Alliance Ciotti-Bardella, nouveau "Front populaire" à gauche en vue des législatives anticipées... Clémentine Autain et Philippe Ballard sont les invités 8h30 franceinfo du jeudi 13 juin 2024
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Et deux invités qui vont se succéder aujourd'hui. Philippe Ballard, porte-parole du Rassemblement National et député sortant de l'Oise dans quelques minutes à partir de 8h45. Mais d'abord, bonjour Clémentine Autain. Bonjour. De la France Insoumise, Léon Blum doit se retourner dans sa tombe. C'est par ces mots qu'Emmanuel Macron a fustigé hier l'accord scellé entre tous les partis de gauche. Le nouveau Front Populaire, une alliance indécente, dit le chef de l'État.
D'abord, je suis d'accord. Je pense que Léon Blum doit se retourner dans sa tombe. Quand il voit ce que le Président de la République a fait des meilleures conquêtes sociales, et notamment celles de 1936, celles d'après 1945, il les a détruites. Et nous sommes là devant un Président de la République que j'ai écouté dans sa conférence de presse, qui vit dans une sorte de monde parallèle. C'est-à-dire qu'il n'a pris aucune mesure de la déflagration dans ce pays, de sa défaite cinglante, dans les urnes dimanche, mais depuis très longtemps en réalité, puisque le bloc central s'effondre.
Et donc désormais, si l'on veut combattre l'extrême droite, on ne peut plus compter du tout sur celui qui, je le rappelle, avait été élu pour faire barrage à Marine Le Pen, et qui au lieu d'être un rempart, s'est transformé en passerelle, en passoire. Et il a une responsabilité écrasante dans la montée de l'extrême droite. Il a contribué à banaliser ses idées, je pense par exemple à la loi immigration ou à beaucoup d'autres sujets. Il a contribué à la normalisation de l'extrême droite. Et donc maintenant, nous sommes au pied du mur.
C'est-à-dire que soit c'est l'extrême droite qui a déjà mis un pied dans la porte, qui arrive dans deux semaines et demie au pouvoir, soit c'est le nouveau front populaire. Donc le président de la République est irresponsable de cibler prioritairement ce que nous sommes en train de construire et qui est le seul espoir pour notre pays, pour que la France ne sombre pas à nouveau dans des heures qui sont des heures qui mettraient en grand danger le quotidien des Français et les principes fondateurs de notre République.
Mais il faut préciser le contexte dans lequel Emmanuel Macron tient ses propos. Il dit à propos de certains leaders LFI, ce sont des gens qui ont assumé très clairement de ne pas contaminer l'antisémitisme.
Voilà, il fait un choix, ça c'est faux, mais il fait un choix absolument faux. La gauche, et je le dis d'emblée, je veux dire, la gauche s'est fondée par différents moments, 1789, mais aussi autour de l'affaire Dreyfus. Le combat contre l'antisémitisme, il appartient historiquement à la gauche. Donc qu'il arrête de faire ses leçons, qu'il s'occupe d'entendre, d'essayer d'entendre... Écoutez, qu'il s'occupe d'entendre ce qui se passe et la colère des Français, et surtout, maintenant, moi, ce que dit le Président de la République, ce n'est pas mon sujet. Mon sujet, et je suis venue ce matin pour vous dire cela, c'est que nous pouvons ouvrir l'espoir.
L'histoire n'est pas écrite, ce n'est à Braclia. Ça n'est pas écrit, il n'y a pas de fatalité. Et donc j'appelle ce matin, toutes celles et ceux qui nous écoutent, au sursaut, j'appelle à la mobilisation, j'appelle au réveil. Il y a une grande manifestation qui a été appelée par l'intersyndical ce week-end. Il faut faire nombre dans la rue, et non seulement, excusez-moi, non seulement pour empêcher l'extrême droite d'arriver au pouvoir, mais j'ai envie de dire surtout, et avant tout, parce que dans deux semaines et demie, nous avons la possibilité de changer le quotidien des Français. Nous avons la possibilité de revenir sur le désastre de la politique d'Emmanuel Macron.
Il faut me laisser poser des questions, Clémentine Autain, une alliance d'accords à gauche, mais sur quelle base ? Au niveau programmatique, vous le savez, il y a des différences. On l'a vu avec la NUPES, elle a explosé la NUPES, alors que vous êtes arrivés au pouvoir ensemble pour les législatives.
