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interviewPublic Sénat· 20 mars 2026 28 min

Masterclass avec Bertrand Dumazy, PDG d'Edenred

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Masterclass avec Bourse Direct, le partenaire de tous vos investissements. Chaque jour, nous vous accompagnons pour prendre les bonnes décisions et donner vie à vos projets. Avir une boîte dans directement ça un comme ça aussi plateau télé mais totalement en ligne parce que je voulais ouvrir un restaurant ça faire beaucoup de Bonjour.

Bonjour. Comment ça va ? Ça va.

On est bien là ou pas ? Oui, on est bien. Bon, je sens que ça va être une super masterclass.

Pourquoi je vous dis ça aujourd'hui ? Parce que je l'ai déjà interviewé à plusieurs reprises et il est assez différent. Il est il est authentique, il est accessible comme grand patron.

Vous allez voir, ça va être un régal. Euh, petite question, est-ce que vous connaissez l'éticket restaurant ? Oui.

Oui. Bon bah, sa boîte c'est le leader mondial d'étiquets resto, vous le saviez mais pas seulement. Et ah bah justement tiens le voilà.

Bonjour David. Ça va ? Très bien.

C'est un plaisir de vous retrouver mais c'est un plaisir d'être avec vous. Venez, je [musique] vous les présente. Ouais.

Ouais. Et ben je vous présente Bertrand Dumasil, PDG Red. Vous pouvez l'applaudir. [applaudissements] Alors en vous attendant, je leur ai dit que l'étiquet restaurant c'est Bertrand mais c'est pas que l'étiquet restaurant.

Non, on parle que de ça mais il y a pas que ça. Oui, il y a plein d'autres choses. Voilà.

Il y a quoi d'autre en deux mots pour qu'on Alors en deux mots, Eden Red, c'est une plateforme qui sert 60 millions d'utilisateurs dans le monde et on offre des solutions effectivement qu'on appelle avantage salarié. Donc il y a des tickets restaurants, mais en France vous connaissez aussi le ticket sais ou le ticket euh mobilité et on fait ça partout dans le monde. Donc on est le leader mondial des avantages salariés mais aussi et c'est une boîte française et c'est une boîte d'essence française même si notre chiffre d'affaires en France n'est que de 16 %.

Mais notre deuxième activité c'est la mobilité professionnelle. Donc vous pouvez avoir des cartes Energie Eden Red, c'est-à-dire vous allez faire le plein avec du fuel, du bioéthanol par exemple au Brésil où vous avez accès à 1 million de bornes de recharge électrique partout en [musique] Europe. Et ben justement, allez c'est parti pour la masterclass de Bertrand Dumasi, le PDG de Red.

Allez venez, on s'installe. Installez-vous Bertrand. Merci.

Alors dans la vraie vie sûr, il ne se rencontre jamais. C'est normal. D'un côté, les étudiants qui sont tout à leur formation et de l'autre nos plus grands dirigeants économiques qui euh bah qui voilà qui sont à la tête de grandes entreprises et qui voyagent beaucoup.

Et bien nous sur Public Seda, c'est notre choix, notre ambition. Chaque mois, on les réunit, on vous réunit tous ensemble pour échanger librement sur les sujets que notre jeunesse juge comme étant prioritaire. Je précise que Bertrand Dum ne connaît pas vos questions, donc pour lui, ce sera une surprise.

Yes ! [rires] Et je précise que pour celui ou celle évidemment qui posera la question la plus pertinente, comme je dis chaque fois, en fin d'émission, il y a 1000 10000 10000 tickets restaurant. On applaudit offert par Berfan du Magie avec qui on va manger à l'œil et surtout on va se régaler.

J'espère qu'on va se régaler dans cette masterclass. On entendu c'est c'est votre manque d'ambition qui m'étonne. David, pourquoi seulement 10000 ?

Voyez l'ambition important l'ambition. Bertrand, on va regarder une photo. Cette photo Oh là mon dieu, cette photo c'est vous avez 27 ans, donc c'était très peu de temps lors de votre remise de diplôme.

On est aux États-Unis et on est à Harvard. Euh déjà chapeau. En quoi c'est un moment de le dire ?

Oui. En quoi c'est un moment qui restera gravé ? Pourquoi vous avez choisi cette photo pour démarrer l'émission ?

