Soldat français tué au Liban, prix du carburant , Jordan Bardella reçu par le Medef... Le "8.30 franceinfo" de Julien Odoul
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Bonjour Julien Odoul, vous êtes député porte-parole du Rassemblement National, bonjour Pierrick Bonneau, vous rentrez de Milan, vous avez couvert un grand ralliement de tous les leaders de l'extrême droite européenne, nous y reviendrons dans quelques instants, mais d'abord le sergent-chef Florian Montorio, 39 ans, a été tué ce samedi au Liban dans une embuscade visant des casques bleus, son corps a été rapatrié hier en France, trois autres militaires français sont blessés, Emmanuel Macron recevra demain le premier ministre libanais, Beyrouth promet de tout faire pour retrouver les auteurs, les questions ce matin sont qui a frappé, pourquoi et que fait la France au Liban ?
On va commencer par écouter Jean-Marie Bockel, ancien secrétaire d'Etat à la Défense, qui a lui-même perdu son fils au Mali en 2019.
Ça pose d'ailleurs la question, ce pays un peu otage du conflit depuis si longtemps n'ont pas dû devenir, je pense qu'il faut rester, il ne faut pas abandonner le Liban et particulièrement la France, par contre on peut réfléchir au statut de ses forces.
Si Marine Le Pen ou Jordan Bardella étaient à l'Élysée ce matin, qu'est-ce que vous feriez concrètement aujourd'hui au Liban ? Est-ce que vous maintiendrez les soldats français sur place, oui ou non ?
Tout d'abord on a une pensée pour le sergent-chef Montorio, qui est tombé à la fois pour la France et pour la paix dans cette région du monde. Ça confirme le coût humain, la dangerosité de cette mission pour nos soldats, engagés sur tous les théâtres d'opération. Il faut quand même rappeler une chose que l'on rappelle depuis 20 ans maintenant. Le Hezbollah, ce groupe terroriste fanatique qui n'a que deux objectifs, un, l'éradication de l'État d'Israël, deux, l'extermination des Juifs, et le troisième c'est évidemment le chaos au Liban et martyriser le peuple libanais. Ça fait 20 ans que ce groupe terroriste doit être désarmé.
La résolution des Nations Unies 1701 de 2006 qui demandait le désarmement du Hezbollah. Ce Hezbollah n'a jamais été désarmé. Il est surarmé. Il n'a jamais été aussi puissant, aussi dangereux. Et c'est aujourd'hui le fauteur de crise, le fauteur de guerre dans cette région du monde. Et il constitue des Fatou un État dans l'État au Liban. Et on voit bien que le Liban est menacé constamment par les agissements, par les exactions, par les attaques de ce groupe terroriste qui justifie évidemment la réplique légitime de l'État d'Israël qui cherche à se protéger.
Julien Audoul, ce que vous feriez avec la la finule, cette force intérimaire des Nations Unies, mission de maintien de la paix à l'ONU. Marine Le Pen a publié un message sur X hier matin, près de 24 heures d'ailleurs après les faits. « La France ne saurait accepter que l'on puisse s'en prendre à nos forces armées qui défendent et protègent nos civils ». Ça ne nous dit pas ce que vous feriez précisément avec cette force.
Ce que je viens de vous dire, c'est que ça fait 20 ans qu'on doit éradiquer et désarmer le Hezbollah. Et donc qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ? Et donc il est très clair qu'il faut soutenir le Liban pour se débarrasser de cet État dans l'État, de ce groupe terroriste. Il faut aussi comprendre et soutenir nos amis israéliens qui se défendent. Mais très clairement, on voit bien que, que ce soit ici, que ce soit au niveau du Hamas à Gaza, si les groupes terroristes sont maintenus, sont toujours armés, il ne pourra pas y avoir de paix, il ne pourra pas y avoir de sécurité.
Donc l'objectif principal, que ce soit pour la France, que ce soit pour évidemment le Liban et pour l'État d'Israël, c'est de désarmer et d'éradiquer les groupes terroristes.
