L'invité de Bourdin Direct : Jordan Bardella - 12/02
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Vous écoutez RMC. Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin. Jordan Bardella, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, vice-président du Rassemblement National, député européen. On va commencer avec la crise sanitaire. Nous parlerons évidemment séparatisme et d'autres sujets. Mais est-ce que le président de la République a eu raison de résister à la pression des médecins et de ne pas reconfiner pour l'instant ?
Je pense que c'est aux politiques de décider. Que les médecins soient alertes, qu'ils lancent des signaux de détresse vu la situation sanitaire, vu la situation hospitalière. C'est bien normal, c'est leur rôle. Ils ont prêté serment là-dessus, défendre la santé envers et contre tout. Maintenant, c'est vrai qu'on a été extrêmement réticents sur cette éventuelle annonce d'un troisième confinement parce qu'au-delà, je crois, du critère sanitaire, il y a évidemment le critère social, le critère économique et le critère psychologique.
Alors, est-ce que le président de la République a eu raison ?
Oui, il a eu raison. Il a évidemment eu raison. Nous nous avions dit qu'on ne devait pas s'interdire des mesures territoriales si c'était nécessaire, mais qu'un reconfinement général n'aurait pas de sens. Pour la simple et bonne raison que vous avez des différences extrêmement importantes entre, par exemple, des régions comme la PACA et des régions comme la Bretagne. Et puis, d'une manière générale, devant une pénurie de vaccins et devant une épidémie qui va probablement durer, je crois qu'il faut qu'on réfléchisse ensemble à des alternatives au confinement, qu'on va devoir vivre en partie avec.
Nous allons probablement nous diriger vers une époque où les épidémies vont être de plus en plus nombreuses, par la concentration urbaine, par la mobilité illimitée et sans limite des hommes. Où, finalement, en début de semaine, vous pouvez vous retrouver au Rwanda, dans les Grands Lacs. Le mercredi, vous pouvez être en Chine, à Wuhan, avec ces marchés aux animaux, qui sont vendus quasiment à ciel ouvert et ses 10 millions d'habitants autour. Et puis, le vendredi, vous pouvez être dans le métro à Paris.
Donc, évidemment que ce modèle de la globalisation, ce modèle de mobilité illimitée, de concentration urbaine, va probablement amener notre époque à une diffusion de plus en plus importante des épidémies. Il faut donc qu'on soit capable de réfléchir à des alternatives au confinement et de ne pas placer, je dirais, les libertés sous la tutelle de ces épidémies de manière permanente. Vous avez vu qu'en Afrique, notamment, le virus Ebola refait son apparition, République démocratique du Congo.
Donc, on ne va pas pouvoir se cantonner à des confinements, à restreindre les libertés individuelles, à mettre nos entreprises, nos TPE-PME, qui ont de plus en plus de mal à s'en sortir, parce qu'aujourd'hui, ces entreprises ne sont pas aidées, elles sont indemnisées. Et beaucoup aimeraient pouvoir, aujourd'hui, revivre de leur travail. Alors, nous, on est pragmatiques. Il y a des lieux qui peuvent rouvrir. Les musées, les cinémas, les théâtres. Vous avez vu que le professeur Fontanet a sorti une étude de l'Institut Pasteur, dans laquelle il indique clairement que les lieux culturels ne sont pas des lieux de diffusion du virus.
Moi, je vois, aujourd'hui, beaucoup d'acteurs du patrimoine, de la culture, tirer la sonnette d'alarme, et ça m'inquiète. Le château de Chanty, qui est lui quasiment au bord de la faillite, le château de Versailles, le château du Louvre, qui perdent des dizaines de millions d'euros chaque mois, qui ont perdu beaucoup d'argent cette année, et qui sont aujourd'hui des lieux vides. Donc, notre patrimoine, il est menacé. Notre secteur de la culture, il est menacé. Nos entreprises sont menacées. Et nos jeunes sont aussi menacés par ce confinement, et par cette détresse psychologique que tout cela...
Je vais revenir sur les jeunes, Jordan Bardella. Voilà, les vaccins, vous êtes irrétissant au départ. Maintenant, bon, ce n'est pas votre tour. Vous êtes jeune, mais vous vous ferez vacciner. Et quand ce sera votre tour, j'imagine ? J'imagine. Moi, je ne suis pas hostile à la vaccination.