C'est un moment qui reste gravé pour euh pour plusieurs raisons. La première, c'est que après 2 ans de formation très intensive, Harvard, en fait, c'est 800 cas qu'on lit euh dans des situations très différentes, j'ai mieux compris ce que je ne savais pas. Et donc bien comprendre, bien savoir ce qu'on ne sait pas, c'est le début des progrès.

Et donc après avoir étudié 800 cas expliquant des situations de business différentes avec des angles différents dans des pays différents, j'ai mieux compris ce que je ne savais pas et donc j'ai développé une curiosité. C'estàd que dans le reste de ma vie, chaque fois que je suis face à une situation, je sais ce que je sais et surtout je sais ce que je ne sais pas. et sachant ce que je ne sais pas, alors on se met à travailler et avec de la curiosité et on bâtit rapidement sans savoir.

Je pense que ça a été un élément absolument décisif pour moi. La la deuxième chose, c'est que ça m'a donné beaucoup de confiance. C'est-à-dire que on est dans une université prestigieuse avec des étudiants d'ument sélectionnés qui viennent des quatre coins du monde qui ont tous des expériences différentes et au début on se dit "Mais je vais pas y arriver, je suis qu'un petit français, je parle bien l'anglais mais pas aussi bien que les Nord-Américains ou les Taiïwanais et donc ça va pas être facile." Et puis en fait avec discipline pas à pas, on travaille, on apprend les méthodes, on a envie de bien faire, on fait les choses à fond et on y arrive.

Et donc ça crée un capital confiance dans une situation exigeante. Et en fait ce capital confiance reste pour pour la suite de sa vie. Après tout reste à faire.

C'est-à-dire que contrairement à ce qui peut se passer dans plein d'autres pays, c'est pas parce que vous avez le diplôme que toutes les portes vous sont ouvertes. Vous avez prouvé quelque chose au tenter. Très bien.

Maintenant tout reste à faire. Ben justement, nous aussi tout reste à faire puisque c'est autour des de nos amis étudiants de vous interroger, de vous poser des questions. Ils sont ils ont tous des parcours différent mais ils ont tous en commun d'être engagés puisqu'ils ont fait leur service civique ou du bénévola.

Et remerci à chaque fois pour ça et merci et merci à l'Institut d'engagement qui nous met en relation évidemment tous les mois. Vous allez pouvoir échanger avec eux librement autour de leurs préoccupations et de leur centre d'intérêt. Ce sont vraiment leurs questions.

Et on commence avec Céline euh bonjour. Bonjour Céline, enchanté. Euh du coup je suis je suis étudiante en master de sociologie.

Donc j'ai deux questions pour vous. Euh la première c'est aujourd'hui on voit beaucoup de salariés qui comptent sur le ticket restaurant pour tenir leur budget. La seconde c'est comment Eden Red peut aider concrètement à préserver le pouvoir d'achat ? dans un contexte où la vie devient de plus en plus cher.

La question du ticket restaurant, c'est une question de pouvoir d'achat et une question aussi de de santé publique. D'ailleurs, dans beaucoup de pays, quand je rencontre le ministre du travail, c'est souvent avec le ministre de la santé. Et les questions qui nous sont posées, c'est comment vous pouvez développer encore plus le ticket restaurant puisque c'est une mesure d'équité entre ceux qui ont la chance d'avoir une cantine, c'est-à-dire un repas préparé et en fait de la nourriture préparée est toujours meilleur pour la santé que un snack ou quelque chose qu'on mange très rapidement parce que il y a la combinaison de deux choses.

La première c'est prendre le temps de s'arrêter pour déjeuner. Très important. Et en plus de prendre le temps, essayer de déjeuner avec quelque chose qui a été dû préparé et équilibré.

Donc en fait mon métier au travers du ticket restaurant c'est de permettre au plus grand nombre et surtout à ceux qui n'ont pas la chance d'avoir une cantine d'entreprise d'avoir un équivalent. Donc c'est une mesure d'équité. Du coup, c'est vrai que les tickets restaurants servent beaucoup.

Moi même moi j'en j'en béficie mais que dans beaucoup de structures d'entreprise, il les acceptent pas forcément. Il y a des restaurants qui ne prennent pas le ticket restaurant parce que en gros avec un menu à 30 ou 40 € ça ne correspond pas à l'alimentation qu'on a au travail. Je sais pas comment vous faites mais moi quand j'étais étudiant jamais ou jeune travailleur je mettais 30 € dans un repas.

