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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 22 janvier 2026 24 min

Budget de la France, relation entre l'Union européenne et les États-Unis... Le "8h30 franceinfo" de Gabriel Attal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Gabriel Attal. Bonjour Agathe Lombret. Merci d'être avec nous sur France Info.

0:07
Invité

Bonjour Paul.

0:09
Présentateur

Quel ton a adopté face à Donald Trump ? Faut-il refuser la loi du plus fort ou s'y plier ? On va en parler avec vous, Gabriel Attal. Mais d'abord, un nouveau rebondissement. Hier, Donald Trump a d'abord indiqué qu'il n'emploierait pas la force pour s'emparer du Groenland avant d'affirmer qu'un accord avait été trouvé avec le secrétaire général de l'OTAN. On écoute le président américain.

0:31
Auditeur

C'est un accord de long terme, un accord pour toujours. Je pense que tout le monde y trouve son compte, notamment en matière de sécurité et aussi au sujet des minerais et de tout le reste. C'est vraiment l'accord ultime, un accord pour toujours.

0:46
Présentateur

Croyez-vous encore Donald Trump, Gabriel Attal ?

0:49
Gabriel Attal

Il y a eu hier plusieurs signes de désescalade de la part de Donald Trump. D'abord dans son discours, il a exclu l'usage de la force pour s'emparer du Groenland. Et ensuite, hier soir, vous venez de l'indiquer, il y a eu une annonce d'un possible accord entre les États-Unis, le Danemark sous l'égide de l'OTAN sur la question du Groenland. C'est des premiers signes de désescalade. Et vous avez raison, il faut être vigilant parce qu'il y a eu une forme de versatilité dans la parole américaine sur beaucoup de sujets.

1:21
Présentateur

Est-ce que ça signifie, pardon Gabriel Attal, mais que l'attitude des Européens, la fermeté des Européens a fonctionné ces derniers jours ? Ou c'est juste un signe de plus que de la versatilité de Donald Trump ?

1:32
Gabriel Attal

Je veux y voir un signe que quand l'Europe cesse d'être un géant qui s'ignore et que quand l'Europe parle le langage de la force, ce pour quoi je plaide, on arrive à faire reculer un certain nombre de velléités. Et celle-ci en fait partie. Maintenant, encore une fois, il va falloir que se confirme cet accord. Moi, je plaide, vous le savez depuis un certain temps maintenant, pour qu'on assume aujourd'hui le fait d'être dans un monde de rapports de force, qu'on cesse d'être entre guillemets les dindons de la farce, qu'on assume que l'Europe, elle sait être puissante quand elle est unie, quand elle assume un certain nombre de langages de fermeté. C'est peut-être la démonstration d'aujourd'hui.

2:08
Invité

Donc pour vous, c'est le fait d'avoir envoyé des militaires au Groenland pour cette mission de reconnaissance et d'avoir montré les musiques, d'avoir menacé économiquement, qui a fait reculer Donald Trump. Et maintenant, qu'est-ce qu'il faut faire ?

2:18
Gabriel Attal

Ce n'est pas seulement la question des militaires au Groenland. J'ai plaidé, et beaucoup de chefs d'État ont plaidé également, pour que l'instrument anticoercition, qui est un outil à disposition de l'Europe, soit agité en cas d'annexion du Groenland par les États-Unis ou en cas de droit de douane mis en avant pour faire plier l'Europe sur ce sujet-là. Et c'est ce qui a été fait. C'est ce qui a été fait, et on voit aujourd'hui le résultat.

Donc très sincèrement, je pense que ça valide le fait que dans un monde de rapports de force, dans un monde où les règles internationales sont malheureusement plus respectées par grand monde, il faut assumer, nous aussi, en France et en Europe, de parler le langage de la force et de montrer qu'on s'est mordre.

3:01
Présentateur

Mais donc là, vous nous dites qu'on va développer cette doctrine du rapport de la force, ce qui fait d'ailleurs polémique aussi, tout le monde n'est pas aligné, mais là, vous nous dites, Emmanuel Macron, le président français, a été à la hauteur de cette gestion de crise, il a fait ce qu'il fallait.

