Contre-Matinale #82 | Primaire Populaire, Macron roi du chaos : L'actu du jour
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 65 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 8:44OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que ça a comme conséquence d'un point de vue politique et programmatique ?
- 9:51OuverteRéponse partielle
On s'est rendu compte qu'après, finalement, son entrée dans la machine de la primaire populaire, son choix d'y adhérer, son annonce de candidature, il y a eu un certain nombre de gens qui sont inscrits, et on s'imagine que ces gens-là sont inscrits pour voter pour elle.
- 11:20RelanceRéponse partielle
Qu'est-ce que ça a comme conséquence d'un point de vue politique et programmatique ?
- 12:32RelanceRéponse partielle
Qu'est-ce que ça a comme conséquence d'un point de vue politique et programmatique ?
- 13:20OuverteRéponse directe
Alors, la primaire populaire ne s'exprime pas dans son socle commun sur le thème du capitalisme.
- 14:59OuverteRéponse directe
En parlant toujours, en restant sur la thématique des idées, finalement, il n'y a pas eu de grand moment de discussion entre les différents candidats qui acceptaient le principe de la primaire populaire.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:36Invité politiqueChiffre
« Le processus de la primaire populaire a réuni 466 895 inscrits. Il y a eu 392 738 votants, soit une participation de 84,1%. »
- 7:51Invité politiqueFait
« Sur la base des données du vote issu de ce dépouillement et du calcul opéré selon la méthode de vote dite du jugement majoritaire sous le contrôle des personnes qui l'ont inventé et réfléchi, il a été déterminé que la personne arrivée en tête est Mme Christiane Taubira. »
- 8:14Invité politiqueFait
« En première position, Mme Christiane Taubira avec une mention bien plus. En deuxième position, M. Yannick Jadot avec une mention assez bien plus. En troisième position, M. Jean-Luc Mélenchon avec une mention assez bien moins. »
- 17:10InvitéFait
« On parle de la VIème République. »
- 17:28InvitéFait
« Elle est aussi pour un allongement du temps de travail. »
- 17:33InvitéFait
« Elle était dans le gouvernement Hollande. »
- 26:36InvitéFait
« La première proposition sur les agriculteurs et les agricultrices bio. »
- 34:45InvitéFait
« on a quand même voté en 2017 pour Emmanuel Macron en 2022, on se retrouve avec deux voire trois candidats d'extrême droite à la présidentielle »
- 42:32Locuteur 1Chiffre
« il y a eu en un an plus de 2500 blessés, donc 400 blessés graves. Il y a eu 30 éborgnés, il y a eu 6 mains arrachées »
- 43:41Locuteur 1Chiffre
« après le 1er décembre, il mobilise 120 000 policiers sur tout le territoire »
- 46:20Locuteur 1Chiffre
« le bilan est estimé à peu près à 400 blessés graves durant le mouvement des Gilets jaunes »
- 54:11Locuteur 1Chiffre
« on est à 230 000 euros, mais il nous manque encore quand même 50 000 euros pour boucler l'ensemble des épisodes »
Temps de parole
- Invité37 %
- Présentateur36 %
- Locuteur 117 %
- Locuteur 82 %
- Locuteur 22 %
≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Salut à toutes et à tous et bienvenue sur le plateau du Média TV. Le week-end est passé, nous nous sommes plus ou moins bien reposés et nous sommes prêts pour être avec vous encore durant la semaine qui commence, sur un rythme quotidien bien sûr, car c'est notre promesse de départ, environ une heure d'informations chaque jour. Une heure d'informations différentes, engagées, au service des luttes et de ceux qui luttent. Une info financée par vous, notre communauté, et qui a besoin qu'un nombre de plus en plus grand de personnes s'impliquent, fassent un don simple ou mensualisé, s'abonnent, deviennent sociétaires de notre coopérative d'intérêt collectif pour pouvoir tout simplement continuer.
La contre-matinale du Média, épisode 82, c'est parti. Aujourd'hui c'est lundi et normalement les lundis c'est le jour du zapping politique du week-end, mais cette fois-ci on va un peu déroger à la tradition, vu qu'avec mon invité nous ferons plutôt un focus politique du week-end. Mon invité c'est Charlotte Thomas, elle est politiste. Ensemble nous parlerons de la primaire populaire qui vient de désigner Christiane Taubira comme sa candidate de l'Union de la Gauche. Nous parlerons de la forme politique que cette primaire populaire représente, de son résultat et de la manière dont elle influencera, ou pas, cette campagne électorale et celles qui arriveront à l'avenir.
En deuxième partie de matinée, je recevrai Yanis Mamdi, journaliste pour Off Investigation, tout nouveau média vidéo indépendant spécialisé justement dans l'investigation. Il nous parlera de son documentaire qui est sorti samedi dernier sur le site et la chaîne YouTube de Off Investigation. Un documentaire qui fait partie d'une série, Emmanuel, un banquier à l'Elysée, une série remplie de révélations et de témoignages inédits, qui fait le point sur le bilan de l'actuel locataire de l'Elysée. L'épisode que Yanis vient nous présenter intitulé « Gilets jaunes, le maintien du chaos ».
Nous aurons aussi un petit moment, minute citoyenne, interpellé par notre matinale de vendredi dernier, et notamment par le sujet, ce calvaire dans les EHPAD. Une aide soignante a voulu nous partager son témoignage. Mais sans plus tarder, c'est la titrologie. « Gauche et maintenant », c'est la question que se pose le quotidien de Centre Gauche Libération, à la une de sa dernière édition, où l'on entrevoit le visage de Christiane Taubira sur un poster. Une Christiane Taubira qui a exprimé sa volonté de rassembler, après sa victoire lors de la primaire populaire libée et dubitative toutefois, début d'un élan ou candidature de plus.
Le quotidien, financé par un fonds de dotation abondé par son ancien propriétaire, le milliardaire des télécoms Patrick Drahi, constate qu'il s'agit là d'une victoire qui ne dissipe pas le brouillard. Le Monde aussi titre sur la primaire populaire. Quel paysage à gauche ? Après la primaire populaire, le Monde s'apesantit sur la guéguerre qui a déjà commencé au sein de la social-démocratie, entre Anne Hidalgo, qui parie sur le fait que Taubira n'aura pas ses 500 parrainages, et Christiane Taubira qui mise sur le fait qu'Anne Hidalgo n'aura pas de financement en l'état actuel des sondages et subira inéluctablement des défections.
À la Une de l'Humanité, un sujet sur la nouvelle inquisition des droites extrêmes, le quotidien d'inspiration communiste, nous raconte comment, des États-Unis à la Pologne, en passant par le Brésil, des lobbies réactionnaires créent des listes de livres à éviter, dans lesquels on retrouve ceux de Martin Luther King ou de l'écrivaine africaine-américaine Tony Morrison, ou encore Mauss, une BD culte sur le génocide des Juifs d'Europe. La tension entre la Russie et l'Ukraine s'étale à la une du Figaro et de la Croix. « Ukraine, les calculs dangereux de Poutine », titre le Figaro, qui parle de jeu de poker.
En précipitant la crise ukrainienne face aux Américains, le maître du Kremlin s'efforce de « ressusciter la puissance russe », écrit le quotidien contrôlé par la famille Dassault, elle-même membre du lobby militaro-industriel français. Le problème est tout de même que cette crise ukrainienne est largement virtuelle, ce qui fait que la Croix titre « Ukraine, la drôle de guerre ». En effet, à Kiev, tout le monde parle des Russes, mais personne ne les voit, et du coup la population continue de vivre normalement, comme l'écrit la Croix.
De son côté, les échos donnent un écho à la proposition de Valérie Pécresse, une proposition consistant à demander aux employeurs d'augmenter les salaires face à l'inflation, en échange d'une baisse encore plus accrue des impôts de production. En gros, le principe est que dans tous les cas, les patrons ne doivent pas faire plus d'efforts de redistribution en direction des salariés, malgré les dividendes records des actionnaires des grands groupes. Baisse des impôts de production, ça signifie au final, soit appauvrissement des services publics, soit transfert de la charge fiscale aux familles. Bref, on est dans les échos.