Vous le savez, et depuis longtemps, vous m'avez déjà invitée, je crois profondément que ce qui nous rassemble à gauche, et avec la gauche et des écologistes, dans leur diversité, est infiniment, infiniment plus fort que ce qui nous divise. C'est des sujets importants quand même qui vous disent, notamment la guerre en Ukraine. Si vous me laissez parler, je vais vous dire, imaginez le nouveau front populaire, dans deux semaines et demie, au pouvoir, ce qu'il va faire, d'accord ? Donc ce qu'il va faire déjà, c'est qu'il va commencer par en finir avec la loi Macron sur les retraites, d'accord ?
Ça veut dire que notre horizon, c'est la retraite à 60 ans, et qu'immédiatement, immédiatement, ceux qui pensaient partir à 64 ans ou plus vont pouvoir partir plus tôt. Ça, c'est très concret. Avec quel âge, du coup ?
Vous avez 62 ans, parce que ça diffère selon les partis de gauche.
Oui, mais nous avons un accord qui est en train d'être discuté, et je peux vous dire que l'abrogation de la loi sur les retraites, elle est unanime. Deuxièmement, nous ferons...
Non, pardon, l'attitude sur les retraites, avec quel financement ?
Alors là, les financements, vous voulez qu'on parle financement ? Oui, oui, mais allez-y, allez-y, c'est important, parce que... Oui, mais je voudrais vous dire ce qu'on va faire, mais si vous voulez qu'on parle...
Non, mais puisque vous êtes sur les retraites, allez-y.
Si vous voulez qu'on parle financement, moi, je peux vous dire très solennellement aujourd'hui que je sais comment on trouve quasiment 50 milliards d'euros dans le budget de l'État, globalement, parce que ce à quoi nous avons à répondre, c'est d'abord...
Les retraites sans la réforme, sans l'abrogation de la réforme, c'est déjà 14 milliards à horizon 2030.
Désolée, on ne va pas rentrer, là, il y a 10 minutes, je suis venue passer un message, je ne vais pas rentrer dans le détail, mais en réalité... Mais c'est important, quand même, ce n'est pas des détails. Non, ce n'est pas un détail, mais vous le savez comme moi, le corps avait dit qu'il n'y avait aucune...
Le Conseil d'orientation des retraites.
Le Conseil d'orientation des retraites a dit qu'il n'y avait aucun besoin financier de modifier...
Alors, depuis la changée de président, le diagnostic n'est plus le même.
Arrêtez, arrêtez, arrêtez. Moi, je n'ouvre pas le débat, là, je vais vous dire ce qu'on va faire. C'est faux, voilà, je vous le dis, c'est faux. Nous avons les moyens d'avoir un système de retraite qui soit conforme à ce que veulent les Français, puisqu'une écrasante majorité des Français est favorable à la retraite à 60 ans. Et nous savons, nous savons arrêter tous ces reculs sociaux. Alors, la réforme des retraites, ensuite ? Ensuite, voilà, merci. Imaginez donc ce pouvoir qui est capable de immédiatement convoquer une conférence sociale pour l'augmentation des salaires. Ça, c'est possible. Imaginez un pouvoir qui vient et qui dit que nous allons indexer les salaires sur l'inflation.
Imaginez un gouvernement qui, dans quelques semaines, va pouvoir investir massivement dans les services publics. Et là, vous parliez d'argent. Je vous le dis, dans le budget de l'État, très facilement, nous pouvons trouver 50 milliards d'euros de recettes en faisant baisser les impôts pour les classes moyennes. Ça, nous savons le faire. Nous savons le faire.
Si vous faites baisser les impôts et vous trouvez des recettes ?
Les classes moyennes, oui. Parce que vous connaissez peut-être mal ce qu'est devenue la fiscalité aujourd'hui. Mais si vous remettez un impôt sur les grandes fortunes, si vous arrêtez de donner des milliards aux grands groupes économiques sans contrepartie sociale et écologique, si vous êtes capable aussi de faire 14 tranches, là où il y en a 6, pour rendre l'impôt plus progressif, si vous remettez la flat tax, je ne vous fais pas toute la liste, je vous dis que nous sommes capables de trouver 50 milliards d'euros. Et ces 50 milliards d'euros, ils iront dans les services publics. Les services publics, c'est quoi ? Ce sont nos écoles, ce sont nos transports, ce sont notre santé, nos hôpitaux.