3:13
Gabriel Attal

Oui, totalement. Le discours qu'il a prononcé à Davos était un discours, je crois, extrêmement lucide sur l'État du monde et surtout sur les capacités de l'Europe à se faire entendre et à faire entendre sa voix. Et par ailleurs, Emmanuel Macron, comme d'autres chefs d'État, a mis en avant cet instrument anticoercition européen comme une forme de menace, de riposte. Ce qu'il a appelé le bazooka.

Oui, une menace de riposte si Donald Trump allait au bout de ses droits de douane qu'il avait annoncés sur la France et, je crois, cet autre pays européen pour chercher à faire plier l'Europe sur un des éléments fondamentaux pour un pays ou pour une union comme l'Union européenne, c'est-à-dire la souveraineté territoriale.

3:49
Présentateur

Donald Trump s'en est pris, une fois de plus, à Emmanuel Macron qui portait des lunettes de soleil à Davos en raison d'un problème bénin à l'œil. Écoutez.

3:57
Invité

Je l'ai regardé hier avec ses belles lunettes de soleil. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Je l'ai vu jouer le dur à cuire.

4:09
Présentateur

C'est inquiétant que Donald Trump se permette de dire cela sur le président. Je vois un petit sourire en coin quand même.

4:15
Gabriel Attal

Je pense qu'on commence à être habitué aux propos d'estrade de Donald Trump. Ce qu'il faut relever, c'est qu'il parle régulièrement du président de la République, ce qui montre qu'évidemment, sur ces sujets-là et sur les questions internationales, la France a une parole qui est entendue et qui, j'espère, porte...

4:30
Présentateur

Donc c'est bon signe quand Donald Trump essaie de ridiculiser Emmanuel Macron ?

4:32
Gabriel Attal

Je n'y rappelle pas jusqu'à dire que c'est bon signe. Ce que je dis, c'est qu'on est habitué à des déclarations maintenant un peu à l'emporte-pièce de Donald Trump. Je pense qu'il faut avoir beaucoup de calme et de sang-froid face à cela.

4:42
Invité

Mais est-ce que là, il n'a pas franchi une nouvelle étape ? En plus des propos d'estrade dont vous parlez, il a rappelé trois fois qu'il allait bientôt quitter le pouvoir. Il a même publié un SMS privé quand le président Macron l'a invité aujourd'hui à Paris. Il a dit non merci, je n'irai pas. Il n'a franchi pas une nouvelle étape ? Ce n'est pas une humiliation diplomatique ?

4:54
Gabriel Attal

Vous l'avez dit, il rappelle que le président, comme il le dit, va quitter le pouvoir. En même temps, il n'arrête pas de parler de lui. Donc si véritablement, comme il semble le dire, il ne comptait plus, etc., il ne parlerait pas de lui matin, midi et soir. Maintenant, ce qui est certain, c'est que quand on se replace quelques mois en arrière, qu'on voit que certains ont plaidé, poussé pour une annonce de démission du président de la République, si ça avait été le cas, aujourd'hui, la voix de la France serait quand même considérablement affaiblie et probablement qu'elle n'aurait pas été entendue comme elle l'a été.

C'est pour tous ceux qui ont appelé à la démission du président de la République. Imaginez-vous si en novembre dernier, comme cela lui était demandé par certains, le président avait annoncé qu'il démissionnerait au lendemain des municipales, c'est-à-dire en avril. Toute la période entre les deux, c'est-à-dire en ce moment, le président de la République aurait été vu à l'étranger comme un président quasiment déjà parti, vraiment sur le départ, et donc sa parole aurait évidemment beaucoup moins de poids. Dans un contexte, on a besoin de la voix de la France et de la voix de l'Europe, étant donné tout ce qui se passe aujourd'hui à l'international.

5:53
Présentateur

Gabriel Attal, vous évoquiez la loi du plus fort, les rapports de force, au lendemain de l'enlèvement par les Américains de Nicolas Maduro au Venezuela, à rebours du concert d'indignation, vous, vous avez appelé les démocraties justement à retrouver cette voix de la force et à ne pas se contenter d'être les derniers à respecter la charte des Nations Unies. Ça a fait beaucoup réagir dans Ventecran, mais aussi à l'extérieur. Écoutez Jean-Luc Mélenchon, mardi soir sur France 2.

