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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 11 novembre 2025 9 min

Nicolas Sarkozy est sorti de prison - Reportage #cdanslair 10.11.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

"Je veux rendre hommage au personnel pénitentiaire qui a été d'une humanité exceptionnelle et qui a rendu ce cauchemar supportable." Ce sont les premiers mots de N.Sarkozy lors de l'audience de remise en liberté.

L'ancien président a quitté la prison de la Santé après 20 jours de détention. - 15h, cet après-midi. N.Sarkozy quitte la prison de la Santé, libre.

La fin de 20 jours de détention. - Cette décision est une application normale du droit, du code de procédure pénale. C'est une étape.

La prochaine étape, c'est le procès en appel. Notre travail, maintenant, à N.Sarkozy et à nous, c'est de préparer cette audience en appel. - Une remise en liberté assortie d'un contrôle judiciaire.

Plus tôt ce matin, Carla Bruni-Sarkozy s'est présentée à l'audience. L'ancien chef de l'Etat a pu s'exprimer en visioconférence depuis le parloir de la prison. ... 20 jours derrière les barreaux, placé à l'isolement pour ne pas être mélangé aux autres détenus.

Dans la cellule voisine, 2 officiers de sécurité présents 24h/24. Une première pour un président de la République, qui peut compter ce matin encore sur le soutien de son camp. - A.Evren: C'est un ancien chef de l'Etat qui ne mérite pas d'être enfermé entre 4 murs et dans cette cellule de 9 m2. - X.Bertrand: Je pense avant tout à l'épreuve humaine que ça représente pour lui et sa famille. - Une séquence judiciaire très commentée.

Le 25 septembre, à l'annonce de sa condamnation à 5 ans de prison ferme dans le procès libyen, le camp Sarkozy crie au jugement politique. - N.Sarkozy: C'est une injustice invraisemblable à laquelle vous venez d'assister. - Inadmissible, pour le président du tribunal judiciaire de Paris. - Ce n'est pas une atteinte à l'Etat de droit.

Ce qui est une atteinte à l'Etat de droit, ce sont des menaces contre les juges. C'est inacceptable et ça devrait être un électrochoc dans notre pays. - Comment l'ancien président de la République a-t-il pu sortir de prison?

La justice ne s'est pas prononcée sur le fond du dossier mais a estimé que N.Sarkozy allait respecter ses obligations judiciaires: ne pas quitter le territoire, ne pas entrer en contact avec les autres prévenus. L'ancien chef de l'Etat a aussi l'interdiction de rencontrer G.Darmanin, qui lui a rendu visite en prison.

Une attention très remarquée que le garde des Sceaux a bien dû justifier. - G.Darmanin: J'imagine que si je ne faisais pas mon travail de ministre et qu'il arrivait quelque chose au président Sarkozy en prison, le Parlement et d'autres instances demanderaient des comptes au ministre.

J'ai fait mon travail. - La polémique s'est même invitée dans l'Hémicycle. - Monsieur le garde des Sceaux, vous êtes bien macroniste.

Le "en même temps" appliqué à N.Sarkozy. On ne peut pas être au Panthéon et à la Santé. - Dans les autres groupes politiques, il y a parfois des surprises, à l'image du vice-président du RN, S.Chenu, auteur de 3 lettres envoyées à N.Sarkozy en prison. ...

A gauche, F.Ruffin ne partage pas vraiment le même sentiment. - F.Ruffin: Qu'il reste en prison, et le plus longtemps possible.

Il n'est pas coupable d'un petit détournement, d'un petit financement de campagne. Il est coupable d'avoir noué des relations dans le dos du président de la République, dans le dos du Quai d'Orsay, avec un terroriste international condamné par la justice. - Ce soir, N.Sarkozy ne dormira pas en prison.

Son procès en appel devrait se tenir à partir de mars 2026. - C.Roux: Que pensent les Français de l'incarcération et du traitement de N.Sarkozy? - J.Fourquet: Déontologiquement, on ne fait pas de sondages sur des décisions de justice.

