Les conseillers de l'Élysée 3/5 · Camille Pascal, la plume de Nicolas Sarkozy
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 2:36OuverteRéponse directe
Pourquoi et à quel moment la phrase 'Le discours n'est pas une dissertation, mais un long air d'opéra' vous est-elle venue en tête ?
- 5:38OuverteRéponse directe
Le 3 janvier 2011, vous arrivez à l'Élysée après un entretien en décembre 2010 avec Claude Guéant. Vous êtes nommé conseiller en charge des médias. Mais 3 jours plus tard, il vous demande : 'Camille, vous savez écrire ?'
- 7:01OuverteRéponse directe
Le discours rêvé, c'est quoi pour vous, Camille Pascal ?
- 8:55OuverteRéponse directe
Alors j'aimerais que vous nous racontiez les coulisses car à ce moment-là, Camille Pascal, vous n'êtes pas la plume de Jacques Chirac, c'est Christine Albanel. Vous êtes à ce moment-là directeur de cabinet Dominique Baudis au CSA mais pourtant vous y participez bien à l'écriture de ce discours.
- 11:28OuverteRéponse directe
Comment prépare-t-on un discours aussi important ? Est-ce qu'on relit l'œuvre ? Est-ce qu'on s'entraîne à voix haute ?
- 13:57OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on ressent parfois de la frustration quand on prête sa plume, ses idées, ses références à quelqu'un d'autre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:23Invité politiqueChiffre
« 95% des discours, 98% des discours sont d'un ennui mortel aujourd'hui. »
- 3:51Invité politiqueFait
« Parce que justement, ils ont été écrits par des gens qui sont même moins bons que l'intelligence artificielle. »
- 10:08Invité politiqueFait
« C'était mémo à la virgule près. »
- 11:16Invité politiqueFait
« Dumas était un sang mêlé de bleu et de noir. »
- 22:55Invité politiqueFait
« La France que ça plaise ou non est une invention politique et théologique de l'église de Rome. »
- 27:35Invité politiqueFait
« Pendant 90 ans, la laïcité elle a été discriminatoire à l'égard des catholiques. »
- 28:20Invité politiqueFait
« en rival idéologique des religions »
- 29:00Invité politiqueFait
« mais c'est pas un prêtre ou un »
- 29:05Invité politiqueFait
« j'ai vu le président de la république Nicolas Sarkozy décorer un prélat italien »
- 30:31Invité politiqueFait
« on m'a sorti de mon bac à glaçons, je viens de l'ancien monde »
- 31:09Invité politiqueFait
« la 5ème république est bien trop monarchique »
- 31:13Invité politiqueFait
« la 5ème république est finissante »
- 34:32Invité politiqueChiffre
« on nous annonçait écraser à 60-40 et on est quand même monté à 48 et demi »
- 35:55Invité politiqueFait
« les peintures sont de Charles Chaplin »
- 38:26Invité politiqueFait
« elle a fait un très bon travail »
- 40:42Invité politiqueFait
« ce discours est d'une intelligence brillante »
Temps de parole
- Invité politique73 %
- Présentateur21 %
- Invité3 %
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Des boutons de manchette, une chevalière et des lunettes rondes. A 57 ans, ce Sévenol revendique le droit de vivre plusieurs vies. Il est avant tout historien, spécialiste des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, les cours, la régence et les maîtresses des rois. Il en a tiré des romans historiques, primés par l'Académie française pour l'un d'eux, l'été des quatre rois, dans la liste du Goncourt pour un autre, la chambre des dupes. Il est donc devenu écrivain. Mais entre les deux, et c'est bien cette période qui nous intéresse pour ce troisième épisode de notre série sur les conseillers de l'Elysée, il a été plume et conseiller politique.
A l'Elysée d'abord sous Nicolas Sarkozy de 2011 à 2012 et auprès de Jean Castex, ensuite Premier ministre d'Emmanuel Macron jusqu'en 2022. Il est l'auteur de l'un des livres les plus précis sur la présidence de la République, dans ce cas-là, de plus cru, scène de la vie quotidienne à l'Elysée, chez Plon en 2012. Cet admiratif de Saint-Simon s'est prêté à l'exercice des coulisses rapportées d'une cour pas comme les autres, celle de la monarchie républicaine ou de la République monarchiste, comme il préfère nommer la cinquième république qu'il juge finissante. Après la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012, il est nommé au Conseil d'État, dont il est encore membre, mais une vie ne suffit pas.
Alors ce chrétien conservateur continue de chroniquer l'époque dans le magazine Valeurs Actuelles jusqu'en 2016. C'est un homme de lettres et d'images que nous recevons. Ancien secrétaire général de France Télévisions en 2007, passé par le Conseil supérieur de l'audiovisuel, il a vu presque toutes les facettes des pouvoirs contemporains. Et pourtant, c'est bien le passé et l'histoire qui le rattrapent. Il a fait savoir qu'il était disponible pour présider le château de Versailles. Bonjour Camille Pascal. Merci d'être l'invité de Sens Politique pour ce troisième épisode de notre série sur les conseillers de l'Élysée.
Je rappelle le principe de l'émission, un invité et trois archives pour retracer son parcours, son engagement et sa personnalité. Et merci à vous de nous écouter. Vous êtes sur France Culture. Le discours n'est pas une dissertation, mais un long air d'opéra. Cette phrase, elle est de vous Camille Pascal. J'aimerais pour commencer cet entretien que vous nous disiez. Pourquoi et à quel moment elle vous est venue en tête ?