6:18
Locuteur non identifié

Ceux qui auraient la tentation de jouer les gros bras. M. Attal dit, maintenant il faut laisser tomber les règles, il faut passer à la puissance. Il faut passer à la loi du plus fort. Ben voyons, la loi du plus fort c'est quoi ? C'est la guerre nucléaire avec les Russes. Les Français, un coup et c'est fini. Donc il s'agit d'être raisonné.

6:34
Présentateur

Vous voulez la guerre nucléaire, Gabriel Attal ?

6:36
Gabriel Attal

Les leçons de Jean-Luc Mélenchon, qui globalement se placent toujours du côté des autocrates et des dictateurs dans le monde, qui fait aujourd'hui la leçon sur la question de la Russie et de l'Ukraine, alors que quand la Russie a engagé sa guerre contre l'Ukraine en 2022, il expliquait qu'il n'y aurait pas trois semaines avant que la Russie l'emporte sur l'Ukraine, qu'il ne fallait pas soutenir les Ukrainiens parce que c'était plié. Honnêtement, les leçons de Jean-Luc Mélenchon, il peut se les garder. Maintenant, ce qui est certain, moi j'assume de le dire, c'est qu'aujourd'hui, c'est le rapport de force qui prime.

Tous ceux qui, de manière assez naïve ou faussement naïve, je pense, du point de vue de Jean-Luc Mélenchon, estime que c'est le droit international qui régit les relations internationales aujourd'hui, il mente, il mente puisque ça n'est pas le cas. On le voit, vous avez cité l'enlèvement de Maduro, on pourrait citer un certain nombre d'autres choses.

7:21
Présentateur

Mais donc il faut faire comme Donald Trump parce que lui, il s'est franchi de toutes les règles, nous, on devrait faire la même chose.

7:25
Gabriel Attal

Moi, ce que je dis, c'est plusieurs choses. D'abord, si on veut faire respecter nos règles, faire respecter nos valeurs, il faut avoir la puissance de les faire respecter et la force de les faire respecter. Si on n'est pas craint, personne ne respectera nos règles ou les règles que nous, on respecte. Première chose. Deuxième chose, ça veut dire qu'on doit assumer de réarmer notre pays, réarmer notre continent militairement, économiquement, pour être craint et que, pour faire respecter des règles, on puisse agiter un certain nombre de sanctions qui soient crédibles.

Tous ceux qui s'indignent en brandissant la Charte des Nations Unies à chaque fois qu'elle est violée, qu'est-ce qu'ils proposent pour la faire respecter ? Rien du tout.

7:59
Invité

Et donc, notre crédibilité, elle est affaiblie à chaque fois qu'il y a ce type de propos. C'est intéressant parce que là, autant vous avez salué le discours de Davos du président Macron, vous avez dit qu'il avait eu raison de ne pas démissionner, mais là, sur le fond, vous n'êtes pas d'accord avec le président Macron qui, lui, appelle à refuser la loi du plus fort. Vous, ce matin, vous nous dites « il faut la loi du plus fort ».

8:15
Gabriel Attal

Non, ce que je dis, c'est que si on veut un jour que le droit international prime à nouveau, il faut assumer une force pour le faire respecter. Mais, si je veux être encore plus clair, il faut qu'on bascule vers un monde où le fait de ne pas respecter les règles, ça coûte à ceux qui ne les respectent pas, et le fait de respecter les règles, ce soit attractif pour que les pays aient envie de les respecter. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Le droit international, c'est devenu une forme de bouclier pour ceux qui le bafouent matin, midi et soir.

Quand le président Maduro, ou plutôt le dictateur Maduro, est enlevé au Venezuela, vous avez des personnes comme Jean-Luc Mélenchon qui s'indignent sur le non-respect du droit international, mais le fait que ce dictateur Maduro qui avait perdu les élections, qui s'était maintenu au pouvoir, qui avait ruiné son pays, enfermé des opposants, viole le droit international matin, midi et soir, ça personne ne le dit. Et pour Jean-Luc Mélenchon, ce n'est pas un problème. Et on peut multiplier les exemples.

