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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 10 décembre 2022 10 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsNumériqueCulture, médias & sport

TF1 : la censure de trop - Voici pourquoi Le Média porte plainte

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 85 %Défensif 15 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:09PrésentateurPromesse
    « Dans les prochains jours, le média va poursuivre TF1 devant la justice, la vraie, la seule qui vaille. »
  • 0:14PrésentateurPromesse
    « Nous allons demander en référé la levée du blocage de notre vidéo et des dommages et intérêts pour le préjudice subi. »
  • 3:52PrésentateurFait
    « Au mépris du droit, notre vidéo a donc été bloquée une dizaine d'heures à cause d'une simple demande de quotidien. »
  • 3:59PrésentateurFait
    « Une demande dont le fondement légal n'a même pas été vérifié par YouTube. »
  • 5:43PrésentateurPromesse
    « On m'a promis que plus jamais, les équipes de TF1 ne nous censureraient à la hussarde au nom d'une prétendue lutte anti-piratage. »
  • 6:10PrésentateurFait
    « TF1 nous a refait le coup il y a 3 jours, sur notre Toujours Debout de lundi soir. »
  • 8:22PrésentateurFait
    « un gros pavé assommant, qui s'appelle le Code de propriété intellectuelle, nous permet normalement de faire usage d'un truc qui s'appelle l'exception de courtes citations. »

Temps de parole

  • Présentateur76 %
  • Invité8 %
  • Invité 24 %
  • Invité 34 %
  • Invité 44 %
  • Invité 54 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Face à cet acharnement de TF1, face à ces attaques déguisées contre la liberté de la presse, on a décidé de refaire le match de David contre Goliath. Dans les prochains jours, le média va poursuivre TF1 devant la justice, la vraie, la seule qui vaille. Nous allons demander en référé la levée du blocage de notre vidéo et des dommages et intérêts pour le préjudice subi. On ne va pas seulement le faire pour nous, on va aussi le faire pour tous ces médias indépendants qui un jour ou l'autre ont subi la censure de YouTube et les réclamations infondées des grandes chaînes. Ces poids lourds médiatiques qui ne désirent rien d'autre que de nous écraser.

Aujourd'hui, je ne vous parlerai pas de journalistes tabassés en manif, de journalistes interrogés au sous-sol de notre renseignement intérieur. Je ne vous parlerai même pas de ces juges qui se sont mis à interdire la parution d'enquêtes explosives. Non. Aujourd'hui, je vous parlerai d'un truc qui vous paraîtra sans doute pas très marrant, un peu compliqué avec tous ces mots en anglais, boat, strike, YouTube. Bref, je vais vous causer d'une affaire qui au premier abord vous semblera de peu d'importance, mais qui en réalité est centrale. Car elle en dit long sur l'état désastreux de notre liberté de la presse et sur le danger insidieux qui pèse sur notre démocratie.

1:12
Invité

La liberté de la presse aujourd'hui n'est plus seulement attaquée par les dictatures notoires. Elle est aussi malmenée dans des pays qui font partie des plus grandes démocraties du monde. Elle est malmenée jusqu'en Europe.

1:25
Présentateur

Si seulement Macron était aussi lucide sur son propre pays qu'il l'est sur la Hongrie. Car oui, chez nous aussi, c'est, comment vous dire, chaud patate. Au-delà des atteintes de plus en plus graves à la liberté de la presse, le problème de fond, c'est que les médias sont pris entre le marteau et l'enclume, entre un pouvoir politique qui cherche à les baïonner et des milliardaires qui les ont achetés. Kretinsky, le marchand de mort, d'assaut, et un Xavier Niel qui a fait fortune dans le Minitel rose, notre presse est décidément entre de mauvaises mains. La TNT est prise en otage entre l'évadé fiscal Patrick Drahi et le pireur de l'Afrique Vincent Bolloré.

Et du coup, ça donne ce résultat et c'est pas franchement joli joli.

2:05
Invité

C'est le fameux soir où elle vous accuse de viol ? Il s'est rien passé. Il s'est rien passé, cher Yann. On a l'impression que vous avez quand même un mental d'acier. C'est sûr que c'est un parcours pas commun. Est-ce une bonne chose ? Non ! À 80% ! Voilà les gars, je le vois, sur les réseaux, c'est un truc de bêtise.