Le quotidien du milliardaire Bernard Arnault, patron de LVMH, est plus riche français dans le monde. Vendredi dernier, ma collègue et camarade Nadia évoquait un article nous ramenant à une question de fond, celle du comportement de certains éléments de notre police nationale face aux violences sexistes et sexuelles. La victime était venue porter plainte pour violences conjugales. Un commandant de police dépiné sur scène visé par une plainte pour harcèlement sexuel. C'est le titre de l'article qui est de nos confrères de Street Press.
Pour ceux qui ont raté la matinale le vendredi, c'est l'histoire incroyable de Sarah qui va au commissariat porter plainte contre son mari violent pour chantage sexuel. Contre toute attente, c'est elle qui est mise en garde à vue, son époux ayant porté plainte avant elle, mais pour violences. Au final, elle est libérée, c'est au commissariat même qu'elle fait la connaissance d'un commandant de police qui se met à lui faire subir des faits de harcèlement sexuel, notamment via des SMS complètement déplacés. Elle finit par porter plainte devant l'IGPN. Bon à savoir, elle est autiste Asperger et la policier qui la harcèle le sait.
Autour de la même thématique, malheureusement, dépôt de plainte pour des violences sexuelles, il y a-t-il quelque chose de pourri au commissariat central de l'île. C'est le titre d'un article de Médiacité qui relaie les constats du site Double Peine, créé fin 2021, lequel a déjà recueilli, et je cite, « des centaines de témoignages de mauvais traitements de victimes de violences sexistes et sexuelles dans les commissariats français ». Et justement, écrit Médiacité, à l'île, le central basé à l'île-sud concentre un nombre inquiétant de dénonciations. Sans surprise, c'est Christiane Taubira.
L'ancienne ministre de la Justice de François Hollande a été désignée candidate d'union de la gauche par les électeurs de la primaire populaire, c'est-à-dire un peu moins de 400 000 personnes qui votaient en ligne dans le cadre d'une sorte de consultation devant départager des candidats dont certains avaient refusé de se plier à l'exercice. Je pense notamment à Annie Jadot et à Jean-Luc Mélenchon. Dans quelques secondes, je serai sur le plateau avec la politiste Charlotte Thomas avec qui on abordera les différents aspects de cette primaire populaire et on essaiera de répondre à cette question, certes un peu abrupte.
La primaire populaire est-elle une grosse blague ou une innovation politique de premier plan ? Regardons d'abord un extrait vidéo qui nous montre la proclamation des résultats.
Le processus de la primaire populaire a réuni 466 895 inscrits. Il y a eu 392 738 votants, soit une participation de 84,1%. Sur la base des données du vote issu de ce dépouillement et du calcul opéré selon la méthode de vote dite du jugement majoritaire sous le contrôle des personnes qui l'ont inventé et réfléchi, il a été déterminé que la personne arrivée en tête est Mme Christiane Taubira. L'ordre d'arrivée. Et donc, en première position, Mme Christiane Taubira avec une mention bien plus. En deuxième position, M. Yannick Jadot avec une mention assez bien plus. En troisième position, M. Jean-Luc Mélenchon avec une mention assez bien moins.
Bonjour Charlotte. Bonjour. Vous êtes politiste, c'est-à-dire chercheuse spécialiste en sciences politiques et nous avons voulu vous faire appel pour analyser cet objet atypique appelé primaire populaire. D'entrée de jeu, je voudrais qu'on évoque un peu celle qui en sort gagnante, le résultat. Donc, on est d'accord pour dire que ce n'est pas vraiment une surprise si Christiane Taubira gagne cette primaire populaire.
Tout à fait. Alors, je précise juste aussi par souci de transparence que je suis effectivement politiste et c'est dans ce cadre-là que vous m'invitez, c'est comme ça que je viens parler, mais que je suis également militante dans l'Union populaire, dans un groupe d'action en Seine-Saint-Denis, en toute transparence. Ce militantisme informe juste ma compréhension du politique, etc.
Mais effectivement, en fait, il n'y a aucune surprise, puisque de cette primaire populaire, dite populaire investiture, d'ailleurs, parce que ça a beaucoup évolué dans le format, il y avait sept candidats finaux en liste, dont trois qui s'étaient déclarés contre cette investiture potentielle, trois qui étaient quand même relativement inconnues, et une qui est connue et qui donc a remporté cette primaire populaire sans, encore une fois, trop de suspense.
En fait, on s'est rendu compte qu'après, finalement, son entrée dans la machine de la primaire populaire, son choix d'y adhérer, son annonce de candidature, il y a eu un certain nombre de gens qui sont inscrits, et on s'imagine que ces gens-là sont inscrits pour voter pour elle.
Oui, alors là, moi, je me fie, parce que déjà aussi, ici, on va discuter de la primaire populaire, mais comme on disait, pour prendre aussi un petit peu de hauteur et pas uniquement être dans les enjeux vraiment strictement de candidats, mais dire ce que ça nous dit un peu de la gauche et de la chose politique. Mais effectivement, de ce que j'ai lu, parce que moi, je m'en fie en fait aux déclarations des organisateurs, organisatrices de cette primaire dite populaire, suite à l'entrée en campagne de Christiane Taubira le 15 janvier, il y a eu une augmentation des inscriptions.
Après, par exemple, sur le taux de participation, on a noté 85 %, alors là aussi, avec des enjeux, parce qu'a priori, on peut voter plusieurs fois, enfin, je crois que ça, vous allez y revenir, mais 85 %, alors c'est élevé, effectivement. C'est aussi à remettre dans le contexte de gens qui ont fait la démarche de s'inscrire à une primaire dite populaire, mais qui ensuite ont choisi de ne pas voter. Donc, il faut aussi remettre ça en perspective au regard des chiffres évoqués, parce que je crois qu'on est à 300, du coup, 380 000 suffrages exprimés, sachant qu'en plus, les personnes qui s'exprimaient, si j'ai bien suivi, donnent des notes à plusieurs candidats ou candidates.
Donc, en plus, ça remet quand même beaucoup en cause uniquement la victoire triomphale de Christiane Taubira, en tout cas, ce qu'elle représente par rapport à un peuple dit de gauche.
En tout cas, dans l'extrait vidéo qu'on a regardé, la manière dont les résultats sont divulgués interpelle. On parle de pourcentage de mentions attribuées, des mentions comme très bien, bien, assez bien, passables ou insuffisants, ça nous rappelle le BAC. C'est celui qui a le plus de mentions positives et le moins de mentions négatives, donc qui passe. Qu'est-ce que ça a comme conséquence d'un point de vue politique et programmatique ?
Moi, je trouve qu'en fait, ce qui est très compliqué également, d'ailleurs, quand on entend les prises de position des organisateurs, avant le déroulé du suffrage, des organisateurs et des organisatrices, il y a une sorte, pour moi, de myopie sociologique au sens où c'est comme si le politique n'était pas conflictuel. Or, l'essence même du politique est d'être conflictuel. Donc, en fait, vouloir gommer ce conflit, c'est effacer les luttes, d'une part. Donc, quand on parle d'un jugement majoritaire, d'accord, effectivement. En plus, il est vrai que, d'un point de vue de scénographie, cette remise des diplômes était quand même assez...
Bon, pour le coup, là, je trouve un peu questionnante et voire parfois gênante, parce qu'on attribue des notes. Aussi, il faut voir le panel sociologique. Enfin, moi, j'aimerais bien vraiment avoir une ventilation sociologique des personnes qui se sont exprimées, qui ont exprimé leur suffrage, pour voir quelle est leur représentativité des peuples dits de gauche. Et si je fais un petit pas de côté, comme j'ai mentionné mon activité également militante, dimanche matin, je parlais du programme sur les marchés. C'est vrai que les gens en Seine-Saint-Denis ne me parlaient pas du tout de primaire populaire. Ils me parlaient plus de logements insalubres, de chômage, de crise sociale, etc.
Donc, en termes programmatiques, en fait, et de fait, enfin, là, peut-être que j'anticipe un peu vos questions, mais quand on regarde aussi ce socle commun, moi, je suis assez surprise de voir qu'on nous parle de justice sociale, démocratique et écologique, sans jamais mentionner l'économie, par exemple. Alors que l'économie est quand même la matrice de tous ces enjeux. C'est-à-dire, quelle écologie dans le capitalisme, quelle justice sociale dans le capitalisme et quelle justice démocratique, alors là, on ne sait pas ce que ça veut dire, dans le capitalisme.