On ne peut pas opposer une légitimité populaire à celle de la justice. Cela étant dit, ce qu'on constate, ce qu'on voit sur les réseaux sociaux ou dans les réactions des différents responsables politiques, c'est que cette décision a clivé très fortement. Toute une partie de la population considère que ce n'est que justice, que, quelque part, dans notre pays, la justice s'applique à tout le monde, y compris à un ancien président de la République.

En face, on a l'électorat de droite qui fait bloc et qui crie, qui pense qu'il y a un complot politique, qu'un règlement de compte lui a été assigné. On a fait un sondage récemment sur le fait de savoir si on souhaitait qu'en cas de libération, N.Sarkozy revienne en politique. 27 % le souhaiteraient.

Ce n'est pas énorme. C'est 75 % chez les sympathisants de droite. On peut penser que parmi les milliers de lettres qu'il dit avoir reçues, beaucoup viennent de sa famille politique.

C'est intéressant de voir l'attitude du RN. En montrant de l'empathie vis-à-vis de N.Sarkozy, le RN est dans cette stratégie d'essayer de capter l'électorat de droite en disant qu'ils ont défendu leur ancien champion.

En même temps, cette stratégie du RN vise à installer dans l'opinion publique l'idée qu'il y aurait une justice politique dans le pays dont N.Sarkozy, F.Fillon et M.Le Pen seraient les victimes.

Tout cela ne laisse pas les Français indifférents. - C.Roux: Est-ce qu'on sait comment il a vécu ces 21 jours d'incarcération à la Santé?

Ses premiers mots étaient très clairs. Il a dit que c'était très dur. Il a parlé de "cauchemar". - B.Jeudy: Il y a ses mots à lui, qu'il a prononcés en visio lors de son audition, lorsqu'il a été entendu par la cour.

J'ai cherché à vérifier pas mal d'informations autour de ça. Ceux qui l'ont vu au parloir disent "c'est dur, mais il tient le choc". Les conditions étaient compliquées.

Il n'a pas voulu aller dans la cour de promenade. Il était l'objet d'insultes, même s'il y avait des grillages. C'était compliqué.

La fenêtre de sa cellule était protégée par un plexiglas ou un plastique, je ne sais pas exactement. Il y avait des risques que des gens lui jettent des trucs, d'autres prisonniers. Il est assez peu sorti de sa cellule, à part pour le sport.

Difficile, c'est vrai...

Il l'a écrit. Il me l'avait dit lorsque je l'ai vu avant qu'il soit incarcéré. Il a reçu beaucoup de lettres, et pas que des militants LR.

C'était plein de gens différents, notamment S.Chenu, comme ça a été dit dans votre reportage. C'est le vice-président du RN, ancien UMP.

Il avait été reçu à plusieurs reprises par N.Sarkozy avant. Ca dit aussi de cette espèce de rapprochement de la même cause qui est l'exécution provisoire qui a entraîné l'incarcération de N.Sarkozy.

Pour beaucoup de Français, il est encore innocent. Il est en procès d'appel. C'est une décision difficile à comprendre.

Il aura fait 21 jours de prison. Il en sort. Le procès d'appel est en mars. - C.Roux: Il va parler? - S.Pierre-Brossolette: Je pense qu'il ne résistera pas à parler, quel que soit le conseil de ses avocats, qui est peut-être de lui dire de changer de stratégie, de ne pas se la ramener.

Le 1er procès n'a pas bien marché sur le plan des résultats. Il faudrait changer de stratégie. Ce n'est pas son genre.

Il a un côté "même pas mal, vous ne m'aurez pas". Il a le soutien, pas si inattendu que ça, du RN, qui est dans le même bateau. Le procès de M.Le Pen s'ouvre au début de l'année.

Le sien sera quelques mois plus tard. C'est à la fois judiciaire et politique, leur alliance. N.Sarkozy leur renvoie l'ascenseur.

Dans une interview, il a dit que si le RN gagnait les élections, il n'y avait aucune raison pour qu'il ne s'allie pas avec eux, qu'ils faisaient partie de l'arc républicain. Ils sont alliés objectifs. Je ne sais pas si ça fera très bon effet sur les juges mais il y a une tentative.

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