Et là, il y a...
Ils financent aussi donc la retraite à 60 ans.
Ce n'est pas les mêmes caisses. Et je ne suis pas venue ce matin pour vous faire un cours de fiscalité. Si je résume, Clémentine Nottin, mais parmi ceux qui nous... Je suis venue vous dire que si dans deux semaines et demie, la France se mobilise, les Français entendent notre message, il y a l'espoir que le quotidien de millions de Français s'améliore. Et que l'extrême droite, l'extrême droite, M. Bardella a dit il y a quelques jours, vous l'avez peut-être dans vos tablettes, qu'il ne voulait pas revenir sur la réforme de la retraite à 60 ans. Il l'a dit Martin Martin sur RTL.
Vous entendez, chers auditeurs et chères auditrices, notamment les ouvriers et les employés, les ouvrières et les employés ES, eh bien, si vous avez l'extrême droite au pouvoir, il n'y aura pas d'augmentation de salaire, il n'y aura pas de blocage des prix, il n'y aura pas de réforme de la retraite macroniste qui sera revisitée, il n'y aura pas de taxation des grands groupes et des hyper riches.
Il n'y a pas que vous allez faire tout ça d'un coup de baguette magique, Clément, il atteint quand vous allez arriver au pouvoir, sauf que taxer davantage, par exemple, demander aux entreprises, par exemple, les PME, les DPE, d'augmenter les salaires, les indexer sur l'inflation, ça coûte beaucoup, beaucoup trop d'argent et donc il y a un risque de défaillance de ces entreprises-là. Je vais vous dire une bonne chose.
Vous connaissez l'histoire de France, il y a un risque qui partait à l'étranger. Vous connaissez l'histoire, vous avez parlé tout à l'heure de Léon Blum. Vous savez, quand le Front populaire est arrivé au pouvoir, il n'y avait même pas dans leur programme les congés payés. Les congés payés, ils ont été réclamés par les Français dans la rue. Et ce qui semblait impossible, l'est devenu parce qu'il y avait une majorité qui le demandait. Moi, je vous le dis, nous sommes capables de faire tout cela si toutes celles et ceux qui nous écoutent sont dans la rue ce week-end, si toutes celles qui nous écoutent se mobilisent dans les urnes le 30 juin et le 7 juillet.
Et quand vous regardez même les sondages aujourd'hui, ils disent que nous sommes au coude à coude avec l'extrême droite. Et donc, il y a la possibilité de gagner. Si nous voulons éviter Bardella ou je ne sais qui, Premier ministre du côté de l'extrême droite, alors il faut prendre le bulletin de vote pour la nouvelle Union populaire le 30 juin et le 7 juillet. Et nous serons capables d'améliorer le quotidien des Français. Nous serons capables de faire un choc d'investissement pour la transition écologique. Nous serons capables de faire en sorte que les services publics se redressent là où ils sont malmenés. Vous savez le ressentiment sur lequel l'extrême droite prospère.
Ce grand ressentiment, je pense en particulier dans la ruralité, mais aussi dans les quartiers populaires, comme chez moi, à Sevran, Villepin, Tout-Tremblay. Eh bien, ce ressentiment, il a une base. Il a une base, c'est que le travail ne paie pas. Et ça, c'est inadmissible. Il faut que chacun puisse vivre dignement de son travail. Mais il a une deuxième base, c'est que les services publics ne permettent plus de faire cohésion sociale et de faire vivre l'égalité. Eh bien, nous, nous sommes les candidats à remettre l'esprit public au pouvoir là où Emmanuel Macron n'a qu'une morale de trader. Emmanuel Macron, c'est la morale de trader. On va poser des questions.
Et le nouveau Front populaire, c'est l'esprit public. Vous voyez ce que c'est l'esprit public ? C'est la mise en commun. C'est la liberté. C'est l'égalité. C'est la fraternité.
Vous nous dites, nous nous sentons capables. Jean-Luc Mélenchon dit, je me sens capable d'aller à Matignon, a dit Jean-Luc Mélenchon hier soir ce France 2. C'est forcément lui qui va...
