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interviewLCI (sur YouTube)· 10 février 2026 13 min

Exercice hors norme : la France sur le pied de guerre face à Poutine ?|LCI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C'est dans ce contexte incertain où les menaces peuvent surgir de différents endroits du globe que la France a lancé hier une série d'opérations visant à tester la préparation de nos armées en cas de conflit sur terre, en mer, dans les airs, mais aussi dans le cyberespace. Orion 26 pour 2026, c'est le nom d'un exercice militaire majeur qui s'inspire d'un scénario imaginé par l'OTAN. Regardez le clip de nos armées qui expliquent les enjeux d'Orion 26.

Le monde a changé. La guerre s'est étendue à tous les milieux et dans tous les champs. Les conflits se sont multipliés et sont devenus l'affaire de tous.

Le monde a changé mais une chose demeure. L'engagement de ceux qui ont choisi de défendre et qui s'entraînent. sans lâche. [musique] Allons plus loin avec vous, colonel Pierre DeJong. carter image à l'appui pour bien comprendre la portée et l'importance d'un exercice militaire majeur mené par la France.

Alors, regardons ensemble d'abord cette image qui va apparaître du porte-avion Charles de Gaul qui décolle, enfin qui s'élance hein en vue des opérations. C'est une séquence qui a été publiée euh par le XMED qui est le commandant en chef pour la Méditerranée. Le but d'Orion 26, c'est de démontrer la capacité de la France à entrer en premier sur un théâtre d'opération et à mener une coalition internationale.

Alors, on va regarder ensemble les moyens qui sont engagés dans cette série d'opérations hors norme. 12500 12500 militaires, 25 navires dont le porte-avion Charles de Gaul, 140 avions hélicoptères, 1200 drones. Colonel, pourquoi on a besoin d'autant de moyens pour ces opérations ?

Après plusieurs raisons. La première, depuis 2022, on est rentré dans le monde des guerres de haute intensité. On ne le faisait plus jusqu'à présent.

L'armée française était sur un modèle de conflit contre des forces asymétriques, contre des forces plus faibles. Donc du fort au faible. Là on rentre dans un monde du fort au fort donc il faut manifester la force.

Ça c'est le premier point. Le deuxième point on sait que l'OTAN aujourd'hui il est plutôt sur un modèle je dirais troublé. C'est moins qu'on puisse dire avec les déclarations du du président Trump qui dit régulièrement que bah l'OTAN n'existe plus, que ça peut changer et cetera.

Donc encore une fois le le la France a besoin de manifester un d'abord de d'être puissante de montrer sa puissance de montrer tout ce qu'elle fait et de elle inscrit cette puissance au sein d'une coalition elle peut être européenne elle peut êtreienne elle peut être internationale puisque on dépasse largement le cadre de l'OTAN puisque vous az des forces des des des des Émiratiques qui sont présents. Vous avez tout un ensemble qui fait que la France elle veut elle veut manifester son intention en tout cas elle veut démontrer qu'elle est capable de commander une force de coalition. Et c'est extrêmement lourd parce que cette opération elle va durer pendant en gros 3 mois jus jusqu'au mois d'avril.

Elle va se dérouler en plusieurs phases. Une première phase qui va être un débarquement sur les sur les plages de l'Atlantique hein, je dirais entre la région de Bordeaux et la Bretagne et cetera. On on peut peut-être regarder justement la carte qui montre dans quelles zones justement auront lieu ces différentes opérations.

Et ça m'intéresse de savoir colonel pourquoi justement toutes ces zones ont été euh choisies hein Clermontferrand, Bordeaux, Brest Erreine. Alors d'abord il y a un point très important, c'est la dimension l'ensemble de la France va être couverte parce que ça c'est la première phase. La première phase c'est l'entrée si vous voulez de d'une force on va dire considéré ça c'est c'est un pays amis qui demande notre aide.

Donc nous on est quelque part ailleurs et on vient les aider. Supposons que soit l'Ukraine, je entre guillemets bien évidemment. Donc on arrive donc le problème va y avoir des opérations aéroportées pour prendre les points hauts, les villes et cetera puis une opération amphibie pour débarquer du matériel.

Le débarquement en Normandie, il fallait débarquer des tonnes et des tonnes de véhicules et cetera, des munitions. Donc ils vont le jouer. Alors c'est pas ça ça ça se jouera pas, je dirais en taille réelle.

Il y aura pas euh 300000 hommes qui vont débarquer, il y aura plusieurs milliers d'hommes qui vont débarquer, mais l'objectif, c'est de concérir en fait cette côte, le port de Brest évidemment, le port de Bordeaux et le port de La Rochelle et la ville de Rennes. Ça c'est la phase numéro 1. La phase numéro 2, il y aura une montée progressive dans les camps de Champagne jusqu'au mois de jusqu'au mois d'avril.

