ITINÉRAIRES : DES GILETS JAUNES SUR LA ROUTE AUX LYCÉENS DANS LA RUE
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- 3:36Fait
« Donc elle pouvait être infirmière à Lille ou à Paris mais elle n'aurait pas eu de revenu qui lui aurait permis de de payer son logement et cetera. »
- 5:05Fait
« Il y a donc mon mari en situation d'handicap et mon fils aussi. Donc et il a 10 ans donc il était vraiment petit à ce moment-là. »
- 5:50Chiffre
« Les allocations familiales, vous les voyez augmenté, vous les voyez stagner. Qu'est-ce que ça fait ? Euh stagner ou même ou même baisser. »
- 6:35Fait
« Sur les ronds-points, j'y retourne sur les choses euh on va dire calmes, j'y retourne parce que c'est vrai que comme on disait tout à l'heure avec Erica, euh c'est il y a il y a quand même pas mal de violence maintenant »
- 7:20Fait
« Mais la violence des forces de l'ordre, elle est elle est importante et elle est beaucoup plus présente de bonheur. »
- 8:48Fait
« Qu'est-ce que vous avez gagné toi d'après toi ? pas grand-chose, pas grand-chose parce que on en a vraiment pris plein la tête par certains habitants mais du gouvernement »
- 9:32Fait
« Nous, on veut que ceux qui travaillent, on reconnaisse leur travail, donc qu'il soient payés à hauteur du travail qu'ils font »
- 10:16Fait
« il fallait plus se rassembler à plus de quatre ou cinq personnes si donc en fait on on était toujours au rond-point mais on faisait des petits groupes par-ci parl pour pas être délogé »
- 11:43Fait
« on crève de chaud là, non ? Ouais. Ouais, ça va ou juste un peu. Et puis en fait, comme j'ai un problème, c'est que mon ma clim, elle sent le vomi. »
- 12:35Chiffre
« On s'en sort à combien là ? 84 € alors que j'ai pas fait le plein. Ça veut dire que mon plein il est à 120 € à mon avis. »
- 12:48Fait
« Donc c'est quoi l'ordre des revendications que vous portez là ? Lors des revendications, c'est plus de profs, moins d'élèves dans les salles de classe. »
- 13:32Fait
« Les établissements, c'est des quasiment que des établissements qui ont été construits avant les années 80. C'est vieillissant. »
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Ça va ? il y a 8 ans ici, le 17 novembre 2018 lors de la première journée gilets jaune. avait des barrages à l'entrée de Pix Secours, à la sortie de Pix Secours au rond-point devant le Carrefour Damien, à la sortie du carrefour et nous on était en balade avec Didier Harley Davidson pour en moto pouvoir contourner les ronds-points et c'est vrai que c'était un temps où moi dès que je me posais, j'avais l'impression d'être un cahier de doléance sur patte et il y avait un besoin des gens d'expliquer comment ils étaient contraints de se priver sur leur budget, de priver tu leurs enfants de d'aller à l'université et donc là on se demande si samedi
prochain ça va recommencer. Il y avait un barrage là à peu près à l'entrée de flic secours. Le moulin était pas terminé et on se demandait comment on allait être accueilli. Un politique de gauche. Je me souviens que c'était une époque où tous les camarades disaient qu'il fallait surtout pas aller dans cet endroit-là, que ça allait être que les fachaud. Et on s'était dit nous on va aller voir, on va aller écouter, on va faire notre petit reporter. Je demander pourquoi vous êtes là pour le gasoil ? Non, on n'est pas là pour que pour ça. C'est un ralbor général et on a senti que c'était des citoyens avec qui il y avait tout à fait moyen de discuter. Donc là, on va retrouver Cryptel qui une ancienne gilets jaune mais sans doute que c'est gilets jaune un jour, gilets