En tout cas, la première populaire ne s'exprime pas dans son socle commun sur, justement, ce thème du capitalisme.
Ah bah pas du tout, oui. Ça n'est jamais mentionné. On ne parle jamais d'économie. On ne parle pas non plus d'éducation nationale, puisque j'étais voir le socle commun. On ne parle pas non plus d'éducation nationale. Et alors, assez questionnant aussi pour un socle commun, pour une présidentielle, dont on sait que le président ou la présidente, enfin, les prérogatives régaliennes du président ou de la présidente sont les choses afférentes aux questions internationales, comme l'Union européenne et les relations internationales. Il n'y a aucune mention de ces domaines dans le socle commun.
Or, comment aujourd'hui, alors qu'on est dans l'Union européenne, comment envisager une quelconque justice sociale si on ne parle pas des traités européens qui sont extrêmement néolibéraux ? Enfin, il y a une vraie aporie. Et donc, juste, il y a une myopie sociologique au sens où je trouve que cette primaire donne l'impression que ce qui compte, c'est le concours de beauté, le candidat ou la candidate, mais encore une fois, qu'elle est l'entrée par les idées. Et quand on entend les organisateurs, organisatrices qui parlent de réinventer la gauche en parlant uniquement de candidats, enfin, le travail, il doit se faire sur le terrain, en fait, et d'aller...
Alors, non pas politiser les gens, parce que les gens sont très politisés, et notamment les abstentionnistes. Il ne faut pas croire que c'est des gens qui ne votent pas par choix de ne pas voter. Il y a une part d'abstentionnisme qui a un combat politique dans les franges libertaires, anarchistes, etc., et qui est cruciale. Il faut que ces gens restent abstentionnistes parce que ce sont comme les ZAD, un peu, des endroits où on invente le politique de demain. Et il y a une part aussi d'abstentionnistes qui ne votent plus parce qu'ils ne croient plus en la conversion de leur lutte dans un vote. Et c'est là où...
C'est sur ça qu'il faut travailler, mais pas sur présenter un autre candidat, parce que, sur l'utilité aussi de la primaire de gauche, si on parle, en fait, de la politique, donc là, pour le coup, vraiment des choses partisanes, il me semble que l'enjeu de cette primaire populaire était de faire l'union de la gauche. Or, on a donc une candidate en plus.
Oui, on a une candidate en plus. Alors, en parlant toujours, en restant sur la thématique des idées, finalement, il n'y a pas eu de grand moment de discussion entre les différents candidats qui acceptaient le principe de la primaire populaire. Et Christiane Taubira n'est pas venu à un débat qui avait été organisé. Elle a envoyé quelqu'un. Ça veut dire quelque chose, quand même.
Mais tout à fait, c'est ça. Là, on en revient encore. Moi, ce que je trouve vraiment dommageable, en tant que politiste, pour le coup, quelqu'un qui, quand même, a une petite connaissance de la chose politique, c'est qu'on a déjà très peu de fenêtres médiatiques dans la presse, dites, disons, capitalistiques, pour le dire rapidement. Et là, en fait, la gauche, je veux dire, la pensée dite de gauche, parce que là aussi, il y a beaucoup de choses à dire. Donc, on a déjà très peu d'opportunités pour porter des thèmes de la gauche. Aujourd'hui, on nous parle d'immigration tous les quatre matins, de racisme, etc. et de repli sur soi.
Et là, en fait, cette fenêtre médiatique, elle a été occupée par un concours de personnes, pas du tout pour porter des idées, encore une fois, j'insiste vraiment, mais sur les combats de la gauche, sur ce qui intéresse l'électeur et l'électrice potentielle de gauche, c'est-à-dire son salaire, ses conditions de travail, l'hôpital public qui crève, l'éducation nationale, etc.
Et là, comme vous le disiez, le fait que même la seule candidate, putative à l'époque, mais en tout cas, qui était favorable à cet objet politique dont certains et certaines disaient depuis le début qu'il était fait quand même pour adouber la candidature de Christiane Taubira, le fait même qu'elle n'ait même pas participé à un quelconque débat d'idées et dont on ne sait pas aujourd'hui encore quel est son programme, puisque par exemple, sur le socle commun, donc le socle commun envisage, donc le socle commun, c'est les engagements très très légers qui font le socle donc de la primaire populaire. Dans ce socle commun, par exemple, on parle de la VIème République.
Alors moi, je ne sais pas ce que Christiane Taubira pense de la VIème République, mais si on en revient à son programme de 2002, elle était quand même pour un renforcement des pouvoirs du président.
Un renforcement de la Vème République. Ben voilà,
donc elle est aussi pour, là je l'entendais à la matinale France Inter il y a quelque temps, donc elle est aussi pour un allongement du temps de travail. En 2002, elle était plutôt favorable à la retraite par capitalisation. On rappelle aussi qu'elle était dans le gouvernement Hollande. Donc à quel moment, en fait, déjà ça, je pense que je leur étais bien d'en discuter par rapport aux autres forces de gauche et encore une fois, quand il n'y a pas de débat d'idées, qu'est-ce que ça dit de ces gens qui pensent réenchanter le politique ? On est dans la stratégie pure, mais la stratégie, c'est précisément ce qui a écœuré les électeurs et les électrices de gauche.
Donc je ne comprends pas très bien en fait.
Alors, ce scrutin au jugement majoritaire s'est déroulé sur Internet, c'est important de le dire, et de nombreuses polémiques ont éclaté sur Twitter notamment sur les possibilités de vote multiple et de hacking du système. On regarde un petit extrait vidéo.
Alors, j'ai fait une petite expérience, je me suis inscrit trois fois, trois fois avec des numéros de téléphone à mon nom, dont un que j'ai pris sur Skype, un numéro américain, que j'ai fait juste pour ça, et trois emails différents, trois cartes bancaires différentes, une anglaise que j'avais et deux cartes bancaires à mon nom en France. On va voir, est-ce que je peux voter trois fois à la première populaire ? J'ai trois mails avec trois numéros d'identifiant différents puisque je me suis inscrit trois fois. Pour l'instant, personne n'a râlé. On va commencer avec l'identifiant DDN de BH. Alors, c'est parti, votons par SMS. C'est le premier téléphone que j'ai mis. C'est parti.
Ça y est, le voilà. Eh bien, écoutez, comme c'est une expérience, on ne va pas faciliter le vote, donc on va mettre très bien à tout le monde. Maintenant, on vote avec le numéro qu'on m'a envoyé par SMS. Et c'est bon, accusé de réception, monsieur Martin Rieu, vous avez bien voté. Alors, cette fois, un nouvel identifiant. Code de validation. Bienvenue, monsieur Martin Rieu. Ça ne les embête pas du tout que je m'appelle pareil. Après tout, les homonings, ça existe. Pareil, on met très bien à tout le monde. Et c'est parti. Une nouvelle confirmation à 14h11. Confirmation 11 au ligne 9. Vous voyez que ce n'est pas la même. J'ai voté deux fois. Formidable. Code de validation. Aller, on va voter.
Tout le monde très bien, toujours. Et voilà, donc j'ai voté une troisième fois.
Alors, Charlotte, ce petit exemple pose le problème du vote électronique. Jusqu'à quel point est-il crédible ? Alors, on ne va pas entrer dans les détails techniques parce que ce n'est pas notre domaine. En gros, il y a des problèmes techniques. Mais est-ce que, même de manière structurelle, le vote électronique, en plus le vote électronique à l'aide d'une carte bleue, est-ce que ce n'est pas déjà un vote censitaire ?
C'est ça. C'est ça. Ça pose aussi la question de la pratique du politique, c'est-à-dire, enfin, bon, là, de la politique puisqu'on parle d'un vote, mais de la pratique du politique. On vote de chez soi. Je veux dire, un moment de scrutin, c'est aussi un moment donné où on se déplace, on va dans un espace commun partagé avec d'autres électeurs et électrices. il y a toute une mise en scène en fait du vote qui est importante parce que ça fait partie de la socialisation, ça fait partie du contact humain, etc. Donc, il y a déjà cette dimension en termes de contact.
Et puis, effectivement, voter avec sa carte bleue, enfin, là aussi, et après, je ne veux pas, je tiens quand même à dire que je sais très bien les militants et les militantes de la primaire populaire se sont engagés, on est un combat politique.