Parce que lorsque j'écris les scènes de la vie quotidienne à l'Élysée, j'essaie de mettre par écrit et d'expliquer ce qu'est cette fonction très étrange qui consiste à essayer de préparer des phrases, de forger des mots pour le président de la République. Et j'ai essayé de le définir par la négative, c'est-à-dire de tout ce que n'est pas un discours. Et donc c'est une longue liste. Parce qu'un discours, c'est une chose très particulière. Et en effet, ce n'est pas une dissertation. Ce n'est pas une argumentation. Ce n'est pas une note. Ce n'est pas un élément de langage. Enfin, ce n'est rien de ce que l'on pratique aujourd'hui en réalité dans la vie politique.
C'est pour ça qu'elle est si fade, d'ailleurs. C'est autre chose. C'est très sensuel. J'ai pris la comparaison avec l'air d'opéra. Parce que comme un air d'opéra, le discours doit parler à chaque moment à l'intelligence, mais aussi à la sensibilité et à la sensualité de celui qui écoute. Si vous ne le captivez pas, si vous ne le séduisez pas, si vous ne l'étonnez pas, ma grand-mère vous aurait dit que vous finissez par endormir un chat sur une corbeille à poissons. C'est-à-dire que c'est l'ennui. Et 95% des discours, 98% des discours sont d'un ennui mortel aujourd'hui. Pourquoi ? Parce que justement, ils ont été écrits par des gens qui sont même moins bons que l'intelligence artificielle.
Donc, il n'y a rien. Il n'y a pas de surprise. Au fond, personne en France aujourd'hui, mais ça tient aussi à la fin personne. Très peu de monde, en tout cas dans le monde du pouvoir, ne fait confiance en l'intuition. Et le discours, à un moment donné, il doit être intuitif. Tout en exigeant de celui qui l'écrit de s'effacer derrière celui qui va parler. Pour plusieurs raisons. Parce que ce n'est pas vous qui vous exprimez, c'est lui. Il y a beaucoup de gens qui oublient ça. Parce que vous devez faire attention à ce que lui-même ait du plaisir à prononcer les mots que vous préparez pour lui. Donc, il faut qu'il s'y reconnaisse.
Parce que si déjà, vous écrivez ennuyeux, il est utile de vous dire que celui qui prononce ce discours est ennuyeux. Et puis surtout, vous devez penser à le protéger, à éviter la phrase terrible qu'on retiendra. et on ne retiendra que ça et à séduire le public qui est là. Et ce public, c'est très particulier. Parce que, si on continue cette définition par la négative, ce n'est pas le discours, ce n'est pas une interview à la télévision. Ce n'est pas une interview dans un grand journal. C'est autre chose. Et pour cela, il convient, je vous dis, de s'effacer tout en protégeant et en séduisant. Mais ce que je raconte là, c'est une sorte de de dissection du travail que j'ai produit.
Mais heureusement, quand on écrit, on ne pense pas à ça.
Et on va rentrer dans le détail tout au long de cette émission, Camille Pascal. Alors, le 3 janvier 2011, vous arrivez à l'Élysée après un entretien en décembre 2010 avec Claude Guéant, secrétaire général de l'Élysée. Vous êtes nommé conseiller en charge des médias car vous arrivez de France Télévisions et du Conseil supérieur de l'audiovisuel. Mais 3 jours plus tard, Claude Guéant vous reçoit et vous demande Camille, vous savez écrire ?
Oui, comme quoi il est cet étonnant, bien informé. Parce que ce que vous oubliez de dire, c'est qu'en réalité, j'ai été reçu par le président de la République dans une scène absolument, que je raconte dans mon livre, absolument étonnante, surréaliste, dans son bureau. Au petit matin. Non, ça c'est avec Claude Guéant. Mais le 14 septembre, j'ai vu le président de la République. Ce que Claude Guéant ne savait pas. Et donc, quand je rentre dans le bureau de Claude, au petit matin pour le coup, parce qu'il me convoque à 6h30 du matin et que moi j'étais à Londres la veille, donc ça a été un peu compliqué d'arriver. Donc je n'ai pas dormi en fait, puisque le Rostar ne fonctionnait pas. Tout ça.
Et il dit, ben voilà, je ne savais pas que le président de la République vous avait recruté. Et quand le secrétaire général de l'Elysée, qui est l'homme le plus puissant sous la Ve République, après, voire plus peut-être parfois que le président de la République, vous dit ça, vous dites, c'est mal engagé. Mais bon, il dit, on va s'arranger de votre recrutement, parce qu'il se trouve que j'ai déjà recruté quelqu'un à votre place. Donc il faudra partager. Et c'est là qu'il me demande, trois jours après, d'écrire un discours. Donc il avait su qu'il m'était arrivé d'écrire pour d'autres.
Le discours rêvé, c'est quoi pour vous, Camille Pascal ?
C'est celui qui reste dans l'histoire. Et pourquoi est-ce qu'il reste dans l'histoire ? Parce qu'il fait changer les choses.
On va écouter un discours qui a été assez calibré. Et vous nous direz s'il est resté dans l'histoire.