jaune toujours et Erika qui a envie de le devenir là cette année. Et puis on va voir si va avoir une une jonction avec les lycéens. Bonjour. Bonjour. Ça va ? Vous privez sur quoi là ? Sur sur les choses que les certaines choses que les gamins ils peuvent demander ou certaines petites choses quoi. Mais on est bien obligé de manger, c'est ça le truc. Vous avez combien d'enfants à la maison ? 4 vous accompagne. Oui, on n'est pas parti en je sais plus quand est-ce qu'on est jamais parti en vacances. C'est sympa à comprendre. Il y a pas de vacances mais en plus euh il y a pas de loisir, ils font du sport hein parce que ben je peux pas les priver de tout non plus. Là la grande ma plus grande elle est elle est partie faire ses études sur Amien. Donc elle a dû prendre un petit logement étudiant, une chambre étudiante dans les crousses. Elle est obligée de se débrouiller elle-même quoi. C'est pas possible. C'est c'est Heureusement qu'elle est travail. Bah elle est sa peur à côté ici à secours. Oui. Donc elle rentre le weekend pour
être sa peur et la semaine à l'écolef à la fac. Et donc elle a une bourse ? Oui, elle est boursière. Oui. Euh et ben c'est ce qu'il aide aussi quoi. Hm hm. Elle fait des études de quoi du coup ? Alors là c'est très compliqué parce que si euh parcours supait pas ce fameux parcours sup, elle aurait été dans ce qu'elle veut. C'est quoi ce qu'elle veut ? Bah c'est infirmière. Hm. Elle a été acceptée sur des grandes elle a un très bon dossier. C'est pas parce que c'est ma fille mais elle a un très bon dossier. Elle a été acceptée sur des grandes écoles à Lille mais elle pouvait pas être sa peur donc c'était pas possible. À Paris également mais donc pas possible pour être sa peur.
Donc Amia elle était en liste d'attente. Donc ben voilà, on en est resté à la liste d'attente interminable pour devenir infirmière. Donc elle pouvait être infirmière à Lille ou à Paris mais elle n'aurait pas eu de revenu qui lui aurait permis de de payer son logement et cetera. Donc vous êtes resté sur Amien. Mais du coup euh là elle fait quoi du coup à la place d'infirmière ? Elle est en fac d'art qui n'a rien à voir. Ah oui et donc ça l'intéresse pas trop. Bah, elle va non, elle va essayer de faire autre chose de de retourner en école d'infirmière l'année prochaine, mais on espère que cette fois-ci parcours sup pourra l'accepter. Donc vous aussi, vous êtes révolté parcours sup. Oui.
Bah oui. Avant, j'entendais les parents dire "Oh là là ! Parcours sup et tout, je dis "Oh mais non, on sait rien." Ouais, bah c'est ça, il faut y passer. Ah, je comprends tout à fait les jeunes là qui se révoltent pour parcours sub. C'est pas possible ça. Les enseignants quand ils sont pas remplacés, on a le droit d'être malade. Tout le monde a le droit. Mais dès lors où il y a un prof, là je parle pour une autre de mes filles, il est tout le temps absent parce qu'il est malade, il est pas remplacé. Les difficultés de l'éducation internationale, vous les vivez vous aussi ? Bah oui. Hm. Elle arrive en cours. Euh ah ben maman, j'ai 3 heures
d'absence. Qu'est-ce que je fais ? Je sais pas. Il y a 8 ans, vous étiez pas gilets jaunes ? Non, mais je soutiens le mouvement. Que vous aviez trop de travail avec votre mari et vos enfants. Ouais. Oui, oui, oui. C'est ça. Il y a donc mon mari en situation d'handicap et mon fils aussi. Donc et il a 10 ans donc il était vraiment petit à ce moment-là. Et là cette année vous êtes prêt y aller en Oui, pourquoi pas ? Pourquoi pas ? Donc vous vous en même temps, vous travaillez tous les jours le matin 2h pour aider le personne âgée. Vous vous occupez de vos enfants.
H Et vous occupez de votre mari aussi ? Oui. Vous arrivez à accumuler les trois comme ça ? Il faut bien. Et donc les aides, enfin les allocations familiales, vous les voyez augmenté, vous les voyez stagner. Qu'est-ce que ça fait ? Euh stagner ou même ou même baisser. Et là, vous le sentez ? L'inflation, vous la sentez dans votre sac de course ? Bah bien sûr. Évidemment. Est-ce que vous mangez moins de viande par exemple ? Bah oui, bien sûr. Salut Christelle, ça va ? Ça va et toi ? Tu as pas mis ton gilet jaune d'emblé ? Non. Tu as mis ton gilet rose octobre rose ? Je suis en rose octobre rose.