Écoutez, personne n'avait doute que Jean-Luc Mélenchon se sentirait capable d'être Premier ministre. Donc, ce n'est pas un sujet. Est-ce que c'est souhaitable ? Je ne suis pas venue ce matin ici vous parler de Jean-Luc Mélenchon. Je suis venue ce matin vous dire que nous...
Mais nous, on vous en parle parce qu'il y a certains électeurs à gauche, et on en entend notamment au Parti Socialiste par exemple, qui disent, Jean-Luc Mélenchon, pas question.
Eh bien, de toute façon, le sujet est assez simple.
C'est que s'il y a une majorité de la nouvelle Union populaire qui est installée après le 7 juillet dans notre pays, il y aura donc des députés qui se rassembleront dans leur diversité, et la gauche et les écologistes sont divers, ce n'est pas un scoop, ils sont divers, mais ils ont, et je l'espère à cette heure, parce que vous savez que l'accord devrait être conclu et sans doute annoncé aujourd'hui, je l'espère, nous l'attendons avec bien sûr des bases programmatiques qui existent et qui sont bien plus fortes que vous l'imaginez, même si je vois bien que chaque matin, il y a des belletés qui sont mises pour essayer d'expliquer qu'on est d'accord sur rien, ce qui est complètement...
C'est le groupe parlementaire le plus important qui devra proposer un nom pour Premier ministre. Exactement. Dans les faits, c'est la France insoumise, donc ce sera Jean-Luc Mélenchon ?
Donc, dans les faits, effectivement, Olivier Faure a dit que le groupe majoritaire à l'Assemblée nationale, eh bien probablement que ce Premier ministre viendra de ses rangs.
Et c'est LFI qui a le plus de candidats.
Voilà, et bien donc nous déciderons à ce moment-là... Non, écoutez-moi, nous déciderons une candidature qui fait consensus à l'intérieur de cette diversité de la gauche et des écologistes. Mais vous êtes pour ou pas que ce soit lui ? Vous avez un avis ? C'est pas moi qui vais décider, qui va être Premier ministre, Sonia Braclia. Par contre, c'est la diversité de ce que nous représentons qui aura la main pour le décider. Donc, il faut un profil qui ne soit pas clivant, il faut un profil capable de rassembler toute cette gauche et tous ces écologistes.
Deux questions rapides, oui. Sur les investitures, il y a débat aussi. Est-ce qu'Adrien Catenins, par exemple, peut être un nouveau candidat sous la bannière collective ?
Alors là, écoutez, cette nuit, je pense que ça devait faire partie des sujets. Donc là encore, ce n'est pas moi qui vais le dire. Vous connaissez mon point de vue. Je me suis exprimée sur ce qui s'est passé avec l'affaire Adrien Catenins. Je laisse les négociateurs avancer et je ne veux pas que ce soit...
Vous avez un avis, vous ne pouvez pas vous dérober.
Écoutez, je vous dis que, pour l'instant, ce qui se joue, c'est l'avenir des Français. D'accord ? Donc, je sais bien que vous allez chercher chaque matin tous les sujets qui sont les sujets éventuellement de polémiques entre nous, qui sont les sujets qui fâchent. Non, mais on a l'impression qu'il y a des sujets que vous mettez sous le tapis, justement. Non, mais parce que ce n'est pas les sujets majeurs pour l'avenir des Français, Sonia Braclia. Et vous comprenez, ce matin, je viens vous dire... C'est pas grave. Oh, excusez-moi. Je suis désolée. Voyez, je suis désolée. Vraiment. Mais ce que je veux vous dire, c'est que ce matin, ce dont je vous parle, c'est quelque chose d'extrêmement grave.
Vous entendez que nous sommes dans une situation qui présente une immense gravité. On l'a entendu. Donc, j'ai 15 minutes pour m'exprimer chez vous. Et donc, ce n'est pas 10 minutes pour Jean-Luc Mélenchon ou 10 minutes pour Adrien Quatennens. C'est 15 minutes pour appeler au sursaut, à la mobilisation, au soulèvement général, à manifester ce week-end. Et si nous faisons masse et nombre, nous pouvons transformer le quotidien des Français dans deux semaines et demie. Ça se joue. Donc, voilà. C'est à ça que j'ai envie d'utiliser mon temps de parole. Et de vous dire que l'espoir, est possible. Seule l'Union des écologistes et de la gauche peut gagner. Et nous pouvons gagner.
