Philippe Baptiste : "La technologie et l'IA doivent être au cœur des débats de la présidentielle"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Je crois que c'est pensé, c'est des sujets dont on va discuter. Vous savez que le président de la République organise à Toulouse...
Eh pas à Toulouse, pardon, à Paris, excusez-moi, à Paris...
C'était une annonce ? Ben oui, non, non, je sais...
Pardon, excusez-moi. À Paris...
À Paris, le 9 et le 10 septembre prochains, un sommet spatial international. Et entre autres, il y aura évidemment nos partenaires européens plus les grands partenaires internationaux. Et on ne discuter pas de ces différentes questions.
Il y aura les États-Unis ? On est en train de discuter aujourd'hui et je n'ai pas d'annonce à faire sur le sujet. Mais juste, on en revient parce que vous parlez des satellites et du fait de la constellation que l'Europe souhaite envoyer.
Elon Musk, il a 10 000 satellites environ en basse orbite. Nous, comment on place nos satellites ? Je crois que l'Europe, elle ambitionne d'en envoyer 440 en 2026.
Comment on les place et est-ce qu'il n'est pas en train juste de saturer l'espace et du coup de jouer sur notre souveraineté ? Aujourd'hui, il y a deux constellations de satellites qui sont opérationnelles. Il y a celle d'Elon Musk, gigantesque constellation essentiellement destinée à des clients qui sont des clients B2C, des clients, des clients, des particuliers.
Et puis à côté de ça, il y a une deuxième constellation qui est opérationnelle et qui est une constellation européenne avec une forte part française, c'est OneWeb, la constellation de Telsat qui fonctionne, qui est opérationnelle avec moins de satellites. Mais vous savez, il n'y a pas simplement le nombre de satellites, c'est aussi la façon dont ils sont positionnés, leur orbite, la technologie qui est embarquée. – Donc il n'est pas en train de saturer l'espace pour nous empêcher de placer nos satellites comme on le veut ? – Non, alors il n'y a pas d'enjeu.
Alors il y a des enjeux d'encombrement de l'espace, bien sûr. Il faut être quand même très prudent sur le sujet. C'est-à-dire qu'on est en train de parler aujourd'hui de milliers de satellites, de dizaines de milliers de satellites.
OK, mais il faut le voir qu'ils sont placés au-dessus de la Terre, à 400 kilomètres au-dessus de la Terre, sur une surface, vous voyez, qui est encore plus grande que celle de toute la Terre. Donc ils ne vont pas… Enfin, il faut faire attention, il ne faut pas qu'il y ait de collision, il faut respecter un certain nombre de règles. – Et notamment pour nos satellites d'observation militaire ? – Bien sûr. – Il n'y a pas de problème.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, notre souveraineté, elle n'est pas mise en danger par...
Non, ce n'est pas la question de l'encombrement. Il y a des enjeux autour de ça, mais il n'y a pas de risque. Il peut y avoir des questions autour des fréquences et ça, c'est des points qui sont des points parfois de friction et des points difficiles qu'on a avec nos partenaires américains.
Pourquoi ? Parce qu'autant sur les encombrements et les collisions on s'est gérés, à peu près sur les fréquences il y a un encombrement et évidemment ils sont très gourmands et nos partenaires américains aimeraient bien en particulier mettre la main sur nos fréquences et ça évidemment il n'en est pas question mais comment les empêches bon parce que simplement on est maître chez nous on est maître au dessus de l'europe et donc la question se pose même pas christelle je suis juste un mot alors avant de parler de l'intelligence artificielle parce que on a alors évidemment c'est thomas thomas pesquet qui fait la fierté des français arnaud prosse les deux astronautes qui vont et sophie et sophia no qui est actuellement dans l'ISS mais mais juste thomas pesquet arnaud prosse ils vont s'envoler à nouveau dans l'espace en 2027 dans deux missions distinctes sauf que ce sont des missions menées par une entreprise américaine vaste est-ce que déjà en soit c'est pas un problème ben non alors en fait c'est d'abord ils vont ils vont partir dans l'espace pour mener des missions scientifiques pendant à chaque fois une quinzaine de jours ou un petit peu plus et donc travailler pour faire de la science. Ils étaient obligés de faire, c'est une entreprise américaine Alors, mais en fait, c'est de nouveaux partenariats qui aujourd'hui sont en train de se créer.