Ça va ? Ouais, ça va. Bah ouais et toi ? Ouais, ça va ça va. Bonjour François. Ouais, ça va. Bah ouais. Écoute, prêt à faire une petite virée à mien. Allez, toi Christelle, tu étais sur les ronds-points il y a 8 ans. Ouais. Et tu es prête à y retourner ? Ah oui, moi j'y retourne. Alors sur les ronds-points, j'y retourne sur les choses euh on va dire calmes, j'y retourne parce que c'est vrai que comme on disait tout à l'heure avec Erica, euh c'est il y a il y a quand même pas mal de violence maintenant euh que ce soit euh la barre de casseur qui vienne un petit peu euh décrédibiliser le mouvement comme ils l'ont fait avec les
gilets jaunes d'ailleurs hein. On a été décrédibilisé à cause de Casseur. Là, ils font la même chose avec les lycéens. Mais la violence des forces de l'ordre, elle est elle est importante et elle est beaucoup plus présente de bonheur. Donc, tu as pas envie de te retrouver prise entre deux violences, quoi. Non, parce que j'ai encore des enfants qui ont encore besoin de moi et Ouais. Non, mais c'est dommage parce que c'est un c'est un mouvement qui a toute la toute la légitimité d'exister et qu'il soit décrédibilisé comme ça par certains qui veulent en profiter pour tout casser. Et chose qui n'arrangera absolument pas parce que bah qui va payer les réparations ? Bah c'est les
impôts des Français et on se met la queue quoi. Et tu gardes quoi comme souvenir ? Alors, je suis toujours un petit peu nostalgique quand j'en parle parce que c'est vrai que ça nous a permis de faire des rencontres. Moi, je me suis fait des amis au moment des gilets jaunes et je les côtoie encore maintenant. Tu avais déjà manifesté toi avant ? Non. Non. Ou si alors si j'avais manifesté, c'était pour contre une fermeture de classe à l'école maternelle de flic secours. Ouais. avec les parents d'élèves. Non, là c'est c'est vrai que les gilets jaunes, ça a été une grande aventure de solidarité, d'entraide, de revendication légitime
et enfin j'estime que face à ça, les réponses elles ont été très minimes quoi. Qu'est-ce que vous avez gagné toi d'après toi ? pas grand-chose, pas grand-chose parce que on en a vraiment pris plein la tête par certains habitants mais du gouvernement mais je dirais même qu'on a rien gagné puisque il a même eu le l'audace d'appeler la prime la prime Macron. Non, je suis désolé, ça n'a jamais été la prime Macron, c'est la prime des gilets jaunes. L'élément déclencheur de tout ça, ça a été le carburant. Et euh quand tu vois maintenant le prix du carburant, bah moi je j'ose même plus regarder quand je vais faire le plein. De toute façon, de toute façon, tu as pas le choix, tu es obligé d'aller faire le
plein. Donc je regarde même plus le prix parce que je je suis horrifié. On n' jamais demandé à être à Madoué à coup de prime. C'est pas ça qu'on veut. Nous, on veut que ceux qui travaillent, on reconnaisse leur travail, donc qu'il soient payés à hauteur du travail qu'ils font et que les autres soient aidés mais aidés aussi à trouver du travail. Je veux dire, c'est pas parce que là en plus on est on est à une époque où malheureusement je pense que ça va aller en sempirant mais avec Lia et compagnie euh il y a encore des des dizaines de milliers d'emplois qui vont être perdus parce qu'on va y mettre des machines et les gens qui vont perdre leur emploi en faire quoi ?
