le passeport de service, les violences, évidemment, le selfie. Son attitude, pendant le premier procès, qui a été perçue comme assez provocatrice, un peu trop sûre de lui-même, un petit peu... Un petit peu... Arrogant, un peu... Un peu arrogant, un peu gamin à certains égards, lui a fortement joué des tours, puisque, en fait, la condamnation en première instance, c'est ce qui l'oblige à faire appel, c'est que trois ans de prison, dont un enferme, avec une mise sous surveillance électronique, pour lui, ça a été un coup de massue.
C'est-à-dire, il ne s'attendait pas à une peine comme ça, surtout après le réquisitoire du parquet, 18 mois de prison exurcie, bon, il pensait que toute cette histoire-là serait derrière lui. Faisant appel, j'imagine qu'il y a eu une réflexion avec son avocate. Moi, je n'étais pas derrière la serrure pour voir ce qu'il se disait, ni derrière la porte pour écouter, mais on peut imaginer que son avocate lui a fait prendre conscience qu'il ne pouvait pas continuer à nier absolument tout, et que nier l'évidence face à des juges, parfois, c'est un peu casse-gueule.
Donc là, en appel, dès l'ouverture des débats, il a dit qu'il reconnaissait une grande partie des infractions qui lui étaient reprochées, à l'exclusion de ce qui concernait les violences et l'immixion dans des fonctions publiques, c'est-à-dire dans la fonction de policier. Là, son raisonnement, c'est, moi, je n'ai fait que mon devoir, j'ai vu des gens qui commettaient des infractions, j'ai aidé les forces de l'ordre à les interpeller, je suis un bon citoyen. Quand on voit les vidéos, qu'on lit les témoignages et qu'on écoute les victimes, c'est difficile à lire. On s'aperçoit que c'est sa vision, c'est sa défense. Ça n'a pas convaincu en première instance.
Je ne suis pas certain que ça convaincra non plus en appel. Mais il y a quand même un changement dans sa défense. Là, il était beaucoup moins sûr de lui, beaucoup moins arrogant, un petit peu repentant, un petit peu plus responsable, tout bêtement.
Effectivement, on l'entend, on l'a suivi, un Benalla un peu plus posé, avec un ton de repentance, un Benalla un peu rangé aussi. On l'a lu, marié, père de famille, qui a un travail, qui a rangé, etc., qui reconnaît, qui dit regretter une certaine part des choses, comme vous l'avez dit, qu'on lui reproche. Mais il semblerait qu'il n'ira pas en prison, si on comprend bien la suite des choses. Vers quelle condamnation semble-t-on aller à ce moment ?
Alors, moi, je ne lis pas dans le mar de café. J'imagine. Mais vous y étiez. La cour d'appel rendra sa décision fin septembre. Elle peut le relaxer. Surtout, elle peut aussi le condamner à 7 ans de prison, si elle le veut. C'est vrai, c'est cela. C'est le code pénal qui s'applique. Très sincèrement, pour répondre à votre question, et sans plaisanter, on peut s'attendre à ce qu'il ait une peine de prison avec sursis, peut-être de 2 ans de prison avec sursis. Bon, je vous livre un pronostic qui, comme tous les pronostics, sera sûrement démenti. Mais il n'est pas certain, compte tenu de l'évolution qui a été la sienne, qu'il y ait encore de la prison ferme.
Et surtout, comment vous le décrivez dans vos papiers, dans Mediapart, à un moment donné, je crois, sans vous citer, je n'ai pas noté, mais que les deux prévenus et leurs avocats étaient plutôt confiants. Je ne sais pas si c'est le mot que vous avez utilisé, mais se satisfaisaient un peu de l'issue de ce 2e procès.
Est-ce que j'ai mal lu ? Disons qu'ils ont donné l'impression, puisque quand on les voit, on parle avec eux, mais on n'a que des impressions, ils ont donné l'impression de se satisfaire du réquisitoire. Et ils ont donné aussi l'impression d'être contents des débats, débats qui n'ont duré que 2 journées, puisque le 3e et le dernier jour, c'était leur plaidoirie. Donc c'est très ramassé. Le procès en appel, on ne réexamine pas tout, on n'interroge pas tout le monde. Pour vous donner un ordre de grandeur, le procès en première instance, lui, avait duré 3 semaines.
On est sur un autre ordre de grandeur, évidemment. Alors, toujours dans les colonnes de Mediapart, vous rapportez que l'avocat général décrit M. Benalla comme doté, enfin je cite, d'un côté ombre et lumière assez inquiétant, cette citation. Pour son côté ombre, il fait référence, l'avocat général, aux petites magouilles et au copinage malsain, ainsi qu'à son penchant à succomber, je cite toujours, aux sirènes de l'illégalité. Alors, on a l'impression, là, en lisant cela, que la stratégie de défense de ce second procès réside dans le fait d'isoler un peu la responsabilité sur les seules épaules des deux prévenus. M. Benalla écrase.