Pour être tout à fait franche, je ne fais pas partie des publics à risque aujourd'hui. J'ai eu le Covid, ça a été pour moi une grosse grippe pendant trois jours. Mais il faut que ceux qui souhaitent se faire vacciner puissent le faire. On a toujours défendu, d'ailleurs, M. Bourdin, la liberté vaccinale. On a été réticents au début sur le vaccin Pfizer, parce qu'on n'avait que les communiqués des laboratoires. Alors, même au M. Fischer, le M. vaccin du gouvernement, était lui aussi prudent. On n'avait plus de réticence aujourd'hui. On dit que ceux qui le souhaitent doivent pouvoir se faire vacciner. Or, l'Union Européenne a raté les commandes de masques.
Elle rate aujourd'hui les commandes de vaccins.
Je m'arrête sur l'Union Européenne et sur les vaccins. Est-ce que vous avez pu consulter les accords signés entre l'Union Européenne et les grands laboratoires ?
Alors, dans une démarche de transparence, on avait réclamé de pouvoir consulter ces contrats qui se sont négociés dans l'opacité la plus totale. La Commission Européenne a accepté de mettre à disposition des députés européens les contrats des labos. Il se trouve qu'il n'y a qu'un seul laboratoire qui est accepté, c'est le laboratoire allemand Curvac. Tous les autres laboratoires ont accepté. J'ai donc participé à la démarche, j'ai donc consulté les contrats de vaccins à Bruxelles, notamment des laboratoires Curvac. La plupart des informations étaient biffées.
C'est-à-dire qu'on n'avait ni accès aux tarifs, ni accès au nom des négociateurs, ni accès aux clauses, clauses de responsabilité, soit des états, soit des labos. Et tout cela pose un problème de transparence parce qu'on parle de marché public, on parle de la santé de nos compatriotes. Et on ne peut pas s'étonner, si vous voulez, de tout faire dans l'opacité et de s'étonner ensuite qu'il y a une partie de la population qui ne souhaite pas se faire vacciner parce qu'elle n'a pas confiance.
Alors, Jordan Bardella, certains disent au diable les brevets. Au diable les brevets. Le vaccin, c'est un bien mondial, c'est un bien commun. Peu importe finalement la propriété intellectuelle.
Vous êtes sur ce terrain-là ou pas ? Moi, ce que je déplore, c'est qu'il n'y ait pas de vaccins français. C'est qu'on n'ait pas de vaccins aujourd'hui qui appartiennent à la France et qu'on n'ait pas un brevet français là-dessus. Je crois que c'est révélateur d'une offrage industrielle.
Là, je vous pose la question. Est-ce qu'il faut passer outre ces brevets et mettre à disposition de la terre entière les vaccins, quelle que soit l'origine du vaccin ?
Il peut y avoir des brevets, mais il ne faut pas s'interdire non plus de les vendre à des pays qui n'auraient pas la capacité de produire des vaccins. On s'est interdit par idéologie de se tourner, par exemple, vers le vaccin Spoutnik, vers le vaccin russe. Alors même que la revue du Lancet nous indique que c'est un vaccin dont on pourrait saluer l'efficacité et qui, pour l'instant, a une efficacité qui est extrêmement importante.
On pourrait saluer l'efficacité. Il n'y a qu'un seul pays européen qui, pour l'instant... La Hongrie. La Hongrie, oui. Accord le 22 janvier. Mais voyez-moi ce qui m'embête. Importation du vaccin en Hongrie le 2 février dernier. 7% de la population prête à utiliser ce vaccin. Oui. Pourquoi ? Parce qu'il n'est pas homologué par l'Agence Européenne des Médicaments.
Oui, je pense que la France doit se saisir aussi de ses commandes de vaccins, comme va le faire l'Allemagne, d'ailleurs, et les faire examiner par la Haute Autorité, par nos organismes scientifiques. Une fois que la Haute Autorité... Donc, moi, je n'ai pas de débat là-dessus. Si vous voulez, ce que je déplore, c'est que la France est le seul pays de l'industrie pharmaceutique, le seul pays du Conseil de sécurité de l'ONU à ne pas avoir de vaccin.