Aujourd'hui, Alexandre Dumas n'est plus seul. Un cortège bigarré, bruyant et tumultué l'accompagne. Avec lui, c'est notre mémoire populaire et notre imaginaire collectif qui entre au Panthéon. Lansquenès et albardier, mousquetaires gris et mousquetaires noirs, mignons et courtisans, aubergistes et pères de France, sans-culottes et favoris, laquais et cardinaux, reines de France et lingères. Ils sont ainsi plus de 25 000 personnages à se presser autour d'Athos, Portos, Aramis et d'Artagnan pour escorter la dépouille du grand homme qui leur a un jour donné ou rendu la vie.
Lorsque les portes de bronze du Panthéon se refermeront, Alexandre Dumas trouvera enfin sa place aux côtés de Victor Hugo et d'Émile Zola. Ses frères en littérature, ses frères en engagement, ses frères qui ont marqué et fait de leur plume l'histoire de la République en défendant avec autant d'acharnement que de génie la liberté, l'égalité et la fraternité. La République aussi à ses mousquetaires.
La voix de Jacques Chirac le 30 novembre 2002 pour l'entrée au Panthéon d'Alexandre Dumas. Alors j'aimerais que vous nous racontiez les coulisses car à ce moment-là, Camille Pascal, vous n'êtes pas la plume de Jacques Chirac, c'est Christine Albanel. Vous êtes à ce moment-là directeur de cabinet Dominique Baudis au CSA mais pourtant vous y participez bien à l'écriture de ce discours.
Ce discours est de moi. Intégralement. C'est mon premier discours présidentiel. En fait, je connais bien Christine Albanel qui est une amie et elle me dit voilà Camille, le président va faire entrer ce que l'on nous a proposé. Je ne sais pas qui ne nous va pas. Est-ce que ça te tente ? Je n'avais jamais écrit de discours pour un président de la République. J'avais écrit quelques discours à l'époque dans des cabinets ministérielles et je me suis laissé aller à l'écriture de ce discours. Je n'ai jamais rencontré Jacques Chirac. Je ne sais même pas s'il sait ou s'il a su plus exactement que c'était moi qui avait écrit ce discours. Je n'ai jamais participé aux réunions de travail avec lui.
J'ai livré ce discours et puis on ne m'a pas d'ailleurs invité pour la cérémonie au Panthéon. Et donc comme un personnage secondaire du masque j'ai écouté ce discours place du Panthéon avec la foule. Et ça fait un drôle d'effet parce qu'en fait c'était mémo à la virgule près. Quelques modifications que tu n'es d'ailleurs pas toujours des trouvailles extraordinaires. Mais enfin bon il avait bien fallu que l'équipe péliséenne comment dire justifie sa fonction.
Et donc c'est en effet et c'est un discours je ne sais pas s'il a marqué l'histoire il y a des formules je ne me souvenais pas de ça mais il est très important pour moi parce que c'est la première fois que j'entends quand même un discours que j'ai entièrement 90% écrit prononcé publiquement par le chef de l'État et entièrement retransmis par les médias radio, télé, etc.
Et j'étais seul j'étais seul dans la foule donc je pouvais regarder les réactions c'était assez passionnant et j'en ai gardé d'ailleurs comme si je voulais conserver la preuve de ce que je vous avance j'ai gardé tout le manuscrit et c'est marrant parce que je suis tombé dessus en rangeant des papiers récemment et je l'ai gardé il y a des formules que j'ai forgées qui me poursuivent et dont je suis heureux par exemple en expliquant que Dumas était un sang mêlé de bleu et de noir je ne sais même pas si on pourrait écrire ça encore aujourd'hui mais pour moi c'est la définition de Dumas en tout cas de ce qu'il de la synthèse qu'est sa vie
Comment prépare-t-on un discours aussi important ? Est-ce qu'on relit l'œuvre ? Est-ce qu'on s'entraîne à voix haute ?
Il n'y a pas de recette Alors il faut relire l'œuvre évidemment Toute l'œuvre ?
Non, vous savez ce genre de discours on vous les commande une semaine avant le discours sur les chrétiens d'Orient qui va faire mon arrivée tonitruante à l'Elysée j'ai eu 48 heures donc il vous faut mobiliser une sorte de culture latente que le jeu du cerveau mais c'est pareil quand j'écris c'est la même chose c'est-à-dire que des choses vous arrivent que vous avez lu il y a 40 ans ou des détails que vous avez retenus comment est-ce que tout ça fonctionne je serais bien incapable de le dire mais à un moment donné la commande fait que vous n'avez pas droit à la page blanche vous n'avez pas droit il faut écrire ça vient alors bon vous pouvez relire moi à l'époque j'avais relu un peu Les Trois Bousquetaires j'avais relu bon mais comme je le fais pour mes livres aujourd'hui c'est-à-dire que je ne peux pas écrire surtout que selon les époques que je décris dans mes romans je m'interdis de lire tout ce qui est contemporain de notre contemporanéité je ne lis que des témoignages ou de la littérature liés à l'époque sur laquelle je travaille parce qu'en réalité mais c'est comme quand vous écrivez pour directement alors des discours moins j'allais dire moins solennel pour un président ou pour un premier ministre ou pour un ministre c'est qu'il faut quand même que vous vous imprégniez de sa personnalité de sa pensée de son phrasé et ça c'est très amusant parce que c'est quasiment de l'exercice de style à la queneau mais ça demande et je crois que c'est pour ça que c'est une formidable formation pour l'écriture ça demande quand même de vous effacer aujourd'hui nous avons une littérature où l'auteur se prend vraiment pour le personnage de ses livres et raconte sa vie dont on se fout éperdument accessoirement toute la littérature enfin 80% de la littérature aujourd'hui c'est quand même mes malheurs or si vous voulez créer des personnages à un moment donné il faut bien vous mettre en retrait il faut bien que vous savez au 17ème siècle il y avait une sorte de pensée religieuse qui était le quiétisme bon ça fait très pédant de dire ça mais le quiétisme c'est l'effacement du soi alors on s'efface c'est soi pour laisser Dieu vous bon là il faut s'effacer