9:05
Présentateur

Justement, un autre exemple concret, la répression en Iran qui a fait des milliers de morts. Emmanuel Macron, au bout d'une quinzaine de jours de répression, a condamné sur X la violence d'État et a appelé le régime à la retenue. Vous vous dites qu'il ne faut plus se contenter de déclarations, mais qu'il faut agir. Est-ce que la France a été trop timide ? Qu'est-ce que vous auriez fait, vous ?

9:25
Gabriel Attal

Moi, je crois que la France, avec d'autres pays en Europe, et pas seulement, doivent prendre l'initiative d'une grande coalition en soutien au peuple iranien. Alors maintenant, qu'est-ce que ça veut dire, derrière les mots ?

9:37
Présentateur

Ça veut dire une intervention ?

9:38
Gabriel Attal

Ça veut dire, un, un renforcement des sanctions économiques, qui ont un impact, puisqu'on a vu que ce mouvement, même si c'est un mouvement pour la liberté, et au départ, a démarré par une révolte des petits commerçants, des bureaux de change en Iran. Deux, faire des listes. Faire des listes. On a aujourd'hui une liste des leaders du régime. On sait que ce régime, il tient, c'est un édifice, parce qu'il y a des exécutants du régime.

Il faut que tous ces exécutants qu'on connaît grâce à nos services de renseignement soient sur des listes publiques, que le moindre gardien d'une aile de prison ou commissaire de police d'un quartier de Téhéran soient sur une liste, pour qu'ils sachent que le jour où le régime tombera, il pourra être sanctionné, être poursuivi, et que ça le pousse à ne plus exécuter la répression demandée par le régime, et que, quelque part, on coupe les leaders de leurs exécutants.

10:23
Invité

Au-delà de cette liste, vous avez dit chez nos confrères d'Al-Seï, si une intervention devait avoir lieu dans le but de provoquer la chute du régime, je me garderais bien de la condamner par principe. Est-ce que ce matin sur France Info, vous allez jusqu'à regretter que Trump n'ait pas frappé militairement l'Iran ?

10:35
Gabriel Attal

Non, parce que j'ai été Premier ministre. Je sais que ce type de décision, on les prend à la lumière d'informations dont on dispose, qui sont des informations classifiées, qui vous disent si, oui ou non, une intervention chirurgicale permettrait d'avoir un impact sur la pérennité du régime. En gros, est-ce qu'une intervention permettrait de mettre fin au régime sans, évidemment, faire des dégâts civils ? Je ne suis plus au pouvoir depuis un an et demi. Donc, je ne dispose pas de ces informations.

Ce que j'ai dit, c'est que si une intervention avait lieu, je me garderais bien de la condamner parce que je considère que si une intervention avait lieu, c'est que des informations permettraient de dire qu'elle serait efficace pour faire tomber le régime et protéger le peuple iranien.

11:15
Présentateur

Et vous étiez interrogé sur une intervention qui impliquerait la France. Juste pour qu'on ait le contexte, ce matin, Sherine Abadi, prix Nobel de la paix 2023, estime qu'il n'existe d'autre solution que l'élimination ciblée d'Ali Ramenei. Est-ce que c'est une possibilité ? Est-ce que vous êtes d'accord ?

11:32
Gabriel Attal

Moi, je viens de répondre sur la question d'une intervention. Ce que j'ai dit, c'est que si des informations, et ça, encore une fois, ça n'a pas vocation à être dit sur des plateaux de télévision, évidemment, attestent qu'une intervention permet de faire tomber le régime et de libérer le peuple iranien, je me garderais bien de la condamner.

11:50
Présentateur

Donc, je soutiendrai les États-Unis, en tout cas, si jamais ils faisaient ça.

11:52
Invité

Avec Gabriel Attal, ancien Premier ministre,

12:00
Présentateur

président du groupe et du parti Renaissance, Paul, on parle d'un projet de loi sur les réseaux sociaux.