On entend ce que vous dites avec la France prise en étau entre Israël qui brise en partie le cessez-le-feu, le Hezbollah qui n'a pas d'armée, une mission qui est complexe parce qu'ils n'ont pas les moyens de les désarmer. Néanmoins, vous ne répondez pas à notre question. La mission de la FINUL, donc la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban, finie le 31 décembre. Est-ce que la France doit rester au Liban ? Oui ou non ? Et si oui, avec quelle mission ?
Ce que je veux vous dire, c'est que la France doit rester aux côtés du Liban. C'est une tradition, nous avons des liens historiques avec nos amis libanais. Le Liban doit redevenir ce pays prospère.
Mais est-ce qu'on garde des soldats français ?
Encore une fois, ce n'est pas à moi de vous dire si on garde des soldats français. C'est à vous de nous donner la position du RN. Moi, ce que je souhaite vous dire, c'est que la France doit prendre toute sa part. Marine Le Pen, Jordan Bardella l'ont redit en soutien au Liban, au gouvernement libanais, qui aujourd'hui, malheureusement, est pris en tenaille avec ce groupe terroriste qui constitue une menace sérieuse pour le peuple libanais parce que d'une part, il martyrise une partie de son peuple et d'autre part, il est confronté aux répliques de l'armée israélienne. Vous avez dit nos amis israéliens.
Est-ce que vous condamnez aujourd'hui l'intervention israélienne au Liban ?
Écoutez, moi, je me mets toujours à la place d'autres pays et notamment de la seule démocratie de cette région du monde qui est l'État d'Israël. On peut reprocher beaucoup de choses à l'État d'Israël, à la réplique, effectivement. Moi, je me mets à la place, si nous avions à la frontière italienne ou à la frontière espagnole, un groupe terroriste qui constituait un État dans l'État qui, jour après jour, nous bombardait, jour après jour, tirait des missiles sur notre sol, quelle serait notre réaction ? Je pense qu'on mesure mal l'État.
Ça veut dire qu'il faudrait bombarder Madrid ou Rome ?
Non, je ne dis pas ça. Je dis qu'à un moment donné, je comprends l'État d'Israël et le peuple israélien qui, pour des raisons existentielles, parce que là, on ne parle pas de tracés de frontières, on ne parle pas d'hydrocarbures, là, on parle tout simplement de survie et de pérennité d'un État qui est menacé de toutes parts, à la fois par les Molaïs iraniens, à la fois par le Hezbollah, par les terroristes du Hamas, par les Houthis. On le sait, la situation de l'État d'Israël, elle est extrêmement précaire compte tenu de ces nombreux dangers.
Donc soutien indéfectible du RN, toujours à Israël ?
Il ne s'agit pas d'un soutien indéfectible. Il s'agit de dire, et c'est la voix de la France aussi, et c'est aussi ce qu'ont pu exprimer Marine Le Pen et Jordan Bardella, aujourd'hui, le responsable n'est pas l'État d'Israël. L'État d'Israël se défend. Donc il faut, une bonne fois pour toutes, se débarrasser de la menace terroriste islamiste, sans laquelle, effectivement, il ne peut pas y avoir de paix.
On a bien compris. Il y a eu un regain de tension ces dernières heures dans le détroit d'Ormuz. L'Iran promet de riposter bientôt. La marine américaine a ouvert le feu sur un de ses cargos. Elle en a pris le contrôle. Un navire français de la CMA-CGM a également fait l'objet de tirs de semonces. Est-ce que la marine française devrait intervenir pour protéger les bateaux civils dans le détroit d'Ormuz ?