Enfin, je respecte complètement ça, je dis juste que ça pose vraiment des questions dans ce que ça produit au final et c'est vrai qu'encore une fois sur cette entrée dans le rapport politique, donc là, vous mentionnez par exemple le fait de voter avec une carte bleue, mais encore une fois, par rapport, en plus, certains de ces organisateurs, organisatrices ont quand même une formation de sociologie politique, enfin, insensée, donc ça pose la question de comment on appréhende la chose politique dans un certain, une partie de la gauche et c'est ça qui je trouve, enfin, je me répète un petit peu, mais témoigne d'une myopie un peu sociologique et d'une loupe journalistique en pensant que ce qui compte, c'est le candidat ou la candidate, ou la façon de faire, parce que c'est ça, il y a aussi un côté un peu...
En fait,
ils ont vraiment insisté sur l'expérimentation que constituait cette mise en pratique
inédite
du jugement majoritaire, en fait.
Sur ça, sur le côté jeune, alors moi, enfin, le côté jeune, je veux dire, c'est très bien la jeunesse, mais ce n'est pas une vertu en soi. Emmanuel Macron est un président jeune, on l'a beaucoup entendu en 2017, ce que ça fait de lui un progressiste, je ne suis pas complètement convaincue. Donc en fait, c'est comme si, encore une fois, avec beaucoup de... Je respecte les engagements des gens, mais c'est comme si on s'était attaché à des espèces de choses un peu, des totems un peu importants, enfin, ça, le caractère nouveau, le caractère inclusif, mais inclusif de quoi, de qui, on ne sait pas, au dépend du contenu, en fait.
Et là, vraiment, j'insiste, je trouve que c'est sociologiquement, pour prendre vraiment le mot bourgeois au sens sociologique, il y a une petite myopie sociologique aussi à ça, à penser que ce qui intéresse et ce qui fait du politique, c'est des gens, alors qu'encore une fois, j'insiste lourdement, mais on devrait convaincre les gens par les idées, en fait, et c'est à ça qu'il faut les amener à la haute politique, pas par des portes-drapeaux.
Et des pratiques, disons, expérimentales.
Tout à fait. Pardon, excusez-moi, je vous coupe, mais dans quelle mesure ça, ça intéresse vraiment, par exemple, il y a des gens encore qui sont en des territoires qui sont en fracture numérique, bon, et dont on peut faire l'hypothèse sociologique que ce serait plus des gens qui ont des intérêts objectifs de gauche, pour le dire avec une grande formule. Quel est leur rapport à une primaire populaire sur laquelle on vote par Internet ?
Alors, le vote par Internet, ça peut aussi susciter de l'espoir dans la mesure où on parle beaucoup de démocratie directe. On a parlé depuis les Gilets jaunes beaucoup du thème de la démocratie directe et il se trouve qu'il est plus facile de faire un référendum de type RIC par Internet et donc, on peut se dire si ça fonctionne, on pourra multiplier le nombre de référendums sans forcément obliger les personnes à se rendre à des endroits.
Ce qui est donc, encore une fois, un vrai problème parce que qu'est-ce que la chose politique si ce n'est la rencontre des individus, ce qui distingue, là, c'est des grands trucs un peu de philosophie politique très simple, mais ce qui nous distingue quand même des... Enfin, ce qui distingue l'être humain, c'est qu'il est quand même capable de produire l'organisation de sa cité, de l'administrer, etc. Enfin, rien de dingue, politique, la vie de la cité.
Donc, si on ne se rencontre plus, enfin, vous voyez, déjà, ne plus se rencontrer, ça veut dire, c'est quand même très problématique pour faire société, d'une part, et d'autre part, ça crée aussi une forme de censure parce que vous ou moi, enfin, des gens qui sont déjà par éducation, par envie, par intérêt, qui ont le temps aussi, parce qu'il y a aussi vraiment une question de temps quand on fait des journées qui commencent à 5h du matin, dans quelle mesure on a le temps juste matériel de militer ou de s'intéresser, etc., enfin, de s'intéresser au sens partisan du terme. Donc, pour toute une partie des gens, est-ce que aussi, c'est pas...
Vous voyez, c'est comme augmenter les frais de scolarité à l'université, quoi, enfin, dans quelle mesure, en fait, ça fait vraiment de l'inclusion, enfin, ça reproduit une rupture et ça fait que des types de électeurs électrices potentiels, mais avant tout, des individus et des gens dans la cité, risquent de se retrouver encore plus en marge du politique. Donc, dans quelle mesure, ça risque pas de nourrir encore plus une abstention et donc, l'abstention, globalement, c'est chez le peuple de gauche qu'on la trouve.
Alors, on parle beaucoup des sondages, de leurs biais et là, en fait, c'est une sorte de sondage géant, en réalité, et il a aussi ses propres biais parce que finalement, le sondage par la méthode des quotas corrige ces biais, c'est-à-dire, si vous faites un sondage et que vous rendez compte qu'il y a plus d'hommes que de femmes ou bien plus de vieux que de jeunes par rapport à la représentativité nationale globale, vous le corrigez. On peut discuter de la correction des sondages, mais vous faites un effort de correction. Mais là, il n'y a pas de correction et finalement, c'est le biais sociologique de ceux qui ont les moyens, en réalité, d'organiser et de médiatiser cette primaire populaire.
Parce qu'on peut imaginer que moi aussi, ou je ne sais pas, quelqu'un ailleurs a envie de faire sa propre primaire populaire, mais ça n'aurait pas eu ce résultat. Ils ont eu des financements, de l'argent, ils ont mobilisé des fonds.
Exactement. Sur tous ces enjeux, sur les enjeux que vous mentionnez à la fin, parce que c'est quand même des vraies questions, je ne veux pas rentrer là-dedans parce que ce n'est pas mon sujet. Je pense qu'il y a, par exemple, un papier très étayé de Frustration Magazine sur le sujet. Il y a aussi un papier dans Le Canard, il y avait un papier dans Politis, qui pose aussi de vraies questions sur d'où on vient. Parce que moi, je vous ai précisé au début d'où je parlais, c'est-à-dire en précisant mon caractère aussi militant.
Je pense que c'est quand même crucial de savoir d'où les gens parlent parce que ça nous informe beaucoup sur leur vision de la société et leur socialisation et leur trajectoire personnelle. Donc là aussi, il y a beaucoup de choses à dire. Je ne rentre pas là-dedans, je renvoie les gens, les auditeurs, enfin les téléspectateurs, téléspectatrices à ce papier. Mais effectivement, pour répondre à votre question, encore une fois, moi, quand je vais voir le socle commun, alors je suis complètement d'accord, l'écologie est une urgence, on l'a vu cet hiver, cet été, les dômes de chasse, il n'y a pas de débat là-dessus.
En revanche, la première proposition sur les agriculteurs et les agricultrices bio, alors on est complètement d'accord, mais encore une fois, tout ça passe par l'économie. Ça, on l'écarte complètement et pour répondre exactement à ce que vous dites, je trouve que c'est un luxe quand même un peu bourgeois que de pouvoir ne pas parler d'économie, voyez-vous ? C'est vraiment l'économie, c'est ça quand même le capitalisme et le néolibéralisme, c'est ça qui fait la société telle qu'on est. Pourquoi on est en crise à ce point aussi aujourd'hui, privatisation, libéralisation, ça vient de mesures économiques des années 80, etc. Donc, tout ça est attesté.
Donc, en fait, c'est vraiment, comme vous le dites, comme on ne corrige pas les suffrages exprimés avec là aussi, comme vous le disiez très bien, on peut faire des critiques sur les marges de correction, mais quand bien même, et on fait des critiques aussi sur les sondages, parce que par exemple, par rapport aux voix de gauche, on ne prend en compte que les gens qui sont persuadés, enfin convaincus aujourd'hui qu'ils iront se déplacer. Or, on sait que l'électorat de gauche se décide dans les derniers jours ou les dernières semaines, quoi. Mais là, à fortiori, on n'a aucun biais correctif.
