La France aime les festivals mais n’y en a-t-il pas trop ?
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Bonjour, bienvenue sur France Inter, dans le débat de midi, on se régate des sujets de société, on gloutonne de la discussion, on boostifie de palabres informées, et si je vous dis été, vous me répondez, pluie, gris, froid, oui, bon d'accord, mais si je vous dis vraiment été, un peu classique, avec de la musique, une scène, un chant, vous me répondez, festival bien sûr.
En France, il y a près de 2100 festivals de musique, pour un total de 7300 festivals, tous types confondus, un phénomène en expansion depuis la fin des années 90, très apprécié par les régions et départements, l'année dernière, 4,5 millions de festivaliers ont participé aux agapes culturelles, très appréciés pour leur programmation et la possibilité d'un excès facile à la culture.
Alors les festoches, comme on dit, ont bien évolué, si on retrouve toujours la bière, la boue, le sarouel, les grands classiques, il existe désormais différentes formules, et notamment VIP, on évoque alors l'expérience qu'on y vit, et les groupes l'ont bien compris, en faisant monter des enchères de leurs cachets de prestations scéniques, monter un festival, c'est une vraie aventure, particulièrement ardue vu la concurrence, alors certains ne rentrent pas dans leurs frais, et bien quand d'autres doivent mettre carrément la clé sous la porte, Si on rajoute à cela que l'été prochain, à cause des Jeux Olympiques de Paris, certains festivals craignent d'annuler, on se dit qu'il est vraiment préférable d'être spectateur qu'organisateur en ce moment.
Alors, y a-t-il trop de festivals en France ? On en discute dans le débat de midi, et on vous attend via l'appli France Inter pour laisser vos notes vocales et messages, afin de participer à la discussion, également via WhatsApp au 07 64 13 70 07, 07 64 13 70 07. Allez, le débat de midi, lance un pogo dans la fosse, bref, ça commence tout de suite.
Jean-Mathieu Pernin, le débat de midi, sur France Inter.
Et pour parler des festivals, y en a-t-il trop ? Alors on va essayer de tirer différents fils de ce débat, nous recevons Emmanuel Négrier, bonjour.
Bonjour.
Vous êtes sociologue des festivals, auteur du public des festivals, et co-auteur de festivals territoire et société, directeur de recherche au CNRS. Également, Jean-Paul Roland, bonjour. Bonjour à vous. Vous êtes directeur des Eurocaines de Belfort depuis 2001, co-créateur et activiste de la Fédération Internationale de Concerts. Également, Sylvia Delabaume, bonjour.
Bonjour Jean-Mathieu.
Alors vous êtes fondatrice du festival indépendant musical et féministe Amapola, qui se tient à Gazeron, c'est ça ? Dans les Yvelines. Donc c'est un terme qui a été choisi à la fois pour répondre à l'appel des coquelicots, parce que Amapola, ça veut dire coquelicots, c'est ça ? Tout à fait, en espagnol. Voilà, exactement. Donc ça, on va en parler justement de ce festival. C'est un festival d'environ 1000 places, on sera comme ça. Et François Moreau, bonjour.
Bonjour.
Vous êtes journaliste aux Inrocs et programmateur du festival Les Inrocs, qui donc se tiendra en 2024 et non pas l'automne 2023. Exactement. En mars 2024. 2024, voilà. Alors on va en parler bien sûr. Juste avant, Jean-Paul Roland, je me tourne vers vous, car ce matin, il y avait un article dans le journal Le Parisien, Aujourd'hui en France, qui disait que les festivals qui se sont tenus au mois de juillet sont plutôt en bonne santé. Est-ce que c'est le cas des Eurocayennes de Belfort ?
Alors c'est le cas des Eurocayennes de Belfort qu'on fait, j'allais dire, un peu leur vrai retour après deux ans de pandémie. Et puis un vilain orage qui nous avait annulé la moitié de l'édition de l'année dernière. Mais on va dire que ça s'est bien passé, 125 000 personnes. Et puis j'allais dire les tracas habituels. Et puis bien entendu, les joies aussi espérées. Donc oui, on est plutôt contents.
Oui, c'est ça. C'est vraiment... On peut dire cette fois-ci que les conséquences de la crise sanitaire sont derrière vous ?
Oui, mais peut-être que les conséquences, on ne les a encore pas tout à fait mesurées. Notamment une, mais peut-être qu'on en parlera après, c'est peut-être le retour, on va dire, peut-être de ce qu'on appelle la génération Z. C'est ceux qui sont nés entre 1997 et 2010. Concrètement, ceux qui ont entre 16 et une vingtaine d'années. Donc qui sont des nouveaux spectateurs. Est-ce qu'ils reviennent en masse ou pas ? Quel est leur rapport à la musique live ? Ça, c'est quelque chose encore qui reste, j'allais dire, une interrogation pour nous. Sachant que c'est une génération qui est peut-être moins attachée comme nous aux salles, j'allais dire, aux Bataclan, à l'Isée-Mont-Marc et ça.
Mais qui sont plus attachées, j'allais dire, à l'artiste. L'artiste.
Alors ça, c'est pour aussi un festival assez conséquent. Sylvia Delabaume, vous pour un festival de plus petite taille. Est-ce que le bilan a été bon au mois de juillet ?
Le bilan est très positif. Nous, aussi, ce qu'on propose sur Amapola, c'est un festival pluridisciplinaire. Donc il y a de la musique, mais il y a aussi des scènes de performance. Il y a des ateliers. C'est un festival engagé sur l'éco-géologie et le féministe. Donc on arrive à toucher aussi un public assez diversifié qui était au rendez-vous pour cette année. Et pour nous, c'était une troisième très belle édition.
Voilà, alors on le voit en tout cas, en effet, en suivant vos commentaires et cet article du Parisien. Toutes tendances confondues, quelles que ce soit musicales, que ce soit théâtrales, que ce soit aussi en musique, alors que ce soit quel que soit votre genre, que ce soit des musiques classiques ou du rock, du rap, de l'électro. Eh bien, les festivals ont bien marché, en tout cas cet été. Alors, Emmanuel Négrier, je rappelle, vous êtes sociologue des festivals. Est-ce qu'on peut dire, en effet, qu'aujourd'hui, en France, il y a beaucoup de festivals, et une offre pétorique comme, eh bien, on n'en a pas eu jusqu'à présent ?