pour l'autre est-ce qu'on ressent parfois de la frustration quand on prête sa plume ses idées ses références à quelqu'un d'autre non
moi j'ai jamais ressenti d'abord parce que ce ne sont pas mes discours je ne sais pas comment expliquer ça ce n'est pas ma pensée ce sont des mots que j'emprunte et en fait ce que pense ou que écrit Camille Pascal sincèrement tout le monde s'en fout surtout quand voilà maintenant à la limite on lit mes livres mais là ce qui est importe c'est la parole de celui qui la prononce et je n'ai jamais eu de frustration parce que moi je n'aurais pas prononcé ces discours-là après il y a une il y a une jouissance personnelle qui est de se dire c'est ce que je raconte je vous raconte à l'instant vous êtes seul sur la place du Panthéon personne ne sait que vous êtes l'auteur de ce discours
et vous êtes l'auteur de ce discours est-ce que vous faites ce qu'on voit parfois dans les fictions dans les films ou ce que font d'ailleurs certaines plumes on peut penser à Henri Guéno vous murmurez tout bas avant le président les mots que vous avez écrits
non je ne suis pas acteur moi j'écris donc je me mets rarement en scène donc en revanche c'est vrai que souvent ça c'était le job vous relisez le discours en même temps qu'il est prononcé notamment pour noter les différences voilà
alors il y a un vocabulaire très spécifique que vous avez vous les plumes vous parlez des briques des arêtes ou du quatre-quarts le quatre-quarts dans la bouche de Nicolas Sarkozy c'est un discours imprononçable j'en ai plein la bouche de ce machin dites au petit génie qui me l'a écrit qu'il vienne le prononcer à ma place et on va bien rigoler il y a des scènes assez violentes que vous décrivez avec Nicolas Sarkozy c'était pas violent il est direct
le président Sarkozy il est direct on a toujours une relation directe il me disait c'est du quatre-quarts il me dit moi ma mère quand j'entrais à 5h à la maison elle faisait du quatre-quarts et on n'en finissait jamais tellement c'était bourratif voilà et bon il me dit évitez le quatre-quarts parce qu'en fait ça m'est arrivé ça c'était assez cuisant comme je suis là depuis pas très longtemps donc il y a eu un succès autour du du discours sur les chrétiens d'Orient donc déjà ça vous fait 90 et demi dans la maison et il faut construire un discours de vœux pour alors ça c'était l'idée qui avait été pour le monde de la culture et de l'intelligence alors là dedans vous avez les universitaires les chercheurs les acteurs les écrivains vous avez tout le monde donc il y a les architectes et donc il y a 5 ou 6 000 personnes au grand palais qui attendent le discours du président et je me retrouve moi avec des briques c'est à dire des morceaux écrits par les alors évidemment le conseiller recherche il faut qu'il passe tel message à sa clientèle le conseiller livre et donc vous vous retrouvez avec ce machin et vous vous faites de la couture bon ça peut pas marcher mais bon à partir du moment où vous devez le faire en 24h 48h qu'il y a une telle pression des autres conseillers qui en ont besoin parce qu'ils ont promis parce que le président doit dire parce qu'il doit faire parce que bon donc je fais ce truc bon je peux pas bon et nous arrivons au grand palais et le président avait décidé avant de parler publiquement de recevoir tous les chefs de grands établissements culturels publics ils étaient une vingtaine autant vous dire qu'ils étaient une vingtaine mais que l'importance qu'ils se donnaient remplissait la pièce comme si on était 200 et il faut d'ailleurs qu'ils se justifient parce que la crise lui a obligé à couper les budgets culturels bon et là je vois que il s'inspire d'un certain nombre de choses qui sont dans le discours bon je me dis mais qu'est-ce qu'il va raconter après parce que et lorsqu'il monte à la tribune je vois qu'il ne lit pas ses notes et qu'il improvise et il va improviser pendant une heure
ça c'est ce que vous appelez holiday on ice
ouais parce que Henri Guénaud vient vers moi il me dit mais Camille c'est lui c'est toi il n'y a rien de moi il me dit bon ben ça va c'est holiday on ice on ne sait pas ni comment ça commence ni comment ça se termine ouvre tes oreilles parce que voilà donc moi je suis un peu déconfit tout le monde a compris que ce n'est pas mon discours bon voilà c'est la cour donc vous perdez vous reculez sur le monopoli du pouvoir de quelques cases et je me souviens très bien on a cette immense nef de verre et de fer du grand palais et surtout un coup de fil et c'est le président alors je me dis je vais prendre une soufflante et me dire ah voilà Camille je suis désolé je suis parti sans vous dire au revoir ça qui était déjà me laisse pantois il me dit voilà je suis désolé je voulais m'excuser je n'ai pas retenu votre discours bon ce n'était pas votre discours c'était celui des autres j'ai bien compris c'était un 4 quarts la prochaine fois on se voit le 4 quarts vous le foutez à la poubelle
alors vous parliez d'Henri Guénaud à l'instant qui était la plume lui officielle de Nicolas Sarkozy depuis le début comment s'est passée cette rivalité qu'on a parfois décrite avec lui alors il n'y a jamais eu