Nos armées doivent intervenir à chaque fois que nos intérêts, nos ressortissants, sont menacés. Bien évidemment, c'est le rôle de nos armées. Donc oui, comme il y a un bateau de la CMA-CGM qui est attaqué, la France doit intervenir. C'est le rôle de nos armées, encore une fois, de notre diplomatie également, de notre État-major, a fortiori du chef des armées qui est le président de la République, de garantir les intérêts français, la sécurité de nos ressortissants. On voit bien d'ailleurs dans cette crise qui est liée à l'intervention américaine...
Est-ce que vous comprenez justement ce que fait Donald Trump en ce moment ?
Personne ne comprend. Voilà, force est de constater que personne ne comprend ce que fait Donald Trump.
Jordan Bardella à Milan ce week-end nous disait, à propos de Donald Trump, qu'il ne comprenait pas ce que faisait le président américain, que la raison lui échappait totalement.
Les buts de guerre sont totalement erratiques. Quel est l'objectif ? Au départ, on aurait pu espérer que c'était la déstabilisation ou la fin du régime des Mollah et qu'il y avait une solution politique pour protéger le peuple iranien. Là, on voit bien, après plusieurs semaines, que les buts de guerre sont totalement flous. Donc, on n'est pas dans la tête de Donald Trump. Encore une fois, il faut distinguer. Le peuple américain est toujours un allié. Les Etats-Unis sont toujours des alliés. Pour autant, on ne comprend plus rien de la politique de Donald Trump.
On ne comprend plus rien et on peut déplorer les excès de langage, les insultes, les outrances, que ce soit contre le pape ou contre n'importe qui. C'est vrai qu'aujourd'hui, c'est un petit peu nébuleux.
C'est rien de le dire. Marine Le Pen a été reçue par l'ambassadeur d'Israël à Paris. C'était en fin de semaine dernière. L'ERN ne s'en est pas vanté. C'est l'ambassade d'Israël qui a donné l'information. L'ancien ambassadeur d'Israël en France, c'est Libre Navi, était dans 7 à vous sur France 5. Lui a dit qu'il ne vous aurait jamais reçu. On l'écoute.
Non, non, non, je ne l'aurais pas fait. Il n'aurait pas dû le faire. Mais ça s'insère dans une politique constante de la banalisation, si vous voulez, des liens entre Israël et l'extrême droite. Moi, je trouve cela dommageable. Est-ce que votre parti peut vraiment faire oublier son passé ?
Est-ce que le Parti Socialiste peut faire oublier la France 6 que de Mitterrand ? Visiblement, oui. Est-ce que le Parti Communiste peut faire oublier les goulags ? Est-ce que le journal Le Monde peut faire oublier les accointances nazies de son fondateur ? Voilà, vous savez, on peut faire ça à l'infini. Moi, ce que j'observe depuis de nombreuses années, bien avant 7 octobre 2023, c'est que le Rassemblement National, le Front National ont été extrêmement clairs dans la lutte contre l'antisémitisme. Rappelez-vous, en 2010, Marine Le Pen a été la première responsable politique à dire que dans certains quartiers français, il ne faisait pas bon être juif.
Et très clairement, la position qui a été la nôtre de soutien à l'État d'Israël, de lutte contre l'antisémitisme, de lutte contre l'islamisme, qui constitue le seul danger pour nos compatriotes juifs aujourd'hui en France, fait de nous un interlocuteur légitime pour le gouvernement israélien, qui a reçu, il y a un an, Jordan Bardella, lors d'un déplacement officiel. Et il est tout à fait légitime que la présidente du premier groupe à l'Assemblée Nationale, qui, dans un an, sera certainement présidente de la République, soit reçue par l'ambassadeur d'Israël. Je rappelle qu'on a des liens quand même très forts avec l'État d'Israël.
On est de démocratie, on a les mêmes valeurs, on est épris de liberté, et surtout, on a le même ennemi, le fondamentalisme islamiste, qu'il soit au Moyen-Orient ou en France.
Merci Philippe. On a évidemment une question sur les prix du carburant, parce que la guerre au Moyen-Orient a d'énormes conséquences sur les prix à la pompe, Pierre-Yves, sur la TVA.