Oui, on peut le dire, parce qu'on a, l'année dernière, réalisé une cartographie intégrale des festivals, et effectivement, on a constaté qu'en dépit de tous les signaux qui avaient été posés ces dernières décennies, notamment la crise de 2008, et puis ensuite les restrictions de subventions, et on constate que le nombre de festivals ne cesse d'augmenter, et la part des festivals des années 2010 est supérieure, des festivals créés à partir de 2010, et était encore supérieure à l'ensemble des festivals créés dans la décennie précédente, etc. Et ça, c'est un constat qu'on peut faire en France, mais que nos collègues d'autres pays, en Allemagne, en Espagne en particulier, constatent aussi.
Donc, effectivement, il y a un phénomène extrêmement lourd et structurel.
Une tendance assez globale. Alors, François Moreau, c'est vrai que vous-même, en tant que journaliste, vous couvrez des festivals. J'imagine que maintenant, votre planning a dû s'agrandir, vu le nombre, en effet, je citais tout à l'heure, notamment en musique. Il y a 2100 festivals de musique en France, toutes musiques confondues. Ça commence à faire vraiment beaucoup.
Ça fait pas mal. C'est assez compliqué de tout pouvoir couvrir. Alors, après, ce qui se passe avec un journal comme Les Arocs, c'est qu'on a circonscrit, en fait, les festivals à travers un peu la musique qu'on traite au quotidien, sur le site et dans le magazine. Ouais, mais c'est vrai qu'en traversant un peu l'été, on se rend compte qu'on a cette chance, quand même, mine de rien, en fait, d'avoir tous ces festivals qui sont, en tout cas, nous, aux Arocs, on décide de ce qu'on va couvrir. Ça nous permet d'aller voir des petits festivals, aussi des mastodontes, et d'aller même à l'étranger, en fait, voir un peu comment ça se passe là-bas et pouvoir un peu comparer tout ce qui s'y fait.
Sylvia de Labeaume, pourquoi, finalement, au début, vous montez un festival, aujourd'hui, en France ? Pourquoi ça vous semblait être une réponse ou une proposition intéressante ?
L'idée d'Amapola, elle vient de plusieurs éléments. C'était après une année à New York, où, du coup, il y avait vraiment une découverte de la fête créative, inclusive et safe aussi. Je suis allée au Burning Man aussi, qui était une vraie source d'inspiration, où, du coup, c'était découvrir un endroit où on pouvait partager des valeurs et surtout planter des graines qui, après, pouvaient se déployer tout au long de l'année. Et quand je suis rentrée en France, je me suis retrouvée confrontée de nouveau à la fête pas très inclusive, pas de plateau féminin. On a un peu peur des mecs relous dans les fêtes.
Et donc, on avait très envie, avec mon frère, d'en fait, permettre d'avoir un espace pour les artistes femmes, de créer un safe space pour des publics plus féminins et aussi de profiter, en fait, de ce moment de rassemblement pour transmettre des valeurs d'engagement autour du féminisme et de l'écologie.
Et le fait de créer un festival, ça ne vous a pas, au départ, inquiété, vu le nombre, en effet, de festivals ? Vous n'êtes pas dit, oh là là, il y en a tellement que ça va être compliqué, aujourd'hui, de se faire une place ?
On n'a pas trop pensé à ça. On a des caractères plutôt impulsifs. Donc, c'était un peu, non, on avait envie de faire ça. Et puis, on a dit, bah, go, c'est parti. En fait, il n'y en a pas des festivals féministes en France qui proposent vraiment des programmations paritaires et qui réfléchissent à compter le féminisme et l'écologie de vraiment façon transversale et systémique dans l'organisation du festival. Donc, on s'est dit qu'il y avait un créneau. Nous, on voulait faire notre premier festival en 2020. Donc, ça a été annulé avec le Covid.
Et il y a aussi eu beaucoup d'éclosions, je pense, de festivals post-2020, en fait, avec de plus petits festivals qui se sont créés suite à la non-offre des gros festivals. Donc, voilà. En tout cas, sur le moment, ça nous paraissait tout à fait possible de le faire.
Alors, Jean-Paul Roland, aujourd'hui, quand on voit le nombre de festivals de temps en temps, les Eurocaines de Belfort, on se dit, bon, bah, c'est un festival, maintenant, qui a un peu de barbe, qui a un certain nombre d'années. Comment vous avez vu, justement, vous éclorent autour de vous tous ces festivals ? Et est-ce que vous craignez, aujourd'hui, eh bien, cette concurrence qui monte de plus en plus ?
Non, mais moi, je crois qu'il faut quand même s'enorgueillir d'être dans un pays où, je veux dire, on peut aller, je ne sais pas, au festival d'art lyrique, voilà, à Aix, et puis aussi aller à Clisson voir un des meilleurs festivals de métal, certainement, au monde. Je crois que ça, c'est quand même une chance. Il y a aussi une autre chance, quand même, c'est aussi le prix des festivals. Je veux dire, en France, même si le pays, le pouvoir d'achat est un peu plus élevé, peut-être que nos voisins, notamment espagnols, mais on reste dans des tarifs qui restent encore modérés. Pour combien de temps ? Je n'en sais pas.
Par contre, si vous me demandez, effectivement, comment je vois et c'est ça la question, comment je vois le paysage, moi, je le vois plutôt avec beaucoup de joie. Je pense qu'en fait, il y a beaucoup de festivals, certes, mais il y a surtout, peut-être, et c'est peut-être ça qui manque, c'est peut-être un peu des récits. L'exemple qui vient d'être décrit tout de suite avec l'Amapola est un bon exemple. C'est un vrai récit, c'est quelque chose... Moi, je préfère récit à expérience, parce que maintenant, vous savez... Oui, exactement.
Voilà ce terme, en effet.
On va manger un éclair quelque part, c'est une expérience. Ce que je veux dire, c'est que le récit, par contre, ça veut dire aussi qu'il y a des gens pour le raconter, et ça veut dire aussi qu'il y a une direction artistique. Et donc, à ce moment-là, on n'est plus simplement dans une sorte de programmation, mais on crée quelque chose. On crée une histoire, et les gens viennent participer, bien entendu, à cette histoire-là. Donc, peut-être que c'est ça qui manque un peu.
