Aller au contenu
Tous les transcripts
ChroniqueSébastien Gobert· 1 juin 2025 9 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfenseÉconomie & entreprises

Journée noire pour l'aviation militaire russe - la pire depuis Barbarossa?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10Chiffre
    « 40 appareils détruits, c'est environ 34 % de la flotte russe de bombardier stratégique qui est partie en fumée aujourd'hui. »
  • 0:15Chiffre
    « Selon les services de sécurité ukrainien, le SBO qui a monté l'opération, cela représenterait une perte sèche de 7 milliards de dollars pour la Russie. »
  • 2:00Fait
    « On parle de cinq bases aériennes qui ont été visées sur le territoire russe. »
  • 3:00Chiffre
    « 117 drones FPV quadricopères qui ont été utilisés et manœuvrés à distance par des pilotes. »
  • 4:00Fait
    « L'opération Pavoutina toile d'araignée qui a été préparée dans le plus grand silence pendant un an et demi. »
  • 5:00Chiffre
    « On parle de plus de 40 appareils détruits sur une flotte d'environ 120. »
  • 6:00Chiffre
    « Le SBO estime ce soir les pertes russes à 7 milliards de dollars. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

40 appareils détruits, c'est environ 34 % de la flotte russe de bombardier stratégique qui est partie en fumée aujourd'hui. Selon les services de sécurité ukrainien, le SBO qui a monté l'opération, cela représenterait une perte sèche de 7 milliards de dollars pour la Russie. Et en tous les cas, ça marque une opération de sabotage à très grande échelle qui entrera à coup sûr dans les anales.

Bonjour à tous, c'est Sébastien et bienvenue dans cette vidéo où l'on marque le coup de cette journée hors norme dans la guerre désert. Évidemment par rapport à ce qui s'est passé en Russie mais aussi en Ukraine puisque une base militaire a été touchée ce matin, donc dimanche 1er juin, faisant 12 morts, 60 blessés et provoquant la démission du général Mirailo Drapati, le chef des forces de terre. Ça, c'est très important.

J'y reviendrai en conclusion. Il y a aussi un pont qui s'est effondré dans l'oblast de Briyansk en Russie et qui a fait 7 morts et 70 blessés. Mais on ne sait pas exactement la cause de cette tragédie et donc je ne l'inclus pas dans les opérations militaires.

Mais ce qui est sûr c'est que cette journée hors norme, donc en Russie et en Ukraine, ça intervient juste la veille du second round de négociation bilatérale entre les Ukrainiens et les Russes qui doit se tenir demain le 2 juin à Istanbul. Et donc ce qu'on voit c'est que les deux belligérants appliquent avec discipline la méthode de négociation dite gros mico qui consiste à exercer une pression maximale sur l'autre pendant les pourparler. Donc concernant ce qui s'est passé en Russie, c'est à la fin de la matinée qu'on a commencé à recevoir les premières nouvelles.

Vous avez sans doute vu passer beaucoup d'images. J'en rajoute ici dans le casre de cette vidéo. On parle de cinq bases aériennes qui ont été visées sur le territoire russe et des Russes ébais et impuissants face à ces attaques puisque ces bases aériennes étaient censé être hors de portée des drones ukrainiens.

Et précisément ces drones, ils ne venaient pas d'Ukraine puisque visiblement ils ont été assemblés en Russie et expédiés dans des poids lourds dans des camions de commerce avec des toits ouvrants qui ce matin se sont tous ouverts simultanément et en tout c'était 117 drones FPV quadricopères qui ont été utilisés et manœuvrés à distance par des pilotes. Ça, on le sait puisque maintenant que l'opération s'est soldée par un succès, Volodimir Zelenski et le chef du SBO nous ont déjà révélé beaucoup de détails ce dimanche dans l'après-midi. Donc c'est l'opération Pavoutina toile d'araignée qui a été préparée dans le plus grand silence pendant un an et demi.