Oui, 52ème jour de guerre, et on a vu ces dernières heures que c'était encore loin d'être la fin. Des conséquences pour les Français sur les prix à la pompe. Vous proposez de baisser, vous, au Rassemblement National, toutes les taxes sur le carburant, ça coûte très cher. Vous chiffrez, je crois, à 15 milliards d'euros sur un an, cette baisse des taxes. Bercy n'a d'ailleurs pas les mêmes chiffres, mais on ne va pas s'attarder là-dessus. Comment financez-vous ces baisses de taxes ?
Alors, c'est très simple. Déjà, de dire qu'on ne peut pas le faire parce qu'on n'en a pas les moyens apparaît totalement mensonger à l'heure où on nous dit qu'il faut verser 18 milliards d'euros à l'Ukraine. 18 milliards d'euros, qui n'est pas un prêt d'ailleurs, qui est un don, puisqu'on le sait, c'est prouvé. On serait remboursé uniquement si la Russie consentait à des réparations, ce qu'elle ne fera jamais. Donc, en fait, on donne... Vous enlevez aux Ukrainiens pour donner aux Français pour qu'ils puissent qu'elles leur réjouent. Non, mais je dis juste que quand on n'a pas les moyens, déjà, de soutenir le pouvoir d'achat des Français, qui est dramatiquement...
qui a un niveau dramatique, on ne verse pas 18 milliards à l'Ukraine. Ensuite, sur les économies... C'est plus que 18 milliards, c'est l'Union Européenne, ce n'est pas la France. Ah non, si, si. 18 milliards, c'est la France. 90 milliards, c'est l'Union Européenne. 18 milliards... Plusieurs années, il y a plusieurs dons.
18 milliards, c'est que la France.
Non, 18 milliards, c'est que la France. 90 milliards, c'est l'Union Européenne. Ensuite, très clairement, sur les économies que nous faisons. Vous avez vu dans notre contre-budget qu'il y avait notamment la lutte contre la fraude sociale, qu'il y avait la fin de l'immigration de guichet social, qu'il y avait aussi la réduction du train de vie de l'État, qu'il y avait aussi les contributions au budget de l'Union Européenne, dont on donne 6 milliards de plus cette année. Ça fait énormément de pistes d'économie. On avait chiffré ça à 100 milliards. Ça, ça vous permet de financer vos mesures. Ça ne vous permet pas de financer... Et puis, encore une fois, les mesures que...
Enfin, la baisse de la TVA, ce n'est pas de l'argent perdu. La baisse de la TVA, c'est de l'argent qui est réinjecté dans l'économie. Parce que quand vous baissez la TVA sur les carburants de 20% à 5,5%, quand vous baissez la TVA sur toutes les énergies, vous rendez en moyenne 150 euros à 200 euros de pouvoir d'achat par mois et par foyer. Ça, c'est de l'argent qui permet aux gens d'aller se travailler, de se déplacer. Tout le monde, y compris les plus aisés, vous ciblez qui exactement ? Mais on revendique, effectivement, que cette TVA bénéficie à tout le monde. Mais elle va bénéficier principalement, et c'est un fait, à ceux qui utilisent leur véhicule le plus souvent pour aller travailler.
Quelques soient leurs revenus.
C'est-à-dire les catégories modestes et populaires, c'est prouvé. Ceux qui ont le plus... Mais pas uniquement, encore une fois. On peut prendre l'exception de l'exception. Je sais, on va me sortir le Porsche Cayenne qui va faire le plein. Très bien, ce sera une exception. Mais dans 98% des cas, ce sont des Français qui ont besoin de leur véhicule. Ce sont les Français de la ruralité, qui sont de catégorie moyenne ou modeste, et qui vont bénéficier de cet allègement de TVA.
Les distributeurs de carburant sont convoqués dans deux heures au ministère de l'économie. La piste d'un blocage des marges des distributeurs, comme envisagé par Matignon la semaine dernière, vous paraît-elle une bonne piste ?