C'est le risque pour vous, aujourd'hui, de voir de plus en plus, finalement, d'événements, et si, justement, je n'utilise pas le terme festival, d'événements se monter sans véritable histoire d'air, sans véritable construction, même, et envie, par rapport à la programmation et par rapport à la démarche ?
Ça, c'est peut-être un peu désolant, mais si je prends l'exemple des Oroquéennes, effectivement, on a un peu de poil au menton, mais j'allais dire, depuis qu'il n'y a... Il n'y a jamais eu autant de monde, depuis qu'il y a autant de festivals, vous voyez ? Ah oui, d'accord. Je pense aussi que les festivals, ils ont aussi, dans leur région, ils ont construit aussi leur public. Avant, c'est vrai qu'on associait complètement le festival à la jeunesse. Ce n'est plus tout à fait le cas. On peut, effectivement, voir maintenant plusieurs générations, voir le grand-père avec la petite-fille ou le petit-fils, venir voir le même artiste.
Donc, je pense que tout ça, c'est quand même quelque chose qui est important. En plus, les festivals, je veux dire, c'est important socialement. Nous, vous savez, sans être trop bavard, mais le week-end où on a fait les Oroquiennes, c'était le week-end des émeutes. Donc, les images qui étaient diffusées, c'était des images de guérillas urbaines et on avait, nous, des images, enfin, moi, je voyais en direct des images qui n'étaient pas du tout de la guérilla urbaine mais plutôt de joie et en plus, les gendarmes étaient là. Vous voyez ? Donc, ce mélange-là, il était quand même socialement, il était même intellectuellement intéressant.
Je ne dis pas que ça donne des exemples sur la société mais en tout cas, c'est des moments qu'on doit préserver.
François Moreau, pourquoi, d'après vous, ce nombre a-t-il explosé en France ?
Je pense qu'en fait, tout le monde a eu cette expérience des festivals. Je crois que, je connais les chiffres, bon, il faudrait peut-être les revoir un peu mais je crois qu'il y a beaucoup de festivals encore actifs aujourd'hui qui sont nés dans les années 2000. Il y en a eu, il y en a beaucoup en fait qui datent qui ont plus de 30 ans, 40 ans, je pense à Aroch, à Saint-Brieuc ou je pense à la Route du Rock à Saint-Malo. Et je pense qu'en fait, on a tous vécu ces festivals-là, on a tous rêvé en voyant les affiches qui étaient des affiches musicales quand même.
À l'époque, quand on voulait aller aux The Rock, par exemple, je fais un petit absurde, les The Rock, en fait, à chaque fois, c'était l'affiche. C'était l'affiche qui nous donnait envie d'y aller. Moi, quand j'étais jeune, je ne savais même pas à quoi ressemblaient les The Rock de l'un, Belfort, je ne savais pas où c'était, mais je voyais l'affiche et je voulais aller là-bas. Et je pense qu'on a tous vécu ces expériences-là et on s'est rendu compte qu'avec le temps, on arrivait, on avait 25 ans, 30 ans, 35 ans et puis on avait les moyens nous-mêmes de créer nos petits festivals.
Je dis nous pour français général, pas moi en particulier, mais moi, je connais, j'ai plein d'amis qui ont monté des petits festivals. Ça a duré 3 ans, 4 ans, dans les Yvelines notamment, le bateau festival à l'époque. Et en fait, c'était un moyen, en gros, de se dire on peut le faire nous-mêmes, on peut créer notre petit monde à nous, notre petit festival, et il durera le temps que ça durera. Et je pense que c'est aussi ça qui a fait éclore un peu tout ça. Mais là, je parle plutôt des sphères un peu un indie. Après, je pense qu'il y a beaucoup de festivals dont j'ignore un peu les tenants et les aboutissants. Mais c'est vrai qu'après, il y a d'autres, je pense aussi que les...
potentiellement, je pense que les villes, les territoires et tout avaient aussi envie d'avoir le rendez-vous musical. Et je pense qu'il y a eu beaucoup de politique publique dans ce sens-là. Et je pense que c'est une partie de l'explication en tout cas.
C'est ça. Emmanuel Négrier, c'est ça aussi ? C'est véritablement ces régions, ces communes, ces départements qui ont compris que derrière, il pouvait y avoir une manne économique ?
Le premier qui a parié sur la festivalisation, c'est Jacques Lang. Quand il a créé une politique culturelle fondée sur des équipements dont il sentait qu'il n'allait pas forcément être visible à la fin de son mandat, il s'est dit il faut absolument que j'accompagne ce vaste mouvement par un mouvement de festivalisation. qui s'est traduit notamment par les journées du patrimoine, les arts au soleil, la fête de la musique, etc. Donc là, il y a la conscience qu'il faut sans doute partager la culture dans des conditions festives et que ça marche.
Alors effectivement, quand on regarde les motivations aujourd'hui à créer des festivals, je rappelle qu'il y a 33% des festivals qui ont été créés depuis 2010 et que les festivals qui existent encore aujourd'hui et qui ont été créés avant les années 2000 ne sont que presque, pas tout à fait la moitié des festivals existants. Ça veut dire qu'il y a vraiment un mouvement très très fort, mais les motivations évoluent.
Alors, ce qu'a dit Jean-Paul Roland tout à l'heure sur la notion de récit effectivement être tout à fait juste, un festival c'est d'abord un projet collectif, un projet collectif qui a une dimension territoriale et là, vous avez tout à fait raison de dire que les collectivités territoriales ont parfaitement senti le mouvement en accompagnant un nombre assez considérable de festivals et c'est sans doute ça une des caractéristiques distinctives de la France par rapport à d'autres pays, le rôle que les collectivités publiques, l'État dans la période récente, mais les régions, les villes et les départements ce rôle que ces collectivités ont joué dans le développement des festivals mais ce développement n'existerait pas si par ailleurs il n'y avait pas un engouement public considérable et quand je parle d'engouement public je parle effectivement bien sûr des publics mais je parle aussi de tout l'écosystème humain autour des festivals où on compte en particulier les bénévoles.