C'était totalement hors de mon de mon budget. Donc vous avez des gammes de prix pour des restaurateurs qui disent "Moi, je prends pas en fait parce que ça n'est pas la population que j'ai dans mon restaurant. Je n'ai pas besoin de ce volume.

Donc on narrivera jamais à convaincre tout le monde puisque nous on apporte du volume et après il faut que le restaurateur dise j'en veux ou j'en veux pas." Elle est une question de Mohamed à présent. Depuis votre prise de fonction en 2015.

Oui, on voit que Eden Red a profondément transformé son business model, sa stratégie et euh sa dimension international. Euh j'aimerais savoir quel a été selon vous le moment le plus difficile de cette transformation et qu'est-ce qui dans votre parcours ou vos valeurs personnelles vous a permis de rester convaincu et déterminé à à mener ce changement ? Qu'est-ce qui m'a permis de tenir le coup dans dans ces passages qui sont des passages délicats ?

Euh en fait, je je crois et on en revient à ce que je disais avant, c'est une question de confiance. Confiance dans les autres, confiance dans l'avenir et confiance en soi. C'est-à-dire se dire "Allez, je suis pas parfait, les autres ne sont pas parfaits, le la vie ne manquera pas de me donner des coups, mais un pas à la fois. un pas à la fois à chaque jour suffit sa peine et et ça moi étant originaire du nord j'ai vécu dans une région dure.

Je suis né en 1971 les bassins industriels se sont effondrés en même temps. Donc j'ai j'ai vu à l'école j'ai vu ce que c'était en fait une situation économique très difficile mais j'ai aussi vu la capacité des uns et des autres à se réinventer à avancer un petit pas à la fois. On disait dans le nord un jour à la fois à chaque jour suffit sa peine et donc donc cette situation là m'a m'a probablement toujours aider en disant un il y a pire de le monde est ce que l'on veut qu'il soit et donc on va prendre les sujets un par un et on va les traiter et ça va aller.

Le succès d'Eden Red il est phénoménal encore une fois chiffre d'affaires multi par 3 en 10 ans 3 milliards d'euros. Est-ce que le plus dur c'est je file la métaphore montagnarde d'atteindre le sommet ou d'y rester ? Ça doit vous arriver quand vous baladez ou vous êtes en montagne, vous dites tiens allez je vais aller chercher ce sommet là puis quand vous vous approchez vous dites zut il y en a encore un plus important derrière et puis en fait ça n'en finit jamais.

Et c'est ça qui est chouette, c'est-à-dire que je ne sais pas si c'est difficile, mais je suis sûr d'une chose, c'est que en fait le succès appelle le succès. Donc on a gravi un certain nombre de sommets avec Eden Red et on va gravir les autres. L'ascension d'Eden Red, elle est absolument impression impressionante et incroyable.

Couronné d'ailleurs mi-2023 par une entrée au sein du Graal, le CAC 40. Vous y êtes resté finalement que diront certains 2 ans et demi. Est-ce que c'est un échec ?

Comment ça se vit ? Échec ou pas échec ? Et comment vous l'avez vécu à titre personnel en tant que dirigeant ?

Alors en fait, je l'ai vécu à l'entrée comme à la sortie. And we will be back. C'est-à-dire une grande joie et une grande tristesse une nuit.

Donc on a appris qu'on rentrait au CAC 40 vers 18h et donc j'étais très heureux de 18h à 8h le lendemain matin et puis après c'est bon, on passe à autre chose. C'est-à-dire que en fait le cas 40 c'est un indice boursier euh qui est en fait constitué de la valeur boursière de l'entreprise et de la liquidité, c'est-à-dire le nombre d'actions qui s'achète et se vend tous les jours. Donc en fait, c'est une conséquence de du travail de développement d'Eden Red qu'on a fait.

Donc j'étais très heureux. Récompense. Ouais.

J'étais très heureux et très heureux pour tous les collaborateurs quand on est rentré au CAC 40, quand on en est sorti, ce qui est un calcul arithmétique et d'ailleurs assez ironique. C'estàd que Eden Red par rapport au moment où on est rentré dans le K 40 est à peu près 30 % plus gros et vaut trois fois moins cher. Mais en fait, c'est un marché.

