L'interview «Savoir comprendre» : Dr Michel Schmit - 20/05
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Questions et réponses
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Le résultat, docteur ?
- 1:56OuverteRéponse directe
Comment pouvez-vous dire, avec une image, que ce sont peut-être des cas de Covid ?
- 3:39OuverteRéponse directe
Est-ce que les deux patients en question, vous les connaissez ?
- 3:50OuverteRéponse directe
Vous les avez rencontrés, est-ce qu'on leur a fait passer un test sérologique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40InvitéFait
« Nous avons repris les scanners sur la période que vous indiquez, et les résultats nous ont un petit peu surpris. »
- 1:15InvitéFait
« Surprise, quelques cas au mois de janvier, quelques cas plus rares au mois de décembre, ensuite rien pendant une dizaine de jours, et pour finir, deux cas sporadiques à la mi-novembre. »
- 2:10InvitéFait
« Ces images ont été analysées par différentes sociétés savantes, tant en Europe, qu'en France, qu'aux Etats-Unis, et un certain nombre d'images ont été reconnues comme étant typiques, caractéristiques du Covid. »
- 2:22InvitéFait
« Ce sont des images de pneumonie, de pneumonie un peu particulière, parce qu'elle atteint essentiellement la périphérie du poumon. »
- 2:43InvitéFait
« Le diagnostic différentiel du Covid au scanner est essentiellement la grippe. »
- 2:54InvitéFait
« Ces deux maladies sont apparues en Alsace aux environs de Noël, le 26 décembre, pour connaître un pic épidémique le 28 janvier. »
- 3:09InvitéFait
« Les cas trouvés avant cette période épidémique, au moment où la grippe n'existait pas, ne peuvent bien évidemment pas être attribués à la grippe. »
- 3:20InvitéFait
« On n'a pas de preuves, pour avoir une preuve, il faudrait voir le virus, il faudrait en trouver des traces génétiques. »
- 3:33InvitéFait
« Et donc la seule vraisemblance technique aujourd'hui est l'analyse des scanners. »
- 3:56InvitéFait
« Le test sérologique a été prescrit. »
- 4:07InvitéFait
« Ces tests vont être pratiqués, mais en fait, ils ne vont pas nous apporter grand-chose. »
- 4:41InvitéChiffre
« Les tests sérologiques peuvent avoir jusqu'à 10% de faux négatifs. »
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Vous écoutez RMC, RMC 6h-9h, Bourdin Direct. Allez, savoir et comprendre le matin, RMC, RMC Découverte, je suis en direct avec le docteur Michel Schmitt, qui est médecin en chef du service d'imagerie médicale de l'hôpital Albert Schweitzer de Colmar. Docteur Schmitt, bonjour. Bonjour, monsieur Bourdin. Alors, docteur, avec votre équipe, vous avez repris systématiquement tous les scanners thoraciques réalisés entre le 12 octobre et le 30 avril à l'hôpital, dans votre hôpital Albert Schweitzer, soit 2456 scanners. Le résultat, docteur ?
Nous sommes des grands curieux en Alsace, et donc avons essayé de comprendre ce qui s'était passé chez nous. Alors, effectivement, pour remonter dans le temps, nous avons repris les scanners sur la période que vous indiquez, et les résultats nous ont un petit peu surpris, sans plus d'ailleurs, mais un petit peu surpris. C'est-à-dire que nous avons vécu la vague épidémique à contresens, la décrudescence actuelle, le sommet de la vague le 31 mars, et après une descente progressive, avec des cas épidémiques, des images typiques du mois de Covid au mois de mars, au mois de février.
Surprise, quelques cas au mois de janvier, quelques cas plus rares au mois de décembre, ensuite rien pendant une dizaine de jours, et pour finir, deux cas sporadiques à la mi-novembre. Alors, j'insiste sur le fait que ce sont des images, on ne voit pas de virus au scanner, on a des images qui sont considérées comme typiques, comme révélatrices, ou tout de moins très évocatrices d'une pathologie, et nous en sommes là pour le moment. Alors, nous remontons plus loin, nous analysons des dossiers d'octobre, nous allons essayer de remonter sur le mois de septembre, mais pour le moment, nous n'avons rien trouvé plus en avant.
Rien trouvé en octobre et en septembre, mais en novembre, deux cas suspects. Alors, comment pouvez-vous dire, avec une image, comment pouvez-vous dire que ce sont peut-être des cas de Covid ?