On sait très peu, c'est ça, enfin, qui a porté, enfin, on sait très peu, pardon, les profils sociologiques. Dans ce qu'on a entendu autour de nous, on a quand même un petit peu l'impression quand même, on en discutait d'ailleurs sans faire de grands secrets avant l'émission et tout, mais quel est l'intérêt que portent les électeurs de gauche en dehors de Paris et d'un certain milieu qu'on va dire un peu rapidement bourgeois ou bobos à cette primaire populaire, à la candidature de Christiane Taubira qu'on a quand même très peu vu, il me semble, dans les combats, les dernières luttes sociales, il me semble.
Donc, voilà, c'est effectivement, je trouve que c'est problématique parce que ça reprend, en fait, tout un tas de tactiques politiques mises en place en 2017 par La République En Marche avec les résultats qu'on sait en fait parce que c'est une appréhension du politique par le haut qui ne prend pas en compte, encore une fois, j'insiste lourdement, mais vraiment très lourdement, qui ne prend pas en compte les idées et qui ne prend pas en compte entre guillemets le bas au sens non péjoratif du terme, au sens sociologique du terme.
La base.
Voilà, la base. Parce que, oui, voilà, quand on dit entrer par le haut, entrer par le bas en sciences politiques, c'est juste pour trouver un angle, mais ce n'est pas du tout péjoratif, bien au contraire. Mais on parle d'union populaire, mais l'union populaire, est-ce qu'elle se fait avec des partis ou est-ce qu'elle se fait avec des syndicats, des travailleurs sociaux, des personnels hospitaliers, des enseignants ? Enfin, c'est quoi l'union ? Enfin, vous voyez, c'est quoi l'union en fait ? De quelle union on nous parle ? On nous parle d'union d'appareils politiques. Alors qu'encore une fois, bon, déjà, on a vu les primaires passer 2017, la primaire du PS n'était pas un super succès.
Et encore une fois, les électeurs, les électrices, ils ont été pour beaucoup écoeurés des appareils politiques partisans, très notamment du PS, dont le parti radical de gauche, n'est pas loin et à partir du gouvernement... M. Christophe,
un peu plus à droite d'ailleurs que le PS. Exactement. Un peu plus à droite. Alors, est-ce que Christiane Taubira peut espérer une sorte de levier ? En tout cas, elle a annoncé qu'elle appellerait les autres candidats de gauche, c'est-à-dire Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon. On regarde un extrait de cet appel.
Alors, au nom de ce que vous avez choisi de faire ce soir et pour lequel je vous exprime à nouveau ma gratitude au nom de vos choix de ce soir. Je prendrai l'initiative d'appeler les autres candidats. Je le ferai en respect. Je le ferai en respect. J'appellerai Anne, j'appellerai Yannick, j'appellerai Fabien, j'appellerai Jean-Luc. Je le ferai en respect parce que je l'ai déjà dit, chacune, chacun est légitime à sa place. Chacune, chacun est fondée sur son parcours, sur ses combats, sur ses actions, est fondée à être à la place qu'elle et il a choisi d'occuper. Mais notre sort appelle aujourd'hui l'union et le rassemblement. Notre sort pour main appelle l'union et le rassemblement.
Alors déjà, les gros candidats de gauche, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, Anne Hidalgo, Fabien Roussel, qui n'est pas très gros, certes, ont déjà dit qu'ils ne rejoindront pas Christiane Taubira et du coup, d'un point de vue purement pratique, ça fait une candidature en plus.
Ah ben exactement. Alors déjà, Fabien Roussel, alors je crois qu'il y a eu des péréquations de calcul, je ne sais, mais Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, Fabien Roussel, eux-mêmes n'ont même pas été de toute façon.
On ne les a pas appelés.
Non mais voilà, donc question de qu'est-ce qu'on met derrière la gauche. En gros, la gauche, c'est la social-démocratie dont on peut quand même se questionner de ses crédits de gauche au sens, si on veut dire donner une définition un peu simple de la gauche, c'est reconnaître la conflictualité inhérente au monde social. Bon, et essayer de la combattre, je veux dire, et des effets de domination, ce qui n'est pas flagrant depuis, chez le PRG et le PS. Et effectivement, comme vous disiez, alors déjà, c'est quand même, encore une fois, d'un point de vue un peu en prenant de la hauteur, c'est quand même très problématique, quelqu'un qui s'autoproclame chef ou chef E de l'Union.
Et puis donc là, en fait, comme on le disait, on a parlé beaucoup de l'entrée par les idées pour dire ce que ça disait du politique, mais là, ce que ça dit de la politique de gauche au sens, donc, partisan, on était censé avoir une union, donc déjà, une union qui se fait à l'insu du plein gré de plusieurs des candidats où on a rappelé qu'ils étaient contre leur inscription dans cette investiture, pardon, investiture, investiture, je vais y arriver. Et en revanche, là, donc on aboutit du coup à une candidature du centre supplémentaire. Quelle visibilité ?
Et puis encore une fois aussi, on l'a évoqué tout à l'heure, mais la fenêtre médiatique, est-ce que vraiment il n'y a que ça en termes de lutte de gauche à parler ? C'est le sujet brûlant du moment, c'était vraiment savoir si on crée une nouvelle candidature ou pas dans le contexte économique et social dans lequel on est aujourd'hui. Donc bon, ça c'est encore une fois très problématique et c'est ça. Donc du coup, comment va-t-elle faire l'union ? Je ne sais pas.
Alors en plus, là, je reste un peu à distance de ça, mais quand même, on parle d'union, il y a quand même un programme, puisque j'insiste vraiment, il y a un programme de l'Avenir en commun, porté par un candidat, mais un programme porté par une équipe, un parlement de l'Union populaire, etc., qui est largement en tête des opinions de la gauche. Alors d'accord, on n'est pas encore au second tour, mais on est quand même largement en tête de tous les autres candidats et candidates de gauche.
Donc dans ces cas-là, si on fait l'union derrière celui qui a le plus de chances de gagner, je ne comprends pas trop le principe, vraiment, de rajouter une candidature, et là, il va se passer quoi, du coup, dans les prochaines semaines, en fait ? Parce que l'union, enfin, arrêtons, arrêtons, je veux dire, des gens qui... Alors déjà, il y a eu plein de sondages là-dessus, les reports des éventuels électeurs électrices ne se feraient, par exemple, d'Hidalgo irait vers Taubira, mais pas du tout chez Jean-Luc Mélenchon, parce qu'en fait, les électeurs qui se considèrent de gauche de gouvernement auraient, je pense, des difficultés à voter pour la social-démocratie.
Il y a un absent, c'est-à-dire Emmanuel Macron, une partie de l'électorat de gauche se positionne contre Macron, ceux qui étaient dans la rue lors de la crise des Gilets jaunes, ceux qui étaient dans la rue au moment de la réforme, la contre-réforme des retraites, eux, ils considèrent Macron comme l'adversaire, alors que d'autres considèrent surtout Marine Le Pen et Éric Zemmour qui sont des adversaires comme des adversaires, mais il y a une sorte de non-dit sur Emmanuel Macron.
Exactement, c'est-à-dire que j'ai aussi écouté plusieurs prises de parole des organisateurs organisatrices, donc je suis la première, enfin, pas la première, mais je veux dire, je suis complètement d'accord avec le danger du fascisme, enfin là, on vit une période quand même extrêmement nauséabonde, mais alors, juste pour un petit rappel, donc on a quand même voté en 2017 pour Emmanuel Macron en 2022, on se retrouve avec deux voire trois candidats d'extrême droite à la présidentielle, donc dans quelle mesure Emmanuel Macron a fait barrage aux idées d'extrême droite, d'autre part, on a quand même eu un ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui a dit à la représentante de l'extrême droite qu'elle était molle sur l'immigration, donc je considère quand même qu'Emmanuel Macron est à minima notre adversaire, puisqu'on peut dire quand même que le fascisme est plus notre ennemi que notre adversaire, et donc en fait, dans les prises de parole des organisateurs et organisatrices, on parle très très peu du macronisme, etc., de toute la déstructuration totale du monde social, de tous les coups qui ont été portés aux institutions démocratiques de la cinquième sous ce mandat-là, on en parle très très peu, c'est juste un...
On parle du fascisme, d'accord, mais est-ce qu'on parle de celui qui lui a fait la courte échelle ? Très très peu, de fait, en même temps, que ce soit le PS ou le PRG, leur ligne politique, enfin leur démarcation politique militante par rapport à La République en Marche, ne sont pas hyper claires, donc ça peut se comprendre.