Non, le blocage, encore une fois, n'est pas la solution. Qu'il y ait des encadrements. On est tout à fait ouvert et pragmatique sur des encadrements. On parle du blocage des marges, simplement. Oui, très bien. Mais ce que je veux dire, c'est qu'on peut essayer de bidouiller, d'essayer de trouver le mouton à cinq pattes, de contourner la réalité. La réalité, c'est qu'il n'y a qu'une seule mesure crédible, pérenne, efficace, pour alléger le fardeau à la pompe, c'est évidemment la baisse de la TVA. Baisse de la TICPE aussi, qui est la taxe sur la carburant. Et puis, la fin d'une aberration fiscale bien française, on paye de la TVA sur la TICPE.
Donc tout ça, vous voyez, il faut le remettre à plat pour enfin rendre de l'argent aux Français. Et la réduction du déficit, Julien Audoul, dans tout ça. Mais ça participe d'une vraie politique de grands ménages, de nos comptes publics. Quand je vous parlais de réduction du train de vie de l'État, quand je vous parle de la suppression des comités théodules, des agences inutiles, de la lutte contre l'immigration qui nous coûte un pognon de dingue, de la baisse de notre contribution à l'Union Européenne, tout ça...
Le coût de l'immigration fait débat.
Tout ça... Ah non, non, il ne fait pas débat, excusez-moi. Aujourd'hui... En fonction des études, on n'a jamais le même chiffre. Oui, mais vous savez, l'immigration, il y a ce qu'on paye. Et puis après, il y a toutes les conséquences, que ce soit en matière d'éducation, en matière de santé publique, en matière d'hébergement, de logement social. Aujourd'hui, le logement social est occupé, en majorité, par des étrangers dans notre pays. C'est factuel, donc très clément, il faut que ces aides sociales bénéficient d'abord à nos concitoyens.
Marine Le Pen a dîné le 7 avril avec plusieurs grands patrons, dont Patrick Pouyanné de Total Energy. Est-ce que vous savez si elle a pu lui parler de votre programme
de la baisse de la TVA, directement avec le patron de Total ? Je pense que c'était l'objet de ce rendez-vous, bien évidemment. Et je trouve tout à fait normal que la présidente du premier groupe à l'Assemblée nationale, que le premier parti de France et, peut-être demain, la future présidente de la République puissent échanger avec les grands patrons, puissent leur proposer et leur présenter ses propositions, son projet pour la France. C'est tout à fait légitime dans une démocratie normale et mature.
L'actualité du jour pour le Rassemblement national, c'est un déjeuner, c'est une première. Jordan Bardella sera reçu ce midi très officiellement par le bureau exécutif du MEDEF, la principale organisation patronale française. Vous n'êtes donc plus la bête noire du patronat. Est-ce que réussir à s'asseoir à la table du MEDEF, c'était la dernière étape, finalement, de la normalisation du AN ?
Non, mais ce n'était pas une fin en soi. En fait, c'est quelque chose de tout à fait normal. C'est vrai qu'aujourd'hui, des choses évidentes en démocratie nous paraissent totalement, j'allais dire, surnaturelles. Mais, je le redis, nous allons entrer en campagne présidentielle. Le Rassemblement national, qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, est le premier parti de France. Jordan Bardella ou Marine Le Pen ont de grandes chances d'accéder à l'Élysée l'an prochain.
Donc, c'est tout à fait normal que le MEDEF, mais normalement, ça devrait être la posture de tous les syndicats, se posent des questions, discutent, échangent, fassent leurs propositions, expriment leurs constats sur ce qu'il faut pour l'économie française. On sort de dix ans de macronisme qui a ravagé notre économie. On avait des Mozart de la finance qui ont cramé la partition. On avait des Mozart de la finance qui ont participé au creusement de la dette, aux fermetures d'entreprises en cascade et à l'effondrement de la valeur travail. C'est normal qu'on puisse discuter de propositions
pour redresser notre économie. Justement, vous parliez des syndicats. Marie-Lise Léon était hier l'invité de France Info et pour la secrétaire générale de la CFDT, déjeuner avec vous, c'est faire preuve de cynisme.