Je voudrais juste faire une petite parenthèse sur une chose François Moreau il y a quand même juste quelque chose d'étonnant dans les gros festivals d'aujourd'hui on peut comprendre en effet le succès quand on voit les Orocs quand on voit le Men's Square quand on voit parce que c'est des programmations assez larges l'énigme pour beaucoup de gens c'est le Hellfest le Hellfest donc festival de métal le plus gros d'Europe je crois c'est quand même étonnant cette aventure que la France ait réussi à créer ce festival qui au départ en effet sans l'aide de collectivité locale qui avait peur par rapport à la réputation du métal et du hard rock
je ne connais pas très bien l'histoire du Hellfest mais en tout cas je pense que peut-être que ça traduit aussi qu'on avait sous-estimé qu'il y avait un public aussi fervent pour ces musiques qui sont les musiques extrêmes et qui en fait sont très répandues en France il y a énormément de groupes qui jouissent d'une aura incroyable à l'étranger qu'on connait moins en France et je pense qu'en fait on a peut-être sous-estimé ça donc en fait dès lors qu'on sous-estime ça on sous-estime la capacité d'un festival aussi indépendant soit-il à arriver à construire une telle entreprise que celle du Hellfest oui c'est ça
ça fait partie maintenant des trois plus gros festivals en France allez on va continuer à parler des festivals et on va se poser la question maintenant justement est-ce qu'il y a une offre finalement qui est trop pléthorique est-ce qu'il y en a trop de festivals dans un instant après un artiste qui alors lui a rempli l'année dernière tous les festivals c'est Aurel San et les Neptunes avec Dernier Vert
sur France Inter
le débat de midi nous parlons festival ou festoche comme on dit dans les milieux autorisés aussi et bien les festivals c'est vrai qu'il y en a beaucoup est-ce qu'il y en a trop de festivals vu que l'offre est pléthorique près de 2000 festivals de musique cet été et un petit peu durant l'automne et l'hiver vous pouvez bien sûr participer à la discussion en allant sur l'appli France Inter pour nous laisser des notes vocales et des messages ou par WhatsApp au 07 64 13 70 07 07 64 13 70 07 alors il y a Maud qui nous a écrit ce message il nous dit que ce débat est assez parisien notamment les parisiens qui ont accès toute l'année à une grande diversité de concerts sans les festivals nous les habitants de province je ne sais pas où habite Maud et surtout de zone rurale n'aurions pas accès à la culture est-ce que Emmanuel Négrier on est encore véritablement là-dessus avec les festivals une offre pour des habitants en France qui n'ont pas accès à la culture toute l'année
c'est très net je rebondis exactement sur le constat de Maud effectivement pour beaucoup de territoire les festivals jouent un rôle d'accès à la culture qui ne pourrait pas être supporté dans le cadre de programmation annuelle puisqu'il n'y a pas les moyens humains matériels financiers pour organiser des saisons là où se déroulent des festivals en milieu rural en particulier et c'est la raison pour laquelle quand on regarde la carte des festivals on observe qu'il n'y a quasiment pas de trou dans la raquette il y a très peu d'endroits où il n'y a pas de festival et souvent d'ailleurs la musique joue un rôle majeur dans le développement de ces festivals
alors ça se concentre surtout dans trois régions vraiment les festivals on a pu le voir selon le rapport présenté par le ministère de la culture à propos des festivals 2022 c'est la Bretagne les Pays de Loire et Auvergne Rhône-Alpes ce sont les trois régions qui concentrent le plus de festivals quand on Sylvia Delabaume pour vous aujourd'hui est-ce qu'il y a aussi quand on voit les enjeux financiers aussi d'un festival quand on le monte est-ce qu'on y pense tout de suite est-ce que c'est ça en premier avant la programmation avant ce qu'on peut proposer l'enjeu financier aussi parce qu'on le sait que ça peut être lourd un festival
alors au début quand on le monte on n'y pense pas forcément et puis très vite on est obligé d'y penser parce qu'en fait on se rend compte qu'on a beaucoup de choses à payer aujourd'hui nous notre économie elle est encore fragile elle est portée par un collectif bénévole on repose à 99% sur une économie en ressources propres donc de la billetterie et de la consommation ce qui n'est pas forcément évident donc voilà ça nous force aussi à déployer genre toute l'énergie possible et inimaginable pour aller attirer des publics pour élargir notre cercle et que ça soit au-delà du bouche à oreille mais oui forcément l'économie des festivals je pense que c'est un sujet de toute façon plus large petit, moyen, grand festival
est-ce que pour vous ce que disait tout à l'heure Jean-Paul Roland à propos des récits il vous citait d'ailleurs en exemple mais est-ce que pour vous il y a une différence entre votre festival par exemple et d'autres festivals un peu beaucoup plus gros à échelle vraiment qui ne sont plus du tout humaines je rappelle que vous pour votre festival on est sur du mille places est-ce que pour vous vous participez finalement à la même démarche
je pense que en tout cas on a la même envie qui est de rassembler les gens de proposer une expérience de faire découvrir des artistes mais effectivement il y a vraiment des tailles de festivals différentes nous aujourd'hui on a un petit festival donc oui on a envie de créer des nouveaux récits on a envie de planter des graines auprès des festivaliers et festivalières de faire découvrir des talents émergents on n'est pas à la recherche de la programmation de l'artiste connu en fait on a plutôt envie de faire découvrir des artistes on se laisse aussi la possibilité de se tromper en fait on a moins d'enjeux je pense qu'effectivement des gros festivals qui bookent Aurel San on a envie de proposer aussi une expérience différente et du coup c'est de proposer aussi de la musique ce qui est évidemment le plus représentatif de notre festival mais en fait par exemple le samedi après on coupe la musique jusqu'à 18h pour plutôt proposer une expérience avec du théâtre de la performance du stand-up des ateliers et en fait obliger un peu le public à se poser et à découvrir autre chose
c'est ça alors il y a Sylvie aussi sur l'appli France Inter qui nous dit mon meilleur festival sous la pluie et suite crise sanitaire c'était pose guitare à Albi juillet 2021 l'impression d'avoir feu chatterton pour nous seuls et de pouvoir toucher Jean-Louis Aubert c'est souvent ça aussi dans des festivals en effet à taille humaine on a l'impression d'être plus proche des artistes mais alors à un moment Jean-Paul Roland il faut attaquer un sujet qui est toujours sensible avec les festivals c'est la programmation sur le site donc de Radio France on peut aller trouver cet article quel artiste participe le plus au festival cet été et on voit en effet qu'il y a certains artistes comme Adé par exemple l'artiste française qui est à l'affiche de 28 festivals cet été je crois qu'elle est passée par Belfort d'ailleurs comme elle Isia, Angèle, Suzanne ou d'autres aussi vont squatter les scènes cet été tout de même 28 festivals revient à ce moment-là cette fameuse phrase Jean-Paul Roland tous les festivals ont la même programmation