de rivalité parce que je n'étais pas politiquement de taille à rivaliser avec celui qui avait donné et écrit l'histoire de la victoire de 2007 bon avec il y avait une proximité avec le président bon ce que je suis toujours reconnaissant à Henri nos relations sont devenues plus compliquées mais je suis toujours resté reconnaissant parce qu'il aurait pu me briser les chines c'était très facile il suffisait de faire un caprice de dire j'en veux pas je n'avais aucune arme politique même si j'avais quelques soutiens au palais mais voilà je n'étais pas de taille à rivaliser mais c'était très malin de la part d'Henri parce qu'Henri nous sommes à la fin du premier mandat c'est ce que vous aviez enfin du premier et du seul mais on imagine qu'il peut en faire un second et lui se voit ministre et donc vous savez c'est comme dans la légende du chevalier du vieux chevalier qui garde le saint graal vous savez alors il est là depuis mille ans il garde le graal et puis vous avez un jeune page qui bêtement franchit le cercle magique et le chevalier il dit ben écoute tu en as pour mille ans au revoir moi je vais faire autre chose et je pense que c'est exactement ça que pensait Henri et il ne m'a pas démoli parce que j'étais un argument pour sa liberté sa libération il n'y a jamais eu de tension sur quelques discours mais moi je n'ai jamais eu d'orgueil d'auteur je pense qu'il y a certains discours qui s'est réapproprié où il a fait des erreurs notamment un discours dû au crif qui à mon avis était une erreur alors que moi je voulais raconter le lien millénaire entre le judaïsme et l'identité de la France et lui m'a dit mais non on va reprendre le discours qu'il avait écrit à la Knesset en 2007 et je lui ai dit mais Henri on ne peut pas s'adresser aux juifs français comme s'ils étaient israéliens ben non etc et là c'est le président qui lui-même a fait sa synthèse je le regrette parce qu'aujourd'hui il y a un très beau livre qui vient de sortir justement sur les juifs dans l'histoire du pays qui reprend exactement
les discours que j'avais écrits
écrits
alors vous êtes à la fin de ce quinquennat où les religions justement ont une place importante dans la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy remarquez l'actualité montre qu'elles ont aussi une place
dans la fin du quinquennat ou la moitié du second quinquennat de Macron
on parle souvent de vos discours émotionnels voire identitaires on va écouter un extrait de l'un des discours que vous avez écrit Camille Pascal prononcé par Nicolas Sarkozy en mars 2011
la chrétienté nous a laissé un magnifique héritage de civilisation et de culture et président d'une république laïque je peux dire cela parce que c'est la vérité je ne fais pas acte de prosélytisme je regarde simplement l'histoire de notre pays c'est la France la France que nous aimons la France dont nous sommes fiers la France qui a des racines
Nicolas Sarkozy au Puy-en-Velay le 3 mars 2011 encore un point de technique de la plume Camille Pascal pour ce discours vous étiez allé dans un voyage qu'on appelle le voyage de recos de reconnaissance vous étiez parti avec un petit groupe de conseillers et d'ailleurs vous n'avez rien dit c'était complètement secret vous disiez que vous faisiez passer pour une délégation du conseil de l'Europe comme personne ne sait trop ce que c'est ça ne posait pas de questions exactement qu'est-ce que vous retenez de ce discours qui en effet
d'abord il a été très compliqué à écrire parce qu'il n'y avait pas de consensus sur le message que l'on voulait passer c'est-à-dire ?
c'est-à-dire que alors fallait-il rappeler ce qui est une évidence c'est-à-dire que vous savez j'ai écrit un livre de 500 pages là-dessus donc la France que ça plaise ou non est une invention politique et théologique de l'église de Rome voilà c'est comme ça invention politique qui a été laïcisée par la République mais c'est la même chose bon il faudrait une autre émission pour en parler bon donc on me commande un discours sur les racines chrétiennes de la France et là commence dans le cabinet ceux qui disent ah non mais il ne faut pas donc on me commande plusieurs discours successifs donc les racines chrétiennes de la France puis après c'est l'héritage patrimonial de la France puis après c'est la cohabitation des religions en France puis après c'est l'œcuménisme et là les commandes sont tellement contradictoires que je ne suis pas d'un tempérament révolté mais je dis écoutez moi je n'y comprends plus rien j'arrête que quelqu'un d'autre écrive le discours et vous savez ça c'est le pouvoir de la plume c'est à dire que les collaborateurs les observateurs les journalistes sont toujours très critiques mais quand il s'agit de prendre la plume et d'écrire alors là je peux vous dire qu'il y a moins de monde bon et donc là c'est la panique dans de panique alors on me convoque Claude Guéant me dit mais enfin je dis non je n'ai rien ou le président décide mais moi j'en ai marre voilà et le président me dit Camille ce sera les racines chrétiennes de la France alors là je vous l'écris
alors 12 ans plus tard malgré toutes ces tentatives de mettre l'identité française sur le devant de la scène on a l'impression que rien n'a été réglé le RN est à 42% et les fractures françaises plus béantes que jamais
