Marie-Estelle Dupont : «80% des mineurs ultra-violents ont assisté à de la violence»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
une violence de plus en plus jeune, de plus en plus polymorphe qui touche de plus en plus de milieux sociaux. Moi déjà il y a 5 ans, je disais qu'on aurait une génération à la fois très violente et très déprimée. C'est-à-dire qu'aujourd'hui les mineurs sont à la fois les premières victimes de la violence et les les premiers agresseurs.
On en a parlé à plusieurs reprises sur Europa, on va faire tout un sujet là-dessus cet été sur ces news. Je crois que si vous voulez, il y a vraiment, il faut qu'on admette que dans l'ensemble de notre société échoue dans le processus d'humanisation de nos mineurs parce que finalement devenir un adulte c'est s'humaniser progressivement et ce processus éducatif il échoue à la fois dans la famille à l'école et dans une société qui quand elle constate l'échec et de la famille et de l'école ne fait pas le travail au niveau de la justice et au niveau de de l'exemplarité dans les cadres évidemment du du collectif. Mais quand vous dites la société échoue, moi j'entends des téléspectateurs de C News qui se disent "Mais attendez, je suis désolé, moi j'échoue pas, j'ai des enfant et je les tiens bien." Quand je dis la société échoue, c'est que si vous voulez la pulsion de mort, la nature humaine, la nature humaine n'a pas changé.
La pulsion de mort a toujours existé. Mais le rôle d'une civilisation, c'est de fournir les cadres structurants qui permettent que cette pulsion de mort, elle ne passe pas à l'acte. Elle s'élabore, elle se sublime.
Ça fonctionne comment ? par inclusion réciproque. Il y a d'abord et en premier lieu la famille et la famille a toujours un rôle fondamental.
Évidemment, 80 % des mineurs ultraviolents ont assisté à de la violence entre leurs parents entre 0 et 4 ans. Donc la famille est première. Mais quand la famille euh échoue, parfois l'école récupère un peu les choses.
Victor Hugo disait déjà, "Si vous voulez fermer des prisons, ouvrez des écoles." Si l'école échoue aussi parce que les enseignants sont transformés en animateur qui n'ont plus le droit de sanctionner, qu'il faut pas faire de vague dans l'institution, que se passe-t-il ? On retrouve un mineur délinquant dans la rue.
Si là on considère qu'il faut lui donner une deuxième chance comme aux assassins d'Élias, on l'encourage. Une deuxième chance c'est un encouragement, c'est une condamnation à la violence pour le mineur violent et aux prochaines victimes. Évidemment, comme on l'a vu pour Philippines, pour Lola, je ne il y a on ne les malheureusement on ne les compte plus.
C'est tous les jours, c'est toutes les semaines. Et donc ce processus d'inclusion réciproque en fait, il s'est délité. Il s'est délité parce qu'on a mis à tous les cadres d'autorité qu'il est interdit d'interdire et que par conséquent euh quand vous voyez que ce jeune homme au Canal Saint-Martin euh quand son père assiste à ce qu'il fait, il trouve ça drôle, on a quand même un sacré problème d'exemplarité.
Un enfant, il ne fait qu'imiter, il ne fait que refléter son environnement. Si dans son environnement, il entend à la fois que tout est permis, que tout est possible et puis de toute façon que tout est foutu, comment est-ce qu'il se construit ? Comment est-ce qu'il se construit avec une envie d'aller vers le haut ?
Quand on peut pas aller vers le haut pour exister, Romain, on fait quoi ? On dit souvent, on va vers le bas. [raclement de gorge] [musique]