Vous avez 1 kg de carotte qui vaut 10 € un jour et puis 1 an après, ce kilo de carotte peut ne valoir que 3 €. Donc quand on est sorti du CAC, j'étais triste quand on l'a appris vers 18h et le lendemain matin à 8h, on passe à autre chose. Ça n'est qu'un indice boursier.

Ce qui est important, c'est le nombre de gens qu'on emploie, le nombre de clients qu'on sert, les projets qu'on a de développement et d'innovation dans la maison. Vous qui avez côtoyé le management français avec le SCP et le management américain avec Harvard, est-ce que vous aviez décelé des petites différences entre les deux et surtout maintenant aujourd'hui que vous euh dirigez un grand groupe, quel management vous a le plus façonné ? Quand vous êtes patron de nord-américain, vous dites "Les amis, on est au point A, on va aller au point B." La question de vocal laborateur est OK chef, on va au point B mais tu nous donnes combien de temps ?

Quel budget euh et quels sont vraiment les objectifs du point B ? Mais il y a aucune discussion sur le fait que le chef a dit l'objectif c'est d'aller au point B. En France on questionne.

Alors en France totalement différent. Si vous arrivez, vous dites à des Français, "Je suis le chef" et on va aller au point B tout de suite faut prendre le temps de répondre aux questions qui seront les suivantes. 1.

Es-tu vraiment le chef ? 2 même si tu es le chef, as-tu le droit de définir l'objectif comme étant le point B ? 3, est-ce que c'est un bon objectif ?

Et 4, est-ce que B prime ou C ne serait pas un meilleur objectif ? Et donc en fait nous français, on a une quête de sens derrière ce que peuvent dire les dirigeants qui est bien plus forte. Donc il faut accepter au départ de prendre le temps d'expliquer le rationnel qui fait que le point B est un bon objectif.

Question de Marc-Antoine à présent. Quelle est la raison qui vous pousse à vous lever chaque matin et avec du recul ? Est-ce la même qui guidait vos pas au début de votre parcours ?

Donc ce qui me fait lever le matin, c'est dire on a 12 projets qui tournent et je vais essayer d'œevrer et de créer les conditions de température et de pression qui vont faire que ces projets vont aboutir le mieux possible. Je dirais que le projet est le et le la première chose qui me fait lever le matin. La deuxième chose, c'est les gens avec qui je vais le faire.

Donc moi, j'ai la chance de travailler dans une entreprise qui est dans 45 pays, qui emploie plus de 100 nationalités différentes avec des gens qui ont des bagage très différent mais essentiellement des technos et avec un âge moyen qui est de l'ordre de 36 ans. Et donc moi je suis le vieux croumir de la bande avec mes 53 ans. Et donc je me dis tiens, je vais voir Marc-Antoine sur le projet d'hypersegmentation avec de l'intelligence artificielle pour mes clients brésiliens.

Je sais que je vais passer un bon moment parce que Marc-Antoine va m'apprendre des trucs et puis surtout Marc-Antoine va me dire "Patron, tu as mis 1 million d'euros là-dessus, en fait c'est 155 qui qu'il faut et je vais t'expliquer pourquoi il faut mettre 500000 de plus." Donc je dirais que la deuxième chose qui me fait lever le matin, c'est rencontrer des collaborateurs venus de tous les horizons et qui se réalisent au sein d'Eden Red. Question de Fabien à présent.

Bonjour. Bonjour Fabien. Voilà, j'ai une problématique sur les valeurs.

C'est-à-dire que là, actuellement, je développe un petit journal d'information locale à La Rochelle, la ville où j'étudieou mais en même temps, je suis en école de commerce à La Rochelle et là, je suis vraiment dans le moment où il faut que je choisisse entre soit continuer ma passion et faire mon journal et informer localement ou bien rentrer au service de grandes entreprises, du grand capital et parfois [rires] malheureusement un peu changer mes valeurs, oublier mes valeurs. et je me demande est-ce que vous avez dû changer quelque chose pour prendre de telles fonctions ? La première chose, c'est je crois qu'on a toujours le choix, toujours, mais il faut créer les conditions de ce choix.

Par exemple, moi je n'ai jamais vécu au-dessus de mes moyens. Je suis très peu endetté. Pourquoi ?