On a une entreprise américaine vaste qui d'ailleurs va mettre son siège européen en France. Donc ça, c'est quand même une très, très bonne nouvelle. C'est aussi un enjeu des enjeux de Développement conjoint.
Ils sont en train de construire une station spatiale qui sera une station spatiale privée. Arnaud Prost sera pilote d'essai, donc il sera aussi justement dans le premier vol sur cette station. Il va jouer un rôle clé.
Enfin, donc c'est aussi extrêmement valorisant pour le savoir-faire, non seulement de nos astronautes, mais aussi le savoir-faire de nos équipes en France et je pense en particulier aux équipes du CNES. Donc tout ça est à la fois, je pense, très valorisant. Il y a beaucoup de science, beaucoup de technologies derrière.
Donc c'est une bonne nouvelle et c'est quelque chose dont on peut être fier je crois aujourd'hui. On aura trois astronautes, trois jeunes astronautes qui sont aujourd'hui, qui portent aussi l'image de la science, l'image de la technologie et je pense vraiment que c'est un motif de fierté. On va parler de l'intelligence artificielle puisque Sébastien Lecornu annonce donc ce matin que la France va investir 650 milliards d'euros supplémentaires dans millions d'euros supplémentaires dans l'intelligence artificielle.
Alors il y a des choses très concrètes pour les Français, c'est à dire qu'ils pourront pour des questions de santé passer par l'intelligence artificielle pour faire un premier tri dans la pratique des soins. Il y a aussi une intelligence artificielle pour les agents de la fonction publique. Et puis, il annonce également sélectionner une société française, Chapvision, par la DGSI en substitution à l'américain Palantir.
Ça y est, c'est le réveil de la France – Mais je pense que ce réveil, la France le porte depuis un bon moment. Un bon moment. La question c'est le réveil européen.
Je pense que c'est ça la question aujourd'hui. Je pense qu'aujourd'hui, cette question d'avoir une forme d'autonomie sur nos différents C'est une position historique de la France qui date d'il y a déjà quelques décennies. Et ça, c'est quelque chose qui est profondément porté.
Il faut qu'on s'en donne les moyens. Et de ce point de vue-là, les annonces du Premier et ministre vont vraiment dans le bon sens et je pense vraiment qu'on est dans une dynamique qui va dans le bon sens. Mais il faut aussi qu'on trouve des coalitions européennes et que ce soit pensé et porté européen.
Et ça veut dire que derrière, c'est de nouveau les enjeux d'autonomistes vis-à-vis de nos grands partenaires, qui restent des partenaires. C'était vrai pour le spatial, c'est vrai pour le numérique. Les Etats-Unis sont aujourd'hui notre premier partenaire et on a envie de continuer à travailler avec eux.
Mais cette envie de travailler avec eux, ça ne veut pas dire pour autant que c'est la vassalisation heureuses. Ça veut dire aussi qu'on a notre forme d'autonomie, notre forme d'autonomie stratégique, notre forme d'autonomie technologique. C'est absolument indispensable.
Si on veut avoir un avenir, si on veut avoir un avenir de Français et d'Européens, il faut qu'on soit capable de développer ça. Sinon, et je pense vraiment qu'on est à un moment qui a un moment de rupture, c'est-à-dire qu'on voit bien qu'aujourd'hui, en fait, il y a des investissements dans la technologie, dans l'IA, partout dans le monde, qui accélère à une vitesse absolument incroyable. Soit nous, on est capables, effectivement, de dire que oui, banco, on y va, on investit.
Et investir, ça veut dire qu'on investit sur toute la chaîne, de la recherche la plus amont, parce que quand vous faites de l'IA, vous faites des maths, ça veut dire que vous avez besoin de mathématiciens, de statisticiens et d'algorithmiciens. Donc vous faites des maths et vous faites toute la chaîne qui va de l'amont jusqu'à Laval, donc du laboratoire jusqu'à Mistral, pour faire simple. Soit on est capable de le faire, soit à un moment ou à un autre, eh bien on va tomber dans une forme de...