Donc ça veut dire depuis janvier 2024. Et parmi les détails qu'on apprend sur cette opération c'est que visiblement un des ateliers d'assemblage de ces drones était situé tout près d'un bureau du FSB, donc les services de sécurité russe dans un endroit qui n'a pas été spécifié. Moi sur les réseaux je vois que ça aurait pu être à Tiabinsk, donc une ville qui est au sud de l'Oral et tout près de la frontière avec le Kazakhstan.

Mais il y a vraiment rien de trop confirmé. En tout cas, l'opération a bel et bien été montée en Russie et ça ça atteste de la capacité de projection et d'infiltration des Ukrainiens. Résultat de cette attaque, on parle de plus de 40 appareils détruits sur une flotte d'environ 120.

On parle de bombardier stratégique des Tupol F22, des Tupolf 95, c'est-à-dire des avions qui lancent des missiles balistiques à plusieurs centaines de kilomètres de distance pour aller frapper des cibles en Ukraine et notamment des cibles civiles. On parle aussi d'avion de transport militaire, par exemple au moins un Antonov 12 et on parle aussi potentiellement d'un A50, donc un avion de détection et de commandement aéroporté. Ça, j'ai pas encore vu de preuve de la destruction d'Ana50, mais si jamais s'est avéré, ça serait un coup dur pour la Russie puisque au début de son évasion, elle avait neuf appareils de ce type.

Elle en a perdu deux entre 2022 et 2025. Et si elle en a perdu un 3è aujourd'hui, c'est une nouvelle perte d'un avion hyper précieux pour la reconnaissance, aussi très cher et dont la Russie a besoin pour couvrir l'immensité de son territoire. Sur les réseaux sociaux russes, on parle de Perle Harbor, on parle de journée noire pour l'aviation russe.

Peut-être la pire journée depuis le lancement de l'opération barbarossa le 22 juin 1941. Et même si on n' pas tous les détaats et des avions qui ont été détruits ou pas, c'est véritablement une opération hors norme. Alors, qu'est-ce qu'elle nous apprend ?

Premièrement, que cette guerre n'arrête pas de repousser les limites de l'innovation. Et là, on peut le dire que les Ukrainiens ont fait preuve d'une audace difficile à imaginer. Il y a encore peu.

Cette opération, elle sera enseignée dans les manuels d'histoire militaire et les manuels de stratégie militaire, ça c'est sûr, car c'est une grande leçon de guerre asymétrique. Comme je l'ai dit, le SBO estime ce soir les pertes russes à 7 milliards de dollars. Peut-être que c'est moins, peut-être que c'est plus, mais en tout cas, c'est vertigineux quand on sait qu'un drone FPV coûte, allez, on va dire 600 dollars.

Et donc, vous imaginez là, c'était 117 drones x 600, ça veut dire environ 70000 dollars. Donc ça veut dire que l'opération tout compris, elle a pu coûter quoi ? 100000 dollars, 200000 dollars, 300000 dollars, mais en tout cas c'est bien moins que les pertes que ça a infligé à la Russie.

Et donc ça nous apprend énormément sur cette guerre asymétrique et par extension sur la nécessité d'adaptation des armées européennes. Deuxièmement, la deuxième leçon que moi je tire, c'est que les Ukrainiens démontrent encore une fois leur capacité offensive et leur capacité de projection sur le long terme. Puisque 1 an et demi de préparation d'opération, c'est quand même une durée très longue quand on fait face à une invasion existentielle qui menace la survie de votre état.

Troisièmement, cette opération, elle prouve que au moment où le soutien des États-Unis faiblit, les Ukrainiens, eux, ils gagnent en autonomie. Ils développent leurs propres capacité de projection stratégique et il demande de moins en moins l'autorisation de l'utiliser. Et d'ailleurs, c'est très symbolique puisque il y a 29 ans, jour pour jour, le 1er juin 1996, l'Ukraine avait achevé le transfert des ogives nucléaires soviétiques vers la Russie dans le cadre du mémorandum de Budapest.