12:06
Invité

Sur l'interdiction des réseaux sociaux, au moins de 15 ans, qui a été adoptée hier en commission, mais profondément modifiée. Une proposition de loi. Tout à fait, une proposition de loi. Vous avez raison, soyons extrêmement précis. Elle est profondément modifiée parce que vous allez fixer par décret l'interdiction totale pour les réseaux sociaux, Je cite le texte « Susceptible de nuire à l'épanouissement physique, mental ou moral des mineurs ». On va être très concret pour les gens qui écoutent France Info ce matin. Vous visez qui exactement ?

12:30
Gabriel Attal

D'abord, dire pourquoi est-ce que je porte cette interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans. Ça fait plus d'un an maintenant. Je me suis engagé sur le sujet avec le grand pédopsychiatre Marcel Ruffeau. J'ai confié ensuite une commission d'enquête à une députée de mon groupe, députée de la Marne, Laure Miller. On a déposé une proposition de loi au mois de novembre et elle sera examinée lundi dans l'hémicycle. Lundi, la France, si le Parlement adopte la proposition de loi que j'ai portée, que j'ai portée avec mon groupe, pourra être le premier pays européen à voter l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans. Maintenant que le contexte est posé, lesquels ?

Alors, pourquoi est-ce qu'on fait ça ? On fait ça, Paul Larouturou, parce que derrière cette question des réseaux sociaux, il y a un choix de société. Dans quelle société est-ce qu'on veut vivre ? Est-ce qu'on veut vivre dans une société de la brutalité, du rapport de force, du cyberharcèlement, de la discrimination, des discours de haine ? Où est-ce qu'on veut vivre ? Dans une société humaniste de tolérance, d'acceptation des différences. On prend soin de la santé mentale de nos jeunes. Moi, vous le savez, je me suis beaucoup engagé contre le harcèlement depuis longtemps. Je m'inscris dans la deuxième hypothèse et c'est cette société-là que je veux.

Donc oui, il faut assumer de protéger nos plus jeunes. Je ne suis pas contre les réseaux sociaux par principe, mais il faut protéger nos plus jeunes, les moins de 15 ans, de l'impact des réseaux sociaux en termes de santé mentale, d'éducation et de santé tout court. C'est réaliste, c'est avec lesquels ? Quel réseau social ? Il y a eu ce débat en Australie qui, vous le savez, vient d'annoncer l'interdiction. Ce sont les réseaux sociaux qui, aujourd'hui, sont ces vecteurs de banalisation de la violence, de harcèlement, etc. Donc, le problème, c'est quand vous en commencez à en citer un, vous les citez tous. Mais donc, TikTok, Snapchat, Facebook, Instagram et d'autres, évidemment.

Il y a la question de YouTube aussi. Ça fera débat, évidemment. Ça fera débat dans l'hémicycle. Ça fera débat, ensuite, dans les mesures réglementaires qui pourront être prises. Mais c'est bien de ça qu'il s'agit. Vous avez raison de poser la question puisque certaines familles m'ont écrit en me disant, est-ce que, par exemple, WhatsApp sera concerné ? La réponse est non.

14:25
Présentateur

WhatsApp, c'est une messagerie.

14:29
Gabriel Attal

Je le dis parce qu'évidemment, WhatsApp, c'est important pour organiser sa vie, rester en contact avec sa famille, etc.

14:35
Présentateur

Donc, pas WhatsApp. Mais est-ce que c'est réaliste ? Est-ce que c'est applicable ? Parce qu'on a vu en Australie, notamment des méthodes de contournement, des jeunes qui peuvent mentir sur leur âge, changer leurs adresses. Vous avez la garantie que ce projet de loi, il sera efficace ?

14:45
Gabriel Attal

D'abord, aujourd'hui, vous avez déjà des jeunes qui mentent sur leur âge puisque je rappelle qu'aujourd'hui, officiellement, les réseaux sociaux ne peuvent pas s'inscrire dessus quand on a moins de 13 ans, 15 ans avec l'accord des parents. Vous avez beaucoup de jeunes qui s'inscrivent en renseignant un faux âge pour pouvoir ensuite être sur le réseau social. Là, il y aura une possibilité de vérification de l'identité. C'est ça, la vraie différence. Et c'est ça que la Commission européenne nous donne la possibilité de faire. Donc, c'est ça qu'il faut regarder. Une règle générale, absolue pour tout le monde avec les moyens de la faire appliquer.