Parce que s'il y a une situation professionnelle qui ne me plaît plus ou qu'on me demande de faire des choses que je n'ai pas envie de faire, alors je vais pouvoir dire librement non parce que je suis pas pris à la gorge. Donc ça c'est un choix. C'est-à-dire que et je ne fais la leçon à personne hein, je le dis avec beaucoup d'humilité, je me suis toujours dit, "Tu ne vivras jamais au-dessus de tes moyens parce que tu veux toujours être libre de pouvoir dire non si on t'embringue sur un chemin qui est le chemin que tu ne veux pas suivre, mais peut-être que tu n'auras plus le choix financièrement parlant." Donc, il faut aussi créer les conditions de sa liberté.

C'est c'est donc moi, je crois qu'on a toujours le choix, mais il faut bâtir les conditions de sa liberté. Euh c'est c'est la première chose. La deuxième chose euh c'est que oui, pour un chef d'entreprise, c'est un traumatisme d'avoir à faire partir des gens.

C'estàd que moi, je suis chef d'entreprise pour créer de l'emploi, pas pour en détruire. Et annoncer à quelqu'un qui perd son job, c'est probablement la plus mauvaise nouvelle qu'on puisse annoncer. C'est d'ailleurs pour ça que moi j'exige de mes patrons qu'ils annoncent la mauvaise nouvelle si mauvaise nouvell il y a et qu'il ne demande pas au département RH de le faire pour eux.

Parce que quand on annonce une mauvaise nouvelle à quelqu'un, le minimum qu'on doit, c'est une attitude courageuse et digne d'explication de ce qui a mené à cette décision difficile. Et c'est d'ailleurs pour ça, troisièmement que je me bats comme un lion quand on me confie un actif pour le développer. Je suis un fou absolu de la croissance.

Pourquoi ? Parce que quand il y a de la croissance, il y a du boulot et il y a du boulot pour ceux qui en sont et pour les autres qui vont venir nous rejoindre. Donc Eden Rel, on a commencé à 5000, on est 14 13000 aujourd'hui.

Ma question, elle doit plus être axé sur le plan de carrière. Euh durant votre car durant votre carrière, vous avez exercé de nombreuses fonctions, que ce soit l'international, sur de la finance, sur du conseil. Donc quel conseil vous donneriez à Bertrand 25 ans et à Dris 24 ans également ?

Encore une fois, il y a 10000 manières de de faire les choses et votre manière sera la meilleure. Mais je peux juste partager avec vous humblement les choses que j'ai apprises. Un, c'est toujours mieux d'être acteur que spectateur.

Donc, soyez acteur. C'est-à-dire que si vous avez envie de faire quelque chose, allez le chercher avec les dents. Je je prends un exemple.

Quand je suis arrivé chez B, j'ai dit "Écoutez, moi ce qui m'intéresse c'est de travailler dans plein de pays différents, balancer en Italie, balancer en Angleterre. Et puis je rentre et je dis euh mettez-moi sur la liste pour partir aux États-Unis." Et le responsable du staffing me dit "Mais non, tu as déjà eu la chance de partir au Angleterre et en Italie et puis aux États-Unis, il y avait 12 personnes avant toi." J'ai non mais vas-y, mets-moi sur la liste.

Je dis "Non, mais ça sert à rien." J'ai si mets-toi mets-moi sur la liste. Il me met sur la liste. 2 mois après, on m'appelle, on dit "Est-ce que ça t'intéresserait d'aller à Los Angeles pour Bin ?" Je dis "Bah bien sûr, quand ?" Bah je dis "Écoute là, on est jeudi, dimanche, je suis dans l'avion, lundi, je suis au boulot, acteur." Et qu'est-ce qui s'est passé ? premier client Apple à Coupertino.

Donc je suis la semaine dans la Barea et le weekend à Los Angeles. Coup de chance mais au départ il faut être acteur. Donc moi le la première chose que j'aimerais vous dire c'est ayez confiance en vous et soyez acteur et jamais spectateur.

C'est c'est la première chose. Deuxièmement, choisissez vos jobs en fonction de celui qui va être votre patron. Peu importe le secteur industriel, peu importe à la limite la mission, ce qui importe c'est la personne avec qui vous allez le faire.

C'est une personne qui dit "Tu sais quoi Dris ? Allez, on va faire ça ensemble et je vais t'apprendre des trucs." Et apprendre sans être paternaliste, c'està-dire on apprend en observant ce que fait l'autre.

On apprend parce que l'autre explique puis après on fait son tri. Surtout après, il faut le faire à votre manière. Dr mais vous regardez, vous apprenez machin.