oui mais je ne crois pas en fait je ne crois vraiment pas parce que vous voyez c'est quand même assez paradoxal parce qu'on pourrait presque finalement on ferait le contraire c'est-à-dire que Adé ne passerait dans aucun festival on accuserait les festivals de ne pas être attentifs à la scène francophone ce que je veux dire par là c'est qu'effectivement il y a des il y a des il y a des goûts de public et puis il y a des demandes et puis il y a aussi des artistes qui sont en tournée et d'autres qui n'y sont pas quand vous voulez un artiste qui n'est pas qui n'est pas en tournée il faut bien entendu avoir d'une part l'argent pour arriver à le convaincre en plus estimant que vous ne faites pas quand même vous allez augmenter un peu l'impact environnemental à faire venir quelqu'un que pour vous moi je crois surtout que c'est un peu l'arbre qui cache la forêt parce qu'effectivement nous avons fait nous en avons fait jouer à des comme certainement 28 autres festivals d'après ce que vous dites mais par contre je pourrais vous parler d'artistes qu'on a découverts au Burkina Faso et qu'on a fait venir à Kawato et d'autres donc je pense que c'est souvent un petit peu le haut du panier comme ça de médiatiser qui cache peut-être un petit peu tous les efforts je veux dire de découverte et d'exposition où les festivals à mon avis remplissent leur rôle réellement de découverte puisque de toute façon le rappeur dont je vous parle s'il était peut-être venu à Belfort dans l'année jouer dans une salle peut-être qu'il aurait eu 10 curieux qui seraient venus le voir tandis que là il a joué devant plusieurs milliers de personnes donc je crois que c'est cet équilibre-là bien entendu sur lequel les festivals doivent être bien entendu attentifs
Emmanuel Négrier sur cette sensation de voir les mêmes artistes parcourir les festivals l'été Oui
alors deux choses là-dessus la première c'est qu'effectivement les têtes d'affiches jouent un rôle majeur pour le renouvellement des publics c'est-à-dire qu'effectivement on a constaté que quand les publics venaient pour la première fois dans un festival ils venaient pour la tête d'affiche il y a vraiment un caractère très attractif de cette tête d'affiche alors effectivement on les voit circuler de plus en plus dans les festivals ça c'est la festivalisation qui le produit ça a un côté vertueux d'ailleurs au moment où on parle d'environnement c'est que la principale la principale cause d'empreintes carbone des festivals c'est le déplacement des publics or en fait plus il y a de festivals moins ces déplacements sont nombreux et plus on voit une régionalisation des publics autrement dit si c'est la tête d'affiche qui circule et pas les publics pour aller la voir à 1000 km c'est plutôt vertueux sur le plan écologique D'accord donc ça c'est c'est le premier point le deuxième point c'est que derrière cette attractivité des festivals il faut quand même se poser la question de qui ça attire et qui reste un petit peu en bord du chemin de la festivalisation on disait tout à l'heure que les festivals jouent un rôle majeur dans le fait d'avoir un rapport à la culture notamment dans les zones rurales mais les personnes qui dans l'année n'assistent à un concert que dans le cadre d'un festival c'est-à-dire vraiment ce rôle majeur du festival qui s'il n'était pas là supprimerait tout rapport à la culture ça ne concerne que 6% des publics autrement dit l'essentiel du public c'est quand même un public qui va à un festival à un autre qui participe à une programmation de saison etc
François Moreau sur ces têtes d'affiche en effet on le voit les festivals en ont besoin mais il est vrai quand on regarde à un moment il y a des week-ends où il y a une concentration de gros festivals notamment on retrouve quand même certains noms
ouais c'est vrai on retrouve les mêmes et puis c'est assez marrant aussi de voir que si on dézoome et qu'on regarde ce qui se passe en Europe on voit aussi qu'ils passent avant aussi en Europe en Europe ailleurs donc on peut voir un peu le parcours de Blur qui passe de qui passe de Primavera à Barcelone ensuite à Madrid ensuite ils vont aller au Vieille-Cheru etc donc en fait on voit aussi qu'il y a toutes ces têtes d'achifs après c'est aussi déjà il y avait Jean-Paul Roland l'a bien dit les artistes sont en tournée débaucher un groupe comme ça de nulle part une grosse star pour attirer un public ça se fait moins parce qu'en fait ils ne sont pas en tournée donc il y a toute une économie qui n'est pas en branle encore derrière donc en fait déjà il y a un marché il y a ce qui est disponible et puis en plus ensuite c'est vrai que si effectivement les festivals sont surtout fréquentés par des gens du territoire il faut qu'ils puissent quand même avoir accès à ça et surtout que ces artistes-là en fait sont le haut du panier c'est eux qui attirent aussi et c'est aussi ça qui permet je pense en fait bon après c'est un peu tout ce qu'on dit sur les programmations en général mais que en gros les têtes d'affiches permettent aussi de faire découvrir ce qu'il y a derrière et c'est là où en fait les festivals se distinguent aussi
Jean-Paul Roland juste un mot aussi par rapport à la construction de vous de votre programmation on voit aujourd'hui aussi des artistes des têtes d'affiches qui sont de plus en plus chers est-ce que ça devient difficile pour l'équilibre des festivals même important aujourd'hui d'avoir des têtes d'affiches
oui c'est compliqué surtout avec le retour j'allais dire un peu de voilà post-pandémie où finalement les groupes internationaux revenaient mais ils sont revenus bien entendu à quel prix et c'est devenu quelque chose effectivement presque d'inatteignable on peut regarder aussi c'est corrélé je pense aussi au nombre par exemple de méga-concerts regardez le stade de France combien de concerts il y a eu où finalement un artiste peut-être The Weeknd ou d'autres préfère finalement jouer peut-être deux, trois fois dans un stade de France que de faire finalement une tournée des festivals ces têtes d'affiches elles sont devenues vraiment presque hors de prix mais j'allais dire moi je me console un peu en me disant finalement voilà c'est effectivement une difficulté de plus qui nous oblige finalement à réfléchir sur ce qu'est un festival un festival en tout cas c'est d'abord une sorte on le sait une âme et que des gens viennent dans ce lieu-là finalement plutôt que malgré tout un peu à contre-courant simplement que sur le nom d'un artiste donc ça nous oblige finalement nous organisateurs de festivals à repenser le festival comme une sorte d'entité un peu globale avec bien entendu l'ensemble des services que vous connaissez etc qu'il y a de plus en plus donc bien entendu je ne me console pas mais on va dire qu'après et puis il y a aussi une histoire de morale à un moment donné bien entendu est-ce que c'est moralement défendable de payer un groupe je ne sais pas 2 millions d'euros pour qu'ils viennent presque des fois même pas une heure jouer quelque part vous voyez c'est ça qu'il faut ce à quoi il faut maintenant désormais réfléchir