Après après il a su aussi nous faire rentrer chez nous à coup de décision je sais pas si tu te souviens mais il fallait plus se rassembler à plus de quatre ou cinq personnes si donc en fait on on était toujours au rond-point mais on faisait des petits groupes par-ci parl pour pas être délogé puis bah après après il y a eu il y a eu les les confinements Covid et là et toi qu'est-ce que tu as fait alors ton engagement c'est devenu quoi alors au moment du du de la COVID. Moi je j'étais responsable du centre de vaccination donc je me suis parce qu'on a gagné un centre de vaccination à on a gagné un centre de de vaccination. Tu t'étais battu aussi à nos côtés pour
qu'on l'obtienne. On l'a obtenu et donc moi j'étais responsable. C'était moi qui donnait les rendez-vous et tout ça. Donc au plus gros des décisions gouvernementales, je faisais 70 he semaine. Bénévola de bénévola de de bénévola. Et euh et par contre, ben quand ça s'est arrêté euh j'ai fait une dépression parce que parce que bah plus les gilets jaunes, plus le centre de vaccination et et bah mince, je sers à quoi en fait maintenant ? et je me suis sentie inutile. Donc j'ai fait une dépression, une petite parce que c'est pas dans mon caractère et et après je me suis
réinvestie dans d'autres choses au niveau de la de la mairie et et maintenant tu es adjointe. Alors oui maintenant je suis adjointe au mer. Donc on peut dire que c'est à cause des gilets jaunes que tu es devenu adjointe. Ça a aidé. Ça aidé parce que avant j'étais j'étais conseillère et c'est vrai que mon engagement a quand même marqué les esprits Afrique secours et et je suis passé adjoine. on crève de chaud là, non ? Ouais. Ouais, ça va ou juste un peu. Et puis en fait, comme j'ai un problème, c'est que mon ma clim, elle sent le vomi. Ah super. Ah ou donc on peut pas mettre la clim ni quand il fait trop chaud, ni quand il fait trop froid. On est donné l'envie. L'envie d'avoir envie
qu'on allume ma vie.
Alors mais moi j'ai pas fait le plein donc ça va. On s'en sort à combien là ? 84 € alors que j'ai pas fait le plein. Ça veut dire que mon plein il est à 120 € à mon avis.
Qu'est-ce qu'on fait Dim ? Attends regarde tu sais au feu rouge là. Ouais je vais descendre. Tu vas prendre ma place là maintenant. Tu veux dire ? Ouais. OK. Dimmi je sais pas faire de créneau la vise. Moi c'est Christelle. En santé lison l'usarche pas. Bonjour. Donc c'est quoi l'ordre des revendications que vous portez là ? Lors des revendications, c'est plus de profs, moins d'élèves dans les salles de classe. Euh changer les échéances de fin d'année, que ce soit les réformes du bac qui changent tout le temps, alléger les programmes pour alléger les emplois du temps, euh parcours sup, le les conditions de de scolarisation qu'on a, que ce soit la cantine, les salles de classe, les établissements. Les établissements, c'est des quasiment que des établissements qui ont été
construits avant les années 80. C'est vieillissant. C'est vieillissant et ça nous coûte nous psychologiquement, physiquement et même dans notre apprentissage en fait. Tu sais si sur Amien ça va être beaucoup suivi ou pas ? Tuas des écho déjà ? Oui oui oui, c'est globalement suivi. Il y a des profs en soutien qui ont dit bah nous jusqu'à ce que enfin tant qu'il y a des blocus et tant qu'il y a des manifestations on fait plus court. Donc c'est-à-dire que les c'est un accueil qui est prévu en cours comme s'il y avait cours mais c'est quoi ? C'est des films, c'est des discussions mais ils mettent pas en en difficulté les les élèves qui eux se mobilisent.
Christel, dis-moi. Donc moi, je disais que ça faisait plaisir de voir des jeunes comme ça, que ça donnait envie de de remettre le gilet jaune et de les soutenir et que ouais, pourquoi pas, on va on va vérifier avec les copains gilets jaunes s'ils sont OK et pourquoi pas relancer le mouvement par la suite sur fix secours. On verra si ça prend ou pas. Mais ouais. Et en tout cas, moi je voulais les féliciter parce que ils ont la tête sur les épaules, ils savent ce qu'ils veulent, ils sont prêts à faire des sacrifices, ils sont conscients de ce qu'il risquent aussi mais ils y vont, ils défendent leurs idées et moi je leur tire mon chapeau. Voilà, bravo les jeunes et on est derrière vous. Bah, elle a tout dit. Christelle,
c'est ta porte-parole. C'est ma porte-parole. Non, non, non. Ils ont raison de manifester comme ça et comme le dit Christelle, oui, avec la la tête sur les épaules et en espérant que ça va leur apporter quelque chose. En tout cas, oui, ça ça rappelle des bons souvenirs aussi. Voilà.
François Ruffin