Je vous donne un exemple qui n'est pas totalement le même, mais quand la France a décidé d'interdire, en tout cas, de vérifier l'âge pour l'accès au site pornographique. Beaucoup ont dit que ce ne sera pas possible, ça ne marchera jamais. Et ça marche. Beaucoup ont dit qu'on ne pourra pas vérifier que les gens ont plus de 18 ans quand ils vont sur un site pornographique. Le fait est que ça fonctionne aujourd'hui.

15:35
Invité

Très rapidement, parce qu'on a énormément d'autres questions à vous poser. Il y a, en tant qu'ancien ministre de l'éducation et Premier ministre, est-ce que vous pensez vraiment qu'on peut empêcher ce qui est dans ce texte de loi, les lycéens d'avoir accès à leur téléphone portable au lycée ?

15:45
Gabriel Attal

Alors, oui, c'est possible. Et d'ailleurs, le lycée qui est sur ma circonscription à Venve, le lycée Michelet, l'a fait appliquer depuis un certain temps maintenant, sans attendre d'ailleurs une loi. Donc, c'est possible, à condition de s'en donner les moyens d'être pragmatique, parce qu'il y a beaucoup de questions qui sont posées. La différence entre un lycée et un collège, par exemple, c'est qu'au lycée, en général, les élèves ont le droit de sortir du lycée pendant les intercours. Et donc, c'est aussi tous ces effets de bord qu'il faut regarder.

Il ne faut pas que ça conduise ou que ça pousse des élèves à sortir à chaque fois quand ils changent de cours de leur lycée pour aller dehors utiliser leur téléphone avec tous les enjeux de sécurité qu'on imagine.

16:20
Présentateur

Gébrel Attal, vous n'avez pas encore réagi publiquement au 49.3 sur le budget. Qu'en avez-vous pensé ? Est-ce que vous nous confirmez que vous avez dit en réunion de groupe ce 49.3 sur un budget subi acte la fin du quinquennat ? Il faut se projeter dans l'après. La fin du quinquennat.

16:36
Gabriel Attal

D'abord, vous le savez, moi, j'avais proposé une autre méthode. J'avais proposé qu'on fasse le quoi avant le qui, c'est-à-dire qu'avant de nommer un gouvernement, on mette les différents partis politiques autour de la table pour bâtir un compromis sur le budget, alors qu'on se mette d'accord sur les grandes lignes du budget et qu'ensuite, un gouvernement soit nommé. Peut-être que si on avait emprunté cette méthode, je ne dis pas avec une certitude absolue, mais en tout cas, il aurait fallu la tester. Peut-être qu'avec cette méthode, on n'aurait pas pris autant de temps avant d'adopter un budget et que ça ne serait peut-être pas terminé par un 49.3, ce qui est évidemment dommage.

Maintenant, oui, j'ai dit ça en réunion de groupe parce que ce budget...

17:14
Présentateur

Vous avez dit que c'est la fin du quinquennat.

17:16
Gabriel Attal

Non, parce que ce budget ne prépare rien. Vous l'avez dit ou pas ? Oui, je viens de dire que j'avais prononcé cette phrase. Moi, j'assume ce que je dis. ce budget, le principal mérite de ce budget, c'est d'avoir un budget. Et je vais vous dire, ce n'est pas un mérite mineur parce qu'on va enfin pouvoir passer à autre chose. Ça fait depuis le mois de juillet dernier que les Français entendent parler matin, midi et soir du budget. On a parlé de la situation internationale tout à l'heure.

On aurait pu parler aussi indépendamment des risques de guerre et d'annexion, de la concurrence féroce avec la Chine sur les sujets technologiques qui peut évidemment et qui aura évidemment un impact sur nos économies et nos emplois. Vous avez vu les annonces de suppression d'emplois qui sont faites encore ce matin. Face à tout ça, comment imaginer que la France reste sans budget ? Donc oui, on va enfin pouvoir mettre ça derrière nous. Maintenant, c'est vrai que ce budget ne prépare pas l'avenir. Il ne prépare pas grand-chose. Son mérite, c'est d'en avoir un.