Merci Clémentine Autain. Vous étiez avec nous ce matin sur France Info. On va laisser passer le fil info. Il est 8h46. Et juste après, ce sera Philippe Ballard, le porte-parole du Rassemblement National, qui vous succédera à cette place.
Le 8h30 France Info. Jérôme Chapuis. Saliadra Kya.
Et notre deuxième invité ce matin sur France Info, Philippe Ballard. Bonjour. Bonjour à vous deux. Porte-parole du Rassemblement National. Hier, Éric Ciotti s'est fait exclure à l'unanimité du parti Les Républicains. Est-ce que ça veut dire qu'il n'y a plus d'accord entre LR et RN ?
Éric Ciotti a été élu par les militants. Je pense que le vrai gaulliste, c'est lui. Et pas, pour reprendre son expression, les chapeaux à plumes. C'est l'expression qu'il a employée pour parler de ces personnes qui sont dans la politique depuis des dizaines d'années et qui ont participé à mettre dans le fossé la France.
Mais dans les faits, il n'est plus président du parti ?
Oui, enfin...
Donc du coup, l'accord, c'est avec qui ?
C'est avec Éric Ciotti ? Non, mais on a... Attendez, parce que moi, j'ai regardé le sondage d'Odoxa hier. Vous l'avez sans doute regardé. Oui. Le sondage réalisé auprès des sympathisants LR. Et que disent-ils dans un parti ? Si vous voulez, il y a les dirigeants, il y a les élus, et puis il y a des militants, des cadres locaux, et puis des électeurs et des sympathisants. Et les sympathisants, à 50%, disaient, nous, on est pour cet accord avec le Rassemblement National. Et il y en avait beaucoup moins qui étaient favorables à une alliance avec Renaissance. Donc, je pense que le vrai gaulliste, c'est Éric Ciotti.
Et c'est lui qui, comme on dit en politique, sent le mieux son mouvement, ses adhérents, ses électeurs.
Alors, restons dans les faits, si vous le voulez bien, Philippe Ballard, et pas dans les sondages, parce que c'est de la projection. La Commission Nationale d'Investiture de LR a investi hier 59 députés sur les 61 sortants hier soir. Donc, concrètement, ils sont où, les dizaines de députés prêts à faire campagne avec vous, à porter des couleurs du RN, selon Jordan Bardella ?
Oui, mais c'est Jordan Bardella qui était avant-hier, je crois, sur France 2. Il parlait des députés sortants, qui seront réinvestis. Et puis, il y en a d'autres qui sont investis par LR et Éric Ciotti, qui formeront ce bloc national, avec, de l'autre côté, Marion Maréchal qui nous rejoint. L'important, c'est l'avenir. C'est pas... J'ai fait le même métier que vous, j'aurais posé exactement les mêmes questions. Donc, ça me pose pas de problème. Mais honnêtement, c'est pas forcément ce qui intéresse les Français. Moi, je vais sur le cas. Ça devait vous agacer quand des politiques faisaient ce type de réponses.
Oui, mais ce qui intéresse les gens, moi, que je rencontre dans ma circonscription, c'est régler notre problème de pouvoir d'achat, d'immigration,
qui soutiendront les députés pour qui ils vont voter.
Et remettez un peu d'ordre dans la société française. Non, mais si les députés pour lesquels ils vont voter, ils vont soutenir, c'est quand même important. Fatalement, vous aurez la liste, parce qu'on a jusqu'à dimanche pour s'inscrire en préfecture.
Alors, si vous connaissez bien les questions qu'on va poser, vous imaginez bien que là, je vais vous demander, qu'est-ce que vous avez promis à Éric Ciotti ? Parce qu'on apprend ce matin, dans les colonnes de Nice ce matin, qu'avant de dealer avec vous, Éric Ciotti a en fait essayé d'obtenir un ministère du côté du camp présidentiel.
Écoutez, nous, ce qui nous intéresse...
Il a quelle valeur votre accord aujourd'hui ?
Ce qui nous intéresse, c'est de regarder l'avenir. Enfin, voilà, tout simplement, l'avenir c'est le 7 juillet. Évitez, soit, parce que j'écoutais ce que disait Clément Tinota, on a compris que la NUPES c'était pas l'osmose complète, mais enfin, soit Jean-Luc Mélenchon à Matignon, d'accord, soit la NUPES renforcée par le NPA, parce que ça passe un peu sous le tapis. Le NPA qui, je regardais un tweet hier, se félicitait, se réjouissait. Voilà, le nouveau parti, c'est l'extrême-gauche, c'est les limites black bloc, qui se félicitaient qu'un commissariat ait été attaqué aux mortiers en région parisienne. Voilà, c'est ça la NUPES.