Elle n'a pas de vaccin parce qu'elle a abandonné sa souveraineté sanitaire, qu'un certain nombre d'entreprises, et notamment des startups, comme cette startup nantesque qui s'appelle Valneva, avait mis en place un vaccin qui sera disponible à l'automne. La France n'a pas souhaité investir dans Valneva. Résultat, ce sont les Britanniques qui s'en ont chargé, qui ont financé les usines, qui seront situées en Écosse, et qui vont bénéficier de ces vaccins, alors même que c'est une entreprise française. Donc, nous avons tout raté durant cette crise. Et la France d'après doit aussi être une France tournée vers le patriotisme économique, vers le soutien à la recherche publique.
Nous, nous déplorons que ces dix dernières années, en tout cas entre 2011 et 2018, la France ait perdu un tiers de ses moyens dans la recherche publique, alors même qu'ils ont augmenté de 10 à 15% en Allemagne et au Royaume-Uni. Or, aujourd'hui, les moyens qu'on donne à nos chercheurs sont deux fois moins élevés qu'en Allemagne, et c'est vrai que ça pose un problème. Même si en Allemagne, il n'y a pas de vaccins non plus. Parce que les talents... Même si en Allemagne, il n'y a pas de vaccins non plus.
Il y a BioNTech, mais BioNTech a été acheté par Pfizer américain. Et il y a Curvac. Et il y a Curvac qui n'est pas encore...
Nos chercheurs, aujourd'hui, ils passent plus de temps à chercher de l'argent qu'à faire leur travail. Donc, il faut donner les moyens à la recherche publique. Il faut être capable d'avoir une politique de souveraineté nationale qui puisse nous permettre de protéger nos filières industrielles. Parce qu'aujourd'hui, nous avons tous les talents pour réussir. Le PDG d'AstraZeneca, le PDG de Moderna, ce sont des Français. Or, aujourd'hui, dans notre pays, on peut effectivement déplorer que nous importons des BAC moins 5 et que nous exportons nos BAC plus 10. Et ça, c'est déplorable.
Bien. Jordan Bardella, oui, le BAC moins 5 que nous importons, nous y reviendrons. Parce que nous n'importons pas que des BAC moins 5. Mais Jordan Bardella, Jordan Bardella, nous exportons en tout cas nos frontières. Je voudrais des précisions parce que Marine Le Pen était à votre place la semaine dernière et je lui ai parlé de Schengen. Et je ne sais plus trop quelle est votre position. Le 4 mars 2019, vous disiez, il faut rompre avec l'espace Schengen. La libre circulation des personnes, c'est aussi la libre circulation des terroristes. C'est ce que vous dites. Oui, tout à fait.
Bon, la semaine dernière, après avoir renoncé au Frexit, après avoir renoncé à la sortie de l'euro, Marine Le Pen disait ici vouloir maintenir l'espace Schengen. 26 pays dans l'espace Schengen, c'est bien cela ? Monsieur Bourdin, je vais vous expliquer. Non, mais 26 pays dans l'espace Schengen. Bon. 26 pays, avec des pays associés. Oui. Bon, parmi ces 26 pays. Alors, est-ce que oui ou non, vous voulez maintenir, aujourd'hui vous avez évolué, est-ce que vous voulez maintenir l'espace Schengen ?
Le Président de la République a proposé une réforme, une refonte de l'espace Schengen. Nous nous avons dit la première des étapes, la finalité c'est évidemment le contrôle national de nos frontières. Nous la première étape, nous avons dit au Président de la République, si on s'engage sur la réforme de Schengen, la première étape, la première étape, et c'est ce qu'a dit Marine Le Pen, elle a été très claire dessus, pour récupérer la maîtrise de nos frontières, c'est de restreindre la libre circulation aux nationaux de l'Union Européenne. C'est-à-dire que demain, si des Italiens veulent venir en France pour un week-end, il n'y aura pas besoin de visa dans un premier temps.
Donc, si vous voulez, c'est une solution pragmatique, qui vise à rétablir dans un premier temps immédiatement des contrôles français.