c'est peut-être parce qu'on n'a pas assez parlé de ce que nous sommes qu'est-ce que vous l'avez dit non mais vous-même vous-même dans notre échange vous dites qu'on m'a fait passer pour un identitaire mais si rappeler ce qu'est la France et l'histoire de la France c'est être un identitaire mais c'est invraisemblable c'est invraisemblable de ne pas comprendre que vous soyez vous savez moi il y a une chose qui m'a qui m'a sous la troisième république vous avez une lutte entre monarchiste et républicain qui a eu une violence qui n'a rien à voir avec les petits tweets de Mélenchon etc tout ça c'est de la farce mais c'est qu'ils se haïssent qu'ils s'opposent qu'ils se déchirent ils avaient en commun un patrimoine culturel c'est-à-dire que le petit père Combe auquel on doit la séparation il connait les évangiles par coeur il sait parfaitement et d'ailleurs il a été dans les ordres donc aujourd'hui ce qui est terrible c'est que ce que je ressens c'est qu'il y a eu une sorte d'effacement culturel et que dès qu'on rappelle des choses vous savez ce que Peggy disait il faut voir ce que l'on voit alors là
vous êtes identitaire mais c'est extravagant sauf qu'à l'époque il y a quand même l'influence de Patrick Buisson c'est un directeur de Minute qui vient de l'extrême droite qui est là pour mettre l'identité française sur le devant de la scène vous parlez en effet des religions c'était la mission qui vous était confiée mais il n'y a jamais eu de discours sur l'islam et la république
alors il devait y avoir un discours sur l'islam il devait être alors revenons à l'historique on me commande ce discours sur les racines chrétiennes de la France moi je propose à ce moment là je dis écoutez il faut qu'on ait un il faut rappeler que l'identité nationale n'est pas uniquement catholique même si à l'origine de de de la naissance de ce que nous appelons de la nation française il y a une décision il y a une conversion religieuse c'est celle de Clovis et donc je dis mais il faut rappeler ce que le judaïsme a apporté à la nation il faut rappeler aussi et ça c'est mon idée ce que le protestantisme a apporté à la France et notamment notamment bien avant bien avant les lumières dans la liberté de conscience
vous ne répondez pas à ma question sur l'islam
pourquoi ce discours a-t-il manqué
et qu'écririez-vous aujourd'hui
mais d'abord un parce que je ne me sentais moi j'ai dit tout de suite que je ne connaissais pas assez l'islam pour écrire ce discours voilà c'est problématique quand même que je ne connaissais pas et du coup et Henri disait oui mais c'est moi qui l'écrirai voilà mais problématique Henri Guénaud et il ne l'a pas écrit et il n'y a pas eu pourquoi mais je n'en sais rien il n'y a pas eu
à l'occasion de la journée nationale de la laïcité le 9 décembre 2023 l'IFAP publie un sondage selon lequel 78% des musulmans interrogés estiment que la laïcité telle qu'elle est appliquée en France est discriminatoire envers eux diriez-vous que les années Sarkozy ont pu accentuer ce malaise
non parce que vous savez pendant 90 ans la laïcité elle a été discriminatoire à l'égard des catholiques enfin vous avez des vous avez enfin vous vous enfin il faut revenir à l'histoire de la 3ème on a quand même expulsé les religieux on est allé chercher des gens dans la et on les a foutus dehors pourquoi est-ce que le général de Gaulle enfant fait ses études en Belgique parce qu'il n'y a plus d'établissement religieux en France il y a des gouvernements pendant 30 ans où il n'y a pas un catholique dans une France qui à l'époque est à 80% catholique donc la laïcité a servi en France et c'est bien le problème en fait en France le problème de la laïcité c'est qu'elle se pose en rival idéologique des religions or ce n'est pas sa fonction juridique et tant qu'on n'aura pas réglé ce paradoxe on n'y arrivera pas voilà
autre question d'actualité deux jours avant cette journée nationale de la laïcité du 9 décembre Emmanuel Macron a reçu le grand rabbin de France pour allumer la première bougie de Hanoukka fête juive dite des lumières à l'Elysée beaucoup s'insurgent et dénoncent une faute historique au nom de la laïcité est-ce votre avis ?
écoutez j'en sais rien parce qu'au final personne ne s'insurge quand on coupe la galette des rois dans le même Elysée
c'est pas une fête religieuse
la galette des rois c'est l'épiphanie pardon mais c'est pas un prêtre ou un non mais enfin bon là il y avait le grand rabbin mais écoutez moi j'ai vu le président de la république Nicolas Sarkozy décorer un prélat italien proche de Benoît XVI je l'ai vu recevoir écoutez il y a quand même un discours aux autorités religieuses tous les ans
le président du CRIF a dit que c'était une erreur par exemple
oui mais le président du CRIF pardon le président du CRIF il n'est pas le représentant d'une religion
donc pour vous circuler il n'y a rien à voir
non après moi il y a un débat autour de cette question moi je pense qu'il faut il y a une crispation autour de tout ça qui devient qui n'est pas bonne pour le pays ça c'est alors mais qui remonte aussi à cette époque
où vous travaillez auprès de Nicolas Sarkozy
c'est pas nouveau oui mais parce que elle est liée à qu'est-ce que nous sommes qu'est-ce que nous sommes comment est-ce que nous allons pouvoir gérer ou que nous gérons l'adoption de populations qui ne sont pas voilà qui sont venues de et certaines sont là depuis 3 ou 4 générations d'ailleurs donc
vous pensez qu'on va y arriver vous avez un temps d'optimiser
si on n'y arrive pas ça risque d'être compliqué voilà
France Culture Sens politique Astrid De Vilaine
êtes-vous monarchiste Camille Pascal ?