En fait, finalement, ce sont les enfants du hollandisme.
Je ne voulais pas le dire, donc je vous laisse le dire, mais oui, exactement. Donc voilà, après, vraiment, sur la question de l'union, donc en fait, à quel moment on pense faire l'union avec des gens qui ont soutenu les lois de travail ? Enfin, vraiment. Alors d'accord, Christiane Taubira a fini par démissionner au bout d'un moment du gouvernement hollande. Enfin, elle a attendu quand même. et ça s'est plus joué sur les enjeux des chances de nationalité. Alors c'est très bien, mais encore une fois, les questions économiques sont la matrice de tout ça. On n'en parle pas.
En tout cas, maintenant que c'est fait, la primaire populaire s'est faite, peut-être qu'on retournera à un véritable débat d'idées. Merci beaucoup, Charlotte Thomas, d'être venue sur notre plateau. Je rappelle que vous êtes politiste et une politiste engagée, militante également, et on a parlé justement de la forme politique qu'était cette primaire populaire. Merci. Au moment de la minute citoyenne, après avoir regardé notre matinale de vendredi dernier, en grande partie consacrée au sort souvent terrible de nos anciens dans les EHPAD, Maëlle, aide-soignante qui travaille dans le domaine de l'aide à la personne, a voulu nous partager son expérience.
On rappelle que Maëlle est très, très active. C'est une socio qui est très active dans le forum. On l'écoute.
Bonjour le média, je me suis levée de bonheur pour vous écouter ce matin. Je suis aide-soignante depuis plus de cinq ans. Mais ça fait dix ans que je suis dans l'aide à la personne. J'ai vécu plusieurs situations d'urgence, manque de moyens, de matériel. Je change assez régulièrement de structure et je constate toujours la même chose. Je vais vous parler du Ségur. Certaines structures comme la MAS, la maison d'accueil spécialisée, le FAM, le foyer d'accueil médicalisé, le FAS, le foyer d'accueil spécialisé, toutes ces structures ont des usagers dépendants avec des troubles moteurs et psychologiques. C'est des personnes polyhandicapées. Les salariés sont à bout.
Pas de prime, pas de Ségur, pas de 13e mois, pas de prime de risque. On est payé au SMIC, on travaille les week-ends, les jours fériés. Les plannings changent tous les jours car manque du personnel. Je ne suis pas radicaliste, je ne suis pas de militante, je suis juste une citoyenne en colère. j'ai fait de la térim, j'ai travaillé en EHPAD, oh là là, jamais au grand jamais je ne mettrai mes proches dedans. La dernière EHPAD que j'ai faite, nous étions deux professionnels pour 50 résidents, dont une dizaine était autonome. Youpi ! J'ai tenu à moi car les 14 besoins fondamentaux ont été bafouis. Ce n'est pas ma psychologie et ma vision du métier de soin.
Je vous remercie, le Média, pour tout ce que vous faites. Au revoir.
Alors je suis sur le plateau du Média avec Yanis Mamdi, journaliste à Off-Investigation. Off-Investigation est un nouveau média, un tout nouveau média vidéo qui comme son nom l'indique s'est spécialisé dans l'investigation un tout nouveau média vidéo créé par Jean-Baptiste Rivoire, figure de l'enquête à Canal+, persécutée par les hommes de Vincent Bolloré et qui a décidé de reprendre sa liberté, de prendre la liberté d'informer. Off-Investigation est encore en campagne de levée de fonds mais dévoile progressivement les différents épisodes de sa série d'enquête dont le nom est Emmanuel, un banquier à l'Elysée. Un homme d'affaires à l'Elysée. Un homme d'affaires à l'Elysée. Autant pour moi.
Et justement, samedi dernier, c'était la sortie sur le site et la chaîne YouTube de ce média du troisième épisode de la série. Un troisième épisode dont le titre est très clair, Gilets jaunes, le maintien du chaos et qui revient sur les secrets de la gestion de la crise des Gilets jaunes par Emmanuel Macron. Salut Yanis. Salut Théophile. Comment ça va ? Ça va et toi ? On est content de te retrouver ici. Alors nombreux sont ceux qui nous regardent, qui se souviennent que tu es un ancien du Média, un bébé le Média. Tu nous raconteras quel était ton parcours depuis mais je te propose de regarder d'abord un extrait de ton documentaire.
À deux kilomètres de l'Arc de Triomphe, le ministère de l'Intérieur et surtout le palais présidentiel. Pour la première fois, le pouvoir tremble.
Il y a eu des appels où on se demandait si les grilles finalement de l'Elysée ou de Beauvoir n'allaient pas tomber parce que les manifestants s'en rapprochaient de plus en plus et que c'était extrêmement compliqué de tenir. La République a réellement tremblé le 1er décembre.
Dans la nuit qui suit les émeutes, Emmanuel Macron prend la parole depuis l'Argentine où il assistait à un sommet du G20.
Un dernier mot sur le contexte français et parce que je ne répondrai conformément à mes habitudes à aucune question sur ce point. Ce qui s'est passé aujourd'hui à Paris n'a rien à voir avec l'expression pacifique d'une colère légitime. Les coupables de ces violences ne veulent pas de changement, ne veulent aucune amélioration, ils veulent le chaos.
Jacques Attali, l'un des mentors d'Emmanuel Macron, participait à ce voyage officiel.
J'étais avec Emmanuel Macron dans l'avion qui le ramenait d'Argentine puisqu'il m'avait convié à l'accompagner au G20. Ils m'ont parlé très longuement dans ce vol de retour. Nous avons débarqué le matin qui a suivi l'incendie de l'Arc du Triomphe. Je peux vous dire que là, il avait compris.
A partir de cette date, Emmanuel Macron va durcir la répression policière de la plus grande révolte populaire survenue en France depuis mai 1968.
Alors, Yannis, au Média, on a suivi à l'époque avec assiduité la crise des gilets jaunes. Tu t'es bien placé pour la raconter avec du recul pour off-investigation. Qu'est-ce que tu as découvert durant ton travail d'enquête en vue de ce documentaire ? Quels sont les éclairages nouveaux, les témoignages nouveaux
que tu apportes ? Alors non, en fait, on s'est posé la question de comprendre, puisque moi, j'étais sur le terrain, comme tu l'as dit à l'époque pour le Média, pendant la crise des gilets jaunes. J'en ai couvert pas mal, je vais dire une dizaine. Et il y avait cette question qui me revenait tout le temps, c'était pourquoi, comment on gérait la foule durant le moment des gilets jaunes ? Qu'est-ce qui amenait tous ces débordements, ces violences de part et d'autre ? Comment on a eu autant de blessés ? Je rappelle qu'il y a eu en un an plus de 2500 blessés, donc 400 blessés graves. Il y a eu 30 éborgnés, il y a eu 6 mains arrachées.
Donc voilà, je me suis posé la question de savoir comment on était arrivés là. Donc à partir de ce point-là, on a commencé, j'ai fait mon travail d'enquête et puis on a réussi à avoir pas mal d'acteurs qui étaient présents durant ce moment. On a essayé de comprendre les décisions politiques, en fait, qui ont amené à cette gestion des foules et à ce que j'appelle aujourd'hui le maintien du chaos.
Et vous avez, parmi les acteurs, des acteurs sécuritaires
qui étaient en première ligne ? Bien sûr, on a donc l'ancien préfet de police de Paris qui durant 5 mois a géré la crise des gilets jaunes. On a donc un policier, on a bien sûr aussi des gilets jaunes, on a des militants des associations des droits de l'homme. Voilà, tous les acteurs qui ont en fait participé, si tu veux, à cette crise et qui nous expliquent que voilà, malheureusement, pour la plupart, c'était le chaos total durant cette crise-là.
En fait, tu parles de maintien du chaos. Peut-on aujourd'hui affirmer qu'à un moment donné, il y a une sorte de choix du chaos fait par l'exécutif et comment tout ça s'est manifesté ?
Alors, un chaos de la part de l'exécutif, en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il y a une répression d'autant plus forte au fur et à mesure que le mouvement avançait. On le voit, par exemple, après le 1er décembre, il mobilise 120 000 policiers sur tout le territoire. On le voit aussi en mars, quand il décide, si vous voulez, d'enlever Delpuech et de mettre l'Allemand à sa place. L'Allemand qui a une réputation d'être un préfet de police intransigeant, très dur. Donc, est-ce qu'il y a une volonté du chaos ? En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il y a une volonté de répression du mouvement pour l'éteindre. Ça, oui.