2:23
Présentateur

Vous êtes gênés ? Atterrés ? Eh bien nous aussi. Alors, à côté de ce pognon de dingue déversé sur les grands médias pour mieux les faire taire, à côté de cette bêtise insondable et de cette servilité indéfendable, nous savons qu'il faut inventer autre chose. C'est pourquoi nous nous battons pour faire vivre le média et vous offrir une information indépendante. C'est un peu David contre Goliath. Et encore, David, il avait eu la chance d'affronter son ennemi en face. Nous, notre adversaire se cache derrière des écrans d'ordinateur. Goliath a trouvé la parade contre la fronte de David. Il s'est acheté un Macbook.

2:58
Invité

J'aimerais dire à tout le monde ici que, aujourd'hui, on m'a renvoyé à ma couleur de peau. Je suis né en France, je suis député français. Et je ne pensais pas aujourd'hui qu'à la Sommelle Nationale, j'allais me faire insulter. On a insulté moi et toutes les personnes qui sont en France, ils ont cette couleur de peau. Et c'est tellement triste d'arriver à être en novembre. Depuis quatre mois, nous nous suégeons ici et on voit la vraie fâche de la Sommelle Nationale.

3:23
Présentateur

Vous vous souvenez de cette séquence ? Elle a fait frémir d'indignation des millions de Français. Elle est passée dans tous les foyers. Elle a été reprise en boucle sur toutes les chaînes de télé. Sauf la nôtre. Car nous avons été censurés sur YouTube. L'émission quotidienne de Yann Barthez, qui passait par là, s'est mise à réclamer, on ne sait pas trop pourquoi, des droits d'auteur sur des images du député Carlos Martens Binongo, qui 1. ne lui appartenaient pas parce qu'elles avaient été tournées par LCP, et 2. étaient libres de droits parce qu'elles avaient été captées à l'Assemblée Nationale.

Au mépris du droit, notre vidéo a donc été bloquée une dizaine d'heures à cause d'une simple demande de quotidien. Une demande dont le fondement légal n'a même pas été vérifié par YouTube. Des dizaines de milliers de téléspectateurs n'ont pas pu accéder à notre émission, pendant que sur ces news, la chaîne des fachos très fâchés aux mains de Bolloré, vous aviez le droit à ça.

4:12
Invité

Alors la question de monsieur le député de la France Insoumise, qui lui a été le même, celui qui a instrumentalisé le seul, monsieur Carlos Martens Binongo, a instrumentalisé sa couleur de peau, ses origines, en montant une espèce de turbin sur le racisme, mais il y en a marre !

4:32
Présentateur

Ce n'était pas la première fois que ce genre de blocage nous arrivait, mais cette fois, on a décidé de ne pas nous laisser faire. J'ai donc pris ma plus belle plume, et j'ai d'abord demandé des comptes à Bangoumi, la boîte qui produit l'émission quotidien et qui appartient à Yann Barthès. J'ai envoyé un mail, puis deux. J'ai expédié un courrier recommandé. Vous n'imaginez même pas le temps que ça m'a pris, et comme on m'ignorait royalement, j'ai fini par sortir l'artillerie lourde.

4:56
Invité

J'ai envoyé nos avocats. Nous attirons votre attention sur le préjudice important que de tels agissements portent aux intérêts d'une société de presse indépendante, économiquement fragile, ainsi qu'au nécessaire respect du pluralisme médiatique. Enfin, sur le risque de commettre un abus de position dominante au détriment d'une société ne possédant pas les mêmes moyens économiques que la vôtre.

5:19
Présentateur

Et là, miracle. TF1 a dénié m'appeler. Une cadre de la chaîne appartenant au roi du BTP, Martin Bouygues, a décroché son téléphone et a appelé la petite web télé de rien du tout que nous sommes. C'était visiblement mon jour de chance. Car non seulement j'ai eu le droit de parler à la chaîne privée la plus puissante de France et de Navarre, mais j'ai même eu le droit des excuses de la part d'un groupe qui fait, tenez-vous bien, 2,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires, soit à peu près 2000 fois le nôtre. On m'a promis que plus jamais, les équipes de TF1 ne nous censureraient à la hussarde au nom d'une prétendue lutte anti-piratage. J'ai raccroché le téléphone.