Ça c'est la partie militaire mais après militaire terre air mer cyber spatial et drone. Il y a il y a absolument tout. Maintenant, il y a un point très important, c'est que c'est un exercice est également interministériel.

C'est qu'en fait quand vous avez un conflit comme celui-là, il faut raisonner sur les blessés, les évacués, les réparations, les garages, les changements de et cetera, la logistique. Donc, vous avez toute une série de ministères qui sont concernés à Paris et qui vont travailler, qui vont raisonner sur une nouvelle doctrine qu'on avait avant. Avant s'appelait la défense opérationnelle du territoire.

Là, on va raisonner sur un modèle, un nouveau modèle qui est ben le fait que si demain matin vous avez l'ensemble de l'armée française qui part en direction de l'Est, mais il faudra bien traiter si vous voulez la protection du territoire. C'est ce qui va être étudié. Donc c'est un exercice majeur très important.

Faut savoir qu'il y a eu une préparation à cet exercice qui s'appelait Orion 23 donc il y a il y a 3 ans et puis en l'a fait il y a quelques-uns mais cette manœuvre en terrain libre extrêmement importante parce qu'encore une fois elle va démontrer la puissance la capacité de l'armée française et il y a un point très important autres points très importants un le la France les Français vont voir leur armée se déployer la relation entre la France et son armée est plutôt est plutôt bonne. Donc elle va voir son armée rappelez-vous l'augmentation des budgets. On va voir à quoi ça sert.

C'est un point très important. Ça remonte le moral, le gland des soldats et bien évidemment de la France. Et puis c'est un message qui est adressé à un ennemi potentiel en disant euh euh encore une fois que la France est capable de mettre en place, elle est motivée pour le faire et ça corrobore si vous voulez toute la stratégie du chef de l'État qui est de parler de force de coalition ou de coalition des volontaires.

Bien puisque vous parliez justement euh aussi de des des Français des Françaises qui vont regarder en partie ces opérations qui vont s'étaler sur sur 3 mois qu'on écoute ces réactions recueillies en Bretagne. Je trouve ça plutôt ludique, intéressant à regarder parce que en général les exercices militaires on les voit pas ou c'est sur des terrains militaires ou à l'étranger. Savoir qu'on a encore des des forces militaires opérationnelles, donc de les voir s'exercer, c'est oui, c'est plutôt rassurant.

B je trouve ça normal hein dans le contexte actuel puis c'est leur métier en fait hein. Donc il faut bien aussi qu'il s'agent. Magalie Vartèz, bonjour.

Vous nous avez rejoint spécialiste des questions internationales sur LCI. On on voit que cet exercice évidemment grandeur nature parce qu'on se prépare à un conflit de haute intensité euh il implique aussi des des alliés. Il y a des observateurs américains, canadiens qui vont participer à ces exercices.

Alors ça ce sera la deuxième phase. En effet, la la première phase est plutôt franco-française et puis ensuite en effet euh on va être rejoint pour ces exercices par une vingtaine de pays. Alors il y a beaucoup beaucoup de pays euh de l'OTAN, mais vous avez même le Qatar, vous avez euh le Japon, la Corée du Sud, je crois.

Enfin, il y a il y a aussi beaucoup de de de pays qui vont venir assister et et prendre des aussi coopérer à cette à cet exercice. Et en et en effet, c'est c'est important pour trois facteurs pour les Français en effet, voir cette armée. Moi, je retiens les mots de de cet homme de ce breton qui dit "Bah c'est rassurant, c'est rassurant de parce que c'est vrai que les Français vont assister à des débarquements sur leur sur leurs plages, à des avions." Donc, ils vont peut-être se demander un petit peu ce qui se passe.

Oui, mais en même temps, au moment que que l'on vit aujourd'hui où on va réinstaurer le service militaire volontaire où où le où les Emmanuel Macron, le chef d'étatmajor insiste sur la nécessité d'un réarmement moral, c'est très important ce moment-là aussi parce que c'est un moment de lien entre justement les Français et et leur armée. Et puis évidemment à la Russie hein qui parce que dans le scénario de l'OTAN, on sent bien que la menace, elle vient de l'est évidemment et c'est pour se défendre face à en effet à une nouvelle agression alors de Mercure hein, c'est comme ça qui est enfin écrit le scénario. On peut voir la carte parce que c'est assez étonnant hein la la représentation de des pays ennemis.

Voilà, le scénario, c'est donc un pays qui s'appelle Mercure, donc qui est à l'est euh et qui viendrait agresser euh ce fameux pays Arnland qui appellerait euh en fait d'autres pays à la mais voilà, mais on sent en fait c'est la France qui qui euh appelée à la à la rescousse avec les pays de l'OTAN. Et donc on peut envisager aussi une menace sur les étabaltes. C'est un peu ce scénario là où en effet les états baltes demanderaient l'aide du reste de l'OTAN.