Il ne peut pas faire dans la dentelle. Exactement. Alors, il y a aussi une utilisation qui est très étrange des NAS, c'est-à-dire la théorie, en fait, sur les NAS est complètement remise de côté. Les NAS qui doivent permettre aux manifestants de sortir, en fait, sont des NAS tout à fait fermées qui sont créées pour rendre fous. En fait,
les gens qui manifestent, vous pouvez nous expliquer. Oui, c'est ça. Alors, en fait, une NAS, qu'est-ce que c'est ? C'est qu'on encercle les manifestants, mais il faut absolument qu'il y ait toujours une porte de sortie pour ceux qui décident de ne plus rester dans la NAS et qui peuvent s'en aller de la manifestation. Sauf que ce que nous expliquent aussi bien les policiers, les gilets jaunes que les militants des droits de l'homme, c'est que durant cette crise, les NAS n'étaient pas bien appliquées. En fait, on refermait, on enfermait les manifestants et on ne leur donnait pas de porte de sortie.
Et qu'est-ce qui se passe quand on ne donne pas de porte de sortie à des manifestants qui ne peuvent plus circuler, quand on entrave leur liberté de circulation ? C'est tout bête, ça les énerve. Ça en énerve un, deux, et puis voilà. Et puis c'est comme ça, en fait, qu'on en vient aux affrontements et que, justement, ça a l'effet contraire de... Ça produit l'effet contraire de ce que ça devrait donner.
Alors, Didier Lallement, donc, il remplace Del Puèche. Vous évoquez les conditions dans lesquelles il devient préfet de police de Paris et comment il radicalise le maintien du chaos le promeut parce qu'à Bordeaux, il a tapé fort,
en gros, c'est ça ? C'est ça, exactement. Il faut savoir que l'Allemand, il a vraiment une réputation de préfet intransigeant. Voilà, comme on l'évoque dans le documentaire, c'est lui qui était responsable à l'époque où il y a eu l'affaire, donc Olivier Béziad, donc ce paupier volontaire qui se fait tirer dans le dos. Oui, oui. Et alors, pour la petite anecdote de ce qu'on m'a raconté, c'est qu'à l'époque, à la préfecture de Bordeaux, quand il a été nommé préfet de police de Paris, à la préfecture de Bordeaux, ils ont sabré le champagne tellement ils étaient contents qu'ils soient partis. Ils s'en débarrassaient.
Alors, on ne va pas dire tout non plus parce qu'il faut que ceux qui nous écoutent et qui nous regardent aillent sur votre chaîne YouTube ou votre site Internet pour regarder l'intégralité de ce documentaire passionnant. Et justement, il me semble que ton docu devait sortir vendredi. C'est ça. Il est sorti samedi parce qu'il y a une sorte de double censure sur YouTube. En tout cas, c'est ce qui est écrit sur votre page YouTube.
C'est ça. Alors, nous, en fait, quand on a fait le documentaire, on a fait le choix à un moment de montrer crûment les images des blessés durant le mouvement des Gilets jaunes, des blessés graves. Je le répète, c'est 30 éborniers, 6 mains arrachées sans compter toutes les blessures à la tête. Donc, le bilan est estimé à peu près à 400 blessés graves durant le mouvement des Gilets jaunes. Donc, ces passages-là, pour YouTube, comme il y avait du sang, etc., on a dû les enlever et on a fait face à une autre censure. Un autre problème, là, pour le coup, on n'a pas compris, c'est Canal+, qui revendiquait une vidéo de Jérôme Rodriguez.
C'est-à-dire le jour où Jérôme Rodriguez a perdu son oeil, c'est-à-dire le 26 janvier 2019, Canal+, revendiquait les droits de sa vidéo puisqu'il filmait avec son téléphone. En fait, il était en live au moment où il perdait son oeil. Donc, elles appartiennent à Jérôme Rodriguez. Alors qu'elles appartiennent à Jérôme Rodriguez. Nous, il nous avait donné l'autorisation de les utiliser et après, on ne sait pas comment c'est arrivé pour que Canal+, puisse revendiquer les droits de cette vidéo-là.
On n'a pas compris et donc, ça nous a bloqués sur YouTube parce que, sur YouTube, c'est soit on conteste mais si on conteste, on ne peut pas poster la vidéo tout de suite, soit on coupe le passage et donc, on a dû couper le passage puis il y a eu le retraitement de la vidéo YouTube, etc. Donc, on a dû diffuser avec un jour de retard.
Mais en tout cas, sur le site de Off Investigation, c'est la version originelle.
Voilà, sur le site de Off, vous avez donc la version non censurée puisqu'on utilise un autre lecteur vidéo qui est PireTube et là, vous pouvez voir le documentaire dans son intégralité sans version censurée.
Alors, Yanis, on va parler un peu de toi parce que quand même, dès décembre 2017, alors que tu es un tout jeune journaliste, tu es recruté par Le Média, tu feras deux ans ici ? Deux ans, à peu près, oui. Avant, tout naturellement, de chercher à voir ailleurs si l'herbe est plus verte. Tu as travaillé de manière indirecte pour ce qu'on appelle les médias mainstream et tu es revenu dans la galaxie des médias indépendants financés par leur public avec Off Investigation. C'est ça. Tu as des piliers aujourd'hui de Off Investigation, on peut le dire. Alors, pourquoi ce choix de retour vers la presse indépendante alors qu'il y a une forme de sécurité dans l'écosystème des médias mainstream ?
Il n'y a pas vraiment une forme de sécurité dans les médias mainstream aujourd'hui. Ma génération, en tout cas, on fait face à une très grande précarité et je ne sais pas si on peut vraiment parler de sécurité. Non, moi, je suis revenu à la presse indépendante parce que c'est simple. Aujourd'hui, il n'y a qu'un seul endroit où on peut faire notre travail le plus librement possible sans avoir tous les problèmes d'un diffuseur. Donc, vous savez, quand vous avez un diffuseur comme Arte, vous avez plein de gens qui vous devez rendre des comptes qui ne sont pas forcément d'accord sur la manière dont vous devez faire votre reportage, etc.
Donc, ça devient vite compliqué de faire le reportage comme vous l'entendez. Bon, voilà, proche, retourner à la presse indépendante, c'est pour ça.
En fait, ce qui est quand même frappant, c'est qu'on a eu l'impression à un moment donné que l'investigation, le journalisme d'investigation libre, en fait, on pouvait l'exercer sur Canal+, et sur les services publics. C'est ça. Donc, Jean-Baptiste Rivoire a réussi à prouver au monde entier qu'on ne peut plus enquêter à Canal+, et toi, tu as travaillé pour Arte, Arte qui a une super bonne image, et tu as quand même rencontré la censure là-bas avec des vidéos que tu as produites qui ont disparu de l'antenne ou alors qui n'ont même jamais
été diffusées. C'est ça. Alors, en fait, il faut comprendre. Moi, je travaillais pour Arte, donc je travaillais pour une émission qui s'appelait Tous les Internets. L'idée, c'était de rencontrer des personnes à travers le monde et en France qui militent pour un changement dans la société, pour une amélioration dans la société à travers Internet dont Internet est l'outil principal. Et donc, en mars 2020, apparaît la crise Covid, voilà, avec le confinement, etc.
Donc, la chaîne fait la demande de sujets Covid et je vais faire un reportage avec Sabrina Ali Ben Ali qui est médecin urgentiste et qui, sur son Twitter, alerte sur les conditions en fait auxquelles les médecins font face durant la crise Covid, c'est-à-dire pas de matériel, pas de masque, des sacs poubelles en termes de protection, etc. Donc, je lui donne une GoPro, je la laisse aller filmer quand elle va voir ses patients, etc. Le sujet cartonne. Il fait, je crois, si je ne dis pas de bêtises, en 24 heures sur les réseaux d'Arte, il fait à peu près entre 2,5 millions de vues et 3 millions de vues.