On va être relégué en deuxième division. Excusez-moi, je vais vous ramener à la politique française, mais là vous parlez d'investissement à long terme. Quand nos partenaires européens observent l'instabilité qu'il y a en France politiquement et qui va être encore celle-ci jusqu'aux prochaines élections présidentielles, est-ce qu'ils arrivent à parler avec nous ?
Est-ce qu'ils ont confiance encore dans la France ? Et est-ce qu'on peut faire des investissements aussi long terme quand on représente une instabilité comme celle de la France aujourd'hui ? Vous savez, ce week-end, j'accueillais à Nice le Premier ministre Modi et j'avais le plaisir d'accompagner le président de la République.
Et je peux vous dire que cette confiance, elle est là. Cette confiance, elle est là et elle dépasse simplement les mandats des uns et des autres. Je crois qu'il y a une vraie confiance aujourd'hui.
Malgré l'inconnu qui pèse sur les sciences ce présidentiel prochain Je crois, par contre, et ça vraiment c'est ma conviction personnelle, il faut que ces sujets-là soient au cœur des débats de la prochaine élection. Parce que c'est l'avenir de notre pays sur le moyen long terme. On est à un moment de bascule.
Soit on continue à investir sur notre modèle social en réduisant les dépenses d'avenir. Et à ce moment-là, je crois vraiment qu'on va dans le mur. Je crois vraiment qu'on va dans le mur.
Soit on est capable de rééquilibrer les choses pour simplement garantir ce modèle social. On a besoin de science, on a besoin de technologie, on a besoin d'innovation, on a besoin d'entreprises innovantes parce que c'est ces sujets-là qui vont porter la croissance de demain. Et si on n'est pas capable de le faire maintenant, et si on se dit juste qu'on met des sparadraps et des scotchs sur notre modèle social, on va dans le mur.
Donc il faut absolument que ces sujets soient au cœur du débat politique et je vais dire franchement les choses, je regrette que ce ne soit pas plus le cas, y compris au Parlement. – Alors c'est un peu le cas parce qu'en tout cas dans les candidats à la présidentielle, beaucoup en parlent, Raphaël Guzman en a parlé ce Gabriel Attal. Si on rate la révolution de l'intelligence artificielle, c'est l'appauvrissement généralisé de la France et de l'Europe de demain.
Nos enfants, nos petits-enfants, pour travailler auront le choix entre servir du café aux Américains ou du thé aux Chinois. Vous êtes d'accord avec lui ? Oui.
On va vers un appauvrissement généralisé s'il n'y a pas de réveil de la France ? D'abord, le réveil a déjà eu lieu. Aujourd'hui, en IA, je vous passe la manière de calculer ça, mais globalement, on est le quatrième ou cinquième pays au monde pour l'intelligence artificielle.
En termes de nombre d'investissements, en termes de qualité de la recherche, on a des atouts qui sont très forts. Je vous en citerai deux. On a une électricité décarbonée, donc ça veut dire que derrière, on est capable d'accueillir des data centers, on n'est on a des chercheurs, on a la première école mathématique au monde.
Donc je veux dire, on a des atouts qui sont des atouts très forts. Mais par contre, il faut investir. On a déjà beaucoup investi.
Depuis 2017, on doit être à 2 ,5 ou 2 ,6 milliards d euros d'investissement sur l'IA. C C'est comme ça aussi. Mais vous allez faire appel au privé parce que, pardon, on est tous les 655 millions.
Mais bien sûr qu'il faut faire appel au privé et c'est pour ça. Regardez Mistral. Mistral est là. 'est aujourd'hui la seule alternative européenne qui a été quand même beaucoup initiée par la France.
Et moi, je salue tout le travail qui a été fait, qu'il y a des modèles qui sont extrêmement efficaces. Il faut qu'ils progressent sur toute la dimension argentique, etc. Mais ça, c'est à Mistral de décider.