Que la libre circulation ne s'applique qu'aux citoyens des pays de l'Union Européenne, membres de l'espace Schengen.
Et ensuite, ce que nous souhaitons faire, nous avons simplement détaillé le modus operandi, et dans un second, dans un premier temps, monsieur...
Vous êtes extraordinaire. Pourquoi ne pas dire que vous avez évolué ? Je ne comprends pas.
Peut-être pas. Moi, je veux bien vous dire qu'on a évolué, mais j'ai l'impression que ça vous embête. Mais non, ça ne m'embête pas. Vous nous dites toujours, monsieur Bourdain, on nous dit toujours sur les plateaux, si vous arrivez au pouvoir, comment vous allez faire concrètement ? Alors nous, nous disons que, concrètement, l'objectif est de récupérer la maîtrise de nos frontières. Parce que, de la même manière qu'on n'imagine pas une maison sans porte, on n'imagine pas un pays sans frontières.
Si un espace européen, comment allez-vous maîtriser ? Si vous garantissez la libre circulation des citoyens de cet espace européen, comment fermer nos frontières ? Je ne comprends pas très bien. En rétablissant des contrôles aux frontières.
Pas pour ces citoyens-là. Pas pour ces citoyens-là. Dans un premier temps, nous exonérons de visa les citoyens qui sont ressortissants d'un pays de l'Union Européenne. Donc, pas de contrôle. Dans un deuxième temps... Pas de contrôle. Ah bah si, il y a forcément des contrôles aux frontières. C'est juste que, quand vous arrivez à l'aéroport et que vous avez, par exemple, un passeport italien ou un passeport espagnol, vous pouvez passer sans difficulté par les systèmes biométriques. Vous savez, la France est un pays moderne. Je l'espère. Enfin, on n'est pas capable de fabriquer des masques.
Mais j'espère qu'on est au moins capable de vérifier des passeports de ressortissants de l'Union Européenne. Donc ça, c'est le premier temps. Et le deuxième temps, c'est de négocier ensuite des accords bilatéraux avec les pays de l'Union Européenne pour que nous puissions décider des gens que nous souhaitons voir rentrer dans notre pays. Si Mme Merkel, demain, je vous donne un exemple concret. Si Mme Merkel, demain, décide de faire rentrer un million d'étrangers sur son territoire, eh bien, à ce moment-là, nous dirons, compte tenu de la situation, des précautions sécuritaires qui s'imposent en France, eh bien, à ce moment-là, nous demanderons des visas pour l'Allemagne.
Mais il s'agit juste d'être pragmatique. Il ne s'agit pas de remettre des barbelés aux frontières. Il ne s'agit pas de remettre des murs. Il s'agit simplement d'être pragmatique, de prendre en compte les réalités aujourd'hui de nos frontières, de rétablir des postes de douane. Parce que, pardon, mais Nicolas Sarkozy, sous son quinquennat, et c'est aussi d'ailleurs le bilan de M. Darmanin, lorsqu'il était le soutien de M. Sarkozy, ont supprimé 6500 postes de douaniers.
Donc, il faut rétablir des douaniers, rétablir des contrôles aux frontières, et aujourd'hui, mettre en place une politique dissuasive d'immigration, parce qu'on vient dans notre pays, vous êtes logés, vous êtes nourris, vous avez l'école gratuite, vous avez les soins gratuits, et cette solution est évidemment un appel d'air massif pour la terre entière, pour des gens qui viennent dans notre pays en pensant y trouver l'Eldorado, et nous aurons effectivement cette fermeté au pouvoir.
Que la France reste ouverte à l'égard de gens qui viennent dans notre pays pour travailler, que nous avons choisi, et que nous souhaitons voir entrer sur le territoire français, c'est de la liberté du peuple français. Donc, vous, il faudrait entrer les BAC plus 5 et pas les autres, quoi. Non, mais je vous dis juste qu'on exporte aujourd'hui nos cerveaux. Non, mais c'est bien ça, vous choisirez. Il faudrait entrer les BAC plus 5 et pas les autres. On a, en tout cas en matière migratoire ces dernières années, vu davantage effectivement les futurs Quachic,
les futurs Steve Jobs, effectivement. Bon, Jordan Bardella, la loi séparatisme, Oui, je voudrais que tout soit clair, parce qu'hier, Marine Le Pen n'a pas vraiment dit ce que les députés du Rassemblement National allaient faire. Est-ce que les députés vont voter ou pas cette loi ?