Et comme je suis un peu naïf, je vous avoue que sur le moment, je les ai cru. Eh bien, je n'aurais pas dû. TF1 nous a refait le coup il y a 3 jours, sur notre Toujours Debout de lundi soir. Bref, ils nous ont strikés, comme on dit dans le langage du parfait startupper. Et ce ne sont pas des robots qui l'ont fait. Le blocage a été déclenché suite à une manipulation humaine. Bon, cette fois-ci, au moins, TF1 a fait un effort. Ils n'ont pas censuré des images tournées par d'autres. Mais c'est peut-être pire encore.

Cette fois, ils ont bloqué toute notre émission parce que sur plus d'une heure d'antenne, on avait eu l'outre-cudence de reprendre 40 petites secondes d'une interview qui avait été donnée quelques jours plus tôt par Emmanuel Macron à TF1. Pour le dire plus simplement, TF1 a privatisé la parole présidentielle. Ça, c'est pour moi. Dans ce Far West qu'est Internet, sous l'œil bienveillant des GAFAM et notamment de YouTube, les grands médias règnent en maîtres. Ils s'affranchissent des lois et s'inventent la leur. Ils décident de censurer qui bon leur semble, quand bon leur semble. L'extrait de l'interview de Macron en visite aux États-Unis est là encore passé sur toutes les chaînes de télé.

Ces 40 secondes ont été abondamment reprises, commentées, décortiquées, parfois même critiquées par quantité d'éditorialistes sur quantité de plateaux. Et c'est bien normal, Macron n'est sûrement pas le président rêvé, mais c'est le président. Ces décisions, ces paroles, aussi malheureuses soient-elles, engagent le destin de 67 millions de Français. Chacune de ces interventions doit pouvoir être en accès libre sur la place publique. D'ailleurs, on retrouve cette interview accordée à TF1 sur la chaîne YouTube de l'Elysée. Alors, pourquoi le média serait-il le seul à être privé de la très sainte parole présidentielle ? Parce qu'on ose la critiquer, sans détour ni calcul ?

On aurait peut-être dû dire ça sur notre plateau ?

7:40
Invité

Dans ce mode de fonctionnement nouveau en Macronie, il y a une chose, c'est qu'il faut savoir que le président de la République, il impressionne tout le monde autour de lui. Non, mais quand je vous dis ça, ce n'est pas un petit sujet politique. Les députés sont les petits enfants. Il impressionne, et ses conseillers, et les ministres, et cette, au fond, ils sont tous bluffés. Mais au lieu d'être facteurs, si vous voulez, d'une belle et saine émulation, eh bien, ce caractère impressionnant du président de la République paralyse le système. C'est-à-dire qu'en fait, ils ont tous, au fond, une forme de sidération parce qu'il est exceptionnel.

8:15
Présentateur

On en a ras la casquette. On en a plus qu'assez de se faire censurer tous les quatre matins, alors que le droit est de notre côté, et qu'un gros pavé assommant, qui s'appelle le Code de propriété intellectuelle, nous permet normalement de faire usage d'un truc qui s'appelle l'exception de courtes citations. C'est-à-dire du droit de reprendre brièvement des images des autres médias, lorsqu'on veut les commenter, ou tout simplement lorsqu'elles font l'actualité. Face à cet acharnement de TF1, face à ces attaques déguisées contre la liberté de la presse, on a décidé de refaire le match de David contre Goliath.

Pour filer la métaphore footballistique très à la mode en ce moment, on est un peu le Costa Rica de la Coupe du Monde des médias. Mais on se battra. Dans les prochains jours, le média va poursuivre TF1 devant la justice. La vraie, la seule qui vaille. Nous allons demander en référé la levée du blocage de notre vidéo et des dommages et intérêts pour le préjudice subi. On ne va pas seulement le faire pour nous, on va aussi le faire pour tous ces médias indépendants, qui un jour ou l'autre ont subi la censure de YouTube, et les réclamations infondées des grandes chaînes, ces poids lourds médiatiques qui ne désirent rien d'autre que de nous écraser. Nous voulons faire jurisprudence.

On ira donc affronter l'armée d'avocats de Buig pour qu'enfin les mastodontes de l'information, à défaut de nous aimer, apprennent à nous respecter et à respecter la loi. Plus que jamais, nous aurons besoin de votre soutien, de vos dons, qui permettront aux médias de financer cette bataille judiciaire inédite à ce jour. Une bataille périlleuse, difficile, mais ô combien importante pour l'avenir de tous les médias indépendants.