Voilà, sauf que, voilà, je ne sais pas pourquoi, derrière, Arte s'énerve un peu sur le sujet en me disant que j'aurais peut-être dû préciser que Sabrina Ali Ben Ali était suppléante aux législatives sur la liste France Insoumise dans la 18e circonscription de Paris. Donc, moi, je leur explique que je ne vois pas l'intérêt de faire ça puisque, elle, elle se présente en tant que médecin urgentiste. Le sujet, c'est vraiment les médecins, etc.
Ils veulent prendre la distance par rapport à sa parole, en gros.
Oui, voilà. Alors, je ne sais pas. Peut-être que le sujet a tapé très fort. Moi, je sais que le sujet, à l'époque, il était représentatif d'une colère. Enfin, vraiment, ça fait quasiment 3 millions de vues sur les réseaux sociaux en 24 heures. Alors, je ne sais pas, je n'ai pas les décomptes d'Arte, mais je pense que c'est sûr que c'est un des plus gros scores qu'ils ont fait. Ils n'étaient pas contents. Voilà, ils n'étaient pas contents. On va comprendre pourquoi. Alors, ce qui est d'autant plus drôle, c'est que derrière, ils nous ont demandé de faire... La chaîne Arte a demandé à ce qu'on fasse un reportage avec Caroline Déas.
Je n'ai rien contre Caroline Déas, mais il faut savoir que Caroline Déas a été directrice de campagne de Cécile Duflo, qu'elle aussi, en 2017, elle s'est présentée en tant que candidate d'hiver gauche aux législatives de 2017. Et là, bizarrement, Arte ne nous a pas demandé, ne m'a pas demandé en tout cas à moi de préciser qu'elle était candidate en 2017 aux législatives, qu'elle était directrice de campagne de Cécile Duflo. Et alors, après, ça s'est empiré puisque j'ai fait un sujet avec Amal Bentounsi. Donc Amal Bentounsi, il faut savoir, son frère, il a été tué par un policier d'une balle dans le dos. Le policier a été condamné en appel à 5 ans de prison avec sursis.
Et elle a créé une application qui s'appelle Urgence de violence policière et qui permet cette application de filmer, en fait, les bavures policières qu'il peut y avoir. Et la vidéo est directement enregistrée sur un serveur. C'est-à-dire que si le policier tente de vous arracher le téléphone ou vous casse le téléphone, la vidéo, elle est toujours sauvegardée. Donc je fais le reportage une première fois avec elle. Ce n'est pas super, je vais tourner à Villiers-le-Bel, etc. Et puis, on commence une première version qu'on envoie à la chaîne de télé. Et puis la chaîne de télé me dit non, mais il faut aller retourner. Il faut peut-être en faire un peu moins sur son frère, etc.
C'est le sujet pourtant. Oui, c'est la base de son engagement. Voilà, la base de son engagement vient du fait que son frère a été tué par un policier. Alors après, il y a toujours cette histoire. Son frère était un délinquant, etc. Donc peut-être en faire un peu moins. Bref, je vais retourner avec elle. Je refais l'interview. Et puis finalement, le sujet a été mis aux oubliettes. Voilà, donc ils ont acheté un sujet qu'ils n'ont jamais diffusé. Tout simplement.
Et donc, en gros, c'est assez surprenant parce que de la part d'Arte qui a une certaine image, une bonne image, c'est à la fois étonnant et inquiétant parce que si même à Arte, il n'y a plus de liberté pour diffuser des choses qui concernent la France parce que Arte parle souvent de... C'est ça.
Mon sentiment, moi, c'est qu'en fait, quand on veut parler de politique française, de politique intérieure, vraiment, ça devient compliqué même pour Arte. Arte, voilà, pour faire des reportages à l'étranger et parler politique à l'étranger, il n'y a aucun problème. Mais quand ça touche la politique française, c'est compliqué. Et on le voit de toute façon aussi avec la série qu'on est en train de faire sur le quinquennat d'Emmanuel Macron. Ils nous ont dit qu'ils ne se mêlaient pas de politique française parce que ça n'intéressait pas forcément les Allemands comme c'est une chaîne franco-allemande. Moi, je trouve ça dommageable.
Par exemple, l'histoire d'Amal Ben Tutsi, c'est terrible parce que derrière, qui est-ce qui a fait le sujet ? C'est Agi Plus, Al Jazeera Plus qui est quoi ? Qui est un média qatari. Donc, en fait, c'est les qataris qui viennent faire le sujet. Le sujet a cartonné. Donc, c'est le Qatar qui vient montrer en fait à la France une application qui permet de filmer des violences policières qui vient faire ce sujet-là. Mais moi, je trouve ça vraiment, c'est terrible pour les médias français.
C'est vraiment terrible. En tout cas, finalement, vous prenez le risque de transposer en fait ce type de travail, du travail vraiment d'investigation, de recherche, d'enquête. Aujourd'hui,
on arrive à un constat, c'est que, en tout cas, si on veut faire vraiment de l'investigation et avoir les mains un peu, vraiment les mains complètement libres, il n'y a qu'une seule solution, c'est le financement citoyen. Voilà, donc c'est pour ça que moi, je me suis lancé dans l'aventure of investigation avec Jean-Baptiste Rivoire. Et j'y crois. Alors, on n'est pas mal, là, on est à 230 000 euros, mais il nous manque encore quand même 50 000 euros pour boucler l'ensemble des épisodes. Voilà, on doit faire 9 épisodes. Il nous manque encore 50 000 euros, mais je pense qu'on va y arriver.
En tout cas, tous ceux qui nous regardent, ils sont appelés à faire un geste pour nous, pour vous, pour l'écosystème des médias indépendants. Ça coûte l'équivalent des fois d'un café, des fois d'une belle chemise, mais ça vaut quand même, c'est un investissement qui est intéressant pour nos libertés parce qu'on voit justement avec l'histoire que tu viens de raconter que même les médias publics les plus insoupçonnables de censure, en fait, ils pratiquent la censure et puisqu'on ne tient pas absolument à ce que ce soit les milliardaires du Golfe qui nous informent sur la France, en fait, on peut financer nous-mêmes notre information. Alors, merci beaucoup Yanis.
On rappelle que Off Investigation travaille sur une série ambitieuse sur le bilan d'Emmanuel Macron, un homme d'affaires à l'Élysée. Un homme d'affaires à l'Élysée. Le Maintien du Chaos, c'est le troisième épisode de la série, donc on peut regarder sur votre site internet et sur votre chaîne YouTube. D'autres vont suivre. Hôpital, La République en panne qui va sortir le 8 février. Alstom, la France, avant, ce sera le 18 février. Sanofi, labo chouchou de la Macronie, à cette période de crise sanitaire, ça va être très intéressant. Ce sera le 8 mars. Macron, l'Algérien, le 18 mars, et les millions envolés, pour l'interrogation de Macron, pardon, ce sera le 28 mars.
Pour ne rien rater, vous pouvez donc vous abonner à la newsletter de Off Investigation en allant sur leur site. Vous pouvez aussi vous abonner à la chaîne YouTube de Off Investigation. On le rappelle encore, vous êtes dans votre processus de levée de fonds. Exactement, sur la page KissKissBangBang de Off Investigation. Sur la page KissKissBangBang. Merci beaucoup, Yanis, et bonne chance à Off Investigation. Alors voilà, c'est bientôt la fin de la contre-matinale du Média. Ce sera terminé dans quelques secondes.
On vous rappelle, déjà on dit merci à Maïel qui était dans la Minute Citoyenne et à tous nos sociaux, nos abonnés, nos donateurs qui agissent, interagissent avec nous sur le chat et dans le forum. Et on vous dit, donc vous pouvez appeler le 01 48 37 33 20 pour déposer un message pour la Minute Citoyenne et nous le diffuserons peut-être directement, peut-être après vous avoir appelé pour avoir quelques précisions.
Alors c'est terminé pour aujourd'hui, finalement, pour que cette matinale vive en replay, mettez des petits pouces bleus, partagez, abonnez-vous si vous ne l'êtes pas déjà et activez la petite clochette et si vous le pouvez, bien entendu, faites-nous un don ou devenez abonné sociétaire de notre coopérative d'intérêt collectif. Revenez ce soir pour regarder l'Instant Porcher, une édition en prise directe avec l'actualité politique et économique. Retrouvez donc Thomas Porcher et Lisa Lap. Quant à moi, je vous dis à demain. Sous-titrage ST' 501