"C'est inacceptable de traiter les gens de cette façon-là" : Matthias Tavel (LFI) soutient les chômeurs de Saint-Nazaire
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:38OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez que cet épisode-là, ces 15 nazériens dans cette affaire, ils payent quoi ?
- 3:25OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez que ça peut suffire à calmer la colère ?
- 4:25OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est encore possible de faire des promesses, de faire campagne, de dire des choses, de donner du rêve peut-être aussi à certains ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35InvitéFait
« D'abord il faut dire que c'est inacceptable de traiter les gens de cette façon-là. »
- 0:44InvitéFait
« Le ministre s'est engagé personnellement à l'Assemblée par courrier en disant que les emplois étaient sécurisés »
- 1:18InvitéChiffre
« le Premier ministre annonce une baisse de 2,5 milliards d'euros de l'impôt sur les grandes entreprises. »
- 1:25InvitéChiffre
« Avec 2,5 milliards d'euros, on fait 10 000 projets comme celui de Saint-Nazaire. »
- 3:42InvitéChiffre
« La marge des raffineurs, elles ont été multipliées par 7. »
- 3:47InvitéChiffre
« Les profits de Total cette année vont quasiment atteindre 20 milliards d'euros. »
- 4:56InvitéFait
« Si depuis 10 ans, M. Macron n'avait pas vidé les caisses en supprimant l'impôt sur la fortune et en faisant toutes sortes de cadeaux aux plus riches, alors nous ne serions pas dans la situation budgétaire dans laquelle nous sommes. »
- 5:19InvitéFait
« des décisions des cadeaux fiscaux, des baisses de recettes, de la suppression de l'impôt sur la fortune qui ont été décidées en 2017 par M. Édouard Philippe à l'époque. »
Temps de parole
- Invité67 %
- Présentateur30 %
- ?4 %
≈ 10,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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A
8h moins le quart, Mathias Tavelle, le député de la France Assoumise du secteur de Saint-Nazaire et votre invité Nicolas Crozel. Bonjour Mathias Tavelle.
Bonjour
Nicolas Crozel,
bonjour
à tous. Merci
d'être
en direct ce matin. Vous étiez hier aux côtés de la quinzaine de Nazériens du quartier de Mai en Painouette
qui
préparaient certains depuis 5 ans l'ouverture de leur entreprise de nettoyage de véhicules et de réparation de vélos. Entreprise ad hoc qui devait voir le jour dans le cadre de ce dispositif Territoire Zéro Chômeur avec donc des aides de l'Etat. Ça devait arriver le 1er octobre, des aides encore promis en avril dernier mais qui finalement ne viendront pas. Il n
'y
a plus d'argent dit le gouvernement.
D'abord il faut dire que c'est inacceptable de traiter les gens de cette façon-là. Le ministre s'est engagé personnellement à l'Assemblée par courrier
en
disant que les emplois étaient sécurisés et 6 mois après il nous dit que ce n'est plus le cas. On ne peut pas traiter les gens de cette façon-là. Ceux dont nous parlons
ce
sont des personnes, ce sont des êtres humains et ce sont des personnes qui ont été très cabossées par la vie avec des maladies, des licenciements et qui se sont mobilisées pour porter ce projet de Territoire Zéro Chômeur pour travailler, pour vivre de leur travail et le gouvernement doit tenir sa parole.
Il y a quelque chose d'humilien ? Ce
n'est pas vrai qu'il n'y a pas d'argent. Dans la même semaine
où
nous apprenons que le gouvernement met donc en suspens une nouvelle fois ce projet, le Premier ministre annonce une baisse de 2,5 milliards d'euros de l'impôt sur les grandes entreprises. Avec 2,5 milliards d'euros, on fait 10 000 projets comme celui de Saint-Nazaire. Donc de l'argent il y en a. La question c'est quand est-ce qu'on arrête l'injustice et quand est-ce qu'on finance les projets qui permettent aux gens de vivre dignement de leur travail.
Est
-ce que vous pensez que cet épisode-là, ces 15 nazériens dans cette affaire, dans cette aventure d'ad hoc qui tourne court, ils payent quoi ? La cacophonie gouvernementale depuis le fait qu'il n
'y a
plus de majorité, depuis la dissolution ? C'est tout ça qui est mêlé
? Non,
ils payent tout simplement sur le refus du gouvernement de mettre à contribution les plus riches et de vouloir baisser la surtaxe sur les grandes entreprises alors que ça permettrait de financer très largement ce projet et beaucoup d'autres choses. Il faut faire un choix dans notre pays. Est-ce qu'on veut soutenir les gens qui cherchent à s'en sortir, qui veulent travailler, qui ont des petites payes et qui aimeraient en avoir une ou est-ce qu'on veut toujours cajoler les mêmes que depuis 10 ans avec M. Macron ? Il est temps de dire stop à l'injustice et ça commence par tenir les promesses qui ont été faites.
