«Cette croix suscite de la convoitise et de la haine» affirme Joseph Macé-Scarron au sujet de son
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Europin soir 19h 21h Pierre de Ville avec mes camarades de la deuxème heure bonsoir Alexandre Malafaille bonsoir Pierre de Vill fondateur du Singopia bonsoir Gill Boutin bonsoir Pierre journaliste en politique économique au Figaro et bonsoir Joseph Massescaron bonsoir mon cher Joseph qui est en invité ce soir il est écrivain il est esséiste. On a lu beaucoup de ces livres et notamment le dernier, la croix des ténèbres qui paraît aux presses de la cité. Alors, je le disais tout à l'heure, on va pas parler de politique mais quand même aussi un peu parce que il y a des croupuscules identitaires qui se cachent, qu'on croit décelé mais c'est pas si simple parce que c'est un roman noir, c'est un thriller et on a là un capitaine de gendarmerie qui enquête avec une archiviste.
On est dans le pays d'Anjou. Tout part du au moment où une croix qui devrait être là n'est plus là. Et puis euh RA d'une bête euh un gros chien, c'est pas le chien des Baskerville pas loin, il est euh j'allais dire c'est un chien de Baskerville 5.0, c'est-à-dire on est quand même en 2025, ça a évolué depuis et il y a des techniques qui font que ça peut devenir un chien des Barcville couplé avec Terminator.
Dernièrement, il y a en effet des euh il y a des nouvelles, je crois, il y a une dizaine de jours qui qui disaient que des chercheurs étaient arrivés à partir de d'ADN à reconstituer un loup qui était vieux de 13000 ans. Voilà. Bon, en tout cas, ça laisse des possibilités, ça laisse beaucoup de possibilités et il arrive évidemment toujours tout est, j'allais dire sous cap comme dans tout thriller.
C'est un c'est un roman qui est qui se lit comme un thriller effectivement puisque çaen est un. Mais je le disais, il y a aussi quelques touches de votre métier d'observateur politique, des groupuscules, des critiques qu'on peut faire de certains groupuscules identitaires, des folies de l'humanité qui se transforment en groupuscules différents. Il y a ça aussi qui intervient dans votre livre.
Oui, parce que ce qui ce qui est important pour moi, c'est que alors d'abord le polar c'est un instrument extraordinaire. C'est et je je le dis et euh et qui provoque d'abord parce qu'il provoque beaucoup de plaisir et j'espère que le lecteur sentira le même plaisir que j'ai prouvé à l'écrire, mais aussi parce que dans le polard, il y a beaucoup beaucoup de choses que vous pouvez dire et que aujourd'hui vous en fait même dans des excellentes maisons d'édition, on va vous dire ça c'est pas possible. Vous ne pouvez pas dire ça si vous faites un essai voulez dire si vous faites un essai et même dans la littérature blanche vous étonner même dans la littérature blanche même dans de grandes maisons que je ne vais pas citer de très grandes maisons de très grandes maison il y a on vous dit ah non ça ça va pas être possible comme dans la chanson non ça va pas être possible alors que dans un roman policier dans un polar ou dans littérature noire ce n'est pas vous qui parlez c'est l'assassin c'est la victime c'est le flic et du coup vous arrivez à faire passer toute une marchandise de contrebande à travers le thriller et ça ne pose aucun problème.
Et ça, excusez-moi, j'adore ça. Ben oui, voilà. Vous défausser.
Ah oui, je me défausse totalement et je je je prends d'autant plus de plaisir que il y a eu pendant tellement longtemps ce qu'on appelait euh la une sorte de de de règne du polar social qui expliquait que la situation actuelle des assassins s'expliquaiit par un mal. Le mal subi. Le mal subi.
Pourquoi ? parce que une enfance malheureuse, de mauvaises notes à l'école, un chagrin d'amour et cetera et cetera, des agressions que moi je je j'ai choisi d'aller plutôt vers le mal choisi et délibérément choisi parce que je pense qu'il y a ça c'est ma conviction intime he c'est le mon 3è polar et croix la croix des ténèbres mais pour les trois c'est pareil je pense vraiment intimement que le malin murmure à l'oreille peut murmurer à l'oreille de tout le monde. Ensuite après bah vous l'écoutez ou pas et c'est ce qui s'appelle le libre arbitre mais ça c'est ce qui s'appelle le polar le mal choisi et délibérement choisi.
Alexandre Malafaille. En tout cas je partage votre point pour avoir écrit quelques polars aussi. Je reconnais que quand on raconte une histoire on peut aussi raconter l'histoire et c'est ça qui est très intéressant.