Et c'est LFI qui refuse de condamner clairement, c'est le moins qu'on puisse dire, le Hamas et de citer le mot terrorisme, et qui tient parfois des propos antisémites. C'est ça la NUPES, c'est ça qu'on a fait à nous.
Le 7 juillet, puisque vous voulez regarder l'avenir, si jamais le RN était à Matignon, la réforme des retraites, vous l'abrogez ? Oui, parce qu'elle est injuste.
Alors, question suivante.
Alors, c'est important, parce que Jordan Bardella, il n'a pas été clair cette semaine.
Non, non, alors, on l'abroge parce qu'elle est injuste. Et d'ailleurs, vous avez vu le rapport du corps, hier, qui nous dit, de toute façon, cette réforme, elle sert à rien.
Oui, alors, à forcerie, si cette réforme n'avait pas été adoptée, ce serait peut-être plus que les 14 milliards que pointe le Conseil d'orientation des retraites.
Alors, comme vous êtes des gens, il s'avisait, vous aviez lu le programme présidentiel pour les retraites de Marine Le Pen. Pour faire extrêmement simple, si on avait commencé à travailler entre 17 et 20 ans, on pouvait partir à 60 ans, et effectivement, c'est la moindre des choses. Et si on... Et pour les autres, alors, pour les autres, c'est qu'il y a 65 ans. Je relisais juste avant. Alors, exemple concret, je dis bien, c'était le programme présidentiel, 2022. Depuis, la situation d'aide-déficit, ça a explosé en France. Merci, M. Macron. Par exemple, à 23 ans, on partait pour un taux plein à 64 ans et 6 mois. Je vous laisserai la petite feuille.
Donc, on va, je pense, demander, quand Jordan Bardella sera installé à Matignon, un audit des finances publiques. On voit, c'est clair, on va dans le mur avec ce que nous laissera Macron. Donc, en fonction du résultat de l'audit...
Non, mais si je vous écoute et qu'on se réfère au programme de 2022, vous allez aller plus loin que Emmanuel Macron.
Là, ce sont des législatives. On ne peut pas présenter le même programme pour une élection présidentielle que pour une élection législative. Déjà, parce qu'il y a des considérations à prendre qui touchent à la Constitution, tout simplement, au rôle qu'a toujours Emmanuel Macron à l'Élysée. Ce n'est pas Marine Le Pen qui est allé à l'Élysée.
Si Jordan Bardella est à Matignon, il peut abroger la réforme de la retraite ?
Oui, oui, tout à fait, oui.
Donc, ce n'est pas une question prérogative.
Mais elle sera abrogée. Ça, c'est... Et remplacée par une autre réforme ? Par une autre réforme qu'on aura le soin de mettre... Qu'on travaillera en fonction du résultat de l'audit des finances publiques. Jean-Luc Mélenchon dit, par exemple, hier soir, lui, voilà. Moi, si j'étais Premier ministre... La retraite à 60 ans. Parce que ça, c'est une fake news qui est véhiculée, notamment par les macronistes, sur les plateaux télé-radio qu'on traverse. On nous dit, ah, vous êtes pour la retraite à 60 ans pour tout le monde. C'est faux. Ce n'était déjà pas le cas.
Donc, vous êtes sur 64 ans minimum ?
Non, c'était... Dans notre programme, c'était 62 ans, l'âge légal. Mais on pouvait... Je viens de vous en faire la démonstration.
Pour une retraite à tout plat, c'était...
On commençait à 23 ans, c'était 64 ans.
Une autre question, Philippe Ballard, sur la réforme de l'assurance chômage qui met l'emploi et le pouvoir d'achat. Les LR la soutiennent, mais pas vous. Alors, du coup, on fait quoi ?