Le ministre s'est engagé à ce que le projet Territoire zéro chômeur de Saint-Nazaire puisse démarrer cette année. Il doit tenir sa parole.
Vous, en tant que député, Mathias Tavel, vous avez une marge de manœuvre sur ce sujet où il faut attendre la présidentielle
?
Nous, on mobilise, on interpelle. C'est nous qui avions obtenu tous ces engagements avec les volontaires qui sont vraiment très très moteurs, avec les collectivités locales, avec y compris le sénateur. Nous avons réinterpellé la semaine dernière. Nous allons continuer à le faire et nous allons défendre dans le budget des choix qui soient au bénéfice des personnes qui en ont besoin et pas toujours à cajoler les plus riches. Voilà, donc c'est une question politique. On espère qu'elle se réglera dans le budget. Sinon, elle se réglera dans la présidentielle, bien sûr.
Autre sujet, Mathias Tavel, qui est également une question de vie quotidienne et d'aider les plus fragiles. Il y a ce pouvoir d'achat qui est très attaqué, plus que jamais, par les prix du carburant qui n'ont jamais été aussi hauts en France. On attend des annonces du gouvernement cet après-midi, mais des aides ciblées et pas de baisse de taxes généralisée ou de blocage des prix. Est-ce que vous pensez que ça peut suffire à calmer la colère ?
Mais
non, les aides ciblées, c'est ce que déjà le gouvernement a mis en place. Et d'ailleurs, personne n'y a droit ou très peu de monde. Même les aides à domicile que j'ai rencontrées à Saint-Nazaire nous disaient qu'on gagne un peu trop pour y avoir droit. La question,
c
'est bloquer les prix et les marges. Parce que pendant qu'on parle, la marge des raffineurs, elles ont été multipliées par 7. Les profits de Total cette année vont quasiment atteindre 20 milliards d'euros. Donc ce n'est pas vrai que c'est aux gens de se serrer la ceinture quand ils vont à la pompe ou que ce serait à l'État de baisser les taxes pour financer les profits de Total qui finiront en dividende pour ces
actionnaires. Donc ce sont
les pétroliers, les
raffineurs, c'est eux qui... Il faut bloquer les prix et bloquer les marges pour permettre aux gens de vivre et pour permettre aussi aux entreprises de ne pas mourir. Parce que vous avez tout un paquet d'artisans, de professions libérales d'aide à domicile qui ne peuvent même plus travailler
tout
simplement parce que le carburant est trop cher. C'est quand même un comble. Et puis surtout, il faut aller à fond sur la transition écologique, ce que M. Macron n'a pas fait depuis 10 ans. Il faut rattraper le temps perdu.
Mathias Tavelle, on voit bien quand même que les finances du pays sont dans un état catastrophique, qu'il
y
a un endettement abyssal. Est-ce que c'est encore possible de faire des promesses, de faire campagne, de dire des choses, de donner du rêve peut-être aussi à certains
? Oui,
mais ce n
'est
pas donner du rêve, c'est affronter les défis. Si depuis 10 ans, on avait affronté le changement climatique et on s'y était préparé, on aurait été un peu moins vulnérable à la canicule que cet été. Si depuis 10 ans, M. Macron n'avait pas vidé les caisses en supprimant l'impôt sur la fortune et en faisant toutes sortes de cadeaux aux plus riches, alors nous ne serions pas dans la situation budgétaire dans laquelle nous sommes. Donc, il est temps de réparer les dégâts que M. Macron a commis et de rattraper le temps qu'il a fait
perdre au pays. Il a
aussi fait un quoi qu'il en coûte pour sauver une situation compliquée au moment du Covid. Vous ne pouvez pas le nier, c'est peut-être ça aussi qui a créé ce trou.
Non, évidemment qu'il fallait faire cela, mais le trou, il vient d'avant. Il vient notamment des décisions des cadeaux fiscaux, des baisses de recettes, de la suppression de l'impôt sur la fortune qui ont été décidées en 2017 par M. Édouard Philippe à l'époque. Non, si on veut remettre le pays d'aplomb, il faut commencer par remettre de la justice, et de la justice fiscale, de la justice sociale dans ce pays. Et pour ça, clairement, pour dire stop à l'injustice, il faut dire stop au macronisme.
Mathias Tavelle, merci beaucoup d'être venu en direct ce matin sur ICI l'Ourocéan, député de la France Insoumise, du secteur de Saint-Nazaire. Bonne journée à vous.