non
je ne suis pas monarchiste
à propos du nouveau monde d'Emmanuel Macron que vous découvrez notamment chez Jean Castex on va y venir vous déclarez au JDD le 15 décembre 2020 on m'a sorti de mon bac à glaçons je viens de l'ancien monde et j'ai même parfois l'impression que je viens de l'ancien régime
oui alors ça c'était une référence à mon passé sarkoziste et parce que j'ai une parfaite connaissance j'ai une vraie connaissance de l'ancien régime français mais ça on ne fait pas de moi un nostalgique d'ailleurs si on lit mes livres je pense que c'est un procès qui est vite gagné pour moi je crois avoir suffisamment décrit la médiocrité de Charles X et de sa cour dans l'été des 4 rois la vanité et les dangers de la vie de cour sous Louis XV pour qu'on ne me d'ailleurs je trouve que la 5ème république est bien trop monarchique oui vous dites que la 5ème république est finissante oui d'abord parce qu'elle a été trop trafiquée ça c'est très français c'est-à-dire qu'on a on a trafiqué la constitution on lui a on lui a elle a pris trois grands coups la 5ème république qui l'ont à mon sens fait sortir des rails c'est la cohabitation qui est un non-sens si on regarde des institutions de la 5ème république c'est le quinquennat et c'est récemment la primaire voilà ça c'est trois ces trois choses qui ont qui ont dénaturé ce que le général de Gaulle voulait faire de la 5ème république après est-ce que la 5ème république est un régime adapté d'abord moi je suis pas gaulliste et pourquoi est-ce que je suis pas gaulliste pourtant le général de Gaulle il a une qualité c'est qu'il n'a jamais rien fait qui ne soit inspiré de l'histoire c'est fascinant quand vous regardez l'histoire de de Gaulle c'est même c'est fascinant bon mais quand même cette constitution certes elle est validée par un référendum mais elle n'a pas été écrite par une assemblée constituante si vous n'êtes pas gaulliste en fait c'est une charte
si vous n'êtes pas gaulliste et pas identitaire à quel droit t'appartenez ? vous avez été proche à un moment du mouvement au sens commun vous avez conseillé Laurent Wauquiez vous diriez conservateur Laurent Wauquiez
est mon ancien étudiant donc comment définiriez-vous
la droite à laquelle vous appartenez ?
légitimiste ? non une droite une droite conservatrice oui conservatrice et encore je ne sais pas si ça me si ça me correspond bien en fait je déteste hurler avec les loups et donc d'une certaine façon peut-être que j'aurais été un carbonaro dans les années 1830 je déteste être de la vie dominant parce que ça c'est une comment dire c'est un foulard qu'on met devant l'intelligence moi je suis vous savez je serais d'une droite voltairienne voilà contre une gauche rousseauiste qui elle est très dangereuse
avez-vous préféré travailler à l'Elysée ou à Matignon ?
à l'Elysée
pour quelles raisons ?
je me suis ennuyé à Matignon en plus on était confiné alors c'était pas très drôle j'ai pas trouvé ma place malgré l'amitié qui me lie à Jean Castex et j'ai connu à l'Elysée deux choses une liberté intellectuelle que j'ai rarement rencontrée dans un monde professionnel parce qu'on pouvait tout écrire au président lui soumettre toutes les idées il fallait être capable ensuite de les soutenir devant lui or quand vous avez Nicolas Sarkozy en face de vous et que vous êtes dans un débat d'idées vous avez intérêt quand même à avoir bien structuré parce que comme il va beaucoup plus vite que vous donc c'était c'était une immense liberté l'idée de pouvoir faire des notes sur tout sujet même ceux qui n'étaient pas sous mon dans mon portefeuille comme on dit et d'être lu et éventuellement d'influencer la politique c'est une liberté incroyable et puis deuxièmement on était quand même dans une épopée qui était une sorte de remontada politique on nous annonçait écraser à 60-40 et on est quand même monté à 48 et demi voilà et ça j'ai adoré parce que c'est il y avait quelque chose de il y avait quelque chose de romanesque de formidable et parce que je le dis mais bon peut-être que vos auditeurs ont déjà coupé leur poste mais j'ai rarement rencontré un tel concentré de charisme et de volonté politique auprès de Nicolas Sarkozy
quel est votre endroit préféré à l'Elysée ?