L'avocate de ce dernier a même déclaré, je la cite, « Cette affaire ne méritait pas un tel battage médiatique, c'est un dossier banal de violence. » Ma question est toute claire, en fait. Selon vous, est-ce que l'on va vers une issue où l'aspect affaire d'État serait alors là, estompé, voire révisé, en fait ? Ce n'est que deux oeuvres isolés.
La vérité judiciaire, ce n'est que la vérité judiciaire. Donc, quand des magistrats ouvrent une enquête et jugent un dossier, ils font entrer des faits dans des petites boîtes, dans des petites cases qui sont celles du code pénal. Ils regardent si les infractions sont constituées, ils regardent à quelle hauteur elles doivent être sanctionnées. Donc, la cour d'appel ne s'est certainement pas estimée saisie d'une affaire d'État. Elle était saisie de douze délits, deux prévenus. Maintenant, il y a encore deux autres enquêtes en cours. Il y a celle sur le coffre-fort et celle sur les contrats russes de Benalla.
Mais le prisme, qui est celui de la justice pénale, ne donne pas forcément à voir, effectivement, l'ensemble des faits. Cela étant, en première instance, pendant les trois semaines de débat, il y a eu énormément d'auditions, beaucoup de témoignages, des gens de l'Élysée, notamment. Et cette dimension-là n'a pas été occultée. Mais simplement, en appel, on va plus vite. On reprend les pièces et puis on juge plus vite.
On juge plus vite, évidemment. Mais est-ce qu'on peut, à cet instant-là, je me fais la voix des gens qui nous regardent, évidemment, imaginer qu'il y a encore des liens entre les prévenus aujourd'hui et le pouvoir, au tout du moins le milieu macroniste, pour, par exemple, parfaire cette défense qui viendrait évacuer l'organisation et donc la responsabilisation de l'appareil d'État, voire du président lui-même. On se souvient du CD-ROM, vous vous souvenez, évidemment, avec des images volées, orchestrées par La République En Marche pour accueillir les victimes de Benalla en 2018. Est-ce qu'on peut imaginer qu'il y a encore des liens ?
Alors, évidemment, vous n'êtes pas là pour imaginer, savoir, vous n'avez pas le don de lire dans la marde de café, vous le disiez, évidemment. Mais est-ce qu'on peut imaginer cela encore aujourd'hui à cette étape ?
Alors, on peut tout imaginer. Si vous vous souvenez des enregistrements qu'on avait révélés, ces enregistrements montraient que Benalla continuait après son licenciement et après que l'affaire a éclaté, continuait à échanger avec Emmanuel Macron. On a aussi raconté qu'après son départ de l'Élysée, il avait continué à rencontrer Charlie Shaker, qui était aussi des figures de l'Élysée et d'En Marche. Donc, on peut supposer qu'il continue à avoir des échanges de temps en temps avec des gens de l'Élysée. Aujourd'hui, sa préoccupation première, en fait, c'est son business. Bien sûr.
Donc, il travaille à Genève pour une ONG un peu fumeuse qui s'appelle l'Organisation mondiale pour la résilience et la gestion de crise, qui fait soi-disant des interventions en Ukraine, en Turquie. Enfin, tout ça est très flou. Selon ses dires, on l'appelle. Voilà. Ce qu'on sait, en revanche, c'est que Benalla a des contacts avec des chefs d'État africains. Il a aussi une petite antenne à Paris. C'est quelqu'un qui a des relations, qui a de l'entre-genre. C'est quelqu'un d'intelligent. Donc, pour lui, je pense que la priorité aujourd'hui, c'est de passer ce procès-là, se faire oublier et puis pouvoir développer son business et continuer à faire ce qu'il aime.
Justement, là, vous faites référence à sa ville. Désormais, il vit à Genève où il travaille dans le quartier onusien. Vous le décrivez à l'instant. Alors, en préparant ces questions, ça me faisait rappeler de cette actualité de mars 2019 de la tribune de Genève et puis d'ailleurs, Mediapart s'était fait aussi l'écho de cette actualité qui titrait en mars 2019, sous contrôle judiciaire en France, Alexandre Benalla est à Genève. Il avait alors été reconnu à la gare de Cordavin. À ce moment-là, tout droit d'arriver en TGV de Paris, à peine sorti d'une semaine de prison. Vous vous souvenez forcément très, très bien. Il était descendu dans un hôtel de luxe au bord de la Clément.