Alors, il y a beaucoup d'articles qui vont dans le bon sens. Ces articles, nous les avons votés. Oui. Nous avons indiqué que nous voterons ce texte, au global, le vote général sur le projet de loi. Le vote général, mardi, vous voterez ? Alors, nous le voterons à la condition que soit revu, et c'est ce qu'a indiqué Marine Le Pen hier au ministre de l'Intérieur, les restrictions qui sont aujourd'hui inscrites dans ce texte, et qui vident à restreindre considéremment la possibilité d'enseigner à domicile.
Parce que ce texte, en réalité, au lieu de lutter contre l'idéologie islamiste, il met toutes les religions dans le même sac, et il vident à restreindre un certain nombre de libertés individuelles, comme la liberté qu'ont beaucoup de parents d'enseigner chez eux. Est-ce que le texte a été revu ? Manifestement, non. Faux. Manifestement, non. Est-ce qu'un amendement a été déposé ? Est-ce qu'un amendement a été déposé par le gouvernement ? Non, mais on est passé, je voulais en venir, on est passé du régime, d'un régime de déclaration à un régime d'autorisation.
Non.
Non. Un amendement a été déposé. Oui. Et nous sommes passés d'un régime d'autorisation à un régime de... Par qui ? Allez-y, M. Bourdin. Qui a fait évoluer le texte ? Allez-y, puisque manifestement, vous le savez. Mais parce que je suis les travaux de l'Assemblée nationale.
Visiblement, vous ne les suivez pas, Jordan Barthéla. Mais si, allez-y, je vais vous répondre, M. Bourdin. Alors, je vais vous expliquer. M. Bourdin, ne jouez pas au prof. Et allez-y, allez-y, je vais vous répondre. Quel est l'amendement ? Je vous pose la question. Quel est l'amendement qui a été adopté par l'Assemblée nationale sur cet article-là ?
M. Bourdin, il y a eu des dizaines d'amendements. Et qui fait évoluer le texte. Il y a eu, M. Bourdin, des dizaines d'amendements. Mais quel est-il ? Le gouvernement a souhaité restreindre considérablement la liberté d'enseigner à la maison. Aujourd'hui, on passe d'un régime déclaratif à un régime d'autorisation, où la possibilité d'enseigner à la maison, pour tout un tas de critères, handicap des enfants, problèmes médicaux... Je ne vais pas, Jordan Barthéla. Vous n'allez pas essayer de me faire croire que vous allez m'avoir sur ce texte.
Laissez-moi, laissez-moi. Allez-y, je vous en prie, dites l'amendement. Je ne vais pas vous mettre un peu plus dans l'embarras, Jordan. Mais vous ne mettez pas dans l'embarras, M. Bourdin. Vous espérez me mettre dans l'embarras. Mais il y a eu des dizaines d'amendements qui ont été déposés. Donc, soyez clair dans votre pensée, je serai clair dans ma réponse. Eh bien, écoutez, Jordan Barthéla, un amendement a été déposé par le ministre de l'Éducation nationale, au nom du gouvernement, qui dit quoi ? Qui dit que, justement, l'instruction à domicile, cette fameuse autorisation, ne sera effective qu'en 2024. C'est-à-dire que pendant trois ans, nous allons continuer sur le régime actuel.
D'accord. Donc, tout va bien. Donc, tout va bien. Donc, dans trois ans... Pas tout va bien. Pas tout va bien. Je vous pose la question. Compte tenu de cet amendement nouveau, qui vous a échappé, est-ce que les députés du Rassemblement national voteront, oui ou non, ce texte ?
Alors, je vous... Pardon, je vous refais la même réponse, M. Bourdin, parce que, manifestement, ce n'est pas clair. Ah bon ? Ce texte, il vise à restreindre la liberté pour les parents, pour les 50 000 enfants qui sont scolarisés aujourd'hui, enfin, qui ne sont pas scolarisés, qui reçoivent l'éducation à la maison, vise à restreindre la possibilité pour les parents de le faire. Alors, vous me dites que ça sera restreint à partir de 2024. C'est vrai, c'est un amendement qui est déposé par M. Blanquer, mais ça ne change rien sur le principe. Parce que si ce n'est pas le cas aujourd'hui, ça sera le cas dans trois ans, M. Bourdin.