Donc ça être acteur, bien choisir son patron et et ne choisir que ça, je pense que c'est deux choses absolument essentielles. Et la troisième, il y a toujours plusieurs voies, une facile, une moyennement facile et une difficile. Prenez toujours la difficile.

Pourquoi ? parce que d'abord ça va vous permettre de bâtir de la confiance en vous et deux yeau parce que c'est là où vous allez apprendre le plus. Allez, on continue avec une série de questions.

Oui ou non. Donc je vous pose une question et vous répondez par oui ou par non. OK.

Allez. Oui ou non ? Vous avez frôé la mort trois fois.

Oui. Bon maintenant faut expliquer. Alors bah une première fois parce que c'est le Richard Branson français, il aime faire des dingueries.

Non non non non mais disons que la mort et moi on est assez copains mais quand elle est vraiment très proche on se sépare avant que ce soit définitif en 2020. Non mais en fait ouais en fait la première fois c'est j'étais en 4e je me suis pris une voiture à 70 km/h et bon pas mal de de choses mais les pompiers m'ont dit écoute c'est un miracle des miracles comme ça on a pas vu beaucoup donc savoure ta chance. OK.

Euh la deuxième fois gros accident de voiture, j'étais parti en Espagne pour représenter les scoutes de France à un camp mondial. Donc là on est acteur, pas spectateur. J'avais écrit en disant "Je vois ce truc, est-ce que machin ?" Bon, on y va.

Et là, gros gros accidents de voiture, j'étais pas au volant et j'ai compris ce que c'était de voir défiler sa vie. Et c'est long, hein, même quand on a que 18 ans, défiler sa vie dans les tonneaux d'une quatelle camionnette, ça dure une éternité. Puis la troisième fois, c'était en mer.

Euh donc bah je suis tombé d'un bateau. Vous êtes marin expérimenté ? Ouais, je suis marin expérimenté.

Oui. Et parfois j'ai là, j'ai pris des risques inconsidérables. Donc en 2020, il se passe quoi ?

Alors bah en fait, on est à deux, c'est pendant le Covid, il y a personne sur l'eau. On est à 4000 des côtes, donc en gros 7 km euh des creux, du vent. Malheureusement, une pièce du bateau casse.

Je tombe à l'eau. Mon équipier n'est pas capable de me récupérer. Lui, il dérive et donc je me retrouve tout seul, pas au milieu de l'océan, hein.

Je vois la côte, mais c'est impossible d'aller rejoindre la côte avec ce vent et ses vagues. Donc en fait, il y a plus qu'une chose à faire, c'est d'attendre et de préserver ses forces. Donc euh préserver ses forces, ça veut dire euh bah tenir comme ça pour essayer de de garder en fait le cœur le plus chaud possible. faire des petits mouvements de temps en temps pour éviter de s'enquiloser et puis on sait qu'on a une espérance de vie de quelques heures en fait parce que l'eau est à je crois elle était à 13 13 14°gr et donc donc il y a des courbes et on sait que après on on malheureusement on tombe en hypothermie et qui vous a sauvé en fait j'ai énormément de gratitude à la SNSM donc donc ceux qui bénévolement organisent les secours en Donc il se trouve que le bateau qui dérivait a été a été vu.

Il a pu donc donner l'alerte. Un hélicoptère de la SNSM a commencé à me chercher. Je l'ai vu arriver pas dans mon axe.

Donc je me dis c'est de la chance de ma vie et ils vont me louper. Donc là j'ai sorti tout ce que je pouvais de l'eau et cetera et finalement l'hélicoptère s'est mis dans mon axe. Un plongeur a sauté et m'a sauvé.

On en tire une leçon en tant que entrepreneur, tant que chef d'entreprise. B sur l'urgence de vivre, ça paraît un peu faire en sorte que chaque jour soit le meilleur jour de sa vie. Alors ça marche pas euh dans plein de jours hein, on a quand même tous des journées qui sont pas toujours faciles mais se dire "Allez, je me lève le matin, je vais essayer de faire en sorte que cette journée soit la meilleure journée de ma vie puisque les jours sont comptés." Oui ou non ?

Bertrand se lève à 5h30 tous les matins. Non plutôt 6h 6h10. avec un emploi du temps de fou, un rythme infernal avec un rythme très soutenu de 6h jusqu'à 22h30 tous les jours.