C'est un art ça puis quel plaisir d'écrire des voilà des des des mettre en scène des personnages remonter dans le temps, dans l'histoire. Enfin moi c'est c'est assez génial. Qu'est-ce qui vous a donné l'idée de ce livre ?
Le le point de départ, comment la magie de la création tout d'un coup se se fait lourd dans votre tête ? Alors, sur ce sujet, il y a il y a un point qui est un point euh réel, hein, c'est ça c'est euh d'abord, je suis historien, je pe vous euh vous savez, c'est-à-dire que moi, j'aime bien les faits, les les l'exactitude des faits. Et il se trouve que par hasard en jou dans une petite localité qui s'appelle Beoget enjou c'est à peu près une quarantaine de kilomètres d'anger il y a dans cette dans cette localité un couvent et ce couvent est gardé par h sœurs d'un certain âge et tout tout ça est vrai et elle garde elle garde depuis des siècles ce que l'on appelle la croix de Beaugé qui en fait est la vraie croix d'enjou qui va donner ensuite après la croix de Laoren Je dis ça aux personnes qui nous écoutent parce que la croix de Laoren n'est pas la croix de Loren.
C'est en fait initialement c'est la croix d'en jou croix elle est sortie de pierres précieuses et autres. Et évidemment quand gentiment ces bonnes sœurs l'ont montré parce que personne n'allait les voir personne n'allait voir cette croix. personne voir cette croix et elle est elle est assez grande, elle est impressionnante.
C'est un c'est un une croix qui est qui est censé d'après l'église en tout cas depuis le depuis les croisades contenir un morceau de la vraie croix du Christ en plus hein. C'est pas simplement un bien une relique précieuse, c'est une relique extrêmement symbolique. Et là je me suis dit toujours c'est voilà c'est et c'est un jeune qui découvre ça, il passe en moblette, il voit que la croix est plus là.
Voilà. Et ça voilà c'est à un moment donné évidemment cette croix elle suscite de la convoitise puis de la haine. Et j'essaie d'expliquer pourquoi évidemment c'est le début de ce scénar.
Et alors ce qui est assez amusant et c'est c'est puisque vous tous les lundis soirs avec moi dans repin soir vous commentez l'actualité euh Joseph Massescaron. Il y a généralement deux biaiss. Quand il y a des assassinats en masse, c'est soit un grouuscule, soit un taré.
Euh et là euh bah on a du mal à savoir parce que ça s'entremêle. C'est un peu comme les racines, les branches qui s'entremêlent, voilà, les mauvaises herbes. Et du coup euh vous nous baladez, j'allais dire euh d'un chapitre à l'autre et puis on voilà, on a on a un peu du mal.
Enfin, c'est le c'est le principe du polar. Gill Boutin, vous vouliez interroger notre ami ? Oui.
Donc vous vous amusez à tourner en déision les codes du roman noir. Donc je reviens sur cette facilité du groupuscule d'extrême droite puisque son c'est vers eux que se dirige les les les regards. Absolument.
Initialement au-delà du roman, ça c'est vrai que c'est un méchant ce ce grosuscule d'extrême droite qu'on retrouve assez souvent. C'est que le grosuscule d'extrême est automatiquement méchant. Voilà.
C'est évidemment évidemment c'est c'est et et c'est ce qu'il écrit très bien Joseph et et il est érigé en en menace suprême. Moi ça me fait penser au dernier film de Vincent Lindon qui raconte son fils qui sombre dans des une mouvance d'extrême droite. Est-ce que vous avez utilisé ce ce biais pour tourner en dérision plus globalement une forme de cécité dans l'analyse via des objets culturels que sont des des livres ou des ou des films ou des téléfilms ?
Quand on parle de cette dérive de l'extrême droite qui existe certes, il y a des gens qui font qui ont des actes menaçants, il y a eu des des menaces de d'attentat par ces mouvances. Euh cependant proportionnellement c'est résiduel par rapport à d'autres tels que l'islamisme. Donc c'est un choix de tourner en dérision la cécité dans je me suis amusé en tout cas à retourner la retourner bien sûr la situation et à poser d'ailleurs une question qui moi m'a interpellé parce que je c'est le journaliste politique qui ressort hein. cette terre qui est une terre la terre d'enjou qui est une terre où l'histoire est tellement est tellement importante où les guerres de Vendé Vendé militaire est tellement est vraiment présente.