voilà plusieurs millions d'euros comme on dit par exemple comme un groupe comme Metallica par exemple qui se déplace notamment quand ils avaient joué au LFES on n'a pas le prix du LFES mais on connait on commence à connaître ces tarifs alors sur grâce au Whatsapp au 016 64 13 70 07 vous pouvez commenter bien sûr et participer au débat de midi et il y a Philippe non pardon c'est pas du tout Philippe c'est rose en fait voilà pourquoi Philippe d'un coup je ne sais pas ça arrive il peut s'appeler également comme ça qui nous pose cette question assez intéressante là-dessus sur quelles ressources peuvent avoir aussi les festivals Sylvia c'est-à-dire de la baume est-ce que vous êtes aidé vous-même pour expliquer un peu justement cette économie du festival est-ce que la région vous travaillez c'est dans les Yvelines votre festival est-ce que le département des Yvelines vous aide est-ce que même la localité vous aide comment ça se passe au niveau des financements
aujourd'hui on a fait pas mal de demandes de subventions cette année auprès d'organismes comme le CNM la CCM effectivement au niveau de la région on a la CCM qui nous a soutenus à une petite hauteur mais pour l'instant on n'a pas réussi à avoir des subventions à d'autres organismes donc j'ai parfois l'impression que c'est un peu un cercle vicieux parce que c'est aussi parce qu'on ne paye pas suffisamment les artistes et du coup on n'attends pas les subventions mais on paierait plus les artistes si jamais on avait des subventions donc voilà après nous on travaille vraiment main dans la main avec la mairie de Gazerand qui nous aide qui nous fait du prêt de matériel donc voilà ça c'est aussi des coûts en moins mais sinon non on fait vraiment un budget prévisionnel qu'on atteint avec notre billetterie et les consommations et pour l'instant on a aussi des prestataires qui sont assez flexibles sur les paiements et qui acceptent qu'on les paye proche du festival ou juste après enfin voilà qui ne nous demandent pas en tout cas des accomptes six mois avant où on n'a pas forcément la trésorerie nécessaire
Et pour vous en tant qu'organisatrice de ce festival quand vous entendez Jean-Paul Roland en effet pas forcément aux Orocs mais quand certains groupes demandent des millions d'euros pour pouvoir jouer pour vous il devrait y avoir une limite en effet pour les groupes pour pouvoir parce que même si bien sûr il y a des grands groupes qu'on veut tous voir jouer mais tout de même payer des millions d'euros
pour les programmer En fait même du coup moi j'ai fait des études en management culturel mais je me suis un peu spécialisée du coup dans ce monde du secteur de la musique avec Amapola donc c'est assez récent mais c'est vrai que je suis assez étonnée de l'opacité des rémunérations même des artistes aujourd'hui bon on apprend encore en grandissant avec le festival mais c'est vraiment à l'affection à l'émotion à notre jugement de est-ce que l'artiste est connu donc peut-être aussi mettre en place même entre les festivals entre les salles de musique quelque chose de plus uniforme qui met un peu des grilles tarifaires pour les groupes parce que oui ça me paraît assez démesuré finalement 2 millions pour un artiste qui joue une heure en tout cas nous c'est pas du tout nos propres ici qu'aujourd'hui
on l'a vu ça en effet depuis le Covid les groupes les grands groupes alors il y avait ces deux choses comme le dit Jean-Paul Roland ce qui est étonnant c'est qu'un artiste comme The Weeknd qui est peut-être l'artiste de pop le plus populaire au monde aujourd'hui préfère faire un stade de France que se produire par exemple même au Vieille Charrue qui est un des plus gros festivals en France et par contre ça coûte en effet certains coûtent très très cher
c'est-à-dire vous voulez dire les artistes
certains artistes
les artistes en fait il y a eu de toute façon une inflation les prix des cachets se sont envolés d'après ce qu'on a pu regrouper quand on discute avec des programmateurs ou des directeurs de festivals c'est ce qu'ils constatent et que ces cachets qui s'envolent s'additionnent à l'inflation en général qu'on connait depuis la fin du Covid mais ces cachets qui s'envolent en fait après il faut voir aussi que ces artistes-là sont déjà passés par festival donc en fait quand on prend The Weeknd par exemple The Weeknd a déjà joué dans des festivals en France il a joué dans des festivals un peu partout et que maintenant en fait il se suffit à lui-même c'est comme ces artistes qui n'ont plus besoin de donner d'interview alors qu'en fait à l'époque en gros il se servait de ça je pense que The Weeknd il rentre largement dans ses frais quand il fait trois Stades de France plutôt que de faire une tournée des festivals qui va être peut-être épuisante qui va demander beaucoup de mobilisation en termes de logistique etc là il se contente de rester là et puis ça permet
c'est souvent ce qu'on voit ça chez les artistes à dire à un moment on abandonne à un moment les festivals parce que c'est moins en effet on n'est plus renommé on n'a plus besoin de ça finalement
je pense qu'en fait je pense que ça dépend des artistes parce que The Weeknd c'est un artiste pop c'est une méga star mais je pense que par exemple un groupe comme Blur était en tout cas pour les avoir interviewés récemment ils étaient impatients de pouvoir rejouer ils étaient vraiment impatients ils étaient impatients de pouvoir repartir en tournée ils étaient impatients d'être sur scène et de retrouver le public à Madrid là ils jouaient à Madrid à Primavera et en fait le festival la journée a été annulée à cause des pluies et en fait au last minute ils ont dit mais non mais c'est pas possible qu'on quitte Madrid sans avoir joué donc ils ont pris une toute petite salle de 1500 places et ils ont invité tout le monde à venir jouer c'était gratuit après il n'y avait que 1500 places c'était exceptionnel mais ce qu'il y a c'est qu'en fait ces groupes là qui sont mythiques parce qu'ils viennent déjà d'une culture qui est une culture de festival qui est une culture un peu plus indie rock et je pense que The Weeknd le rapport qu'il a au festival est différent parce que son public forcément n'est pas forcément un public forcément de festival ça je présume voilà
voilà Blur avait un clin d'oeil à sa jeunesse en tout cas allez on continue à parler des festivals et notamment on va parler des très gros festivals face aux petits festivals vous allez voir David contre Goliath dans un instant juste après Caroline Polacek avec Welcome to my Island
France Inter Jean-Mathieu Pernin le débat de midi
le débat de midi on parle de l'offre pléthorique de festivals en France peut-être d'ailleurs on avait vous fréquenté quelques-uns cet été alors c'est pas terminé il y en a encore d'ailleurs le festival inter-seltique de Lorient commence d'ailleurs ce soir si vous en avez fréquenté n'hésitez pas d'ailleurs à nous en parler via l'appli France Inter pour nous laisser un message vocal ou un autre message écrit voilà ça arrive aussi maintenant ou par WhatsApp au 07 64 13 70 07 07 64 13 70 07 on parle donc des festivals et Emmanuel Négrier je rappelle vous êtes sociologue des festivals est-ce que aussi l'ambiance des festivals en France a changé un petit peu avec l'arrivée de nouveaux acteurs alors le grand public ne connaît pas forcément Live Nation qui produit qui diffuse aussi des grands artistes mais ils ont investi des festivals comme Arras Man Square il y a un autre festival américain itinérant qui s'appelle Lola Palosa qui est aussi à Paris est-ce que ça a un peu changé ça avec l'arrivée de ces gros festivals ?