18:07
Présentateur

On vous entend, Gabriel Attal, depuis tout à l'heure. Sans langue de bois, aujourd'hui, qu'est-ce qui pourrait vous empêcher d'être candidat à la présidentielle ?

18:14
Gabriel Attal

Moi, je l'ai dit à plusieurs reprises, il y a beaucoup de candidats sans projet aujourd'hui. Et moi, je veux que notre projet ait un candidat. Et donc, je commence par travailler sur le fond et sur les idées. J'ai présenté il y a quelques semaines avec mon parti Renaissance un projet de nouveau système de retraite. Un système universel, libre, sans âge légal de départ. On ne garde que la durée de cotisation avec de la capitalisation. J'ai présenté des mesures sur les questions de sécurité, d'immigration, de justice. Je vais continuer avec l'éducation et la santé. Une fois que ce projet aura été présenté, que ces mesures auront été présentées, on se posera la question du candidat imposé.

18:49
Présentateur

Mais vous en sentez capable, Gabriel Attal, parce que vous voyez bien, l'époque est aux personnalités, aux tempéraments, notamment face à Donald Trump, Vladimir Poutine. Vous avez le tempérament ?

18:59
Gabriel Attal

Je réfléchis beaucoup, vous le savez, à la manière d'exercer cette fonction de président de la République, bien sûr. Et c'est normal. Pas uniquement, d'ailleurs, sur les questions internationales sur lesquelles je me suis exprimé et sur lesquelles j'ai eu l'occasion de beaucoup intervenir quand j'étais Premier ministre, notamment et avant ça dans différentes fonctions, mais aussi sur ce que ça implique, évidemment, dans la vie du pays et la préparation de notre pays à tous les défis. Il faut préparer la France aujourd'hui de 2050, régler les problèmes d'aujourd'hui, mais préparer la France de 2050. Quand on voit la concurrence technologique avec les Etats-Unis, notamment avec la Chine...

Vous ne nous dites pas, oui, j'ai la personalité,

19:29
Présentateur

j'ai le tempérament, je...

19:30
Gabriel Attal

Je m'exprimerai, vous savez, sur la question de l'élection présidentielle, le moment venu... Mais là, je vais vous poser

19:34
Invité

la question différemment, sans langue de bois, et je note que vous n'avez pas de notes sur votre table, ce qui est suffisamment rare pour être signalé. en politique, il n'y a pas de notes, sans langue de bois, qu'est-ce qui pourrait vous empêcher aujourd'hui d'être candidat à l'élection présidentielle ?

19:43
Gabriel Attal

Paul Larouturou, j'entends que vous voulez avoir, et je le respecte totalement, vous êtes des journalistes, la petite phrase sur l'élection présidentielle, sur une candidature à l'élection présidentielle. Ce n'est pas mon calendrier aujourd'hui. Donc moi, je ne veux pas faire d'expression ou d'annonce sur ce sujet-là aujourd'hui. J'entends encore une fois parfaitement vos questions, d'ailleurs, elles me sont régulièrement posées. Quand David Lissner dit qu'il pourrait se présenter s'il n'y avait pas de primaire, c'est son droit. Et le vôtre ? On est en démocratie, il l'annonce, j'ai envie de dire, voilà, chacun fait ce qu'il veut, mais ce n'est pas mon choix.

20:12
Présentateur

Est-ce qu'il faut une primaire, Gabriel Attal ? C'est un sujet en ce moment, vous ne pouvez pas faire comme si ça n'était pas un. Je vais vous répondre. Vous voyez bien, vous dites vous-même que le président est fragilisé, chacun avance ses pions. Est-ce qu'il faut une primaire pour départager le candidat du Bloc central ?