Cette réforme, elle va toucher les plus précaires, en fait. Ceux qui ont des boulots intermittents, ceux qui ont... Donc, non, elle n'est pas acceptée. Et puis, attendez, si on va jusqu'au bout. En France, il y a chiffre peu d'emplois. 5 300 000 demandeurs d'emploi. Il y a 300... C'est le chiffre qui vient de s'ouvrir. 300 000 entre l'emploi. 300 000, 350 000, allez. Emplois non pourvus. Donc, il y a quand même 4 700 000 personnes, si on va au bout de cette logique, qui se retrouvent toujours sans emploi. Donc, on ne peut pas laisser... Et la moitié des chômeurs sont indemnisés seulement. Et l'indemnisation moyenne, c'est 1100 euros de moyenne pour ceux qui sont indemnisés.
Donc, cette réforme... Il n'y a pas de réforme. Mais, attendez, juste une phrase. Qu'il y en ait... Parce que ça, on l'entend souvent, c'est la conscription. Il y a des gens qui profitent du système. Ça, c'est la phrase qui revient souvent. Alors, il y a sans doute, c'est les chiffres internes, 10-15% des gens qui, effectivement, sous diverses formes, profitaient de ce système. Ou qui fraudent cela. Ils doivent être sanctionnés. Mais, attendez, on n'est pas chômeurs par plaisir. Donc, on n'a pas besoin d'être sanctionnés une deuxième fois.
Je précise, d'ailleurs, parce que ça vient de tomber. Gabriel Attal, qui est chez nos confrères de France Inter, il y a quelques minutes, a dit que la réforme de l'assurance chômage, le décret, sera pris le 1er juillet. C'est-à-dire, le lendemain du premier tour, entre les deux tours des législatives. Sur le principe même de ce décret qui intervient entre les deux tours.
Oui, mais c'est ce qui est un peu, comme on dit, dans les tuyaux. Mais ça, ça me rappelle un peu les votes de budget au 49-3, si vous voulez. Voilà, c'est un petit peu la même. On passe en force avec ce gouvernement qui est toujours en place. Et Emmanuel Macron. Donc, il va être temps de mettre fin à ces méthodes, non seulement de travail, mais à mettre fin. Moi, j'ai écouté la conférence de presse d'Emmanuel Macron. On va peut-être en parler dans quelques instants. C'était quand même, comme on dit, lunaire.
Non, mais juste, vous voyez où on veut en venir. Entre la réforme des retraites, l'assurance chômage, vos mesures, là, par exemple, la baisse de la TVA à 0% pour les produits de première nécessité, ces trois mesures, par exemple, ces trois réformes, les LR, avec lesquelles vous laissez les désaccords, disent non, en fait. Donc, en fait, dans le fond, vous n'êtes pas d'accord, mais vous signez des d'accord.
On va se mettre autour de la table. Il y a les priorités. Encore une fois, c'est pouvoir d'achat, insécurité, immigration, et lutter contre cette dette et ce déficit qui ne cesse de se creuser. Enfin, 900 milliards, quasiment 1 milliard, 1000 milliards de plus sous Emmanuel Macron. Le patronat s'inquiète de votre programme économique, en fait, du fou. Alors là, je ne suis pas d'accord. Parce que moi, il se trouve que dans... Je suis député de l'Oise. Oui, non, mais je rencontre... On vous parle du MEDEF et des ACPM. Oui, oui, mais moi, je les rencontre au niveau départemental. Ils n'ont pas du tout, mais alors du tout, ce même discours.
Donc, je suis très méfiant sur les prises de position au niveau national. Moi, quand je vais dans mon département, et je sais que pour tous mes collègues, c'est la même chose, le discours que l'on tient au niveau local, départemental, n'est pas du tout le même.
Marion Maréchal, sur Reconquête.
Oui, elle s'est aussi faite exclure du parti Reconquête parce qu'elle appelle à soutenir vos candidats, ceux qu'elle appelle la coalition des droites. Reconquête, c'est mort ?
Écoutez, ce n'est pas à moi de le dire, c'est aux électeurs d'en décider, mais enfin, on voit que ça mène à une impasse. Et Marion Maréchal, elle est bienvenue au RN ? Et Marion Maréchal, elle fera ce qu'elle voudra. Elle en parlera avec Jordan Bardella, avec Marine Le Pen. Enfin, elle a appelé à voter pour les candidats RN lors des prochaines élections législatives. Mais qu'est-ce que vous lui dites ? Vous lui dites bienvenue ? Mais oui, Jordan Bardella veut faire cette union des souverainistes, des patriotes de droite, mais aussi de gauche. Donc, tous ceux qui adhèrent à notre projet sont évidemment les bienvenus dans notre maison commune.