Aujourd'hui, je pense qu'il y a une grande confusion entre ce qu'est le pragmatisme et une forme de cynisme. Et le cynisme, c'est de considérer que l'économie passe avant tout.
Que répondez-vous à Marie-Lise Léon sur le fond ?
Sur le fond, qu'est-ce que vous voulez que je lui réponde ? Si elle veut rester cloisonnée dans son idéologie, dans son sectarisme, libre à elle. Mais je pense que parmi ses adhérents, il y a un grand nombre peut-être d'électeurs du RN, peut-être que parmi ses adhérents, il y a des gens qui sont intéressés, curieux de savoir ce que l'on propose et qu'on ait un débat responsable sur les solutions économiques et sociales pour sortir notre pays de l'ornière. Très clairement, je veux bien... Ceux qui ne disent qu'il n'y a pas que l'économie en fait sont ceux qui ne souffrent pas de la crise.
Ce ne sont pas nos 9 millions de pauvres, ce ne sont pas nos 6 millions de chômeurs, ce ne sont pas les TPE et PME qui aujourd'hui sont étouffés, corsetés par les normes, les contraintes et les taxes. Il y a besoin effectivement d'un changement économique, social, budgétaire, d'un nouveau cap pour le pays. C'est ce que nous proposons au RN. Julien Doul, vous irez déjeuner avec les syndicats aussi ? Ah mais moi, je suis encore ouvert et nous sommes ouverts pour discuter, pour échanger avec tout le monde, y compris des gens d'ailleurs qui nous combattent politiquement. C'est la démocratie.
La démocratie, vous savez, c'est l'échange, la confrontation des idées, des opinions dans un cadre pacifique. Dans une démocratie, on doit pouvoir se parler, on doit pouvoir exprimer ses propositions, et puis après, les Français, les syndicats, se font leur opinion.
Le ministre de l'économie n'est pas tendre, Roland Lescure dans Le Parisien hier. Il estime essentiel de dénoncer votre incompétence et vos incohérences, notamment en matière économique. C'est quoi votre ligne économique ce matin ? C'est plus d'État ou plus de liberté pour les entreprises ? Est-ce que vous cherchez à rassurer les patrons quand Jean de Bardella déjeuner ce midi sur votre programme ou à adapter votre programme à celui des patrons ?
Monsieur Lescure est un grand comique. Mais si j'étais à sa place, si j'avais le bilan qui est le sien, mais je démissionnerais, je demanderais pardon aux Français, ou au pire, enfin au mieux, j'allais dire, je me tairais. Parce que quand on a engendré 1 400 milliards d'euros de dettes supplémentaires, quand on est responsable de faillites d'entreprises en cascade, quand on a dégradé la place de la France à tous les niveaux, à tous les échelons, quand on est responsable aussi de la grande précarité qui s'installe dans notre pays, notamment à l'inflation, au prix des carburants, très clairement, quand on n'a aucune mesure pour le pays, je pense qu'il faut s'arrêter de parler et partir.
Et c'est ce que nous proposons et ce que nous proposerons à M. Lescure dans quelques mois.
À Milan, samedi, Jordan Bardella nous a également confié qu'il allait écrire au chef d'entreprise avec Marine Le Pen pour solliciter des entretiens. Écoutons Thierry Cotillard, le patron du réseau Les Mousquetaires Intermarché.
La partie représentée à l'Assemblée Nationale n'est pas dans une petite proportion. Je ne suis pas là pour faire de la politique avec eux. Je suis là pour leur dire en tant que chef d'entreprise, en tant qu'investisseur, en tant qu'employeur, mes attentes.