À l'époque, elle se croyait protégée par les grandes puissances dont la Russie. et clairement ça ne lui a pas vraiment porté bonheur. Et donc 29 ans après et bien elle retrouve elle trouve son autonomie stratégique.

Quatrièmement, c'est une opération qui devrait en toute logique donner un certain répi aux Ukrainiens et peut-être aux villes ukrainiennes parce que 34 % d'une flotte de bombardier stratégique en moins et bien ça fait mathématiquement moins de capacité de tirer des missiles balistiques. Après, je dis ça, mais il faut aussi être réaliste dans le sens pessimiste puisque on peut s'attendre, en toute logique, à une riposte russe dans un futur très proche. Et si les Russes ne tirent plus de missiles balistiques, ils peuvent toujours envoyer des raides de drone shaed amélioré ou encore même des missiles balistiques de portée intermédiaire auchnik qui peuvent être porteurs d'ogives nucléaires.

Il y a déjà eu des menaces aujourd'hui en ce sens. Donc, on doit s'attendre à une repost. J'aime pas utiliser le terme représaille parce que ça sous-entendrait que la Russie a été agressée et il ne faut jamais oublier que c'est elle qui a commencé cette invasion injustifiée, qu'elle occupe 20 % du territoire ukrainien, qu'elle a bouleversé la vie de dizaines de millions de personnes, que ce soit sous occupation dans le reste de l'Ukraine ou à l'étranger.

Et l'Ukraine ici est dans une position de légitime défense. Cinquièmement, la 5è leçon de cette opération, c'est probablement une leçon que les négociateurs ukrainiens présenteront demain à leurs homologues russes à Istanbul. La principale demande des Ukrainiens, c'est un cesser le feu.

On a eu plusieurs détails sur leur demande ce weekend, ce qui est en désadéquation avec les demandes russes qu'ils sont elles plus politique. Est-ce que ce coût d'éclat aujourd'hui peut donner plus de poids au négociateurs ukrainien demain ? Ça, on le saura suffisamment vite.

Mais en tout cas, une demande de cesser le feu après le succès d'une telle opération, ça a plus de poids, ça c'est sûr. Après, comme je l'ai dit en introduction, cette journée n'a pas été que positive pour l'Ukraine puisque une attaque sur une base militaire ce matin a fait 12 morts, 60 blessés et c'est d'ailleurs assez effarant, je le dis entre parenthèses, que ce genre d'erreur de rassembler beaucoup de soldats au même endroit se reproduisent puisque l'Ukraine a déjà souffert beaucoup de ça ces dernières années. Les conséquences directes de cette attaque, le général Mirailo Drapati, le chef de l'armée terre, a présenté sa démission.

Mirailo Drapati, c'est un des généraux les plus compétent de l'armée ukrainienne, un des plus dignes aussi, ce qui explique qu'il démissionne aussi rapidement après une erreur comme ça. Il avait beaucoup œuvré pour consolider le front du sud-est, pour renforcer la coordination entre les unités, pour mener quelques contreoffensives localisées autour de Pokrovsk pour fortifier les lignes arrières. J'en avais déjà fait plusieurs mentions dans mes précédentes vidéos et ça va être clairement une perte assez dure pour l'armée ukrainienne, surtout à l'heure où les Russes poussent dans plusieurs secteurs.

Alors avec cette opération coup d'éclat contre l'aviation russe, les Ukrainiens prouvent encore une fois leur capacité offensive et leur capacité à affaiblir structurellement là pour le coup l'armée russe. Mais il reste en position défensive sur le terrain. Les Russes continuent à grignoter.

Ce genre d'opération, ça ne peut pas se monter tous les jours et en plus on doit s'attendre à une ripost russe dans un futur proche. Donc en dehors des leçons que moi je peux tirer à chaud, j'ai l'impression qu'il va quand même falloir attendre que la poussière retombe pour voir la portée réelle de cette opération. En tous les cas, quel que soit le côté où penche la balance, cette opération, elle restera clairement gravée dans les annales.

Merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'au bout. le file et je vous retrouve très vite.