J'en profite, Philippe Ballard, que vous soyez sur France Info pour vous parler du service public audiovisuel.
Je m'y attendais pour tout vous dire.
Eh bien, c'est très bien, puisque vous avez été journaliste, ça le confirme. Votre idée, c'est aussi de privatiser le service public audiovisuel, mais pour le vendre à qui ?
Alors, on ne va pas faire ça pour, histoire de se lever un matin, tiens, on va privatiser le service... Alors, pas le service public extérieur, ni tout ce qui touche au DomTom, ni TV5MONDE, ni Arte, parce qu'ils ont des statuts à part, et puis l'audiovisuel extérieur, c'est... Donc, c'est quoi ? C'est France Info et Radio France ? Alors, vous vous rappelez, j'ai été journaliste, j'ai fait plus de 20 ans de syndicalisme. Donc, il y a 16 000 personnes qui travaillent dans ces structures. Donc, il est évident qu'il faut rassurer ces personnes. Ça ne sera pas fait à l'âge. Là, on se projette dans le futur. Les modalités techniques, on les verra. Et le principe même ? Le principe même ?
Mais pourquoi on fait ça ? Parce que face... Face à vous, mais face au groupe ATF1, AM6... Alors, à Canal, c'est peut-être un peu un cas à part, parce qu'ils ont une structure de développement spécial. Mais vous avez ce qu'on appelle les GAFAM. Vous avez Netflix, vous avez Amazon. Non, mais il faut les montrer. Est-ce que par rapport à ça... Un gros, il faut avoir au moins un grand groupe français capable de rivaliser avec... Mais ça fait des décennies qu'il y a... Juste que les gens comprennent. Les gens comprennent. Netflix, par exemple. C'est 20 milliards de dollars consacrés par an à la création.
Ils sont en première intention quand vous branchez votre téléviseur maintenant avec les télés connectées. Pour l'instant, l'ARCOM a pu réguler... Mais en quoi vous privatisez ? Pardon. Il finit juste d'une phrase. Mais l'ARCOM a pu réguler, avec ce qu'on appelle les CIG, faire en sorte que quand on allume son téléviseur, il y a une petite lucarne qui s'allume, on retrouve les chaînes de la TNT. Ça peut disparaître, tout ça.
En quoi privatiser le service public ? Ça va le renforcer. Pour permettre... Et je comprends,
on entend aussi les interrogations des groupes privés.
Vous entendez TF1, M6, donc... Ils ne sont pas très actuels
qui ont fait les privatisations du service public. Mais rien n'empêcherait ces groupes, s'ils le voulaient, de racheter tout ou partie de France 2 ou de France 3 pour former un groupe. Ils ne sont pas assez grands aujourd'hui ? Non. Vous ne rigolez pas. Les deux tiers de la pub sont absorbés par les GAFAM. Alors, oui, on sait qu'il y a un gros warning sur ces chaînes, sur TF1, sur M6, etc. Et puis, il y avait une fusion qui a avorté entre TF1 et M6. Ça aurait été une bonne chose. Et cette fusion aurait pu avoir lieu. Il faudra changer la législation entre parenthèses parce que là, l'autorité de la concurrence a dit, trop gros, ça va étouffer tout le monde.
Non, mais attendez, c'est des règles qui datent de 1986 qui régissent toujours l'audiovisuel.
Mais vous n'avez pas répondu sur le principe même du fait de supprimer le service public. On n'a absolument plus le temps, Philippe Ballard, mais vous n'avez pas dit pourquoi le service public qui existe depuis des décennies
d'avoir en France un grand groupe qui sera donc privé, capable de rivaliser avec les moyens de l'État, avec les moyens publics. Ah ben non, vous avez un budget de 3 milliards, d'accord ? Je vous ai cité rien qu'un chiffre. Je vous ai cité rien qu'un chiffre pour la création consacrée à Netflix. Si vous rajoutez Amazon, si vous rajoutez Disney, si vous rajoutez... Mais on est... Pardon pour eux, mais ce sont des nains. Ce sont des nains. Donc, face à ces mastodontes, on ne peut pas se contenter d'avoir des nains. Merci, Philippe Ballard, porte-parole du Rassemblement National.
Clémentine Autain