Donc, des enfants qui sont maintenus à la maison, parce qu'on ne veut pas qu'ils aillent au contact d'autres enfants, parce qu'on ne veut pas qu'ils apprennent dans l'école publique, parce qu'ils restent à la maison, parce que les jeunes filles ou les enfants, les fillettes, sont voilées.
Vous savez, M. Bourdin, les 50 000 enfants qui sont aujourd'hui reçoivent l'enseignement à la maison, les 50 000 enfants qui reçoivent l'enseignement à la maison ne sont pas 50 000 enfants islamiques ou djihadistes.
Je suis d'accord, mais combien sont-ils ?
Même s'il y en a deux, trois, dix, vingt... Et vous pensez qu'on va régler le problème comme ça ? Vous pensez qu'on va régler le problème de l'immigration comme ça ? Vous pensez qu'on va régler le problème des mosquées radicales comme ça ? Vous pensez qu'on va régler le problème des fichiers étrangers comme ceux-là ? Donc, vous voyez bien que ces mesures, elles sont complètement dérisoires. Il y a un certain nombre de mesures dans ce projet de loi, et je vous dis ça de bonne foi, qui vont dans le bon sens, rien n'est négligeable, nous allons les voter. Mais d'une manière générale, ce texte ne s'attaque pas à l'idéologie qui nous a déclaré la guerre.
Les islamistes, aujourd'hui, ils ne veulent pas se séparer de la République, ils veulent s'en emparer. Et, pardon, mais ça fait des années que nous disons cela. Ça fait des années que Marine Le Pen alerte l'opinion, alerte le pays sur la montée de l'islam radical. Et souvenez-vous, parce que ces déclarations du professeur de Trappes, ce qui s'est passé avec Samuel Paty, le discours des Mureaux du Président de la République, tout cela ne date pas d'hier. Souvenez-vous qu'en 2016, devant une commission d'enquête parlementaire, Patrick Calvard, l'ancien patron du renseignement, nous a indiqué que nous étions aujourd'hui un pays au bord de la guerre civile.
Que le Président de la République de l'époque, M. Hollande, a indiqué dans un livre qu'il a partagé avec vos confrères, un Président ne devrait pas dire ça, a dit, il a dit, M. Hollande, les rapports qui me remontent sur la situation des banlieues me font penser à une situation de guerre. Et puis, il y a aussi M. Collomb, l'ancien ministre de l'Intérieur, qui, quand il est parti, a dit, dans un certain nombre de territoires, nous ne vivons plus côte à côte, mais nous pourrions vivre demain face à face. Donc, se sont constitués aujourd'hui dans notre pays, des petites républiques islamiques, un peu partout dans les banlieues, un peu partout dans les quartiers.
Et je ne comprends pas que le gouvernement se refuse de nommer l'idéologie et de nommer le mal. Lorsqu'un enseignant à Trappes de philosophie, M. Le Maire nous dit, nous ne sommes plus en état de paix. Il y a des foyers islamistes partout. Ces jeunes vont passer à l'acte, il faut que les Français se réveillent. Lorsqu'un enseignant dans notre pays dit ça, après Samuel Paty, après des études qui nous disent qu'un enseignant sur deux s'autocensure aujourd'hui dans les écoles de notre pays. Vous ne croyez pas que le mal, il est un petit peu plus profond que de se cantonner à l'enseignement à domicile et l'enseignement à la maison ? C'est un des articles de la loi.
Quand j'entends le maire de Trappes, sauver des petites filles et réserver leur avenir, je pense que c'est aussi, pardonnez-moi de vous le dire, de la responsabilité des élus de la République.