20:24
Gabriel Attal

Je ne m'y suis jamais opposé par principe. Moi, évidemment, ce que je souhaite, c'est qu'on évite à tout prix un deuxième tour terrible entre la France insoumise et le Rassemblement national en 2027 et donc éviter qu'il y ait plusieurs candidatures sur un espace politique comparable, en tout cas avec la même ligne, les mêmes idées, parce que c'est le plus sûr moyen de faire perdre ces candidatures.

20:46
Invité

Donc là, votre stratégie, c'est de peaufiner votre stature internationale avant d'être candidat officiellement ?

20:50
Gabriel Attal

Je répondais là sur les questions de primaire et de sélection des candidats, donc j'ai dit que je n'avais jamais eu d'opposition par principe. Ce que je constate un peu lucidement, c'est que très peu de monde veut d'une primaire. Moi, je n'ai pas pris de position à ce stade, mais j'ai entendu d'autres candidats potentiels qui ont déclaré qu'ils ne souhaitaient pas de primaire, donc je suis un peu pragmatique, je regarde comment les choses s'expriment et donc ça sera un enjeu des prochains mois de regarder comment rassembler.

21:14
Présentateur

Un tout petit mot, vous avez dit qu'il fallait éviter un duel extrême droite, extrême gauche entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen au son couteau. Alors ça,

21:21
Gabriel Attal

j'ai toujours refusé de répondre à ces questions, je me suis toujours opposé aux deux. Vous savez, quand il y a eu la dissolution en 2024, j'ai dit que mon objectif, c'était d'empêcher que la France Insoumise ou le Rassemblement National puissent gouverner la France. Je me suis mobilisé contre les deux. Je me suis rendu dans des circonscriptions de la France Insoumise, du Rassemblement National

21:39
Invité

pour m'opposer à eux. Il est 8h57 sur France Info et vous retrouvez tous les midis environ sur TikTok et sur Instagram La question qui ? Aujourd'hui, M. Attal, la question qui réconcilie. Emmanuel Macron a fait sensation aux Etats-Unis, avec son discours de Davos, 4 millions de vues pour la vidéo de son discours reprise par un très gros compte démocrate avec la légende la plus virulente réprimande à Donald Trump jamais entendue. C'est incroyable. Est-ce que c'est le moment où vous allez nous dire du bien d'Emmanuel Macron ?

22:04
Gabriel Attal

Je l'ai fait au début de cette interview et je pense que vous pouvez reprendre toutes mes interventions ces derniers mois, notamment sur les questions internationales. Ah bah non, sur les reprends toutes, vous dites aussi que vous ne le comprenez plus. Mais sur les questions internationales, j'ai toujours été en soutien. D'abord, je pense que c'est important pour la voix de la France. Si on commence nous-mêmes à se diviser en France sur des questions aussi fondamentales que la défense de l'Europe et la défense de nos valeurs, on n'arrivera pas à s'unir au niveau européen, on n'y arrivera pas à peser au niveau international.

Donc sur ces questions internationales, vous pouvez reprendre toutes mes déclarations, j'ai toujours été en soutien. Ensuite, je peux avoir des différences, je peux avoir des désaccords et c'est plutôt sain aussi en démocratie et les exprimer.

22:41
Présentateur

Franchement,

22:52
Gabriel Attal

ces commentaires pas tout à fait au niveau... Je ne suis même pas sûr que ça intéresse vraiment les gens. Est-ce que c'est vrai ? Je ne sais pas si les gens qui sont dans leur voiture, qui vont bosser, qui amènent leurs enfants à l'école, ça les intéresse ce type de phrases ou de propos.

23:06
Présentateur

Ça peut avoir des conséquences sur la vie politique d'un pays quand un président

23:09
Gabriel Attal

et un premier ministre ne s'entendent pas. Il faut se placer au-dessus de ça. Moi, j'ai été premier ministre pendant huit mois. Je crois avoir accompli ma tâche en faisant du mieux que je pouvais à chaque fois que je le pouvais. Je ne crois pas qu'on puisse remettre ça en cause. Et ensuite, maintenant, je suis chef d'un parti politique, d'un groupe parlementaire et ma responsabilité, c'est de préparer l'avenir.

23:29
Présentateur

Merci Gabriel Attal d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci Paul.

23:32
Gabriel Attal

Merci.