Alors, c'est tout le débat aujourd'hui. Nous avons une image. Ces images ont été analysées par différentes sociétés savantes, tant en Europe, qu'en France, qu'aux Etats-Unis, et un certain nombre d'images ont été reconnues comme étant typiques, caractéristiques du Covid. Ce sont des images de pneumonie, de pneumonie un peu particulière, parce qu'elle atteint essentiellement la périphérie du poumon. Ces images sont souvent bilatérales, sont mal imitées, et ne s'accompagnent mieux pas des complications habituelles de la grippe, de l'apnémonie grippale, à savoir des ganglions et des dépanchements. Premier élément.
Deuxième élément, le diagnostic différentiel du Covid au scanner est essentiellement la grippe. Il y a un autre virus qu'on appelle le VRS, le virus respiratoire syncytial. Ces deux maladies sont apparues en Alsace aux environs de Noël, le 26 décembre, pour connaître un pic épidémique le 28 janvier. Les cas trouvés avant cette période épidémique, au moment où la grippe n'existait pas, ne peuvent bien évidemment pas être attribués à la grippe. Et la seule éthiologie qui nous paraît vraisemblable aujourd'hui est celle du Covid.
Alors bien sûr, on n'a pas de preuves, pour avoir une preuve, il faudrait voir le virus, il faudrait en trouver des traces génétiques, mais il n'y avait pas de frottis à l'époque, il n'y avait pas de tests à l'époque, il n'y avait pas de sérologie à l'époque. Et donc la seule vraisemblance technique aujourd'hui est l'analyse des scanners.
Oui, mais alors docteur Schmitt, est-ce que les deux patients en question, vous les connaissez ? Docteur, vous les connaissez ?
Oui, je les ai rencontrés la semaine dernière.
Bon, vous les avez rencontrés, est-ce qu'on leur a fait passer un test sérologique ?
Alors le test sérologique a été prescrit. Vous savez que le débat est grand sur les tests sérologiques actuellement, et on attend pour la fin de semaine, début de semaine prochaine, des tests qui soient validés. Donc ces tests vont être pratiqués, mais en fait, ils ne vont pas nous apporter grand-chose. C'est-à-dire que si ces tests sont positifs, personne ne pourra prouver que la contamination remonte au mois de novembre. Ils ont pu être contaminés il y a 15 jours, 3 semaines, un mois. Et si ces tests étaient négatifs, cela ne voudrait rien dire non plus, parce que nous savons qu'actuellement, il n'y a aucune technique infaillible.
Le PCR, le frottis nasal, selon la méthode employée, selon la technique de prélèvement, selon la période de prélèvement, peut ramener jusqu'à 30% de faux négatifs. Et nous savons aujourd'hui que les tests sérologiques peuvent avoir jusqu'à 10% de faux négatifs. Autrement dit, il n'y a pas de moyens de preuve aujourd'hui, quelle que soit la technique. Et c'est sans doute là que mettre ensemble tous les moyens dont nous disposons, la sérologie, la radio, le scan, et surtout l'histoire clinique, va être intéressante.
Pour revenir au patient d'octobre, s'il s'avère qu'ils ont une clinique parlante au mois de novembre, plus aucun épisode infectieux de type grippal au cours de l'hiver, il y a une sérologie positive maintenant, l'hypothèse, la vraisemblance deviendrait grande.
Deviendrait grande, évidemment. Ça vous attendait une confirmation, si j'ai bien compris.
Alors on attend confirmation, et surtout on attend, et là je suis content de votre invitation, on attend que des collègues radiologues de France, d'Allemagne et autres fassent la même étude.
Ah, ils cherchent, dans leurs archives.
Ben oui, ça ne coûtera rien, je veux dire, les examens sont convictés, ça coûte du temps, des nuits, ça coûte de l'aspirine pour le mal de tête. Mais non, vraiment, vraiment, on a du mal à s'en remettre. Mais d'abord c'est très intéressant, ça va donner un sens à ce que nous faisons, et surtout ça permettrait de comprendre, et de ne pas rater une reprise épidémique, que ce soit du Covid ou de notre pathologie.
Merci docteur Schmitt, la radiologie est un moyen de prévenir, alerter, anticiper une future pandémie. Il s'agit de comprendre comment cette maladie a pu apparaître et se propager. Merci beaucoup.