alors juste une précision je ne suis pas sociologue je travaille avec des sociologues mais je suis politologue politologue très bien ça ne m'empêche pas de goûter la sociologie il paraît alors oui c'est une question qui a animé beaucoup et qui continue d'animer le milieu des festivals l'arrivée de nouveaux groupes et des groupes industriels à EG Live Nation Vivendi pour ce qui est de la France néanmoins on constate que l'intervention directe dans la prise de possession de festivals reste extrêmement rare ça pour une raison d'ailleurs assez simple c'est que je dirais presque cyniquement sans faire le jac pour autant que un grand groupe industriel n'a pas forcément besoin de prendre la propriété d'un festival dont je rappelle que 80% des festivals sont sous une forme associative pour en contrôler l'essentiel de ce qui les intéresse c'est à dire d'être un partenaire pour ce qui est de la programmation d'être donc dans un rôle d'influence sur la programmation des artistes etc et finalement beaucoup de ces groupes se sont dit mais finalement pourquoi vraiment prendre la propriété d'un festival alors qu'on peut parfaitement disons avoir une position de plus en plus influente dans la filière en intervenant en partenaire des festivals et ça Jean-Paul Roland pourrait tout à fait en parler il y a des expériences par exemple Live Nation a été partenaire de Mars Attack au cours des dernières années un festival à Marseille et puis finalement donc d'une part Live Nation a perdu de l'argent et finalement l'affaire n'a pas pris au bout d'un moment Live Nation s'est retiré et d'ailleurs Mars Attack a développé un projet culturel et de programmation qui s'est mis un petit peu à distance des grosses têtes d'affiches en redéfinissant un projet autrement
Sylvia Delabeaume quand vous voyez justement ces acteurs ces gros acteurs économiques là on ne parle même plus de musique on parle véritablement d'économie dans votre démarche de festival aujourd'hui vous pensez que vous présentez le contraire de ce que eux justement mettent en place
oui oui sans hésitation je pense qu'on présente le contraire nous on a un modèle associatif qui est avec une aventure collective où l'idée c'est d'engager des bénévoles autour du projet de produire des artistes émergents donc oui je pense que c'est très différent
c'est très différent et c'est encore possible donc d'aller au-delà de sortir de ces sentiers balisés comme Live Nation ou La Palosa enfin voilà des marques ce sont des marques du festival qui se sont imposées en France
oui je pense que c'est encore possible et puis après on pourra en reparler dans quelques années en fonction de notre sens et de notre développement mais oui en tout cas je pense qu'en tout cas le public est friand d'avoir d'autres récits que ce festival très stigmatisé
alors Jean-Paul Roland je voulais avoir votre avis dessus mais juste avant en tant que directeur des Eurocaines de Belfort on a quelques questions autour d'un sujet très simple par rapport en fait les festivals et réchauffement climatique alors ça peut paraître comme ça assez lointain mais en effet il y a Nadine notamment via l'appli France Inter qui nous pose cette question quelle pérennité pour les festivals en plein air avec des phénomènes climatiques de plus en plus violents est-ce que c'est une question aujourd'hui sur laquelle vous vous penchez et qui peut vous inquiéter à l'avenir ?