Est-ce que, selon vous, vous qui suivez vraiment bien ce dossier, est-ce que ce déplacement, à ce moment-là, annonçait déjà son parcours en LVC aujourd'hui ?
Sincèrement, je ne peux pas vous le dire. Ce qu'on sait, c'est qu'après que l'affaire ait éclaté, il a vécu un temps en Maroc, il a vécu un temps à Londres, Genève, il y a sûrement des facilités. Aujourd'hui, il prétend qu'ils ont trois salariés dans cette ONG. Il nous a proposé d'aller voir sur place, d'aller vérifier la réalité de tout ça. Vous allez le faire ? Peut-être. On a beaucoup à faire. Mais répondre aux invitations d'Alexandre Benalla, c'est sympa. Peut-être qu'on le fera. Je ne peux pas vous le dire. On a quand même beaucoup de choses à faire.
On imagine.
Son business, par définition, doit être discret. Il ne va pas nous ouvrir tous ces dossiers.
Dans tout cela, est-ce que vous pensez que le pouvoir macroniste a appris ce pouvoir dont Emmanuel Macron disait en 2017 vouloir plus d'exemplarité en politique ? Est-ce que vous pensez qu'après tout cela, vous disiez à l'instant que M. Benalla espère, vous l'avez analysé comme ça, se faire oublier ? Est-ce que tout cela, c'est déjà derrière lui ?
Pour l'exemplarité, on repassera. Parce qu'on a quand même Alexis Collaire qui est mis en examen. Tout à fait. Le récoupement rétique est renvoyé devant la Cour de justice. L'exemplarité, la probité, ça faisait partie des promesses de 2017. Ça ne figurait plus dans les promesses de campagne de 2022. Et on a quand même chroniqué une douzaine de scandales qui montrent que c'est le dernier des soucis d'Emmanuel Macron. En fait, ça ne l'intéresse pas. Donc, à la question que vous me posez, est-ce que cette affaire leur a appris quelque chose ? Sincèrement, je n'en suis pas sûr.
On suivra. Alors, pour terminer, dans votre dernier article, sur ce deuxième procès, vous précisez, presque vous déplorez, en vous lisant, une salle d'audience désertée par les journalistes. Comment vous l'expliquez ?
Eh bien, écoutez, plus j'avance en âge, et moi, je comprends. On a été trois ou quatre journalistes, alors qu'il y a des rédactions quand même qui sont nombreuses. Mais le fait divers, apparemment, les cours d'assises, ça intéresse plus. Alors, je ne sais pas. Moi, je ne suis pas porté spécialement sur la critique médiatique, mais il faut croire que dans certaines rédactions en chef, on considère que le sujet n'était plus vendeur, que c'était un peu une ressucée, qu'on n'allait pas apprendre grand-chose. Et moi, je trouve ça décevant. Je l'ai observé aussi au procès en appel de François Fillon et beaucoup moins de monde.
Le procès en appel de Sarkozy, il y avait beaucoup moins de monde aussi. C'est comme si on était dans une ère de zapping où une fois qu'une affaire a été jugée en première instance, on se dit oui, bon. Mais il se trouve que Fillon, Sarkozy, Benalla, c'est la future histoire de France. Donc, c'est bien de suivre quand même.
C'est bien de suivre quand même, effectivement. On peut, peut-être qu'ils sont supplémentaires, que ce peu de relais médiatiques, parce qu'on a pu voir un article du Monde, effectivement, le premier jour, le 9, je crois qu'il n'y a rien sorti depuis, sur cette affaire, et son tournant un peu, mais à coup de pas, comme on l'a vu là, peut faire en sorte que cette affaire d'État, finalement, passe à la trappe, voire fait déjà partie du passé. Parce qu'au début, j'ai ouvert l'émission, l'entretien, en disant que c'est une bombe qui résonne encore aujourd'hui, mais en fait, pas vraiment, c'est déjà fini.
Fouiller, non. L'avenir le dira. Il y a eu une enquête de l'Assemblée, un rapport d'enquête sénatoriale qui est très complet. Il y aura deux jugements, quelques centaines d'articles. Ça ne pourra pas, évidemment, occuper la une pendant des années, mais c'est une affaire qui, d'une façon ou d'une autre, laissera des traces.
En tout cas, merci à vous pour votre travail sur Mediapart et d'avoir été avec nous ce soir. Merci pour l'invitation. Avec grand plaisir. Bonne soirée et à bientôt. Merci. Merci à vous. Bonne soirée. Sous-titrage Société Radio-Canada