Moi je je il m'est arrivé de d'aller dans des maisons visité, il y avait toujours la ligne noire, une démarcation ligne noire et je disais aux personnes tiens vous n'avez pas effacé ces liges noires. Ah non monsieur non non personne ne l'a effacé les propriétaires d'avant non plus parce que cette ligne noire c'est la maison a brûlé pendant la révolution française. Et ça c'est quelque chose de de Mais cette terre angevine qui est une terre avec une identité extrêmement forte, c'est ce que je décris dans ce livre.
En même temps, ce qui me frappe c'est que elle ne comment dire en terme politique, elle ne se traduit pas par comment dire une une hystérie identité au totalitaire. C'est une identité solide. C'est plus un taillot.
Voilà, c'est absolument voilà et c'est c'est surtout une paire historique française historique bien sûr avec une identité très forte une identité très fort d'où ma d'où mon interrogation est-ce que finalement cette cette tradition cette identité forte et bien n'est pas paradoxalement le meilleur rempart contre une forme de totalitarisme qui vient voilà est-ce que vous pensez qu'on peut faire de la politique sans bien connaître l'histoire de son pays C'est une excellente de question. Euh je vise personne. Est-ce que est-ce que la réponse est pas dans la question ?
Non, parce que on assiste à une évolution assez manifeste. Euh je reviens pas sur les déclarations des uns ou des autres. Ceux qui sont pris les pied dans le tapis en mélangeant les auteurs, en oubliant les références, en sachant plus qui était le moment du Front populaire et cetera.
Voilà. Mais on a le sentiment qu'il y a un appauvrissement. Est-ce que ça peut poser un problème euh cette absence de profondeur historique dans finalement la gestion du présent et de l'avenir sans regarder un peu d'où on vient et ce que ça représente pour beaucoup de gens ?
Ça ça pose à mon sens un problème fondamental qui est qui est un du sujet du du livre. Alors je rassure quand même ce livre n'est évidemment pas un essai. C'est c'est un thriller avec des chapitres très courut pas trop entrer dans les détails parce qu'près comme on dit mais mais faut je dois répondre à cette question.
Oui parce que ce qui est en jeu c'est la transmission. C'est la transmission et ça c'est véritablement le grand défi pour tout politique parce que derrière la transmission vous avez tout. Vous avez bien sûr le régalien, vous avez la démographie, vous avez le patrimoine aussi environnemental.
C'est pas simplement des éléments dit de droite entre guillemets. Donc cette question de la transmission, si vous avez pas d'histoire et aussi si vous ne connaissez pas bien sûr la géographie, le territoire, vous ne connaissez pas l'histoire. Donc vous vous ne pouvez pas vous orienter dans le temps, vous ne connaissez pas la géographie territoire, vous ne pouvez pas vous orienter dans l'espace.
Bah sans temps, sans sans temps et sans espace. Et bien étonnez-vous que aujourd'hui il y a autant de personnes désorientées ? Il y a il y a une chose que vous faites et qui est pas commune dans ce thriller parce que c'est quand même difficile de mettre autant j'allais dire d'ingrédients.
C'est que vous arrivez vous arrivez à vous enfin quand on lit un peu entre les lignes quand on a l'esprit mal tourné comme moi, euh vous vous moquez en fait de certains romans noirs. C'est que vous utilisez des notamment les fameux cliffangers qui a en fin de chapitre. Ouais. ta et et on sent mais c'est aussi parce que je vous connais bien, c'est que on sent que vous vous moquez un petit peu aussi de on va pas citer les auteurs mais des des de certains romans noirs, ce qu'on appelle les romans de gare.
Oui, c'est vrai. C'est il y a beaucoup de il y a il y a beaucoup de patos comme on dit en littérature. Il y a beaucoup de patos.
Il y a beaucoup beaucoup aussi de de digression. Moi ce qui m'étonne enfin ce qui m'étonne toujours, alors je suis lecteur évidemment de Polar euh j'avoue que j'en ai moi assez des digression par exemple interminable sur la la manière dont la personne a été tuée qui peut prendre 10 pages. Donc elle a été iniée, évicérée, écartelée, enfin bref une seule et même personne hein.
Donc c'est encore un peu de ketchup le temps le temps que le pauvre lecteur parfois passe chez le médecin légiste, vous pouvez le faire en deux trois pages. Et ça, moi j'étais bibronné à Simnon ou et ça c'est quand même, ça reste la meilleure école. La meilleure école évidemment pour moi c'est l'école, c'est c'est quelque chose de le modèle absolu parce que en quelques phrases, vous pouvez décrire un lieu, une situation et aussi un milieu professionnel.
Joseph Messescaron, la croix des ténèbres, s'est publié au presse de la cité. Nous vous le recommandons chaudement. Merci Jeep.
C'est moi qui vous merci.
Else Joseph