Vous sentez, Julien Audoul, que les chefs d'entreprise se préparent à votre arrivée au pouvoir ?
Je pense que les Français, dans leur globalité, se préparent à notre arrivée au pouvoir. Beaucoup la souhaitent, beaucoup l'attendent et beaucoup aussi attendent de voir ce que nous sommes en capacité de faire pour rompre avec ces dix années qui ont été dévastatrices pour notre pays. Et c'est tout à fait légitime que les chefs d'entreprise, qui sont des créateurs d'emplois, qui sont des piliers de notre économie, qui sont bien souvent des héros de notre pays compte tenu des charges, des contraintes, des difficultés qui sont les leurs, effectivement, espèrent une bouffée d'oxygène et un changement. On voit bien que depuis dix ans, ils ont été trahis.
Trahis parce qu'on leur avait vendu le Mozart de la finance, la libéralisation, tous les possibles. Or, avec M. Macron, ça a été surtout l'avalanche de taxes, de normes et de contraintes contre ceux qui créent de l'emploi.
On en parlait, Jordan Bardella, à Milan ce week-end, des leaders d'extrême droite sont montés sur scène et ils ont appelé à arrêter totalement l'immigration venant des pays musulmans. On écoute Gerd Wilders, le patron de l'extrême droite néerlandaise.
On doit arrêter totalement l'immigration venue des pays musulmans. On n'en veut plus. Plus un seul immigré. On n'en veut plus. Et tous les criminels, tous ceux qui veulent vivre selon les lois de la charia, doivent être expulsés de nos pays parce que nos racines sont ici, à Rome, à Athènes, à Jérusalem et non à la Mecque.
Vous assumez ces propos clairement islamophobes, Julien Houdoul, d'un de vos partenaires européens ?
Alors déjà, moi je dénonce totalement le concept d'islamophobie. L'islamophobie est légale dans notre pays. On a le droit de ne pas aimer nos religions. Oui, oui, tout à fait. La citation à la haine rachale n'est pas une opinion, c'est un délice. Alors, alors, l'islam n'est pas une race. L'islam, c'est une religion. Je vous rappelle que Samuel Paty a été tué parce qu'on l'a qualifié d'islamophobe. L'islamophobie est un concept des frères musulmans, je le rappelle, qui n'a rien à voir... Ça ne vous dérange pas, Julien Houdoul. Attends, c'est très important ce que vous venez de dire. Qui n'a rien à voir avec la haine que l'on peut avoir contre nos compatriotes de confession musulmane.
Encore une fois, la haine des croyants n'est pas admissible et illégale et condamnable dans notre pays. En revanche, on a le droit, effectivement, de dénoncer une religion, on a le droit de critiquer une religion. C'est le droit français. Et je rappelle d'ailleurs que vos confrères de Charlie Hebdo, malheureusement, ont été massacrés parce qu'ils ont été taxés d'islamophobes.
Il est 8h57, et 37 secondes sur France Info lors de la question qui, ce matin, la question qui polarise. Vincent Bolloré publie une tribune dans le journal du dimanche qui est son journal. Il s'y félicite du départ d'Olivier Noir de Grasset, maison d'édition dont il a pris le contrôle et il révèle son salaire. Est-ce que c'est une méthode que vous cautionnez ?
Écoutez, est-ce que ça concerne de l'argent public ? Non. Non. Voilà. Mais est-ce que la méthode vous a cautionné ? Donc, ça ne concerne pas d'argent public. Les Français ne crachent pas au bassinet. Il est de la liberté, encore une fois, totale, de groupes privés de pouvoir déterminer à la fois leur politique, leur recrutement, leur méthode. La méthode ne vous pose aucun problème. Donc, encore une fois, l'État, les responsables politiques n'ont pas à s'ingérer quand il ne s'agit pas d'argent public. Merci, Julien Maudoul, d'avoir été l'invité du 8h30 de France Info. Merci, Pierrick.
Jordan Bardella