Tous les jours sauf sauf le dimanche où je me lève vers 6h15 mais parce que je pars faire du vélo. Donc c'est pas pour la même chose, pas d'accident, on fait attention sur le vélo. J'ai mon coéquipier qui me dit que je dans les descentes je vais un peu trop vite.

Téméraire euh audacieux. [rires] Oui ou non ? Il y a du stress tout le temps quand on gère une multinationale.

Oui. Et comment on fait pour gérer pour se détendre justement pour bien gérer ce stress ? Il faut être un tout petit peu égoïste une fois par jour.

C'est mon prof de philo en prépa qui disait ça. Il disait "Si vous voulez avoir une vie heureuse, soyez égoïste une heure par jour." C'estàdire une heure par jour vous faites la chose que vous aimez et le monde peut s'effondrer autour de vous. vous la faites, c'est lire une bande dessinée sur les toilettes ou lire un bouquin ou jouer aux jeux vidéos ou aller voir une vieille dame et la faire manger parce que vous vous sentez utile et mais une heure sur TikTok pendant une heure.

Ouais, peut-être chacun trouvera son bonheur là où il est mais une heure par jour à être égoïste. Alors moi 1 heure j'y arrive pas mais j'essaie de me forcer à avoir une demi-heure où le monde peut s'effondrer et je je ferai ce que j'aime. Allez, maintenant on passe à la question euh la question inversée.

C'est à vous Bertrand Dumasi désormais de de poser une question aux étudiants qui sont là et qui vous répondront ensuite. Alors, moi j'ai une question à vous poser. Imaginez que j'ai une baguette magique et si je vous donne cette baguette magique, quelle est la chose une chose que vous aimeriez changer dans le monde ?

Une chose. S'il y a une chose que j'aimerais changer dans le monde, c'est sûrement pas grand-chose, mais c'est que chacun puisse mourir dignement. Euh c'est ce serait pouvoir qu'on puisse tout vivre dignement euh manger dignement grâce à vos restaurants peut-être et ou ou d'autres choses mais voilà ce se sentir utile mais aussi pouvoir aider à ce que chacun puisse puisse mourir dignement et donner les meilleurs soins possibles en fin de vie.

Moi, ce serait la fin du déterminisme social et relancer ou recréer, je ne sais pas, un ascenseur social qui existe vraiment dans ce pays parce que l'accès aux grandes écoles, l'accès aux grandes entreprises même ou au stages ou même premier emplois qui sont jugés comme on dit target ou autres, que ce soit dans des grands cabinets de conseil, des grandes banques, ça reste quand même réservé à une élite. En fait, il faut de la croissance. de la croissance.

Quand il y a de la croissance, il y a des projets. Et quand il y a des projets, vous arrêtez de m'égoter. Vous arrêtez de dire "Ah bah moi, j'aime que les gens à lunettes." Ça, on peut se le dire quand quand on a le choix, mais quand on n pas le choix, on oublie ça.

Il faut faire des choses. Et donc en fait le seul moyen de faire effondrer les représentations et le déterminisme, c'est de la croissance. S'il y a de la croissance, il y a des projets.

S'il y a des projets, on va chercher le talent. Et il y a du talent chez chacun. Je vous avais dit que ça serait bien la masterclass d'aujourd'hui.

Je me suis trompé ou pas ? Non. Oh merci Bertrand.

Ça vous pl Oui, ça vous a plu ou pas ? Mais moi j'adore. Je sors avec plus d'énergie que je ne suis rentré.

Puis l'autre chose que j'aimerais vous dire c'est que vous avez des bonnes têtes. On vous l'a déjà dit ça. Vous avez des bonnes têtes et moi j'ai envie de vous employer tous en disant "Allez, on va faire des trucs ensemble." Et ben, on va postuler hein, peut-être.

Non. Oui, on en avantgingan en arrière qu'un père. Je pense qu'on peut remercier Bertrand Dumazier et l'applaudir. [applaudissements] Ça vous a plu ?

B comme je l'ai dit, qu'est-ce qu'il y a de mieux de ? Ben, ça va continuer parce que c'est fini là en TNT à la télévision, mais ça va continuer sur les réseaux sociaux. Quelques questions qui vous seront encore posées par nos amis étudiants.

Encore merci à tous. [musique] Et masterclass, c'est évidemment du replay sur publicsena.fr.

Fr. À très vite. [musique] Nous vous accompagnons pour prendre les bonnes décisions et donner vie à vos projets.