toujours bien entendu à partir du moment où vous faites déjà quelque chose en plein air vous regardez quand même plutôt vers le ciel mais ça ce sont j'allais dire les aléas climatiques ce qui arrive depuis très longtemps bien entendu c'est maintenant la responsabilité sociétale c'est à dire quel impact sur la nature il se trouve quand même qu'aux Euroquiennes nous la question elle était posée dès le départ puisqu'on a été installé sur une zone particulière qui est avant une zone naturelle protégée il y a de l'eau de chaque côté donc on doit faire toujours très très attention mais ce qu'il faut bien savoir c'est que même avant que ces questions-là soient encore plus d'actualité qu'avant il nous est demandé par exemple mais pas qu'à nous mais à d'autres par exemple de mesurer la qualité de l'eau avant et après on a des enfin comme je vais dire tout locataire utilisateur on a bien sûr des mesures environnementales avant et après le festival pour mesurer cet impact-là et puis bien entendu mais je crois que ça c'est pas la peine de le redire mais c'est peut-être quand même essentiel c'est que les grands festivals sont quand même je vais dire maintenant dans une démarche j'allais dire de protection environnementale assez forte au moins sur ce qu'ils font là je donne juste un exemple par exemple nous sur les Eurokènes je sais que Will Love Green aussi l'a fait c'est par exemple de tester la vaisselle la vaisselle consignée chez nous ça veut dire à peu près 4 tonnes de déchets en moins par exemple vous voyez mais tout ceci ça ne peut marcher que sur une sorte de co-responsabilité je vous redonne juste un exemple on a enlevé la viande rouge au Catherine on sert à peu près 7000 repas dans le restaurant technique bon ben c'est j'allais dire c'est presque facile à faire et puis bien entendu on a des levées de boucliers des éleveurs locaux par exemple vous voyez qui nous disent mais pourquoi vous faites ça et bien entendu on a des techniciens ou d'autres qui arrivent au resto et qui voient protéines végétales à place de l'entrecôte bon ben ça demande bien entendu tout ça beaucoup de j'allais dire de co-responsabilité d'explication pour avancer bien entendu pour essayer en tout cas que les impacts soient les plus les plus faibles possibles en tout cas sur les endroits qui nous sont chers
Emmanuel Négrier vous vouliez réagir
oui je voulais vous dire simplement que quand on regarde la carte des festivals d'été la carte de France on s'aperçoit qu'il y a quatre régions où les festivals d'été sont prédominants la Nouvelle-Aquitaine l'Occitanie Provence la Côte d'Azur et la Corse autrement dit là il y a effectivement un gros signal un gros risque parce qu'effectivement on peut se demander si dans ces régions du sud où les chaleurs peuvent être extrêmes la tenue d'un certain nombre de festivals ne peuvent pas être compromises à l'avenir et là il y a effectivement une reconsidération sans doute en cours de la manière dont on organise un festival jusqu'à la question de savoir quand est-ce qu'on doit l'organiser dans l'année pour que ce soit confortable Jean-Paul Roland pour compléter ce que vient de dire Emmanuel Négrier c'est que ça pose la question bien entendu de l'assurance on entend dire effectivement maintenant qu'il y a plusieurs festivals notamment qui se trouvent dans le sud de la France donc au plus proche c'est-à-dire des climats peut-être extrêmes estivaux qui ne pourront peut-être plus être rassurés et ne plus être rassurés c'est pratiquement condamner le festival ça ça va être une question à mon avis très importante dans les années qui vont arriver
c'est ça François Moreau on voit en effet ces questions alors au départ il est vrai avant que l'on prenne véritablement conscience sur le réchauffement climatique on voyait on avait des festivals où quand on avait une bière avec modération et un kebab on était content maintenant en effet on voit une offre pléthorique et qui s'adapte en effet à ça c'est-à-dire au niveau de la consigne des verts on a vu vraiment une vraie évolution et ce n'est pas du tout pour paraître pour avoir un label on sent véritablement qu'aujourd'hui il y a une volonté de ces festivals à s'engager pour participer aussi à la transition énergétique
Oui bien sûr parce que de toute façon les festivals comme toute industrie on va dire est forcément sensible aux questions de sociétés qui traversent le temps maintenant dès lors qu'un festival met le pied un peu dans la porte et apporte des nouvelles avancées en termes de prise en compte écologique les autres sont obligés d'un peu suivre surtout quand ces festivals ont une certaine ampleur donc les autres sont un peu suivre mais il y a aussi un autre truc c'est là où je pense qu'il faut aussi revenir à des initiatives plus indépendantes et à échelles beaucoup plus petites parce que c'est là aussi où les festivals peuvent se permettre d'être des laboratoires pour tester des nouvelles façons d'organiser un événement musical je pense que par exemple si vous allez à des festivals comme Pete the Monkey en Normandie voilà qui est un petit festival qui a grandi qui a grossi qui a doublé en termes de fréquentation mais qui en fait c'est eux qui disent j'ai pas été je peux mener l'enquête mais qui ont réussi à réduire pour autant en fait leur emprès de carbone en fait avec des gestes assez simples comme Jean-Paul Roland le dit il suffit aussi des fois de ne pas servir de viande aux catherine ou des choses comme ça et ça permet en fait de limiter son impact et en fait il y a des avancées au quotidien qui peuvent se faire à travers ces trucs là mais c'est important je pense les festivals indés parce que c'est aussi eux qui donnent un peu aussi le rythme à tout ça
Alors Sylviane Labeaume on le voit rapidement parce qu'on va le voir mais c'est une question qui revient régulièrement aussi par rapport aux festivals et notamment j'imagine vous festivals indépendants plus petits où c'est là où ça doit avoir un impact encore plus fort on a vu l'année dernière en 2022 80% des festivals déclarent avoir rencontré une augmentation des coûts techniques on entend souvent chez les personnes qui organisent des festivals que ça devient plus cher aussi pour vous à organiser est-ce que vous le constatez vous aussi ça ?
Oui on a eu une augmentation due à l'inflation de façon générale donc en fait on le prend en considération et malheureusement souvent c'est au détriment aussi de la programmation mais encore une fois je pense que nous on reste quand même sur des petites équipes ça vous oblige
d'augmenter le budget de la programmation ou derrière ou même de faire le prix des places
on a augmenté le prix des places on a augmenté très légèrement le prix des consommations mais oui on a suivi l'inflation à la fois des deux côtés
Jean-Paul Roland une dernière question l'année prochaine 2024 très rapidement je sais qu'on sait tous qu'il va y avoir un événement particulier l'été puisqu'il y aura les Jeux Olympiques est-ce que les Eurocaines de Belfort vont se tenir malgré tous les doutes qu'il y avait pu y avoir autour de la sécurisation des sites de festivals ?
Des doutes effectivement il y en a eu par contre ça se tiendra bien aux bonnes dates c'est-à-dire toujours le premier week-end de juillet ce qui est vrai peut-être la chance qu'on a paradoxalement c'est qu'on n'est pas ni de flammes olympiques qui passent à Belfort et d'être un petit peu en dehors de ça mais c'est vrai que c'est quand même quelque chose qui était plutôt dur à avaler c'est-à-dire que d'un seul coup nous qui croyons naïvement qu'on allait profiter finalement des JO et de toute l'énergie autour on s'est vu aperçu qu'on était limite presque personnel Merci beaucoup
Jean-Paul Roland Emmanuel Négrier Sylvia Delabeaume et François Moreau d'être venu débattre la réalisation c'était Étienne Bartin technique Guillaume Ficheux une émission préparée par Constance Villanoa Aloïs Nollet Mathilde Texier et également Swan Ruelan on se retrouve bien sûr et bien lundi le débat de midi prend fin
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