mon endroit préféré à l'Elysée écoutez affectivement pour moi c'est le salon vert c'est-à-dire c'est cette anti-chambre qui permet d'accéder au bureau du président de la république qui est le qui est le salon qui est le salon doré qui était la chambre enfin qui était le salon de compagnie de l'impératrice Eugénie il faut savoir qu'à l'Elysée tout ce qui est au premier c'est Napoléon III tout ce qui est au rez-de-chaussée c'est 18ème voilà et donc j'ai beaucoup aimé cette pièce d'abord parce qu'elle était c'est vraiment une bonbonnière moi je trouve ça plutôt drôle puis à l'époque le mobilier national contemporain n'était pas passé par là donc les fauteuils étaient dorés tout ça était envers d'autres moi c'était un décor qui me plaisait bien les peintures sont de Charles Chaplin non pas Charles Chaplin mais Charles Chaplin qui était un des grands peintres de décors du second empire et de la troisième république et puis c'est là qu'on rencontrait le président c'est là qu'on se parlait le plus librement avec lui on était rarement dans son bureau voilà c'est un endroit que alors ensuite à titre personnel j'ai voilà j'aimais bien le salon des aides de Caen qui est au rez-de-chaussée parce que c'est tout blanc et qui qui permet d'aller soit vers le salon Murat où se tient le conseil des ministres soit vers le salon des ambassadeurs où souvent le président des jeunes Houdines tout le palais moi j'ai adoré l'Elysée tout le monde me dit ah mais l'Elysée c'est embêté et vous savez ça bon on a un problème aujourd'hui c'est que les élites notamment politiques sont vraiment n'ont plus de culture historique moi ce qui m'amusait beaucoup dans le palais c'était le choc les siècles voilà et c'est la France je sais pas c'est une anecdote que je raconte souvent mais un jour je raccompagne je m'étais trouvé un bureau dans les combles et je raccompagne mon visiteur et j'avais la main sur la poignée donc côté intérieur de mon bureau et là je vois quelque chose qui m'intrigue je dis rien je ramène mon mon d'ailleurs je ne sais plus invité jusqu'à jusqu'à l'escalier puis je reviens et je regarde et c'était de très belles poignées en bronze doré et alors c'est étrange parce que côté visiteur il y avait le RF de République française et côté bureau il y avait encore l'aigle impériale
alors si on parle de votre bureau au premier étage du palais l'étage noble avec un oeil de bœuf
deuxième étage
au deuxième étage pardonnez-moi
au premier étage il n'y a que deux bureaux
avec un oeil de bœuf sur le jardin vous entendez Nicolas Sarkozy faire son jogging chaque jour et vous récupérez le bureau de Catherine Pégard qui a consigné dans des carnets toute la vie politique qu'elle a pu observer dans une bibliothèque en bois de rose écrivez-vous c'est peut-être un signe Camille Pascal puisque vous êtes l'un des candidats potentiels à sa succession au domaine national de Versailles elle assure en ce moment même son propre intérim elle doit être remplacée depuis 2021 elle a fait trois mandats elle a 69 ans elle a dépassé l'âge limite que se passe-t-il à Versailles vous qui en connaissez toutes les coulisses
écoutez c'est compliqué pour moi de vous répondre j'ai été et j'ai fait part en effet de ma candidature je pense qu'elle n'est plus d'actualité et qu'on trouvera quelqu'un d'autre pour remplacer Catherine Pégard elle a fait un très bon travail je la connais bien bon après c'est la en tout cas si je devais être son successeur il y a peut-être longtemps que j'aurais été nommé
pourquoi Emmanuel Macron tarde à prendre ce décret ça j'en sais rien c'est le fait du prince
je ne sais pas il faudrait lui demander ou demander à son entourage vous savez ce dont je me suis rendu compte dans la fréquentation des grands c'est que ce sont des hommes ou des femmes d'habitude et que en fait il faut bien comprendre que voilà les présidents de la république les ministres etc sont soumis à une pression permanente nerveuse politique il faut l'avoir vécu moi j'ai vu Jean Castex se transformer à cause de cette pression perdre sa rondeur son humour parce que vous avez sur les épaules quand même le poids d'une responsabilité énorme mais ça fait deux ans qu'il doit prendre ce décret je vais vous expliquer qu'à un moment donné et bien ces hommes ou ces femmes de pouvoir
l'habitude les rassurent allez c'est une tradition dans cette émission et on va terminer par la Camille Pascal vous n'êtes pas venu les mains vides vous êtes venu avec une archive on l'écoute vous nous dites pourquoi après
cette élection quand vous mettrez-vous dans la tête qu'elle est finie avant même d'avoir commencé le vainqueur le vainqueur a déjà été désigné proclamé fêté encensé adulé il est élu il n'y a pas à le choisir il y a à le célébrer donc ça n'est pas la peine ça n'est plus la peine de vous déranger circulez il n'y a rien à voir
Philippe Séguin le 30 janvier 1995 a bondi en Seine-Saint-Denis le tournant de la campagne pour Jacques Chirac pourquoi cet extrait ?
parce qu'il m'a marqué à l'époque moi j'étais plutôt bala du rien ça ne vous étonnera pas et je me suis dit quelque chose va basculer parce que ce discours est d'une intelligence brillante c'est aussi pardon de le dire mais une claque qui est mise dans la joue des médias et des sondeurs qui ont déjà choisi leur candidat exactement comme Jospin en 2002 d'ailleurs qui devait être élu qu'on a vu qui s'est effondré et donc comme quoi d'ailleurs rien ne sert jamais de leçon en histoire politique mais surtout ce discours outre qu'il est remarquablement écrit qu'il est remarquablement prononcé par un homme qui n'a pas toujours été extraordinaire moi je l'avais trouvé très médiocre avec Afa Samy Terence sur Maastricht mais ce discours a changé le cours de l'histoire politique contemporaine et en ça c'est évidemment un immense discours
Merci Camille Pascal d'avoir été l'invité de Sens Politique La semaine prochaine je recevrai Gaspard Ganser l'ancien conseiller en communication de François Hollande pour le quatrième épisode de notre série sur les conseillers de l'Elysée Merci à toute l'équipe à la préparation Anne-Claire Bazin à la réalisation Payé-Legras à la technique Jean-Guylain-Mège et à la vidéo Flavien Andrisiac grâce à qui vous pouvez réécouter tous les épisodes de cette série sur la chaîne Youtube de France Culture Vous pouvez les retrouver aussi sur l'application Radio France et sur franceculture.fr Très bon week-end sur France Culture Merci de nous avoir suivis