Ce n'est pas à moi de décider de ça. Mais par contre, en tout cas, c'est la seule alternative crédible européenne. Moi, j'y crois et je pense vraiment qu'il faut à un moment donné se donner les moyens pour avoir les succès de demain.
Vous dites trop investir dans la recherche. Début mai, l'Académie des sciences a exprimé sa vive inquiétude sur une cure d'austérité sans précédent qui touche notamment le CNRS et, disent-ils, les plaçant les chercheurs dans une instabilité inédite. Les coupes budgétaires passées à venir, est-ce qu'on n'est pas en train de sacrifier la recherche française ? – Non, alors je pense qu'il y a un sujet qui est un sujet technique.
D'abord il y a eu une loi, qui est une loi de programmation de la recherche. Cette loi de programmation de la recherche, elle a permis de faire quand même beaucoup de choses. Il ne faut pas l'oublier, on a On a nos tensions aujourd'hui, je vais les rappeler en 30 secondes.
Première chose, on a très significativement augmenté les salaires au travers de l'indemnitaire, il n'y avait quasiment pas d'indemnitaire. Vous savez que dans la fonction publique, ça compte pour les chercheurs et les enseignants chercheurs, il y a eu une hausse très significative. On parle de 7000 euros en moyenne par exemple pour des enseignants chercheurs ou des chercheurs.
Donc il y a eu un vrai effort qui a été fait, des salaires pour les doctorants qui ont été très significativement augmentés, etc. Premier point Deuxième point, qu'est-ce qu'on a fait aussi ? On a énormément travaillé sur l'Agence nationale de la recherche c'est-à-dire qu'on a augmenté les taux de succès avant on avait des taux de succès pour les chercheurs les chercheurs s'épuisaient à déposer des projets qui avaient des avis négatifs on est revenu à des taux de succès qui sont à peu près normaux grosso modo un projet sur quatre donc des gros efforts de financement il faut qu'on continue maintenant il ya des difficultés ponctuelles on est dans un budget qui est très contraint de avec une instabilité parlementaire qui est celle qu'on connaît aujourd'hui.
On contribue à l'effort, on a tapé dans la trésorerie des établissements pour utiliser la trésorerie disponible pour faire vivre les établissements, on est au bout de cet exercice-là. – Un mot rapidement, Philippe Baptiste, pardon, parce que le temps file, vous parlez du Parlement, un mot sur votre casquette, vous êtes ministre de l'Enseignement supérieur, votre projet de loi pour réguler l'enseignement supérieur privé a été votée au Sénat il y a 15 jours. C'est pour lutter contre certains abus qu'il y avait dans ces boîtes privées.
Il sera examiné quand à l'Assemblée ? Est-ce qu'il pourra rentrer en vigueur à la rentrée 2027 ? Alors, c'est absolument essentiel.
Moi, je porte évidemment ce projet je voudrais en particulier saluer la qualité du débat qu'il y a eu au sénat sur ce sujet là c'est un sujet c'est un projet qui est essentiel pourquoi parce qu'en fait il permet de réguler par la qualité et donc de dire que l'apprentissage c'est juste génial il faut sa permis de ça ça révolutionne un peu l'enseignement supérieur et c'est très bien il faut continuer leur enseignement supérieur privé j'ai aucun problème avec l'enseignement supérieur privé l'essentiel des formations sont de très bonne qualité maintenant le seul problème c'est qu'il ya eu des moutons noirs dans cette histoire là il faut s'en débarrasser il faut pouvoir les sortir en les régulant par la qualité c'est le but de ce projet de loi il a été rappelé aussi par la présidente de l'assemblée nationale il ya quelques jours et je pense qu'il faut absolument qu'on travaille là dessus il faut que moi j'espère que ce texte sera inscrit au début septembre à l'assemblée maintenant maintenant on sait tous que le calendrier parlementaire est embouteillé et évidemment je me battrai pour qu'il soit inscrit mais merci beaucoup merci Philippe Baptiste d'avoir été notre invité Christelle la une de la dépêche c'est les bleus
Philippe Baptiste