Et puis il y a juste un dernier message qui est quand même aux Américains parce qu'à l'heure du désengagement américain de l'OTAN, se mettre ainsi euh en en tête de pont de ces exercices, montrer que la France aussi a les moyens euh de mener des exercices XXL, hein, c'est vrai que c'est d'une ampleur quand même jamais vue. C'est aussi un message à Donald Trump qui dit toujours "Les pays de l'OTAN, les pays européens n'investissent pas assez dans dans leur armée." On voit bien que Poutine, lui mise véritablement sur un désengagement américain euh de l'OTAN.

Et ben c'est la réponse en fait de la France ces exercices. Et bien justement par rapport à ce que vous disiez, ce que vous dites à l'instant Magalie, je voudrais vous faire écouter ce qu'a dit sur LC l'amiral Nicolas Vajour qui est le chef d'état-major de la marine nationale sur la menace russe. Euh dès que vous apparez de Brest vous êtes susceptible de rencontrer un bateau russe.

Euh pour que nos téléspectateurs comprennent bien, il y a plus d'un bateau russe par semaine qui passe le long des côtes françaises dans dans la Manche Mire du Nord. À chaque fois, nous avons un bateau, un avion ou avec nos alliés, avec les Britanniques euh qui escorte, qui vérifient, qui montre qu'on est là et cetera. Pour nous, la principale menace, c'est la prince la menace russe.

Oui, indéiablement. Enfin, elle a elle est réapparue parce que elle avait disparu dans les années 90 et depuis la guerre en Ukraine, évidemment le la menace russe est directe. D'autant que Poutine se gêne pas pour nous menacer régulièrement avec des missiles orechniques, avec ses missiles nucléaires et cetera et cetera.

Donc on est dans un dans un environnement je dirais international dans lequel si vous voulez il y a une montée en puissance des menaces et évidemment des des risques. Donc évidemment faut contrequérir ça. Maintenant il y a un point qui est très important également c'est la la compétition intraeuropéenne.

C'est qu'on voit bien que depuis quelques quelques mois quelques mois pas plus que ça, c'est qu'en fait grâce au budget que les uns les autres mettent dans les dans la défense et l'Allemagne fait un énorme effort particulièrement mais aussi la Pologne donc il y a trois pays en compétition pour être un peu le leader. Alors nous on l'est parce qu'on a le nucléaire mais les Allemands disent ouvertement qu' souhaitent avoir la meilleure armée conventionnelle d'Europe et les Polonais disent la même chose avec 1400 charlours. Nous on a 200 charlours.

Donc vous voyez il y a une espèce de compétition intraeuropéenne et cet exercice permet en fait de remettre les compteurs à zéro. Alors il y a pas c'est une compétition amicale évidemment et en fait on reste leader de quelque chose et on assure ce leadership. La question qu'on pourrait se poser, c'est euh c'est c'est formidable, hein.

C'est ces manœuvres et qui euh comme a dit Magali, il y a beaucoup de d'observateurs de pays alliés, de pays amis, y compris en dehors de l'Union européenne. C'est effectivement une réponse aussi aux Américains et d'ailleurs les Américains devraient s'en féliciter. J'ai vu d'ailleurs qu'il y a un observateur américain, des observateurs américains qui vont c de près.

D'ailleurs entre nous alors c'est un commentaire tout à fait personnel, on aurait pu imaginer aussi un autre scénario fiction qui intéresserait le Groetlande par exemple pourquoi pas et mais ça il y a une remarque que je voulais faire c'est que j'ai compris que au fur et à mesure de ces ces grandes manœuvres, il y avait celle de 2023 Orient, on tient compte aussi d'expériences acquises en Ukraine et en particulier des drones encore plus hein parce qu'il y a encore plus de drones maintenant en Ukraine qu' en avait il y a il y a 3 ans et qu'on tient compte aussi d'autres menaces, la menace cyber et la menace de la désinformation. Donc quelque part dans le parcours de cette manœuvre qui nous emmène jusqu'à la fin avril, il y aura également des menaces de de ce type-là. Alors comme pour la menace de 2003 2023 pardon, il y a aussi la menace terroriste.

Là tout à l'heure dans la carte que vous avez montré des zones contestées et on pense au séparatisme en 2014 au Donbas soutenu par les Russes tout à fait à l'est de l'Ukraine. Ici je vois qu'il y a des en 2023 je crois qu'il y avait aussi une opération quasiment terroriste qui était alors qui se passait en plutôt en Champagne et je crois que cet exercice là va aussi intervenir cette fois-ci. Donc on tient compte de tout ce qui se passe en Ukraine pour enrichir en quelque sorte les manœuvres.

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