Sauf votre respect, M. Bourdin, il faut que l'école retrouve aujourd'hui son rôle qui était le sien, celui de transmettre l'amour de la France, de transmettre le patriotisme et de transmettre les valeurs. Parce que lorsqu'on supprime les passages les plus glorieux de notre histoire des manuels scolaires, lorsqu'on enseigne la repentance de manière permanente, lorsque beaucoup d'enseignants ne peuvent plus enseigner la Shoah ou la guerre d'Algérie parce qu'ils sont attaqués, c'est l'unité du pays qui est mise en cause et c'est exactement ce que cherchent les islamistes, détruire l'État et menacer la paix civile.
Deux choses tout de même, parce qu'il y a une semaine, encore une fois, Marine Le Pen était donc à votre place, je lui ai posé cette question, si vous êtes élue présidente de la République, quelle sera votre première décision ? Et sa réponse était claire, maîtriser l'immigration. Je changerai le code de la nationalité qu'on ne se retrouve pas à donner de manière quasi-automatique à la nationalité française comme à M. Koulibaly. Or, c'est une faute, c'est une erreur, puisque M. Koulibaly était français. M. Koulibaly, qui est l'assassin de l'hyper-Kwashi. M. Kouachi, qui a été mis en cause des gars. Très bien.
Bon, ben alors, non, non, mais très bien. Je vous le dis, au moins c'est clair. Mais j'entends cette petite musique, qui est notamment la petite musique du ministre de l'Intérieur, qui considère qu'il n'y a pas de lien entre l'immigration et le terrorisme, au motif que M. Koulibaly était français.
Oui, il était français et ses parents aussi, d'ailleurs.
D'accord. Sauf que beaucoup étaient français par droit du sol. Et que beaucoup de gens qui ont commis des attentats terroristes dans notre pays sont le fait de nos filières migratoires.
Une grande partie des terroristes ces dernières années étaient français.
Quand le ministre de l'Intérieur... Mais vous pouvez affirmer ça. Je ne confirme pas, c'est la réalité. Je pense qu'honnêtement, les gens qui nous écoutent aujourd'hui dans leur voiture rigolent quand on leur dit, quand le ministre de l'Intérieur vient leur expliquer qu'il n'y a pas de lien entre l'immigration et le terrorisme. Pardon. Je trouve que ce déni, si vous voulez, jusqu'au bout, dit quelque chose. Parce que, moi je veux bien parler du séparatisme. Mais on ne peut pas mettre en cause le séparatisme si on ne parle pas de l'immigration. Parce que vous voyez, il y a 30 ans, dans notre pays, il n'y avait pas 200 000 mariages forcés. Il n'y avait pas 60 000 excisions.
Il n'y avait pas un enseignant sur deux qui s'autosossurait dans les classes. On ne parlait pas du voile, à part dans l'affaire du voile de Cray. On ne parlait pas du Burkini. Donc, aujourd'hui, la politique migratoire totalement anarchique qui est conduite dans notre pays, remet évidemment en cause l'unité du pays. Et il est évidemment temps de l'arrêter, parce que nous n'avons plus d'autre choix.
Jordan Bardalage, une dernière question politique. Très politique. Éric Zemmour, candidat à la présidentielle de 2022. Est-ce que vous y croyez vraiment ?
Non, je n'y crois pas. Moi, j'ai beaucoup de respect pour Éric Zemmour. Je le lis. Je regarde ces débats avec intérêt. Je crois qu'il est un acteur majeur aujourd'hui du débat politique. Pourquoi est-ce que vous n'y croyez pas ? Parce que je vois beaucoup de gens autour du Rassemblement National essayer d'expliquer qu'on est mal coiffé, qu'on n'est pas ceci, qu'on est trop cela, qu'il faudrait trouver un autre candidat à l'élection présidentielle. La réalité, c'est que Marine Le Pen est en capacité aujourd'hui d'être président de la République, de battre Emmanuel Macron. Il y a un sondage qui est sorti il y a quelques jours, un sondage d'OpinionWay, qui la place au second tour à 48%.
Je crois que toutes les bonnes volontés qui sont aujourd'hui attachées à la défense de notre pays, à son identité, à sa souveraineté, à la possibilité pour les Français de reprendre le contrôle de leur vie, de leur destin et de leur pays, doivent se réunir derrière la candidature de Marine Le Pen.
Merci, Jordan Bardella. Merci, 8h55.
Sous-titrage Société Radio-Canada.
Merci.
Jordan Bardella